
PORTFOLIO
Festival Courts Of Chaos [Portfolio]
Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !

Meurtrier : le couteau entre les dents [Interview]
Alors que les groupes de Metal qui chantent dans la langue de Molière se comptent sur les doigts d’une main dans l’hexagone, le sursaut pourrait bien venir d’outre-Atlantique, et plus précisément de la Belle Province. Fondé il y a trois ans par des amis désireux de renouer avec les origines du Heavy Metal, MEURTRIER fera probablement remonter quelques souvenirs chez certains. Epique, mystique et occulte, c’est toute une époque qui renaît avec les Québécois et avec eux cet esprit underground, qui tend malheureusement à disparaître. Fraîchement sorti, leur premier album, « Messe De Fer », rappelle autant une certaine scène française que celle qui a sévit aux Etats-Unis notamment dans les années 80/90. Old School et vigoureux, le Speed Metal du quintet allie la puissance des riffs, un chant ténébreux et des rythmes galopants sur des mélodies qui restent en tête. Acier trempé et ambiances à la sauvage intensité, les Canadiens perpétuent avec authenticité et savoir-faire la tradition d’un Heavy Metal véritable et victorieux. C’est l’un des deux artilleurs, le guitariste William ‘Will’ Verrault, qui revient pour nous sur la création du combo, ses intentions et ce premier opus, qui est une belle déclaration à un Heavy/Speed décidément immortel.

Texas Headhunters : southern legacy
Tendre et survolté, TEXAS HEADHUNTERS est tout ça à la fois et bien plus encore. Loin d’être prisonniers d’une tradition texane qui les étoufferait, Ian Moore, Johnny Moeller et Jesse Dayton l’embrasse pleinement et y apporte une contribution, qui va bien au-delà de l’hommage. Ces trois-là respirent le Sud à plein poumon et la palette musicale de l’État à l’étoile solitaire semble même parfois un peu étroite, tant leur jeu est rassembleur et fédérateur. « Rise And Rise » est une projection musicale de leur univers personnel et ils n’ont pas leur pareil pour la rendre collégiale.

Hippotraktor : titanesque
Agile et féroce, la formation belge n’a pas décidé de relâcher la pression et ses nouvelles compositions témoignent d’une volonté incroyable de refuser le dictate des genres et des courants d’un Metal actuel figé et monochrome. HIPPOTRAKTOR déferle et assomme sans prévenir sur cet « Annihilist » ténébreux et d’une phénoménale densité. Tout en percussion et grâce aussi à un frontman polymorphe, l’ampleur des riffs et la variété des tessitures et des tempos sont d’une expressivité limpide et vertigineuse.

Graveyard : nordic wave
Secoué par un récent changement de line-up, la formation de Göteborg a préféré resserrer les rangs plutôt que de se mettre en quête d’un nouveau membre. Et bien lui en a pris, car « Fever » a gagné en explosivité avec un côté direct et imposant, qui reste au plus près de l’esprit spontané qui l’anime depuis ses débuts. Non pas que GRAVEYARD se soit plongé dans le grand bain du Stoner, mais il faut reconnaître que c’est la ligne qui s’impose, toujours établit autour d’éléments Blues et psychédéliques. Une situation et une intention clarifiées au profit d’un opus massif et délicat.

Oakfarm : natural vibes
Originaire du nord de l’Allemagne, c’est pourtant en Autriche que le groupe est allé enregistrer son deuxième effort, et ce changement de paysage semble l’avoir inspiré. Maniant toujours aussi habillement les contrastes, OAKFARM étend son Heavy Blues Rock dans un espace presque réconfortant, qui se fait aussi rapidement volcanique. « Too Hard For Some, Too Soft For Others » reflète avec un prisme actuel la rencontre d’un Rock instinctif et celle d’un Blues fluctuant à travers les époques. Le combo grandit et son style s’affine avec beaucoup de certitude.

The Flynts : forever free [Interview]
Immortalisé dans l’une des salles les plus emblématiques de leur capitale en mars dernier, et avant même la sortie d’un premier album studio (ce qui en dit déjà long), le « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels » de ces quatre jeunes musiciens a franchement de quoi renverser la table. D’ailleurs, le public ne s’y est trompé lors de cette soirée mémorable. Dans les pas des pionniers du Rock 70’s, THE FLYNTS s’impose avec naturel et élégance dans un Classic Rock pêchu, mélodique et incandescent. Raphael Rufo (chant), Guillaume Lamont (guitare), Matthijs Machtelinckx (basse) et Gael Thiry (batterie) incarnent littéralement le renouveau d’un style intemporel et inépuisable, également en pleine effervescence depuis quelques temps. Et si les fondations sont solides, inébranlables et vite identifiables, c’est la touche du quatuor qui fait toute la différence. Sans artifice, ni calcul, le Classic Rock des Belges n’a rien poussiéreux, il regorge au contraire d’une énergie et d’une liberté absolue. Rencontre avec un quatuor, dont on n’a pas fini d’entendre parler…

Crimson Coven : la magie du rituel
Atmosphérique et énigmatique, cette première réalisation de CRIMSON COVEN est la très belle sensation venue d’Espagne. Teinté de Doom, le Heavy Metal vintage développé sur « I – The Forge » s’inscrit dans la tradition européenne du genre avec des riffs massifs, des solos pleins de feeling, un chant captivant et une force naturelle assez sombre. Très narrative, l’épopée du combo est d’une sincérité sans faille, jouant sur des crescendos créatifs, des accélérations bien senties et un univers familier.

Erja Lyytinen : scenic flashbacks
Généreuse et enflammée, la virtuose guitariste venue du grand Nord a célébré son anniversaire avec panache, se faisant plaisir sur scène, mais surtout en offrant à son public une prestation intense. Avec 13 albums studios et ce cinquième live à son actif, ERJA LYYTINEN est parvenu à braquer les projecteurs sur son Blues Rock, bien sûr, mais aussi son pays. La compositrice a également imposé un style très identifiable, finalement assez éloigné des standards habituels dans les mélodies notamment. Ce « 50th Birthday – Live 2026 » vient ponctuer une carrière exemplaire, toujours pleine de surprises, et explosive.

Crystal Throne : une épopée futuriste
Pour sa deuxième réalisation, la formation de l’Est de la France se projette dans un lointain futur pour une épopée assez sombre, qui atteste de sa vigueur et de sa détermination à installer son empreinte dans le paysage Metal hexagonal. Toujours autoproduit, CRYSTAL THRONE cerne parfaitement son univers entre un Heavy Metal délicatement Old School, des trajectoires progressives et des accélérations fritant avec le Power Metal. Les riffs tranchants et les solos épiques, la rythmique polymorphe et un frontman solide font de « Chantry Of Sacrifice » un opus très convaincant.

Mr Bison : waking dreams
Considéré à juste titre comme l’un de fers de lance de la scène Stoner Rock transalpine, MR BISON impose sa patte bien au-delà aujourd’hui, et « The Garden Of Forgotten Dreams » devrait cette fois encore, et sans mal, avoir le même impact. Très riche dans les textures, tout comme dans l’écriture, le quatuor éblouit toujours autant, grâce à une évolution permanente et un équilibre constant. Cette soif de découverte mène cette nouvelle réalisation de manière assez directe finalement, tandis que la qualité des arrangements est particulièrement soignée. Un vrai travail d’orfèvre.




