ROCK’N FORCE Webzine

EDITO

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

A l’heure où on ne parle plus que des haters, des trolls et autres rageux en ligne, il y a tout de même un phénomène que l’on oublie un peu trop facilement. Car, s’ils sont nombreux à déverser leur venin et leur fiel sur des réseaux asociaux devenus quasi-bibliques pour beaucoup, les médias dits ‘classiques’ ont peut-être aussi leur part dans ce marasme. Pour rester dans le domaine musical, qui s’aventure aujourd’hui à écrire une chronique négative, mais objective, où l’on oserait encore aller à l’encontre de la bienséance, ainsi que des artistes et de leurs communicants ? Plus grand monde, a priori, et Rock’n Force en premier !

Gotthard : more pleasure [Interview]

Chanteur du groupe depuis 15 ans maintenant, Nic Maeder est la voix de la seconde phase artistique de l’emblématique groupe helvète GOTTHARD. Si remplacer Steve Lee n’a pas été une chose évidente, notamment auprès des fans, il a parfaitement su s’imposer et guide depuis « Firebirth » (2012) le groupe qui sort aujourd’hui « More Stereo Crush », un mini-album qui vient en complément de « Stereo Crush », sorti l’an dernier. L’occasion pour évoquer avec le frontman la publication de ces deux productions, presque coup sur coup, et ce qui a motivé la démarche de la formation de Hard Rock.

Joel Hoekstra’s 13 : le bon goût

Fort d’une carrière exemplaire qu’il l’a vu passer chez Night Ranger, Trans-Siberian Orchestra, Revolution Saints ou Whitesnake, tout en œuvrant aussi sur les albums de Michael Sweet, Amy Lee ou Jeff Scott Soto, et en ayant également sorti trois disques instrumentaux en solo, JOEL HOEKSTRA’S 13 paraît cependant le projet le plus personnel de Joel Hoektra. Son implication est entière et le Hard Rock qu’il présente lui ressemble vraiment. Avec »From The Fade », le quatrième opus de ce projet, il prouve que le temps n’a aucune emprise et que l’inspiration demeure vivace.

Garret T. Willie : des épaules de géant

Avec une présence qui en impose et beaucoup de caractère, c’est entouré d’une formation de cadors du Tennessee que GARRET T. WILLIE signe un nouvel album, sur lequel il se montre redoutable. « Bill’s Cafe » est l’œuvre d’un gamin de province inspiré et sûr de lui. Très bon six-cordiste et doté d’un talent vocal naturel, le Canadien affiche déjà un sens du Blues Rock très personnel et déploie son âme avec une grande honnêteté, ce qui le rend souvent poignant. Une sensibilité rugueuse et attachante.

Atone : le poids de l’infini

Avec un regard assez nietzschéen sur l’existence, la formation du Portugal propose un Funeral Doom Death qui évite brillamment la monotonie, grâce à des contrastes bien sentis. Ce premier effort se meut dans une obscurité, d’où quelques scintillement apparaissent subtilement, mais qui demeure d’une épaisseur presque impénétrable. ATONE parvient même à dérouler une narration très cohérente à travers « Rebirth In Despair » avec beaucoup de précision et d’intuition, le tout sur une bonne production.

Emerald Moon : une prestation luxuriante

En attendant l’arrivée d’un deuxième effort studio, EMERALD MOON nous fait patienter avec un album live de grande classe. Intenses de bout en bout, les 13 morceaux sont évidemment le reflet de sa courte discographie et la formation a même pimenté son set avec quelques belles surprises. Entre titres originaux et reprises électrisantes, on s’engouffre dans la chaleur des années 70 et un Rock/Hard intemporel aux contours bluesy, qui est très loin d’avoir livrer toutes ses saveurs. Le groupe prend toute sa dimension sur scène et on se délecte de cette atmosphère explosive et chaleureuse à la fois distillée sur ce magnifique « The Sky’s The Limit Tour 2025 ».

Black Stone Cherry : the taste of sharing [Interview]

Que l’on adhère, ou pas, à l’évolution musicale du quatuor du Kentucky, il reste une variante qui ne bouge pas : cet investissement constant et une volonté à toujours se dépasser, qui font partie de son ADN et, finalement, que l’on se ressent dans chacun de ses albums . Avec « Celebrate », BLACK STONE CHERRY s’essaie à un nouvel exercice, celui de l’EP, un format particulier et surtout une première pour lui, habituellement ancré dans une manière de fonctionner plus traditionnelle. Six titres, donc, et autant de facettes différentes, mais qui se rejoignent sur la démarche devenue familière des Américains. Dans la lignée de leurs deux derniers albums, ils se présentent avec un Alternative Metal costaud, sans éluder la fragilité qui peut aussi les envahir. Ils restent d’une sincérité et d’une authenticité sans faille. Chris Robertson, chanteur et guitariste du combo, revient sur l’élaboration de « Celebrate » avant de repartir sur la route dans les mois qui viennent.

Jonathon ‘Boogie’ Long : l’émotion et la passion

Bercé par la Soul, le Southern Rock, le Gospel, le Blues et l’Americana, JONATHAN ‘BOOGIE’ LONG a trouvé sa voie et son style, d’une finesse et d’une délicatesse de chaque instant, qui le guident dans un registre porté par l’espoir. « Courage In The Chaos » parle d’identité avec la sérénité d’un sage. Des chansons très rythmées en passages plus doux, la force de l’Américain prend racine dans un apprentissage effectué auprès des plus grands. Et ce nouvel opus est déjà essentiel.

Prong : live celebration

Selon son leader, jamais PRONG n’avait donné de concerts aussi longs de toute sa carrière. Celui qui fut, sinon un pionnier du moins un pilier, du Metal HxC Indus dans les années 90, tient toujours debout malgré des changements de musiciens record. L’année dernier, pour les trois décennies passées de son album phare, « Cleansing », les Américains avaient entrepris de le jouer dans son intégralité avec quelques inédits, histoire de pimenter le set. Entreprise plutôt réussie, malgré un son un peu en dedans, qui manque un peu de volume. Mais « Live And Uncleansed » reste un bon témoignage d’un époque qui paraît, aujourd’hui, tellement lointaine.

Black Swan : la marque des grands

Si les CV sont aussi impressionnants que le niveau technique affiché, c’est bel et bien la qualité d’écriture et d’interprétation, qui sont les points forts de cette troisième réalisation de la dream-team irlando-américaine. Percutant et moderne, « Paralyzed » se présente comme l’œuvre la plus accomplie de BLACK SWAN. Depuis des décennies, ses membres font vivre le Hard Rock à l’international et ils ne semblent pas prêt à lâcher les rênes. Les mélodies sont accrocheuses et la fraîcheur du style des quatre vétérans irrésistibles.

Existance : un Heavy flamboyant

Dans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant
beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans.