
EDITO
Growlons, amis growlandais ! [Edito]
Ah, le growl ! Cette étonnante technique vocale visant à annihiler toute forme de mélodie dans un morceau… Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais cette approche du chant (pour peu qu’on puisse encore parler de chant) m’a toujours révulsé et surtout interrogé. L’histoire ne date pourtant pas d’hier, mais elle est récemment remontée lors d’une conversation avec une chanteuse, qui en use avec son groupe. C’est vrai qu’il s’est démocratisé depuis le début des années 80 avec l’émergence du Death Metal, du Grindcore et du Punk HxC entre autres, mais on le retrouve aujourd’hui partout… ou presque. Alors, c’est quoi l’idée ? Comme on dit de nos jours…

Cirith Ungol : la noirceur comme prophétie [Interview]
Il y a 54 ans aujourd’hui, un groupe hors-norme voyait le jour sur la côte californienne, au nord de Los Angeles. Loin du ‘California Sound’ alors en vogue, c’est un Heavy Metal soigné, percutant et ténébreux qu’avait alors élaboré le quintet. Sous l’influence directe de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, dont il tire son nom, il dénote de la scène locale et même plus largement du registre Metal d’alors. Pionniers et précurseurs du mouvement Doom, les Américains sont aussi opté pour ce style épique, dont il a aussi fait sa marque de fabrique. Certes, CIRITH UNGOL a fait des émules, notamment du côté de la NWOBHM, mais sans trouver encore actuellement de réel successeur. Après plus de cinq décennies d’activité, avec un break de 23 ans tout de même, cela fait plus d’une décennie que le groupe est revenu sur le devant de la scène et cette renaissance a donné d’incroyables albums. « All The Shadows » est son septième et peut-être même le plus abouti d’entre-eux. Captivant et sombre, il joue sur une intemporalité qui se fond désormais dans l’actualité. Membre fondateur, le batteur Robert Garven revient sur cette magnifique épopée et l’univers de ce combo si particulier et légendaire.

Nickelback : tout un univers
Loin de se reposer sur ses lauriers, la formation d’Alberta est plus solide que jamais et, au regard de ce onzième effort, on pourrait parler d’une grande maturité dans l’approche de son jeu et surtout au niveau de la composition. « Everything Under The Sun » marque même un cap dans le travail accompli jusqu’ici. NICKELBACK percute autant qu’il joue sur les émotions avec talent. Son Alternative Rock est unique en son genre et peu savent aujourd’hui se faire aussi rassembleur. Une démonstration qui ne dit pas son nom.

LittleBig6ster : l’esprit libre
Entre instants très roots et d’autres plus suaves, le Blues Rock de LITTLEBIG6STER sait aussi se mouvoir sur des rythmes chaloupés, guidés par de chaudes percussions et surtout par une chanteuse aussi explosive que délicate. Une voix terriblement Soul et si vivante qui n’hésite pas à s’embraser sur des ambiances plus funky, Boogie, Southern et même légèrement Hip-Hop, donnant ce ton si
particulier et sans retenue à « Mue », un troisième effort enthousiaste où les chœurs s’imposent comme le sixième membre du combo. Spontané, incisif et authentique !

Rattlesnakes : brand new wave
A croire ce premier album, la relève de l’institution Hard’n Heavy britannique semble entre de bonnes mains. En moins de deux ans, la formation de Nottingham s’est forgée une belle fan-base outre-Manche grâce à des concerts survoltés. Old School dans son inspiration, mais moderne dans son approche, RATTLESNAKES déborde d’enthousiasme et de vigueur, et « Shadows Of The Night » est une réalisation très aboutie compte tenu d’une expérience qui n’en est qu’à ses prémisses. A suivre, donc…

Susan Santos : el fuego del desierto
Toujours aussi bouillonnante, la blueswoman joue à nouveau avec les atmosphères en préservant une belle unité sur ce « Camino Diablo », tout en nuances. Très électrique, sans dédaigner l’acoustique, passant d’un Blues Rock musclé à une Country-Rock relevée, SUSAN SANTOS garde aussi des éclats Southern vissé à un style insaisissable et toujours plein de ressources. Et si un voile hispanique demeure, c’est pour mieux nourrir une inspiration déjà fertile. Plus orientée Americana, cette nouvelle réalisation de la compositrice propose un voyage plein de rebondissements.

Hardbone : electrifying [Interview]
Sorti il y a quelques semaines, ce sixième album vient clarifier les choses et surtout confirmer que la formation de Hambourg n’est pas prête de se plier aux diktats des modes et des courants musicaux, qui semblent désormais évoluer au gré de l’humeur des réseaux et des plateformes. HARDBONE respire et vit pour le Rock’n’Roll et son indémodable Hard Rock rassure quant à la très bonne santé du genre. Il faut dire aussi que le style initié par quelques Australiens entrés dans la légende a longtemps été leur chasse gardée. Mais il en fallait beaucoup plus pour décourager des Allemands inspirés et remontés, mais aussi joyeux et littéralement électrisés. Et cela fait 20 ans que ça dure ! Avec « Hardbeat », le quintet va puiser au cœur de son jeu en y insufflant modernité, explosivité et savoir-faire. La rythmique bastonne, les riffs tranchent, les solos s’enflamment et Tim Dammann mène sa troupe avec enthousiasme et une énergie toujours très positive. Le frontman revient sur la démarche de son groupe, ses envies et surtout la musique qu’il incarne… sans détour.

Tony Iommi : inside the blackness
La disparition de son compagnon de toujours ne semble pas avoir entamé l’appétit musical de TONY IOMMI, et peut-être d’ailleurs faut-il voir dans ce « From The Dark » un dernier message d’adieu et une éternelle pensée pour le ‘Prince des Ténèbres’. Une chose est sûre, l’Anglais n’a pas dit son dernier mot et invite même une nouvelle génération de musiciens à le suivre dans les chemins tortueux, pavés de Heavy Doom, de ce nouvel opus. Très classique mais irréprochable dans l’interprétation, ces nouveaux titres, s’ils se placent au-dessus de la scène actuelle, perpétuent surtout un savoir-faire exceptionnel et une expérience, qui en a inspiré beaucoup.

Maison Dieu : le sens du rite
Le Doom est un vaste terrain de jeu et MAISON DIEU l’a bien compris. Explorant habillement toutes ses possibilités à travers une vision sans œillères du genre, les Transalpins franchissent des limites que beaucoup ne s’autorisent pas. Terriblement organique, ce premier album complet laisse déjà apparaître une créativité qui se défait des codes établis pour s’aventurer dans des univers musicaux très différents. Leur point commun : une mise en scène presque cérémoniale, souvent immersive et d’où peut aussi jaillir une explosivité née de l’urgence. « Città Nascosta » s’impose avec élégance.

Scarblade : une griffe tranchante
Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec « Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.

Randy Lee Riviere : natural trip
Après « Farmhand Blues », RANDY LEE RIVIERE arpente le Nouveau-Mexique et élargit son espace d’exploration sonore. Peut-être plus rugueux et plus roots que ses prédécesseurs, « New Blue Mexico » travers les paysages, dépeint la condition humaine et reste profondément attaché à la nature. La culture des Etats-Unis est très présente et très vivante tout au long de cette nouvelle réalisation et, musicalement, elle transcende les époques et les courants dans une douceur bienveillante et attachante.




