ROCK’N FORCE Webzine

EDITO

Growlons, amis growlandais ! [Edito]

Ah, le growl ! Cette étonnante technique vocale visant à annihiler toute forme de mélodie dans un morceau… Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais cette approche du chant (pour peu qu’on puisse encore parler de chant) m’a toujours révulsé et surtout interrogé. L’histoire ne date pourtant pas d’hier, mais elle est récemment remontée lors d’une conversation avec une chanteuse, qui en use avec son groupe. C’est vrai qu’il s’est démocratisé depuis le début des années 80 avec l’émergence du Death Metal, du Grindcore et du Punk HxC entre autres, mais on le retrouve aujourd’hui partout… ou presque. Alors, c’est quoi l’idée ? Comme on dit de nos jours…

The Last Internationale : fighting for freedom [Interview]

Dans un Rock brut, autant nourri de Hard Rock que de sonorités bluesy et paré d’un léger voile vintage, les New-yorkais font un peu figure d’épouvantail dans un paysage musical, où la fraîcheur manque souvent et où les cases se remplissent de bons élèves bien tranquilles. THE LAST INTERNATIONALE est là pour sonner la révolte et la liberté, n’en déplaisent aux rockeurs de salon. Avec la musique comme instrument de lutte, il porte haut et fort une parole qui alerte sur l’état de notre société et les inquiétudes qu’elle suscite. Pour autant, le duo chante l’espoir et ce nouvel album est exaltant à plus d’un titre. Sensible et percutant, il continue aussi d’avancer en totale indépendance en ne suivant que les contraintes qu’il se fixe lui-même. Forcément, en plus d’être musicalement appliquée, fougueuse et inspirée, la démarche du groupe est également très engagée. Une chose qui tend aussi à disparaître dans une industrie musicale apathique. Avec « Road To Freedom », la chanteuse Delila Paz et le guitariste Edgey Pires donnent des indication sur la voie à suivre dans un style authentique aux riffs appuyés, qui ne ressemble qu’à eux et qui conjugue la force des émotions d’une voix libre dans un combat artistique captivant et saisissant de vérité. Un entretien évidemment un peu politique…

Nickelback : tout un univers

Loin de se reposer sur ses lauriers, la formation d’Alberta est plus solide que jamais et, au regard de ce onzième effort, on pourrait parler d’une grande maturité dans l’approche de son jeu et surtout au niveau de la composition. « Everything Under The Sun » marque même un cap dans le travail accompli jusqu’ici. NICKELBACK percute autant qu’il joue sur les émotions avec talent. Son Alternative Rock est unique en son genre et peu savent aujourd’hui se faire aussi rassembleur. Une démonstration qui ne dit pas son nom.

LittleBig6ster : l’esprit libre

Entre instants très roots et d’autres plus suaves, le Blues Rock de LITTLEBIG6STER sait aussi se mouvoir sur des rythmes chaloupés, guidés par de chaudes percussions et surtout par une chanteuse aussi explosive que délicate. Une voix terriblement Soul et si vivante qui n’hésite pas à s’embraser sur des ambiances plus funky, Boogie, Southern et même légèrement Hip-Hop, donnant ce ton si
particulier et sans retenue à « Mue », un troisième effort enthousiaste où les chœurs s’imposent comme le sixième membre du combo. Spontané, incisif et authentique !

PreHistoric Animals : human
moods

D’une grande précision et nourri par un collectif qui s’attelle autant sur la production que sur les chœurs ou des claviers créateurs d’ambiances, PREHISTORIC ANIMALS se présente comme une entité polymorphe et pourtant très soudée sur ce cinquième opus particulièrement soigné. Chevronnés, les membres du combo nordique englobent avec beaucoup de fluidité les univers Rock et Metal avec un élan très fédérateur. « Magic Love Destruction » sonne de manière très contemporaine sur une ligne éprouvée, certes, mais toujours aussi inventive et dont on n’est loin d’avoir fait le tour.

Randy Lee Riviere : natural trip

Après « Farmhand Blues », RANDY LEE RIVIERE arpente le Nouveau-Mexique et élargit son espace d’exploration sonore. Peut-être plus rugueux et plus roots que ses prédécesseurs, « New Blue Mexico » travers les paysages, dépeint la condition humaine et reste profondément attaché à la nature. La culture des Etats-Unis est très présente et très vivante tout au long de cette nouvelle réalisation et, musicalement, elle transcende les époques et les courants dans une douceur bienveillante et attachante.

Cirith Ungol : la noirceur comme prophétie [Interview]

Il y a 54 ans aujourd’hui, un groupe hors-norme voyait le jour sur la côte californienne, au nord de Los Angeles. Loin du ‘California Sound’ alors en vogue, c’est un Heavy Metal soigné, percutant et ténébreux qu’avait alors élaboré le quintet. Sous l’influence directe de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, dont il tire son nom, il dénote de la scène locale et même plus largement du registre Metal d’alors. Pionniers et précurseurs du mouvement Doom, les Américains sont aussi opté pour ce style épique, dont il a aussi fait sa marque de fabrique. Certes, CIRITH UNGOL a fait des émules, notamment du côté de la NWOBHM, mais sans trouver encore actuellement de réel successeur. Après plus de cinq décennies d’activité, avec un break de 23 ans tout de même, cela fait plus d’une décennie que le groupe est revenu sur le devant de la scène et cette renaissance a donné d’incroyables albums. « All The Shadows » est son septième et peut-être même le plus abouti d’entre-eux. Captivant et sombre, il joue sur une intemporalité qui se fond désormais dans l’actualité. Membre fondateur, le batteur Robert Garven revient sur cette magnifique épopée et l’univers de ce combo si particulier et légendaire.

Sue Foley : Santa Blues

Toujours très libre dans ses choix comme dans son approche de la guitare et du chant, SUE FOLEY n’allait pas tomber dans le panneau de l’album de Noël, si cher aux Américains, sans y aller de son petit pas de côté. Loin des guirlandes, la blueswoman offre un court recueil plutôt destiné aux oubliés dont la solitude serait peut-être un peu plus pesante ce jour-là. « Alone (Together) A Holiday Companion » n’est pas la bande-son d’une soirée festive, mais sa chaleur offre une sorte de voile protecteur et bienveillant avec une classe toujours aussi scintillante.

Eric Jerardi : la beauté au défi

Très atmosphérique et un brin mélancolique, le nouvel effort, car c’en est un puisqu’il a tenu à se poser un challenge artistique, a aussi la particularité de vous connecter instantanément à une musique d’une grande douceur, mais qui ne tombe jamais dans le larmoyant. « The Game » se veut un disque très personnel et d’une précision d’orfèvre. Guitariste envoûtant à la voix qui l’est tout autant, ERIC JERARDI avance sans fioriture dans un espace sonore assez feutré, où les mélodies s’épanouissent pleinement.

Scarblade : une griffe tranchante

Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec «  Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.

Mocs & Cucs : une frénésie contagieuse

Loin d’être parodique, MOCS & CUCS est au contraire farouchement frondeur. Avec une fantaisie mordante, il offre un point de vue libre et engagé sur une Chrétienté, dont il se moque ouvertement. Et quoi de mieux qu’un Heavy Thrash véloce et vivifiant pour lâcher quelques vérités sur fond de grosses guitares et avec un duo basse/batterie au groove épais et ravageur. Avec « Art Al Cristianisme », la formation de Catalogne déferle et appuie là où ça fait mal avec une fougue et une vigueur enthousiasmantes.