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PORTFOLIO

Festival Courts Of Chaos [Portfolio]

Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !

Mastodon : l’introspection
[Interview]

Soyons clairs, le 28 août dernier, MASTODON a sorti l’album de l’année. Une évidence difficilement contestable pour tout fan de Metal, tant « Marrow Deep » explore des sphères et des atmosphères multiples, en puisant au plus profond de l’identité-même du groupe et avec la technicité qu’on lui connaît. Avec un style d’une telle richesse, regroupant en son sein autant de courants, la formation d’Atlanta semble être parvenue sur ce neuvième opus à un sommet de son art. Son Metal aux accents Sludge et aux teintes progressives, est plus percutant que jamais et la maîtrise affichée dévoile une musique d’une fluidité absolue. Si la présence d’une impressionnante liste d’invités apporte encore plus de saveur à l’ensemble, on retiendra aussi le moment très particulier dans lequel « Marrow Deep » surgit dans la vie du quintet. Fondateur, batteur, chanteur et compositeur, Brann Dailor revient sur ces dernières années en évoquant «Hushed And Grim », le concert-hommage à Black Sabbath, les récents changements de line-up et plus largement sa vision de la musique. Entretien.

Anthrax : une identité retrouvée

Dix ans d’attente, et même beaucoup plus plus pour d’autres, et revoici nos gaillards de la côte est américaine qui refont parler la poudre ! Et la surprise est d’autant plus agréable, qu’on ne s’y attendait vraiment plus. En effet, sortir des disques est une chose, laisser une trace en est une autre. Avec « Cursum Perficio », ANTHRAX montre qu’il a toujours la rage, mais surtout que cette agressivité sonne comme une renaissance… en tout cas pour les fans de la première heure. Plus Speed que véritablement Thrash, le Metal des Américains vibre à l’unisson et puissamment.

Green Lung : occult stories

Sur ce quatrième album, les Anglais atteignent un sommet de leur courte carrière discographique. Déjà très prometteurs, ils affichent un style personnel, oscillant entre Stoner Psych et Doom Rock avec une touche Heavy délicieusement vintage. Avec « Necropolitan », GREEN LUNG s’attaque à l’aspect occulte de sa ville et à ses sept nécropoles au XIXème siècle. Et l’enregistrement dans les légendaires studios Rockfields lui donne un caractère spécial et authentique.

Warren Haynes : orchestral Blues

Le temps que l’orchestre s’accorde et c’est une salve d’applaudissements qui accueille le héro local et son groupe. Ils étaient plusieurs dizaines sur scène ces deux soirs-là, il y a sept ans, pour accompagner WARREN HAYNES dans l’une de ses plus aventureuses performances. Et comme par magie, le Blues et le Southern Rock de cette légende se sont parés de notes symphoniques pour prendre encore plus d’ampleur et de volume, tout en ne s’éloignant pas d’un accord de ses racines. Tout simplement exceptionnel !

Ibridoma : foudroyant

Il ne faut pas très longtemps pour succomber au charme très latin du Heavy Metal d’IBRIDOMA. Chevronnés et rompus à la scène, les Transalpins font bien plus que de laisser parler leur expérience sur « Sangue Innocente ». Très libres dans leur approche du Heavy Metal, ils présentent leur septième effort et celui-ci est massif et véloce. Alternant l’anglais et sa langue natale, le groupe se distingue de bien des manière, et accueille même deux invités de choix à se joindre à lui, histoire d’élargir encore un peu plus le champ des possibles.

Svbmariner : une antinomie exaltée [Interview]

Renforcé par l’arrivée d’un second guitariste il y a deux ans, SVBMARINER élargit un peu plus son champ d’action et son post-Metal, toujours aussi polymorphe, prend un volume qu’il n’avait pas encore sur « Before The Celestial Realm ». Avec ce troisième album, «Another Rotation », Guillaume Pillitteri (chant, guitare), Vincent Boyer (basse), Corentin Achard (batterie, claviers) et donc Yome Venice (guitare) semblent prendre un nouvel élan, même si leur registre n’a pas fondamentalement changé. Adepte des (très) longs morceaux, le quatuor prend le temps d’installer des atmosphères très changeantes, captive aussi parfois par la complexité de la structure de ses morceaux pour, au final, surgir là où on ne l’attend pas forcément. Sombre et brut dans son approche, le quatuor joue sur une explosivité soudaine comme sur des passages instrumentaux plus aériens, qui offrent un contraste net avec un puissant growl. Le quatuor parisien au complet revient sur ce nouvel opus, ainsi que de son dessein créatif.

Eric Steckel : ascensionnel

Intense, fougueuse, mais aussi libre et délicate, « Sandstorm » est exactement la réalisation que l’on attendait d’ERIC STECKEL, six ans après le très bon « Grandview Drive ». Capable d’enchaîner les accords rugueux et les solos cristallins avec une fluidité déconcertante, le compositeur semble à un pic de sa carrière et son jeu, comme sa créativité, pénètre son Blues Rock avec exaltation. Pour autant, on sent une grande sérénité et même de la joie sur ce tumultueux nouvel opus. Renversant à tous points de vue.

Velveteen Queen : high voltage

La Suède a toujours été le creuset du Sleaze Rock à l’européenne, qui a su s’imposer sur la scène mondiale en lui redonnant même un certain lustre. Alors, même si ce deuxième album de VELVETEEN QUEEN nous renvoie irrémédiablement aux années 90, il n’y a rien de vintage ou de nostalgique sur ce très bon « The Greater Good » livré par le très prometteur quintet. Au contraire, il va de l’avant avec insouciance peut-être, mais laquelle sert surtout de façade à un Hard Rock très travaillé, instinctif et musclé, autant que touchant à travers des ballades bien ciselées. Une vitalité qui fait franchement très plaisir à écouter !

Jovin Webb : bayou’s calling

Songwriter affûté et frontman assuré, le musicien de Baton Rouge donne déjà une suite à « Drifter » et fait par la même occasion taire tous ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que d’un feu de paille. Avec un producteur d’exception à ses côtés, JOVIN WEBB libère ses propres sentiments sur un « Son Of A Sinner » qu’il vit sur chaque note. Tout en mouvement, il fait également résonner son harmonica avec justesse et pose ainsi un pied dans la cour des grands.

Kissin’ Dynamite : vrai-faux départ

En quittant son groupe, mais tout en restant dans les parages pour son développement, Hannes Braun ne semble pas vraiment faire un cadeau à ses désormais anciens partenaires, qui auront le plus grand mal à se réinventer et aller de l’avant sereinement. Cette décision de laisser le chant à un autre n’offrira sans doute pas le nouvel élan et le choc artistique nécessaire à KISSIN’ DYNAMITE. Peu importe et en attendant, les Allemands livrent donc un dernier opus éponyme qui, c’est certain, marque un tournant dans la vie du quintet dont on verra bientôt de quoi l’avenir sera fait.