
PORTFOLIO
Festival Courts Of Chaos [Portfolio]
Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !

Green Carnation : magic trilogy ways [Interview]
Très exigeante et méticuleuse, la musique des Norvégiens est l’une des plus passionnantes du monde du Metal Progressif. Le travail sur la narration est pointu et précis d’une part, l’aspect polymorphe de leur style est saisissant de l’autre, et tous deux semblent nécessiter un travail colossal. Si l’audace constitue toujours l’essentiel de l’ADN du groupe, avec « A Dark Poem », elle atteint même son paroxysme. Déployée sur trois volumes, cette saga surprend par les changements de paysages sonores, tout comme dans cette continuité artistique que l’on perçoit au cours des différents albums. GREEN CARNATION est de ces formations qui laissent des traces indélébiles dans une discographie, et ici plus que jamais. Avec « The Messiah Complex », l’ultime volet, c’est une fresque splendide qui s’achève dans une apothéose symphonique, digne de la grande créativité de ces Scandinaves décidément hors-normes. Fondateur, chanteur et compositeur, Kjetil Nordhus revient sur la démarche artistique du sextet et sur l’élaboration de cette superbe trilogie.

Anthrax : une identité retrouvée
Dix ans d’attente, et même beaucoup plus plus pour d’autres, et revoici nos gaillards de la côte est américaine qui refont parler la poudre ! Et la surprise est d’autant plus agréable, qu’on ne s’y attendait vraiment plus. En effet, sortir des disques est une chose, laisser une trace en est une autre. Avec « Cursum Perficio », ANTHRAX montre qu’il a toujours la rage, mais surtout que cette agressivité sonne comme une renaissance… en tout cas pour les fans de la première heure. Plus Speed que véritablement Thrash, le Metal des Américains vibre à l’unisson et puissamment.

Green Lung : occult stories
Sur ce quatrième album, les Anglais atteignent un sommet de leur courte carrière discographique. Déjà très prometteurs, ils affichent un style personnel, oscillant entre Stoner Psych et Doom Rock avec une touche Heavy délicieusement vintage. Avec « Necropolitan », GREEN LUNG s’attaque à l’aspect occulte de sa ville et à ses sept nécropoles au XIXème siècle. Et l’enregistrement dans les légendaires studios Rockfields lui donne un caractère spécial et authentique.

Keb’ Mo’ : un regard inspiré
Très épuré dans la forme, KEB’ MO’ a réduit à l’essentiel son Blues si reconnaissable. Presque seul aux commandes, il nous conduit avec « The Breakdown » dans un écrin d’une grande sérénité. Très lumineux malgré la simplicité affichée, le songwriter se met presque à nu pour présenter sa vérité. Avec sagesse et sérénité, il capte ici l’attention comme rarement avec la classe qu’on lui connaît, et les prises de son et le mix sont d’une sobriété qui les rend étincelants. Les difficultés de la vie mènent parfois à de très belles choses, lorsqu’elles sont si bien mises en musique.

CoreLeoni : core of Rock
Avec un songwriting toujours aussi affûté et une expérience qui a déjà fait ses preuves depuis longtemps, les Suisses entendent bien rassembler les générations autour d’un Hard Rock accrocheur et intemporel. Avec un frontman plus investi que jamais et dont le rôle est devenu essentiel, CORELEONI distille des refrains entêtants sur des guitares scintillantes. « Generection » est la réalisation qui cristallise le mieux le style et le son de la formation avec cet esprit Rock indéfectible.

Carmine Appice : golden sticks [Interview]
Un groove imparable, un toucher et une frappe inimitables : CARMINE APPICE a laissé son empreinte au fil des décennies à travers un nombre impressionnant de collaborations et à la tête aussi de groupes devenus cultes. De Vanilla Fudge à Rod Steward, en passant par Cactus bien sûr, Blue Murder, Guitar Zeus ou King Kobra, il a aussi accompagné Ozzy et Ted Nugent, joué avec Jeff Beck, Pat Travers, Rick Derringer ou Paul Stanley. L’américain est ce qu’on pourrait appelé un batteur complet, et si ses racines et ses inspirations musicales viennent surtout du Jazz, on retient aussi ses effets de double grosses caisses, bien avant l’heure, et ses légendaires jonglages de baguettes. Depuis quelques années, c’est au sein de son groupe de toujours, Cactus, qu’il impose sa frappe sur un Blues Rock solide qu’il partage avec des musiciens de renom. Bien sûr, il est difficile de retracer une telle carrière sur une interview, mais l’Américain revient avec plaisir sur un parcours étonnant et d’une incroyable richesse. Rencontre.

Eric Steckel : ascensionnel
Intense, fougueuse, mais aussi libre et délicate, « Sandstorm » est exactement la réalisation que l’on attendait d’ERIC STECKEL, six ans après le très bon « Grandview Drive ». Capable d’enchaîner les accords rugueux et les solos cristallins avec une fluidité déconcertante, le compositeur semble à un pic de sa carrière et son jeu, comme sa créativité, pénètre son Blues Rock avec exaltation. Pour autant, on sent une grande sérénité et même de la joie sur ce tumultueux nouvel opus. Renversant à tous points de vue.

Velveteen Queen : high voltage
La Suède a toujours été le creuset du Sleaze Rock à l’européenne, qui a su s’imposer sur la scène mondiale en lui redonnant même un certain lustre. Alors, même si ce deuxième album de VELVETEEN QUEEN nous renvoie irrémédiablement aux années 90, il n’y a rien de vintage ou de nostalgique sur ce très bon « The Greater Good » livré par le très prometteur quintet. Au contraire, il va de l’avant avec insouciance peut-être, mais laquelle sert surtout de façade à un Hard Rock très travaillé, instinctif et musclé, autant que touchant à travers des ballades bien ciselées. Une vitalité qui fait franchement très plaisir à écouter !

Jovin Webb : bayou’s calling
Songwriter affûté et frontman assuré, le musicien de Baton Rouge donne déjà une suite à « Drifter » et fait par la même occasion taire tous ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que d’un feu de paille. Avec un producteur d’exception à ses côtés, JOVIN WEBB libère ses propres sentiments sur un « Son Of A Sinner » qu’il vit sur chaque note. Tout en mouvement, il fait également résonner son harmonica avec justesse et pose ainsi un pied dans la cour des grands.

Ibridoma : foudroyant
Il ne faut pas très longtemps pour succomber au charme très latin du Heavy Metal d’IBRIDOMA. Chevronnés et rompus à la scène, les Transalpins font bien plus que de laisser parler leur expérience sur « Sangue Innocente ». Très libres dans leur approche du Heavy Metal, ils présentent leur septième effort et celui-ci est massif et véloce. Alternant l’anglais et sa langue natale, le groupe se distingue de bien des manière, et accueille même deux invités de choix à se joindre à lui, histoire d’élargir encore un peu plus le champ des possibles.


