ROCK’N FORCE Webzine

EDITO

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

A l’heure où on ne parle plus que des haters, des trolls et autres rageux en ligne, il y a tout de même un phénomène que l’on oublie un peu trop facilement. Car, s’ils sont nombreux à déverser leur venin et leur fiel sur des réseaux asociaux devenus quasi-bibliques pour beaucoup, les médias dits ‘classiques’ ont peut-être aussi leur part dans ce marasme. Pour rester dans le domaine musical, qui s’aventure aujourd’hui à écrire une chronique négative, mais objective, où l’on oserait encore aller à l’encontre de la bienséance, ainsi que des artistes et de leurs communicants ? Plus grand monde, a priori, et Rock’n Force en premier !

Wicked Leather : raw, dark & savage [Interview]

Allier puissance et énergie dans un Heavy Metal traditionnel, tout en conférant une approche actuelle, c’est l’objectif atteint par les Barcelonais de WICKED LEATHER. Mené par une frontwoman à la fois magnétique et déterminée, le quintet se présente avec un premier album très convaincant. Entre occultisme, mystère et charges décibéliques concentrées, le groupe a déjà trouvé sa place au sein de l’underground espagnole et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec une assurance et une volonté à toutes épreuves, les Catalans s’apprêtent à déferler au-delà de leurs frontières avec le sombre et véloce « Season Of The Witch », une production aboutie, organique et très efficace. Entretien avec Yami, fondatrice et chanteuse du combo qui, à l’image de sa musique, ne manque pas d’audace et ne mâche pas ses mots.

Elles Bailey : des racines fortes

Touchante et enjouée à la fois, cette nouvelle réalisation vient propulser la carrière de l’Anglaise et fait d’elle une valeur sûre de l’Americana Soul Blues Made in UK. « Can’t Take My Story Away » la dévoile aussi dans un spectre sonore nouveau avec une proximité musicale, qui met en valeur son timbre unique. Très narratifs dans leur déroulé, les onze titres présentent aussi ELLES BAILEY entouré de nouveaux partenaires, qui rendent son univers encore plus captivant. Une fois encore, le voyage vient défier le temp

Joe Bonamassa : un siècle les contemple

Concocté par le très prolifique JOE BONAMASSA, « BB King’s Blues Summit 100 » ne pouvait qu’être qu’irréprochable, varié et inspiré. Et il l’est ! Peut-être que les puristes et les fans les plus assidus de la légende le trouveront pompeux à quelques égards, même s’il rassemble des incontournables de BB King. Ne soufrant qu’aucune prestation moyenne, ces 32 reprises rappellent l’importance et l’héritage laissé au monde du Blues par l’un de ses plus éminents acteurs. Un opus surtout destiné à qui accepterait une vision nouvelle d’une carrière exceptionnelle.

Guitar Night Project : une partition étoilée

A l’inverse du fameux G3, auquel d’ailleurs Patrick Rondat a participé, GUITAR NIGHT PROJECT se veut plus comme une formation où chacun s’immisce dans les morceaux de l’autre, et parfois même tous ensemble. Loin aussi d’être une simple jam, le concept mélange avec beaucoup de cohérence des mondes musicaux différents, éclaté entre le Blues, le Hard Rock et le Prog Metal. Ainsi, Pat O’May et Fred Chapellier complètent ce beau line-up et « Live Access » est de ces albums live qui nous font revivre une soirée, où la guitare est à l’honneur pour le bonheur des spécialistes comme des amateurs amoureux de belles six-cordes.

Fireborn : incandescent

Ayant bien digéré les classiques du Hard Rock comme du Heavy Metal, le quintet germanique s’est bâti en quelques années maintenant un Heavy Rock moderne et compact, qui laisse parler le groove tout en restant dense et racé. Avec une frontwoman qui a presque changé de dimension, FIREBORN passe le cap du deuxième album avec beaucoup d’assurance et surtout de la suite dans les idées. « Dreamcatcher » regorge d’énergie, ne manque pas d’impact et donne un signal évident sur l’ambition du combo.

Stonetrip : rockin’ road trip
[Interview]

Familiarisés avec le format EP qui semble bien leur convenir, les Australiens ont une vision très claire de leur musique et de ce qu’elle doit apporter. Chaque titre du quintet est d’une précision absolue, tant dans leur structure que dans cet équilibre qui fait que chacune d’elles vibre à l’unisson. Avec un côté très 90’s dans l’approche, STONETRIP offre une vision du Hard Rock de son île continent bien différente de ceux qui ont percé jusqu’en Europe. Percutant et mélodique, « The Fight » nous transporte avec force et émotion dans les grands espaces de son pays avec une touche très british. La formation de Melbourne devient très vite addictive, tant le songwriting est ici élevé au rang d’art. Riffs accrocheurs, rythmique solide, chant puissant soutenu par des chœurs envoûtants, le combo avance avec l’assurance d’une intemporalité maîtrisée et un savoir-faire irréprochable. Rencontre avec un groupe d’une classe évidente sur qui le temps paraît glisser.

Hermano : l’empreinte des grands

Alors que les Américains menaient une aventure pour le moins hachée avec la sortie de quelques opus et d’un live, il aura peut-être fallu cette date française pour redonner de l’élan à la formation. Près d’une décennie d’absence et HERMANO remontait sur scène, comme si de rien n’était pour une performance hors-norme. Depuis 2016, la machine est relancée, son label Ripple Music réédite ses disques dans des versions remastérisées et ce « Clisson, France » confirme que le Heavy Stoner Blues du combo reste un modèle du genre.

Sophie Gault : wild sensations

A la manière d’un ouragan, SOPHIE GAULT déferle avec la
fougue qu’on lui connaît sur « Unhinged », une nouvelle réalisation très Rock, accrocheuse, moderne et débridée. Epanouie et volontaire, la songwriter, guitariste et chanteuse se montre sous son meilleur jour avec des titres habités et débordants d’énergie. Americana, Blues ou Honky Tong, rien ne lui résiste et elle impulse un souffle d’une grande fraîcheur sur la scène de Nashville, d’où elle est originaire. Une vraie pépite.

Lucinda Williams : un œil sur le monde

Emouvante et combative, l’Américaine n’a pas son pareil pour mettre ses luttes et ses convictions en musique. Après une parenthèse récréative où elle a repris sur disque les Beatles dans les studios d’Abbey Road, LUCINDA WILLIAMS reprend la plume et la guitare pour se livrer à son domaine de prédilection. Assez Rock et bluesy dans la forme, son Americana fait encore et toujours des étincelles, bien aidée par des musiciens de haut vol. Préoccupée par la situation et les positions de son pays, elle évite tout fatalisme et se montre pleine d’espoir sur ce puissant «World’s Gone Wrong ».

Gluecifer : incendiaire

Toujours très affûtés, les Scandinaves donnent enfin une suite à « Automatic Thrill », sorti en… 2004 ! S’ils ont repris les concerts depuis un petit moment, rien ne vaut un nouvel opus pour rassurer tout le monde et partir sur de nouvelles bases. Tendus et acérés, les riffs sont toujours un atout majeur, tout comme la voix de leur inamovible chanteur. GLUECIFER n’a pas changé de recette, mais y intègre des éléments actuels et font rugir son Hard Rock à l’humeur très Garage et direct.