Chroniques

Retrouvez quotidiennement les sorties d’albums qui font l’actualité (ou pas !). Classés par style, n’hésitez pas à fouiller un peu et à partir à la découverte de groupes qui n’ont pas forcément la lumière qu’ils méritent !

Liste Chroniques
10 juillet 2026Heavy metal / Old SchoolTrès créatifs et percutants, les musiciens de MASTER MASSIVE mènent une espèce d’armada Heavy Metal, qui s’engouffre dans de très nombreux courants comme pour mieux établir une identité musicale plus forte. Avec « White Shadows », leur troisième album, les Scandinaves se montrent très techniques, mélodiques et véloces. Classique dans le fond, la forme quant à elle est pleine d’imprévus et prend bien soin d’éviter des clichés souvent incontournables. Inattendu et musclé, le jeu du combo sort des sentiers battus avec autant d’allant et de maîtrise que de finesse. MASTER MASSIVE « White Shadows » (Fireflash Records) Les Suédois ne donnent pas souvent de leurs nouvelles, alors si en plus elles sont bonnes, le plaisir n’en est que décuplé. Fondé en 1993 par le guitariste Janne Strandh, il aura pourtant fallu attendre 2015 pour que « The Pendulum » voit le jour, puis « Black Feathers On Their Graves », cinq ans plus tard. Autant dire que MASTER MASSIVE avance à un rythme de sénateur, mais avec la manière et la certitude de bien faire les choses et de délivrer de très belles surprises. Et sur « White Shadows », c’est notamment le line-up qui détonne. Le groupe se présente avec trois chanteurs et affiche une phénoménale force de frappe, ainsi son Heavy Metal devient plus polymorphe encore. Tony Niva (ex-Lion’s Share, Zanity), Viktor Gustafsson (Lethal Steel) et Marcus Karlsson, qui faisait déjà partie de l’aventure, se complètent à merveille et ont surtout la particularité d’offrir un panel vocal plus que conséquent à MASTER MASSIVE. Aigus, massifs, agressifs ou rauques, les registres empruntés par le trio ne montrent pas la moindre faiblesse et l’ensemble est étincelant. Si l’atmosphère est clairement Old School, le Heavy Metal du sextet est quant à lui beaucoup plus complexe. En ouvrant avec le morceau « Noah’s Cross » et ses onze minutes, le ton est donné et l’audace, dont fait preuve la formation, laisse supposer que la suite s’annonce étonnante… et elle l’est ! Entre Speed Metal, Power, Prog et Doom, MASTER MASSIVE ne s’interdit rien, fait une très belle synthèse et obtient un son et un style originaux (« Islands And Bells », « Blood On The Floor », « Silver Bullet » et le morceau-titre). Solide et virtuose ! [...]
8 juillet 2026Hard RockPetit à petit, la scène Hard Rock hexagonale commence à avoir fière allure, grâce à des groupes qui s’approprient avec talent un héritage essentiellement américains, tout en s’en éloignant judicieusement pour imposer une patte originale. HARSH est de ceux-là et ce nouvel album vient confirmer que leur entrée en matière n’avait franchement rien d’anecdotique. Il faudra dorénavant compter sur la formation de la capitale et « Feels » l’installe avec vigueur. Fédérateurs dans les refrains, musclés dans les parties de guitares, tout comme dans une rythmique implacable, les quatre musiciens sont aussi déterminés qu’irrésistibles. HARSH « Feels » (Fireflash Records) Certains penseront peut-être que HARSH se cherche toujours, que ce soit dans le style comme dans le son et ce n’est pas complètement faux. Avec ce deuxième opus, le quatuor a de quoi se montrer déroutant, même si on n’est pas non plus dans l’antithèse d’« Out Of Control », sorti en 2022. Quatre ans plus tard, et après avoir pas mal tourné, le combo a pris le temps de se pencher sur les sentiments qui l’ont traversé au fil du temps et le résultat se reflète sur « Feels », où une très nette évolution se ressent. Groove et Rock s’entremêlent harmonieusement. Alors que le premier effort était clairement estampillé Glam Rock, celui-ci vise un Hard Rock moins festif et donc plus sérieux. On doit sans doute cette différence de ton à l’envie d’être plus costaud et massif. Et c’est réussi. Cela dit, la production effectuée par Hannes Braun, chanteur de Kissin’ Dynamite et qui a également travaillé avec BlackRain, y est sûrement pour beaucoup. HARSH a donc opéré un léger changement de cap et dans la sonorité, on se rapproche un peu plus des réalisations germaniques, forcément, mais aussi scandinaves. Pour autant, les Parisiens n’ont rien perdu de leur sens de la mélodie et surtout de leur facilité à se rendre très accrocheurs. A grand renfort de chœurs bien placés et pas trop envahissants, ils prouvent que leurs influences sont bien dirigées et moins présentes. Le chant tout en puissance et en délicatesse guide des morceaux, où les guitares tiennent les rênes de ces nouvelles compositions. Entre riffs entraînants et solos plein de feeling, HARSH laisse aussi échapper un parfum très 80’s, sans pour autant tomber dans une nostalgie exacerbée. Fougueux et solide ! Retrouvez la chronique du premier album de HARSH : Harsh : indomptable [...]
30 juin 2026Blues / Blues Rock / InternationalVenue s’installer à Portland il y a quelques années, la bassiste et chanteuse a quitté son Australie natale, où elle était pourtant considérée comme la ‘First Lady Of The Blues’ de son île. Extravagante et sexy, la musicienne joue de provocation à travers ses chansons et c’est peut-être aussi ce qui la rend si attachante. Sorti il y a quelques semaines, son septième album, « Men Are Like Potato Chips », la dévoile un peu plus, d’autant qu’elle y fait une place à son fils au chant. Irrésistible, ANNI PIPER se montre d’une grande polyvalence, parfaitement à son aise sur un morceau de Blues Rock enflammé que sur des ballades plus langoureuses et sensuelles, ou dans des envolées Rhythm’n Blues ou plus funky. Elle le fait avec la même justesse et une malice jamais bien loin. Particulièrement bien entourée sur ce nouvel opus, son jeu de basse donne le ton et sa voix en profite pour charmer son auditoire. Entretien avec une musicienne qui n’a pas froid aux yeux et qui fait partie des blueswomen qui compte sur la scène Blues actuelle. – Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur ton parcours. Tu t’es faite remarquée dès ton premier album, « Jailbait », et la suite a été une succession de récompenses jusqu’à être considérée comme la ‘First lady Of The Blues’ en Australie. Est-ce que tu t’attendais à une telle consécration en quelques années seulement ? J’ai commencé la musique très jeune et j’avais donc déjà bien avancé dans mon apprentissage avant de commencer à être reconnue. Bien sûr, un certain talent naturel est nécessaire pour apprendre un instrument, mais il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l’effort et du travail acharné. Pendant mes années de lycée, je m’entraînais des heures et des heures chaque jour, puis j’ai étudié la musique à l’université. Comme tout le monde, j’espérais réussir, mais pour la plupart des gens, cela reste un rêve. J’ai eu la chance de découvrir le monde grâce à la musique. L’album « Jailbait » n’était au départ qu’une simple démo de bonne qualité. La plupart de ces morceaux n’avaient même jamais été joués en public, ils avaient seulement été répétés chez moi. Ce fut donc une surprise de signer avec une maison de disques et de remporter un ‘Australian Blues Music Award’ avec ce premier album. – Pourtant, il y a une douzaine d’année maintenant, tu décides de t’installer aux Etats-Unis, ce qui peut paraître surprenant compte tenu de ta notoriété en Australie. Etait-ce un choix de vie personnel, ou le désir de te connecter au plus près de la patrie du Blues ? C’était un pari risqué, c’est certain, mais quand j’ai signé un contrat avec Blues Leaf Records dans le New Jersey et que je suis allée enregistrer l’album « Split Second » avec Nicole Hart, j’ai été complètement conquise. J’avais déjà vécu aux Etats-Unis à l’âge de deux et sept ans, en raison du travail de mon père, qui était professeur d’université. Ce séjour en 2011 pour enregistrer cet album était mon premier retour là-bas et, honnêtement, j’étais sous le charme. J’avais l’impression d’être de retour chez moi. Je me réveillais le matin avec un sentiment de possibilités infinies, en me disant : « Je suis en Amérique, je peux tout faire ! » J’ai eu une enfance très malheureuse et une vie personnelle tumultueuse à l’âge adulte. Alors, en partie, j’ai voulu me plonger dans le Blues, et en même temps, c’était une façon de fuir des souvenirs douloureux pour ne jamais avoir à affronter les lieux et les personnes qui m’avaient fait tant souffrir. – Outre un style et une voix immédiatement identifiable, tu es l’une des rares blueswomen à mettre en avant un côté sexy et plein d’humour dans ton répertoire. Est-ce ta façon de pimenter un Blues souvent trop sérieux et conventionnel ? J’ai toujours adoré Candye Kane (personnalité haute en couleur et chanteuse de Blues décédée en 2016 – NDR), elle était si talentueuse et drôle et elle n’a jamais nié son sex-appeal évident, ni son passé d’actrice de films pour adultes. Le sexe fait partie du Blues et de la vie. Nous devons nous reproduire, sinon l’espèce humaine disparaît, c’est aussi simple que cela. A ton avis, de quoi parlent les musiciens de Blues lorsqu’ils chantent un ‘petit coq roux’ ? Ou lorsqu’ils évoquent le roi des abeilles bourdonnant autour de sa ruche ? Ou encore lorsqu’ils lancent ce cri encore moins subtil : « Je veux juste faire l’amour avec toi » ? Les Américains peuvent être assez prudes et je pense que le Blues moderne a tendance à éviter les doubles sens, qui étaient si courants dans les premières compositions de Blues. Quant à l’humour, je ne sors jamais sans ! (Rires) Le Blues est né du chagrin, de la tristesse et des regrets. Mais si on ne rit pas, on pleure. Je préfère affronter l’absurdité de l’existence avec le sourire. – On retrouve d’ailleurs cette touche espiègle et très libre jusque dans le titre de ce nouvel album, « Men Are Like Potato Chips ». Une fois encore, le style est très varié et les textes souvent provocants, ironiques et sensuels. Pourtant, tout n’est pas forcément léger et impersonnel. Comment fais-tu l’équilibre dans la teneur, le fond et le ton de tes chansons ? Les chansons de « Men Are Like Potato Chips » ont été écrites sur une période d’environ quatre ans. A ce moment-là, je vivais à Portland, dans l’Oregon. C’est une ville vraiment unique, dont la devise est ‘Keep Portland Weird’ (« Gardez Portland bizarre » – NDR) et c’est tout à fait le cas. L’expression personnelle y est fortement encouragée et le style vestimentaire est extrêmement varié : vêtements médiévaux, look façon Cyndi Lauper des années 80, costumes écossais, pyjamas en public et même des tenues Star Wars. Et ça, c’est juste au supermarché ! (Rires) Les chansons ont été inspirées par mon environnement. Par exemple, « Match With A Sasquatch » a été écrite en raison de la légende populaire du Bigfoot dans la région. Tout le monde a un autocollant de Sasquatch sur sa voiture et chaque brasserie propose une bière en lien avec ce mythe. « Stalker » a été inspirée par une expérience avec une ancienne partenaire. Tu as d’ailleurs peut-être remarqué la référence à la scène de la douche du film « Psychose » dans l’orgue Hammond après le solo de guitare ? « Cactus Girl » a commencé par la ligne de basse, car je voulais me lancer un défi et jouer quelque chose de très syncopée en contraste avec la mélodie vocale. Il m’a fallu des mois pour la mettre au point, afin de réussir à la chanter et à jouer en même temps. On m’a souvent demandé si c’était un album concept. Ce n’était pas l’intention ! Mais il y a peut-être des thèmes unificateurs, liés à des relations personnelles atypiques, ou tout simplement à d’autres qui dérapent. – D’ailleurs, en parlant de choses personnelles, c’est ton fils Flynn qui fait les chœurs sur l’album. Est-ce que cela a été facile de le diriger et de passer facilement d’une relation mère/fils à celle de musicienne et leader de groupe ? C’était très facile ! Flynn et moi n’avions jamais chanté ensemble auparavant, mais il est titulaire d’une licence en comédie musicale, ce qui fait de lui un chanteur formé et expérimenté. Quand j’ai déménagé aux Etats-Unis, Flynn avait douze ans et il a décidé de rester en Australie. C’était le meilleur choix pour lui. Il a reçu une excellente éducation et a bénéficié d’une stabilité que je n’aurais jamais pu lui offrir. Cependant, la séparation prolongée pendant son enfance a été très difficile pour nous deux. Il ne m’a jamais reproché mes choix et je suis tellement chanceuse d’avoir une si belle relation avec un jeune homme aussi formidable. Flynn s’est envolé pour Portland, afin d’être présent en studio pour l’enregistrement d’« Angel From Montgomery ». Il a un studio chez lui, il aurait donc pu le faire à distance, mais il lui fallait une excuse pour emmener sa petite amie à Disneyland ! (Sourires) Il est multi-instrumentiste et il commençait tout juste à se faire un nom comme chanteur quand j’ai déménagé aux Etats-Unis. De temps en temps, il m’envoyait des maquettes et j’étais toujours stupéfaite par l’évolution de sa voix. Quand j’ai entendu l’enregistrement de sa prestation à la remise des diplômes du lycée, je suis restée bouche bée. A l’université, il a été choisi pour chanter lors de la cérémonie de remise des diplômes, et j’en suis restée sans voix. Je n’aurais jamais chanté comme ça à son âge ! Flynn est phénoménal, et ce n’est pas juste sa mère qui parle, c’est mon avis sincère en tant que musicienne et critique. Il n’a quasiment pas eu besoin d’être guidé en studio. Il a un don naturel et nos voix s’harmonisent comme seule une famille peut le faire. – Alors que « Men Are Like Potato Chips » est ton septième album, qu’est-ce qui a le plus évolué et que tu as le plus amélioré, selon toi, entre ta façon de chanter et ton jeu de basse ? Et d’ailleurs, travailles-tu les deux de la même manière et avec la même intensité ? Ma voix s’est considérablement améliorée depuis mon premier album. Je n’ai jamais reçu de formation vocale et je n’ai jamais pris de cours de chant, alors que j’ai passé de nombreuses années à prendre des cours de basse. J’entends une différence flagrante entre ma voix aujourd’hui et celle de mon premier album. Ils ont été enregistrés à 22 ans d’intervalle, il est donc normal que ma voix ait mûri avec l’âge. Mais je perçois aussi la différence dans la maîtrise que j’ai de mon interprétation, de mon vibrato, de ma justesse et de mon phrasé. – Sur ce nouvel album, on retrouve deux guitaristes, Ted Swanson et Tim Langford, ainsi que deux batteurs, Brian Foxworth et Joe Stump et même deux claviéristes, Steve Kerlin et Ted Swanson à nouveau. Est-ce que tu choisis les musiciens selon les morceaux et est-ce que tu as un groupe fixe pour les concerts ? Non, je n’ai pas de groupe fixe pour mes concerts. Tout dépend des musiciens disponibles le jour de l’enregistrement et aucun membre de mon groupe actuel ne figure d’ailleurs sur l’album. J’ai un répertoire de musiciens que j’utilise habituellement pour mes concerts à Portland. Parfois, je les emmène en tournée, parfois je fais appel à des groupes locaux, ça change constamment. « Men Are Like Potato Chips » n’a vu le jour que grâce à Ted Swanson. C’est un ami de longue date, et je me plaignais auprès de lui de mon envie irrésistible de faire un nouvel album. Six ans se sont écoulés depuis ma dernière sortie, la plus longue pause de ma carrière. Ted venait d’acquérir du nouveau matériel pour son home-studio et m’a proposé de servir de cobaye pour l’aider à se familiariser avec tout ça ! (Sourires) Nous avons passé environ 18 mois à travailler sur les maquettes, qui allaient devenir l’album final. – L’album a été enregistré chez toi à Portland et coproduit par Jimi Bott et Ted Swanson, qui a donc un rôle très important sur « Men Are Like Potato  Chips », et il y a d’ailleurs des cuivres également sur certaines chansons. Est-ce que tu restes très attentive au son que tu souhaites obtenir car, cette fois encore, l’ensemble est très organique ? J’aime toujours travailler avec un bon producteur, car je suis trop impliquée émotionnellement dans les chansons pour bien comprendre le traitement dont elles ont réellement besoin en studio. J’ai besoin de quelqu’un capable de prendre du recul et d’écouter le projet avec plus d’objectivité. Jimi Bott était l’ingénieur du son et le producteur principal de l’album, et il a suggéré des choses comme l’ajout d’un tuba sur le morceau-titre, ce qui était tout simplement génial. Par contre, je ne retravaillerai probablement jamais avec un tubiste. Le son était super, mais impossible de faire passer l’instrument par la porte du studio, et en plus, ils laissaient de la salive partout sur la moquette. Beurk ! (Rires) Ted a enregistré la plupart des guitares dans son home-studio, car c’est un perfectionniste. Je trouvais son travail en studio parfait ! Ensuite, il m’envoyait des pistes supplémentaires et je me disais : « Ok, oui, c’est encore mieux ! » (Sourires) Il faut une grande confiance pour confier ces décisions de production et de mixage à quelqu’un d’autre, mais j’ai fait un excellent choix avec cette équipe. – Et puis, il y a aussi cette cover de John Prine, « Angel From Montgomery », datant de 1971, qui a été d’ailleurs été régulièrement reprise et que tu chantes avec ton fils Flynn. L’idée était-elle de laisser ton empreinte sur cette chanson assez emblématique pour beaucoup ? Oui, je la chante avec mon fils Flynn et Tim Langford est à la guitare. C’est un musicien très connu sur la scène Blues et Tim, comme moi, penche davantage vers le Blues Rock. J’ai choisi cette chanson, parce que je la joue dans la plupart de mes spectacles et elle semble être l’une des préférées du public et du groupe aussi. C’est une chanson qui parle de nostalgie et de regrets, de la réflexion sur sa vie et de la remise en question de ses choix. Chanter avec mon fils m’a semblé tout naturel. J’essaie de ne pas vivre dans le regret, mais parfois, j’aspire à avoir ma famille autour de moi. J’aime savoir qu’après ma disparition, Flynn aura toujours cet enregistrement à écouter, pour toujours, pour se remémorer un moment précieux passé avec sa mère, qui l’a toujours aimé plus que tout. – J’aimerais que l’on parle un peu de tes influences. Comme tu es australienne, le British Blues a forcément un léger impact dans le pays, et pourtant ton Blues Rock sonne beaucoup plus américain. Les Etats-Unis restent-t-ils ta plus grande inspiration ? Absolument ! Comme je te le disais, j’ai passé une partie de mon enfance et de mes études ici. Stevie Ray Vaughan et d’autres bluesmen texans ont été mes principales influences musicales. Et je possède désormais la double nationalité, je suis donc une Américaine d’origine australienne. Mon avenir est ici, aux Etats-Unis, et rien au monde ne pourra m’en arracher ! (Sourires) – Enfin, tu as tourné dans presque tous les Etats américains et bien sûr beaucoup en Australie, quand est-ce que nous aurons le plaisir de te voir en France ? Je suis vraiment prête à le faire ! (en français dans le texte – NDR) Il me faut juste un promoteur européen pour me programmer quelques concerts et j’arrive ! (Sourires) Le nouvel album d’ANNI PIPER, « Men Are Like Potato Chips », est disponible sur les plateformes, notamment Bandcamp, ainsi que sur le site de l’artiste : www.annipiper.com Photos : Sveinn Kjartansson (1, 2, 4, 5) et Dom M Smith (3). [...]
23 juin 2026Heavy metal / Thrash MetalDepuis qu’il est seul aux commandes de TONIC BREED, Patrick K. Svendsen ne sort plus d’album et préfère se concentrer sur les singles et les formats courts. La fin d’une époque ou la résolution à se plier aux nouvelles règles d’une industrie musicale en pleine déroute ? Une chose est sûre : il faut se contenter d’un quart d’heure tous les quatre ans et c’est bien trop peu. Cela dit, la qualité et le choix des guests sur les compositions du Scandinave sont éclatants et le jeu est peaufiné dans les moindres détails. TONIC BREED « Name Dealer » (Independant) Depuis sa reprise en main de TONIC BREED en 2022 avec un premier EP, « Fuel The Fire », le norvégien Patrik K. Svendsen œuvre sous la forme d’un one-man-band, à l’exception près que le line-up de tous les morceaux évolue constamment. Et le multi-instrumentiste n’invite pas n’importe qui sur ses compositions. Sur le précédent effort, ce sont Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) qui étaient de l’aventure. Un casting de grande classe, et c’est encore le cas ici. Si l’intention musicale était plus claire sur « Fuel The Fire » avec un Metal dur et très Thrash, « Name Dealer » est nettement plus diversifié, dévoilant un spectre plus large. La base n’a pas vraiment changé, mais les invités semblent avoir plus de liberté et leur touche personnelle ressort de manière plus évidente. Sur le titre éponyme en ouverture, TONIC BREED accueille Tommy Aldridge derrière les fûts et Joel Hoekstra de Whitesnake à la guitare pour un duo explosif et d’une incroyable fluidité. D’ailleurs, probablement le meilleur titre de cet EP. Puis, c’est au tour du batteur de Five Finger Death Punch, Charlie Engen, de prendre le relais sur la power ballade « Close In », la vraie surprise de « Name Dealer » . Changement de ton ensuite avec « Anew », où Chris Adler de Lamb Of God vient dynamiter cet instant résolument Thrash et certainement le plus musclé de l’ensemble. Et TONIC BREED conclue dans la même veine avec le très 80’s « The Die Is Cast », sur lequel le guitariste Michael Gilbert (Flotsam & Jetsam) élève encore d’un cran le niveau pour le rendre tranchant et acéré. Convaincant, mais bien trop court. Retrouvez l’interview de TONIC BREED à l’occasion de la sortie du premier EP, « Fuel For Fire » : Tonic Breed : sous contrôle [Interview] [...]
19 juin 2026Hard Rock / Hard'n Heavy / hard'n RollA l’ancienne, et sans détour, la formation d’Oslo se montre toujours aussi intense. Prête à en découdre, elles distille depuis de longues années un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock’n’Roll et de Heavy Metal. Avec deux guitaristes au jeu acéré, un duo basse/ batterie intenable et un frontman brut de décoffrage, THE CARBURETORS livre une nouvelle partition à l’énergie débordante. « We Ride At Night » a un goût d’asphalte et d’essence et va faire trembler les murs. THE CARBURETORS« We Ride At Night »(Fast Forward Records) 25 ans de carrière n’ont pas entamé la fougue et la puissance du jeu de THE CARBURETORS depuis ses débuts et son premier opus, « Pain Is Temporary, Glory Is Forever », sorti en 2004. Plus de dix ans après leur dernier effort studio, « Laughing Inn The Face Of Death » (2015), les Norvégiens sont enfin de retour et l’esprit très musclé du Rock’n’Roll est lui aussi intact. Aussi véloce que massif, « We Ride At Night » semble reprendre les choses là où elles en étaient et l’implacable fidélité à cette dynamique est remarquable. Sur ce cinquième album, THE CARBURETORS ne change rien à son ‘Active Rock’ et va directement à l’essentiel. Les riffs sont acérés, la rythmique féroce et le chant d’Eddie Guz toujours aussi fédérateur. Le fait que le quintet conserve cette ligne musicale avec autant de force tient aussi sûrement au fait que son line-up est resté le même depuis sa création, une choses qui se fait rare de nos jours. Pour autant, « We Ride At Night » restitue brillamment la fraîcheur originelle du quintet et semble même régénérer les Scandinaves. Quelque part entre les Ramones, Motörhead et Ac/Dc, The CARBURETORS a trouvé sa voie entre hard’n Roll et Power Rock. L’attitude sans fioriture, ni concession du combo, séduit plus de deux décennies après et elle semble éternelle, tant elle est d’une rare authenticité. Et alors qu’on aurait pu imaginer une production épaisse ou brouillonne, c’est tout le contraire. Claire et presque épurée et trop propre, elle guide « We Ride At Night » sur une explosive dynamique (« Down In Flame », « Let You Down », « Shot At Down », « Electric Shock »). Percutant ! [...]
16 juin 2026Heavy metalUn seul être vous manque, etc… C’est un peu le constat qu’on peut tirer de l’album de LEX LEGION. Musicalement irréprochable dans l’interprétation et costaud dans la réalisation sonore, le quintet exhume un glorieux passé, celui qui a forgé le mythe de King Diamond. Loin d’être illégitimes, puisqu’ils sont les artisans de la première heure du succès de l’ex Mercyful Fate au maquillage inoubliable, les cinq musiciens livrent un sentiment partagé. « Lex Legion » aurait presque pu être conçu il y a quelques décennies, il y aurait d’ailleurs gagné en crédibilité, alors qu’il affiche plutôt un registre ayant bénéficié d’un petit lifting. Loin d’être désagréable, il y manque donc une âme et une personnalité vraiment affirmée. LEX LEGION « Lex Legion » (MNRK Music Group) C’est à l’initiative du batteur Mikkey Dee et du guitariste Pete Blakk que LEX LEGION a vu le jour avec dans l’idée de reformer l’iconique line-up du King Diamond de la deuxième moitié des années 80, à savoir donc celle qui a œuvré sur les meilleurs albums du chanteur danois. Le génial six-cordiste Andy La Rocque et le bassiste Hal Patino sont donc naturellement venus se greffer au projet. Et à défaut d’avoir le patron derrière le micro, c’est le norvégien Nils K. Rue qui donne de la voix. Et le chanteur du groupe de Metal Progressif Pagan’s Mind n’a pas mis longtemps à se mettre à l’aise dans le rôle du providentiel frontman aux envolées aigues. Bien sûr, les fans de King Diamond, et plus largement de Heavy Metal et de Hard Rock, ont de quoi se réjouir de cette réunion d’anciens. Effectivement, ça joue très bien, la production est propre et massive et les morceaux directement dans la veine de qui-vous-savez. Donc, pour l’effet de surprise, il ne faudra pas compter sur LEX LEGION. Forcément très imprégné par un style 80’s, ce premier album éponyme, très court et resserré, donne une impression de grande maîtrise dans tous les compartiments du jeu. Le groupe n’entend pas révolutionner le genre, bien sûr, et affiche directement un héritage qu’il n’a pas dilapidé. La vélocité de ce premiers opus renvoie à l’expérience des cinq musiciens acquise en plus de 40 ans de carrière et il faut bien reconnaître que la puissance de leur Heavy Metal, tout comme l’efficacité des mélodies, reste l’argument principal. Et si LEX LEGION bénéficie de la technologie d’aujourd’hui au niveau du son, on peine cependant à adhérer totalement à la démarche, tant les ficelles sont énormes. Par ailleurs, passé la première écoute, se replonger dans les disques de King Diamond tels que « Abigail », « Them », « Conspiracy » ou « The Eye » ferait fatal et ferait immédiatement retombé l’effet désiré. D’accord pour la piqûre de nostalgie, mais ça s’arrête là. [...]
15 juin 2026Hard Rock / InternationalEn l’espace de trois ans et quatre albums entre 1977 et 1980, TEAZE est devenu l’un des plus emblématiques groupes de Hard Rock de son pays. Avec un style aussi mélodique que costaud, le quatuor a su fédérer et entraîner dans son sillage des fans, qui ont pourtant vécu 45 ans dans une sorte de nostalgie subie avant un retour flamboyant l’an dernier avec « Live At Liege », un concert immortalisé en Europe pour un retour inespéré. Aujourd’hui, c’est avec « Rev Your Engines » que la formation de l’Ontario surgit de la plus belle des manières. Et surtout, les Canadiens n’ont rien perdu de leur jeu, de leur mordant et encore moins de leur classe, ils les ont juste passé au filtre de notre époque. Le bassiste et chanteur originel Brian Danter est aujourd’hui entouré du batteur Jim Bonventre, du six-cordiste Charlie Lambrick et bien sûr du guitariste et fondateur Mark Pawnman Bradac. Et c’est avec passion et un enthousiasme intact que ce dernier revient sur cette renaissance tellement réjouissante, gravée sur un sixième opus d’une fraîcheur et d’une puissance décuplées. – Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne sur votre histoire qui est aussi courte que riche. Vos cinq albums, dont un live au Japon, sont sortis entre 1977 et 1980. Trois années intenses et ensuite, plus rien… Quels sentiments vous animaient à l’époque, car TEAZE avait tout pour réussir sur le long terme ? J’ai vraiment eu l’impression que c’était la fin de ma vie, François ! (Rires) Dès le début, le groupe était une grosse machine. On a fait beaucoup de choses, mais sans jamais vraiment percer aux Etats-Unis, même si on a signé chez Capitol Records. Et là, en 1980, plusieurs raisons ont fait que j’ai décidé d’arrêter. La première était que la musique commençait à changer avec l’arrivée de la New Wave et du Disco notamment. D’ailleurs, notre dernier album , « Body Shots » sonnait un peu comme ça, il était très New Wave. C’est ce qu’on nous avait demandé, mais ça ne sonnait pas. A ce moment-là, on a perdu notre accord avec Capitol et notre chanteur est également parti. Tout s’est passé très, très vite. Cela a été horrible et tellement rapide. Et c’est quelque chose que je n’ai jamais accepté. J’ai finalement attendu 45 ans pour en arriver là aujourd’hui ! (Rires) Mais, mieux vaut tard que jamais… (Sourires) – Avec le recul, et sans parler d’éventuels regrets, est-ce que tu t’es déjà projeté sur le parcours qu’aurait pu avoir TEAZE les années qui ont suivi votre séparation ? L’année de notre séparation, il y a eu l’émergence de Rush et de Triumph, qui sont deux groupes fantastiques. Ils ont joué des années et ils étaient suivis par beaucoup de fans. Il sont devenus les meilleurs au monde pour moi. Je suis persuadé que TEAZE aurait pu faire partie de ce même élan dans cette même catégorie. On avait tout ce qu’il fallait. Je n’ai jamais voulu quitter le groupe, que ça s’arrête… Et c’est d’ailleurs pour ça que nous sommes là tous les deux aujourd’hui pour parler de ce nouvel album que nous sortons ! Mais pendant 45 ans, tous ces groupes ont continué, ont été suivi par leurs fans. Alors maintenant, si nous voulons retrouver notre place, il faut essayer et s’y remettre, même si je n’ai jamais arrêter de la musique, bien sûr. – D’ailleurs, pour ceux qui aurait raté le train en marche, deux ‘Best Of‘ sont sortis en 1981 et en 1990. Ils auraient pu servir de détonateurs pour une reformation. Vous n’y avez pas pensé du tout ? Bien sûr que j’y ai pensé, évidemment ! C’est le label Rock Candy Music, qui a réalisé et remasterisé le second ‘Best Of’ en Angleterre à l’époque. Ils ont d’ailleurs fait la même chose avec l’album « One Night Stands » la même année. A ce moment-là, j’en ai parlé avec Brian, notre chanteur, mais il n’était pas prêt à le faire. Il avait sa carrière de son côté. Il ne voulait pas quitter son groupe pour reprendre l’aventure, il y avait eu tellement de désillusions… On sait aussi ce que ça signifie, car le Rock’n’Roll demande beaucoup et il est le plus âgé d’entre-nous. J’ai essayé plusieurs fois en vain, ce n’était pas le bon moment sans doute, même si c’était une belle opportunité, c’est vrai. Mais j’aurais essayé… (Rires) – J’aimerais qu’on parle de votre musique à l’époque. TEAZE jouait un Hard Rock assez inédit au Canada et aux Etats-Unis, mais également assez différent de ce qui pouvait se faire en Europe. Vous étiez précurseurs dans bien des domaines. C’est d’ailleurs arrivé un peu plus tard dans les années 80. Est-ce que c’est juste une question de timing finalement, selon toi ? Bien sûr, le timing est une chose essentielle. Si nous n’avions pas perdu Brian, nous aurions continué. On aurait trouvé un accord avec une maison de disques et on aurait sorti d’autres albums. Mais nous n’avions plus notre chanteur et c’était très important. On n’a jamais pensé une seule seconde à le remplacer ! Et c’est vrai que le timing est une clef essentielle. Il faut avoir de bons morceaux, de bons musiciens, une bonne maison de disques, un bon manager et avoir du temps. C’est plus facile d’acheter un ticket de loterie ! (Rires) La chance a aussi sa part dans tout ça finalement. Mais en 1980, le timing n’était pas bon et même si j’ai poussé Brian encore et encore, rien n’y a fait. Et ce nouvel album, je voulais déjà qu’il sorte en 2019… Il arrive aujourd’hui en 2026, et pourtant j’y ai mis du mien toutes ces années. – Il aura donc fallu ensuite attendre 2018 et ce concert chez vous à Windsor pour voir TEAZER se reformer. Qu’est-ce qui avait fait pencher la balance cette fois ? C’était une décision qui aurait pu intervenir bien avant. Dans quelles conditions cela s’est-il passé et qui en a été à l’initiative ? C’est moi, car je n’ai jamais arrêté de pousser, pousser ! (Rires) Quand nous avions sorti le live l’an dernier, « Live At Liege », c’était aussi pour relancer la machine. C’était assez marrant d’ailleurs, car nous sommes ensemble depuis si longtemps, alors qu’en Belgique, nous avions vraiment le sentiment d’être un nouveau groupe ! (Rires) Et aujourd’hui, c’est génial de vivre ça ! D’ailleurs, c’est assez étonnant de voir à quel point ce nouvel album sonne européen. Il est plus Heavy, plus costaud ! (Sourires) – Depuis, vous avez repris les concerts. Est-ce finalement la scène qui vous manquait le plus ? Tu sais, on a tous continué à faire de la scène durant toutes ces années. Je ne me suis jamais retiré de la musique et j’ai fait énormément de choses depuis 1980, y compris ces dernières années. TEAZE était terminé, mais j’ai joué avec deux/trois groupes un peu partout dans le monde. Il nous aura fallu attendre l’accord de Brian en 2018 pour remettre la machine en route ! (Sourires) – D’autant que l’an dernier, vous avez sorti le très bon « Live At Liege » où vos morceaux prennent une nouvelle dimension et une autre dynamique aussi. Comment les avez-vous réarrangé et pourquoi cet enregistrement en Belgique plutôt qu’au Canada ? La première chose, ce sont effectivement les arrangements et le son. Le groupe a aujourd’hui un nouveau guitariste, Charlie Lambrick, qui est également notre producteur. Et ce gars-là est un musicien incroyable. Il a beaucoup aidé dans cette évolution, pas en changeant le son, mais en lui apportant de la fraîcheur. Ça ne sonne pas vintage, au contraire, le son est très actuel. Il a apporté cette touche à TEAZE et beaucoup de gens constatent cette différence et sont même un peu surpris que ça sonne aussi bien. Charlie a vraiment donné un nouvel élan au groupe et nous nous complétons parfaitement. Alors, pourquoi ne l’avions-nous pas enregistré au canada plutôt s’en Europe ? Je pense que c’était important pour nous de le faire là-bas, car nous ne l’avions jamais fait auparavant. C’était prévu en 1980 avec une grande tournée, mais la séparation a eu lieu à ce moment-là. Pourtant, le téléphone avait sonné à l’époque, mais c’était terminé… – Aujourd’hui, près de 50 ans après votre premier album éponyme, vous revenez avec « Rev Your Engines » et il est encore plus costaud et puissant que les premiers. Est-ce que le « Live At Liege » a été un déclic pour la nouvelle direction artistique, car votre jeu a aussi évolué ? Oui, je suis d’accord avec toi. C’était mon idée, si nous voulions vraiment revenir et ne pas dénoter de la scène actuelle et sans trahir l’héritage de TEAZE. C’est la condition première à notre retour. Et puis, aujourd’hui, il y a aussi les réseaux sociaux où l’on peut voir si vos fans sont toujours là. Nous avons aussi un nouveau bookeur. Par ailleurs, je savais qu’après 45 ans, beaucoup de gens auraient oublié TEAZE, même s’il en reste encore. Donc, l’idée était d’aller en Europe où nous avons encore une solide réputation et d’y jouer nos meilleurs titres. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Ça faisait partie du plan. Ensuite, cela nous permettait de repartir sur un nouvel album original. Alors, quand on a écouté l’enregistrement à Liège, on s’est dit que c’était carrément bien ! (Rires) Et surtout, on y avait pas vraiment réfléchi, c’était un seul et unique concert ! (Sourires) Quant à la direction artistique, elle a été insufflé dès l’arrivée de Charlie. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais cela s’est super bien passé et c’est exactement ce que nous souhaitions faire. Le son est super important en ce sens. On était un peu comme des enfants qui s’amusent ! (Rires) Et notre nouveau batteur est incroyable aussi, il a tellement apporté à cette nouvelle dynamique. – D’ailleurs, dans quel état d’esprit avez-vous commencé à composer ce nouvel album ? A entendre ce nouvel élan et cette fluidité dans les morceaux, les retrouvailles et l’ambiance au sein du groupe semblent avoir été assez naturelles, non ? Tu sais, nous connaissons tout de la vie de l’autre, nous sommes très proches. C’est pour cette raison que je n’ai jamais voulu que ça s’arrête. Donc, tout s’est passé de manière très naturelle. En 1975, nous n’étions pas des musiciens très expérimentés, sauf Brian qui était déjà très bon. On était tous très jeunes, mais on savait qu’on valait quelque chose ! (Rires) C’est une chose que tu sens immédiatement, c’est une impression assez étrange. Il y a toujours eu une sorte de magie dans TEAZE ! (Rires) – Est-ce que tu penses que si TEAZE avait continué toutes ces années, « Rev Your Engines » aurait cette fougue, cette envie et ce son aussi ? Car, on peut presque parler de renaissance et d’un nouveau départ, non ? Est-ce que tu crois qu’une renaissance est possible, François ? (Sourires) – Ah oui, bien sûr ! Oui, je crois aussi aux miracles ! (Rires) Mais je pense aussi que c’est très compliqué de faire un retour 45 ans après et que tout se passe bien. Parfois, je me dis que si les gens ne connaissaient pas TEAZE avant, ils écouteraient juste la musique sans se soucier du reste. Mais pour nous, c’est différent. Il faut continuer d’aller de l’avant et c’est vrai que nous sommes très fiers de ce nouvel album. On a beaucoup travaillé sur la production, j’y ai d’ailleurs participé, et il nous a d’abord fallu tout maîtriser et y apporter une certaine modernité. Nous n’avions pas le choix, en fait. Et puis, « Rev Your Engines » est très varié. On y retrouve des sonorités de Detroit, des morceaux plus introspectifs ou plus sombres et même quelques sonorités Pop. C’est un mix de tout ça avec un esprit très Rock’n’Roll. Il peut y avoir un peu de nostalgie, c’est vrai, mais nous sommes d’abord un groupe de Rock du Canada ! Et ce côté revival ne applique pas vraiment à TEAZE aujourd’hui ! (Sourires) – Enfin, il a quelque chose d’incroyable chez vous. TEAZE est devenu l’un de rares groupes canadiens devenus une icône en quelques albums seulement dans les années 70. Or, « Rev Your Engines » montre que l’aventure est loin d’être terminée. Est-ce que vous vous projetez déjà sur la suite ? Oui, c’est ce que je disais aux autres membres du groupe l’autre jour : nous devons penser au disque suivant ! On ne peut pas revenir avec un nouvel album pour mourir à nouveau ensuite. Donc, si nous restons sérieux, il y en aura un autre ! (Sourires) Tout ce qui se passe aujourd’hui a beaucoup de sens pour nous. J’ai envie d’y travailler dès maintenant, car avec Internet, tout va tellement plus vite et les gens oublient aussitôt. Alors, il faut toujours aller de l’avant ! On a hâte de partir en tournée, puis continuer à travailler sur de nouveaux morceaux. C’est tout sauf un one-shot, crois-moi ! (Sourires) Le nouvel, et excellent, album de TEAZE, « Rev Your Engines », est disponible chez Escape Music/Deko Entertainment. [...]
12 juin 2026Blues / Blues Rock / Rock 70'sOriginaire du New Jersey, le bluesman en est déjà à son quatrième opus en seulement sept ans, c’est dire l’inspiration qui l’anime. Complice et virtuose, THE TREVOR B. POWER BAND livre une copie très enthousiasmante sur ce « Two Crows », qui multiplie les ambiances. Compositeur, chanteur et guitariste, ses chansons sont à la fois personnelles et universelles dans les thèmes abordés. Sobres et mélodiques, ces dix nouveaux titres sont parfaitement retranscrits dans une production soignée et délicate. Une intensité qui prend vie dans un réalisme saisissant. THE TREVOR B. POWER BAND « Two Crows » (Farm 189 Records) Certaines carrières se font sur le tard et TREVOR B. POWER fait peut-être partie de ceux qui ont eu besoin de l’expérience d’un pan de vie avant de s’exprimer en musique. En effet, c’est en 2019 qu’il a pris son envol avec « Everyday Angel », un premier effort produit tout de même par Anthony Krizan (Spin Doctors, Lenny Kravitz). Une ambition qui le guide donc depuis ses débuts. Aujourd’hui, il surgit avec « Two Crows », qui est déjà son quatrième album. Et c’est en collaboration avec le guitariste Dave Fields qu’il l’a passionnément élaboré. A 63 ans, le chanteur pose ses accords avec une grande liberté et un sens du songwriting où la narration prend tout son sens. Sa voix éraillée et rocailleuse à l’occasion fait des merveilles, parfaitement accompagnée par un groupe de musiciens chevronnés. THE TREVOR B. POWER BAND captive et libère des atmosphères envoûtantes. Souvent très roots dans l’approche, « Two Crows » se montre au fil des morceaux d’une incroyable richesse. Passant d’un Blues épuré à des intentions plus Blues Rock, il traverse le style avec brio. L’émotion transparaît dès les premières notes de « Bobby Lane » porté par un chant profond. Si la formation avance dans un Blues Rock convaincant sur les premiers titres de « Two Crows », le virage vers un Rock 70’s a lieu avec « Horizon », marqué par l’apparition de la flûte de Jasper Fields, qui l’ensoleille littéralement. THE TREVOR B. POWER BAND se distingue donc par son éclectisme, même si l’ensemble reste évidemment bluesy (« Ain’t Got No Bread », « The Message », « Puddles Of Blood », « The Fire Burns »). Une belle alchimie ! [...]
8 juin 2026Heavy metal / InternationalVéloce, racé et mélodique, le Heavy Metal des Canadiens s’inscrit dans une tradition plutôt européenne dans ses références. Tout en gardant une même ligne artistique, IRON KINGDOM conforte et élève aussi son jeu sur un sixième album qu’il a lui-même produit. Avec une solide rythmique, le quatuor s’appuie surtout sur des parties de guitares où son duo de six-cordistes se montre très complémentaire et créatif. « Shadow And Dust » vient également couronner 15 ans d’existence et l’évolution du combo est manifeste, même s’il reste ancré dans un registre Old School qui n’a, a priori, pas encore dit son dernier mot. Fédérateur et acéré, la formation de la côte ouest peut compter sur son guitariste et frontman Chris Osterman pour le guider dans un style parfaitement maîtrisé. Entretien avec son fondateur. – Ce sixième album coïncide avec vos 15 ans d’existence. Quel regard portez-vous sur votre parcours, sachant qu’il témoigne aussi d’une belle stabilité, puisque le line-up est inchangé depuis quelques années maintenant ? C’est la preuve d’une belle unité… A vrai dire, même si le groupe existe depuis 15 ans déjà, nous n’avons jamais conservé la même formation. Aujourd’hui, Leighton (Holmes – NDR), notre bassiste, et moi-même sommes les deux seuls membres fondateurs restants. Malgré ces changements de formation au fil des ans, nous sommes convaincus que Megan Merrick, guitariste depuis 2018, et Max Friesen, batteur depuis 2020, se sont parfaitement intégrés et nous ont permis de développer et d’élever notre son à des sommets toujours plus élevés. Pour nous, cette formation actuelle est sans aucun doute la meilleure que nous ayons jamais eue. Notre parcours, bien qu’unis par nos objectifs, a été jalonné de moments difficiles, d’expériences mémorables, d’aventures épiques et de concerts et festivals incroyables, parfois même aux côtés de nos idoles de toujours. C’est une aventure incroyable et nous sommes unis, et au final, si le groupe a tenu aussi longtemps, c’est grâce à notre amour profond pour la musique et nos fans. – J’ai lu aussi que vous y voyez un rapport avec le 82ème anniversaire du débarquement. Qu’est-ce que cela représente exactement pour IRON KINGDOM ? C’est un sujet qui vous suit dans votre discographie, dans la thématique de vos chansons ? Nous sommes absolument fascinés par l’Histoire. Nous l’évoquons dans nombre de nos chansons et il nous arrive aussi d’en discuter longuement dans le bus de tournée ! (Rires) Le lien avec le Débarquement, dans notre cas précis, tient au fait que nous avons formé le groupe le jour J, en 2011. C’est donc l’anniversaire du groupe, le jour même où nous avons choisi le nom IRON KINGDOM. Sachant à l’époque quelle date elle représentait, cela nous a semblé presque poétique et nous avons pensé que c’était le signe parfait pour commencer. Le premier single de ce nouvel album a un lien, certes ténu, avec le Débarquement, mais seulement dans le sens où « Defenders » raconte une histoire de la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule en 1939, lors de la bataille de Gdansk en Pologne, et elle évoque les résistants qui ont tenu bon bien plus longtemps que prévu face au blitzkrieg allemand. Ce jour a quelque chose de vraiment spécial, non seulement parce que c’est notre quinzième anniversaire et qu’il est en lien avec le Débarquement, mais aussi parce que c’est la sortie de notre sixième album, coïncidant avec le 6 juin, le sixième mois de l’année, le sixième jour de l’année 2026 ! On pourrait dire que c’est un signe du destin, mais c’est impossible… Ou peut-être que si ? (Rires) Alors, le fait de pouvoir faire coïncider tous ces éléments et de sortir l’album ce jour-là est comme un alignement parfait, la date idéale donc pour la sortie de « Shadows And Dust ». – « Shadow And Dust » est également le premier album que vous enregistrez et produisez vous-mêmes. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ? Vous avez acquis l’expérience nécessaire, ou est-ce aussi l’époque qui s’y prête grâce à la technologie et une industrie musicale changeante ? Pour être tout à fait transparents, nous avons enregistré nos trois derniers albums nous-mêmes et nous n’avons cessé d’améliorer notre matériel et nos connaissances depuis nos débuts. « Shadows And Dust » est plus précisément le premier album où nous avons enregistré tous les instruments dans un seul studio. Pour tous nos albums précédents, nous devions enregistrer la batterie dans un lieu ou un studio spécifique, mais pour celui-ci, c’était la première fois que nous pouvions tout faire dans notre nouveau studio, du début à la fin. Et oui, je suis d’accord avec toi, s’enregistrer soi-même est vraiment révélateur de notre époque. La technologie est toujours à portée de main, mais il faut aussi prendre en compte les coûts liés à la vie d’un groupe de Heavy Metal à une époque où les gens achètent moins d’albums physiques. Il arrive un moment où l’on doit se demander, financièrement parlant, si ce ne serait pas plus réaliste de prendre en charge davantage de choses nous-mêmes. Nous en sommes convaincus et cela présente aussi d’autres avantages, comme plus de temps pour la prise de décision et s’assurer que les morceaux correspondent à notre vision. Bien sûr, faire tout ce travail soi-même a aussi ses inconvénients : c’est un travail colossal, on peut facilement se perdre dans les détails et on a toujours l’impression qu’on aurait pu faire mieux. Malgré tout, nous sommes très contents du résultat et nous espérons que vous le serez aussi ! (Sourires) – Est-ce que le fait de vous retrouver aux commandes de cet album vous a permis d’expérimenter certaines choses, car le spectre musical de « Shadow And Dust » semble bien plus large que les précédents ? Je dirais que ça nous a surtout permis de faire l’album exactement comme on le souhaitait. Avoir carte blanche en studio offre une bien plus grande liberté artistique. Bien sûr, il faut encore l’interpréter. Il faut encore assurer le coup. Les variations entre les morceaux sont surtout dues à notre façon de composer. Etant un groupe très adepte des improvisations, cette phase pour cet album en particulier nous a pris un peu plus de temps pour tout finaliser. Au fil du temps, différentes idées et différentes ambiances nous sont venues et je pense que c’est de là que viennent les variations. Le studio nous a juste aidés à mieux y parvenir ! (Rires) – « Shadow And Dust » n’est pas un album concept, et pourtant vous l’avez conçu pour qu’il s’écoute à l’ancienne, c’est-à-dire du début à la fin. C’est vrai que les habitudes des fans ont beaucoup changé. Alors, comment avez-vous aborder la composition ? Franchement, on ne connaît rien d’autre. Tous nos albums ont été conçus dans cette optique. Pour nous, écouter l’album en entier est la seule option. On ne compose pas de singles juste pour en faire des tubes. On écrit un album, puis on le réécoute et on décide quelles chansons fonctionnent le mieux individuellement. Toute notre approche musicale est basée sur les méthodes traditionnelles. On est peut-être un peu dépassés, mais si nous sommes arrivés jusque-là, il semble que nos fans apprécient notre façon de faire ! (Sourires) – Une fois encore, il y a un gros travail sur les guitares que ce soit sur les riffs, les solos ou les twin-guitares avec un côté épique dominant. Pourtant, l’équilibre avec la rythmique est parfaitement maintenu. En tant que guitaristes tous les deux, Megan et toi, est-ce une chose sur laquelle vous avez particulièrement veillé au cours de la production ? On est vraiment un groupe axé sur la guitare. Les riffs sont généralement le point de départ de la composition, ils nous guident tout au long des morceaux et les solos sont au cœur de notre musique. Donc oui, je dirais que tu as tout à fait raison de souligner l’importance des guitares ! (Sourires) Même si tout le reste est très important, on est clairement un groupe où la guitare est primordiale. Côté production, on a passé beaucoup de temps sur les guitares, pour s’assurer que les différentes parties s’accordent bien et que les rythmes et les solos se complètent parfaitement. – Alors que vous êtes canadiens et donc proches des Etats-Unis, vos influences sont essentiellement issues de la NWOBHM. J’ai l’impression que la différence de style entre l’Europe et le Metal américain est moins palpable et évidente qu’auparavant. Est-ce que vous pensez qu’il y a un rapprochement qui s’est effectué ces dernières années ? Une sorte de fusion, peut-être ? Je suis d’accord. Internet et la mondialisation ont probablement mélangé certains styles musicaux. Il est certainement beaucoup plus facile d’accéder à la musique du monde entier de nos jours, donc je comprends que les groupes modernes brouillent les frontières. Je pense que dans notre cas particulier, nous avons toujours été beaucoup plus attirés par les sonorités européennes, peut-être est-ce dû à nos origines, ou peut-être est-ce simplement parce qu’en tant que Canadiens, nous aimons généralement faire les choses un peu différemment des Américains ? (Rires) – Enfin, votre label en France, Steel Shark Records, sort une édition limitée de l’album avec un ‘Best Of’ en second CD. Est-ce que vous avez vous-mêmes choisi les morceaux ? Et quel lien entretenez-vous avec vos fans français, car c’est un beau cadeau que vous leur faites ? Pour la compilation, on a brièvement discuté de la tracklist entre-nous, puis on a fait notre proposition au label. Je crois qu’il n’y a eu qu’une seule chanson qui a changé par rapport à l’idée de départ. C’était vraiment cool ! (Rires) On était vraiment sur la même longueur d’onde. Steel Shark Records n’est pas un label comme les autres, et pour nous, c’était le choix idéal. On a été quasiment totalement indépendants, à part un peu d’aide pour les vinyles, jusqu’à présent, et c’est vraiment génial de travailler avec quelqu’un qui partage autant notre vision. La France, en particulier, a toujours eu une place spéciale dans notre cœur. On y a joué à chaque tournée européenne jusqu’à présent et on y a donné des concerts mémorables. C’est donc super de renforcer nos liens et de voir ce que l’avenir nous réserve ! (Sourires) Le nouvel album d’IRON KINGDOM, « Shadow And Dust », est disponible chez Steel Shark Records.  [...]
5 juin 2026Hard Rock / Southern BluesIntense, brut et virtuose, le jeu de JARED JAMES NICHOLS englobe à la fois la densité du Hard Rock, les saveurs du Blues et une atmosphère Southern. Six-cordiste accompli et frontman assuré, il multiplie avec naturel et beaucoup de classe les ambiances, tout en affichant une forte identité artistique. Avec « Louder Than Fate », il laisse à nouveau éclater tout son talent avec une impression de facilité assez déconcertante. Sensible et dévastateur, son charisme et son écriture sont toujours aussi renversants. JARED JAMES NICHOLS « Louder Than Fate » (Frontiers Music) Depuis ses débuts en 2015 avec « Old Glory & The Wild Revival », le guitariste et chanteur du Wisconsin, aujourd’hui basé à Nashville, réalise un sans-faute. L’an dernier, il avait brillé sur le titre « Borderline » extrait de l’EP éponyme de Hollow Souls, le nouveau projet de Kris Barras. Et il se fit remarqué aussi sur les album de Mark Morton de Lamb Of God et sur celui d’Elegant Weapons. Depuis, JARED JAMES NICHOLS a présenté quatre morceaux de « Louder Than Fate », son quatrième album (« Runnnin’ Hot », « Killing Time », « Pretend » et « Ghost »). Et vu leur qualité, le reste de cet opus commençait a nourrir beaucoup d’impatience. Ayant toujours navigué entre Hard Rock et Blues Rock avec une touche 70’s, il a su forgé un son très personnel et organique, toujours en gardant les deux pieds solidement ancrés dans son époque. Alors, très intelligemment, JARED JAMES NICHOLS a fait appel à deux producteurs qui se complètent à merveille sur ce « Louder Than Fate » : Jay Ruston (Anthrax, Amon Amarth, Steel Panther) et Roger Alan Nichols (Larkin Poe, Tyler Bryant & The Shakedown). Et leur complicité fait littéralement briller cette nouvelle réalisation. Un juste milieu entre une rudesse aux portes du Metal et la chaleur du Blues. C’est donc dans un Power Blues costaud et fondé sur des riffs colossaux et des solos électrisants que nous embarque JARED JAMES NICHOLS. Très authentique, son jeu est aussi percutant qu’attachant et il parvient sans mal à distiller ses émotions sur des titres efficaces, certes, mais toujours sincères (« Let’s Go », « Way Back », « Bending Or Breaking », « Dust’n’Bones »). Et ce qui est particulièrement notable ici, c’est que le songwriting repose autant sur des parties de guitare très soignées que sur le chant et les textes. Une fois encore, le musicien frappe fort et devrait ravir autant les amoureux de Hard Rock pur et dur que les amateurs de sonorités plus sudistes. Photo : Eric Ahlgrim [...]
5 juin 2026Hard Rock / SleazeD’une vitalité franchement réjouissante, cela fait maintenant deux ans que TOO HOT FOR LEATHER a émergé de la cité de la Country Music à grand renfort de solides guitares et sur un rythme effréné. Massif et mélodique, « Superhero Wannabes! » nous emporte dans un tourbillon globalement Hard Rock, mais aux multiples variables. Guidé par son intenable chanteuse, le combo se présente avec un nouveau format court, auquel il est bien difficile de résister. TOO HOT FOR LEATHER « Superhero Wannabes! » (Independant) Enjouée et hyper-Rock’n’Roll, l’aventure du quatuor a réellement commencé en juillet 2024, date à laquelle il a présenté son tout premier single, « Show Me What You’ve Got », un titre entêtant et ravageur. Originaire de Nashville, TOO HOT FOR LEATHER fait partie de cette nouvelle génération qui distille sa musique au compte goutte sur les plateformes, et qui semble peu préoccupée par le fait de sortir un album. Avec « Superhero Wannabes! », c’est donc un EP qu’il propose, lequel inclut d’ailleurs « Beef Stew » et « Doubt », sortis précédemment. Héritier direct de la scène Hard Rock et Sleaze américaine, et avec un soupçon Punk Rock californien dans l’énergie et l’attitude, le groupe laisse paraître une sensation de légèreté en contraste avec la puissance affichée. TOO HOT FOR LEATHER s’amuse et distille sa bonne humeur à travers des riffs musclés, une rythmique percutante et sa frontwoman porte le tout avec une certaine désinvolture, mais aussi beaucoup de sérieux. Car, les sept chansons de cet EP, le deuxième, sont très en place et l’excellente production ne doit rien au hasard, non plus. Sur une petite demi-heure, la formation du Tennessee se fait vraiment plaisir et l’aspect très dansant et festif de son Rock est un véritable remède à la morosité. A la fois envoûtante, magnétique et fédératrice, Shannon Sperl se montre irrésistible et surprend même par sa large palette vocale, comme sur la ballade piano-voix, « Father’s Daughter », qui clot « Superhero Wannabes! ». Littéralement taillé pour la scène, le répertoire de TOO HOT FOR LEATHER devient vite addictif (« Super Hero », « Kid Again », « All Talk »). Le Rock est plus vivant que jamais ! [...]
4 juin 2026Americana / Blues / Blues RockGroovy et spontanée, cette nouvelle réalisation de GRÁINNE DUFFY vient confirmer l’étendue de son talent, tout en se distinguant de son prédécesseur « Dirt Woman Blues », sorti il y a trois ans et pour lequel elle s’était livrée au site. Avec « What Am I Supposed To Do », elle joue la carte de la diversité avec la classe naturelle qu’on lui connaît. Blues Rock, mais pas seulement, ses performances vocales et guitaristiques sont assurées et virtuoses et ses nouvelles compositions ont déjà des allures de classique. GRÁINNE DUFFY « What Am I Supposed To Do » (Independant) C’est depuis le comté de Monaghan où elle est née et a grandi que GRÁINNE DUFFY puise son inspiration. Ayant pris son envol en 2007 avec « Out Of The Dark », elle sort aujourd’hui son sixième album. Au fil des années, son Blues, mâtiné de Rock, de Soul, d’Americana auquel quelques saveurs Country et celtiques s’échappent délicatement, s’est affiné et surtout personnalisé. Avec « What Am I Supposed To Do », l’Irlandaise s’impose comme l’une des meilleures représentantes du genre dans son pays… et bien au-delà. La musicienne est aussi retourné sous le soleil californien, à Los Angeles, au 64 Sound Studio sous la houlette de Justin Stanley et de Marc Ford à la production pour un résultat toujours aussi sincère et authentique. Analogique et chaleureuse, la musique de GRÁINNE DUFFY reste d’une grande liberté et se tient à distance des sorties actuelles. Farouche et audacieuse, la songwriter évolue dans une intemporalité constante entre respect des traditions et une approche moderne, tout en piochant à la fois dans l’héritage américain et dans sa culture européenne. Toujours aussi bien entourée, les musiciens présents jouent, ou ont joué, avec John Mellencamp, Gov’t Mule, Blind Boys Of Alabama ou The Black Crowes, sans oublier son guitariste de mari Paul Sherry. C’est dire la qualité d’interprétation des chansons signées GRÁINNE DUFFY. Et la chanteuse et guitariste diffuse une énergie continue à travers des titres qui traversent le temps avec une émotion brute (« Early In The Morning », « Streets Of Love », « Tearing The Apart », « Got To Give It Up », le morceau-titre et « Need Your Love So Bad », immortalisé par Peter Green). Immanquable ! Photo : Barry McCall Retrouvez aussi l’interview de GRÁINNE DUFFY à l’occasion de la sortie de « Dirt Woman Blues » : Gráinne Duffy : modern & celtic roots [Interview] [...]
3 juin 2026Heavy metal / InternationalRare femme à porter haut l’étendard d’un Heavy Metal traditionnel, Marta Gabriel poursuit son chemin avec une constance artistique, qui la rend assez unique. Après deux décennies passées à la tête de Crystal Viper, puis une embardée avec Moon Chamber et un album hommage de reprises dédié à celles qui l’ont influencé et sous son propre nom, la voici de retour avec LEATHERWITCH. Un nouveau chapitre s’ouvre donc, et même s’il ne trahit pas ses convictions musicales profondes, il apporte de la fraîcheur à un registre qu’elle maîtrise parfaitement. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si elle y joue tous les instruments. La Polonaise continue son aventure métallique avec « First Spell », un album véloce et puissant autour de ses thèmes de prédilection. Entretien avec une artiste multiple restée passionnée par le côté Old School d’un style, qui est loin d’avoir rendu son dernier souffle. – Après presque 20 ans, tu as mis fin à l’aventure Crystal Viper l’an dernier avec l’ultime « The Live Quest ». Tout d’abord, qu’est-ce qui t’a le plus profondément marqué toutes ces années et est-ce qu’il y a malgré tout quelques regrets ? Crystal Viper a occupé une place immense dans ma vie. J’avais 19 ans quand je l’ai fondé et il a été mon premier groupe de Heavy Metal sérieux, celui dont j’avais toujours rêvé. Au fil des années, nous avons sorti de nombreux albums, tourné dans différents pays, rencontré des gens incroyables et partagé des moments inoubliables sur scène. Pendant cette période, j’ai réalisé que la musique pouvait véritablement unir des personnes de cultures, d’horizons et de générations complètement différents. Bien sûr, il y a eu aussi des moments difficiles, tout long parcours comporte des hauts et des bas, mais je préfère sincèrement me concentrer sur le positif plutôt que sur les regrets. Chaque erreur a été une leçon, chaque année m’a permis de gagner en expérience musicale. Parfois, on sent simplement au fond de soi qu’une histoire a atteint sa fin naturelle et qu’il est temps d’aller de l’avant sur le plan créatif. – On te retrouve donc avec LEATHERWITCH, projet où tu joues tous les instruments en dehors des solos de guitare que se partagent Giuseppe Taormina et Ginoir. Ton intention première n’a jamais été de reformer un groupe ? Tu souhaitais vraiment être seule aux commandes ? Ce n’est pas que je veuille tout contrôler. C’est plutôt une nécessité créative, liée à ma façon de composer. Depuis des années, j’enregistre des démos entièrement seule avant de présenter les morceaux au groupe. Avec LEATHERWITCH, j’ai simplement poursuivi ce processus jusqu’à l’album final. Je n’avais pas à envoyer de fichiers audio aux autres musiciens, à préparer des pistes témoins, à attendre que tout le monde apprenne les morceaux, à organiser les plannings studio, etc… Dès qu’un morceau était composé, il existait sous une forme prête pour le mixage. Cela m’a fait gagner des semaines, voire des mois. De plus, pour la toute première fois, l’album que j’ai composé sonne exactement comme je l’avais en tête en l’écrivant. C’est une expérience formidable. Parallèlement, j’aime toujours autant travailler avec d’autres musiciens, surtout en concert. C’est pourquoi je ne vois pas LEATHERWITCH comme un isolement, mais plutôt comme une autre façon de créer de la musique. – En 2021, tu avais réalisé « Metal Queen » en solo et qui était un album de reprises. Le considères-tu comme un disque un peu à part, car tu aurais aussi pu sortir « First Spell » sous ton nom ? C’était donc important de créer LEATHERWITCH pour distinguer tes différents projets ? « Metal Queens » était un album hommage, un projet conceptuellement très spécifique. Parallèlement, je travaille actuellement sur un autre album solo sous le nom de Marta Gabriel, musicalement très différent de LEATHERWITCH. C’est pourquoi il est devenu essentiel pour moi de créer des identités distinctes pour chaque musique. Je n’aime pas tout mettre sous le même nom simplement parce que ça vient de la même personne. Chaque projet a sa propre atmosphère, son style et son identité visuelle. LEATHERWITCH crée immédiatement une ambiance particulière avant même d’entendre la musique. Je pense que les auditeurs apprécient aussi quand un artiste donne à chaque projet sa propre personnalité, plutôt que de mélanger des idées complètement différentes sous un seul nom. Cela pourrait prêter à confusion. – Pour « First Spell », tu t’es entourée de personnes que tu connais très bien. Bart Gabriel a produit et masterisé l’album, qui a été masterisé par Olof Wikstrand. Avoir un entourage proche qui te mette en confiance t’a-t-il aussi offert plus de liberté dans la composition comme dans ton jeu ? Absolument. La confiance est primordiale dans le processus créatif, surtout pour un album aussi personnel. Bart et moi collaborons depuis de nombreuses années, tant sur le plan musical que créatif en général. Il existe donc une compréhension naturelle entre nous. Il m’a apporté un soutien incroyable tout au long du projet. C’était la première fois que j’étais entièrement responsable de la prise de son, et Bart m’a beaucoup aidé. Par ailleurs, faire appel à Olof Wikstrand s’est avéré une excellente décision. J’apprécie beaucoup son approche du son : organique et puissante. Il a immédiatement saisi l’atmosphère que je souhaitais donner à l’album, sans chercher à la moderniser artificiellement ni à en altérer l’énergie brute. – Sans être totalement Old School, le Heavy Metal proposé reste traditionnel, même s’il s’inscrit dans son époque. Selon toi, qu’est-ce qui distingue le plus LEATHERWITCH de tes groupes précédents, et notamment Crystal Viper, car tu es déjà très familière du genre ? Je pense que la plus grande différence réside dans l’atmosphère émotionnelle générale et la spontanéité de l’album. LEATHERWITCH est plus sombre, plus personnel… Il y a aussi plus d’énergie, plus d’agressivité. Pour autant, je n’ai jamais voulu faire un album rétro. Je souhaitais que « First Spell » ait un esprit classique, mais qu’il soit créé avec des outils modernes et enregistré aujourd’hui, et non une imitation artificielle du passé. Autre différence importante : comme j’ai tout enregistré moi-même, l’album reflète mes sentiments de façon beaucoup plus directe. On a presque l’impression d’écouter mon processus créatif en direct, sans filtre. – « First Spell » apparaît clairement comme ton album le plus personnel, notamment dans les textes et les thématiques. Est-ce que cela fait longtemps que tu mûris ces morceaux, et y a-t-il des choses que tu tenais absolument à éviter musicalement, ou au niveau de la production, pour offrir vraiment quelque chose de neuf ? Certaines chansons sont nées très rapidement, presque instantanément. Parfois, j’entends une chanson presque complète dans ma tête et il ne me reste plus qu’à m’asseoir avec mes instruments et à l’enregistrer. D’autres ont évolué plus naturellement au fil du temps. Au niveau des paroles, cet album est sans aucun doute le plus personnel. Même lorsqu’il y a des éléments fantastiques ou d’horreur, des émotions bien réelles se cachent en dessous. « The New Beginning », par exemple, est très directement liée à la fin de Crystal Viper et au chaos émotionnel qui a marqué cette période de ma vie. Concernant la production, je voulais éviter le sur-traitement et une perfection artificielle. La technologie moderne permet très facilement d’éliminer toute émotion humaine de la musique. Je voulais que cet album reste vivant, organique et émotionnel. Parfois, les imperfections ont plus d’âme que la perfection technique. – A une époque où beaucoup d’artistes prennent leur indépendance et s’autoproduisent, tu gardes le soutien de Listenable Records. C’est important pour toi d’avoir la confiance d’un label, ce qui ne t’oblige donc pas à créer ta propre structure ? J’entretiens d’excellentes relations avec Listenable Records et poursuivre notre collaboration s’est fait tout naturellement. Ils ont d’ailleurs été les premiers à découvrir LEATHERWITCH et à écouter nos morceaux. Ce que j’apprécie le plus, c’est leur compréhension de la musique et leur respect de la liberté artistique. Ils n’ont jamais cherché à dénaturer l’identité de l’album, ni à l’orienter dans une autre direction. Aujourd’hui, c’est un atout précieux. Bien sûr, les artistes contemporains doivent souvent se débrouiller seuls, mais avoir un label de confiance à ses côtés représente un soutien important, notamment en matière de promotion et de distribution. – Enfin, on connaît ton amour pour la scène et le contact avec tes fans. Alors, de qui sera constitué le LEATHERWITCH qui se produira en concert ? Oui, le groupe est au complet et déjà prêt à en découdre ! Sur scène, je me concentrerai uniquement sur le chant. Même si j’ai enregistré tous les instruments sur l’album, je ne compte pas en jouer sur scène. Le travail en studio et la scène sont deux mondes bien différents. On va donc retrouver Giuseppe ‘Tiyris’ Taormina à la guitare, Blaze Grygiel à la basse et Toby Ventura à la batterie. La tournée est déjà annoncée, en tant qu’invité spécial de Fifth Angel, donc le public pourra très bientôt voir LEATHERWITCH en concert. J’ai vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène et de partager enfin ce nouveau chapitre avec le public. Vivement les concerts ! L’album de LEATHERWITCH, « First Spell », est disponible chez Listenable Records. Photos : Bart Gabriel Retrouvez aussi les chroniques de son album solo, « Metal Queens », et des deux derniers albums de Crystal Viper : Marta Gabriel : girl power Crystal Viper : Retour aux fondamentaux Crystal Viper : conquérant [...]
2 juin 2026Blues / SoulRodée depuis plus de vingt dans les clubs de Toronto, SAMANTHA MARTIN s’est essayé à plusieurs formations avant de trouver la bonne formule avec le DELTA SUGAR, où elle manie à la fois l’élégance d’un Blues originel et d’une Soul vibrante dans un mix très contemporain aussi entraînant qu’émouvant. « A Beautiful Buzz » nous replonge dans une soirée, dont on devine aisément la magie et, entre titres originaux et quelques reprises bien senties, la blueswoman navigue entre douceur Southern et rythmiques actuelles, et entre puissance et virtuosité. Et rien ne vaut un témoignage live pour saisir pleinement le talent à l’état pur. SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR « A Beautiful Buzz » (Gypsy Soul Records/Bertus) La Canadienne compte déjà cinq albums à son actif que ce soit en solo, avec The Haggard et avec Delta Sugar pour trois d’entre-eux. Le dernier en date, « The Reckless One » est sorti en 2020 et c’est lors de cette tournée, sur la côte ouest du pays, qu’a été capté « A beautiful Buzz ». Le 26 novembre 2022, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR a fait monter la température du théâtre Maple Ridge en Colombie Britannique d’un cran. Car, lorsqu’une formation de dix musiciens monte sur scène, ça chauffe et ça groove ! Alors qu’on aurait pu s’attendre à un nouvel effort studio, c’est avec ce live captivant que la chanteuse et son ‘Big Band’ confirment que la scène est leur jardin. Et d’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé, se délectant de cette atmosphère bienveillante. Forcément, à l’époque, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR avait mis l’accent sur le dernier opus, dont on retrouve pas moins de cinq morceaux, en plus de trois reprises magnifiquement réarrangées de Buddy Miles, The Band et The Rolling Stones. Une setlist savoureuse et Soul à souhait. Ancré dans la tradition et aux saveurs Gospel, le Blues du groupe se diffuse cependant via un spectre moderne que la chaleur des cuivres, les chœurs radieux et ce groove magnétique ne font qu’embellir. A onze à l’œuvre, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR ronronne et livre une performance où le moindre détail se fait saisissant. Quant au chant, difficile de ne pas tomber sous le charme d’une frontwoman aux capacités multiples et dont la voix un brin éraillée et puissante est incroyablement solaire. Un disque à écouter dans son entier ! Photo : Renan Yildizdogan [...]
21 mai 2026Heavy metalSix ans après « Punching The Sky », période passée essentiellement à tourner, puis à mettre au point un nouveau chapitre de leur histoire, les Californiens se sont remis à l’ouvrage sous la houlette de leur leader Joey Vera. Spontané, mais réglé au millimètre, ARMORED SAINT n’a pas son pareil pour faire le lien entre Heavy Metal et Hard Rock et entre la tradition et son époque. Et « Emotion Factory Reset » est le reflet d’un style très personnel qui ne cesse d’évoluer au même titre que les émotions qu’il véhicule. ARMORED SAINT « Emotion Factory Reset » (Metal Blade Records) ARMORED SAINT est probablement le groupe le moins exposé médiatiquement de la côte ouest, et pourtant il est devenu au fil des ans l’un des plus emblématiques, élevé même au rang de culte par certains qui voit toujours en « March Of The Saint » (1984) une sorte de maître étalon du genre. Mais le combo doit surtout d’être sous-estimé en raison des allers-retours de son chanteur John Bush chez Anthrax 13 ans durant, avec même un rapide retour en 2009. Un manque de reconnaissance, qui s’explique donc par une absence de constance. Cela dit, ce neuvième album en quatre décennies confirme qu’il n’a jamais trahi son public. Une régularité incontestable. Par ailleurs, il y a un grief que l’on ne pourra pas tenir à ARMORED SAINT, c’est celui de faire deux fois le même disque. C’en est presque à croire qu’il ne regarde jamais en arrière et qu’il ne mise que sur l’avenir. Ainsi, Il prolonge en quelque sorte son œuvre, ce qui signifie aussi l’absence de surprise, ainsi que d’éventuelles déceptions dans un certain sens. « Emotion Factory Reset » correspond parfaitement à son époque et le Heavy Metal déployé ici conserve autant de solides bases établies au début des années 80 qu’il use de sonorités et d’une productions très actuelles. La capacité d’adaptation des Américains fait vraiment partie de leur ADN et cela s’entend. Guidé par son duo composé du chanteur John Bush et de Joey Vera, bassiste et producteur, le quintet avance naturellement grâce au groove massif de Gonzo Sandoval, qui martèle ses fûts comme peu le font encore. Et cette belle rythmique profite au tandem Phil Sandoval, le frérot, et Jeff Duncan, qui brillent sur des riffs tranchants et entraînants, ainsi que des solos terriblement accrocheurs. ARMORED SAINT transpire le Heavy Metal et on se laisse emporter (« Close to The Bone », « Hit A Moonshot », « Compromise », « It’s A Buzzkill », « Epilogue »). Brut de décoffrage, « Emotion Factory Reset » ne laisse planer aucun doute et se montre imparable. [...]
20 mai 2026Hard Rock / International / Southern RockDu fond de son saloon peuplée d’âmes en perdition, le trio anglais voit défiler toutes sortes d’individus au pedigree plus ou moins respectables. Et ce sont ces histoires, et anecdotes, que nous comptent ces hors-la-loi zombifiés, originaires de Sheffield. Dans ce décorum de Far-West, FANGSLINGER élève son Hard Rock pour en faire des hymnes sur fond de Southern Rock. Une recette aussi savoureuse que percutante qui prend vie sur « Welcome To The Last Souls Saloon », un premier album hyper-fédérateur et massif, construit sur des riffs costauds et où les deux voix, féminine et masculine, se renvoient de gigantesques doses d’adrénaline sur chaque morceau. Entre vampirisme bluesy et ambiances gothiques, le chef du gang nous laisse nous frayer un passage dans cet univers aussi jouissif que groovy, façon dark western. – Avant de parler de ce premier album, j’aimerais savoir comment a pu naître le concept de ‘Undead Redneck Rock’n’Roll’ dans l’esprit d’un groupe de Sheffield ? Bon, il y a un petit malentendu. Nous sommes des hors-la-loi morts-vivants du Far West. Sheffield est simplement l’endroit où nous avons choisi de poser nos valises pendant notre conquête du Royaume-Uni, car c’est en plein milieu ! (Rires) Quant au ‘Undead Redneck Rock N’ Roll’, nous avons simplement pris le meilleur de la musique que nous aimons et nous l’avons mélangé à une recette du Sud pour faire headbanger les gens pendant qu’on leur prend leur âme ! (Rires) – On vous a découvert en 2024 avec « The Last Souls Saloon », un premier single qui apparaît presque comme une carte de visite en raison de son titre notamment. Ensuite, vous avez enchaîné les morceaux avant de les regrouper sur « We Are The Night », votre premier EP. Vous aviez besoin d’avoir certaines certitudes sur l’accueil de FANGSLINGER ? On tâtait le terrain, c’est certain. Au départ, on n’avait prévu qu’une seule chanson, mais on a tellement aimé l’écrire et l’enregistrer qu’on a voulu en faire d’autres ! (Sourires) Heureusement, elle a trouvé un écho auprès du public, suffisamment pour qu’on continue à faire de la musique ! Et on est vraiment ravis. – Si on peut trouver une certaine proximité avec votre compatriote Kris Barras, vos références sont essentiellement américaines avec une dominante Southern. L’idée de départ était-elle d’injecter ce climat aux allures de Far-West dans un Hard Rock moderne et solide ? Oui, absolument. Tellement de groupes actuels s’inspirent de ces influences et se tournent vers le passé, devenant presque des groupes hommage à des époques révolues. Je ne citerai pas de noms, bien sûr… (Sourires) Nous voulions faire quelque chose d’un peu plus novateur et essayer de créer quelque chose d’original en nous appuyant sur nos influences. Quant à savoir si nous avons réussi, je suppose que cela dépendra de l’auditeur ! (Sourires) – D’ailleurs, ce qui peut surprendre dans le Hard Rock de FANGSLINGER, c’est son côté bluesy et Southern transposé dans une ambiance souvent très ‘Arena’, inspiré de l’Alternative Metal/Rock. Est-ce que c’est finalement ce à quoi pourrait ressembler le Southern Rock 2.0 ? Je l’espère ! On a clairement écrit ces chansons en pensant aux grandes salles. Jouer dans les salles où on joue en ce moment, c’est génial, et ça nous permet de rencontrer les fans de ‘Lost Souls’ de près. Mais on ne cache pas notre ambition de jouer notre musique sur des scènes encore plus grandes. Le grand public mérite du vrai Rock, non ? (Sourires) – Revenons à ce premier album, « Welcome To The Last Souls Saloon ». Il y règne une atmosphère très proche de celle du film de Robert Rodriguez « From Dusk Till Dawn » (« Une nuit en enfer » – NDR). Est-ce que ce film vous a influencé à la création du groupe et notamment en ce qui concerne son concept et l’aspect visuel ? A priori, ce serait plutôt Robert Rodriguez qui se soit inspiré de nos pitreries pour réaliser son film ! (Rires) En tout cas, nous adorons les éléments cinématographiques et théâtraux, et le genre western gothique n’a pas été suffisamment exploité à notre goût. Ce film influence beaucoup nos décors et nos clips. Nous intégrons également de nombreux éléments western dans notre musique pour créer une ambiance, inspirés par des compositeurs comme Ennio Morricone. – FANGSLINGER a aussi la particularité de présenter un chant féminin et masculin, ce qui vous offre de nombreuses possibilités narratives aussi. Il y a un équilibre assez théâtral d’ailleurs. Est-ce que ce chant à deux est une chose qui s’est imposée naturellement dans le groupe ? Oui, mais en fait, ce n’était absolument pas prévu. Lors de l’enregistrement du premier single, BloodRose (la chanteuse – NDR) était par hasard avec nous au studio et nous lui avons simplement demandé d’enregistrer quelques chœurs. Ensuite, nous avons composé le pont, pour lequel sa voix convenait parfaitement. Depuis, son rôle a évolué et elle chante une bonne partie de l’album. Nous apprécions le contraste entre la voix masculine rauque et les lignes féminines à la fois douces et sensuelles. – Un mot aussi sur cette très belle production, dont la richesse des tessitures et des arrangements est assez incroyable pour un premier album. Dans quelles conditions avez-vous travaillé et combien de temps avez-vous mis à finaliser « Welcome To The Last Souls Saloon » ? Merci pour tes compliments ! Nous entretenons une excellente relation avec notre producteur, Dan Fox, qui travaille aux studios Treehouse. Il a collaboré avec certains des plus grands noms du Rock et du Metal actuels et il possède un talent exceptionnel. Honnêtement, l’enregistrement de l’album s’est fait très naturellement. Nous avons simplement échangé des idées et fait de notre mieux pour composer les meilleures chansons possibles. Je pense que le véritable art naît des personnes réunies. Et l’alchimie entre le groupe et le producteur nous a offert une immense liberté créative. Et puis, combien de producteurs adhéreraient à une idée aussi farfelue que celle de cowboys vampires faisant du Rock’n’Roll ? (Rires) – Enfin, j’aimerais que l’on parle du côté immersif de l’album et de la façon dont on se laisse happer et guider dans ce voyage captivant. Chaque chanson raconte une histoire et il y a beaucoup de profondeur également. Aviez-vous une vison claire de l’ensemble dès le départ ?   Après la sortie de notre premier single, nous avons décidé que tout l’univers de FANGSLINGER tournerait autour du saloon ‘Lost Souls’ et des personnages qu’on y croise. Cela nous donne un point de départ pour chaque chanson. On peut ainsi développer l’origine d’un personnage, ou raconter l’histoire d’une chasse aux vampires. On a même une chanson du point de vue de la Faucheuse, qui médite sur sa solitude. On a l’impression d’avoir un monde qu’on peut continuer à créer quasiment sans limites… Et qui sait, peut-être qu’un jour FANGSLINGER partira dans l’espace à bord d’une fusée ‘steampunk’ ! (Rires) Le premier album de FANGSLINGER, « Welcome To The Last Souls Saloon », est disponible sur toutes les plateformes et en physique sur le site du groupe : www.fangslinger.net [...]
13 mai 2026Hard Rock / Heavy Stoner / InternationalLes groupes de la trempe de THE QUILL se font de plus en plus rares, comme une espèce en voie de disparition face à une scène mondiale Rock et Metal, qui tend inévitablement vers une uniformité aussi triste que blafarde et insignifiante. Or, en plus de 30 ans de carrière, les Suédois n’ont jamais dévié d’une trajectoire qui passe par un Heavy Stoner couplé à un Hard Rock massif, et qui se renouvellent toujours au fil des albums. Sur « Master Of The Skies », la maturité, l’expérience et la créativité se disputent le premier rôle dans un unique et tourbillonnant élan. Le quatuor y atteint des sommets, déploie avec force une identité forgée au fil des disques et des tournées par quatre musiciens au caractère affirmé. Robustes et alimentant toujours une petite lueur vintage réconfortante, les Scandinaves se montrent d’un impact encore une fois redoutable, et c’est leur bassiste au groove granitique, Roger Nilsson, qui revient sur ce nouvel opus déjà incontournable. – Même si vous n’avez jamais caché votre admiration pour le groupe, j’ai l’impression que « Master Of The Skies » est le plus sabbathien de vos albums. Est-ce que, même inconsciemment, la mort d’Ozzy a pu avoir un impact sur son écriture ? La majeure partie de l’album a en réalité été écrite avant le décès d’Ozzy, donc il n’y a pas eu de tentative consciente de s’inspirer de lui plus que d’habitude. Mais soyons honnêtes : Ozzy et Black Sabbath font partie intégrante de notre musique depuis le début. C’est en partie grâce à eux que nous avons commencé à jouer de la musique. Nous avons d’ailleurs donné un concert hommage à Ozzy en plein milieu de l’enregistrement, alors je pense que quelques petites touches Black Sabbath se sont glissées dans l’album sans même que nous nous en rendions compte. Plus inconsciemment qu’intentionnellement. Mais oui… c’est encore irréel qu’il soit parti. On perd nos héros à un rythme alarmant ces temps-ci, et c’est déchirant. C’étaient les géants sur les épaules desquels nous nous sommes hissés. – Est-ce qu’après presque 35 ans de carrière et une douzaine d’albums à votre actif, le fait de vous retrouver à nouveau aux studios 491 à Oskarshamn avec Erik Nilsson peut avoir quelque chose de rassurant et de confortable, puisque vous y avez vos habitudes maintenant ? Cela peut aussi contribuer à un certain bien-être et une meilleure concentration, non ? Absolument. Erik est presque un cinquième membre du groupe, sans pour autant avoir à apprendre la setlist par cœur ! (Sourires) Il sait parfaitement quand nous pousser, quand nous freiner, et quand dire à quatre musiciens de Rock têtus d’arrêter de se disputer et de se remettre au travail. Nous sommes tous des créatifs au caractère bien trempé, alors l’ambiance peut vite devenir électrique en studio. Erik est celui qui intervient, tape dans les mains et dit : « Ça suffit les gars ! Voilà la direction à prendre ». Et il a généralement raison. Le Studio 491 est aussi incroyablement pratique. Magnus, Christian et moi habitons à une demi-heure d’ici, donc on ne perd pas des heures dans les transports et des hôtels hors de prix. C’est un peu notre deuxième salon, avec une meilleure acoustique… (Sourires) – « Master Of Skies » est un album percutant, mais surtout très atmosphérique avec une sensation sonore qui créé une sorte d’unité. Est-ce que vous l’avez conçu et composé comme un album concept, car il y a certains aspects notables dans sa structure ? Ce n’est pas à proprement parler un album concept, mais nous l’avons abordé avec une structure très précise. Nous voulions offrir une expérience d’écoute complète, quelque chose qu’on apprécie du début à la fin, et non pas une simple liste de chansons. Nous avions près de 30 titres composés, et nous avons donc passé beaucoup de temps à choisir ceux qui se complétaient et créaient des ambiances différentes. Pour la toute première fois, la tracklist était quasiment définitive avant même le début de l’enregistrement. Cela nous a permis de façonner l’atmosphère de l’album de manière beaucoup plus réfléchie. – D’ailleurs, vous ouvrez avec le morceau-titre que l’on retrouve également en reprise en fin d’album, comme pour boucler la boucle ? Est-ce une chanson qui vous a suivi tout au long du processus ? Et l’avez-vous d’ailleurs composé en tout premier ? Le morceau-titre a été composé très tôt dans le processus et, à l’origine, les deux parties étaient assemblées en un seul long morceau. Mais une fois que nous avons envisagé l’album comme un voyage complet, l’idée nous est venue de l’encadrer, c’est-à-dire de commencer et de terminer par le même thème pour créer un sentiment d’achèvement. Cela nous a semblé juste et presque cinématographique. Comme si l’histoire commençait et se terminait au même endroit, mais que l’auditeur n’était plus la même personne. – « Master Of Skies » est sans doute l’un des albums les plus sombres de THE QUILL. Pourtant, il y a toujours un aspect lumineux comme sur « Son Of Light », par exemple. On a presque l’impression que le travail sur les contrastes a été aussi important que sur les mélodies elles-mêmes. Est-ce le cas ? Absolument. On a toujours adoré mélanger des riffs puissants avec des passages plus doux et lumineux. Beaucoup de groupes de Heavy Metal aujourd’hui enchaînent les riffs à un rythme effréné, et au bout de quelques morceaux, mes oreilles commencent à souffrir. Mais quand on intègre des passages plus légers, les parties puissantes ont un impact bien plus fort. Tout est une question de dynamique, d’ombre et de lumière. Comme dans la vie. On n’apprécierait pas son plat préféré si on devait le manger tous les jours, pas vrai ? (Sourires) – La patte et le style de THE QUILL sont toujours très identifiables et son groove inimitable. Est-ce ce qui rend le groupe si intemporel, et êtes-vous d’ailleurs dans cette quête qui transcende les modes ? Je le crois. Tous les quatre, nous avons une alchimie très particulière, une façon de jouer ensemble qui a quelque chose de presque magique. Et honnêtement, on essaie de ne pas trop l’analyser. On ne voudrait pas réveiller la magie et briser le charme par inadvertance. On fait ça depuis plus de 30 ans. Les modes sont allées et venues, l’industrie musicale s’est réinventée plusieurs fois, et la façon dont les gens écoutent de la musique a complètement changé. Mais nous sommes restés fidèles à nous-mêmes. On écrit avec le cœur, on joue ce qui nous semble juste et on a toujours fait les choses à notre façon. Pour paraphraser Sinatra : on l’a fait à notre manière. (Sourires) – « Master Of The Skies » est un album puissant, qui montre beaucoup de caractère à travers toutes les ambiances qu’il traverse. Penses–tu, comme moi, que THE QUILL est aujourd’hui à un sommet de sa carrière ? THE QUILL se porte vraiment bien ces temps-ci, peut-être même mieux que depuis longtemps. On ressent une confiance et une sérénité au sein du groupe, fruits de trois décennies passées à faire les choses à notre façon, à traverser les modes et à toujours ressentir cette étincelle. Nous sommes créatifs, productifs et, surtout… nous prenons du plaisir. Ça peut paraître simple, mais après tant d’années, c’est vraiment le secret. Nous sommes toujours quatre personnes qui aimons jouer ensemble, à débattre juste ce qu’il faut pour que ça reste intéressant, à découvrir de nouvelles idées et à sentir que la musique a toujours autant d’importance. Il y a aussi un profond sentiment de gratitude : les gens s’intéressent encore à nous, nous écoutent encore, viennent encore à nos concerts. On ne tient plus ça pour acquis et on apprend à l’apprécier encore davantage avec l’âge. – Enfin, j’aimerais avoir ton regard sur ces trois dernières décennies durant lesquelles l’industrie musicale a connu de gros bouleversements. L’adaptation est toujours en cours et l’IA commence aussi à émerger. Comment peut-on encore rester un acteur important dans ce climat ? Et la liberté va-t-elle venir de l’indépendance des artistes, ou certaines structures ont encore du poids, selon vous ? Excellente question. Je pense que tout dépend de la raison pour laquelle on fait de la musique. Si votre objectif est de suivre les tendances, de dominer les classements et de vous conformer à la mode du moment, alors oui, l’IA représente une réelle menace. Elle peut imiter les tendances plus rapidement que n’importe quel humain. Mais si votre objectif est de créer une musique qui puise son inspiration dans des émotions humaines authentiques, alors je pense que le public en aura toujours besoin. Peut-être même plus aujourd’hui, alors que tant de choses autour de nous deviennent artificielles. L’authenticité comptera plus que jamais. De la vraie musique, créée par de vraies personnes pour de vrais auditeurs. Le nouvel album de THE QUILL, « Master Of The Skies », est disponible chez Metalville. Photos : Johan Gustavsson (1, 4) Retrouvez aussi les chroniques de « Wheel Of Illusion » et « Earthrise » : The Quill : nouvelle odyssée The Quill : granitique ! [...]
5 mai 2026Hard Rock / Stoner RockIl existe peu de groupes capables de naviguer avec autant d’aisance et de fluidité d’un registre à l’autre, tout en réussissant le tour de force de conserver une identité musicale aussi évidente et reconnaissable. CROBOT fait partie de ceux-là et même si son duo basse/batterie est très changeant, rien ne semble pouvoir perturber Chris Bishop et Brandon Yeagley, intarissable tandem qui se plaît toujours autant à injecter à son Stoner des teintes bluesy, Classic et Hard Rock sur ce « Supermoon » original. L’harmonie et la puissance. CROBOT « Supermoon » (Megaforce Records) Remis sur de bons rails depuis sa signature chez Megaforce Records et qui avait débouché sur « Obsidian » sorti il y a deux ans, CROBOT a retrouvé toute sa verve et son mordant en renouant avec ce qui a toujours été son ADN : un Stoner Rock musclé teinté de Hard Rock. Et si sa créativité et son plaisir de jouer s’entendent plus que jamais, le chanteur Brandon Yeagley et le guitariste Chris Bishop ont également repris une vielle habitude, celle de changer de rythmique. Dorénavant, la fratrie Janson (Willie et Nico, basse et batterie) donne le tempo sur « Supermoon ». Les deux membres fondateurs ont opté pour une approche plus bluesy et funky pour ce septième album, mais, soyons clairs, les riffs épais et massifs qui ont toujours caractérisé CROBOT sont bel et bien présents et surgissent quand on s’y attend le moins. Très varié et lumineux, « Supermoon » atteste la large palette d’ambiances qui rend la formation de Pennsylvanie si familière. De l’harmonica qui habille « Gun To My Head » en ouverture, ou avec le sifflement un rien nostalgique de « Happy Days », le quatuor s’amuse et nous régale. Cette faculté à opérer les fusions entre Rock et Metal, ainsi qu’entre Stoner et Hard Rock reste la marque de fabrique des Américains. Explosifs ou langoureux, tout en restant entraînants et mélodiques, ils conservent cette approche toujours ludique et souvent joyeuse qui les empêche de rester confiner dans un seul registre. Et finalement, peu importe la rythmique à l’œuvre, CROBOT est unique en son genre et déçoit finalement très rarement (« Girl From Another World », « Me And Your Mother », « Foot Off », « Battle Cry », « Let It Kill Me »). Une véritable masterclass ! Retrouvez aussi les chroniques des deux albums précédents : Crobot : implacable Crobot : folie et fraîcheur [...]
30 avril 2026Hard RockVraiment enthousiasmants, les Maltais renouent avec le Hard Rock de la grande époque, tout en lui apposant une sonorité moderne. Cinq ans après de bons débuts, UPPER LIP a encore augmenté l’intensité de son jeu et « Devil’s Ride » est d’une époustouflante variété. Respectueux d’un registre assez classique, le groupe reste ancré dans son temps, se montre créatif et véloce et cette deuxième réalisation mérite franchement le détour. UPPER LIP « Devil’s Ride » (Independant) Pourtant signé chez Pride & Joy Music pour son premier opus, « Deep Within » (2021), UPPER LIP fait son retour en indépendant avec une bien belle suite. Et même s’il paraît plus sombre que son prédécesseur, « Devil’s Ride » dégage pourtant une sensation très positive, malgré un propos plus introspectif. Originaire de l’île de Malte, où le Hard Rock se fait plutôt discret, la formation ne manque pas d’expérience, loin de là, mais donne une impression d’humilité qui ne freine pas non plus son audace. Explosifs et mélodiques, les îliens sont très entreprenants. Composé de Christopher Portelli au chant, Marcel Paul Grima à la basse, Joseph Azzopardi à la guitare et à la composition, et avec Sami Karpinnen (Therion, Opeth) derrière les fûts, UPPER LIP a fière allure et ne s’en laisse pas compter. Sur une rythmique au groove imparable et des riffs acérés, il déploie un Hard Rock solide et entraînant aux frontières du Classic Rock et avec même quelques notes bluesy (« Won’t You Listen »). Et ce petit côté Old School le rend finalement très attachant, alors que « Devil’s Ride » est loin de manquer de mordant. Et ce son et cette production modernes et musclées, on les doit une fois encore à David Vella, également à l’œuvre sur « Deep Within », le tout enregistré dans les magnifiques Temple Studios de Mistra à Malte. Ce qui est également remarquable, c’est la diversité musicale proposée par UPPER LIP, qui s’emploie à ne jamais se répéter. Incroyablement Rock’n’Roll, le combo expose ses multiples facettes tout en parvenant à affirmer une identité forte (« Blood Of Rock’n’Roll », « The Duel », « The Castle », « Goddess Of The Sun », ). Délicieusement rafraîchissant ! [...]
28 avril 2026Heavy metal / Old SchoolVaillants et déterminés, les Lisboètes arrivent à un stade de leur carrière, où ils sont en pleine maîtrise de leur jeu et confortés aussi dans leurs choix artistiques. TOXIKULL est indomptable et entraînant, et chaque morceau de « Turbulence » est une prise d’assaut et une sorte d’acte héroïque, entièrement dédié à un Heavy Metal originel indéboulonnable depuis sa création. Et il sait d’ailleurs aussi très bien se renouveler en se réoxygénant avec force. Le quatuor en est donc un héritier direct que rien ne semble pouvoir arrêter. TOXIKULL « Turbulence » (Dying Victims Productions) Avec un quatrième album en l’espace de dix ans, TOXIKULL semble avoir trouvé son allure de croisière et continue son immersion dans un Heavy Metal Old School, de celui qui secoue le genre depuis les années 80 notamment. Classique, certes, mais pas en manque d’idées, « Turbulence » est d’une énergie viscérale et atteste d’une maturité acquise patiemment. Agrémenté d’un soupçon de Speed Metal, tout en restant mélodique et accrocheur, ce nouvel opus ne jette pas pour autant un regard passéiste, mais prouve au contraire que l’avenir lui tend les bras. La dynamique est activée. Deux ans après « Under The Southern Light », et juste après un live sorti l’année dernière, « Echoes From The Arena », sur lequel il a démontré qu’il était réellement taillé pour la scène, TOXIKULL ne relâche donc pas la pression et va de l’avant avec le percutant « Turbulence », le bien-nommé. Racé et tranchant, l’ensemble est très bien produit par Jaime Gómez Arellano (Opeth, Angel Witch, Paradise Lost, Moonspell), qui a parfaitement su retranscrire la passion du combo pour un Heavy Metal authentique et direct. Et entre Judas Priest, King Diamond ou WASP, il a trouvé sa voie et son style. Grâce à un son actuel, TOXIKULL rend son approche un peu plus intemporelle encore et son duo de guitaristes y est pour beaucoup. Les rythmiques sont percutantes, les solos millimétrés et relevés et les titres sont galvanisés par un frontman en grande forme, qui livre une prestation remarquable. De « Midnight Fire », à «  Dragon Magic », en passant par « Dying Star », « Strike Again », « Hard To Break », « Flames Of Glory » ou le morceau-titre, les Portugais nous tiennent en haleine avec beaucoup de ferveur et ils s’adressent aux metalheads avec beaucoup de conviction et d’envie. [...]
22 avril 2026France / Hard RockC’est dans l’Hérault, du côté de Sète, que les premières notes ont commencé à se faire entendre au début des années 2000. Depuis, HIGHWAY trace sa route, poursuit un chemin pavé de Rock, de Hard Rock, de Heavy Sleaze et de bien d’autres saveurs encore. Le changement de line-up intervenu il y a deux ans tout juste semble même avoir renforcé la vigueur et la joie de jouer du quintet. Avec ce sixième album, « Last Call For Rock’n’Roll », le groupe s’impose en patron d’un genre malheureusement trop peu représenté en France. Les compositions sont entêtantes et addictives, la production est massive et soignée et surtout la bonne humeur est franchement communicative. Ce nouvel opus est un véritable remède à la morosité et c’est son fondateur et guitariste, Ben Chambert, qui nous en parle sans détour et avec une passion intacte… – Tout d’abord, j’aimerais qu’on revienne sur « The Journey », votre précédent et très acoustique album. C’est vrai que dans votre registre, beaucoup y sont allés de leur réalisation ‘unplugged’, de Tesla à Mr Big en passant par G N’R, Scorpions, Kiss et tant d’autres. Il est sorti en 2022 en pleine pandémie. D’où est venue cette idée de revisiter votre répertoire, avec quelques inédits, sous cette forme ? En fait, ça nous trottait dans la tête depuis un moment déjà, car on l’habitude jouer en acoustique dans des pubs, lors d’événements spéciaux ou pendant les days-off en tournée. On avait réarrangé pas mal de nos morceaux et c’était toujours un plaisir de les jouer. On est allé au bout de nos envies et on en est vraiment ravis. Je pense notamment à la version flamenco de « In The Circus Of Madness », qui a vraiment lancé la machine et l’envie de l’enregistrer. La pandémie et l’annulation de tous nos concerts nous a permis de faire le tour de notre ‘to do list’ et de concrétiser ce rêve d’album ‘MTV Unplugged’ ! (Sourires) Comme tu le dis, on adore ce genre d’albums et on a grandi avec ces live cultes des 90’s ! KISS, les Guns, Eric Clapton, Bryan Adams, Scorpions… Que de bijoux ! Son titre de travail était d’ailleurs « The Truth » en réponse au « Lies » de Guns N’Roses justement ! (Rires) De fil en aiguille, on est passé d’un album assez simple et intimiste à une magnifique production très riche et soignée. On a écrit trois morceaux spécialement pour cet opus, dont « Like A Rockstar » qui a super bien marché, et revisité des anciens titres de notre discographie. Comme son nom l’indique, « The Journey » est un vrai voyage auditif et sensoriel et il nous a aussi permis de grandir en tant que musiciens et compositeurs. – Vous avez également forgé votre son depuis l’album « IV » en 2017 avec Brett Caldas-Lima, qui a vraiment révélé votre signature musicale. Est-ce que cette complicité justement est une chose à laquelle vous tenez et surtout qui joue un rôle prépondérant aujourd’hui ? Absolument et je suis heureux que tu en parles, car on a vraiment trouvé la personne idéale pour nous. Brett est un peu notre Bob Rock à nous ! (Sourires) En l’espace de trois disques, nous avons développé une relation humaine et professionnelle forte au point qu’il est un peu le garant de notre son. Les groupes et les productions actuelles ont un manque énorme de ce côté-là en ce moment et c’est une vraie chance pour nous. De nos jours, il est possible de réaliser un album qui sonne très bien en home-studio et dans sa chambre… Mais avoir une écoute et une vision extérieure de qualité est un plus indéniable. Il est connu pour ses productions Metal (Devin Townsend, Ayreon…), mais il reste très éclectique et est surtout un passionné de musique au sens large. Il nous a aidé à révéler et intégrer toutes nos influences dans le son d’HIGHWAY pour en faire quelque chose d’unique et de reconnaissable. On parle le même langage et il sait tirer le meilleur de nous en nous poussant dans nos retranchements lors des prises. On a beaucoup appris et progressé à tous les niveaux grâce à Brett. J’avais l’impression de vivre un extrait de « 1 an et demi dans la vie de Metallica » sur le tournage du ‘Black Album’ ! (Rires) Sur « « IV », il avait ‘juste’ mixé et masterisé l’album, mais sur « The Journey », et encore plus sur le petit dernier « Last Call For Rock’n’Roll », il a vraiment réalisé un travail de producteur. Nous avons travaillé les maquettes et pré-prod’ ensemble pour tirer la substantifique moelle des morceaux et les faire sonner le mieux possible. Il a également contribué à tous les arrangements. C’était un travail passionnant et un vrai rêve d’avoir la possibilité de travailler comme ça, ‘à l’ancienne’… et ça s’entend ! La prod’ de l’album est incroyable. Puissante mais organique. J’ai vraiment la sensation de livrer au monde un album fini dont nous sommes satisfaits à 2000% de chaque détail. – Aujourd’hui, vous faites donc votre retour en version très électrifiée avec « Last Call For Rock’n’Roll », votre sixième album. Outre une confiance renouvelée à Rock City Music Label, c’est au niveau du line-up qu’il y a du nouveau. Le départ de votre bassiste Sam Marshal s’est fait juste après qu’il ait enregistré ses parties et il a d’ailleurs aussi participé à la composition. C’est une décision qui peut surprendre… Oui, et ça n’a pas été une chose facile, même si cela s’est fait qu’un commun accord. On a joué 15 ans ensemble, et il a eu le sentiment d’en avoir fait le tour. Il aspire aujourd’hui à un autre univers. Mais il me fallait vraiment une équipe très investie pour porter ce nouveau projet à un niveau supérieur. Et comme cela devenait un peu difficile à vivre, nous nous sommes séparés. Néanmoins, il signe trois excellents titres de l’album et a écrit et joué des lignes de basses parmi les plus affûtées de sa carrière. C’est une très belle manière de tourner la page et d’entamer une nouvelle ère pour lui comme pour nous. On a appris le métier, grandi et vécu des choses inoubliables ensemble. Il laisse incontestablement sa trace dans notre musique et notre histoire. On lui souhaite le meilleur ! – C’est donc Cerise Pouillard, qui a œuvré 12 ans avec Ladies Ballbreaker qui vous a rejoint. Sur le papier, ça paraît même évident. Son intégration n’a pas dû être très compliquée… Oh non ! (Sourires) On se connaît depuis une dizaine d’années maintenant et c’est aussi une excellente chanteuse, guitariste et bassiste. Nous avons les mêmes goûts, les mêmes influences et elle a toujours fait un peu partie de l’environnement du groupe. Nous avons partagé le même ingé-son pendant des années, elle avait même filmé le clip de notre titre « I Like It » tiré de l’album « United States Of Rock’n’Roll » (vidéo shootée en première partie de Gotthard en 2012). Elle a mené la barque des Ladies Ballbreaker avec brio, puis leur groupe a stoppé ses activités quelques mois avant notre décision de changer de bassiste. Le choix de lui proposer le poste s’est fait naturellement et Sam lui a transmis le flambeau de la quatre cordes avec amitié. Elle apporte son énergie solaire, son enthousiasme et une rigueur qui tire clairement le groupe vers le haut et qui correspond exactement à ce dont nous avions besoin. Les planètes se sont alignées et j’en suis très reconnaissant. – En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est l’arrivée d’un second guitariste, Florian Arnaud, originaire lui aussi de Montpellier. L’idée était-elle d’avoir plus de volume sur scène, ainsi que pouvoir expérimenter autre chose dans le jeu ? En fait, après le départ de Sam, on s’est demandé comment on voyait le futur du groupe et surtout de quelle manière on allait défendre ce nouvel album. On a opté pour un vrai changement, histoire aussi d’ouvrir un nouveau chapitre. Florian est l’un des meilleurs guitaristes de la région, le choix n’a pas été compliqué ! (Rires) Cerise sur le gâteau, c’est aussi un fantastique chanteur ! Nous l’avions sollicité par le passé sur un ou deux remplacements à la basse quand Sam n’était pas disponible et nous avions tout de suite matché sur le plan humain, ce qui est primordial pour nous. L’aspect collectif, le coté équipe ! Quand l’idée de rajouter une deuxième guitare est sortie, c’était le candidat idéal à tous les niveaux et… il a accepté la proposition ! (Sourires) Nous sommes hyper-heureux et excités de vous présenter le nouveau line-up en live ! Les twin-guitars et les chœurs massifs vont vous scotcher ! Le travail sur les voix est vraiment original dans le style. – HIGHWAY évolue dorénavant en quintet, ce qui n’était plus arrivé depuis 2007. Est-ce qu’on retrouve facilement un nouvel équilibre et ses marques ? Et surtout est-ce la formation qui vous convient le mieux en raison de la puissance à disposition au niveau des guitares et des chœurs notamment ? J’ai été seul guitariste pendant 15 ans, donc j’ai pris mes marques et de mauvaises habitudes aussi ! (Rires) Mais l’ajout Florian s’est fait très simplement. Il a une grande intelligence musicale, qui lui permet de s’intégrer facilement et de mettre sa patte. Je me suis un peu lâché sur les parties guitares en studio, ça aurait dommage d’amputer ces titres d’une deuxième guitare et de ne pas leur rendre honneur en concert. Pareil pour le travail sur les chœurs. Cette formule nous a permis aussi de mettre un bon coup de lifting à nos anciens titres, qui devrait donner le sourire à nos fans ! (Sourires) – Avec « Last Call For Rock’n’Roll », vous ne changez pas non plus vos bonnes habitudes, puisque l’album s’étend sur une heure et douze morceaux, ce qui devient de plus en plus inhabituel dans cette époque très formatée. Est-ce que c’est ça aussi la marque de HIGHWAY, un Hard Rock généreux ? Oui ! On ne sort pas des albums tous les ans, alors quand l’heure est venue, on a envie de donner beaucoup à nos fans et au public. On mijote des albums à l’ancienne : un album pensé du début à la fin, avec des variations de rythme, d’intensité. Un voyage auditif, émotionnel et sensoriel ! Le format d’une heure permet de bien développer cela. C’est un peu aux antipodes de la mode actuelle imposée par les algorithmes des plateformes et la stratégie des singles… Mais bon, on fait la musique qui nous plaît et comme il nous plaît ! Si vous avez un bon film, ou un bon livre, entre les mains, vous ne regardez pas d’abord le milieu pour passer à la fin et enfin le chapitre du début. Il y a une logique voulu par l’auteur ou le réalisateur… un sens à tout ça. Je considère que c’est pareil avec un album. Il y a un vrai travail d’enchaînement de tonalité, de tempos, etc… pour procurer des sensations à l’auditeur et lui raconter une histoire. Il faut du temps pour créer une vraie connexion. – Ce qui est aussi un peu étonnant sur ce nouvel album, c’est la variété des ambiances, des sons qui le traversent. Vous vous détachez du Hard US auquel vous êtes attachés pour explorer d’autres registres, tout en restant évidemment très Rock… Exactement, on passe du Hard Rock au Heavy en revenant au Rock plus classique. C’est un mélange d’influences américaines, australiennes, anglaises… Et l’ensemble est intégré à l’univers d’HIGHWAY et il est vaste ! (Sourires) On a démarré l’interview en parlant de l’album acoustique et, en fait, « Last Call For Rock’n’Roll » est la suite directe en version électrique. « The Journey » nous a ouvert de nouveaux horizons, qui se concrétisent ici. Notre mot d’ordre est depuis : ‘No Limit’ ! Tu vois le concept ! (Rires) On retrouve la section cuivre de « Like A Rockstar » sur « Action », interprétée des musiciens américains proches de notre producteur, du clavier, des chœurs ‘Queenesques’, des percussions cachées un peu partout. « The Journey » était en fait le tremplin à notre évolution musicale. « Last Call For Rock’n’Roll » est l’aboutissement de ce travail commencé il y a de nombreuses années. Il fait le lien entre le Hard plus sauvage et naïf de nos débuts et la maturité acquise depuis. – Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot sur cette bonne humeur, qui se traduit autant dans votre style, que dans votre musique et votre interprétation. Il y a une réelle joie de vivre dans ce nouvel album qui donne vraiment la patate. Est-ce aussi une ligne de conduite chez vous, de ne pas trop se prendre au sérieux ? Merci beaucoup ! Ça me touche vraiment… (Sourires) Effectivement, on reste avant tout une bande de rigolos qui passons du bon temps sur cette Terre en jouant la musique qui nous fait vibrer. Et ça doit se ressentir dans nos compositions. C’est juste naturel et authentique. La musique est vraiment un langage universel qui peut aider et donner du bonheur au gens, alors autant ne pas s’en priver. On ne fera jamais dans le Rock ou le Metal dépressif. C’est pas pour nous ! (Rires) Il y a assez de tristesse dans le monde qui nous entoure. On est de nature optimiste et on est tellement heureux de jouer notre musique et de la partager au public depuis 25 ans maintenant ! Je vis mon rêve de gosse. Je ne pourrais pas faire dans le Hard trop sérieux, genre ‘angry face’. Ça ne nous irait pas du tout. On fait la musique qui nous ressemble. On rit tellement qu’il y a même des rires de Benjamin, notre chanteur, qui se retrouvent dans l’album ! (Rires) Life is beautiful ! Le nouvel album de HIGHWAY, « Last Call For Rock’n’Roll » est disponible chez Rock City Music Label et distribué par FTF-Music. Retrouvez aussi la chronique de « The Journey » : Highway : summer trip [...]
21 avril 2026Blues / R&B / Soul / FunkDu Shuffle Blues en ballade délicate, tout en négociant des virages funky et cuivrés façon big band, le frontman de Louisiane s’est laissé entraîner pour la première fois de sa carrière dans l’aventure d’une réalisation entièrement Blues, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. Avec la complicité de Joe Bonamassa notamment et d’un groupe hors-norme, il laisse parler son talent avec beaucoup d’intensité et une précision vocale exceptionnelle. Un chapitre inédit s’ouvre à lui. MARC BROUSSARD « Chance Worth Taking » (KTBA Records) Ayant déjà sorti une bonne douzaine d’albums, c’est pourtant une première pour le chanteur Soul R&B. Réputé pour la puissance et la chaleur de sa voix, celui qui apporte sa magie au Gospel n’a pu résister à la proposition de Calvin Turner. Ce dernier lui a tout simplement envoyé 15 titres instrumentaux, en lui demandant d’y poser ses mots. Sauf que cette fois, c’est dans un environnement Blues que MARC BROUSSARD navigue et c’est une évolution somme toute très naturelle vu son parcours. Et il est en très bonne compagnie… forcément ! Signé sur le label de Joe Bonamassa, on le retrouve également à ses côtés à la guitare, bien sûr, mais aussi à la production avec Josh Smith et Calvin Turner. Comme souvent, le virtuose livre une prestation exceptionnelle, loin d’être démonstrative et préférant des solos envoûtants, des parties de slide captivantes et des mélodies tout en finesse pour laisser jaillir le talent de MARC BROUSSARD. Accompagné de pointures, il a co-écrit dix chansons de « Chance Worth Taking » avec ses producteurs et Trombone Shorty, une autre légende. Si les singles déjà sortis ont dévoilé plusieurs aspects de ce nouvel opus (« You’ll Be Sorry », « I’m Going Home », « Trying To Do Right », « Fever », « No More »), le maître de la ‘Bayou Soul’ se montre aussi très à l’aise dans son nouveau rôle de bluesman, même si les styles se rejoignent instinctivement. Poignant, énergique et funky à l’occasion, MARC BROUSSARD brille littéralement sur ce « Chance Worth Taking » aux ambiances variées et attachantes (« Blame », « Let Me Take You Out Tonight », « Sweet Love », « Laissez Les Bons Temps Rouler »). Epoustouflant ! Photo : Jeff Fasano [...]
10 avril 2026Hard Rock / Heavy Stoner RockIntense et d’une fraîcheur joyeuse, MASHEENA enchaîne avec un deuxième opus qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du premier. Malgré une refonte en interne, le cap est maintenu entre un Heavy Stoner Rock ravageur et un Hard Rock solidement ancré dans les origines du style. Une fusion d’une densité incroyable qui libère une énergie porté par un Fuzz scotchant arrivé à maturité. « Let The Spiders In » est puissant, créatif et totalement addictif. MASHEENA « Let The Spiders In » (Majestic Mountain Records/Ripple Music) Malgré un line-up renouvelé de moitié, les intentions de la formation de Bergen ne semblent pas avoir énormément changé. Avec les renforts des multi-instrumentistes Martin Holmes et Tarjel A. Heggerness, Luis-Alberto et Bård Nordvick ont donc trouvé de solides compagnons de route et donnent une suite explosive au génial « West Coast Hard Rock », sorti en 2023. Avec beaucoup de savoir-faire et d’inspiration, MASHEENA a encore peaufiné son Stoner Rock mâtiné de Hard Rock et de quelques teintes solaires, empruntées à la Soul et au Blues. Pour « Let The Spiders In », le quatuor a quitté sa Norvège pour les paysages arides d’Austin au Texas. Comme pour le premier album, c’est le producteur de renom Machine (Clutch, Lamb Of God, King Crimson), qui s’est chargé de l’enregistrement et du mix, ce qui offre une belle continuité à la démarche si originale de MASHEENA. Plus varié qu’auparavant, d’autres registres sont aussi abordés avec un naturel déconcertant. Outre le côté très scandinave de l’ensemble dans le son, quelques touches bluesy font donc leur apparition. Sans doute est-ce atmosphère du sud américain, car ces morceaux sont littéralement lumineux. Bien sûr, le Stoner Hard Rock de MASHEENA est toujours aussi brut et massif, mais il a aussi gagné en vélocité et affiche une certaine légèreté et surtout une joie communicative. Gorgé de refrains entêtants, de mélodies accrocheuses et de riffs incisifs, « Let The Spiders In » brille aussi par son groove si organique et un songwriting d’une redoutable efficacité (« Been Waiting », « One Eye », « Sara Lost Her Way », « Don’t Tell Her », « You Owe Me »). Vivifiant ! Photo : El Profesor Retrouvez la chronique du premier album, « West Coast Hard Rock » : Masheena : sunny crossover [...]
8 avril 2026Blues / Blues Rock / Contemporary BluesFamilier des prestations enflammées, SELWYN BIRCHWOOD déclare pourtant avoir longtemps cherché sa voie. En s’émancipant de cette manière sur ce trépidant « Electric Swamp Funkin’ Blues », il rassemble tout ce qui le fait vibrer. De plus, le guitariste et chanteur s’est entouré de cuivres chaleureux, d’un orgue Hammond rassurant et de chœurs scintillants. Le songwriter colle au plus près de ce Blues bigarré et dynamique qu’il affectionne tant pour y plonger profondément. Positif et pointilleux, il libère une énergie communicative. SELWYN BIRCHWOOD « Electric Swamp Funkin’ Blues » (Alligator Records) Huitième album, cinquième chez Alligator Records et premier en tant que producteur pour SELWYN BIRCHWOOD, qui s’impose de plus en plus comme l’un des meilleurs bluesmen de sa génération. Produit par Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi) sur ses deux précédentes réalisations, le Floridien a donc décidé de tout gérer seul et ça commence par l’écriture complète de ce génial « Electric Swamp Funkin’ Blues », dont le titre résume parfaitement l’état d’esprit de l’Américain et le contenu du disque. Entre modernité et un profond respect de la tradition. Celui qui a remporté en 2013 l’International Blues Challenge et le prix Albert King du meilleur guitariste dans la foulée dévoile ici tout son talent avec sa fraîcheur habituelle et en étant toujours bien accompagné. Et les sept musiciens qui œuvrent à ses côtés sur ce nouvel opus sont aussi chevronnés qu’inspirés. Outre sa grande technicité, SELWYN BIRCHWOOD a particulièrement soigné le songwriting d’« Electric Swamp Funkin’ Blues », tout en s’attardant sur les moindres détails, à savoir des arrangements d’une grande finesse. L’influence assumée du bayou sur son jeu, comme celle de Jimi Hendrix d’ailleurs, lui donne un aspect sauvage et insaisissable. Grâce à sa voix captivante, sa virtuosité et son incroyable approche de la lap-steel, SELWYN BIRCHWOOD est un artiste vraiment original, dont la touche personnelle est désormais immédiatement identifiable. Très varié dans les atmosphères et les registres empruntés, on se faufile avec délectation dans ces dix chansons qui sont autant de belles surprises (« All That Algorithm », « Talking Heads », « The Church Of Electric Swamp Funkin’ Blues »). Grand ! Photo : Laura Carbone Retrouvez aussi la chronique de « Living In A Burning House » : Selwyn Birchwood : éclatant de vérité [...]
7 avril 2026Heavy metal / InternationalPionnier du Heavy Metal de la côte ouest américaine dans les années 80 et malgré une histoire interne faite de hauts et de bas, METAL CHURCH a su résister au temps et aux modes en imposant un style inimitable et inamovible devenu sa marque de fabrique. Racé et tranchant, la formation continue son chemin et ce sont des renfort de choc qui viennent ici la réalimenter, elle qui était en sommeil depuis les mois qui ont suivi la sortie de « Congregation Of Annihilation » en 2023. Gardien du temple depuis sa création, le guitariste, compositeur et producteur Kurdt Vanderhoof affiche aujourd’hui un large sourire, tant ce « Dead For Rights » vient raviver une flamme devenue chancelante, malgré une constante évolution. Il nous parle avec enthousiasme de son groupe et de ce percutant et flamboyant 14ème album. – En tant que membre fondateur de METAL CHURCH et dernier représentant de la formation originel, comment regardes-tu ces 46 années d’activités faites de succès, mais aussi de tragédies et de multiples changements de line-up ? Le première motivation a toujours été de continuer le groupe, même si on a vécu des moments vraiment difficiles, car perdre quelqu’un, par exemple, est une chose très compliqué à accepter. Mais avec le recul, aujourd’hui, je veux avancer en maintenant une certaine qualité et une intégrité dans le groupe. C’est très important. Tu sais, quand tu perds des membres, des amis, ce sont des moments très durs et parvenir à l’admettre n’est pas facile. Mais quelque part, il faut y arriver, car des gens comptent aussi sur toi et c’est d’ailleurs toujours une grande source d’inspiration et de soutien ! – Le line-up de METAL CHURCH a toujours été, pour diverses raisons, difficiles à stabiliser. Avec « Congregation Of Annihilation », on aurait pu y croire, mais cela n’a pas duré. Sur « Dead For Rights », le légendaire bassiste David Ellefson, l’excellent batteur Ken Mary et Brian Allen au chant viennent renforcer le groupe. Comment est-ce qu’on parvient à conserver une continuité artistique dans de telles conditions ? Comme j’écris les chansons, c’est sans doute plus facile. Ensuite, quand vous avez des musiciens de ce calibre qui rejoignent le groupe, ça facilite énormément les choses. Et puis, je ne tiens pas forcément à ce que cela ressemble toujours à ce que j’ai en tête. Je respecte le talent et l’intégrité de chacun. C’était donc important qu’ils fassent les choses à leur façon. Quant à Brian, le fait qu’il est lui-même été influencé par le METAL CHURCH des débuts, celui des années 80, lui a permis de faire les choses très naturellement. Il a été très inspiré ! (Sourires) – A une époque, tu avais entamé une carrière solo. Est-ce qu’avant de travailler sur « Dead For Rights », et alors que le groupe était sur pause, l’idée t’a traversé l’esprit de la reprendre avec un nouvel album, par exemple ? J’avais en effet d’autres projets sur lesquels je travaille avec Rat Pak Records, mais qui sont toujours restés un peu en stand-by. Il y a Presto Ballet, qui est un groupe de Rock Progressif et Hall Of Flame, qui est juste une formation Rock’n’Roll. J’ai donc toujours eu d’autres projets sur lesquels je bosse d’ailleurs encore. C’est toujours sur le feu et je n’ai pas abandonné l’idée de continuer un jour ou l’autre. Tout ça était actif avant le reformation actuelle de METAL CHURCH. Mais oui, je continue ma carrière solo en dehors du groupe. – Le coffret « Reforged », sorti l’an dernier, regroupe les albums de la période 1999-2013 avec deux chanteurs différents, David Wayne et Ronny Munroe, et pourtant METAL CHURCH conserve son identité musicale. On a presque l’impression qu’aucun chanteur, en dehors du regretté Mike Howe, n’est parvenu à s’imposer sur le long terme. Est-ce un poids trop lourd à porter pour certains, selon toi ? L’héritage de Mike étant conséquent… Oui, c’est sûr et je suis ravi de de ne pas être le chanteur ! (Rires) Blague à part, c’est beaucoup de pression, même si Brian adore être dans le groupe aujourd’hui ! C’est quelque chose à laquelle j’ai énormément pensé quand on avait un nouveau chanteur. C’est un travail difficile. Tu sais, il doivent imposer leur propre identité, ce qui n’est pas aisé. Mais nous en avons eu de très bons tout au long de notre parcours, de notre histoire. Et Brian est définitivement l’homme de la situation. Il a fait un excellent travail. Mais je ne voudrais vraiment pas le faire, car je n’en serai pas capable ! (Rires) Et je respecte tous ceux qui l’ont fait auparavant, et très bien fait, car c’est un poste franchement très compliqué ! (Sourires) – Dans l’ordre de ses rééditions, il y a « Masterpeace », qui intervient à l’époque juste après votre reformation. Est-ce qu’il a servi de détonateur, de point de départ pour le suite du coffret, et aussi en 1999 pour le groupe ? Je ne sais pas si « Masterpiece » a pu être le point de départ de l’idée de « Reforged ». Je pense qu’il y avait un côté ‘archive’ dans la démarche du label dans la mesure où ces albums n’étaient plus disponibles. Mais pour ce qui est du disque en lui-même, marquant notre reformation, il n’a pas permis de fédérer et de souder le groupe. J’ai même un peu de regret de l’avoir fait, tu vois. Je me suis soudainement retrouvé avec tout sur le dos et cela a été beaucoup de pression, car tout dépendait en fait de moi. L’album aurait du être fait différemment, mais on a fait du mieux que l’on pouvait à l’époque ! (Rires) – Enfin, vu le titre de « Dead For Rights » et la situation mondiale actuelle, on peut y voir un message politique. Doit-on s’attendre à un album engagé de la part de METAL CHURCH ? Non. C’est vrai qu’il y a un climat politique en ce moment dans le monde, qui a pu sûrement inspirer quelques paroles. Mais ce n’est pas un album politique, pas du tout. Bon, il y a certaines choses auxquelles j’ai pu faire référence indirectement. Mais cela ne va pas plus loin. Bien sûr qu’avec tout ce qui se passe aujourd’hui, on peut retrouver un certain climat et cela peut dépeindre sur quelques textes. Mais, on ne peut pas dire qu’il y ait un traitement politique sur l’album. Il y a juste quelques allusions dans les situations. Nous ne prenons pas partie politiquement, il n’y a aucun message. Il faut juste le prendre comme un clin d’œil Heavy Metal très léger, parce que tout ce qui se passe en ce moment est fou et on a besoin de choses et de textes légers ! Et puis, c’est un truc surtout lié au style musical en général ! (Rires) Le nouvel album de METAL CHURCH, « Dead For Rights », est disponible chez Reaper Entertainment. Retrouvez aussi la chronique de « Congregation OF Annihilation » : Metal Church : heavy faith [...]
31 mars 2026Heavy metalSi renouveler une certaine tradition est peine perdue, l’entretenir n’est pas pour autant chose facile. Et pourtant, avec son deuxième opus, la formation teutonne s’affirme avec autorité dans un Heavy Metal estampillé 80’s, entre mélodies appuyées et rythmes effrénés. Si KERRIGAN préfère la finesse du jeu au côté massif des blafardes productions actuelles, c’est que son line-up est largement à la hauteur de l’enjeu et que, surtout, la volonté s’entend à chaque accord et sur chaque échange qu’il soit rythmique, ou le fruit du beau travail de ses deux guitaristes. Avec « Wayfarer », le combo fait durer le plaisir en empruntant sans la moindre hésitation le chemin de ses aînés. KERRIGAN « Wayfarer » (High Roller Records) Formé en 2019 du côté de Fribourg, KERRIGAN avait fait une bonne entrée en matière il y a trois ans avec son premier opus, « Bloodmoon ». Fidèle à un label qui entretient avec talent l’esprit d’un metal underground et vintage plus vivant que jamais, il confirme avec « Wayfarer » ses belles prédispositions. Les fans des années 80 n’auront aucun mal à déceler chez le quatuor une envie d’authenticité à travers un Heavy Metal sincère et convaincant. Rien de cliquant ici, mais un désir d’exprimer un attachement à un style aussi épique que mélodique. Profondément marqué par la NWOBHM, on n’est donc pas surpris par la qualité des twin-guitars, ni par les rythmiques galopantes. Les deux six-cordistes enchaînent les riffs racés sur des titres entraînants et accrocheurs. Et KERRIGAN peut aussi se reposer sur un chanteur qui, s’il ne prend pas vraiment de risque, livre une très bonne prestation. Dans un registre qui ne s’aventure pas trop dans les aigus, son timbre médium rappelle parfois dans les intonations les premiers pas d’un certain Tom Kiefer sur les premiers Cinderella. Et les deux univers se complètent à merveille. Bien servi par une production soignée et bien équilibrée, chacun trouve sa place entre rugissements guitaristiques, un duo basse/batterie intenable et un frontman investi. Avec beaucoup d’énergie, les Allemands donnent le ton dès « Torchbearer », qui ouvre l’album. Classique dans la forme, KERRIGAN a gagné en maturité et « Wayfarer » montre d’ailleurs un vrai souci du détail. En jouant plus sur la vélocité de son jeu que sur la puissance pure, il se montre aussi plus accessible et rassembleur et ces nouveaux morceaux devraient faire mouche en live (« Asylum », « The Ice Witch », « Fighters », « Red Light Tower » et le morceau-titre).   Photo : Samira Aline [...]
25 mars 2026Hard Rock / Hard'n Heavy / Heavy metal / Old SchoolElectrisant et dynamique, ce premier opus de STAINLESS est une belle surprise en plus d’être une réussite complète. Aguerris depuis des années au sein de formations Metal underground aux Etats-Unis, ses membres affichent maîtrise et complémentarité, et l’ensemble donne un Hard’n Heavy convaincant. Compact et accessible, « Lady Of Lust & Steel » est aussi sensuel que rugueux et aussi assez surprenant dans sa démarche. Tranchant et vif, il est déjà l’un des plus pertinents de l’année. STAINLESS « Lady Of Lust & Steel » (High Roller Records) S’ils se présentent à cinq sur scène et sur le line-up officiel, c’est bel et bien à trois qu’a été enregistré « Lady Of Lust & Steel », premier album des Américains. Fondé dans l’Oregon en 2022, STAINLESS compte déjà un single et un EP à son actif et ce n’est pas un hasard si Larissa Cavacece (chant), Jamie Byrum (guitare, batterie, chant) et Clifton Martin (basse) se sont attelés en studio pour donner une suite à cette belle aventure. Très actuel dans sa production, c’est pourtant dans les années 80 et 90 que se nichent les références de ce premier long format. Entre Heavy Metal et Hard Rock, le style de STAINLESS semble éviter les chapelles pour mieux profiter d’une liberté artistique totale. Si l’importance des guitares, tant au niveau des riffs que des solos est manifeste, le groupe possède en sa chanteuse un argument de poids. Puissante et profonde, la voix de Larissa Cavacece a ce côté brut et ce timbre légèrement rauque, qui en imposent. Solide sur les couplets, elle se montre très accrocheuse et fédératrice sur les refrains. Sans conteste, sa forte personnalité est le fil rouge de « Lady Of Lust & Steel », qu’elle guide. Sur huit morceaux, STAINLESS offre un beau panel de ses inspirations, le tout délivré avec une énergie très live. Avec le concours de son guitariste, la frontwoman s’approprie les titres avec fougue dès l’entame avec « Restless An’ Ready », puis « Whorefrost » qui offre une dimension clairement Metal. Mélodique et musclé, le combo avance avec percussion et virtuosité. Rompu à l’exercice, il saisit l’auditeur pour ne plus le lâcher (« Danger In The Night », « Take A Listen Mama », « Rough Justice »). Un premier essai transformé avec classe. [...]
25 mars 2026Heavy metal / Proto-Metal / Sleaze / Speed MetalFondé sur les cendres encore brûlantes de Nux Vomica, Deathammer et Raw Filth, les membres de TOTAL MANIAC connaissent bien les méandres de l’underground du Maryland. Quatre ans après un premier album éponyme, ils remettent ça et leur proto-Speed Metal est clairement bien aiguisé. Old School et percutant, le quintet avance sans trembler et avec le sourire sur ce « Love Overdrive » pêchu et puissant. Les clins d’œil sont multiples et assumés, et la surchauffe est délicieusement addictive. TOTAL MANIAC « Love Overdrive » (Independant) La formation de Baltimore qualifie elle-même son style de ‘Thrash And Roll’ et on y trouver son compte, c’est vrai. Cela dit, TOTAL MANIAC évolue plus précisément dans un Street Metal tranchant et racé directement inspiré des années 80 et avec un petit côté Sleaze que n’aurait pas renié Mötley Crüe à ses débuts. Le combo ne s’interdit donc pas grand-chose et l’on retrouve même l’aspect brut de Motörhead enrobé de la précision du Judas Priest de la grande époque. « Love Overdrive » concentre ainsi une sacrée dose d’énergie et d’explosivité prête à l’emploi. Niveau efficacité, TOTAL MANIAC n’est pas en reste et expédie ses huit nouveaux morceaux en 27 petites minutes. Pour autant, « Love Overdrive » n’oublie pas d’être accrocheur et très fédérateur, grâce à des titres entêtants aux riffs acérés et à l’humour décapant. Car, dans toute cette agréable sauvagerie musicale, les Américains sont diablement irrévérencieux et costauds, un état d’esprit que l’on retrouvait sur la côte ouest au siècle passé. Et entre des références rappelant Riot et d’autres le Sunset Strip de jadis, le pont est solidement construit et même inébranlable. Un bâton de dynamite à la main, TOTAL MANIAC se défend de faire dans la dentelle et c’est justement cette fraîcheur et cet élan très instinctif qui fait tout son charme. Il y a même un côté Punk dans la dynamique de ses brûlots hyper-Rock’n’Roll. Le frontman harangue, chante à tue-tête et entraîne ses camarades dans des chœurs rageux et même ironiques à l’occasion. Festif et Heavy Metal, ce deuxième effort ne se perdre pas en conventions et balance des claques à tout-va (« Just Another », « Devil In Plain Sight », « Drinkin’ Our Way To Hell », « Blooze » et le morceau-titre). Photo : Marie Machin [...]
24 mars 2026Blues / Blues Rock / InternationalLe plus français des Texans revient avec « Number 3 Monkey », un nouvel album où l’on retrouve l’éclectisme du guitariste, chanteur et songwriter américain. Car ce baroudeur du Blues ne cesse d’évoluer dans son style, dans son regard sur celui-ci et peut-être un peu aussi sur sa façon de jouer et de composer. Au fil des albums, NEAL BLACK & THE HEALERS a vu son approche s’européaniser, s’éloignant de l’aspect roots et un peu rugueux de son Etat natal pour embrasser une version et une vision sans doute plus globales et moins marquées de ce Blues Rock devenu si identifiable. Avec ce nouvel opus, l’Américain continue de se réinventer avec une fraîcheur qui ne le quitte pas et un universalisme du genre qu’il incarne avec talent. – Avant de parler de « Number 3 Monkey », j’aimerais qu’on revienne sur ton étonnant parcours. Tu as plus de 30 ans de carrière et cela fait aussi plus de 20 ans que tu vis en France. Quelle est la raison profonde pour laquelle un bluesman quitte son Texas natal, alors que son style préféré y est omniprésent et très apprécié ? En réalité, la scène musicale aux Etats-Unis et au Texas, surtout pour ce genre de musique, a commencé à changer et à perdre le soutien et l’intérêt du public vers l’an 2000. Beaucoup de musiciens que je connaissais et avec qui j’ai travaillé ont été contraints de se reconvertir, car ils ne pouvaient plus faire de la musique qu’à temps partiel. C’était inacceptable pour moi, alors je suis parti au Mexique pour tourner dans les Hard Rock Café avec des musiciens mexicains, avant de finalement m’installer en Europe en 2004. Venir en France était un avantage, car ma carrière était déjà bien établie grâce aux disques que j’avais sortis chez Dixiefrog Records, avec un premier album sorti en 1993, et j’avais déjà fait plusieurs tournées et concerts en Europe. La transition s’est donc faite très naturellement et je suis extrêmement heureux en tant que musicien en France. Le public français et européen apprécie toujours la culture, l’art, la musique, etc… Et c’est quelque chose qui s’est perdu aux États-Unis. – Au lieu d’évoluer sous ton seul nom, tu as créé The Healers. Cela peut paraître surprenant dans la mesure où le groupe a vu passer de nombreux musiciens. Tu avais besoin d’une entité qui te permette de conserver un son et une approche originale, même si tu restes le principal compositeur ? La composition initiale des Healers a beaucoup changé, principalement en raison de mes nombreux déménagements aux Etats-Unis. J’ai quitté le Texas pour New York en 1989, puis je suis retourné au Texas en 1998. Ensuite, j’ai vécu au Mexique de 2000 à 2004, avant de m’installer en France en 2004. Il était donc impossible de maintenir une équipe stable. Cependant, depuis mon installation en France, les musiciens avec lesquels je travaille sont restés relativement constants. Mike Lattrell (ancien pianiste de Popa Chubby, originaire de New York) collabore avec moi depuis plus de 15 ans, tout comme Abder Benachour (ancien bassiste de Fred Chapellier) depuis 15 ou 16 ans. Nous avons également la chance de travailler avec plusieurs excellents batteurs, tels que Guillaume Destarac, Denis Palatin et Clément Febvre. En tant que principal compositeur du projet, je m’efforce de conserver une identité musicale constante, avec comme influence principal : le Blues, ses racines et sa musique. – Tu as fait l’essentiel de ta carrière sur le fameux label français Dixiefrog avec une quinzaine d’albums marquants. Pourtant, avec « Number 3 Monkey », on te retrouve sur celui de ton ami Manu Lanvin, Gel Production. C’est un changement de structure qui peut étonner. Il te fallait de nouveaux objectifs, quelques défis pour retrouver un certain élan ? La sortie de ce nouvel album sur Gel Productions était une suite logique, et je suis ravi de faire partie de l’équipe. Manu et moi avons collaboré sur de nombreux projets et nous partageons un style et une approche musicale similaires. Manu est l’un des musiciens les plus travailleurs que je connaisse, et c’est un autre point commun : nous aimons tous deux œuvrer pour atteindre un objectif commun : créer la meilleure musique possible et satisfaire le public. – Aujourd’hui, ton nouvel album sort donc sur le label de Manu Lanvin, dont tu as écrit l’essentiel de « Man On A Mission », son dernier disque. Ce n’est pas la première fois que tu collabores avec d’autres artistes, loin de là. Qu’est-ce qui te plaît autant dans cet exercice ? Te permets-tu des choses que tu n’oserais pas en solo avec The Healers ? J’adore collaborer avec des artistes de tous styles musicaux. Récemment, j’ai travaillé en studio avec Joyce Tape (chanteuse et bassiste africaine), Laly Meignan (actrice française), Enzo Cappadona (jeune guitariste de Blues français), Sand & Folks (musique roots avec Sandy Goube à la guitare et au chant), et bien sûr avec de grands noms du Blues et du Rock : Manu Lanvin, Fred Chapellier, Phil Vermont et bien d’autres musiciens. C’est passionnant et cela me permet d’explorer d’autres horizons, de sortir de ma propre mentalité. Il s’agit avant tout de mettre son ego de côté et de se mettre au service de la chanson et de la musique pour obtenir le meilleur résultat possible pour l’artiste en question. – On parlait de nouveau challenge avec ce changement de label. Est-ce pour cette raison que « Number 3 Monkey » est aussi électrique ? Est-ce que tu as ressenti le désir d’explorer au maximum la planète Blues ? Nous essayons toujours d’utiliser un maximum de nuances du genre ‘Blues & Roots’, lorsque nous sommes en studio, afin de proposer une expérience intéressante pour les auditeurs et pour nous aussi ! Ce genre musical offre une grande liberté si l’on comprend ses origines. – Ce qui est également étonnant dans la conception de ce nouvel album, c’est qu’il a été enregistré en pleine tournée, lors de vos jours de repos, et dans trois studios différents en France et en Belgique. Avais-tu besoin de cette dynamique du live ? Je pense que c’est simplement l’énergie que nous avions en tournée et en allant en studio les jours de repos. Nous avions une cohésion qui n’est facilement transposée de la scène au studio. – En plus de tes compositions, tu présentes deux reprises un peu étonnantes sur l’album, puisqu’il s’agit de deux chansons traditionnelles immortalisées par Skip Jones pour « Devil Got My Woman » et Robert Wilkins pour le Gospel « No Way To Get Mad ». Ce sont deux chansons que tu joues depuis longtemps ? Ou es-tu allé fouiller dans l’héritage profond du Blues ? Ces chansons ont été choisies parce qu’elles sont un peu obscures et que nous essayons de reprendre des morceaux de Blues moins connus du public, mais ce sont des chansons que j’apprécie depuis longtemps et c’était donc un voyage intéressant que d’essayer de les reprendre avec notre propre interprétation. – Un mot enfin sur les amis que tu as invité à se joindre à toi. On retrouve Nico Wayne Toussaint, Janet Martin et Flo Bauer. C’est important pour toi de les avoir à tes côtés, d’autant que cela s’inscrit aussi dans cette notion de partage, chère au Blues ? Je travaille avec Nico depuis de nombreuses années, et sur sur différents projets, et il est mon harmoniciste préféré. C’est un musicien exceptionnel, capable de répondre à tous mes besoins musicaux, que ce soit en studio ou en concert. Je suis honoré de l’avoir comme collègue et ami proche depuis tant d’années. Quant à Flo Bauer, il fait partie de la nouvelle génération d’artistes de Blues que je respecte énormément. Extrêmement talentueux comme guitariste, chanteur et compositeur, il est un artiste essentiel pour l’avenir de ce genre musical. Quant à Janet Martin, c’est une bonne amie et nous avons collaboré à de nombreuses reprises lors de tournées en Europe. C’est une excellente guitariste slide et une chanteuse formidable. Le nouvel album de NEAL BLACK & THE HEALERS , « Number 3 Monkey », est disponible chez Gel Production. Retrouvez aussi la chronique de « Wherever The Road Takes Me », magnifique recueil de 30 ans de carrière : Neal Black & The Healers : aventurier du Blues [...]
23 mars 2026Hard Rock / Hard'n HeavyArchétype-même du groupe sous-estimé, TYKETTO avait pourtant démarré sa carrière de belle manière au début des années 90 et au milieu d’une féroce concurrence. Puis, les New-Yorkais ont explosé en plein vol, malgré une entame très prometteuse. 35 ans plus tard, Danny Vaughn remet le couvert et rallume la flamme. Certes, son Hard Rock n’est plus aussi explosif et tranchant, mais les compositions sont là. Enregistré aux légendaires studios Rockfield au Pays de Galles, « Close To The Sun » montre que nos vétérans en ont encore sous le pied. TYKETTO « Close To The Sun » (Silver Lining Music) Après de bons débuts dans les années 90 avec trois albums plébiscités (« Don’t Come Easy » en 1991, « Strength In Numbers »  en 1994 et « Shine » en 1995), on aurait pu penser que TYKETTO allait s’imposer sur la scène Hard Rock, bien au-delà de sa ville de New-York. Et ce fut un temps le cas. Mais c’était sans compter sur le caractère imprévisible et autoritaire de son fondateur Danny Vaughn, guitariste et très bon chanteur. S’en sont suivis 17 ans d’absence avant une remise en selle en 2012 avec « Dig in Deep », puis « Reach » il y a dix ans déjà. Finalement, en trois décennies, les Américains n’auront sorti que six opus, ce nouveau « Close To The Sun » compris. Revoici donc TYKETTO de retour avec un line-up une fois encore remanié, mais de qualité et c’est du costaud ! On y retrouve donc Chris Childs (Thunder) à la basse, Johnny Dee (Doro, Britny Fox) à la batterie, Harry Scott Elliott à la guitare et Ged Rylands, présent depuis 2012 aux claviers. Le groupe a fière allure et « Close To The Sun » est dans la parfaite lignée de ce qu’il propose depuis ses débuts, à savoir un Hard Rock mélodique. L’expérience de cette longue et chaotique carrière est bien là et on a affaire à des musiciens qui savent pertinemment où ils vont. Précis et accrocheur, rien n’est laissé au hasard et il ne faut pas longtemps pour se laisser prendre au jeu. Certes, le quintet ne vient pas bouleverser le paysage musical, et encore moins son propre répertoire, mais il prolonge le plaisir avec sérieux et application. Plus Rock et moins rentre-dedans que dans ses jeunes années, TYKETTO semble avoir arrondi certains angles, s’adonne aussi à des titres plus mid-tempos, mais reste toujours aussi dynamique et costaud. Vocalement, son frontman demeure l’une des plus belles voix du registre et le nouveau six-cordiste n’est pas avare de bons riffs et de solos tout en feeling (« Higher And Than High », « Bad For Good », « Harleys & Indians », « The Picture », « The Brave »). Une belle partition.  Photo : Davey Rocks [...]