ROCK’N FORCE Webzine

PORTFOLIO

Festival Courts Of Chaos [Portfolio]

Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !

Kamelot : a cold madness [Interview]

C’est dans une ancienne cathédrale de l’époque victorienne, reconvertie en asile où la science côtoie la folie, que KAMELOT a planté le décor de son nouvel album, le quatorzième. Forcément ténébreux, « Dark Asylum » brille pourtant par des mélodies lumineuses posées sur des rythmes véloces et martelées par de puissants riffs. Entre arrangements toujours aussi soignés et un Heavy direct et tranchant, ce nouvel opus ne déroge pas au côté cinématographique et à la théâtralité auxquels nous ont habitués les Américains. D’ailleurs, pour conter cette nouvelle histoire, les guests se succèdent et trouvent leur place dans cet univers symphonique riche en rebondissements. Fondateur, guitariste et compositeur, Thomas Youngblood revient sur « Dark Asylum » et plus largement sur sa vision musicale et artistique au sein de son groupe depuis plus de trois décennies.

Airbourne : ravageur

Du riff, du riff, du riff… et de la nuance ! Dynamique et resserré sur un registre parfaitement maîtrisé, AIRBOURNE surgit avec un sixième album aussi brûlant que racé. Attendu avec impatience, sept ans après le sulfureux « Boneshaker », il atteste avec force et conviction de la pertinence du groupe à persévérer dans un style tellement intemporel et devenu si familier. « Airbourne » transpire le Rock’n’Roll sur chaque note dans une allégresse communicative et on a du mal à se défaire de cette nouvelle réalisation made in Australie.

Tokyo Blade : éternelle authenticité

Généreux et tenaces, les Britanniques poursuivent leur renaissance avec un tel panache qu’on en viendrait à se demander si, finalement, cette seconde vie de leur carrière chaotique ne serait pas la meilleure. Certes, l’expérience acquise depuis 1982 fait toute la différence et elle les porte littéralement. Mais au regard de l’inspiration de ses deux leaders rescapés de la première heure, TOKYO BLADE paraît s’exprimer pleinement et sans complexe depuis quelques albums déjà. « Hoist The Colours High » est accrocheur et oscille avec fluidité entre Hard Rock et Heavy Metal avec précision. Les acteurs de la légendaire NWOBHM ne sont clairement pas venus faire de la figuration.

Marc Amacher : incandescent

C’est l’immédiateté qui séduit en premier lieu à l’écoute d’« Overdrive ». Ce cinquième effort du songwriter est à son image : authentique et accrocheur. MARC AMACHER est rompu à la scène et cela s’entend. Presque épurés, ses nouveaux morceaux sont sans détour, mais non sans finesse. Chez lui, la frontière entre le Blues et le Rock est mince et c’est précisément ce qui le rend insaisissable et d’une incroyable fraîcheur. Attachant et dynamique, le style du musicien helvète est aussi costaud que mélodique.

Ironflame : une âme de guerrier

Originaire de l’Ohio, qui a longtemps été un creuset fertile du Heavy Metal traditionnel américain, IRONFLAME fait partie de ces combos qui entretiennent brillamment l’esprit et l’atmosphère d’une période faste. Avec beaucoup de passion et de détermination, « Worlds To Conquer » est un concentré de riffs tranchants et de solos pointus, soutenus par une paire basse/batterie galopante très musclée et des parties vocales accrocheuses. Fidèle et convaincant.

Kickin Valentina : raw and wild [Interview]

En un peu de plus de 15 ans, la formation d’Atlanta a imposé sa patte sur la scène Hard Rock internationale avec ce côté Sleaze, un brin Glam et sans compromis qu’elle affiche en étendard. Avec « Anthems From The Underground », KICKIN VALENTINA fait bien plus que de rendre hommage à ce milieu en marge des productions mainstream, il salue un public fidèle, sincère et amoureux d’un style que le quatuor porte haut et qu’il fait sonner avec une modernité qui ne néglige pas cet état d’esprit et cette attitude si Rock’n’Roll. Ce nouvel album est un hymne à la liberté, à un style de vie aussi et surtout à une obstination à ne pas se plier aux règles, ni aux dictâtes quels qu’ils soient. Et c’est encore le très direct frontman et parolier D.K. Revelle, qui s’exprime le mieux sur la démarche ‘underground’ et authentique, si chère au combo.

Wicked : rebel yell [Interview]

C’est avec beaucoup de fraîcheur, une douce folie, un dynamisme à toute épreuve et surtout un Hard Rock teinté d’un Glam très fédérateur que les Américains se présentent avec « Go Rebel », un nouvel album qui renoue avec l’esprit très 90’s du genre, mais pas seulement. WICKED s’inscrit parfaitement dans son époque grâce une énergie qu’il va puiser dans un sens de la fête omniprésent. Une grosse dose d’adrénaline, des riffs tranchants et des mélodies accrocheuses, la recette du quatuor est connue, certes, et elle a aussi l’ambition de renouer avec l’insouciance propre au Rock’n’Roll et qui se fait de plus en plus rare. Ce deuxième opus est une invitation au lâcher-prise et le vent de liberté qui en émane est littéralement électrisant, vivifiant et revigorant. C’est le guitariste soliste, Scotty V, qui fait les présentations de son groupe, dont on n’a pas fini d’entendre parler…!

Chelsea Wolfe : un halo réconfortant

Pour son neuvième opus, l’Américaine parvient encore à surprendre, malgré un environnement désormais familier. Artistiquement insaisissable, CHELSEA WOLFE prolonge la voie prise sur son précédent effort et approfondit même son propos. Son regard sur l’existence oscille entre des ambiances feutrées apaisantes et des mouvements carrément Doom, où le Metal fait une discrète apparition dans une néo-Folk d’une grande richesse sur ce « The Dark », qui brise les codes avec beaucoup de classe.

Grace Potter : une classe XXL

Magnétique et sensuelle, GRACE POTTER conduit sa carrière comme sa chaotique Volkswagen Atlas 2020, c’est-à-dire avec une folle énergie et une liberté totale. Après « Mother Road », elle offre une nouvelle vision, façon carte postale, de son Amérique à elle avec cet envoûtant « Trespasser ». Sans filtre, elle fait le lien entre une Cyndi Lauper survoltée et une Aretha Franklin version Rock’n’Roll et hors de contrôle. D’un naturel assez déconcertant et absolu, elle peint en musique les joies comme les déboires des protagonistes qui jalonnent ce sixième opus solo.

Danielle Nicole : une force lumineuse

Bassiste captivante et chanteuse rayonnante, DANIELLE NICOLE a entamé une carrière en solo depuis une bonne décennie après avoir fait ses premières armes au sein du trio familial Trampled Under Foot. Depuis, son style s’affirme et s’affine au point qu’elle semble aujourd’hui à un sommet de son art. D’une incroyable richesse, « Fireflies » utilise d’inamovibles fondations Blues pour naviguer entre Rock, Soul, R&B et Americana avec une élégance rare.