
EDITO
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !
A l’heure où on ne parle plus que des haters, des trolls et autres rageux en ligne, il y a tout de même un phénomène que l’on oublie un peu trop facilement. Car, s’ils sont nombreux à déverser leur venin et leur fiel sur des réseaux asociaux devenus quasi-bibliques pour beaucoup, les médias dits ‘classiques’ ont peut-être aussi leur part dans ce marasme. Pour rester dans le domaine musical, qui s’aventure aujourd’hui à écrire une chronique négative, mais objective, où l’on oserait encore aller à l’encontre de la bienséance, ainsi que des artistes et de leurs communicants ? Plus grand monde, a priori, et Rock’n Force en premier !

Ritual Arcana : supernatural impulsions [Interview]
C’est un envoûtement, un rituel, une sorte de tornade mêlée de Hard Rock et Doom Metal dans des atmosphères occultes que propose RITUAL ARCANA sur son premier album éponyme. Le power trio américain se présente avec un line-up cinq étoiles, où chacun apporte sa pierre à un édifice solide et maléfique. Issus de The Obsessed et Saint Vitus notamment pour son guitariste, Scott ‘Wino’ Weinrich, de The Black Lips pour son rugueux batteur Oakley Munson, de Moth pour sa frontwoman et bassiste, ces musiciens se sont naturellement retrouvés autour d’un registre, où leur empreinte se fait déjà sentir. Sombre mais entraînant, « Ritual Arcana » captive autant par son univers un brin lugubre que par cette production brute et authentique, qui traverse ce premier effort dans un élan obsédant. SharLee LuckyFree, dont la voix stellaire illumine la formation, revient sur la magie qui opère avec ses partenaires.

Elles Bailey : des racines fortes
Touchante et enjouée à la fois, cette nouvelle réalisation vient propulser la carrière de l’Anglaise et fait d’elle une valeur sûre de l’Americana Soul Blues Made in UK. « Can’t Take My Story Away » la dévoile aussi dans un spectre sonore nouveau avec une proximité musicale, qui met en valeur son timbre unique. Très narratifs dans leur déroulé, les onze titres présentent aussi ELLES BAILEY entouré de nouveaux partenaires, qui rendent son univers encore plus captivant. Une fois encore, le voyage vient défier le temp

Mynd Reader : un regard vers l’horizon
Poser une atmosphère Soul dans un environnement très Rock, c’est le pari (gagné !) d’une formation de musiciens aussi chevronnée qu’inventive. En positionnant les émotions au cœur d’un registre dynamique, qui puise sa force dans des vibrations directement issues du patrimoine Rock de son pays, MYND READER articule son style autour d’une puissance brute. Les notes bluesy et la minutie extrême apportées aux compositions libèrent une sensation de liberté sans concession et un brin cinématographique.

Soen : une trajectoire forte
Sur des riffs acérés et des refrains entêtants, les Suédois continuent leur aventure avec une intention forte déjà présente sur « Lotus », un disque qui semble avoir été marquant dans leur parcours. Car c’est cette approche que l’on retrouve depuis sur chaque sortie du quintet, et « Reliance » ouvre un nouveau chapitre de son édifice musical. Sans renier les passages atmosphériques qui font aussi sa touche, SOEN joue avec énormément de précision sur des thématiques ténébreuses et d’autres pleines d’espoir. Intense et fédérateur, ce nouvel opus envoûte autant par sa vélocité, sa technicité que par sa richesse mélodique.

Gluecifer : incendiaire
Toujours très affûtés, les Scandinaves donnent enfin une suite à «
Automatic Thrill », sorti en… 2004 ! S’ils ont repris les concerts depuis un petit moment, rien ne vaut un nouvel opus pour rassurer tout le monde et partir sur de nouvelles bases. Tendus et acérés, les riffs sont toujours un atout majeur, tout comme la voix de leur inamovible chanteur. GLUECIFER n’a pas changé de recette, mais y intègre des éléments actuels et font rugir son Hard Rock à l’humeur très Garage et direct.

Komodor : aventure spatio-temporelle [Interview]
En l’espace de quelques années, les Bretons se sont taillés une solide réputation, menant de front deux formations avec Komodrag & The Mounodor. Un changement de label plus tard, KOMODOR donne enfin une suite à « Nasty habits » avec un deuxième album plus mature et plus assuré, mais qui conserve cet esprit festif et Rock dans une atmosphère toujours 70’s aux élans psychédéliques et à l’énergie Glam Rock. Avec « Time & Space », le quintet amorce presque un nouveau virage avec des compos accrocheuses et audacieuses et un son désormais parfaitement identifiable, qui vient nous rappeler qu’il est avant un groupe de scène. Retour sur les grands axes de cette évolution assez fulgurante, finalement très logique et attendue, avec son guitariste et chanteur Slyde Barnett, heureux de voir ce nouveau chapitre s’ouvrir.

Megadeth : that’s all, folks !
L’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du Metal. L’un des membres du ‘Big Four’, et pas des moindres, tire sa révérence et met ainsi fin à l’âge d’or du Thrash ‘Made in Bay Area’ de la côte ouest américaine. Bien sûr, il reste une magnifique discographie, des coups de gueule et des petites phrases de son frontman qui resteront longtemps gravés, mais plus de disques. Cependant, le séisme aura quelques longues répliques, puisque le quatuor s’engage pour une tournée de trois ans. MEGADETH fait donc ses adieux vinyliques avec même un ultime pied de nez à ses meilleurs ennemis de Metallica en reprenant « Ride The Lightning », co-écrit avec James Hetfield, Cliff Burton et Lars Ulrich. Ce « Megadeth » n’est probablement pas l’œuvre la plus marquante du groupe, mais il n’en est pas moins une très belle conclusion.

Sophie Gault : wild sensations
A la manière d’un ouragan, SOPHIE GAULT déferle avec la
fougue qu’on lui connaît sur « Unhinged », une nouvelle réalisation très Rock, accrocheuse, moderne et débridée. Epanouie et volontaire, la songwriter, guitariste et chanteuse se montre sous son meilleur jour avec des titres habités et débordants d’énergie. Americana, Blues ou Honky Tong, rien ne lui résiste et elle impulse un souffle d’une grande fraîcheur sur la scène de Nashville, d’où elle est originaire. Une vraie pépite.

Lucinda Williams : un œil sur le monde
Emouvante et combative, l’Américaine n’a pas son pareil pour mettre ses luttes et ses convictions en musique. Après une parenthèse récréative où elle a repris sur disque les Beatles dans les studios d’Abbey Road, LUCINDA WILLIAMS reprend la plume et la guitare pour se livrer à son domaine de prédilection. Assez Rock et bluesy dans la forme, son Americana fait encore et toujours des étincelles, bien aidée par des musiciens de haut vol. Préoccupée par la situation et les positions de son pays, elle évite tout fatalisme et se montre pleine d’espoir sur ce puissant «World’s Gone Wrong ».

Wildhunt : une exploration profonde
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré.



