ROCK’N FORCE Webzine

EDITO

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

A l’heure où on ne parle plus que des haters, des trolls et autres rageux en ligne, il y a tout de même un phénomène que l’on oublie un peu trop facilement. Car, s’ils sont nombreux à déverser leur venin et leur fiel sur des réseaux asociaux devenus quasi-bibliques pour beaucoup, les médias dits ‘classiques’ ont peut-être aussi leur part dans ce marasme. Pour rester dans le domaine musical, qui s’aventure aujourd’hui à écrire une chronique négative, mais objective, où l’on oserait encore aller à l’encontre de la bienséance, ainsi que des artistes et de leurs communicants ? Plus grand monde, a priori, et Rock’n Force en premier !

Truckfighters : architects of fuzz [Interview]

Depuis le début des années 2000, les Suédois ont amorcé une opération revival du Stoner Rock à l’européenne et n’ont eu de cesse d’élever au rang d’art cette pratique du Fuzz, qui reste toujours aussi énigmatique que savoureuse. A la base de cette belle aventure, on retrouve Ozo (Oskar Cedermalm) à la basse et au chant et Dango (Niklas Källgren) à la guitare, qui ont constitué au fil du temps une belle collection de batteurs pour les accompagner. Une longue décennie de silence discographique après leur dernier album en date, « V », TRUCKFIGHTERS sort enfin « Masterflow ». Sans surprise et avec bonheur, la fraîcheur, la spontanéité et une certaine inconscience sont toujours au rendez-vous sur ce nouvel opus d’une grande richesse musicale et d’un impact fort. Entretien avec deux musiciens libres, adulés par leurs pairs, et dont la légèreté apparente est le fruit d’un réel plaisir de jouer.

Only Human : a clear vision

Avec déjà une idée très précise de ses intentions et du style qu’il entend aborder, ONLY HUMAN surgit avec un premier opus très mature. Particulièrement bien produit par ses soins, « Planned Obsolescence » mélange rage et mélodie avec un sens aigu du détail. En posant un regard lucide sur notre monde, les Danois s’engouffrent avec beaucoup de fluidité dans un Metal Progressif polymorphe, très maîtrisé et plein de fougue. Avec un propos clair et affirmé, ils se démarquent de cette scène souvent rêveuse pour aborder frontalement un état des lieux, qui pose déjà beaucoup de questions.

Gabe Stillman : l’intensité des grands

Le talent n’attend pas le nombre des années et GABE STILLMAN en est la preuve vivante. Ayant reçu l’Award du meilleur guitariste à l’International Blues Challenge de Memphis en 2019, il poursuit sa progression de scène en scène et son deuxième effort atteste une fois encore de sa virtuosité et de son amour du Blues au sens large. Songwriter affûté, il livre sur « What Happens Next ? » une partition et une prestation remarquables. Un nom qui commence à s’inscrire en lettres capitales.

Stainless : explosif

Electrisant et dynamique, ce premier opus de STAINLESS est une belle surprise en plus d’être une réussite complète. Aguerris depuis des années au sein de formations Metal underground aux Etats-Unis, ses membres affichent maîtrise et complémentarité, et l’ensemble donne un Hard’n Heavy convaincant. Compact et accessible, « Lady Of Lust & Steel » est aussi sensuel que rugueux et aussi assez surprenant dans sa démarche. Tranchant et vif, il est déjà l’un des plus pertinents de l’année.

No Terror In The Bang : sous tension

Sur la longueur, les Normands se sont déjà montrés redoutables à deux reprises (« Eclosion » et « Heal »), alors les voir surgir avec un premier EP peut étonner. Pourtant, avec autant d’assurance et une fluidité incroyable, « Existence » pourrait bien annoncer le début d’une nouvelle ère pour NO TERROR IN THE BANG, celle d’une identité indéfectible et affirmée. A travers un Metal résolument moderne, aux teintes progressives et post-HardCore, le quintet déploie un large panel d’émotions, souvent sombres et torturées, mais à l’esthétisme très raffiné.

Dana Fuchs : so alive
[Interview]

Capté sur le vif lors d’une tournée en octobre 2025, « Live In Denmark » est la parfaite expression de l’énergie, de la puissance vocale, mais aussi de toute la délicatesse et la profondeur de DANA FUCHS. Sur scène, entourée d’une formation classique (guitare, basse, batterie), la chanteuse américaine transcende les émotions sans filtre et avec sincérité pour emporter son public vers des sommets Blues Rock. Surtout basé sur son dernier album studio en date, « Borrowed Time », cette prestation de la Floridienne montre à quel point sa voix est unique avec cette tessiture brute, qui la rend si attachante et perçante aussi sur ses textes d’une intense vérité. Rencontre avec une musicienne, qui vit le Blues pour son public avec une passion débordante. 

Axel Rudi Pell : l’institution

Depuis ses débuts en 1989 avec « Wild Obsession », AXEL RUDI PELL est l’un des musiciens les plus constants du Hard Rock et du Heavy Metal européen. Flamboyant et pourtant relativement discret, il mène une carrière irréprochable, malgré quelques creux, mais il ne déçoit que très rarement. Avec une signature sonore inimitable, il bénéficie d’un large succès d’estime, mais pas seulement, car ses fans sont aussi incroyablement nombreux à le suivre après tant de réalisations. Il a l’art de fédérer sans bousculer les codes, mais en y apportant cette touche très personnelle, qui a aussi construit le genre.

Eliza Neals : l’émotion pure

Grâce encore à neuf titres solaires, ELIZA NEALS nous revient avec « Thunder In The House », un opus qui lui ressemble tellement et surtout qui l’a démarque aujourd’hui d’une scène Blues de plus en plus vaste. Sachant se faire très Rock, tout en laissant une empreinte Soul, notamment dans sa prestation vocale, l’Américaine se distingue de bien des manières, grâce aussi à des collaborations artistiques qui portent avec beaucoup d’élégance et de profondeur un songwriting personnel de plus en plus pertinent.

Kerrigan : driven by passion

Si renouveler une certaine tradition est peine perdue, l’entretenir n’est pas pour autant chose facile. Et pourtant, avec son deuxième opus, la formation teutonne s’affirme avec autorité dans un Heavy Metal estampillé 80’s, entre mélodies appuyées et rythmes effrénés. Si KERRIGAN préfère la finesse du jeu au côté massif des blafardes productions actuelles, c’est que son line-up est largement à la hauteur de l’enjeu et que, surtout, la volonté s’entend à chaque accord et sur chaque échange qu’il soit rythmique, ou le fruit du beau travail de ses deux guitaristes. Avec « Wayfarer », le combo fait durer le plaisir en empruntant sans la moindre hésitation le chemin de ses aînés.

Neurosis : une résurrection pleine de douleur

Pierre angulaire du post-Metal depuis la fin du siècle dernier, la formation d’Oakland a montré la voie à un grand nombre de groupes, qu’ils évoluent dans un registre similaire, post-HardCore, Sludge ou même d’obédience Punk. Toute sa carrière, NEUROSIS n’a eu de cesse d’expérimenter et de repousser les limites de son imaginaire. Après de (trop) longues années d’absence, « An Undying Lover For A Burning World » marque la fin d’une pause globalement subie et d’une régénération audacieuse et solide.