ROCK’N FORCE Webzine

EDITO

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

A l’heure où on ne parle plus que des haters, des trolls et autres rageux en ligne, il y a tout de même un phénomène que l’on oublie un peu trop facilement. Car, s’ils sont nombreux à déverser leur venin et leur fiel sur des réseaux asociaux devenus quasi-bibliques pour beaucoup, les médias dits ‘classiques’ ont peut-être aussi leur part dans ce marasme. Pour rester dans le domaine musical, qui s’aventure aujourd’hui à écrire une chronique négative, mais objective, où l’on oserait encore aller à l’encontre de la bienséance, ainsi que des artistes et de leurs communicants ? Plus grand monde, a priori, et Rock’n Force en premier !

Muddy What? : en quête d’émotion [Interview]

L’aventure d’Ina et Fabian Spang a débuté très tôt, et pour cause, c’est ensemble à la maison qu’ils ont commencé à s’accorder et à imaginer un Blues qui irait au-delà d’une certaine tradition, toujours respectée, mais jamais immobile. De cette complicité est né MUDDY WHAT?, une formation qui s’articule en trio essentiellement, et qui prend surtout vie sur scène. Car entre deux albums, « Neon Soul » étant le cinquième, c’est sur la route que prend forme et se transmet la musique des Allemands. Une spontanéité qu’on retrouve d’ailleurs sur disque. Avec beaucoup d’audace et de naturel, entre riffs affûtés très Rock et accords plus délicats de mandoline, leur nouvel opus dévoile une liberté et une envie intarissable d’exprimer un Blues sincère et tout en émotion. Entretien avec un fratrie complice et très inspirée.

The Black Crowes : back for real

L’attente de leur réconciliation, puis de leurs retrouvailles, fut si longue que c’en est presque surprenant de voir Chris et Rich Robinson enchaîner les albums avec autant de fraîcheur et surtout de qualité depuis deux ans. Littéralement réoxygéné et toujours aussi inspiré, le duo accompagné d’un groupe de rêve fait la passe de dix avec un « A Pound Of Feathers » très solide. THE BLACK CROWES joue habillement sur les contrastes et la profondeur de son Southern Rock reste unique en son genre.

Fangus : un brumeux rituel

Déjantée, débridée mais tout en contrôle, cette première réalisation des Québécois est d’une fraîcheur réjouissante. Evoluant dans un proto-Metal psychédélique sur lequel un léger voile Doom repose, FANGUS passe d’une dimension à l’autre sur des mélodies accrocheuses portées par des riffs massifs et une rythmique tourbillonnante. Omniprésents, les claviers donnent un relief hallucinatoire à « Emerald Dream », dont la proximité sonore et la performance de ses musiciens sont irréprochables.

Atone : le poids de l’infini

Avec un regard assez nietzschéen sur l’existence, la formation du Portugal propose un Funeral Doom Death qui évite brillamment la monotonie, grâce à des contrastes bien sentis. Ce premier effort se meut dans une obscurité, d’où quelques scintillement apparaissent subtilement, mais qui demeure d’une épaisseur presque impénétrable. ATONE parvient même à dérouler une narration très cohérente à travers « Rebirth In Despair » avec beaucoup de précision et d’intuition, le tout sur une bonne production.

Lee O’Nell : le feeling pour unique guide

Avec beaucoup d’énergie et de finesse, LEE O’NELL se dévoile sur scène dans un set incandescent, où son Blues Rock donne toute sa puissance. La guitare est affûtée, les claviers scintillants, la rythmique d’un groove hyper-précis et la voix de Gipsy enveloppe de sa belle tessiture. Tout est en parfaite symbiose sur ce « Live », parfaitement capté et restitué sans fioriture avec une authenticité de chaque instant. Léger, jazzy, swing ou plus musclé, le registre du combo hexagonal fait des merveilles et nous emporte avec lui.

Axe Dragger : l’axe du Metal
[Interview]

Entre un post-NWOBHM et un héritage du Heavy Metal américain assumé, le nouveau supergroupe livre un premier album éponyme qui fait le lien avec tellement d’évidence et de naturel que c’était peut-être le combo que l’on attendait pour un véritable renouveau du genre. Initié par le guitariste californien Bob Balch (Fu Manchu, Big Scenic Nowhere, Slower) et le batteur du Minnesota Pete Campbell (ex-Pentagram), le bassiste suédois Fredrik Isaksson (Dark Funeral) et le chanteur de l’Ohio Terry Glaze (ex-Pantera, première période) ont rapidement rejoint les rangs d’AXE DRAGGER et les idées ont aussitôt fuzzé. Il en est ressorti dix morceaux puissants, mélodiques et rassembleurs, auxquels aucun fan de Heavy Metal, dans ce qu’il a de plus audacieux et traditionnel, ne pourra résister. Entretien avec un quatuor expérimenté, inspiré et techniquement imparable.

Jonathon ‘Boogie’ Long : l’émotion et la passion

Bercé par la Soul, le Southern Rock, le Gospel, le Blues et l’Americana, JONATHAN ‘BOOGIE’ LONG a trouvé sa voie et son style, d’une finesse et d’une délicatesse de chaque instant, qui le guident dans un registre porté par l’espoir. « Courage In The Chaos » parle d’identité avec la sérénité d’un sage. Des chansons très rythmées en passages plus doux, la force de l’Américain prend racine dans un apprentissage effectué auprès des plus grands. Et ce nouvel opus est déjà essentiel.

Red Sun Atacama : une chaleur magnétique

Fiévreux et gorgé d’énergie, le power trio basé à Bordeaux maintient la cadence et ne s’interdit rien sur ce « Summerchild » palpitant et virevoltant. Multipliant les tempos et les ambiances tout en édifiant à l’envie des murs de décibels, RED SUN ATACAMA emprunte des chemins sinueux avec vélocité et s’autorise des embardées plus délicates pour explorer des sonorités inattendues et très soignées. Et cette nouvelle réalisation atteste sans aucun doute qu’il a réellement trouvé sa voie dans un registre souvent insaisissable, entre percussion et moments d’accalmie.

Eihwar : roots & vibes

Direction le Grand Nord et un temps lointain, dont beaucoup s’inspirent aujourd’hui, avec le deuxième opus des Français d’EIHWAR. Il ne faut pas longtemps pour pénétrer les profondeurs de « Hugrheim », nouvel effort du tandem, qui imprime sa marque entre tradition et modernité, rythmes séculaires et beats modernes. Portés par des atmosphères aussi fédératrices qu’immersives, l’exaltation émanant de ces nouveaux morceaux libère de vrais shoots d’adrénaline et une ardente et exacerbée sensation de mouvement. On vibre sur cette musique autant qu’on la vit. Intensément !

Existance : un Heavy flamboyant

Dans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant
beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans.