Chroniques

Retrouvez quotidiennement les sorties d’albums qui font l’actualité (ou pas !). Classés par style, n’hésitez pas à fouiller un peu et à partir à la découverte de groupes qui n’ont pas forcément la lumière qu’ils méritent !

Liste Chroniques
21 mai 2026Heavy metalSix ans après « Punching The Sky », période passée essentiellement à tourner, puis à mettre au point un nouveau chapitre de leur histoire, les Californiens se sont remis à l’ouvrage sous la houlette de leur leader Joey Vera. Spontané, mais réglé au millimètre, ARMORED SAINT n’a pas son pareil pour faire le lien entre Heavy Metal et Hard Rock et entre la tradition et son époque. Et « Emotion Factory Reset » est le reflet d’un style très personnel qui ne cesse d’évoluer au même titre que les émotions qu’il véhicule. ARMORED SAINT « Emotion Factory Reset » (Metal Blade Records) ARMORED SAINT est probablement le groupe le moins exposé médiatiquement de la côte ouest, et pourtant il est devenu au fil des ans l’un des plus emblématiques, élevé même au rang de culte par certains qui voit toujours en « March Of The Saint » (1984) une sorte de maître étalon du genre. Mais le combo doit surtout d’être sous-estimé en raison des allers-retours de son chanteur John Bush chez Anthrax 13 ans durant, avec même un rapide retour en 2009. Un manque de reconnaissance, qui s’explique donc par une absence de constance. Cela dit, ce neuvième album en quatre décennies confirme qu’il n’a jamais trahi son public. Une régularité incontestable. Par ailleurs, il y a un grief que l’on ne pourra pas tenir à ARMORED SAINT, c’est celui de faire deux fois le même disque. C’en est presque à croire qu’il ne regarde jamais en arrière et qu’il ne mise que sur l’avenir. Ainsi, Il prolonge en quelque sorte son œuvre, ce qui signifie aussi l’absence de surprise, ainsi que d’éventuelles déceptions dans un certain sens. « Emotion Factory Reset » correspond parfaitement à son époque et le Heavy Metal déployé ici conserve autant de solides bases établies au début des années 80 qu’il use de sonorités et d’une productions très actuelles. La capacité d’adaptation des Américains fait vraiment partie de leur ADN et cela s’entend. Guidé par son duo composé du chanteur John Bush et de Joey Vera, bassiste et producteur, le quintet avance naturellement grâce au groove massif de Gonzo Sandoval, qui martèle ses fûts comme peu le font encore. Et cette belle rythmique profite au tandem Phil Sandoval, le frérot, et Jeff Duncan, qui brillent sur des riffs tranchants et entraînants, ainsi que des solos terriblement accrocheurs. ARMORED SAINT transpire le Heavy Metal et on se laisse emporter (« Close to The Bone », « Hit A Moonshot », « Compromise », « It’s A Buzzkill », « Epilogue »). Brut de décoffrage, « Emotion Factory Reset » ne laisse planer aucun doute et se montre imparable. [...]
20 mai 2026Hard Rock / International / Southern RockDu fond de son saloon peuplée d’âmes en perdition, le trio anglais voit défiler toutes sortes d’individus au pedigree plus ou moins respectables. Et ce sont ces histoires, et anecdotes, que nous comptent ces hors-la-loi zombifiés, originaires de Sheffield. Dans ce décorum de Far-West, FANGSLINGER élève son Hard Rock pour en faire des hymnes sur fond de Southern Rock. Une recette aussi savoureuse que percutante qui prend vie sur « Welcome To The Last Souls Saloon », un premier album hyper-fédérateur et massif, construit sur des riffs costauds et où les deux voix, féminine et masculine, se renvoient de gigantesques doses d’adrénaline sur chaque morceau. Entre vampirisme bluesy et ambiances gothiques, le chef du gang nous laisse nous frayer un passage dans cet univers aussi jouissif que groovy, façon dark western. – Avant de parler de ce premier album, j’aimerais savoir comment a pu naître le concept de ‘Undead Redneck Rock’n’Roll’ dans l’esprit d’un groupe de Sheffield ? Bon, il y a un petit malentendu. Nous sommes des hors-la-loi morts-vivants du Far West. Sheffield est simplement l’endroit où nous avons choisi de poser nos valises pendant notre conquête du Royaume-Uni, car c’est en plein milieu ! (Rires) Quant au ‘Undead Redneck Rock N’ Roll’, nous avons simplement pris le meilleur de la musique que nous aimons et nous l’avons mélangé à une recette du Sud pour faire headbanger les gens pendant qu’on leur prend leur âme ! (Rires) – On vous a découvert en 2024 avec « The Last Souls Saloon », un premier single qui apparaît presque comme une carte de visite en raison de son titre notamment. Ensuite, vous avez enchaîné les morceaux avant de les regrouper sur « We Are The Night », votre premier EP. Vous aviez besoin d’avoir certaines certitudes sur l’accueil de FANGSLINGER ? On tâtait le terrain, c’est certain. Au départ, on n’avait prévu qu’une seule chanson, mais on a tellement aimé l’écrire et l’enregistrer qu’on a voulu en faire d’autres ! (Sourires) Heureusement, elle a trouvé un écho auprès du public, suffisamment pour qu’on continue à faire de la musique ! Et on est vraiment ravis. – Si on peut trouver une certaine proximité avec votre compatriote Kris Barras, vos références sont essentiellement américaines avec une dominante Southern. L’idée de départ était-elle d’injecter ce climat aux allures de Far-West dans un Hard Rock moderne et solide ? Oui, absolument. Tellement de groupes actuels s’inspirent de ces influences et se tournent vers le passé, devenant presque des groupes hommage à des époques révolues. Je ne citerai pas de noms, bien sûr… (Sourires) Nous voulions faire quelque chose d’un peu plus novateur et essayer de créer quelque chose d’original en nous appuyant sur nos influences. Quant à savoir si nous avons réussi, je suppose que cela dépendra de l’auditeur ! (Sourires) – D’ailleurs, ce qui peut surprendre dans le Hard Rock de FANGSLINGER, c’est son côté bluesy et Southern transposé dans une ambiance souvent très ‘Arena’, inspiré de l’Alternative Metal/Rock. Est-ce que c’est finalement ce à quoi pourrait ressembler le Southern Rock 2.0 ? Je l’espère ! On a clairement écrit ces chansons en pensant aux grandes salles. Jouer dans les salles où on joue en ce moment, c’est génial, et ça nous permet de rencontrer les fans de ‘Lost Souls’ de près. Mais on ne cache pas notre ambition de jouer notre musique sur des scènes encore plus grandes. Le grand public mérite du vrai Rock, non ? (Sourires) – Revenons à ce premier album, « Welcome To The Last Souls Saloon ». Il y règne une atmosphère très proche de celle du film de Robert Rodriguez « From Dusk Till Dawn » (« Une nuit en enfer » – NDR). Est-ce que ce film vous a influencé à la création du groupe et notamment en ce qui concerne son concept et l’aspect visuel ? A priori, ce serait plutôt Robert Rodriguez qui se soit inspiré de nos pitreries pour réaliser son film ! (Rires) En tout cas, nous adorons les éléments cinématographiques et théâtraux, et le genre western gothique n’a pas été suffisamment exploité à notre goût. Ce film influence beaucoup nos décors et nos clips. Nous intégrons également de nombreux éléments western dans notre musique pour créer une ambiance, inspirés par des compositeurs comme Ennio Morricone. – FANGSLINGER a aussi la particularité de présenter un chant féminin et masculin, ce qui vous offre de nombreuses possibilités narratives aussi. Il y a un équilibre assez théâtral d’ailleurs. Est-ce que ce chant à deux est une chose qui s’est imposée naturellement dans le groupe ? Oui, mais en fait, ce n’était absolument pas prévu. Lors de l’enregistrement du premier single, BloodRose (la chanteuse – NDR) était par hasard avec nous au studio et nous lui avons simplement demandé d’enregistrer quelques chœurs. Ensuite, nous avons composé le pont, pour lequel sa voix convenait parfaitement. Depuis, son rôle a évolué et elle chante une bonne partie de l’album. Nous apprécions le contraste entre la voix masculine rauque et les lignes féminines à la fois douces et sensuelles. – Un mot aussi sur cette très belle production, dont la richesse des tessitures et des arrangements est assez incroyable pour un premier album. Dans quelles conditions avez-vous travaillé et combien de temps avez-vous mis à finaliser « Welcome To The Last Souls Saloon » ? Merci pour tes compliments ! Nous entretenons une excellente relation avec notre producteur, Dan Fox, qui travaille aux studios Treehouse. Il a collaboré avec certains des plus grands noms du Rock et du Metal actuels et il possède un talent exceptionnel. Honnêtement, l’enregistrement de l’album s’est fait très naturellement. Nous avons simplement échangé des idées et fait de notre mieux pour composer les meilleures chansons possibles. Je pense que le véritable art naît des personnes réunies. Et l’alchimie entre le groupe et le producteur nous a offert une immense liberté créative. Et puis, combien de producteurs adhéreraient à une idée aussi farfelue que celle de cowboys vampires faisant du Rock’n’Roll ? (Rires) – Enfin, j’aimerais que l’on parle du côté immersif de l’album et de la façon dont on se laisse happer et guider dans ce voyage captivant. Chaque chanson raconte une histoire et il y a beaucoup de profondeur également. Aviez-vous une vison claire de l’ensemble dès le départ ?   Après la sortie de notre premier single, nous avons décidé que tout l’univers de FANGSLINGER tournerait autour du saloon ‘Lost Souls’ et des personnages qu’on y croise. Cela nous donne un point de départ pour chaque chanson. On peut ainsi développer l’origine d’un personnage, ou raconter l’histoire d’une chasse aux vampires. On a même une chanson du point de vue de la Faucheuse, qui médite sur sa solitude. On a l’impression d’avoir un monde qu’on peut continuer à créer quasiment sans limites… Et qui sait, peut-être qu’un jour FANGSLINGER partira dans l’espace à bord d’une fusée ‘steampunk’ ! (Rires) Le premier album de FANGSLINGER, « Welcome To The Last Souls Saloon », est disponible sur toutes les plateformes et en physique sur le site du groupe : www.fangslinger.net [...]
13 mai 2026Hard Rock / Heavy Stoner / InternationalLes groupes de la trempe de THE QUILL se font de plus en plus rares, comme une espèce en voie de disparition face à une scène mondiale Rock et Metal, qui tend inévitablement vers une uniformité aussi triste que blafarde et insignifiante. Or, en plus de 30 ans de carrière, les Suédois n’ont jamais dévié d’une trajectoire qui passe par un Heavy Stoner couplé à un Hard Rock massif, et qui se renouvellent toujours au fil des albums. Sur « Master Of The Skies », la maturité, l’expérience et la créativité se disputent le premier rôle dans un unique et tourbillonnant élan. Le quatuor y atteint des sommets, déploie avec force une identité forgée au fil des disques et des tournées par quatre musiciens au caractère affirmé. Robustes et alimentant toujours une petite lueur vintage réconfortante, les Scandinaves se montrent d’un impact encore une fois redoutable, et c’est leur bassiste au groove granitique, Roger Nilsson, qui revient sur ce nouvel opus déjà incontournable. – Même si vous n’avez jamais caché votre admiration pour le groupe, j’ai l’impression que « Master Of The Skies » est le plus sabbathien de vos albums. Est-ce que, même inconsciemment, la mort d’Ozzy a pu avoir un impact sur son écriture ? La majeure partie de l’album a en réalité été écrite avant le décès d’Ozzy, donc il n’y a pas eu de tentative consciente de s’inspirer de lui plus que d’habitude. Mais soyons honnêtes : Ozzy et Black Sabbath font partie intégrante de notre musique depuis le début. C’est en partie grâce à eux que nous avons commencé à jouer de la musique. Nous avons d’ailleurs donné un concert hommage à Ozzy en plein milieu de l’enregistrement, alors je pense que quelques petites touches Black Sabbath se sont glissées dans l’album sans même que nous nous en rendions compte. Plus inconsciemment qu’intentionnellement. Mais oui… c’est encore irréel qu’il soit parti. On perd nos héros à un rythme alarmant ces temps-ci, et c’est déchirant. C’étaient les géants sur les épaules desquels nous nous sommes hissés. – Est-ce qu’après presque 35 ans de carrière et une douzaine d’albums à votre actif, le fait de vous retrouver à nouveau aux studios 491 à Oskarshamn avec Erik Nilsson peut avoir quelque chose de rassurant et de confortable, puisque vous y avez vos habitudes maintenant ? Cela peut aussi contribuer à un certain bien-être et une meilleure concentration, non ? Absolument. Erik est presque un cinquième membre du groupe, sans pour autant avoir à apprendre la setlist par cœur ! (Sourires) Il sait parfaitement quand nous pousser, quand nous freiner, et quand dire à quatre musiciens de Rock têtus d’arrêter de se disputer et de se remettre au travail. Nous sommes tous des créatifs au caractère bien trempé, alors l’ambiance peut vite devenir électrique en studio. Erik est celui qui intervient, tape dans les mains et dit : « Ça suffit les gars ! Voilà la direction à prendre ». Et il a généralement raison. Le Studio 491 est aussi incroyablement pratique. Magnus, Christian et moi habitons à une demi-heure d’ici, donc on ne perd pas des heures dans les transports et des hôtels hors de prix. C’est un peu notre deuxième salon, avec une meilleure acoustique… (Sourires) – « Master Of Skies » est un album percutant, mais surtout très atmosphérique avec une sensation sonore qui créé une sorte d’unité. Est-ce que vous l’avez conçu et composé comme un album concept, car il y a certains aspects notables dans sa structure ? Ce n’est pas à proprement parler un album concept, mais nous l’avons abordé avec une structure très précise. Nous voulions offrir une expérience d’écoute complète, quelque chose qu’on apprécie du début à la fin, et non pas une simple liste de chansons. Nous avions près de 30 titres composés, et nous avons donc passé beaucoup de temps à choisir ceux qui se complétaient et créaient des ambiances différentes. Pour la toute première fois, la tracklist était quasiment définitive avant même le début de l’enregistrement. Cela nous a permis de façonner l’atmosphère de l’album de manière beaucoup plus réfléchie. – D’ailleurs, vous ouvrez avec le morceau-titre que l’on retrouve également en reprise en fin d’album, comme pour boucler la boucle ? Est-ce une chanson qui vous a suivi tout au long du processus ? Et l’avez-vous d’ailleurs composé en tout premier ? Le morceau-titre a été composé très tôt dans le processus et, à l’origine, les deux parties étaient assemblées en un seul long morceau. Mais une fois que nous avons envisagé l’album comme un voyage complet, l’idée nous est venue de l’encadrer, c’est-à-dire de commencer et de terminer par le même thème pour créer un sentiment d’achèvement. Cela nous a semblé juste et presque cinématographique. Comme si l’histoire commençait et se terminait au même endroit, mais que l’auditeur n’était plus la même personne. – « Master Of Skies » est sans doute l’un des albums les plus sombres de THE QUILL. Pourtant, il y a toujours un aspect lumineux comme sur « Son Of Light », par exemple. On a presque l’impression que le travail sur les contrastes a été aussi important que sur les mélodies elles-mêmes. Est-ce le cas ? Absolument. On a toujours adoré mélanger des riffs puissants avec des passages plus doux et lumineux. Beaucoup de groupes de Heavy Metal aujourd’hui enchaînent les riffs à un rythme effréné, et au bout de quelques morceaux, mes oreilles commencent à souffrir. Mais quand on intègre des passages plus légers, les parties puissantes ont un impact bien plus fort. Tout est une question de dynamique, d’ombre et de lumière. Comme dans la vie. On n’apprécierait pas son plat préféré si on devait le manger tous les jours, pas vrai ? (Sourires) – La patte et le style de THE QUILL sont toujours très identifiables et son groove inimitable. Est-ce ce qui rend le groupe si intemporel, et êtes-vous d’ailleurs dans cette quête qui transcende les modes ? Je le crois. Tous les quatre, nous avons une alchimie très particulière, une façon de jouer ensemble qui a quelque chose de presque magique. Et honnêtement, on essaie de ne pas trop l’analyser. On ne voudrait pas réveiller la magie et briser le charme par inadvertance. On fait ça depuis plus de 30 ans. Les modes sont allées et venues, l’industrie musicale s’est réinventée plusieurs fois, et la façon dont les gens écoutent de la musique a complètement changé. Mais nous sommes restés fidèles à nous-mêmes. On écrit avec le cœur, on joue ce qui nous semble juste et on a toujours fait les choses à notre façon. Pour paraphraser Sinatra : on l’a fait à notre manière. (Sourires) – « Master Of The Skies » est un album puissant, qui montre beaucoup de caractère à travers toutes les ambiances qu’il traverse. Penses–tu, comme moi, que THE QUILL est aujourd’hui à un sommet de sa carrière ? THE QUILL se porte vraiment bien ces temps-ci, peut-être même mieux que depuis longtemps. On ressent une confiance et une sérénité au sein du groupe, fruits de trois décennies passées à faire les choses à notre façon, à traverser les modes et à toujours ressentir cette étincelle. Nous sommes créatifs, productifs et, surtout… nous prenons du plaisir. Ça peut paraître simple, mais après tant d’années, c’est vraiment le secret. Nous sommes toujours quatre personnes qui aimons jouer ensemble, à débattre juste ce qu’il faut pour que ça reste intéressant, à découvrir de nouvelles idées et à sentir que la musique a toujours autant d’importance. Il y a aussi un profond sentiment de gratitude : les gens s’intéressent encore à nous, nous écoutent encore, viennent encore à nos concerts. On ne tient plus ça pour acquis et on apprend à l’apprécier encore davantage avec l’âge. – Enfin, j’aimerais avoir ton regard sur ces trois dernières décennies durant lesquelles l’industrie musicale a connu de gros bouleversements. L’adaptation est toujours en cours et l’IA commence aussi à émerger. Comment peut-on encore rester un acteur important dans ce climat ? Et la liberté va-t-elle venir de l’indépendance des artistes, ou certaines structures ont encore du poids, selon vous ? Excellente question. Je pense que tout dépend de la raison pour laquelle on fait de la musique. Si votre objectif est de suivre les tendances, de dominer les classements et de vous conformer à la mode du moment, alors oui, l’IA représente une réelle menace. Elle peut imiter les tendances plus rapidement que n’importe quel humain. Mais si votre objectif est de créer une musique qui puise son inspiration dans des émotions humaines authentiques, alors je pense que le public en aura toujours besoin. Peut-être même plus aujourd’hui, alors que tant de choses autour de nous deviennent artificielles. L’authenticité comptera plus que jamais. De la vraie musique, créée par de vraies personnes pour de vrais auditeurs. Le nouvel album de THE QUILL, « Master Of The Skies », est disponible chez Metalville. Photos : Johan Gustavsson (1, 4) Retrouvez aussi les chroniques de « Wheel Of Illusion » et « Earthrise » : The Quill : nouvelle odyssée The Quill : granitique ! [...]
5 mai 2026Hard Rock / Stoner RockIl existe peu de groupes capables de naviguer avec autant d’aisance et de fluidité d’un registre à l’autre, tout en réussissant le tour de force de conserver une identité musicale aussi évidente et reconnaissable. CROBOT fait partie de ceux-là et même si son duo basse/batterie est très changeant, rien ne semble pouvoir perturber Chris Bishop et Brandon Yeagley, intarissable tandem qui se plaît toujours autant à injecter à son Stoner des teintes bluesy, Classic et Hard Rock sur ce « Supermoon » original. L’harmonie et la puissance. CROBOT « Supermoon » (Megaforce Records) Remis sur de bons rails depuis sa signature chez Megaforce Records et qui avait débouché sur « Obsidian » sorti il y a deux ans, CROBOT a retrouvé toute sa verve et son mordant en renouant avec ce qui a toujours été son ADN : un Stoner Rock musclé teinté de Hard Rock. Et si sa créativité et son plaisir de jouer s’entendent plus que jamais, le chanteur Brandon Yeagley et le guitariste Chris Bishop ont également repris une vielle habitude, celle de changer de rythmique. Dorénavant, la fratrie Janson (Willie et Nico, basse et batterie) donne le tempo sur « Supermoon ». Les deux membres fondateurs ont opté pour une approche plus bluesy et funky pour ce septième album, mais, soyons clairs, les riffs épais et massifs qui ont toujours caractérisé CROBOT sont bel et bien présents et surgissent quand on s’y attend le moins. Très varié et lumineux, « Supermoon » atteste la large palette d’ambiances qui rend la formation de Pennsylvanie si familière. De l’harmonica qui habille « Gun To My Head » en ouverture, ou avec le sifflement un rien nostalgique de « Happy Days », le quatuor s’amuse et nous régale. Cette faculté à opérer les fusions entre Rock et Metal, ainsi qu’entre Stoner et Hard Rock reste la marque de fabrique des Américains. Explosifs ou langoureux, tout en restant entraînants et mélodiques, ils conservent cette approche toujours ludique et souvent joyeuse qui les empêche de rester confiner dans un seul registre. Et finalement, peu importe la rythmique à l’œuvre, CROBOT est unique en son genre et déçoit finalement très rarement (« Girl From Another World », « Me And Your Mother », « Foot Off », « Battle Cry », « Let It Kill Me »). Une véritable masterclass ! Retrouvez aussi les chroniques des deux albums précédents : Crobot : implacable Crobot : folie et fraîcheur [...]
30 avril 2026Hard RockVraiment enthousiasmants, les Maltais renouent avec le Hard Rock de la grande époque, tout en lui apposant une sonorité moderne. Cinq ans après de bons débuts, UPPER LIP a encore augmenté l’intensité de son jeu et « Devil’s Ride » est d’une époustouflante variété. Respectueux d’un registre assez classique, le groupe reste ancré dans son temps, se montre créatif et véloce et cette deuxième réalisation mérite franchement le détour. UPPER LIP « Devil’s Ride » (Independant) Pourtant signé chez Pride & Joy Music pour son premier opus, « Deep Within » (2021), UPPER LIP fait son retour en indépendant avec une bien belle suite. Et même s’il paraît plus sombre que son prédécesseur, « Devil’s Ride » dégage pourtant une sensation très positive, malgré un propos plus introspectif. Originaire de l’île de Malte, où le Hard Rock se fait plutôt discret, la formation ne manque pas d’expérience, loin de là, mais donne une impression d’humilité qui ne freine pas non plus son audace. Explosifs et mélodiques, les îliens sont très entreprenants. Composé de Christopher Portelli au chant, Marcel Paul Grima à la basse, Joseph Azzopardi à la guitare et à la composition, et avec Sami Karpinnen (Therion, Opeth) derrière les fûts, UPPER LIP a fière allure et ne s’en laisse pas compter. Sur une rythmique au groove imparable et des riffs acérés, il déploie un Hard Rock solide et entraînant aux frontières du Classic Rock et avec même quelques notes bluesy (« Won’t You Listen »). Et ce petit côté Old School le rend finalement très attachant, alors que « Devil’s Ride » est loin de manquer de mordant. Et ce son et cette production modernes et musclées, on les doit une fois encore à David Vella, également à l’œuvre sur « Deep Within », le tout enregistré dans les magnifiques Temple Studios de Mistra à Malte. Ce qui est également remarquable, c’est la diversité musicale proposée par UPPER LIP, qui s’emploie à ne jamais se répéter. Incroyablement Rock’n’Roll, le combo expose ses multiples facettes tout en parvenant à affirmer une identité forte (« Blood Of Rock’n’Roll », « The Duel », « The Castle », « Goddess Of The Sun », ). Délicieusement rafraîchissant ! [...]
28 avril 2026Heavy metal / Old SchoolVaillants et déterminés, les Lisboètes arrivent à un stade de leur carrière, où ils sont en pleine maîtrise de leur jeu et confortés aussi dans leurs choix artistiques. TOXIKULL est indomptable et entraînant, et chaque morceau de « Turbulence » est une prise d’assaut et une sorte d’acte héroïque, entièrement dédié à un Heavy Metal originel indéboulonnable depuis sa création. Et il sait d’ailleurs aussi très bien se renouveler en se réoxygénant avec force. Le quatuor en est donc un héritier direct que rien ne semble pouvoir arrêter. TOXIKULL « Turbulence » (Dying Victims Productions) Avec un quatrième album en l’espace de dix ans, TOXIKULL semble avoir trouvé son allure de croisière et continue son immersion dans un Heavy Metal Old School, de celui qui secoue le genre depuis les années 80 notamment. Classique, certes, mais pas en manque d’idées, « Turbulence » est d’une énergie viscérale et atteste d’une maturité acquise patiemment. Agrémenté d’un soupçon de Speed Metal, tout en restant mélodique et accrocheur, ce nouvel opus ne jette pas pour autant un regard passéiste, mais prouve au contraire que l’avenir lui tend les bras. La dynamique est activée. Deux ans après « Under The Southern Light », et juste après un live sorti l’année dernière, « Echoes From The Arena », sur lequel il a démontré qu’il était réellement taillé pour la scène, TOXIKULL ne relâche donc pas la pression et va de l’avant avec le percutant « Turbulence », le bien-nommé. Racé et tranchant, l’ensemble est très bien produit par Jaime Gómez Arellano (Opeth, Angel Witch, Paradise Lost, Moonspell), qui a parfaitement su retranscrire la passion du combo pour un Heavy Metal authentique et direct. Et entre Judas Priest, King Diamond ou WASP, il a trouvé sa voie et son style. Grâce à un son actuel, TOXIKULL rend son approche un peu plus intemporelle encore et son duo de guitaristes y est pour beaucoup. Les rythmiques sont percutantes, les solos millimétrés et relevés et les titres sont galvanisés par un frontman en grande forme, qui livre une prestation remarquable. De « Midnight Fire », à «  Dragon Magic », en passant par « Dying Star », « Strike Again », « Hard To Break », « Flames Of Glory » ou le morceau-titre, les Portugais nous tiennent en haleine avec beaucoup de ferveur et ils s’adressent aux metalheads avec beaucoup de conviction et d’envie. [...]
22 avril 2026France / Hard RockC’est dans l’Hérault, du côté de Sète, que les premières notes ont commencé à se faire entendre au début des années 2000. Depuis, HIGHWAY trace sa route, poursuit un chemin pavé de Rock, de Hard Rock, de Heavy Sleaze et de bien d’autres saveurs encore. Le changement de line-up intervenu il y a deux ans tout juste semble même avoir renforcé la vigueur et la joie de jouer du quintet. Avec ce sixième album, « Last Call For Rock’n’Roll », le groupe s’impose en patron d’un genre malheureusement trop peu représenté en France. Les compositions sont entêtantes et addictives, la production est massive et soignée et surtout la bonne humeur est franchement communicative. Ce nouvel opus est un véritable remède à la morosité et c’est son fondateur et guitariste, Ben Chambert, qui nous en parle sans détour et avec une passion intacte… – Tout d’abord, j’aimerais qu’on revienne sur « The Journey », votre précédent et très acoustique album. C’est vrai que dans votre registre, beaucoup y sont allés de leur réalisation ‘unplugged’, de Tesla à Mr Big en passant par G N’R, Scorpions, Kiss et tant d’autres. Il est sorti en 2022 en pleine pandémie. D’où est venue cette idée de revisiter votre répertoire, avec quelques inédits, sous cette forme ? En fait, ça nous trottait dans la tête depuis un moment déjà, car on l’habitude jouer en acoustique dans des pubs, lors d’événements spéciaux ou pendant les days-off en tournée. On avait réarrangé pas mal de nos morceaux et c’était toujours un plaisir de les jouer. On est allé au bout de nos envies et on en est vraiment ravis. Je pense notamment à la version flamenco de « In The Circus Of Madness », qui a vraiment lancé la machine et l’envie de l’enregistrer. La pandémie et l’annulation de tous nos concerts nous a permis de faire le tour de notre ‘to do list’ et de concrétiser ce rêve d’album ‘MTV Unplugged’ ! (Sourires) Comme tu le dis, on adore ce genre d’albums et on a grandi avec ces live cultes des 90’s ! KISS, les Guns, Eric Clapton, Bryan Adams, Scorpions… Que de bijoux ! Son titre de travail était d’ailleurs « The Truth » en réponse au « Lies » de Guns N’Roses justement ! (Rires) De fil en aiguille, on est passé d’un album assez simple et intimiste à une magnifique production très riche et soignée. On a écrit trois morceaux spécialement pour cet opus, dont « Like A Rockstar » qui a super bien marché, et revisité des anciens titres de notre discographie. Comme son nom l’indique, « The Journey » est un vrai voyage auditif et sensoriel et il nous a aussi permis de grandir en tant que musiciens et compositeurs. – Vous avez également forgé votre son depuis l’album « IV » en 2017 avec Brett Caldas-Lima, qui a vraiment révélé votre signature musicale. Est-ce que cette complicité justement est une chose à laquelle vous tenez et surtout qui joue un rôle prépondérant aujourd’hui ? Absolument et je suis heureux que tu en parles, car on a vraiment trouvé la personne idéale pour nous. Brett est un peu notre Bob Rock à nous ! (Sourires) En l’espace de trois disques, nous avons développé une relation humaine et professionnelle forte au point qu’il est un peu le garant de notre son. Les groupes et les productions actuelles ont un manque énorme de ce côté-là en ce moment et c’est une vraie chance pour nous. De nos jours, il est possible de réaliser un album qui sonne très bien en home-studio et dans sa chambre… Mais avoir une écoute et une vision extérieure de qualité est un plus indéniable. Il est connu pour ses productions Metal (Devin Townsend, Ayreon…), mais il reste très éclectique et est surtout un passionné de musique au sens large. Il nous a aidé à révéler et intégrer toutes nos influences dans le son d’HIGHWAY pour en faire quelque chose d’unique et de reconnaissable. On parle le même langage et il sait tirer le meilleur de nous en nous poussant dans nos retranchements lors des prises. On a beaucoup appris et progressé à tous les niveaux grâce à Brett. J’avais l’impression de vivre un extrait de « 1 an et demi dans la vie de Metallica » sur le tournage du ‘Black Album’ ! (Rires) Sur « « IV », il avait ‘juste’ mixé et masterisé l’album, mais sur « The Journey », et encore plus sur le petit dernier « Last Call For Rock’n’Roll », il a vraiment réalisé un travail de producteur. Nous avons travaillé les maquettes et pré-prod’ ensemble pour tirer la substantifique moelle des morceaux et les faire sonner le mieux possible. Il a également contribué à tous les arrangements. C’était un travail passionnant et un vrai rêve d’avoir la possibilité de travailler comme ça, ‘à l’ancienne’… et ça s’entend ! La prod’ de l’album est incroyable. Puissante mais organique. J’ai vraiment la sensation de livrer au monde un album fini dont nous sommes satisfaits à 2000% de chaque détail. – Aujourd’hui, vous faites donc votre retour en version très électrifiée avec « Last Call For Rock’n’Roll », votre sixième album. Outre une confiance renouvelée à Rock City Music Label, c’est au niveau du line-up qu’il y a du nouveau. Le départ de votre bassiste Sam Marshal s’est fait juste après qu’il ait enregistré ses parties et il a d’ailleurs aussi participé à la composition. C’est une décision qui peut surprendre… Oui, et ça n’a pas été une chose facile, même si cela s’est fait qu’un commun accord. On a joué 15 ans ensemble, et il a eu le sentiment d’en avoir fait le tour. Il aspire aujourd’hui à un autre univers. Mais il me fallait vraiment une équipe très investie pour porter ce nouveau projet à un niveau supérieur. Et comme cela devenait un peu difficile à vivre, nous nous sommes séparés. Néanmoins, il signe trois excellents titres de l’album et a écrit et joué des lignes de basses parmi les plus affûtées de sa carrière. C’est une très belle manière de tourner la page et d’entamer une nouvelle ère pour lui comme pour nous. On a appris le métier, grandi et vécu des choses inoubliables ensemble. Il laisse incontestablement sa trace dans notre musique et notre histoire. On lui souhaite le meilleur ! – C’est donc Cerise Pouillard, qui a œuvré 12 ans avec Ladies Ballbreaker qui vous a rejoint. Sur le papier, ça paraît même évident. Son intégration n’a pas dû être très compliquée… Oh non ! (Sourires) On se connaît depuis une dizaine d’années maintenant et c’est aussi une excellente chanteuse, guitariste et bassiste. Nous avons les mêmes goûts, les mêmes influences et elle a toujours fait un peu partie de l’environnement du groupe. Nous avons partagé le même ingé-son pendant des années, elle avait même filmé le clip de notre titre « I Like It » tiré de l’album « United States Of Rock’n’Roll » (vidéo shootée en première partie de Gotthard en 2012). Elle a mené la barque des Ladies Ballbreaker avec brio, puis leur groupe a stoppé ses activités quelques mois avant notre décision de changer de bassiste. Le choix de lui proposer le poste s’est fait naturellement et Sam lui a transmis le flambeau de la quatre cordes avec amitié. Elle apporte son énergie solaire, son enthousiasme et une rigueur qui tire clairement le groupe vers le haut et qui correspond exactement à ce dont nous avions besoin. Les planètes se sont alignées et j’en suis très reconnaissant. – En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est l’arrivée d’un second guitariste, Florian Arnaud, originaire lui aussi de Montpellier. L’idée était-elle d’avoir plus de volume sur scène, ainsi que pouvoir expérimenter autre chose dans le jeu ? En fait, après le départ de Sam, on s’est demandé comment on voyait le futur du groupe et surtout de quelle manière on allait défendre ce nouvel album. On a opté pour un vrai changement, histoire aussi d’ouvrir un nouveau chapitre. Florian est l’un des meilleurs guitaristes de la région, le choix n’a pas été compliqué ! (Rires) Cerise sur le gâteau, c’est aussi un fantastique chanteur ! Nous l’avions sollicité par le passé sur un ou deux remplacements à la basse quand Sam n’était pas disponible et nous avions tout de suite matché sur le plan humain, ce qui est primordial pour nous. L’aspect collectif, le coté équipe ! Quand l’idée de rajouter une deuxième guitare est sortie, c’était le candidat idéal à tous les niveaux et… il a accepté la proposition ! (Sourires) Nous sommes hyper-heureux et excités de vous présenter le nouveau line-up en live ! Les twin-guitars et les chœurs massifs vont vous scotcher ! Le travail sur les voix est vraiment original dans le style. – HIGHWAY évolue dorénavant en quintet, ce qui n’était plus arrivé depuis 2007. Est-ce qu’on retrouve facilement un nouvel équilibre et ses marques ? Et surtout est-ce la formation qui vous convient le mieux en raison de la puissance à disposition au niveau des guitares et des chœurs notamment ? J’ai été seul guitariste pendant 15 ans, donc j’ai pris mes marques et de mauvaises habitudes aussi ! (Rires) Mais l’ajout Florian s’est fait très simplement. Il a une grande intelligence musicale, qui lui permet de s’intégrer facilement et de mettre sa patte. Je me suis un peu lâché sur les parties guitares en studio, ça aurait dommage d’amputer ces titres d’une deuxième guitare et de ne pas leur rendre honneur en concert. Pareil pour le travail sur les chœurs. Cette formule nous a permis aussi de mettre un bon coup de lifting à nos anciens titres, qui devrait donner le sourire à nos fans ! (Sourires) – Avec « Last Call For Rock’n’Roll », vous ne changez pas non plus vos bonnes habitudes, puisque l’album s’étend sur une heure et douze morceaux, ce qui devient de plus en plus inhabituel dans cette époque très formatée. Est-ce que c’est ça aussi la marque de HIGHWAY, un Hard Rock généreux ? Oui ! On ne sort pas des albums tous les ans, alors quand l’heure est venue, on a envie de donner beaucoup à nos fans et au public. On mijote des albums à l’ancienne : un album pensé du début à la fin, avec des variations de rythme, d’intensité. Un voyage auditif, émotionnel et sensoriel ! Le format d’une heure permet de bien développer cela. C’est un peu aux antipodes de la mode actuelle imposée par les algorithmes des plateformes et la stratégie des singles… Mais bon, on fait la musique qui nous plaît et comme il nous plaît ! Si vous avez un bon film, ou un bon livre, entre les mains, vous ne regardez pas d’abord le milieu pour passer à la fin et enfin le chapitre du début. Il y a une logique voulu par l’auteur ou le réalisateur… un sens à tout ça. Je considère que c’est pareil avec un album. Il y a un vrai travail d’enchaînement de tonalité, de tempos, etc… pour procurer des sensations à l’auditeur et lui raconter une histoire. Il faut du temps pour créer une vraie connexion. – Ce qui est aussi un peu étonnant sur ce nouvel album, c’est la variété des ambiances, des sons qui le traversent. Vous vous détachez du Hard US auquel vous êtes attachés pour explorer d’autres registres, tout en restant évidemment très Rock… Exactement, on passe du Hard Rock au Heavy en revenant au Rock plus classique. C’est un mélange d’influences américaines, australiennes, anglaises… Et l’ensemble est intégré à l’univers d’HIGHWAY et il est vaste ! (Sourires) On a démarré l’interview en parlant de l’album acoustique et, en fait, « Last Call For Rock’n’Roll » est la suite directe en version électrique. « The Journey » nous a ouvert de nouveaux horizons, qui se concrétisent ici. Notre mot d’ordre est depuis : ‘No Limit’ ! Tu vois le concept ! (Rires) On retrouve la section cuivre de « Like A Rockstar » sur « Action », interprétée des musiciens américains proches de notre producteur, du clavier, des chœurs ‘Queenesques’, des percussions cachées un peu partout. « The Journey » était en fait le tremplin à notre évolution musicale. « Last Call For Rock’n’Roll » est l’aboutissement de ce travail commencé il y a de nombreuses années. Il fait le lien entre le Hard plus sauvage et naïf de nos débuts et la maturité acquise depuis. – Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot sur cette bonne humeur, qui se traduit autant dans votre style, que dans votre musique et votre interprétation. Il y a une réelle joie de vivre dans ce nouvel album qui donne vraiment la patate. Est-ce aussi une ligne de conduite chez vous, de ne pas trop se prendre au sérieux ? Merci beaucoup ! Ça me touche vraiment… (Sourires) Effectivement, on reste avant tout une bande de rigolos qui passons du bon temps sur cette Terre en jouant la musique qui nous fait vibrer. Et ça doit se ressentir dans nos compositions. C’est juste naturel et authentique. La musique est vraiment un langage universel qui peut aider et donner du bonheur au gens, alors autant ne pas s’en priver. On ne fera jamais dans le Rock ou le Metal dépressif. C’est pas pour nous ! (Rires) Il y a assez de tristesse dans le monde qui nous entoure. On est de nature optimiste et on est tellement heureux de jouer notre musique et de la partager au public depuis 25 ans maintenant ! Je vis mon rêve de gosse. Je ne pourrais pas faire dans le Hard trop sérieux, genre ‘angry face’. Ça ne nous irait pas du tout. On fait la musique qui nous ressemble. On rit tellement qu’il y a même des rires de Benjamin, notre chanteur, qui se retrouvent dans l’album ! (Rires) Life is beautiful ! Le nouvel album de HIGHWAY, « Last Call For Rock’n’Roll » est disponible chez Rock City Music Label et distribué par FTF-Music. Retrouvez aussi la chronique de « The Journey » : Highway : summer trip [...]
21 avril 2026Blues / R&B / Soul / FunkDu Shuffle Blues en ballade délicate, tout en négociant des virages funky et cuivrés façon big band, le frontman de Louisiane s’est laissé entraîner pour la première fois de sa carrière dans l’aventure d’une réalisation entièrement Blues, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. Avec la complicité de Joe Bonamassa notamment et d’un groupe hors-norme, il laisse parler son talent avec beaucoup d’intensité et une précision vocale exceptionnelle. Un chapitre inédit s’ouvre à lui. MARC BROUSSARD « Chance Worth Taking » (KTBA Records) Ayant déjà sorti une bonne douzaine d’albums, c’est pourtant une première pour le chanteur Soul R&B. Réputé pour la puissance et la chaleur de sa voix, celui qui apporte sa magie au Gospel n’a pu résister à la proposition de Calvin Turner. Ce dernier lui a tout simplement envoyé 15 titres instrumentaux, en lui demandant d’y poser ses mots. Sauf que cette fois, c’est dans un environnement Blues que MARC BROUSSARD navigue et c’est une évolution somme toute très naturelle vu son parcours. Et il est en très bonne compagnie… forcément ! Signé sur le label de Joe Bonamassa, on le retrouve également à ses côtés à la guitare, bien sûr, mais aussi à la production avec Josh Smith et Calvin Turner. Comme souvent, le virtuose livre une prestation exceptionnelle, loin d’être démonstrative et préférant des solos envoûtants, des parties de slide captivantes et des mélodies tout en finesse pour laisser jaillir le talent de MARC BROUSSARD. Accompagné de pointures, il a co-écrit dix chansons de « Chance Worth Taking » avec ses producteurs et Trombone Shorty, une autre légende. Si les singles déjà sortis ont dévoilé plusieurs aspects de ce nouvel opus (« You’ll Be Sorry », « I’m Going Home », « Trying To Do Right », « Fever », « No More »), le maître de la ‘Bayou Soul’ se montre aussi très à l’aise dans son nouveau rôle de bluesman, même si les styles se rejoignent instinctivement. Poignant, énergique et funky à l’occasion, MARC BROUSSARD brille littéralement sur ce « Chance Worth Taking » aux ambiances variées et attachantes (« Blame », « Let Me Take You Out Tonight », « Sweet Love », « Laissez Les Bons Temps Rouler »). Epoustouflant ! Photo : Jeff Fasano [...]
10 avril 2026Hard Rock / Heavy Stoner RockIntense et d’une fraîcheur joyeuse, MASHEENA enchaîne avec un deuxième opus qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du premier. Malgré une refonte en interne, le cap est maintenu entre un Heavy Stoner Rock ravageur et un Hard Rock solidement ancré dans les origines du style. Une fusion d’une densité incroyable qui libère une énergie porté par un Fuzz scotchant arrivé à maturité. « Let The Spiders In » est puissant, créatif et totalement addictif. MASHEENA « Let The Spiders In » (Majestic Mountain Records/Ripple Music) Malgré un line-up renouvelé de moitié, les intentions de la formation de Bergen ne semblent pas avoir énormément changé. Avec les renforts des multi-instrumentistes Martin Holmes et Tarjel A. Heggerness, Luis-Alberto et Bård Nordvick ont donc trouvé de solides compagnons de route et donnent une suite explosive au génial « West Coast Hard Rock », sorti en 2023. Avec beaucoup de savoir-faire et d’inspiration, MASHEENA a encore peaufiné son Stoner Rock mâtiné de Hard Rock et de quelques teintes solaires, empruntées à la Soul et au Blues. Pour « Let The Spiders In », le quatuor a quitté sa Norvège pour les paysages arides d’Austin au Texas. Comme pour le premier album, c’est le producteur de renom Machine (Clutch, Lamb Of God, King Crimson), qui s’est chargé de l’enregistrement et du mix, ce qui offre une belle continuité à la démarche si originale de MASHEENA. Plus varié qu’auparavant, d’autres registres sont aussi abordés avec un naturel déconcertant. Outre le côté très scandinave de l’ensemble dans le son, quelques touches bluesy font donc leur apparition. Sans doute est-ce atmosphère du sud américain, car ces morceaux sont littéralement lumineux. Bien sûr, le Stoner Hard Rock de MASHEENA est toujours aussi brut et massif, mais il a aussi gagné en vélocité et affiche une certaine légèreté et surtout une joie communicative. Gorgé de refrains entêtants, de mélodies accrocheuses et de riffs incisifs, « Let The Spiders In » brille aussi par son groove si organique et un songwriting d’une redoutable efficacité (« Been Waiting », « One Eye », « Sara Lost Her Way », « Don’t Tell Her », « You Owe Me »). Vivifiant ! Photo : El Profesor Retrouvez la chronique du premier album, « West Coast Hard Rock » : Masheena : sunny crossover [...]
8 avril 2026Blues / Blues Rock / Contemporary BluesFamilier des prestations enflammées, SELWYN BIRCHWOOD déclare pourtant avoir longtemps cherché sa voie. En s’émancipant de cette manière sur ce trépidant « Electric Swamp Funkin’ Blues », il rassemble tout ce qui le fait vibrer. De plus, le guitariste et chanteur s’est entouré de cuivres chaleureux, d’un orgue Hammond rassurant et de chœurs scintillants. Le songwriter colle au plus près de ce Blues bigarré et dynamique qu’il affectionne tant pour y plonger profondément. Positif et pointilleux, il libère une énergie communicative. SELWYN BIRCHWOOD « Electric Swamp Funkin’ Blues » (Alligator Records) Huitième album, cinquième chez Alligator Records et premier en tant que producteur pour SELWYN BIRCHWOOD, qui s’impose de plus en plus comme l’un des meilleurs bluesmen de sa génération. Produit par Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi) sur ses deux précédentes réalisations, le Floridien a donc décidé de tout gérer seul et ça commence par l’écriture complète de ce génial « Electric Swamp Funkin’ Blues », dont le titre résume parfaitement l’état d’esprit de l’Américain et le contenu du disque. Entre modernité et un profond respect de la tradition. Celui qui a remporté en 2013 l’International Blues Challenge et le prix Albert King du meilleur guitariste dans la foulée dévoile ici tout son talent avec sa fraîcheur habituelle et en étant toujours bien accompagné. Et les sept musiciens qui œuvrent à ses côtés sur ce nouvel opus sont aussi chevronnés qu’inspirés. Outre sa grande technicité, SELWYN BIRCHWOOD a particulièrement soigné le songwriting d’« Electric Swamp Funkin’ Blues », tout en s’attardant sur les moindres détails, à savoir des arrangements d’une grande finesse. L’influence assumée du bayou sur son jeu, comme celle de Jimi Hendrix d’ailleurs, lui donne un aspect sauvage et insaisissable. Grâce à sa voix captivante, sa virtuosité et son incroyable approche de la lap-steel, SELWYN BIRCHWOOD est un artiste vraiment original, dont la touche personnelle est désormais immédiatement identifiable. Très varié dans les atmosphères et les registres empruntés, on se faufile avec délectation dans ces dix chansons qui sont autant de belles surprises (« All That Algorithm », « Talking Heads », « The Church Of Electric Swamp Funkin’ Blues »). Grand ! Photo : Laura Carbone Retrouvez aussi la chronique de « Living In A Burning House » : Selwyn Birchwood : éclatant de vérité [...]
7 avril 2026Heavy metal / InternationalPionnier du Heavy Metal de la côte ouest américaine dans les années 80 et malgré une histoire interne faite de hauts et de bas, METAL CHURCH a su résister au temps et aux modes en imposant un style inimitable et inamovible devenu sa marque de fabrique. Racé et tranchant, la formation continue son chemin et ce sont des renfort de choc qui viennent ici la réalimenter, elle qui était en sommeil depuis les mois qui ont suivi la sortie de « Congregation Of Annihilation » en 2023. Gardien du temple depuis sa création, le guitariste, compositeur et producteur Kurdt Vanderhoof affiche aujourd’hui un large sourire, tant ce « Dead For Rights » vient raviver une flamme devenue chancelante, malgré une constante évolution. Il nous parle avec enthousiasme de son groupe et de ce percutant et flamboyant 14ème album. – En tant que membre fondateur de METAL CHURCH et dernier représentant de la formation originel, comment regardes-tu ces 46 années d’activités faites de succès, mais aussi de tragédies et de multiples changements de line-up ? Le première motivation a toujours été de continuer le groupe, même si on a vécu des moments vraiment difficiles, car perdre quelqu’un, par exemple, est une chose très compliqué à accepter. Mais avec le recul, aujourd’hui, je veux avancer en maintenant une certaine qualité et une intégrité dans le groupe. C’est très important. Tu sais, quand tu perds des membres, des amis, ce sont des moments très durs et parvenir à l’admettre n’est pas facile. Mais quelque part, il faut y arriver, car des gens comptent aussi sur toi et c’est d’ailleurs toujours une grande source d’inspiration et de soutien ! – Le line-up de METAL CHURCH a toujours été, pour diverses raisons, difficiles à stabiliser. Avec « Congregation Of Annihilation », on aurait pu y croire, mais cela n’a pas duré. Sur « Dead For Rights », le légendaire bassiste David Ellefson, l’excellent batteur Ken Mary et Brian Allen au chant viennent renforcer le groupe. Comment est-ce qu’on parvient à conserver une continuité artistique dans de telles conditions ? Comme j’écris les chansons, c’est sans doute plus facile. Ensuite, quand vous avez des musiciens de ce calibre qui rejoignent le groupe, ça facilite énormément les choses. Et puis, je ne tiens pas forcément à ce que cela ressemble toujours à ce que j’ai en tête. Je respecte le talent et l’intégrité de chacun. C’était donc important qu’ils fassent les choses à leur façon. Quant à Brian, le fait qu’il est lui-même été influencé par le METAL CHURCH des débuts, celui des années 80, lui a permis de faire les choses très naturellement. Il a été très inspiré ! (Sourires) – A une époque, tu avais entamé une carrière solo. Est-ce qu’avant de travailler sur « Dead For Rights », et alors que le groupe était sur pause, l’idée t’a traversé l’esprit de la reprendre avec un nouvel album, par exemple ? J’avais en effet d’autres projets sur lesquels je travaille avec Rat Pak Records, mais qui sont toujours restés un peu en stand-by. Il y a Presto Ballet, qui est un groupe de Rock Progressif et Hall Of Flame, qui est juste une formation Rock’n’Roll. J’ai donc toujours eu d’autres projets sur lesquels je bosse d’ailleurs encore. C’est toujours sur le feu et je n’ai pas abandonné l’idée de continuer un jour ou l’autre. Tout ça était actif avant le reformation actuelle de METAL CHURCH. Mais oui, je continue ma carrière solo en dehors du groupe. – Le coffret « Reforged », sorti l’an dernier, regroupe les albums de la période 1999-2013 avec deux chanteurs différents, David Wayne et Ronny Munroe, et pourtant METAL CHURCH conserve son identité musicale. On a presque l’impression qu’aucun chanteur, en dehors du regretté Mike Howe, n’est parvenu à s’imposer sur le long terme. Est-ce un poids trop lourd à porter pour certains, selon toi ? L’héritage de Mike étant conséquent… Oui, c’est sûr et je suis ravi de de ne pas être le chanteur ! (Rires) Blague à part, c’est beaucoup de pression, même si Brian adore être dans le groupe aujourd’hui ! C’est quelque chose à laquelle j’ai énormément pensé quand on avait un nouveau chanteur. C’est un travail difficile. Tu sais, il doivent imposer leur propre identité, ce qui n’est pas aisé. Mais nous en avons eu de très bons tout au long de notre parcours, de notre histoire. Et Brian est définitivement l’homme de la situation. Il a fait un excellent travail. Mais je ne voudrais vraiment pas le faire, car je n’en serai pas capable ! (Rires) Et je respecte tous ceux qui l’ont fait auparavant, et très bien fait, car c’est un poste franchement très compliqué ! (Sourires) – Dans l’ordre de ses rééditions, il y a « Masterpeace », qui intervient à l’époque juste après votre reformation. Est-ce qu’il a servi de détonateur, de point de départ pour le suite du coffret, et aussi en 1999 pour le groupe ? Je ne sais pas si « Masterpiece » a pu être le point de départ de l’idée de « Reforged ». Je pense qu’il y avait un côté ‘archive’ dans la démarche du label dans la mesure où ces albums n’étaient plus disponibles. Mais pour ce qui est du disque en lui-même, marquant notre reformation, il n’a pas permis de fédérer et de souder le groupe. J’ai même un peu de regret de l’avoir fait, tu vois. Je me suis soudainement retrouvé avec tout sur le dos et cela a été beaucoup de pression, car tout dépendait en fait de moi. L’album aurait du être fait différemment, mais on a fait du mieux que l’on pouvait à l’époque ! (Rires) – Enfin, vu le titre de « Dead For Rights » et la situation mondiale actuelle, on peut y voir un message politique. Doit-on s’attendre à un album engagé de la part de METAL CHURCH ? Non. C’est vrai qu’il y a un climat politique en ce moment dans le monde, qui a pu sûrement inspirer quelques paroles. Mais ce n’est pas un album politique, pas du tout. Bon, il y a certaines choses auxquelles j’ai pu faire référence indirectement. Mais cela ne va pas plus loin. Bien sûr qu’avec tout ce qui se passe aujourd’hui, on peut retrouver un certain climat et cela peut dépeindre sur quelques textes. Mais, on ne peut pas dire qu’il y ait un traitement politique sur l’album. Il y a juste quelques allusions dans les situations. Nous ne prenons pas partie politiquement, il n’y a aucun message. Il faut juste le prendre comme un clin d’œil Heavy Metal très léger, parce que tout ce qui se passe en ce moment est fou et on a besoin de choses et de textes légers ! Et puis, c’est un truc surtout lié au style musical en général ! (Rires) Le nouvel album de METAL CHURCH, « Dead For Rights », est disponible chez Reaper Entertainment. Retrouvez aussi la chronique de « Congregation OF Annihilation » : Metal Church : heavy faith [...]
31 mars 2026Heavy metalSi renouveler une certaine tradition est peine perdue, l’entretenir n’est pas pour autant chose facile. Et pourtant, avec son deuxième opus, la formation teutonne s’affirme avec autorité dans un Heavy Metal estampillé 80’s, entre mélodies appuyées et rythmes effrénés. Si KERRIGAN préfère la finesse du jeu au côté massif des blafardes productions actuelles, c’est que son line-up est largement à la hauteur de l’enjeu et que, surtout, la volonté s’entend à chaque accord et sur chaque échange qu’il soit rythmique, ou le fruit du beau travail de ses deux guitaristes. Avec « Wayfarer », le combo fait durer le plaisir en empruntant sans la moindre hésitation le chemin de ses aînés. KERRIGAN « Wayfarer » (High Roller Records) Formé en 2019 du côté de Fribourg, KERRIGAN avait fait une bonne entrée en matière il y a trois ans avec son premier opus, « Bloodmoon ». Fidèle à un label qui entretient avec talent l’esprit d’un metal underground et vintage plus vivant que jamais, il confirme avec « Wayfarer » ses belles prédispositions. Les fans des années 80 n’auront aucun mal à déceler chez le quatuor une envie d’authenticité à travers un Heavy Metal sincère et convaincant. Rien de cliquant ici, mais un désir d’exprimer un attachement à un style aussi épique que mélodique. Profondément marqué par la NWOBHM, on n’est donc pas surpris par la qualité des twin-guitars, ni par les rythmiques galopantes. Les deux six-cordistes enchaînent les riffs racés sur des titres entraînants et accrocheurs. Et KERRIGAN peut aussi se reposer sur un chanteur qui, s’il ne prend pas vraiment de risque, livre une très bonne prestation. Dans un registre qui ne s’aventure pas trop dans les aigus, son timbre médium rappelle parfois dans les intonations les premiers pas d’un certain Tom Kiefer sur les premiers Cinderella. Et les deux univers se complètent à merveille. Bien servi par une production soignée et bien équilibrée, chacun trouve sa place entre rugissements guitaristiques, un duo basse/batterie intenable et un frontman investi. Avec beaucoup d’énergie, les Allemands donnent le ton dès « Torchbearer », qui ouvre l’album. Classique dans la forme, KERRIGAN a gagné en maturité et « Wayfarer » montre d’ailleurs un vrai souci du détail. En jouant plus sur la vélocité de son jeu que sur la puissance pure, il se montre aussi plus accessible et rassembleur et ces nouveaux morceaux devraient faire mouche en live (« Asylum », « The Ice Witch », « Fighters », « Red Light Tower » et le morceau-titre).   Photo : Samira Aline [...]
25 mars 2026Hard Rock / Hard'n Heavy / Heavy metal / Old SchoolElectrisant et dynamique, ce premier opus de STAINLESS est une belle surprise en plus d’être une réussite complète. Aguerris depuis des années au sein de formations Metal underground aux Etats-Unis, ses membres affichent maîtrise et complémentarité, et l’ensemble donne un Hard’n Heavy convaincant. Compact et accessible, « Lady Of Lust & Steel » est aussi sensuel que rugueux et aussi assez surprenant dans sa démarche. Tranchant et vif, il est déjà l’un des plus pertinents de l’année. STAINLESS « Lady Of Lust & Steel » (High Roller Records) S’ils se présentent à cinq sur scène et sur le line-up officiel, c’est bel et bien à trois qu’a été enregistré « Lady Of Lust & Steel », premier album des Américains. Fondé dans l’Oregon en 2022, STAINLESS compte déjà un single et un EP à son actif et ce n’est pas un hasard si Larissa Cavacece (chant), Jamie Byrum (guitare, batterie, chant) et Clifton Martin (basse) se sont attelés en studio pour donner une suite à cette belle aventure. Très actuel dans sa production, c’est pourtant dans les années 80 et 90 que se nichent les références de ce premier long format. Entre Heavy Metal et Hard Rock, le style de STAINLESS semble éviter les chapelles pour mieux profiter d’une liberté artistique totale. Si l’importance des guitares, tant au niveau des riffs que des solos est manifeste, le groupe possède en sa chanteuse un argument de poids. Puissante et profonde, la voix de Larissa Cavacece a ce côté brut et ce timbre légèrement rauque, qui en imposent. Solide sur les couplets, elle se montre très accrocheuse et fédératrice sur les refrains. Sans conteste, sa forte personnalité est le fil rouge de « Lady Of Lust & Steel », qu’elle guide. Sur huit morceaux, STAINLESS offre un beau panel de ses inspirations, le tout délivré avec une énergie très live. Avec le concours de son guitariste, la frontwoman s’approprie les titres avec fougue dès l’entame avec « Restless An’ Ready », puis « Whorefrost » qui offre une dimension clairement Metal. Mélodique et musclé, le combo avance avec percussion et virtuosité. Rompu à l’exercice, il saisit l’auditeur pour ne plus le lâcher (« Danger In The Night », « Take A Listen Mama », « Rough Justice »). Un premier essai transformé avec classe. [...]
25 mars 2026Heavy metal / Proto-Metal / Sleaze / Speed MetalFondé sur les cendres encore brûlantes de Nux Vomica, Deathammer et Raw Filth, les membres de TOTAL MANIAC connaissent bien les méandres de l’underground du Maryland. Quatre ans après un premier album éponyme, ils remettent ça et leur proto-Speed Metal est clairement bien aiguisé. Old School et percutant, le quintet avance sans trembler et avec le sourire sur ce « Love Overdrive » pêchu et puissant. Les clins d’œil sont multiples et assumés, et la surchauffe est délicieusement addictive. TOTAL MANIAC « Love Overdrive » (Independant) La formation de Baltimore qualifie elle-même son style de ‘Thrash And Roll’ et on y trouver son compte, c’est vrai. Cela dit, TOTAL MANIAC évolue plus précisément dans un Street Metal tranchant et racé directement inspiré des années 80 et avec un petit côté Sleaze que n’aurait pas renié Mötley Crüe à ses débuts. Le combo ne s’interdit donc pas grand-chose et l’on retrouve même l’aspect brut de Motörhead enrobé de la précision du Judas Priest de la grande époque. « Love Overdrive » concentre ainsi une sacrée dose d’énergie et d’explosivité prête à l’emploi. Niveau efficacité, TOTAL MANIAC n’est pas en reste et expédie ses huit nouveaux morceaux en 27 petites minutes. Pour autant, « Love Overdrive » n’oublie pas d’être accrocheur et très fédérateur, grâce à des titres entêtants aux riffs acérés et à l’humour décapant. Car, dans toute cette agréable sauvagerie musicale, les Américains sont diablement irrévérencieux et costauds, un état d’esprit que l’on retrouvait sur la côte ouest au siècle passé. Et entre des références rappelant Riot et d’autres le Sunset Strip de jadis, le pont est solidement construit et même inébranlable. Un bâton de dynamite à la main, TOTAL MANIAC se défend de faire dans la dentelle et c’est justement cette fraîcheur et cet élan très instinctif qui fait tout son charme. Il y a même un côté Punk dans la dynamique de ses brûlots hyper-Rock’n’Roll. Le frontman harangue, chante à tue-tête et entraîne ses camarades dans des chœurs rageux et même ironiques à l’occasion. Festif et Heavy Metal, ce deuxième effort ne se perdre pas en conventions et balance des claques à tout-va (« Just Another », « Devil In Plain Sight », « Drinkin’ Our Way To Hell », « Blooze » et le morceau-titre). Photo : Marie Machin [...]
24 mars 2026Blues / Blues Rock / InternationalLe plus français des Texans revient avec « Number 3 Monkey », un nouvel album où l’on retrouve l’éclectisme du guitariste, chanteur et songwriter américain. Car ce baroudeur du Blues ne cesse d’évoluer dans son style, dans son regard sur celui-ci et peut-être un peu aussi sur sa façon de jouer et de composer. Au fil des albums, NEAL BLACK & THE HEALERS a vu son approche s’européaniser, s’éloignant de l’aspect roots et un peu rugueux de son Etat natal pour embrasser une version et une vision sans doute plus globales et moins marquées de ce Blues Rock devenu si identifiable. Avec ce nouvel opus, l’Américain continue de se réinventer avec une fraîcheur qui ne le quitte pas et un universalisme du genre qu’il incarne avec talent. – Avant de parler de « Number 3 Monkey », j’aimerais qu’on revienne sur ton étonnant parcours. Tu as plus de 30 ans de carrière et cela fait aussi plus de 20 ans que tu vis en France. Quelle est la raison profonde pour laquelle un bluesman quitte son Texas natal, alors que son style préféré y est omniprésent et très apprécié ? En réalité, la scène musicale aux Etats-Unis et au Texas, surtout pour ce genre de musique, a commencé à changer et à perdre le soutien et l’intérêt du public vers l’an 2000. Beaucoup de musiciens que je connaissais et avec qui j’ai travaillé ont été contraints de se reconvertir, car ils ne pouvaient plus faire de la musique qu’à temps partiel. C’était inacceptable pour moi, alors je suis parti au Mexique pour tourner dans les Hard Rock Café avec des musiciens mexicains, avant de finalement m’installer en Europe en 2004. Venir en France était un avantage, car ma carrière était déjà bien établie grâce aux disques que j’avais sortis chez Dixiefrog Records, avec un premier album sorti en 1993, et j’avais déjà fait plusieurs tournées et concerts en Europe. La transition s’est donc faite très naturellement et je suis extrêmement heureux en tant que musicien en France. Le public français et européen apprécie toujours la culture, l’art, la musique, etc… Et c’est quelque chose qui s’est perdu aux États-Unis. – Au lieu d’évoluer sous ton seul nom, tu as créé The Healers. Cela peut paraître surprenant dans la mesure où le groupe a vu passer de nombreux musiciens. Tu avais besoin d’une entité qui te permette de conserver un son et une approche originale, même si tu restes le principal compositeur ? La composition initiale des Healers a beaucoup changé, principalement en raison de mes nombreux déménagements aux Etats-Unis. J’ai quitté le Texas pour New York en 1989, puis je suis retourné au Texas en 1998. Ensuite, j’ai vécu au Mexique de 2000 à 2004, avant de m’installer en France en 2004. Il était donc impossible de maintenir une équipe stable. Cependant, depuis mon installation en France, les musiciens avec lesquels je travaille sont restés relativement constants. Mike Lattrell (ancien pianiste de Popa Chubby, originaire de New York) collabore avec moi depuis plus de 15 ans, tout comme Abder Benachour (ancien bassiste de Fred Chapellier) depuis 15 ou 16 ans. Nous avons également la chance de travailler avec plusieurs excellents batteurs, tels que Guillaume Destarac, Denis Palatin et Clément Febvre. En tant que principal compositeur du projet, je m’efforce de conserver une identité musicale constante, avec comme influence principal : le Blues, ses racines et sa musique. – Tu as fait l’essentiel de ta carrière sur le fameux label français Dixiefrog avec une quinzaine d’albums marquants. Pourtant, avec « Number 3 Monkey », on te retrouve sur celui de ton ami Manu Lanvin, Gel Production. C’est un changement de structure qui peut étonner. Il te fallait de nouveaux objectifs, quelques défis pour retrouver un certain élan ? La sortie de ce nouvel album sur Gel Productions était une suite logique, et je suis ravi de faire partie de l’équipe. Manu et moi avons collaboré sur de nombreux projets et nous partageons un style et une approche musicale similaires. Manu est l’un des musiciens les plus travailleurs que je connaisse, et c’est un autre point commun : nous aimons tous deux œuvrer pour atteindre un objectif commun : créer la meilleure musique possible et satisfaire le public. – Aujourd’hui, ton nouvel album sort donc sur le label de Manu Lanvin, dont tu as écrit l’essentiel de « Man On A Mission », son dernier disque. Ce n’est pas la première fois que tu collabores avec d’autres artistes, loin de là. Qu’est-ce qui te plaît autant dans cet exercice ? Te permets-tu des choses que tu n’oserais pas en solo avec The Healers ? J’adore collaborer avec des artistes de tous styles musicaux. Récemment, j’ai travaillé en studio avec Joyce Tape (chanteuse et bassiste africaine), Laly Meignan (actrice française), Enzo Cappadona (jeune guitariste de Blues français), Sand & Folks (musique roots avec Sandy Goube à la guitare et au chant), et bien sûr avec de grands noms du Blues et du Rock : Manu Lanvin, Fred Chapellier, Phil Vermont et bien d’autres musiciens. C’est passionnant et cela me permet d’explorer d’autres horizons, de sortir de ma propre mentalité. Il s’agit avant tout de mettre son ego de côté et de se mettre au service de la chanson et de la musique pour obtenir le meilleur résultat possible pour l’artiste en question. – On parlait de nouveau challenge avec ce changement de label. Est-ce pour cette raison que « Number 3 Monkey » est aussi électrique ? Est-ce que tu as ressenti le désir d’explorer au maximum la planète Blues ? Nous essayons toujours d’utiliser un maximum de nuances du genre ‘Blues & Roots’, lorsque nous sommes en studio, afin de proposer une expérience intéressante pour les auditeurs et pour nous aussi ! Ce genre musical offre une grande liberté si l’on comprend ses origines. – Ce qui est également étonnant dans la conception de ce nouvel album, c’est qu’il a été enregistré en pleine tournée, lors de vos jours de repos, et dans trois studios différents en France et en Belgique. Avais-tu besoin de cette dynamique du live ? Je pense que c’est simplement l’énergie que nous avions en tournée et en allant en studio les jours de repos. Nous avions une cohésion qui n’est facilement transposée de la scène au studio. – En plus de tes compositions, tu présentes deux reprises un peu étonnantes sur l’album, puisqu’il s’agit de deux chansons traditionnelles immortalisées par Skip Jones pour « Devil Got My Woman » et Robert Wilkins pour le Gospel « No Way To Get Mad ». Ce sont deux chansons que tu joues depuis longtemps ? Ou es-tu allé fouiller dans l’héritage profond du Blues ? Ces chansons ont été choisies parce qu’elles sont un peu obscures et que nous essayons de reprendre des morceaux de Blues moins connus du public, mais ce sont des chansons que j’apprécie depuis longtemps et c’était donc un voyage intéressant que d’essayer de les reprendre avec notre propre interprétation. – Un mot enfin sur les amis que tu as invité à se joindre à toi. On retrouve Nico Wayne Toussaint, Janet Martin et Flo Bauer. C’est important pour toi de les avoir à tes côtés, d’autant que cela s’inscrit aussi dans cette notion de partage, chère au Blues ? Je travaille avec Nico depuis de nombreuses années, et sur sur différents projets, et il est mon harmoniciste préféré. C’est un musicien exceptionnel, capable de répondre à tous mes besoins musicaux, que ce soit en studio ou en concert. Je suis honoré de l’avoir comme collègue et ami proche depuis tant d’années. Quant à Flo Bauer, il fait partie de la nouvelle génération d’artistes de Blues que je respecte énormément. Extrêmement talentueux comme guitariste, chanteur et compositeur, il est un artiste essentiel pour l’avenir de ce genre musical. Quant à Janet Martin, c’est une bonne amie et nous avons collaboré à de nombreuses reprises lors de tournées en Europe. C’est une excellente guitariste slide et une chanteuse formidable. Le nouvel album de NEAL BLACK & THE HEALERS , « Number 3 Monkey », est disponible chez Gel Production. Retrouvez aussi la chronique de « Wherever The Road Takes Me », magnifique recueil de 30 ans de carrière : Neal Black & The Healers : aventurier du Blues [...]
23 mars 2026Hard Rock / Hard'n HeavyArchétype-même du groupe sous-estimé, TYKETTO avait pourtant démarré sa carrière de belle manière au début des années 90 et au milieu d’une féroce concurrence. Puis, les New-Yorkais ont explosé en plein vol, malgré une entame très prometteuse. 35 ans plus tard, Danny Vaughn remet le couvert et rallume la flamme. Certes, son Hard Rock n’est plus aussi explosif et tranchant, mais les compositions sont là. Enregistré aux légendaires studios Rockfield au Pays de Galles, « Close To The Sun » montre que nos vétérans en ont encore sous le pied. TYKETTO « Close To The Sun » (Silver Lining Music) Après de bons débuts dans les années 90 avec trois albums plébiscités (« Don’t Come Easy » en 1991, « Strength In Numbers »  en 1994 et « Shine » en 1995), on aurait pu penser que TYKETTO allait s’imposer sur la scène Hard Rock, bien au-delà de sa ville de New-York. Et ce fut un temps le cas. Mais c’était sans compter sur le caractère imprévisible et autoritaire de son fondateur Danny Vaughn, guitariste et très bon chanteur. S’en sont suivis 17 ans d’absence avant une remise en selle en 2012 avec « Dig in Deep », puis « Reach » il y a dix ans déjà. Finalement, en trois décennies, les Américains n’auront sorti que six opus, ce nouveau « Close To The Sun » compris. Revoici donc TYKETTO de retour avec un line-up une fois encore remanié, mais de qualité et c’est du costaud ! On y retrouve donc Chris Childs (Thunder) à la basse, Johnny Dee (Doro, Britny Fox) à la batterie, Harry Scott Elliott à la guitare et Ged Rylands, présent depuis 2012 aux claviers. Le groupe a fière allure et « Close To The Sun » est dans la parfaite lignée de ce qu’il propose depuis ses débuts, à savoir un Hard Rock mélodique. L’expérience de cette longue et chaotique carrière est bien là et on a affaire à des musiciens qui savent pertinemment où ils vont. Précis et accrocheur, rien n’est laissé au hasard et il ne faut pas longtemps pour se laisser prendre au jeu. Certes, le quintet ne vient pas bouleverser le paysage musical, et encore moins son propre répertoire, mais il prolonge le plaisir avec sérieux et application. Plus Rock et moins rentre-dedans que dans ses jeunes années, TYKETTO semble avoir arrondi certains angles, s’adonne aussi à des titres plus mid-tempos, mais reste toujours aussi dynamique et costaud. Vocalement, son frontman demeure l’une des plus belles voix du registre et le nouveau six-cordiste n’est pas avare de bons riffs et de solos tout en feeling (« Higher And Than High », « Bad For Good », « Harleys & Indians », « The Picture », « The Brave »). Une belle partition.  Photo : Davey Rocks [...]
20 mars 2026Blues / Rythm'n' Blues / SoulIncontournable formation Soul Blues de l’hexagone, MALTED MILK aurait pu se contenter de célébrer, comme quelques autres, ce registre intemporel et si fédérateur en appliquant les codes du genre, mais ce serait mal connaître son leader et frontman. Depuis trois décennies, MALTED MILK s’évertue au contraire à y apporter de la brillance, exacerber le feeling, faire jaillir ce groove qui reste le moteur de son jeu. Guidé par une grande liberté et des ambiances aussi suaves qu’entraînantes, « Time Out » est le reflet d’un projet musical, qui se réinvente avec une bonne humeur communicative. MALTED MILK « Time Out » (Blues production) Que le chemin parcouru en 30 ans par MALTED MILK est beau et inspirant. En constante évolution tout en suivant une même trajectoire artistique, le collectif nantais vient surprendre une fois encore. Bien plus qu’un simple groupe, les musiciens s’y sont toujours succédés avec enthousiasme et c’est là toute sa force créatrice et son originalité. Autour d’Arnaud Fradin, fondateur et dernier membre originel, le groove se perpétue, prend de la hauteur et se nourrit de ses membres comme de ses rencontres. « Time Out » respecte avec beaucoup d’élégance cette tradition interne et continue d’aller de l’avant. Entre Soul, Blues et Rhythm n’Blues, le septet croise pourtant d’autres univers comme avec le BIM (Bénin International Musical), qu’il a invité sur le morceau-titre pour une envolée Afrobeat pétillante. Rien de surprenant pour autant, car tout ce beau monde œuvre dans une même dynamique et enflamme un peu plus l’identité très vaste d’un MALTED MILK toujours aussi inspiré. La cohésion et l’élan commun, qui illumine « Time Out », montrent une fois encore les capacités du groupe à se renouveler sans perdre ses repères, mais en cultivant plutôt une identité qui va puiser délicatement dans divers registres pour en tirer le meilleur. Certes, la petite demi-heure de ce huitième album laisse un peu sur sa faim, il faut le reconnaître. Alors, la boucle se déclenche et c’est au fil des écoutes qu’on saisit toute la subtilité et le soin apportés aux arrangements. Une classe qui se niche dans les détails… et ils sont nombreux. Des cuivres scintillants aux chœurs envoûtants en passant par des parties de guitares d’une rare délicatesse, MALTED MILK captive par sa néo-Soul, embrase par son côté funky et la contribution de Marco Cinelli à l’écriture et la production affirme aussi l’aspect Blues du combo (« What A Night », « I Feel Numb », « Midnight Hour », « Shouldn’t Talk About It »). Radieux ! Photo : Sarah Cross [...]
16 mars 2026Blues / Blues Rock / Contemporary Blues / InternationalL’aventure d’Ina et Fabian Spang a débuté très tôt, et pour cause, c’est ensemble à la maison qu’ils ont commencé à s’accorder et à imaginer un Blues qui irait au-delà d’une certaine tradition, toujours respectée, mais jamais immobile. De cette complicité est né MUDDY WHAT?, une formation qui s’articule en trio essentiellement, et qui prend surtout vie sur scène. Car entre deux albums, « Neon Soul » étant le cinquième, c’est sur la route que prend forme et se transmet la musique des Allemands. Une spontanéité qu’on retrouve d’ailleurs sur disque. Avec beaucoup d’audace et de naturel, entre riffs affûtés très Rock et accords plus délicats de mandoline, leur nouvel opus dévoile une liberté et une envie intarissable d’exprimer un Blues sincère et tout en émotion. Entretien avec un fratrie complice et très inspirée. – Alors que vous sortez votre cinquième album studio, j’aimerais qu’on fasse un peu les présentations. MUDDY WHAT? est un groupe originaire de Munich et l’une de vos particularités est qu’il est guidé par votre fratrie, Ina et Fabian, qui êtes tous deux guitaristes et dont le frère tient le micro. Tout d’abord, j’imagine que votre entente musicale ne date pas d’hier. Quand avez-vous commencé à jouer ensemble et était-ce déjà du Blues ? Ina : Notre lien remonte vraiment à très loin. Fabian et moi avons commencé la guitare vers l’âge de six ou sept ans. Ayant grandi sous le même toit, les répétitions n’étaient jamais planifiées, la musique faisait tout simplement partie de notre quotidien. Fabian : Le Blues n’était pas un choix délibéré, il était déjà là. Notre père possède une vaste collection de vinyles de Blues, et ce son nous a paru familier dès le départ. Lorsque nous avons commencé à jouer ensemble, nous nous sommes naturellement tournés vers ce style. Avec le temps, bien sûr, notre univers musical s’est élargi. Mais la spontanéité émotionnelle du Blues est restée au cœur de notre musique. C’est toujours comme un retour aux sources. – Vous aviez été demi-finalistes du fameux International Blues Challenge de Memphis et votre premier album s’intitulait justement « Gone To Mississippi ». Etait-ce prémonitoire, ou plutôt un carnet de souvenirs ? Fabian : « Gone To Mississippi » a été enregistré quelques années avant notre première participation à l’International Blues Challenge, ce n’était donc certainement pas une prémonition calculée. Enfants, nous avons eu la chance de voyager aux Etats-Unis, et le Sud américain nous avait déjà marqués. Il y a quelque chose de spécial dans cette atmosphère, ces profondes racines musicales qui semblent omniprésentes. Le titre de l’album était plutôt un hommage à ce sentiment. Le Mississippi symbolisait quelque chose de mythique pour nous, et il le symbolise encore. Ina : Jouer ce morceau en live sur Beale Street à Memphis des années plus tard était donc un moment très spécial. C’était comme boucler la boucle, ou plutôt l’ouvrir. Donc, ce n’était donc pas une prédiction réalisée, mais la belle suite d’une histoire commencée bien plus tôt. – Pour rester un moment sur votre parcours, vous avez créé votre propre label et, forcément, quand on s’appelle MUDDY WHAT?, il lui fallait un nom à la hauteur et vous avez opté pour Howlin’ Who Records. D’une part, on sent que l’humour fait partie intégrante du groupe et d’autre part, vous a-t-il paru essentiel dès le départ de fonder votre structure pour vous produire ? Ina : L’humour fait partie intégrante de notre identité. C’est sain de ne pas se prendre trop au sérieux… (Sourires) Mais créer notre propre label était aussi une décision mûrement réfléchie. Dès le départ, nous avons senti que la liberté artistique était essentielle. Fabian : Avoir notre propre label, notre propre structure, nous permet d’avancer à notre rythme et de suivre notre intuition. Il s’agit moins de contrôle que de responsabilité et nous apprécions cela. – Il y a aussi une chose que j’ai trouvé assez étonnante. Vous vous présentez comme étant un trio, alors que vous êtes bien quatre sur ce nouvel album, avec Michi Lang qui tient la basse. C’est vrai que sur scène, vous êtes souvent trois. Pourquoi ce changement de formule ? Les enregistrements et les concerts tiennent-ils une place différente à vos yeux ? Fabian : Nous sommes essentiellement un trio, c’est l’essence même du groupe. Pour « Neon Soul », nous avons invité Manfred Mildenberger à la batterie, ce qui a permis à Michi de se concentrer pleinement sur la basse. Michi est à la fois batteur et bassiste, mais comme tu peux l’imaginer, il ne peut pas faire les deux en même temps… (Sourires) Vu notre calendrier de concerts très chargé, Michi ne peut pas être avec nous à chaque représentation. Ces dernières années, nous avons donné de nombreux concerts avec Manfred, et il est vraiment devenu un membre à part entière de la famille MUDDY WHAT?. Il apporte une fantaisie et une sensibilité musicale uniques au groupe, et enregistrer l’album à quatre nous a semblé tout à fait naturel. Ina : Sur scène, nous adorons la spontanéité du trio. Cela crée de l’espace, de la tension et une certaine imprévisibilité. Le studio, en revanche, est comme un terrain de jeu. Il nous permet d’explorer subtilement de nouveaux sons sans perdre notre identité. Pour nous, concerts et albums sont étroitement liés, mais ils ne sont pas forcément identiques. Un album est une photographie instantanée, alors que la scène est un organisme vivant. – A ce propos, « Neon Soul » a été mixé et enregistré par votre batteur, Manfred Mildenberger. MUDDY WHAT? semble donc à même de pouvoir tout gérer. Faire votre album en interne et sur votre propre label a toujours été votre façon de faire ? Vous n’avez jamais ressenti le besoin d’un regard neuf et extérieur ? Fabian : Pour « Neon Soul », il était naturel de travailler dans le studio de Manfred Mildenberger à Munich. Il n’est pas ‘seulement’ batteur, il dirige aussi son propre studio. Enregistrer là-bas pour la première fois ensemble nous a immédiatement semblé un équilibre parfait entre familiarité et nouveauté. Nous avons toujours privilégié le travail indépendant, mais nous avons abordé chaque album différemment. « Gone To Mississippi », par exemple, a été enregistré aux Bavaria Musikstudios de Munich avec une équipe talentueuse de deux jeunes ingénieurs du son. « Spider Legs », quant à lui, a été entièrement produit par nous-mêmes, en trio. Cette fois-ci, enregistrer et mixer avec Manfred a apporté un regard neuf, tout en conservant la collaboration étroite et fiable qui nous est si précieuse. Ina : Enregistrer en live, tous ensemble, avec la batterie et la basse, a donné à l’album son énergie et sa spontanéité. Et le fait que Manfred s’occupe de l’enregistrement et du mixage, avec Ludwig Maier au mastering, nous a permis d’intégrer une contribution extérieure subtile sans perdre notre indépendance. Pour nous, le travail en interne ne se résume pas au contrôle. Il s’agit de liberté, d’espace pour expérimenter et de la possibilité d’explorer de nouvelles idées dans un environnement sûr et de confiance. Il en résulte un mélange stimulant d’intimité, d’énergie et d’inspiration renouvelée. – Musicalement MUDDY WHAT? se distingue par un Blues moderne, d’une grande sensibilité et qui semble chercher à se détacher le plus possible de ses influences, preuve d’une belle originalité. Il y a même un petit côté David Byrne chez Fabian dans la voix. C’est assez rare de voir des groupes de Blues contemporain réinventer un style aussi impressionnant par son impact. Etait-ce votre ambition première en créant le groupe de pouvoir aussi inclure toutes sortes de sonorités et d’approches émotionnelles ? Ina : C’est une très belle observation, merci ! (Sourires) Fabian : A nos débuts, nous étions très inspirés par le Blues traditionnel. Mais nous n’avons jamais ressenti le besoin de le reproduire à l’identique. Nous aimons insuffler de la vie et de la modernité à notre musique. Nos émotions, nos influences et nos expériences sont contemporaines. Naturellement, cela se reflète dans notre musique. On ne se dit pas : « Réinventons le blues ! ». On suit simplement notre intuition. Si cela implique des textures différentes, des dynamiques inhabituelles, ou un passage vocal un peu Art-Rock, alors cela fait partie intégrante de notre langage musical. – Vous êtes donc deux à la guitare, et Ina joue également de la mandoline, ce qui est assez rare dans le Blues actuel, en dehors des Anglais de When Rivers Meet, où c’est d’ailleurs aussi une femme qui en joue (Grace Bond). Justement, de quelle manière cet instrument s’est-il fait une place dans vos chansons, d’autant qu’Ina y met beaucoup de virtuosité ? Ina : J’ai commencé la mandoline vers six ou sept ans. Mon père me l’a offerte, pensant qu’elle serait parfaite pour mes petites mains. J’étais vraiment toute petite à l’époque ! (Rires) Il écoutait aussi beaucoup de Bluegrass, donc il connaissait bien l’instrument et me l’a fait découvrir très tôt. Au fil des années, j’ai grandi avec la mandoline et elle me semble tout à fait naturelle. Comme une extension de moi-même. Je ne me soucie pas de ce qui a déjà été fait ou des ‘règles’ qui pourraient exister. Si j’ai envie de jouer du Blues funky, je réfléchis à la façon dont ça pourrait sonner bien à la mandoline. Si j’ai envie de jouer des ballades émouvantes, j’explore des harmonies qui me semblent justes. L’important est de suivre la musique et le feeling. J’ai aussi pris des cours de musique classique enfant et j’ai appris des chansons de Bluegrass. Mais j’ai finalement décidé de m’affranchir de toutes les conventions. Cette liberté de simplement jouer et d’expérimenter est incroyable. Ma mandoline et moi, on est de vraies complices. C’est un instrument qui invite à la fantaisie, à la créativité et à l’expression dans chaque note. – A l’écoute de « Neon Soul », on sent une audace nouvelle et plus prégnante peut-être que sur vos albums précédents. Est-ce que vous pensez que MUDDY WHAT? est aujourd’hui à un stade de sa carrière, où vous pouvez vous autoriser beaucoup plus de choses ? Fabian : Après des années de tournées, d’enregistrements et d’évolution commune, nous avons indéniablement développé une grande confiance en nous-mêmes, l’un envers l’autre et en notre intuition. Nous n’éprouvons plus le besoin de faire nos preuves, et c’est incroyablement libérateur. Cela nous permet de suivre notre musique où qu’elle nous mène. Ce n’est pas que nous ayons jamais eu l’impression de devoir nous retenir, mais aujourd’hui, nous nous sentons encore plus libres d’explorer, d’expérimenter et de nous épanouir. L’audace que vous entendez sur « Neon Soul » est donc sans doute un mélange d’expérience, de confiance et, surtout, de plaisir. – On l’a dit, votre Blues Rock sait se faire aussi délicat que costaud, et il y a également une atmosphère très live sur ce nouvel album. Et MUDDY WHAT? est aussi un groupe qui tourne beaucoup. Est-ce que c’est ce que vous avez chercher à reproduire ? Cette intensité et cette proximité qu’offre la scène ? Ina : Absolument. On enregistre toujours en live, tous ensemble dans la même pièce, sans superposition de pistes. Il y a quelque chose de magique dans ce moment où tous les instruments, toutes les émotions, toute l’énergie s’harmonisent parfaitement. Les tournées nous ont forgés, on est vraiment un groupe de scène. On donne entre 80 et 100 concerts par an et ça vous apprend vite. La musique est un échange d’énergie. Ça ne se simule pas. Avec « Neon Soul », on voulait capturer cette énergie. Intense, certes, mais aussi intime. C’est le cœur même du groupe. – Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot sur l’Allemagne dont la scène Blues est très vivante, et vous en êtes la preuve. D’autres artistes s’y installent d’ailleurs aussi comme l’Argentine Vanesa Harbek ou l’Irlandais Eamonn McCormack, qui y ont posé leurs valises il y a des années. Votre pays est-il devenu le nouvel Eldorado européen du Blues et comment vivez-vous cette bonne santé artistique chez vous ? Fabian : L’Allemagne possède une scène Blues dynamique et ouverte. Il y a une scène, un public et des promoteurs qui aiment y participer et soutenir le blues en live. Et nous apprécions énormément cela ! Nous adorons voir des artistes d’autres pays, comme Vanesa, apporter leurs propres histoires et influences, ce qui enrichit considérablement la scène. Ina : Nous aimons montrer, et que cela soit aussi le cas par d’autres artistes, que le Blues peut avoir de multiples facettes et qu’il est plus que bienvenu de se sentir novateur et vivant. Le Blues est à la fois vénérable et ouvert, laissant place à la tradition et aux nouvelles idées. C’est quelque chose à célébrer ensemble. On ne sait pas si l’on peut déjà qualifier l’Allemagne d’Eldorado européen du Blues, mais une chose est sûre : nous sommes ravis de voir la scène devenir encore plus ouverte, colorée et accueillante à toutes les voix du blues. Vivement la suite ! (Sourires) Le nouvel album de MUDDY WHAT?, « Neon Soul », est disponible sur le site du groupe : https://muddywhat.de Photos : Denis Carpentier (1) et Walter Korn (4). Retrouvez aussi la chronique de leur album précédent, « Spider Legs » : Muddy What ? : un élan de spontanéité [...]
12 mars 2026Blues / Blues RockAvec beaucoup d’énergie et de finesse, LEE O’NELL se dévoile sur scène dans un set incandescent, où son Blues Rock donne toute sa puissance. La guitare est affûtée, les claviers scintillants, la rythmique d’un groove hyper-précis et la voix de Gipsy enveloppe de sa belle tessiture. Tout est en parfaite symbiose sur ce « Live », parfaitement capté et restitué sans fioriture avec une authenticité de chaque instant. Léger, jazzy, swing ou plus musclé, le registre du combo hexagonal fait des merveilles et nous emporte avec lui. LEE O’NELL « Live » (Independant) Après deux albums studio avec son Blues Gang, « Different Shades OF Love » (2020) et « This Is Us… » (2022), c’est avec une réalisation sobrement intitulée « Live » que Lionel Wernert, alias LEE O’NELL, fat son retour de très belle manière. Car le Blues Rock et le Blues plus largement, peut-être plus que d’autres registres qui misent dorénavant sur des shows exubérants plus préoccupés par l’image que la musique, se vit et se ressent en concert et face au public. Et en ce sens, le quintet vosgien ne triche pas et ses morceaux sont d’une sincérité sans faille. Enregistré en octobre dernier à Vitry-le-François devant des spectateurs attentifs et enthousiastes, « Live » s’étend sur une petite heure, où l’on se délecte des multiples facettes de LEE O’NELL. Avec sa chanteuse Gipsy, ils forment un duo fusionnel, où le chant communique et répond aux assauts guitaristiques du principal compositeur de la formation. Cette dernière est d’ailleurs complétée avec beaucoup de talent par Pierre-Alain Delannoy (batterie), Phil Dandrimont (basse) et François Barisaux (claviers) dans une belle osmose. Complices et complémentaires, les cinq musiciens manient puissance et délicatesse sur des titres très accrocheurs, dont l’objectif (atteint!) est d’abord de livrer beaucoup d’émotion (« Come What May », « Be A Man », « Different Shades Of Love », « Kiss Me Again », « Never Again », « Paradise Highway »). Et cerise sur le gâteau, on retrouve en toute fin le single « O Gimme Faith » qui, espérons-le, est le présage d’un beau troisième effort à venir. Avec ce « Live », LEE O’NELL est dans son élément, brillamment accompagné et avec une telle frontwoman, l’avenir s’annonce radieux. Photo : Thierry Wakx Retrouvez la chronique de « This Is Us… » : Lee O’Nell Blues Gang : un jeu plein de sérénité [...]
11 mars 2026Heavy metal / International / Old SchoolEntre un post-NWOBHM et un héritage du Heavy Metal américain assumé, le nouveau supergroupe livre un premier album éponyme qui fait le lien avec tellement d’évidence et de naturel que c’était peut-être le combo que l’on attendait pour un véritable renouveau du genre. Initié par le guitariste californien Bob Balch (Fu Manchu, Big Scenic Nowhere, Slower) et le batteur du Minnesota Pete Campbell (ex-Pentagram), le bassiste suédois Fredrik Isaksson (Dark Funeral) et le chanteur de l’Ohio Terry Glaze (ex-Pantera, première période) ont rapidement rejoint les rangs d’AXE DRAGGER et les idées ont aussitôt fuzzé. Il en est ressorti dix morceaux puissants, mélodiques et rassembleurs, auxquels aucun fan de Heavy Metal, dans ce qu’il a de plus audacieux et traditionnel, ne pourra résister. Entretien avec un quatuor expérimenté, inspiré et techniquement imparable. – On sait que la technologie permet aujourd’hui beaucoup de choses, mais comment vous êtes-vous retrouvés tous les quatre autour de ce projet ? Et y a-t-il un entremetteur derrière tout ça ? Bob : Au départ, je travaillais avec Pete Campbell de Pentagram sur des riffs. Il m’avait contacté et je rêvais de faire un album de Metal Old School. J’ai grandi avec Riot, Dio, Judas Priest, Black Sabbath, Scorpions, Savatage, Armored Saint, etc… Alors, j’ai commencé à lui envoyer des morceaux et il me renvoyait ses pistes de batterie. On a parlé de chanteurs et j’ai suggéré Terry Glaze, qui avait joué aux débuts de Pantera. On lui a envoyé le morceau « Axe Dragger » et sa voix nous a bluffés. On savait qu’on tenait quelque chose d’exceptionnel. Pete a suggéré Fredrik de Dark Funeral à la basse. Et il a assuré, lui aussi. Une fois le line-up au complet, on a enchaîné les morceaux à toute vitesse. Et en neuf mois environ, on avait un album complet. Pete : Bob et moi échangions des riffs pour d’éventuelles nouvelles chansons de Pentagram avant mon départ, et nous avons décidé de prendre une direction complètement différente et de voir où cela nous mènerait. Les riffs continuaient d’affluer, j’ai commencé à y ajouter de la batterie, et il était indéniable que nous devions poursuivre et explorer toutes les possibilités. Ce qui avait commencé comme un projet est devenu un véritable groupe ! Terry : C’est vrai que Bob m’a demandé si je voulais chanter sur un morceau et le reste appartient à l’histoire. Fredrik : Eh bien, j’ai rencontré Pete à des festivals. Il était là avec Pentagram et moi avec Dark Funeral. On a commencé à discuter et on avait les mêmes goûts musicaux, alors on s’est dit qu’on devrait faire quelque chose ensemble. On a continué à composer et un jour, il m’a dit : « C’est parti ! » Lui et Bob faisaient du Heavy Metal des années 80, un truc que j’adore, alors j’ai dit : « Carrément ! ». (Sourires) – Une fois que vous avez constitué le line-up d’AXE DRAGGER, vous avez travaillé pendant un an à distance sur les morceaux de l’album. Même si cela peut être pratique à bien des égards, le travail de composition et d’arrangement n’aurait-il pas été plus facile tous ensemble ? Et plus chaleureux peut-être aussi… Bob : Pas vraiment. C’est plus facile de faire des ajustements ‘directement dans le logiciel’, si l’on peut dire. J’ai composé la majeure partie de la musique, à l’exception de « The Damned Will Cry », dont Pete a composé la musique. Je fixais simplement un BPM et j’improvisais sur un rythme pendant une dizaine de minutes. Ensuite, je reprenais le tout et je réduisais le morceau à quatre minutes. De cette façon, il conserve tout son feeling. Pete : C’était vraiment facile d’enregistrer cet album à distance, car tous les participants sont de vrais pros. Et pour ma part, c’était passionnant, car je ne savais jamais quel riff allait arriver. Recevoir les pistes de basse et de chant et les entendre pour la première fois pour chaque morceau, c’était comme être un enfant à Noël ! Nous vivons tous dans des Etats et des pays différents, et nous avons d’autres projets et des obligations familiales, donc c’était la seule solution envisageable. Bien sûr, ce serait génial de se retrouver tous ensemble en studio pour composer, et on le fera peut-être pour le prochain album. Fredrik : Personnellement, je n’ai pas écrit de chansons, juste quelques lignes de basse, bien sûr. Je pense qu’on peut composer de la très bonne musique en dehors du travail, la preuve ! (Rires) Plus sérieusement, c’est une excellente méthode pour travailler sur des chansons. – Ce qui peut surprendre aussi, c’est que vous venez tous les quatre d’horizons musicaux assez différents. Le choix de vous focaliser sur un Heavy Metal très 80’s, avec un fond Stoner tout de même, a-t-il été un choix évident et collectif ? Car, finalement, ce qui peut vous rapprocher sont peut-être des influences qui remontent à bien plus loin dans vos parcours respectifs ? Votre jeunesse ? Bob : Notre jeunesse a certainement joué un rôle. On a parlé du style des années 80. Je voulais un son puissant et un peu brut. Un peu menaçant, si tu veux. Pete : Je suis sûr de parler au nom de tous : on adore tous le Metal Old School ! C’est dans notre sang et je pense que c’est cette influence et cette vague qui nous ont réunis, c’est certain ! Fredrik : Bob et Pete ont parlé de faire du Heavy Metal des années 80 dès le début, je crois, et j’en suis ravi. J’adore vraiment ça, c’est la musique avec laquelle j’ai grandi et celle que j’écoute encore tous les jours. Terry : En effet, je pense que la diversité de nos influences est aussi l’une de nos forces. – L’une des choses assez marquante aussi, c’est que vous semblez tous, sauf peut-être Terry, être à contre-courant de votre habituel jeu, comme si vous souhaitiez vous en détacher. Est-ce le cas ? Et aviez-vous envie d’une aventure totale avec ce groupe ? Bob : Ce n’était pas mon intention. Je joue toutes sortes de styles dans différents projets. J’adore la guitare Jazz, le vieux Metal, le Rock psychédélique, les jams ‘smooth’ des années 70, etc… C’était juste le bon moment pour ressortir du bon vieux Metal. En plus, j’en mettais beaucoup en ligne, ce qui a contribué à raviver l’envie. Pete : Personnellement, c’était un vrai bol d’air frais de rejouer ce genre de musique après les 20 dernières années de Doom Metal. Chacun a pu montrer son talent musical et se lancer des défis, et c’est bien là l’essentiel ! (Sourires) Fredrik : C’est très différent du Black Metal que je joue avec Dark Funeral, mais ça reste mon genre préféré. Même si, bien sûr, j’adore jouer les deux. – AXE DRAGGER remonte à l’âge d’or du Heavy Metal, dont Terry a d’ailleurs été un acteur et un témoin de premier ordre dans les années 80. Sur l’album, il y a une intensité et une force mélodique que l’on retrouve assez peu aujourd’hui. Et malgré la distance entre vous, il y a une atmosphère très live sur les morceaux. L’idée était-elle d’être le plus direct et le plus brut possible ? Bob : Oui. Même si nous avons tous enregistré séparément, je tenais vraiment à ce que l’album conserve un son live. C’est assez facile à obtenir au mixage. J’ai déjà fait quelques albums comme ça, surtout avec le groupe Slower, donc je connaissais bien le processus. Pete : Je crois que c’est exactement ce qui est ressorti, et pour moi, c’est très rare. L’alchimie entre nous tous, en tant que groupe, est incroyable, surtout pour des musiciens qui n’avaient encore jamais joué ensemble auparavant. Et j’ai vraiment hâte de présenter ça sur scène ! Fredrik : Oui, on voulait vraiment faire un album de Metal des années 80, mais actuel dans le son. Et je trouve que tout le monde a fait un super boulot. – « Axe Dragger » renoue aussi avec l’esprit des premiers albums de Judas Priest et Riot notamment. Un pont entre l’Europe et les Etats-Unis qui donne à l’album une saveur particulière, sans pour autant que ce soit trop « underground » dans l’approche. Est-ce finalement votre expérience personnelle qui vous permet de surpasser les codes et rafraîchir ainsi le Heavy Metal Old School ? Certains caps deviennent aussi plus facile à franchir, non ? Bob : Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, mais oui, c’est un mélange de NWOBHM et de Metal américain. J’adore les deux, donc ça paraît logique. Pete : Je le pense aussi. La musique est universelle. Je pense que le Heavy Metal Old School a besoin d’un nouveau souffle et je suis fier que nous y ayons contribué ! Fredrik : On a tous grandi avec le Metal des années 80, et forcément, c’est plus facile de s’y identifier et d’en jouer quand on a ça dans le sang ! (Rires) – Et bien sûr, l’un des atouts majeurs de l’album est le son et sa production. Etait-ce essentiel pour vous de recourir aux services de personnes avec un profil tel que ceux de Brian Scheuble (Mötley Crüe, Whitesnake) et Dave Collins (Metallica, Soundgarden) ? Sont-ils aussi les garants de votre son, grâce à leur expérience et leurs connaissances du style ? Bob : Ils nous ont tous deux beaucoup aidés. Brian surtout. Il avait un sens du détail incroyable et savait exactement ce qu’on recherchait. J’avais déjà travaillé avec Dave Collins sur l’album de Fu Manchu « The Action Is Go », et il avait fait un travail formidable. Carl Saff s’est aussi occupé du mastering du vinyle. Il a travaillé sur un grand nombre de mes projets et sur les derniers albums de Fu Manchu. Terry : Je connais et travaille avec Brian Scheuble depuis des décennies, et je savais qu’il était l’homme idéal pour ce projet. Et je tiens également à remercier Mike Herrington pour ses paroles exceptionnelles. Pete : Ce fut un véritable honneur de collaborer avec ces messieurs sur cet album ! Deux légendes dans leurs domaines respectifs, qui lui ont véritablement donné vie ! Nous avions déjà des morceaux fantastiques, mais c’est grâce à eux que l’album est devenu une véritable machine faite pour la scène ! Fredrik : C’est génial d’avoir Brian et Dave avec nous. Ils ont vraiment fait un super boulot sur cet album. Ils travaillent seulement avec de bons groupes et maintenant avec AXE DRAGGER… Je suis presque sans voix ! (Rires) – Enfin, il y a une question que tous les amoureux de Heavy Metal vont se poser après avoir écouté l’album : vous verra-t-on sur scène bientôt, car cela s’annonce explosif, tant « Axe Dragger » est fédérateur ? On s’attend à une vraie communion ! Bob : Nous sommes en train de planifier cela. Nous envisageons des concerts aux Etats-Unis cette année et des festivals en Europe pour 2027 ! Pete : Des discussions sont en cours et je suis certain qu’on montera bientôt sur scène ! On a tellement hâte de tout déchirer ! Restez connectés ! Fredrik : Carrément ! On a vraiment envie de faire une tournée avec AXE DRAGGER. On espère que ce sera cette année. Terry : Nous espérons tous vous voir très bientôt ! L’album éponyme d’AXE DRAGGER est disponible chez Ripple Music. [...]
10 mars 2026Heavy metalDans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans. EXISTANCE «Wildfire » (Verycords) Petit à petit, et depuis 2008 déjà, EXISTANCE parvient à s’installer durablement sur le scène Heavy Metal hexagonale. Si le virage a été définitivement amorcé en 2021 avec « Wolf Attack », c’est aussi parce que le quatuor monte en puissance, avance sur un style plus personnel et surtout que la qualité d’interprétation se fait elle aussi plus précise et mieux calibrée. Julian Izard (chant, guitares), Antoine Poiret (guitares), Julien Robillard  (basse) et Gerry Carbonelle (batterie) ont mis cinq ans pour réapparaître avec « Wildfire », et celui-ci vient signifier un nouveau cap de franchi et une étiquette ‘underground’, qui se décolle également un peu avec le temps et l’expérience. Ce quatrième album affiche donc puissance et mélodie avec un son qui s’est modernisé, même s’il rappelle toujours les glorieux fondateurs du genre, côté Angleterre surtout. Bien produit, « Wildfire » est tranchant et massif, preuve que les Français sont libérés de toute nostalgie. EXISTANCE joue toujours autant sur les twin-guitars (et on ne saurait lui en vouloir !), les riffs sont costauds et les solos jaillissent sans occulter les compositions elles-mêmes. Plus soudés que jamais, les quatre membres apportent leur contribution aux chœurs, et le volume gagné est également une belle marque d’unité. L’expérience acquise au fil des années, que ce soit sur scène et en studio, se fait réellement sentir sur « Wildfire », tant la maîtrise est totale. EXISTANCE joue dorénavant dans la cour des grands et impose une identité bien à lui. Ce quatrième effort est vif et racé, le chant percutant et assuré, les guitares font corps, se complètent parfaitement et la paire basse/batterie a également pris du galon. Taillés pour la scène, les morceaux marquent une empreinte originale et très fédératrice (« Ocean’s Cry », « Eternal Trace », « See The Light », « Against The World », « Brighter Days » et le morceau-titre). Le combo s’affirme avec force et prouve qu’il faut désormais compter sur lui. Photo : Michael Callewaert Retrouvez la chronique de « Wolf Attack » : Existance : jeunes loups aux dents longues [...]
9 mars 2026Hard Rock / InternationalChanteur du groupe depuis 15 ans maintenant, Nic Maeder est la voix de la seconde phase artistique de l’emblématique groupe helvète GOTTHARD. Si remplacer Steve Lee n’a pas été une chose évidente, notamment auprès des fans, il a parfaitement su s’imposer et guide depuis « Firebirth » (2012) le groupe qui sort aujourd’hui « More Stereo Crush », un mini-album qui vient en complément de « Stereo Crush » , sorti l’an dernier. L’occasion pour évoquer avec le frontman la publication de ces deux productions, presque coup sur coup, et ce qui a motivé la démarche de la formation de Hard Rock. – Un an tout juste après « Stereo Crush », vous êtes de retour avec « More Stereo Crush », cette fois sous la forme d’un EP. Aviez-vous le sentiment de ne pas être allés au bout des choses, de ne pas avoir fini le travail ? Au départ, l’idée était de faire un album court, percutant et concis d’une dizaine de titres, mais l’inspiration étant au rendez-vous, nous avons fini par en enregistrer 17. La maison de disques a estimé qu’il valait mieux en faire un album et un EP. Et comme nous avions initialement prévu un album plus court, nous avons accepté. – D’ailleurs, « More Stereo Crush » contient huit chansons, ce qui en fait un mini-album. Vous n’avez pas été tentés de rester un peu plus longtemps en studio pour réaliser un album complet ? En fait, nous avions le sentiment que ces chansons s’intégraient parfaitement à l’album « Stereo Crush » et que composer et enregistrer de nouveaux morceaux donnerait une tout autre dimension à l’écriture et à l’enregistrement. Les 17 titres ont donc été enregistrés et mixés ensemble. – Cinq des huit morceaux sont donc issus des sessions d’enregistrement de « Stereo Crush ». Qu’est-ce qui n’allait pas sur les morceaux à l’époque, selon vous? Ils avaient besoin d’être retravaillés, peaufinés ? Non, car nous avons enregistrée et mixé les 17 morceaux, et ils sont restées tels quels. Lors de l’élaboration de la liste des titres de l’album et de l’EP, nous avons veillé à un équilibre parfait, afin d’éviter une surabondance de ballades ou de morceaux plus Rock sur l’un et l’autre. Finalement, l’album et l’EP forment un tout cohérent, agrémenté de quelques titres bonus. – Il y a aussi cette nouvelle version de « Liverpool », qui figurait déjà sur l’album précédent et qui venait presque en complément de votre reprise des Beatles, « Drive My Car ». Sur l’original, on retrouvait Chris Von Rohr de Krokus et cette fois-ci, c’est son chanteur, Marc Storace, qui se livre à un beau duo avec toi. Que représente ce morceaux pour le groupe, au point d’en avoir fait deux versions ? Lorsque nous avons composé cette chanson avec Chris, nous avions déjà l’idée de faire un duo avec Marc, mais cela ne s’était pas concrétisé à l’époque. Plus tard, nous y sommes revenus et, heureusement, nous avons réussi à le faire. Marc est arrivé en studio avec des idées de paroles et de mélodie, qui fonctionnaient à merveille. Nous avons passé un excellent moment à retravailler et à enregistrer la chanson. Cela reste un souvenir inoubliable pour nous ! – Pour conclure sur le sujet, GOTTHARD et Krokus ont toujours conservé des liens forts. Cela s’explique bien sûr par le fait que vous soyez deux groupes emblématiques du Hard Rock suisse. Et il y a aussi eu le projet Gotus en 2024 avec des membres de deux formations. Vous donnez le sentiment d’être une grande famille avec une forte filiation. Comment l’explique-vous et est-ce le secret de vos longévités respectives ? La Suisse est un petit pays, et dans le milieu Rock, c’est un peu comme une famille. Le secret de notre longévité, ce sont vraiment les fans. Nous avons la chance d’avoir des fans aussi formidables et fidèles, et c’est grâce à eux que nous sommes là ! – J’aimerais qu’on dise un mot du morceau « Mayday », dont seule la vidéo était disponible jusqu’à présent. D’habitude, c’est plutôt l’inverse. Etait-ce essentiel pour vous de l’enregistrer en studio ? Et est-ce son accueil auprès du public qui vous y a poussé ? « Mayday » est un titre bonus. Il n’a aucun lien avec les sessions de « Stereo Crush ». C’était une chanson composée il y a quelques années pour ‘X-Max’, en hommage aux services d’urgence. Le morceau n’ayant jamais été officiellement publié, certains membres du groupe ont souhaité le sortir. Personnellement, je ne pense pas qu’il ait sa place sur l’EP, mais en tant que titre bonus, ça passe. – Il y a une autre collaboration également très forte avec le groupe, c’est celle avec votre producteur Charlie Bauerfeind, qui joue un rôle clef dans le son de GOTTHARD. Vous semblez travailler très étroitement ensemble. Comment cela se concrétise-t-il sur chaque album ? Est-il directement impliqué dans les compositions ou les arrangements également ? Oui, Charlie est fantastique. On travaille ensemble depuis des années et il comprend parfaitement le groupe et son fonctionnement. Il participe beaucoup à la création des parties de batterie et on travaille aussi beaucoup sur les arrangements avec lui. – Enfin, une question m’interroge depuis longtemps. Malgré 35 ans d’une belle carrière, est-ce que vous nourrissez quelques regrets de n’avoir pu vous imposer, ou au moins de ne pas vous être faits plus connaître, aux Etats-Unis ? Cela aurait été dans la logique des choses… Eh bien, le groupe n’a jamais réussi à percer sur le marché américain et on a abandonné assez tôt. Je suppose qu’au final, on se concentre sur les pays où l’on a du succès. Le fait est que, si on a des fans formidables, on n’a pas besoin d’être présent partout dans le monde pour réussir. « More Stereo Crush » est disponible chez Reigning Phoenix Music. Photos : Luc Braissant (3) et Manuel Schuetz (4). Et retrouvez la chronique de « Stereo Crush » : Gotthard : eternal crush [...]
3 mars 2026Hard RockSi les CV sont aussi impressionnants que le niveau technique affiché, c’est bel et bien la qualité d’écriture et d’interprétation, qui sont les points forts de cette troisième réalisation de la dream-team irlando-américaine. Percutant et moderne, « Paralyzed » se présente comme l’œuvre la plus accomplie de BLACK SWAN. Depuis des décennies, ses membres font vivre le Hard Rock à l’international et ils ne semblent pas prêt à lâcher les rênes. Les mélodies sont accrocheuses et la fraîcheur du style des quatre vétérans irrésistibles. BLACK SWAN « Paralyzed » (Frontiers Music) Les réunions de vieilles gloires, ou les montages de supergroupes, ne débouchent pas souvent sur grand-chose, si ce n’est l’addition de talents. Sauf que la créativité a besoin d’un peu plus, à savoir d’une certaine alchimie notamment, pour se déclencher et parvenir à obtenir de bonnes compositions. Avec ce troisième album, BLACK SWAN démontre avec brio que son line-up ne doit rien hasard et qu’il y a une réelle complicité entre l’Irlandais Robin McAuley et les Américains Reb Beach, Jeff Pilson et Matt Starr. Et ce combo ‘All-Stars’ fait encore des étincelles. Ainsi, depuis « Shake The World » sorti en 2020, puis « Generation Mind » en 2022, le quatuor trace sa route et se distingue vraiment des anciennes formations de chacun d’entre-eux. Certes, McAuley a brillé avec MSG et en solo, Beach avec Winger et Whitesnake, Pilson avec Foreigner et Dokken et Starr avec Mr Big et Ace Frehley, mais ensemble : l’entente est manifeste. Chez BLACK SWAN, chacun est à sa place dans une configuration classique et solide et tout semble réuni pour que son frontman déploie son incroyable puissance vocale. Composé à quatre et parfaitement produit par le magnanime bassiste du groupe, « Paralyzed » éblouit d’abord par les guitares. Les riffs comme les solos sont exécutés avec un précision d’orfèvre et un feeling de chaque instant. Reb Beach réalise un sans-faute à la guitare et l’implacable rythmique est terriblement groovy. BLACK SWAN dégage une énergie phénoménale et la qualité du songwriting est la preuve que ces quatre-là sont au panthéon du Hard Rock (« If I Was A King », « The Fire And The Flame », « Carry On », « Paralyzed »). Aussi mélodique que ravageur. Photo : Enzo Mazzeo [...]
27 février 2026Heavy metal / Old School / Progressive Heavy MetalLe pays aux mille lacs, et de probablement autant de groupes de Metal, est décidément plein de surprises. Après « Trembling Crown », sorti il y a six ans, le combo originaire d’Helsinki vient confirmer tout son potentiel avec un certain éclat. Audacieux et minutieux dans les arrangements, « Divine Spear » fait la part belle aux guitares qui nous transportent entre riffs appuyés, chorus soignés et solos millimétrés vers des paysages aux larges étendues. CHALICE s’affirme littéralement en se démarquant des habituelles conventions du Heavy Metal traditionnel. CHALICE « Divine Spear » (Dying Victims Productions) C’est parfois dans le froid glacial du grand Nord qu’il émerge les disques les plus chaleureux. En tout cas, depuis une décennie, CHALICE peaufine son Heavy Metal dans un esprit 70’s aux couleurs parfois Folk et il en ressort aujourd’hui un deuxième opus très réussi, très élaboré et aux variations souvent surprenantes. Après « Trembling Crown » (2020), le groupe lui offre un successeur encore plus étincelant. Précis et très organique, « Divine Spear » surclasse son prédécesseur dans son intensité et son déroulé narratif, avec notamment une fin d’album incroyable. D’un classicisme très créatif et d’une rare élégance, cette nouvelle réalisation navigue dans des sphères très Heavy avec aussi des approches plus Rock à l’occasion, et avec un aspect assez cinématographique. Autant dire qu’en dehors de l’espace underground, peu de groupes oseraient franchir autant de frontières. En tout cas, la frilosité actuelle est un frein qui ne semble pas retenir CHALICE dans ses choix. Une aubaine ! Progressif, mais véloce, le jeu des Finlandais est minutieux, parfois téméraire même, mais toujours original et électrisant. Se qualifiant de Metal ésotérique, c’est vrai que les Scandinaves nous embarquent dans une belle aventure. Epiques à souhait, ils ouvrent avec l’intro « Mare Imbrium » avant de balancer le tonitruant « Dwell Of A Stellar », titre le plus Metal de « Divine Spear ». Le morceau-titre montre toute la virtuosité du quatuor, qui éblouit juste avant avec le dantesque « Age Ethereal » sur plus de huit minutes. Le rêveur « Empyrean Liturgy » et sa flûte séduit aussi, rappelant même Skyclad. En bref, CHALICE fait dans la diversité avec beaucoup de talent sans jamais nous perdre (« Alioth », « In From The Cold »). [...]
27 février 2026Hard Rock / Hard'n HeavyFort d’une carrière exemplaire qu’il l’a vu passer chez Night Ranger, Trans-Siberian Orchestra, Revolution Saints ou Whitesnake, tout en œuvrant aussi sur les albums de Michael Sweet, Amy Lee ou Jeff Scott Soto, et en ayant également sorti trois disques instrumentaux en solo, JOEL HOEKSTRA’S 13 paraît cependant le projet le plus personnel de Joel Hoektra. Son implication est entière et le Hard Rock qu’il présente lui ressemble vraiment. Avec » From The Fade », le quatrième opus de ce projet, il prouve que le temps n’a aucune emprise et que l’inspiration demeure vivace. JOEL HOEKSTRA’S 13 « From The Fade » (Frontiers Music) Alors que l’album qu’il a composé pour la jeune chanteuse de Boston, Austen Starr, vient tout juste de sortir, le guitariste et songwriter continue de faire l’actualité et fait son retour avec son projet solo, JOEL HOEKSTRA’S 13. Enfin, solo est une façon de parler, puisqu’il n’est pas seul du tout et il est même franchement très bien accompagné. Il a, en effet, monter un groupe de cadors et cela s’entend. Ce sont d’ailleurs les mêmes pointures présentes sur les trois précédents albums. Un line-up qui s’est solidifié et dont la complémentarité est une force ici encore. Sans surprise donc, on retrouve Vinnie Appice derrière les fûts, Tony Franklin à la basse, Derek Sherinian aux claviers, Girish Pradham au chant et même Jeff Scott Soto en choriste de luxe. La formation a fière allure et ce JOEL HOEKSTRA’S 13 continue d’évoluer dans un Hard’n Heavy, ou Heavy Rock, qui lui va bien et qui résume bien les goûts et l’univers du musicien de l’Illinois. « From The Fade » est un album de Hard Rock assez classique, peu surprenant, mais l’interprétation suffit à elle seule pour passer un bon moment. Mélodique et puissante, cette quatrième réalisation brille surtout par la virtuosité des musiciens, appuyée par une complicité évidente et très plaisante. En bon patron, le six-cordiste déclenche une avalanche de riffs bien sentis et au groove chaleureux. Côté solos, il ne fait pas tellement étalage de sa technique, malgré un talent rare et évident. C’est en groupe surtout que JOEL HOEKSTRA’S 13 brille et sait se montrer accrocheur et fidèle à une certaine vision du Hard Rock du siècle dernier, mais jouée avec fougue et beaucoup de modernité dans la production. Photo : Mike Polito Retrouvez les chroniques des deux derniers albums : Joel Hoekstra’s 13 : un élixir de mélodie Joel Hoekstra’s 13 : un modèle du genre [...]
26 février 2026Heavy metalDix ans après sa création, SISKA prend un virage important dans sa courte carrière discographique. Avec « Broken Dreams », sa deuxième réalisation, il place la barre assez haut en se donnant les moyens de marquer les esprits. Doté d’une production massive et aérée et présentant une interprétation irréprochable, les Transalpins ont également un argument de poids, puisque c’est le chanteur Tim ‘Ripper’ Owens, qui vient apporter son expérience à la formation. Et si le pari est audacieux, le résultat est lui aussi convaincant. SISKA « Broken Dreams » (Independant) Fondé en 2015 du côté de Venise en Italie par le guitariste et compositeur Mattia Sisca, on peut dire que ce dernier ne manque pas de ténacité et encore moins de suite dans les idées. Après un premier effort sorti en 2018, « Romantic Dark & Violent », qui reçut un accueil assez confidentiel, le musicien est de retour avec un groupe solide. SISKA est donc un combo chevronné aguerri à la scène pour avoir ouvert pour de grands noms et c’est presque assez logiquement qu’il se présente avec un deuxième album à la hauteur de ses ambitions. Et c’est franchement réussi. Et la première évidence qui atteste de cette reprise en main musclée est la présence au chant de Tim ‘Ripper’ Owens, homme de projet s’il en est. Lui qui a toujours gravité autour d’une sphère musicale proche de celle de Judas Priest, puisqu’il y a brièvement tenu le micro, ainsi qu’avec Iced Earth et aujourd’hui KK’s Priest, est loin d’être à contre-emploi avec SISKA. Un sacré pari aussi pour les Italiens et l’Américain trouve facilement ses marques et imprègne sa touche grâce à une voix vite identifiable. Pourtant, c’est surtout sa faculté d’adaptation qu’on saluera ici. Pour l’aspect production, SISKA a carrément fait appel à Max Norman qui a rendu de belles copies pour Ozzy et Megadeth et qui assure le mix et le mastering de « Broken Dreams ». Musicalement, le quintet se présente avec un Heavy Metal assez classique et efficace. Construit sur une structure conceptuelle avec quelques passerelles instrumentales bien senties (« Last Days », « Daydream », « The Inexorable Passage Of Time »), et les morceaux puissants et accrocheurs ne manquent pas (« Gangster », « We’ll Return », « Lonely Tomb », «  Thunderbird », « Mother Nature »). Une belle copie. [...]
24 février 2026Heavy metalC’est avec beaucoup de caractère que les Hispaniques réapparaissent avec un nouvel effort plein de promesses. « Divine Power Flowing » est complet et distille un Heavy Metal qui ne vient pas révolutionner le genre, mais qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Plein de feeling sans être démonstratifs, les solos ponctuent des morceaux bien structurés et emmenés par des riffs entraînants. UNCHOSEN ONES peut paraître assez timoré de prime abord, mais il dévoile des arrangements très soignés et une assurance que l’on retrouve dans des mélodies raffinées. UNCHOSEN ONES « Divine Power Flowing » (Blood Fire Death) La scène espagnole se porte bien et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et si la plupart des groupes choisissent l’autoproduction, c’est une autre preuve de leur indépendance et c’est plutôt bon signe, compte tenu de l’état de l’industrie musicale actuelle. Originaire de Vigo, UNCHOSEN ONES avait fait irruption il y a trois ans avec « Sorrow Turns To Dust » et avait marqué les esprits grâce à une qualité indéniable, autant dans son contenu que dans sa production. Un son clair, un Heavy Metal classique, mais soutenu, la démarche est aussi simple qu’efficace. Avec « Divine Power Flowing », le quintet confirme ses ambitions et il faut dire qu’avec de tels musiciens, UNCHOSEN ONES possède de solides atouts. Expérimentés, ils ont composé un deuxième album solide et massif, au point de flirter à l’occasion avec le Power Metal de manière très subtile. Le niveau technique est irréprochable, l’inspiration aussi et l’équilibre de cette nouvelle réalisation est inébranlable. Le duo guitare/claviers offre de belles combinaisons, tout en se répondant sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre. Une belle complémentarité. Au chant, Javier Calderón est à la fois fédérateur et musclé. Son approche personnelle guide UNCHOSEN ONES avec classe. Particulièrement véloce et précise, la rythmique est très en place et provoque des élans costauds, qui mettent parfaitement en relief des titres accrocheurs (« Idols & Kings », « The Void », « Cursed Without A Cause », « Wirlwind Saw », « Bloodborne », « Midnight Mass », « Death And Deliverance »). Ce deuxième opus des Galiciens montre une montée en puissance significative marquée par une profondeur éclatante. [...]
19 février 2026Heavy metal / Old School / Power metalLes Etats-Unis continuent leur renouveau au sein de la scène Heavy Metal et GREYHAWK commence à s’y faire une place de choix. Si le line-up a connu un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle voix, la ligne directrice du combo n’a pas bougé. Elle s’est même affinée et cette nouvelle réalisation, si elle aborde les mêmes thématiques, reste vivifiante et solide. « Warriors Of Greyhawk » est accrocheur, élancé et techniquement irréprochable. Sans parler de mise à jour, les ambitions actuelles sont très claires. GREYHAWK « Warriors Of Greyhawk » (Cruz Del Sur Records) Seattle n’est pas vraiment réputée comme étant un bastion du Heavy Metal traditionnel, et pourtant GREYHAWK trace son chemin depuis dix ans maintenant. Pour son troisième album, auquel il faut ajouter deux EPs, le quintet monte au front et livre ses nouvelles batailles avec un nouveau chanteur. En lieu et place de Rev Taylor parti voguer vers d’autres cieux, c’est Anthony Corso qui prend les commandes et sa performances sur « Warriors Of Greyhawk » est plus que convaincante. Il n’a vraiment pas mis longtemps à s’adapter au registre de ses partenaires. Très bien produit par Henrik Udd qui a su apporter de l’impact et de la vélocité aux morceaux du groupe, ce nouvel effort dénote un peu de l’esprit Old School initial, mais il a su conserver l’ADN du genre. L’univers de GREYHAWK est toujours basé sur celui de la Fantasy et l’atmosphère épique de « Warriors Of Greyhawk » a des saveurs héroïques. Bardé de riffs racés et de solos flirtant parfois avec le Neo-Classic, il déborde d’énergie et la fougueuse rythmique apporte le relief nécessaire à l’élaboration de ce bon Heavy Metal un brin Power. Puissant et mélodique, ce nouvel opus ouvre de nouveaux horizons à un style estampillé vintage en lui offrant une continuité dans son approche moderne. Bien sûr, les influences de Dio, Chastain et même George Lynch, époque Dokken pour les guitares, sont présentes, mais GREYHAWK tire son épingle du jeu grâce, notamment, à son duo de six-cordistes, un frontman explosif et un songwriting efficace (« Endless Race », « Hyperspace », « Land Of Ashes », « Eternal Quest »). « Warriors Of Greyhawk » affiche beaucoup de force, tout en restant accessible. Retrouvez la chronique de leur album précédent, « Thunderheart » : Greyhawk : génération augmentée [...]
18 février 2026Hard Rock / Hard'n Heavy / InternationalAprès dix ans d’activité et plusieurs changements de personnels, le désormais quatuor semble avoir trouvé la stabilité. En tout cas, c’est ce que laisse supposer « Square One », le deuxième album de la formation madrilène. Affichant une parfaite parité, elle passe sa première décennie avec sérénité et son Hard Rock, féroce et mélodique, a lui aussi trouvé un bel équilibre. Sur une production actuelle signée par son guitariste, les Espagnols gardent un pied dans un registre 80’s élancé et costaud. Puissant et accrocheur, ce nouvel opus s’offre aussi quelques saveurs Heavy que la polyvalence de sa frontwoman, Sele (Selene Perdiguero – NDR), met brillamment en lumière. Rencontre avec un chanteuse, qui incarne littéralement la force et la confiance qui unit le groupe. – En 2020, RAVE IN FIRE a négocié un virage important avec les arrivées de Sara à la basse et la tienne, Selene, au chant, ce qui offre au groupe une parité totale. C’est un changement important. Etait-ce voulu, ou ne s’agit-il que d’un simple concours de circonstance ? RAVE IN FIRE a eu un chanteur et un bassiste masculins par le passé, mais le groupe n’a jamais laissé le genre influencer le choix de ses membres. J’ai auditionné comme tout le monde et j’ai été sélectionnée. La décision reposait uniquement sur nos compétences et notre compatibilité. C’est pourquoi ils nous ont choisi Sara (Carretero, basse – NDR) et moi. Honnêtement, je suis vraiment fière de faire partie du groupe, non pas grâce au genre de qui que ce soit, mais parce que ce sont des musiciens exceptionnels et des personnes formidables. – « Square One » est votre deuxième album et il marque aussi le départ de David Insua, votre ancien second guitariste. En évoluant à une seule guitare, l’objectif est-il de rééquilibrer le groupe et de gagner aussi peut-être en efficacité, car vous auriez pu lui trouver un remplaçant ? Cette opinion est controversée. Mais nous y croyons fermement car, de nos jours, peu de groupes ont réellement besoin de deux guitares. Sur scène, elles passent 80% du temps à faire la même chose, ce qui brouille le son, surtout dans les petites salles. Pour qu’un groupe ait besoin de deux guitares, il faut qu’elles aient un son très clair et se complètent parfaitement. Rares sont les groupes qui y parviennent aujourd’hui. De plus, nous sommes un quatuor d’amis. Certains d’entre nous se connaissent depuis plus de dix ans. Il existe donc un lien fort entre nous et on se comprend très bien. Par ailleurs, le fait que Jonjo (Negrete – NDR) soit le seul guitariste lui a permis, à mon avis, de s’exprimer librement et de révéler sa facette la plus personnelle. – Si « Square One » s’inscrit dans la continuité de « Sons Of A Lie » sorti en 2022, il est aussi plus mélodique, plus Hard Rock que Heavy Metal, et il distille quelques touches proches de l’AOR. RAVE IN FIRE a également gagné en dynamisme. Est-ce pour être au plus près de ta couleur vocale, ou est-ce quelque chose de mûrement réfléchi ? Honnêtement, ce n’était pas prévu. On a simplement suivi les idées qui nous venaient. Je pense que « Square One » est le fruit de la passion de quatre mélomanes qui, pendant leur temps libre, aiment écouter toutes sortes de musique et cela se ressent naturellement dans le résultat final. – Par ailleurs, RAVE IN FIRE affiche toujours une saveur très 80’s et renvoie à des albums de Lita Ford ou de Chastain avec Leather Leone. Ça, c’est l’aspect américain de ce qui ressort, mais vous vous revendiquez aussi légitimement de la scène espagnole. Quelles sont vos principales références, et surtout est-ce que cela se joue surtout dans l’approche plus que dans le son ? Musicalement, nous nous sommes inspirés de groupes de Heavy Metal espagnols vétérans comme Barón Rojo et Obús, mais aussi de groupes locaux plus récents comme Witchtower, Leather Heart, Steelhorse ou Hitten. – Il y a aussi quelque chose de sensuel dans la musique de RAVE IN FIRE, et pas seulement dans le chant, qui dénote du Metal Old School et même de certains groupes entièrement féminins. Comment faites-vous cet équilibre et est-ce aussi une façon de vous démarquer ? Nous faisons de la musique, parce que nous y prenons plaisir et nous essayons de créer quelque chose qui nous touche profondément et qui vient du plus profond de nous-mêmes. Nous cherchons toujours à exprimer nos émotions tout en essayant de créer un lien avec le public. Aujourd’hui, avec la profusion de musique disponible, on ne cherche pas à plaire à tout le monde. Nous le faisons pour le simple plaisir, sans prétention. Et si nous plaisons, le plus important est que ce soit pour ce que nous sommes. – Ce qu’il y a aussi de remarquable chez RAVE IN FIRE, c’est cette complicité, voire l’osmose, entre la batterie, les riffs et même les solos de guitare. Est-ce parce que ce sont les deux fondateurs du groupe, ou est-ce quelque chose qui est travaillé assidûment ? Jonjo et Jimi (Jaime Susanna, batterie – NDR) sont sans aucun doute d’excellents musiciens, qui travaillent sans relâche. Mais je crois aussi que leur amitié contribue à créer cette synergie et cette compréhension mutuelle. S’ils n’étaient que musiciens dans le même groupe, ils accompliraient déjà des choses extraordinaires. Mais lorsqu’on se sent à l’aise dans un environnement créatif, on donne naturellement le meilleur de soi-même. Cela dit, rien de tout cela ne serait possible sans technique et professionnalisme. De manière générale, nous nous comprenons tous très bien musicalement. – Vous avez aussi la particularité de vous occuper vous-mêmes de l’enregistrement et du processus de production et c’est votre guitariste, également principal compositeur, qui gère l’ensemble. En quoi est-ce important pour vous ? C’est une façon de garantir l’identité sonore du groupe ? Concernant le mastering et la production, nous avons une confiance absolue en Jonjo. Il a passé de nombreuses années à apprendre non seulement à produire, mais aussi à comprendre le son qu’il recherche et que nous souhaitons tous les quatre obtenir. Cela nous permet de maîtriser notre travail et nous sommes ravis du résultat. Pour moi, c’est inestimable. Quant à la composition, Jonjo est effectivement le compositeur principal. Lors du processus de création, il propose généralement des idées, qui partent souvent de riffs plus ou moins structurés, que nous développons ensuite ensemble. Cela dit, nous restons ouverts à d’autres méthodes. Certaines chansons, par exemple, sont nées de paroles et de mélodies vocales créées par d’autres membres du groupe. J’ai d’ailleurs écrit la plupart des paroles de l’album, à l’exception de la chanson « Square One », écrite par Jimi. – Enfin, « Square One » marque aussi votre arrivée chez High Roller Records. Est-ce une manière aussi pour vous de vous émanciper de la scène espagnole et de viser des scènes européennes plus importantes ? Nous n’avons jamais souhaité nous couper de la scène musicale espagnole. Nous adorons jouer dans notre pays et partager ces moments avec nos amis et d’autres musiciens que nos apprécions. Par ailleurs, nous aimerions toucher un public plus large et jouer ailleurs. High Roller Records nous offre l’opportunité de faire connaître notre musique en Europe. Nous souhaitons revivre l’expérience vécue au festival de Trvheim en Allemagne. Voyager et jouer à l’(Negrete, guitare – NDR)étranger serait un véritable rêve, qui se réaliserait pour nous. Le nouvel album de RAVE IN FIRE, « Square One », est disponible chez High Roller Records. [...]
17 février 2026Hard Rock / Pub RockImplacable, rebelle et irrésistiblement positive, la formation de Sydney est allée puiser son énergie dans le tréfonds des endroits les plus malfamés de sa ville. Digne héritier d’une tradition Pub Rock unique en son genre, AVALANCHE sort son premier effort avec tellement d’insouciance qu’on se laisse prendre au jeu de cette ambiance délurée. « Armed To The Teeth » porte bien son titre, tant il en a sous le capot. Enregistré presque entièrement en condition live, on imagine sans mal le quatuor haranguant la foule. Un vrai souffle de liberté… AVALANCHE « Armed To The Teeth » (MGM) Si cet album aurait pu avoir été enregistré il y a 30, 40 ou même 50 ans, c’est qu’il a vraiment une résonance familière avec son Rock percutant et fédérateur. Et comme nous sommes en Australie, le Hard Rock d’AVALANCHE porte un nom : le Pub Rock, incarné depuis des décennies par AC/DC et Rose Tattoo et plus récemment par Airbourne notamment. Sans fioriture, direct et efficace, « Armed To The Teeth » affiche également une belle production signée Steve James (The Angels, The Screaming Jets), qui a parfaitement su restituer l’intensité et la fougue du combo. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de électricité dans l’air. Assis sur la caisse de dynamite, on retrouve Veronica et Steve Campbell, unis à la scène comme à la ville, respectivement lead guitariste et bassiste/chanteur. Ces deux-là sont sans limite et, soutenu par Blake Poulton à la guitare rythmique et le cogneur Bon Lowe, ils sont la colonne vertébrale de cette incontrôlable AVALANCHE. « Armed To The Teeth » est rugueux, spontané et sent bon les regrettés bars enfumés aux effluves de bière, jadis si Rock’n’Roll et authentiques. S’ils ne renouvellent pas vraiment le genre, on peut affirmer que nos quatre rockeurs renversent quelques tables. Sans artifice, l’album a une saveur toute adolescente et on est prêt à les suivre jusqu’au bout de la nuit. Survolté, le frontman semble nous faire une soirée diapo sur fond de souvenirs de jeunesse pour le moins déjantés (« On The Bags Again », « Dad, I Joined A Rock’n’Roll Band », « Ride Or Die », « Kick Your Heels Back », « Hell’s Getting Hotter With You », « Bottle Of Sin » et le morceau-titre bien sûr). AVALANCHE est là pour botter des cul et afficher des sourires ! [...]