
PORTFOLIO
Festival Courts Of Chaos [Portfolio]
Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !

Ghalia Volt : une force de caractère [Interview]
Alors que la Bruxelloise, désormais basée à la Nouvelle Orléans, sort son sixième album, c’est depuis le Montana, au cœur des montagnes, où elle allait se produire qu’elle a répondu à quelques questions. La chanteuse et guitariste est encore et toujours sur la route, bouge de concert en concert, avec une envie viscérale de jouer son Blues si varié et incandescent. Avec « Burn The House Down », elle a changé de producteur, histoire d’avoir un regard neuf et différent sur sa musique et ce nouvel opus offre une fois encore une vision nouvelle de son style si insaisissable. D’ailleurs, ce caractère bien trempé se reflète et se révèle dans un Blues Rock vaste, qui trouve son unité dans une multitude de sonorités guidée par une slide sauvage toujours très identifiable. GHALIA VOLT avance avec une rare authenticité et une spontanéité de chaque instant. Entretien avec une passionnée de musique, qui fait fi des barrières et des frontières pour jouer ‘son’ Blues le plus naturellement possible.

Duane Betts : un sanctuaire musical
Plus intimiste qu’à l’habitude, DUANE BETTS ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, même s’il ne change évidemment pas de registre. Très roots dans l’approche, ses nouvelles compositions sont parfaitement écrites, toujours aussi authentiques et se distinguent aussi par beaucoup de sensibilité. Original et mettant en avant le jeu de guitare de l’Américain, « Isle Of Hope » est d’une finesse et d’une chaleur qui le rendent déjà incontournable. Il fait ici bien plus que d’entretenir un héritage assumé, il le bonifie et lui donne une nouvelle dimension.

When Rivers Meet : raw melodies
Couronné de quatre UK Blues Awards dès son premier album, « We Fly Free » en 2021, WHEN RIVERS MEET s’épanouit en toute indépendance et voit son Blues Rock bousculer les genres, tout en confortant une identité musicale originale et très distinctive. Outre les sorties live qui immortalisent leurs tournées entre deux disques, c’est déjà le cinquième enregistrement studio pour les Britanniques, dont l’inspiration n’a pas faibli une seule fois ces dernières années, et « Rhythm Rust & Static » vient également dévoiler une nouvelle facette du couple.

Tonic Breed : nouvelle salve
Depuis qu’il est seul aux commandes de TONIC BREED, Patrick K. Svendsen ne sort plus d’album et préfère se concentrer sur les singles et les formats courts. La fin d’une époque ou la résolution à se plier aux nouvelles règles d’une industrie musicale en pleine déroute ? Une chose est sûre : il faut se contenter d’un quart d’heure tous les quatre ans et c’est bien trop peu. Cela dit, la qualité et le choix des guests sur les compositions du Scandinave sont éclatants et le jeu est peaufiné dans les moindres détails.

Vanden Plas : sans filtre
Brillant sur album où sa vélocité fait mouche, captivant sur ses albums live, VANDEN PLAS se montre également assez phénoménal en acoustique, où sa facilité à se réinventer est à la fois sophistiquée et intimiste. Avec « AcCult II », son inimitable Metal
Progressif se fait plus Rock, même si les arrangements dans cet aspect plus organique nous rappellent son style d’origine. La connexion entre les musiciens offre aussi une chaleur inattendue et irrésistible.

In Vespro : une dimension émotionnelle forte [Interview]
Lorsqu’il est bien fait, le Doom prend une dimension immersive, qui s’ouvre à d’autres sphères pour y laisser s’exprimer des sentiments et des émotions de manière profonde. C’est exactement le cas avec IN VESPRO qui livre un premier album très abouti et tout en maîtrise que ce soit dans l’impact comme dans les mélodies. Souvent hypnotique, le Doom/Death du quatuor italien défie les époques et les tendances, en conservant une touche Old School et une vision très contemporaine. « Where Silence Use To Sleep » voit le projet de Luca Gagnoni, guitariste et frontman, prendre de la hauteur grâce aussi aux musiciens chevronnés qui l’entourent. Le combo romain frappe fort d’entrée et ce n’est qu’un début…

Datura4 : raw trip
DATURA4 ou l’art de créer un mythe en six albums. C’est à peu près en ces termes que l’on pourrait définir le quintet. Fondamentalement Rock, mais aussi Stoner, Blues, Psych et Garage, il semble évoluer avec la même classe en brouillant les frontières musicales avec une facilité déconcertante. « High On The Low Bow » est à la fois déroutant et envoûtant, et cette petite touche vintage et underground offre un charme supplémentaire à ce nouvel opus hors du temps.

Samantha Fish : born for the stage
La pétillante SAMANTHA FISH passe tellement de temps sur scène qu’il fallait bien qu’elle en garde un trace. Avec « Paper Doll Live », c’est enfin chose faite… et pas à moitié ! La frontwoman y retrace sa belle carrière à travers 16 morceaux triés sur le volet, même si sa dernière production se taille la part du lion. Et on ne s’en plaindra pas. Son chant est passionné et son jeu de guitare tout simplement ébouriffant et renversant ! L’Américaine donne un aperçu magistral de ses incroyables performances.

The Carburetors : burning the road
A l’ancienne, et sans détour, la formation d’Oslo se montre toujours aussi intense. Prête à en découdre, elles distille depuis de longues années un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock’n’Roll et de Heavy Metal. Avec deux guitaristes au jeu acéré, un duo basse/ batterie intenable et un frontman brut de décoffrage, THE CARBURETORS livre une nouvelle partition à l’énergie débordante. « We Ride At Night » a un goût d’asphalte et d’essence et va faire trembler les murs.

Yawning Balch : natural feeling
Après trois volumes qui ont laissé une empreinte forte dans le paysage Desert, Psych et post-Rock, place au quatrième et il reste dans la même veine. Avec quatre musiciens de ce calibre, YAWNING BALCH n’en est même plus à expérimenter un style, mais préfère plutôt combiner les inspirations à travers des sessions où les musiciens se confrontent autant qu’ils se complètent. Si le registre a déjà proposer ce genre d’exercice, on touche ici l’excellence. Le ciel est bleu, la température monte d’un cran et les accords s’échappent de la manière la plus naturelle qui soit.


