Chroniques

Retrouvez quotidiennement les sorties d’albums qui font l’actualité (ou pas !). Classés par style, n’hésitez pas à fouiller un peu et à partir à la découverte de groupes qui n’ont pas forcément la lumière qu’ils méritent !

Liste Chroniques
18 février 2026Hard Rock / Hard'n Heavy / InternationalAprès dix ans d’activité et plusieurs changements de personnels, le désormais quatuor semble avoir trouvé la stabilité. En tout cas, c’est ce que laisse supposer « Square One », le deuxième album de la formation madrilène. Affichant une parfaite parité, elle passe sa première décennie avec sérénité et son Hard Rock, féroce et mélodique, a lui aussi trouvé un bel équilibre. Sur une production actuelle signée par son guitariste, les Espagnols gardent un pied dans un registre 80’s élancé et costaud. Puissant et accrocheur, ce nouvel opus s’offre aussi quelques saveurs Heavy que la polyvalence de sa frontwoman, Sele (Selene Perdiguero – NDR), met brillamment en lumière. Rencontre avec un chanteuse, qui incarne littéralement la force et la confiance qui unit le groupe. – En 2020, RAVE IN FIRE a négocié un virage important avec les arrivées de Sara à la basse et la tienne, Selene, au chant, ce qui offre au groupe une parité totale. C’est un changement important. Etait-ce voulu, ou ne s’agit-il que d’un simple concours de circonstance ? RAVE IN FIRE a eu un chanteur et un bassiste masculins par le passé, mais le groupe n’a jamais laissé le genre influencer le choix de ses membres. J’ai auditionné comme tout le monde et j’ai été sélectionnée. La décision reposait uniquement sur nos compétences et notre compatibilité. C’est pourquoi ils nous ont choisi Sara (Carretero, basse – NDR) et moi. Honnêtement, je suis vraiment fière de faire partie du groupe, non pas grâce au genre de qui que ce soit, mais parce que ce sont des musiciens exceptionnels et des personnes formidables. – « Square One » est votre deuxième album et il marque aussi le départ de David Insua, votre ancien second guitariste. En évoluant à une seule guitare, l’objectif est-il de rééquilibrer le groupe et de gagner aussi peut-être en efficacité, car vous auriez pu lui trouver un remplaçant ? Cette opinion est controversée. Mais nous y croyons fermement car, de nos jours, peu de groupes ont réellement besoin de deux guitares. Sur scène, elles passent 80% du temps à faire la même chose, ce qui brouille le son, surtout dans les petites salles. Pour qu’un groupe ait besoin de deux guitares, il faut qu’elles aient un son très clair et se complètent parfaitement. Rares sont les groupes qui y parviennent aujourd’hui. De plus, nous sommes un quatuor d’amis. Certains d’entre nous se connaissent depuis plus de dix ans. Il existe donc un lien fort entre nous et on se comprend très bien. Par ailleurs, le fait que Jonjo (Negrete – NDR) soit le seul guitariste lui a permis, à mon avis, de s’exprimer librement et de révéler sa facette la plus personnelle. – Si « Square One » s’inscrit dans la continuité de « Sons Of A Lie » sorti en 2022, il est aussi plus mélodique, plus Hard Rock que Heavy Metal, et il distille quelques touches proches de l’AOR. RAVE IN FIRE a également gagné en dynamisme. Est-ce pour être au plus près de ta couleur vocale, ou est-ce quelque chose de mûrement réfléchi ? Honnêtement, ce n’était pas prévu. On a simplement suivi les idées qui nous venaient. Je pense que « Square One » est le fruit de la passion de quatre mélomanes qui, pendant leur temps libre, aiment écouter toutes sortes de musique et cela se ressent naturellement dans le résultat final. – Par ailleurs, RAVE IN FIRE affiche toujours une saveur très 80’s et renvoie à des albums de Lita Ford ou de Chastain avec Leather Leone. Ça, c’est l’aspect américain de ce qui ressort, mais vous vous revendiquez aussi légitimement de la scène espagnole. Quelles sont vos principales références, et surtout est-ce que cela se joue surtout dans l’approche plus que dans le son ? Musicalement, nous nous sommes inspirés de groupes de Heavy Metal espagnols vétérans comme Barón Rojo et Obús, mais aussi de groupes locaux plus récents comme Witchtower, Leather Heart, Steelhorse ou Hitten. – Il y a aussi quelque chose de sensuel dans la musique de RAVE IN FIRE, et pas seulement dans le chant, qui dénote du Metal Old School et même de certains groupes entièrement féminins. Comment faites-vous cet équilibre et est-ce aussi une façon de vous démarquer ? Nous faisons de la musique, parce que nous y prenons plaisir et nous essayons de créer quelque chose qui nous touche profondément et qui vient du plus profond de nous-mêmes. Nous cherchons toujours à exprimer nos émotions tout en essayant de créer un lien avec le public. Aujourd’hui, avec la profusion de musique disponible, on ne cherche pas à plaire à tout le monde. Nous le faisons pour le simple plaisir, sans prétention. Et si nous plaisons, le plus important est que ce soit pour ce que nous sommes. – Ce qu’il y a aussi de remarquable chez RAVE IN FIRE, c’est cette complicité, voire l’osmose, entre la batterie, les riffs et même les solos de guitare. Est-ce parce que ce sont les deux fondateurs du groupe, ou est-ce quelque chose qui est travaillé assidûment ? Jonjo et Jimi (Jaime Susanna, batterie – NDR) sont sans aucun doute d’excellents musiciens, qui travaillent sans relâche. Mais je crois aussi que leur amitié contribue à créer cette synergie et cette compréhension mutuelle. S’ils n’étaient que musiciens dans le même groupe, ils accompliraient déjà des choses extraordinaires. Mais lorsqu’on se sent à l’aise dans un environnement créatif, on donne naturellement le meilleur de soi-même. Cela dit, rien de tout cela ne serait possible sans technique et professionnalisme. De manière générale, nous nous comprenons tous très bien musicalement. – Vous avez aussi la particularité de vous occuper vous-mêmes de l’enregistrement et du processus de production et c’est votre guitariste, également principal compositeur, qui gère l’ensemble. En quoi est-ce important pour vous ? C’est une façon de garantir l’identité sonore du groupe ? Concernant le mastering et la production, nous avons une confiance absolue en Jonjo. Il a passé de nombreuses années à apprendre non seulement à produire, mais aussi à comprendre le son qu’il recherche et que nous souhaitons tous les quatre obtenir. Cela nous permet de maîtriser notre travail et nous sommes ravis du résultat. Pour moi, c’est inestimable. Quant à la composition, Jonjo est effectivement le compositeur principal. Lors du processus de création, il propose généralement des idées, qui partent souvent de riffs plus ou moins structurés, que nous développons ensuite ensemble. Cela dit, nous restons ouverts à d’autres méthodes. Certaines chansons, par exemple, sont nées de paroles et de mélodies vocales créées par d’autres membres du groupe. J’ai d’ailleurs écrit la plupart des paroles de l’album, à l’exception de la chanson « Square One », écrite par Jimi. – Enfin, « Square One » marque aussi votre arrivée chez High Roller Records. Est-ce une manière aussi pour vous de vous émanciper de la scène espagnole et de viser des scènes européennes plus importantes ? Nous n’avons jamais souhaité nous couper de la scène musicale espagnole. Nous adorons jouer dans notre pays et partager ces moments avec nos amis et d’autres musiciens que nos apprécions. Par ailleurs, nous aimerions toucher un public plus large et jouer ailleurs. High Roller Records nous offre l’opportunité de faire connaître notre musique en Europe. Nous souhaitons revivre l’expérience vécue au festival de Trvheim en Allemagne. Voyager et jouer à l’(Negrete, guitare – NDR)étranger serait un véritable rêve, qui se réaliserait pour nous. Le nouvel album de RAVE IN FIRE, « Square One », est disponible chez High Roller Records. [...]
17 février 2026Hard Rock / Pub RockImplacable, rebelle et irrésistiblement positive, la formation de Sydney est allée puiser son énergie dans le tréfonds des endroits les plus malfamés de sa ville. Digne héritier d’une tradition Pub Rock unique en son genre, AVALANCHE sort son premier effort avec tellement d’insouciance qu’on se laisse prendre au jeu de cette ambiance délurée. « Armed To The Teeth » porte bien son titre, tant il en a sous le capot. Enregistré presque entièrement en condition live, on imagine sans mal le quatuor haranguant la foule. Un vrai souffle de liberté… AVALANCHE « Armed To The Teeth » (MGM) Si cet album aurait pu avoir été enregistré il y a 30, 40 ou même 50 ans, c’est qu’il a vraiment une résonance familière avec son Rock percutant et fédérateur. Et comme nous sommes en Australie, le Hard Rock d’AVALANCHE porte un nom : le Pub Rock, incarné depuis des décennies par AC/DC et Rose Tattoo et plus récemment par Airbourne notamment. Sans fioriture, direct et efficace, « Armed To The Teeth » affiche également une belle production signée Steve James (The Angels, The Screaming Jets), qui a parfaitement su restituer l’intensité et la fougue du combo. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de électricité dans l’air. Assis sur la caisse de dynamite, on retrouve Veronica et Steve Campbell, unis à la scène comme à la ville, respectivement lead guitariste et bassiste/chanteur. Ces deux-là sont sans limite et, soutenu par Blake Poulton à la guitare rythmique et le cogneur Bon Lowe, ils sont la colonne vertébrale de cette incontrôlable AVALANCHE. « Armed To The Teeth » est rugueux, spontané et sent bon les regrettés bars enfumés aux effluves de bière, jadis si Rock’n’Roll et authentiques. S’ils ne renouvellent pas vraiment le genre, on peut affirmer que nos quatre rockeurs renversent quelques tables. Sans artifice, l’album a une saveur toute adolescente et on est prêt à les suivre jusqu’au bout de la nuit. Survolté, le frontman semble nous faire une soirée diapo sur fond de souvenirs de jeunesse pour le moins déjantés (« On The Bags Again », « Dad, I Joined A Rock’n’Roll Band », « Ride Or Die », « Kick Your Heels Back », « Hell’s Getting Hotter With You », « Bottle Of Sin » et le morceau-titre bien sûr). AVALANCHE est là pour botter des cul et afficher des sourires ! [...]
12 février 2026Blues / Blues RockLes concerts ont toujours été des moments privilégiés pour le musicien anglais, l’endroit sans doute où il s’exprime le mieux. D’ailleurs, il suffit d’entendre la réaction du public sur ce splendide « One Moment In Time – Live In The USA » pour se rendre compte de sa faculté à partager sa musique et à communier autant avec son groupe qu’avec les spectateurs. ROBIN TROWER fait partie de ses bluesmen qui respirent chacune des notes jouées, et que ses musiciens accompagnent avec une écoute très attentive et surtout un groove qui sublime ce guitariste et chanteur hors-norme. ROBIN TROWER « One Moment In Time – Live In The USA » (Artone/Provogue) L’icône du Blues Rock britannique nous propose cette fois une traversée de l’Atlantique pour de nouvelles versions live de ses plus emblématiques morceaux, avec même quelques surprises à la clef. Certes, ROBIN TROWER dispose d’un tel répertoire qu’on sait par avance que le résultat sera enthousiasmant et passionné, et qu’importe que ses titres nous reviennent en mémoire en quelques instants, les entendre sur scène prend une tout autre dimension. L’homme y est dans son jardin, une zone de confort rendue possible possible grâce à des fans toujours aussi fidèles. Le plus étonnant chez ce guitar-hero du Blues est sa faculté toute naturelle à nous faire oublier son âge et plus de six décennies d’une carrière exemplaire. Il a l’émotion, la dextérité et le plaisir toujours aussi exaltés. S’il se bonifie sur certains aspects, ROBIN TROWER a surtout ce don de ne jamais présenter la même chose. Et même si des chansons comme « Too Rolling Stoned », « Somebody Calling » ou « Day Of The Eagle » font toujours leurs petits effets, que dire des perles que sont encore et toujours « Bridge Of Sighs » ou « Rie Up Like The Sun ». Le temps s’arrête. Capté à The Music Box At The Borgata à Atlantic City, New Jersey, le 14 juin dernier et au Tupelo Music Hall de Derry, New Hampshire, dix jours plus tard, ROBIN TROWER a déclaré de pas reconnaître ses lieux où il s’est pourtant produit avec Procol Harum, sa légendaire formation, tant l’Amérique a changé. Pour autant, la grâce dont il a fait preuve ses deux soirs-là reste un moment suspendu de sa tournée, qui célébrait l’album « Come And Find Me ». Entre passé et présent, le virtuose se meut dans des compositions qui traversent les époques en toute liberté. Photo : Blackham Images Retrouvez les chroniques de ses derniers albums studios : Robin Trower : étincelant Robin Trower featuring Sari Schorr : éblouissant Robin Trower : mister Blues [...]
11 février 2026Hard Rock / International / Rock HardFamiliarisés avec le format EP qui semble bien leur convenir, les Australiens ont une vision très claire de leur musique et de ce qu’elle doit apporter. Chaque titre du quintet est d’une précision absolue, tant dans leur structure que dans cet équilibre qui fait que chacune d’elles vibre à l’unisson. Avec un côté très 90’s dans l’approche, STONETRIP offre une vision du Hard Rock de son île-continent bien différente de ceux qui ont percé jusqu’en Europe. Percutant et mélodique, « The Fight » nous transporte avec force et émotion dans les grands espaces de son pays avec une touche très british. La formation de Melbourne devient très vite addictive, tant le songwriting est ici élevé au rang d’art. Riffs accrocheurs, rythmique solide, chant puissant soutenu par des chœurs envoûtants, le combo avance avec l’assurance d’une intemporalité maîtrisée et un savoir-faire irréprochable. Rencontre avec un groupe d’une classe évidente sur qui le temps paraît glisser. – On vous a découvert en 2021 avec un premier EP déjà très mature, accrocheur et solide. A l’époque, le sentiment que vous donniez était que vous étiez vraiment un groupe de scène. Aviez-vous beaucoup enchaîné les concerts avant d’entrer en studio ? Absolument. STONETRIP a été conçu avant tout comme un groupe de scène. Avant d’entrer en studio, nous avons passé beaucoup de temps en concert, à peaufiner les arrangements et à laisser les morceaux évoluer naturellement. Cette expérience a façonné l’EP. Nous savions déjà ce qui fonctionnait, ce qui touchait le public et où chaque morceau avait besoin de respirer. L’enregistrement ne consistait pas à faire des démos, mais à capturer l’essence d’un groupe qui savait déjà qui il était. – J’imagine que cet EP vous avait ouvert des portes, car deux ans plus tard, vous sortiez votre premier album « Run Free ». Pourtant, on y retrouve les morceaux de « Stonetrip ». Pour quelles raisons n’aviez-vous pas enregistré un disque totalement inédit ? Ces chansons avaient encore du potentiel. Elles suscitaient un vif intérêt en concert et gagnaient en popularité sur les plateformes de streaming, et nous pensions qu’elles méritaient une plus grande visibilité et un écrin plus cohérent. « Run Free » n’était pas un nouveau départ, mais la consolidation de ce premier chapitre et sa présentation comme un aboutissement. Pour nous, il était logique de capitaliser sur cette dynamique plutôt que d’abandonner des chansons qui représentaient encore notre identité. – STONETRIP revient d’ailleurs aujourd’hui avec « The Fight », qui est encore un EP. On aurait pu vous attendre avec un album complet. Est-ce une question de budget d’enregistrement, ou plus simplement un format qui vous convient et aussi une façon d’avoir une actualité après trois ans sans disque ? L’important, c’est la concentration, pas le budget. Le format EP nous permet de sortir des morceaux percutants, sans remplissage, et de rester créatifs. « The Fight » est un projet très réfléchi : chaque titre a sa place. On ne voulait pas se précipiter sur un album complet juste pour le plaisir. Cet EP reflète où en est le groupe actuellement, musicalement et émotionnellement, et c’était le moyen idéal de renouer après une longue pause. Et oui, un album complet est bel et bien en préparation. – L’omniprésence des plateformes vous y ont-elles aussi conduit ? A moins que vous ne favorisiez d’abord les concerts ? Et puis, la scène est aussi ce qu’il y a de plus révélateur pour un groupe à travers notamment la connexion avec les fans… Le streaming a indéniablement transformé notre façon de consommer la musique, mais les concerts restent notre priorité. C’est sur scène que STONETRIP prend toute son ampleur. Ce contact direct avec le public est essentiel : on ne peut pas le simuler, ni se cacher derrière une mise en scène. Le streaming permet de nous faire découvrir, mais le véritable lien se tisse face à face, chanson après chanson, soir après soir. – Musicalement, STONETRIP dénote un peu de la scène australienne que l’on connaît ici en Europe, qui nous a plus habitué à un Hard Rock brut et direct, façon Pub Rock. Est-ce justement pour vous démarquer que vous empruntez une voie plus mélodique et plus affinée, car votre jeu est plus limpide et précis ? Nous n’avons jamais cherché à créer un contraste délibéré, mais la mélodie a toujours été au cœur de notre écriture. Nous aimons la clarté, les mélodies accrocheuses et le dynamisme. Notre musique conserve sa puissance et son intensité, mais elles sont contrebalancées par une structure et une atmosphère soignées. C’est tout simplement ainsi que nos influences et notre instinct se rejoignent : c’est authentique, plutôt que calculé. – D’ailleurs, c’est assez surprenant de voir que STONETRIP semble plutôt avoir des références anglaises dans le son et dans l’approche du songwriting aussi, à l’instar de Def Leppard, par exemple. Cependant, vous conservez cette énergie et cette vélocité qui évoquent les grands espaces. Est-ce finalement ça votre touche australienne ? C’est une façon juste de le dire. Nous sommes influencés par la musique britannique classique et ses harmonies, mais nous les interprétons à travers un prisme australien : un sentiment de mouvement, de liberté et d’ouverture. Il y a quelque chose dans la distance, l’espace et la culture de la route ici, qui nourrit naturellement l’énergie de notre musique. C’est probablement de là que vient cet équilibre. – Ce qui est remarquable entre « Run Free » et « The Fight », c’est une production assez similaire et un son très identifiable, grâce à de belles et incisives guitares et un chant personnel et puissant. Est-ce que c’est une espèce de quête d’intemporalité, qui guide STONETRIP depuis le début ? Oui, l’intemporalité a toujours été importante pour nous. Nous voulons des morceaux qui restent pertinents des années plus tard, pas quelque chose d’éphémère, figé dans une mode passagère. La constance du son et de la production contribue à forger notre identité. Quand on écoute un morceau de STONETRIP, on veut que ce soit immédiatement reconnaissable. – Enfin, il y a ce son très 90’s qui caractérise en partie STONETRIP, tout en affichant une touche très actuelle. On vous sent un peu imperméables aux modes, est-ce le cas ? Nous respectons les tendances, mais nous ne les suivons pas. L’influence des années 90 vient d’une époque où les chansons avaient le temps de s’épanouir et où les groupes privilégiaient le fond. Ce qui nous intéresse, c’est la pérennité, pas les algorithmes. Si la musique est authentique et puissante, elle trouvera toujours son public. Autoproduit, le nouvel EP de STONETRIP, « The Fight », est disponible chez Golden Robot Records. [...]
10 février 2026Blues / Blues RockConcocté par le très prolifique JOE BONAMASSA, « BB King’s Blues Summit 100 » ne pouvait qu’être qu’irréprochable, varié et inspiré. Et il l’est ! Peut-être que les puristes et les fans les plus assidus de la légende le trouveront pompeux à quelques égards, même s’il rassemble des incontournables de BB King. Ne soufrant qu’aucune prestation moyenne, ces 32 reprises rappellent l’importance et l’héritage laissé au monde du Blues par l’un de ses plus éminents acteurs. Un opus surtout destiné à qui accepterait une vision nouvelle d’une carrière exceptionnelle. JOE BONAMASSA « B.B. King’s Blues Summit 100 » (KTBA Records) Mentor et à la fois modèle, et même si son jeu est assez éloigné du sien, JOE BONAMASSA a toujours voué beaucoup de respect et d’admiration pour le grand BB King. Celui qui l’a côtoyé pendant plus de 25 ans, et pour qui il a ouvert un concert alors qu’il était tout juste âgé de 12 ans, lui rend ici un hommage digne de ce nom à l’occasion de son centième anniversaire. Pour se faire, l’homme au costume a vu les choses en grand avec un casting cinq étoiles et pas moins de 32 morceaux repris avec énormément de talent et de sincérité par des musiciens tous très impliqués. Bien sûr, choisir 32 chansons dans le vaste répertoire du bluesman aux 16 Grammy Awards n’est pas chose aisée. Mais s’il manque quelques classiques à l’appel, « BB King’s Blues Summit 100 » regorge de pépites et elles sont toutes très représentatives de l’empreinte laissée par le maître du Mississippi sur le Blues en général. Mais surtout, ce double-album montre à quel point il a su traverser et transcender les générations, qui se le sont finalement appropriées de manière très personnelle et avec un regard neuf et différent sur son œuvre, et ce malgré des sphères opposées. Ce colossal projet est enregistré et produit par JOE BONAMASSA et son complice Josh Smith, qui l’ont réalisé l’ensemble lors de sessions mensuelles en studio. Dans ce line-up de rêve figurent les légitimes Eric Clapton, Buddy Guy et Bobby Rush, d’autres faisant partie du cercle proche de l’instigateur comme Christone ‘Kingfish’ Ingram, Marcus King ou Joanne Shaw Taylor. Et puis, Susan Tedeshi & Derek Trucks, Larkin Poe, Jimmie Vaughan, Keb’ Mo’, Kenny Wayne Shepherd, Dion, Eric Gales, Warren Hayes et bien d’autres apportent leur contribution à ce bel hommage. Un must !  Retrouvez les chroniques des derniers albums de JOE BONAMASSA : Joe Bonamassa : l’audace des grands Joe Bonamassa : symphonic pleasures Joe Bonamassa : fastueux Joe Bonamassa : maître des lieux Joe Bonamassa : le Blues à hauteur de guitare [...]
9 février 2026Heavy metal / International / Old SchoolAllier puissance et énergie dans un Heavy Metal traditionnel, tout en conférant une approche actuelle, c’est l’objectif atteint par les Barcelonais de WICKED LEATHER. Mené par une frontwoman à la fois magnétique et déterminée, le quintet se présente avec un premier album très convaincant. Entre occultisme, mystère et charges décibéliques concentrées, le groupe a déjà trouvé sa place au sein de l’underground espagnole et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec une assurance et une volonté à toutes épreuves, les Catalans s’apprêtent à déferler au-delà de leurs frontières avec le sombre et véloce « Season Of The Witch », une production aboutie, organique et très efficace. Entretien avec Yami, fondatrice et chanteuse du combo qui, à l’image de sa musique, ne manque pas d’audace et ne mâche pas ses mots. – « Season Of The Witch » est votre premier album et pourtant à vous écouter, vous êtes loin d’être des débutants. Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs et de la création de WICKED LEATHER ? Tous les membres du groupe ont une expérience musicale antérieure. Personne n’est novice : on a survécu à des répétitions qui empestaient la sueur, le tabac et la pizza, à des camionnettes en panne au milieu de nulle part et à des idées ‘géniales’ à 3h du matin qui se sont avérées catastrophiques. C’est dans ces moments-là qu’on apprend ce qui fonctionne, ce qui marque et ce qui laisse des traces. Je suis pianiste de formation, j’ai chanté dans des chorales et j’ai joué dans des groupes. Cette expérience influence notre façon de jammer et notre son. WICKED LEATHER est né de notre désir commun : faire un Heavy Metal qui déchire, qui surprend et qui assume pleinement sa nature. Si ça ne fait pas hurler vos voisins, c’est que ça ne marche pas ! – Avant l’album, vous aviez sorti un premier double-single, « Echoes Of The Storm », il y a deux ans. A-t-il été pour vous le déclencheur de ce qui a suivi, dont la signature chez Lost Realm Records ? Et l’aviez-vous considéré comme une carte de visite à l’époque ? Oui, c’était notre façon de dire ‘bonjour tout le monde, nous existons !’. Honnêtement, on ne s’attendait pas à grand-chose. Avec Lost Realm Records, c’était différent. Ils ont écouté l’album, l’ont aimé et on a commencé à discuter. Pas de magie, juste de la bonne musique qui fait son effet. Parfois, les opportunités se présentent et il faut savoir les saisir… – D’ailleurs, malgré une bonne visibilité et de bons retours, vous avez quitté Jawbreaker Records, votre label à ce moment-là. Ça peut paraître étonnant, juste après ce bon départ. Que s’est-il passé ? Nous n’avons abandonné personne. Nous sommes restés en contact et nous avons tout expliqué. Lost Realm Records nous offrait simplement une voie plus logique pour le groupe. Gustav de Jawbreaker Records est un type super. On continue à boire des bières et à rigoler ensemble. Pas de drame, juste des choix qui renforcent le groupe. – Revenons à « Season Of The Witch », dont le contenu nous renvoie au Heavy Metal des 80’s. Malgré une production brute et sans fioriture, l’ensemble garde un son assez actuel. C’était important de ne pas sonner complètement vintage et conserver ainsi un pied dans notre époque ? Beaucoup d’entre nous sont nés dans les années 80, c’est dans nos gènes. Cette décennie nous a façonnés et influence encore aujourd’hui notre rapport à la musique. Le Heavy Metal est une évidence. Si ça ne vous fait pas vibrer, c’est qu’on a raté notre mission ! – Là où beaucoup de groupes de Metal avec une frontwoman présentent souvent un chant plus sensuel et mélodique plutôt que puissant et solide comme vous, WICKED LEATHER ne fait aucune concession en affichant un style direct et incisif. Est-ce aussi une façon de vous démarquer et de sortir du rang ? Franchement ? Alors, je ne suis pas là pour séduire qui que ce soit. J’adore U.D.O., mais je ne me sens pas séduite par lui. Etre une femme, ce n’est pas adoucir sa voix, ni faire ce que les gens attendent de moi. Je chante du Heavy Metal. Si je voulais charmer, je ferais tout autre chose. Ici, il s’agit de force, d’honnêteté et de conviction. Du Metal qui vous prend aux tripes ! – Cela n’aura échappé à personne, WICKED LEATHER évolue entre l’occultisme et un univers horrifique. Est-ce que les textes viennent justement renforcer l’atmosphère musicale, ou au contraire, c’est elle qui influence la thématique ? Les paroles naissent souvent d’images, de rêves, de cauchemars récurrents et de souvenirs sombres. Parfois, un riff donne vie à une parole, parfois, c’est l’inverse. C’est un dialogue qui s’écrit de lui-même en musique. L’atmosphère d’horreur et d’occultisme se développe naturellement à partir des histoires, sans être forcée. C’est juste une part d’ombre que chacun porte en soi, la part que nous avons acceptée, filtrée par notre imagination… et peut-être un cri au milieu de la nuit. – Pour la jeune génération tournée vers un Metal moderne et très souvent aseptisé, cela peut paraître étonnant de poursuivre le bel héritage du Heavy Metal traditionnel. En formant WICKED LEATHER, quelles étaient vos intentions d’une part ? Et d’autre part, que cela représente-t-il aussi pour toi d’être une femme à la tête du groupe, ce qui commence à se démocratiser enfin ? Que ça plaise ou non, WICKED LEATHER est un groupe fondé par une femme. Non seulement je chante, mais c’est mon groupe. Je ne suis pas là pour faire joli. Je participe activement à la composition. Les paroles sont de moi, elles font partie intégrante de la musique. Quand j’ai fondé WICKED LEATHER, je voulais un groupe qui envoie du lourd et qui décoiffe au passage. Du Heavy Metal traditionnel, mais avec une touche rebelle. De la personnalité, de la puissance, sans compromis. On remet tout en question et on recommence si besoin. Du vrai Heavy Metal, pas de la Pop déguisée en Metal. Le Heavy Metal, c’est de la force et du cran. Trop souvent, les groupes gomment leur identité pour suivre les tendances ou éviter de paraître ridicules. Nous, on préfère prendre des risques, faire des erreurs et garder notre personnalité intacte. – Enfin, j’aimerais qu’on parle de la scène espagnole qui est plus vivante que jamais, et notamment en ce qui concerne le Heavy Metal Old School. Est-ce que vous sentez aussi un réel revival depuis ses dernières années, et comment l’expliquez-vous ? Absolument. L’énergie est palpable. Les groupes jouent avec passion et le public est au rendez-vous par conviction. On la ressent partout : aux répétitions, sur scène, dans la salle. L’Espagne est une communauté soudée, passionnée et vouée à un véritable amour du Metal. C’est ce qui explique la force de ce renouveau. L’album de WICKED LEATHER, « Season Of The Witch », est disponible chez Lost Realm Records. [...]
5 février 2026Blues Rock / Hard Rock / Metal ProgressifA l’inverse du fameux G3, auquel d’ailleurs Patrick Rondat a participé, GUITAR NIGHT PROJECT se veut plus comme une formation où chacun s’immisce dans les morceaux de l’autre, et parfois même tous ensemble. Loin aussi d’être une simple jam, le concept mélange avec beaucoup de cohérence des mondes musicaux différents, éclaté entre le Blues, le Hard Rock et le Prog Metal. Ainsi, Pat O’May et Fred Chapellier complètent ce beau line-up et « Live Access » est de ces albums live qui nous font revivre une soirée, où la guitare est à l’honneur pour le bonheur des spécialistes comme des amateurs amoureux de belles six-cordes. GUITAR NIGHT PROJECT « Live Access » (Verycords) Quand trois de nos plus fins limiers décident de s’accorder sur un même projet et qu’ils le font dans un esprit de partage et d’amitié, il ne peut qu’en ressortir un résultat à la hauteur des attentes. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT a déjà écumé quelques scènes et c’est justement l’une de ce soirées que le trio propose avec « Live Access ». Sans tirer la corde à soi, ni en se noyant dans des démonstrations techniques, Patrick Rondat, Pat O’May et Fred Chapellier se sont entendus sur une setlist originale autour de leurs propres compositions et de quelques belles reprises. Au-delà des affinités de nos trois virtuoses, c’est aussi intéressant de voir à l’œuvre leur complicité, alors qu’ils viennent a priori d’horizons musicaux différents. Et le constat est simple, rapide et sans appel, il règne une réelle osmose entre eux. Et forcément, avec des instrumentistes de ce calibre, « Live Access » est surtout constitué de morceaux instrumentaux, à l’exception de « Break Out », « It Never Comes Easy », « Far From Her Land » et « Over The Hills And Far Away », extraits des répertoires de Pat O’May et de Fred Chapellier et avec le concours de Patrick Rondat, bien sûr. Et si leurs univers respectifs semblent assez éloignés, le Blues Rock de Fred Chapellier fait cause commune avec le Hard Rock celtisant de Pat O’May et l’aspect plus atmosphérique, progressif, Metal et shred de Patrick Rondat. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT s’ouvre avec l’emblématique « Mindscape » de ce dernier. En trio, duo ou seul aux commandes, le line-up évolue tout au long du disque et garde cependant une belle unité. A noter les deux phénoménaux hommages à Gary Moore (« Gary’s Gone ») et Alan Stivell (« Alan The Brave »), Un crossover de grande classe ! Retrouvez l’interview de Patrick Rondat à l’occasion de son dernier album, « Escape From Shadows »…  Patrick Rondat : back to the light [Interview] …Celle de Pat O’May pour son disque « Welcome To A New World »… Pat O’May : une créativité très narrative [Interview] … Et les chroniques des deux dernières réalisations de Fred Chapellier, « Live In Paris » et « Straight To The Point » : Pat O’May : une créativité très narrative [Interview] Fred Chapellier : un Blues complice [...]
2 février 2026Doom Metal / Hard Rock / International / Occult RockC’est un envoûtement, un rituel, une sorte de tornade mêlée de Hard Rock et Doom Metal dans des atmosphères occultes que propose RITUAL ARCANA sur son premier album éponyme. Le power trio américain se présente avec un line-up cinq étoiles, où chacun apporte sa pierre à un édifice solide et maléfique. Issus de The Obsessed et Saint Vitus notamment pour son guitariste, Scott ‘Wino’ Weinrich, de The Black Lips pour son rugueux batteur Oakley Munson, de Moth pour sa frontwoman et bassiste, ces musiciens se sont naturellement retrouvés autour d’un registre, où leur empreinte se fait déjà sentir. Sombre mais entraînant, « Ritual Arcana » captive autant par son univers un brin lugubre que par cette production brute et authentique, qui traverse ce premier effort dans un élan obsédant. SharLee LuckyFree, dont la voix stellaire illumine la formation, revient sur la magie qui opère avec ses partenaires. – Tout d’abord, vous êtes trois fortes personnalités reconnues dans l’univers du Metal et du Rock et j’imagine que vos chemins ont déjà du se croiser avant la formation du groupe. Quand RITUAL ARCANA est-il né dans vos esprits ? Quel a été le déclic ? L’idée de RITUAL ARCANA a commencé à germer dans mon esprit lors d’une tournée européenne avec The Obsessed il y a environ trois ans. Lors d’une longue promenade en solitaire, j’ai réalisé qu’il était temps d’acheter une nouvelle basse. Mais le destin a voulu que je retrouve ma Gibson EB0 de 1967 à notre retour. Parallèlement, j’écrivais beaucoup de poésie sur la route. De retour, je me suis concentrée sur l’écriture de chansons et j’en ai composé onze, dont j’ai enregistré les démos. Neuf se sont retrouvées sur l’album, les deux autres étant des bonus. Wino (Scott ‘Wino’ Weinrich – NDR) a adoré les morceaux ! Ce qui compte beaucoup pour moi, car c’est mon musicien préféré et un auditeur très attentif. Il a donc accepté de rejoindre le groupe et a considérablement enrichi les chansons en y ajoutant ses guitares. Il a également composé un morceau intitulé « Occluded ». Dès que nous avons commencé à jammer avec Oakley (Munson – NDR) à la batterie, tout s’est mis en place. Et oui, en effet, nos chemins s’étaient croisés bien avant la formation du groupe. J’avais vu Wino jouer en concert à de nombreuses reprises, que ce soit avec The Obsessed, Saint Vitus, Shrinebuilder, Acoustic, etc… et j’étais une grande fan de sa musique. Finalement, lors d’un concert d’Obsessed à Washington en 2018, nous nous sommes rencontrés et cela a été le coup de foudre. Nous sommes mariés depuis plusieurs années. – Est-ce que l’idée d’associer Hard Rock et Doom Metal dans un esprit Heavy Rock occulte vous a immédiatement paru évident, car vos parcours respectifs semblaient aussi tout indiqués ? L’écriture des chansons s’est faite très naturellement, sans se soucier du genre. Je pense que nous nous exprimons simplement dans l’univers du Hard Rock/Doom Metal, parce que c’est ce que nous sommes. – RITUAL ARCANA est véritablement un super trio et on imagine même pas le groupe avec un membre supplémentaire, Est-ce que ce line-up et sa formule power trio est celui que vous attendiez tous les trois et quelles sont les possibilités d’une telle formation qui vous ont tout de suite sauté aux yeux ? Je me sens vraiment privilégiée de jouer avec Wino et Oakley. Je savais seulement que j’avais plein de chansons prêtes à prendre vie, qui mûrissaient en moi. Ma première passion a toujours été le Rock’n’Roll, et jouer et écrire des chansons sont pour moi les formes de guérison et de catharsis les plus puissantes que je connaisse. Et ce qui est génial, c’est que c’est aussi très amusant. Je me sens toujours mieux après avoir joué. Et quand j’ai besoin d’exprimer des émotions, je trouve qu’écrire une chanson est le meilleur moyen de les intégrer et de transfigurer les énergies négatives. Nous avons tous les trois une alchimie très spéciale, et lorsque nous unissons nos forces, nous ouvrons un portail vers une énergie encore plus grande. La magie de la musique ! – Vu vos antécédents, les idées ont du fuzzer assez rapidement et ce premier album témoigne parfaitement de la créativité à l’œuvre dans le groupe. Justement, comment sont nés ces morceaux, et êtes-vous tous les trois portés par la même impulsion, que ce soit au niveau des textes comme de la musique ? Comme je te le disais, je suis la principale compositrice du groupe, même si Wino y contribue également. Nous travaillons toujours ensemble sur les morceaux. Quant à cet album, je l’ai écrit sur une période d’environ un an, inspirée par une grande variété d’impulsions, d’intérêts et d’expériences : du bonheur au chagrin, de l’aventure à la mélancolie, la vie elle-même et le surnaturel. – RITUAL ARCANA possède un coté magnétique et sombre, qui s’inscrit brillamment dans l’univers de l’occulte et cette voix pleine d’autorité t’offre un rôle de grande prêtresse. Vous êtes-vous penché sur un concept précis avant l’écriture de l’album, ou l’inspiration est-elle venue au fur et à mesure ? L’inspiration m’est venue de mon vécu et les sujets abordés reflètent ce qui me passionne au quotidien. Les thèmes de l’album ne se limitent donc pas à des concepts musicaux, mais s’appuient sur l’expérience, l’émotion et des convictions profondes. Je crois en la magie, au pouvoir du son, à sa capacité à guérir et à élever les âmes, ou, dans le cas d’émotions plus sombres ou plus intenses, à transfigurer. Au-delà de sa contribution à l’écriture des chansons et, bien sûr, de son jeu de guitare, Wino est mon mentor musical, et peut-être mon ‘détraqueur’ aussi ! (Rires) Il m’a énormément aidé à progresser en tant que bassiste et chanteuse. – Grâce à un Hard Rock surnaturel et intemporel, on pense bien sûr à vos anciennes (et actuelles) formations, Il y a quelque chose d’inquiétant, de frénétique et aussi de sublime dans le jeu et le son de RITUAL ARCANA. On vous sent à la fois possédés et tout en maîtrise. La production est aussi brute et organique pour un résultat authentique. Est-ce une musique que l’on doit vivre pour la jouer si intensément ? Merci beaucoup. Et effet, l’expérience directe est absolument essentielle. Cette musique n’est pas faite pour tout le monde, seulement pour ceux qui la ressentent, notre tribu Rock’n’Roll. Ce rituel sonore est une invitation à la libération, et il n’y a pas de meilleur moment qu’à l’heure actuelle. – L’épaisseur des riffs et ce groove infaillible rendent RITUAL ARCANA captivant à plus d’un titre et il règne une grande liberté sur l’album. On a le sentiment que vous ne vous êtes posés aucune limite en studio. Comment était l’ambiance entre vous à ce moment-là ? Nous avons passé un super moment en studio, et c’était un vrai plaisir de travailler avec Frank Marchand derrière la console. L’album était déjà terminé et enregistré sur démo, mais c’est vraiment en studio qu’il a pris vie. L’ambiance était géniale : nous étions tous ensemble dans le Maryland, et c’était un bonheur de vivre et de respirer les chansons tous les trois pendant tout ce temps. – Enfin, avec un tel casting et un tel album, on ne peut qu’espérer que RITUAL ARCANA ne soit pas un one-shot. Y a-t-il des concerts déjà prévus et peut-être même déjà l’idée d’une suite à « Ritual Arcana » dans un coin de vos têtes ? Oui, nous venons tout juste de commencer les concerts ! C’est une courte tournée américaine, mais nous serons dans le New Hampshire, à New-York, à Philadelphie, à Washington D.C., en Caroline du Nord, à Atlanta, dans le Kentucky et dans l’Ohio. Et c’est vrai que nous commençons déjà à travailler sur notre prochain album. Enfin, merci beaucoup pour le temps que tu nous a accordé et aussi d’avoir écouté l’album. Et nous serions ravis de venir en France le moment venu. On vous embrasse ! L’album éponyme de RITUAL ARCANA est disponible chez Heavy Psych Sounds. [...]
26 janvier 2026Blues / Delta Blues / InternationalLes premières notes de « One Mississippi » nous transportent au cœur même de cette terre lointaine et inconnue aussi pour beaucoup d’entre-nous. Pourtant, il y a quelque chose de familier dans ce nouvel album d’ERIC BIBB. Le guitariste, chanteur et songwriter a beau vivre à des milliers de kilomètres du terrain de jeu qui l’occupe ici, l’impression est telle que l’on s’y tromperait. Grâce à une proximité sonore et artistique omniprésente, le bluesman tient l’auditeur et l’embarque dans un voyage où chaque note est d’un bleu limpide et éblouissant de beauté. Toujours acoustique, l’Américain se meut dans des sphères organiques avec beaucoup de conviction et une sagesse qui se reflète sur sa vision du monde à travers ses chansons. Entretien avec un artiste aussi passionnant que passionné. – Tu es un musicien très prolifique, puisque tu sors environ un album par an depuis des années. Est-ce le fruit d’un travail assidu et quotidien, ou est-ce que la musique est juste une manière d’exprimer ce que tu as déjà en toi ? Et d’ailleurs, as-tu une méthode précise pour donner vie à toutes ces chansons ? Depuis mon plus jeune âge, les chansons ont été pour moi les fondements de mon univers, mon refuge. Tout mon environnement est influencé par les chansons que j’écoute, celles qui me touchent, celles que j’écris et celles que j’écoute sur les disques que je collectionne. Les chansons ont véritablement façonné mon monde plus que bien d’autres choses. Ainsi, depuis que j’ai commencé à en écrire, vers l’âge de quatorze ans, je dirais que c’est le moyen que j’ai utilisé pour découvrir mes convictions profondes et mes observations sur le monde dans lequel je vis. Donc, encore une fois, les chansons ont été, depuis le tout début, mes compagnes et la matière même de mon univers. En effet… Quant à ma méthode, je sais que certains auteurs-compositeurs ont une routine, un emploi du temps, comme c’est le cas de la plupart des écrivains, et ils consacrent un certain temps chaque jour à l’écriture. Je ne fais pas ça, mais il arrive souvent que chaque jour soit, d’une manière ou d’une autre, un jour d’écriture, simplement parce qu’une idée m’appelle et que je décide de la concrétiser. Ou alors je prends ma guitare, une idée en entraîne une autre et me voilà en mode composition. Ça arrive assez souvent, mais il y a des moments où je fais autre chose et… oui… les chansons et leur processus d’émergence sont des créatures mystérieuses. Je suis plongé au cœur de ce mystère et j’y prends toujours autant de plaisir. – Tu es un Américain devenu très européen au fil du temps, Pourtant, ta musique résonne d’une authenticité qui provient directement des origines du Blues, Est-ce que c’est toujours naturel pour toi que ces racines soient toujours si vivaces ? C’est gravé pour toujours ? En ce qui concerne les racines, je pense qu’elles jouent un rôle dans votre vie dans la mesure où vous les reconnaissez et savourez la richesse de celles qui ont donné naissance à… vous savez… cet arbre généalogique. Musicalement parlant, mon amour pour la culture Blues du Sud, musicale et autre, a commencé dès mon enfance et s’est nourri de cette culture, sans pour autant s’en détacher ou la perdre de vue. Au contraire, il s’’est enrichi davantage lorsque j’ai déménagé en Europe. Ce que j’ai découvert en France et surtout en Scandinavie, c’est une véritable passion pour les musiques afro-américaines, en particulier le Blues et le Jazz. J’y ai trouvé tout ce dont j’avais besoin pour poursuivre mon apprentissage : écouter, assister à des concerts. Ce lien s’est d’ailleurs renforcé après mon installation en Europe. C’est ma passion et le langage du Blues est une façon pour moi d’exprimer qui je suis et de le partager avec le monde. Alors, je crois que nous sommes guidés, si nous voulons bien le reconnaître… Nous prenons conscience que nous attirons à nous ce qui nous intéresse et nous nourrissons nos passions pour la musique, ou quoi que ce soit d’autre, simplement en nous concentrant dessus, et nous trouvons alors ce dont nous avons besoin pour continuer. On est reconnaissant… C’est tout ce que je peux dire. Je suis reconnaissant de l’héritage dont je fais partie. Je suis reconnaissant que mes parents aient encouragé ma passion pour cette musique et je suis reconnaissant d’être encore en mesure de la partager avec des gens du monde entier. – Au-delà de la musique, tu portes aussi un héritage historique, civique et spirituel qui se libère dans tes chansons. Est-ce que, finalement, elles sont le véhicule idéal pour les transmettre ? Et d’ailleurs, te mets-tu parfois certaines barrières dans tes textes ? Ayant grandi dans un environnement où la musique et l’actualité – d’abord au sein de ma famille, puis parmi mes amis – étaient étroitement liées aux mouvements progressistes de l’époque, comme la lutte pour les droits civiques et le mouvement pacifiste, ces mouvements étaient en phase avec ceux de nombreux acteurs du milieu artistique. Le milieu Folk, notamment, était profondément engagé dans ces deux mouvements. Ce lien étroit entre la musique et les mouvements progressistes a donc été fondamental dans mon éducation. Je pense que les chansons sont un formidable moyen de consigner l’Histoire de façon durable, car elles perdurent. Nous chantons des chansons qui étaient déjà entonnées il y a des siècles. Elles constituent donc un témoignage historique précieux. C’est une excellente chose, car la censure sévit encore aujourd’hui, comme par le passé. Des livres sont brûlés, la censure est omniprésente, les archives historiques sont manipulées numériquement. Les chansons sont donc, à mon avis, un excellent moyen de transmettre la vérité. Il en a toujours été ainsi. Quant aux limites que je pourrais m’imposer à ma propre expression, je peux seulement dire que certains qualifient mes écrits de politiques, mais je ne suis pas d’accord, je pense que cela va au-delà de la politique. Je crois qu’il est question d’éthique humaine… d’évolution de l’humanité… d’évolution spirituelle. Nous apprenons de nos expériences sur le terrain et, selon moi, commenter l’actualité exige une certaine prise de décision, voire un code de conduite. Je n’appelle pas cela des limitations, mais plutôt le fait de choisir consciemment son message et la manière dont on souhaite qu’il soit perçu. – Avant que l’on parle de ce nouvel album, j’aimerais revenir un instant sur « In The Real World », enregistré dans les prestigieux studios de Peter Gabriel. Y as-tu retrouvé une atmosphère propice au Blues et à ses vibrations si particulières, ou est-ce que l’endroit importe finalement peu à tes yeux ? Enregistrer aux Real World Studios a été un véritable plaisir à bien des égards. L’ingénieure du son principale, Katie May, était une ingénieure du son et une musicienne formidable… Une technicienne hors pair, tout simplement. L’environnement est unique et incarne véritablement une vision. C’est un lieu très inspirant, physiquement parlant, et l’espace est très accueillant. Bien sûr, l’endroit où l’on enregistre a son importance, mais vous savez… La véritable essence peut jaillir de n’importe où. Elle peut jaillir de votre iPhone dans votre chambre. Elle peut jaillir du merveilleux rêve devenu réalité de Peter Gabriel. Je trouve que lorsqu’on prend sa propre musique et son partage au sérieux, lorsqu’on aborde sa création musicale avec tout le professionnalisme dont on est capable, on se rend service à soi-même et à ses fans. Cela fait toute la différence. Tout cela, c’est de la musique, mais au final, c’est l’essence même de la musique… son intention… son but véritable qui devrait primer. C’est l’essentiel, et si un environnement peut favoriser l’émergence de cet esprit fondamental, vous savez… cette essence… cette chose divine… alors oui… créons davantage de studios magnifiques, véritables visions. – « One Mississippi » a été enregistré en Suède avec Glen Scott à la production et un groupe toujours aussi exceptionnel pour t’accompagner. L’idée d’aller enregistrer dans le Delta en Louisiane cette fois-ci t’a-t-elle traversé l’esprit, afin de te connecter directement à la source ? Le lien avec la source transcende la géographie… la distance, l’espace, le temps. Ce lien est mystérieux à bien des égards. Il est génétique… Il est canalisé d’une manière que nous ne comprenons pas vraiment, mais que nos ancêtres comprenaient peut-être mieux. Néanmoins, lorsqu’il s’agit d’enregistrer avec de merveilleux musiciens, on a tendance à se rapprocher de l’endroit où ils se trouvent. Les musiciens que je connais bien et avec lesquels je partage une profonde affinité sont assez proches de chez moi. Les réunir et voyager jusqu’en Louisiane… Les dépenses et tout ce que cela implique seraient discutables quant à l’intérêt que cela aurait pour la qualité de l’enregistrement. Alors, je pense que ce qui compte vraiment, ce sont les musiciens, la musique et la vision de la production, plus que le lieu. J’ai enregistré en Louisiane et c’est inspirant d’être dans ce milieu, vous savez, mais au final, la musique s’exprimera où que l’on soit. – Comme toujours « One Mississippi » est un album varié et d’une grand richesse, qui traverse le temps et les ambiances avec beaucoup de profondeur. Tout en restant très roots, il dégage beaucoup de force. Et étonnamment, celle-ci se traduit par une grande douceur. Est-ce la première choses sur laquelle tu te focalises au moment de composer et d’écrire ? Je crois qu’’en fin de compte, l’essence même d’un auteur-compositeur se révèle dans ses chansons. Entendre la puissance de ma musique qualifiée de ‘douce puissance’ me fait sourire, car je privilégie la douceur. La force n’est pas ma voie, ce n’est pas dans ma nature. Je pense que la douceur est une force immense, et si ma musique peut être associée à cette façon d’aborder le chemin de la vie, j’en suis ravi. Je suis heureux que cela soit évident. Mais, comme je l’ai dit, je crois que ce que l’on est, au final, se reflète dans ce que l’on partage. Et quand on a fait certains choix quant à sa vision du monde et sa façon d’y vivre, il en résulte une certaine cohérence. C’est une bonne chose, je crois. C’est important de trouver sa voie, et cela transparaîtra dans son travail, dans son expression. Je ne pense pas qu’il faille décider album après album, c’est un phénomène naturel. – L’une des autres richesses de cet album réside dans la qualité des arrangements, où l’on retrouve du dobro, de l’harmonica, du tuba, du violon, des chœurs, … En tant que compositeur, laisses-tu une certaine liberté à tes musiciens, ou est-ce le fruit d’un véritable travail de groupe ? Les arrangements exquis qui entourent les chansons de cet album, ainsi que ceux de mes précédentes collaborations avec Glen Scott, qui un véritable génie, à mon avis, reflètent ses talents de multi-instrumentiste, de chanteur et d’ingénieur du son. Je n’ai jamais rencontré de musicien aussi accompli, doté d’une telle variété de compétences à un niveau aussi élevé. C’est une véritable chance de le connaître et de collaborer avec lui sur scène et en studio. Travaillant ensemble depuis des décennies, nous partageons une vision commune, un socle commun, quant aux chansons qui me permettent de donner le meilleur de moi-même en tant qu’artiste. En tant que producteur, il a joué un rôle essentiel dans mon développement personnel, m’aidant à identifier mes forces et à me concentrer sur ma vocation artistique. Avoir quelqu’un qui reconnaît ces qualités en vous et vous aide à les exprimer… Je ne crois pas qu’il y ait mieux pour un artiste. Grâce à ce soutien indéfectible, fondé sur une admiration et une amitié mutuelles, je suis idéalement placé pour continuer à produire un album par an pendant les vingt prochaines années. – Enfin, il y a une question que je souhaitais te poser par rapport à ton instrument. On te voit toujours entouré, ou en train de jouer de la guitare acoustique. Tu n’as jamais été tenté par un jeu en électrique, ou est-ce c’est la question de la chaleur musicale et des sonorités organiques qui prime ? Mon amour indéfectible pour la guitare acoustique est inné. Concernant la guitare électrique et ses sonorités, j’aime combiner le son de ma guitare acoustique avec une grande variété de styles et de sonorités électriques, compatibles avec ma musique, bien sûr. Je trouve ce mélange très stimulant. Je possède quelques guitares électriques, mais je les joue essentiellement comme mes guitares acoustiques. Il y a donc une différence de sonorité, plus que de style de jeu. Mais comme je le disais, rien ne vaut la chaleur et la profondeur d’un bel instrument acoustique, et rien ne vaut l’écoute au plus près de soi… vous savez… pas à travers un haut-parleur, pas un amplificateur, mais juste… à une trentaine de centimètres au-dessus de la rosace… c’est là qu’il faut être. C’est un monde merveilleux. Le nouvel album d’ERIC BIBB, « One Mississippi », est disponible chez Repute Records. Photos : Jan Malmstrom Retrouvez les chroniques des deux derniers albums de l’artiste : Eric Bibb : un écrin pour du nectar Eric Bibb : la lumière d’un sage [...]
23 janvier 2026Americana / Blues / SoulTouchante et enjouée à la fois, cette nouvelle réalisation vient propulser la carrière de l’Anglaise et fait d’elle une valeur sûre de l’Americana Soul Blues Made in UK. « Can’t Take My Story Away » la dévoile aussi dans un spectre sonore nouveau avec une proximité musicale, qui met en valeur son timbre unique. Très narratifs dans leur déroulé, les onze titres présentent aussi ELLES BAILEY entouré de nouveaux partenaires, qui rendent son univers encore plus captivant. Une fois encore, le voyage vient défier le temps. ELLES BAILEY « Can’t Take My Story Away » (Cooking Vinyl Records/Outlaw Music) Avec le talent qu’on lui connaît, la chanteuse livre son cinquième album et il y a quelques changements chez l’artiste de Bristol, Avec « Can’t Take My Story Away », ELLES BAILEY s’ouvre d’autres horizons en œuvrant sur ce nouvel opus avec un tout nouveau groupe pour l’enregistrement. Elle retrouvera cependant ses musiciens sur la tournée à venir. Et c’est vrai que cet entourage inédit la mène vers d’autres sonorités, toujours Soul et Blues, de même que la production signée Luke Potashnick très élégante. Si la Britannique s’est déjà imposée chez elle, raflant de très nombreux ‘UK Blues Awards’ au passage, elle parvient une fois encore à surprendre grâce à de nouveaux morceaux très groovy et avec des cuivres plus présents. Mais par dessus tout, c’est la voix chaleureuse et délicieusement éraillée d’ELLES BAILEY, qui s’imprime brillamment tout au long de « Can’t Take My Story Away », grâce à un aspect positif omniprésent, malgré quelques nuages plus sombres dans les textes. Et cette sincérité la suit note après note de manière intense. Toujours très personnelle et d’une authenticité parfois poignante, la songwriter relate son histoire à travers onze chansons qu’elle travaille pour certaines depuis de longues années, A peine deux ans après « Beneath The Neon Glow », ELLES BAILEY parvient à se renouveler, tout en développant une irrésistible identité artistique (« Growing Roots », « Better Days », « Angel », « Tightrope », « Starling » et le morceau-titre en ouverture). Au-delà de s’affirmer dans un registre très maîtrisé, elle séduit avec force et délicatesse. Photo : Blackham Retrouvez l’interview accordée par l’artiste à l’occasion de la sortie de son album précédent et la chronique de « Shining In The Half Light » (2022) : Elles Bailey : un groove transatlantique [Interview] Elles Bailey : l’émotion à l’état pur [...]
22 janvier 2026Hard Rock / Punk RockToujours très affûtés, les Scandinaves donnent enfin une suite à « Automatic Thrill », sorti en… 2004 ! S’ils ont repris les concerts depuis un petit moment, rien ne vaut un nouvel opus pour rassurer tout le monde et partir sur de nouvelles bases. Tendus et acérés, les riffs sont toujours un atout majeur, tout comme la voix de leur inamovible chanteur. GLUECIFER n’a pas changé de recette, mais y intègre des éléments actuels et font rugir son Hard Rock à l’humeur très Garage et direct. GLUECIFER « Same Drug New High » (Steamhammer/SPV) Après une grosse dizaine d’années d’activité, entre 1994 et 2004 précisément, le quintet a pourtant mis fin à une belle aventure. Une chose assez inattendue compte tenu de la notoriété enfin acquise par les Norvégiens à l’époque. Autour d’une fan-base solide, GLUECIFER retrouve ensuite la scène en 2018 et, forcément, l’idée d’enregistrer un huitième album n’a pas mis longtemps à germer. Loin d’être usés, les cinq rockeurs remettent le couvert avec l’explosivité de leurs débuts et une fièvre qui ne les a jamais quitté. Une belle continuité. Souvent comparé à ses voisins suédois des Hellacopters avec un côté underground plus prononcé, la filiation avec Danko Jones semble pourtant plus évidente. Mais peu importe, car GLUECIFER possède une véritable identité et ce bel édifice est garanti par la solidité de son frontman Biff Malibu et de son guitariste Captain Poon, moteurs indéfectibles du combo. « Same Drug New High » vient donc sonner la fin d’une disette discographique interminable de 24 ans et son énergie phénoménale, un brin Punk, n’a pas pris la moindre ride. Non que le groupe ait gagné en maturité, elle est acquise de longue date, mais on peut noter tout de même un élan aussi vif qu’assuré. GLUECIFER ne se cherche pas, il avance avec la force et la conviction de vieux baroudeurs célébrant avec le même appétit une envie irrésistible d’un Hard Rock brut et sans fioriture (« The Idiot », « Armadas », « The Score », « 1996 », « On The Wire » et le morceau-titre). Un retour carrément fracassant pour une formation, qui semble n’avoir jamais lâché les reines et qui transpire le Rock’n’Roll. Photo : Paal Laukli [...]
13 janvier 2026Heavy metalPuissant et mélodique, le nouveau groupe de Doug Scarrat, qui fait les belles heures de Saxon depuis 30 ans maintenant, ne va pas chercher dans des sphères Metal très éloignées, puisque c’est un Heavy Old School qu’il propose sur « Times Of Legend ». Compact et incisif, ce premier opus va à l’essentiel avec une touche moderne, une rythmique massive et robuste et un chant très NWOBHM, cher à un certain Rob Halford. Cela dit, VENGER n’a pas mis longtemps à trouver ses marques et laisse s’exprimer l’expérience de ses membres avec la vigueur d’une formation établie et sûre de son fait. VENGER « Times Of Legend » (Silver Lining Music) Pour son premier album, VENGER se présente avec un line-up assez étonnant pour une musique qui l’est beaucoup moins. Rangé aux côtés de Doug Scarrat, guitariste de Saxon, on retrouve le guitariste et bassiste James Fogarty, qui a œuvré chez In The Woods et Old Forest, soit dans une sphère Black Metal. Deux univers bien distincts qui n’empêchent pourtant pas les deux musiciens de trouver un terrain de jeu commun et une entente assez évidente. Ils sont à eux deux à l’origine de la formation, ont écrit l’album ensemble et c’est le six-cordiste en chef qui s’est chargé lui-même du mix et de l’enregistrement. Si on n’est jamais mieux servi que par soi-même, VENGER se tient pas sur les seules épaules des Anglais, puisque c’est l’Autrichien Franz Bauer de Roadwolf qui tient le micro et le Norvégien Sven Rothe, également issu du sérail Black Metal et ami proche de Fogarty, qui se poste derrière les fûts. Ainsi armé de vétérans plus qu’affûtés, le quatuor livre un Heavy Metal assez classique, allant même jusqu’à reprendre un par un tous les codes du genre. Histoire, légendes, horreur, fantasy et science fiction : l’ensemble a une saveur très aventurière et un côté épique, qui n’a pourtant rien de passéiste. Bien que formé en 2024, les idées ont donc rapidement jailli entre les deux hommes, notamment au niveau des riffs qui déferlent dès « From Worlds Unknown ». C’est bien sûr l’artilleur de Saxon qui prend en main les solos et il ne manque ni de virtuosité, ni d’inspiration. D’ailleurs, il donne l’impression de bénéficier d’une soudaine liberté (« Pharaoh’s Curse », la power ballade « Crystal Gazer », « The Legend Still Remains », le génial « Séance », « Impaler Of Souls »). VENGER surprend agréablement avec un Heavy Metal sombre et rafraîchissant, à la fois fédérateur et instinctif. Audacieux. Photo : Artur Tarczewski [...]
7 janvier 2026Hard Rock / Hard US / InternationalPlonger au cœur de son ADN musical en affichant clairement un son et un songwriting reconnaissables entre tous après plus de 20 ans de carrière, tel est l’objectif d’ALTER BRIDGE. Et le fait de sortir un huitième album éponyme ne doit rien au hasard. « Alter Bridge » reflète bel et bien l’essence-même du quatuor américain, et s’il avait encore des limites, elles sont franchies avec force et talent. Articulé autour de Mark Tremonti (Creed, Tremonti) et Myles Kennedy (Slash & The Conspirators et en solo), le groupe rayonne comme jamais, assène un mur de guitares imposant, un duo basse/batterie massif et un chant puissant, sans jamais négliger la finesse dont il a toujours fait preuve. Entretien avec Mr Kennedy, son frontman, guitariste et compositeur au regard passionné et passionnant sur son art. – L’une des choses qui impressionne sur ce nouvel album, c’est le fait qu’il résume parfaitement le caractère du groupe d’une part et d’autre part, que vous avez aussi conservé le même line-up, ce qui devient assez rare aujourd’hui… Oui, c’est vrai, mais je pense qu’aucun d’entre-nous n’aime les drames ! (Rires) Nous sommes des gars un peu sentimentaux et nous voulons juste faire de la musique. D’ailleurs, peut-être que s’il nous arrivait des choses un peu plus dramatiques, cela nous aiderait à progresser encore ! (Rires) En fait, je dis ça car parfois certains groupes, qui se battent en interne, sortent des albums brillants. Pour nous, c’est différent. Nous parvenons à créer ce que nous voulons et cela fonctionne très bien. On a su conservé un environnement de travail, qui est très préservé… (Sourires) – D’ailleurs, dans ce style, vous êtes l’un des groupes les plus emblématiques de la période post-2000. Penses-tu que ce nouveau millénaire ait aussi déclenché une nouvelle façon d’aborder le Hard Rock dans le fond plus que dans la forme ? Oui, absolument, car dans les années 90, l’époque était surtout au Grunge et au Rap. Quand nous sommes arrivés, beaucoup de gens ont même parlé de post-Grunge, juste parce que cela arrivait après l’énorme succès du style. C’est assez logique d’ailleurs. De notre côté, nous avons essayé d’intégrer de nouveaux éléments venant de différents courants et de nous les accaparer, d’en faire notre propre son. Nous avons été très influencés par Soundgarden, par exemple, mais aussi par d’autres groupes plus contemporains comme Mastodon, qui a eu un impact profond sur moi, comme Gojira aussi d’une certaine manière. En fait, ce que tu peux toujours essayer de faire, c’est d’écouter beaucoup de choses et d’en concevoir ta propre recette : une sorte de mélange Rock’n’Roll. – L’album a été en partie conçu dans les studios 5150 d’Eddie Van Halen. J’imagine que l’émotion a du être grande là-bas. Comment avez-vous géré ça, car il doit y avoir un mélange d’émotion, de respect et d’humilité aussi ? Tout cela s’est-il transformé en moteur et peut-être même en source d’inspiration ? Oh oui, c’est vraiment devenu une grande source d’inspiration. En ce qui concerne Mark et moi, en tant que guitaristes tous les deux, cela a beaucoup joué et l’album est ce qu’il est pour cette raison-là aussi, notamment au niveau des riffs. Nous sommes d’ailleurs arrivés avec beaucoup trop d’idées. On avait en tête le fait d’être dans l’un des endroits les plus prestigieux où tu as l’occasion de jouer dans une carrière, et où l’on peut faire à peu près tout ce qu’on veut par rapport aux guitares. Oui, je pense que tout cela nous a vraiment inspiré et aidé aussi à mettre un pied devant l’autre par rapport à nos propres idées. Cela a indiscutablement rendu l’album meilleur. – L’album est plus sombre que les précédents, avec un contenu aux paroles peut-être plus graves aussi. C’est vrai que le monde est de plus en plus incertain et son équilibre fragile. Est-ce que vous avez puisé dans ce contexte pour composer l’album ? Oui, un peu, c’est vrai. Par exemple, il y a des thèmes comme celui des gens vraiment toxiques, qui attendent simplement votre réaction et vous regardent sombrer, ou d’autres personnes qui sont dans des relations malheureuses et abusives… Comment naviguer dans tout ça ? Comment y survivre ? C’est un peu tout ça qui se retrouve sur l’album et c’est vrai que ce sont, en effet, des choses très lourdes de sens et pesantes. De ce point de vue, c’est sans doute notre disque le plus intense. – Après les studios 5150, vous êtes allés terminer l’album en Floride aux studios Barbarosa que vous connaissez très bien. Etait-ce aussi par désir de vous reconnecter à un lieu familier pour apporter la touche finale à l’enregistrement ? Je pense que cela vient de Michael (‘Elvis’ Baskette, producteur – NDR). Il savait que nous avions terminé la préproduction aux studios 5150 et que cela nous ferait du bien de sortir de notre élément, car il nous influençait d’une certaine façon malgré nous. La préproduction est la partie la plus importante dans la création d’un album, car on prend toutes les idées, les chansons et on les solidifie, tout en sachant que les arrangements jouent un rôle important aussi plus tard. Donc, une fois que c’était fait, il ne restait que l’enregistrement, notamment celui de la batterie. Alors, nous sommes retournés en Floride pour ne pas non plus imposer notre présence à Wolfgang (Van Halen – NDR), afin qu’il puisse aussi utiliser le studio quand il le souhaitait. Et je pense que cela a été une bonne idée de retourner sur la côte Est pour enregistrer les voix et les guitares. Et puis, c’est aussi un endroit plus proche de chez nous, et logistiquement, cela avait donc plus de sens. – Avec Mark, vous êtes deux guitaristes très affûtés et virtuoses et vous avez d’ailleurs deux styles assez différents. Comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album ? Est-ce que chacun est venu avec ses idées et vous les avez confronté ou compléter, ou vous arrive-t-il aussi de composer ensemble, dans la même pièce ? Cela dépend vraiment beaucoup, car nous sommes très souvent dans des endroits différents dans le pays. Parfois, j’aime laisser les chansons ouvertes en me disant que peut-être Mark, ou quelqu’un d’autre dans le groupe, aura une idée sur telle ou telle partie. Mais cela dépend vraiment des morceaux finalement. Il arrive régulièrement que Mark fasse des démos avec beaucoup de choses déjà abouties et je n’ai juste qu’à ajouter la mélodie. C’est un peu de cette façon que je travaille avec Slash aussi. Il m’envoie ses maquettes et je pose les couplets et les refrains. Mark a beaucoup d’idées et cela aide, bien sûr. Mais il n’y a pas de façon de faire vraiment systématique entre nous. C’est quelque chose qu’on fait depuis longtemps maintenant, et nous réussissons à trouver le meilleur de nous-mêmes comme ça. Je pense qu’il y a plein de façons pour parvenir à construire une bonne chanson. – ALTER BRIDGE est toujours très pointu au niveau des guitares, bien sûr, mais pas seulement. Et vous restez toujours très fédérateurs dans les refrains et les mélodies. Comment faites-vous l’équilibre et quel est ton regard sur la scène actuelle de ce point de vue ? Tu sais, nous faisons beaucoup de festivals et je vois peu à peu que les groupes commencent à adopter des voix qui s’éclaircissent de plus en plus, qui tirent vraiment vers le chant clair. Mais c’est cyclique et c’est assez marrant de voir cette évolution. (Sourires) J’aime bien regarder les tendances. Mais il y a toujours aussi des approches très primales, très lourdes et fortes. Et j’aime bien aussi… C’est une tonalité et une approche différentes ! (Sourires) – J’aimerais que l’on dise un mot « Slave To Master », un morceau qui fait presque dix minutes et qui est monumental. C’est d’ailleurs le plus long de votre discographie. Comment a-t-il vu le jour, car vous êtes habituellement plus direct et concis ? Oui, mais au départ, l’objectif n’était pas d’en faire un morceau si long. En fait, c’était deux chansons distinctes. Une fois que j’avais trouvé les premières minutes du morceau, mon objectif était simplement d’atteindre le pont du titre. Et puis, Mark a eu cette partie vraiment cool, très spontanée qu’on a tous beaucoup aimé. Finalement, on s’est dit qu’on allait la prendre et la mettre à la suite d’une autre que j’avais déjà composé. Et c’est parti comme ça ! (Sourires) Si tu veux tout savoir, initialement, j’allais prendre le solo, puis c’était au tour de Mark. On était en studio et il a commencé à jouer. Il a commencé et c’était vraiment long ! J’ai trouvé ça franchement génial et puis, je n’avais que huit accords à faire. C’était tellement simple à jouer que cela offrait plus de liberté aux solos. Alors, Elvis m’a dit de le jouer avec mon cœur et c’est ce que j’ai fait. A la base, cela aurait du être beaucoup plus court, pas un peu plus de neuf minutes, en tout cas ! (Rires) C’est vrai que je n’y avais jamais pensé, merci de me l’avoir fait remarquer ! (Rires) – Enfin, et en plus d’ALTER BRIDGE, tu joues parallèlement avec Slash & The Conspirators et en solo, et à chaque fois dans des ambiances différentes. Comment est-ce que tu t’y retrouves et est-ce que distinguer les trois formations se fait naturellement ? C’est parfois difficile de donner du crédit à ce que j’écris. Est-ce que j’ai déjà fait ça il y a dix ans ? Est-ce que ça vient vraiment de moi ? C’est l’éternelle question. Je pense que le plus important est de rester le plus proche de ce que je suis et de mon ADN musical. C’est de cette façon que j’aborde mes albums solos en tout cas. Ce sont des choses que tu dois explorer, établir et le faire pour toi-même. Ensuite, quand je reviens avec Slash ou ALTER BRIDGE, je fais partie d’un groupe uni et il y a donc l’art du compromis, qui entre en compte. Mais c’est à travers ça que tu créés des choses que tu n’aurais jamais pu faire tout seul. Certains trouveront que c’est mieux quand je compose seul, par exemple. C’est aussi toute la beauté de la subjectivité ! (Sourires) Certaines personnes aiment le chocolat, d’autres c’est plutôt la vanille. Ce que j’essaie de faire, c’est juste de mixer l’ensemble et d’y apporter quelques saveurs pour en faire une bonne glace ! (Rires) Le nouvel album éponyme d’ALTER BRIDGE est disponible chez Napalm Records. Photo : Chuck Brueckmann Retrouvez les chroniques des deux derniers albums solos de Myles Kennedy : Myles Kennedy : emotional masterclass Myles Kennedy : explosif, sensible et positif [...]
7 janvier 2026Heavy metal / Old SchoolLe moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré. WILDHUNT « Aletheia » (Jawbreaker Records) Si certains jouent avec plus ou moins de bonheur sur une certaine intemporalité du genre, c’est-à-dire en affichant des influences du siècle passé, d’autres parviennent avec talent à leur fin. C’est le cas de WILDHUNT qui ressurgit après dix ans d’absence avec un deuxième album très réussi. Cela dit, le quatuor avait brillamment entretenu le suspens avec le single « Made Man » (2017 et présent ici) et un titre, « Terror Right below » (2019) sur un split album aux côtés d’autres groupes. Mais la suite se faisait attendre depuis « Descending ». Les références au Thrash et au Power Metal originels (pas la soupe actuelle) sont toujours présentes chez WILDHUNT, mais c’est un Heavy Metal plus classique aux contours épiques qui domine. On retrouve sur « Aletheia » des ambiances qui renvoient à Manilla Road, Mekong Delta ou King Diamond. Quant au chant, il est sobre et efficace à l’instar d’un  Rob Halford à ses débuts. Le combo coche donc toutes les cases, d’autant que sa technicité ne se noie pas dans une démonstration qui pourrait vite devenir ennuyeuse. Caractérisée par un travail remarquable de ses deux guitaristes notamment, la formation basée à Vienne présente des morceaux aux structures complexes avec de longues plages instrumentales, comme sur « Touching The Ground » entièrement instrumental, qui ouvre ce nouvel opus. WILDHUNT entretient l’intensité tout au long d’« Aletheia » avec beaucoup de nuances et de puissance. Accrocheur et mélodique, ce deuxième effort combine finesse et force (« The Holy Pale », « Sole Voyage » et le morceau-titre). Un modèle du genre. [...]
5 janvier 2026Hard Rock / Heavy metalIl y a quelque chose de galvanisant chez BULLET, une dynamique qui sent la dynamite et qui foudroie, malgré un registre qui semble ne plus avoir de secrets. Authentique et classique, tout en restant ancré dans son époque, les Suédois imposent leur son et leur style avec assurance et un irréprochable savoir-faire. Cette identité, ils l’ont acquise au fil des réalisations et pourtant « Kickstarter » paraît ouvrir un nouveau et musclé chapitre de leur carrière BULLET « Kickstarter » (Steamhammer) 20 ans exactement après le premier, BULLET sort son septième album et il est un beau condensé d’une carrière de plus de deux décennies dédiée au Hard Rock et au Heavy Metal. Et « Kickstarter » sonne même comme un second souffle, un nouveau départ fondé sur des solides bases forgées il y a des années. L’arrivée de Freddie Johanson en second guitariste apporte aussi beaucoup de fraîcheur et de vélocité au quintet, qui est loin d’avoir dit son dernier mot. Bien au contraire, il semble plus costaud et déterminé que jamais. Huit ans après « Dust To Gold », BULLET n’a rien changé à ses bonnes habitudes et reste fidèle aux fondamentaux. Pas question de renverser la table, mais plutôt d’afficher une certaine fierté à entretenir la flamme, ce qui serait même l’intention première des Scandinaves. Incisifs, racés et affûtés, ils se livrent pleinement sur ce « Kickstarter », certes classique mais terriblement efficace. Et avec une bonne touche de modernité, une énergie folle et un sens instinctif du songwriting, ce nouvel opus possède beaucoup de caractère et d’envie. Sans détour, le combo attaque avec le morceau-titre et s’impose. Les riffs sont acérés, la rythmique sans équivoque et le frontman harangue avec sa voix si particulière, qui renvoie à UDO, Bon Scott et Rob Halford. Et le mix est savoureux, hyper-Heavy et très Rock. Plus Metal sur la première partie, BULLET fait parler un groove purement Hard Rock sur la suite et se révèle intraitable avec des chansons taillées pour la scène et son urgence (« Caught In The Action », « Open Fire », « Chained By Metal », « Spitfire », « Strike At Night »). Implacable ! Photo : Robin Fritzon [...]
17 décembre 2025Hard RockAvec son nouveau combo, Leo Leoni poursuit d’une certaine manière l’aventure Gotthard, dont il semble avoir du mal à se défaire, malgré de solides albums avec CORELEONI. Ainsi, il n’est pas vraiment étonnant de voir que la tracklist de « Live At Hallenstadion Zürich » est surtout issue de son ancien groupe. Fers de lance d’un Hard Rock à l’européenne, les cinq musiciens passent par la case souvenir pour entretenir la flamme avec ardeur et dévouement. Un beau moment de pur Rock. CORELEONI « Live At Hallenstadion Zurich » (Perception) Il n’y avait pas de meilleur endroit pour CORELEONI pour mettre en feu au public, lors du caniculaire 3 juillet dernier, que le Hallenstadion, lieu même où fut enregistré le légendaire « Made In Switzerland/Live In Zürich » en 2006 par Gotthard. Leon Leoni et ses musiciens ne pouvaient rendre un meilleur hommage à leurs fans de la première heure, sachant que l’actuelle formation se voulait au départ un Tribute Band dédiée au mythique groupe helvétique. Le quintet a en quelque sorte bouclé la boucle… et avec la manière. Entouré du line-up à l’œuvre sur « III » sorti en 2022, le guitariste se produisait en première partie de Judas Priest devant une foule aux anges pour une soirée qui s’annonçait inoubliable, d’autant qu’il était pioché dans le répertoire du Gotthard des origines. Et cette configuration explique aussi le fait que « Live At Hallenstadion Zürich » ne dure qu’une quarantaine de minutes. Mais la passion d’un côté et la ferveur de l’autre ont fait toute la différence, et CORELEONI a livré un set époustouflant. Avec un Eugent Bushpepa des grands soirs au chant, le quintet a ouvert avec « Sister Moon » et ainsi rappelé d’où il venait, tout en mesurant le chemin parcouru. Si « Like It Or Not » et « Sick & Tired », issus de « III » ont remué la salle, les Suisses avaient surtout l’œil dans le rétro et on ressent clairement le plaisir qu’ils ont à interpréter leurs classiques (« Downtown », « Firedance », « Mountain Mama » et « Standing In The Light »). CORELEONI a fait plus que tenir son rang en déployant une énergie folle dans un Hard Rock flamboyant. Photo : Alexandre Zveige Retrouvez les chroniques des dernières sorties de CORLEONI, ainsi que celle de Gotthard : CoreLeoni : la chaleur du live CoreLeoni : modern vintage Gotthard : eternal crush [...]
16 décembre 2025Hard 70's / Heavy metal / Old SchoolDu côté de Boston, BYGONE a décidé de remonter dans le temps, jusqu’aux 70’s pour être précis. La tête dans les étoiles et les pieds sur terre, les six musiciens se livrent à un exercice de style mené avec la manière. Mêlant Hard et Heavy avec dextérité, ils nous font vivre une belle et saisissante épopée composée de montées en puissance incandescentes et de plages aériennes aux allures cosmiques et planantes. Cet album est une ode à une période dorée du Rock au sens large. BYGONE « Bygone » (Svart Records) Ayant fait leurs armes chez Magic Circle, Blazon Rite, Concilium, Witchtrial et Missionary Work, les membres de BYGONE œuvrent dans un style dont ils maîtrisent tous les contours et ce premier effort éponyme ressemble à tout sauf à un coup d’essai. Entre Hard Rock et Heavy Metal, le style du groupe offre bien des facettes avec des envolées proto-Metal, occultes et avec même un léger accent Acid Rock. Ancré dans les années 70 et le début des 80’s, il se montre brillant et inventif…comme à la grande époque. Après une première démo il y a trois ans, BYGONE se lance donc sur la durée dans un voyage cosmique avec une touche personnelle déjà perceptible. Certes, les références majeures sont assez évidentes, mais leur complémentarité sonne juste et surtout donne un bel élan à « Bygone ». Parmi les plus notables, on retient l’empreinte nette de Kiss, Think Lizzy, ou Rainbow avec un soupçon d’Uriah Heep et UFO. Le combo affiche beaucoup de sérénité dans une ambiance très organique, intense et à l’esprit très underground. Dans un décor musical assez fastueux, le sextet laisse libre-court à son imagination et elle est franchement fertile. Sur des rythmiques galopantes, des atmosphères cinématographiques et de l’humilité dans la démarche comme dans le chant, les Américains enchaînent les riffs acérés et les parties d’orgue Hammond majestueuses. Non sans émotion, BYGONE impose une solidité de chaque instant et se fait captivant au fil des morceaux (« Lightspeed Nights », « Take Me Home », « Shadow Rising », « Into The Gleam », « City Living »). Costaud ! Photo : Connie Carpenter [...]
4 décembre 2025Hard RockEn pleine tournée mondiale pour la célébration de leur soixantième anniversaire, l’emblématique combo se devait de faire une halte dans sa ville d’Hanovre pour célébrer avec ses fans cette incroyable longévité. Le temps d’un double-album, SCORPIONS livre un show musclé avec, notamment, ses deux guitaristes en très grande forme. Si Klaus Meine a quelque peu perdu de sa puissance, il n’en demeure pas moins un chanteur qui traverse le temps avec beaucoup de classe. « Coming Home Live » possède ce petit côté nostalgique, qui n’enlève rien à la saveur électrique de la mythique formation teutonne.  SCORPIONS « Coming Home Live » (Polydor/Universal) Pourquoi chroniquer le huitième album live de SCORPIONS ? A vrai dire il y a tellement de raisons que toutes les énumérer serait presque malvenu. Tout d’abord, « Coming Home Live » a été enregistré le 5 juillet dernier dans le stade de leur ville d’Hanovre devant 45.000 fans, qui n’attendaient que ça et dont l’accueil a été plus que chaleureux. Ensuite, le groupe fêtait ses 60 ans de carrière, ce qui reste assez inédit à ce niveau-là dans l’Histoire du Hard Rock. Aussi parce que la tracklist, certes assez conventionnelle, est un magnifique résumé d’un parcours hors-norme. Et puis enfin, parce que tout bon rockeur qui se respecte possède au moins un disque du groupe à la maison. Parfaitement capté, « Coming Home Live » reflète l’esprit live des Allemands, et si on n’échappe pas aux ballades qui ont fait une partie de leur succès (« Send Me An Angel », « Wind Of Change », « Still Loving You »), SCORPIONS n’a rien perdu de son mordant, bien au contraire. Derrière son trio magique composé de Klaus Meine au chant, de Rudolph Schenker et Matthias Jabs aux guitares, l’ex-Motörhead Mikkey Dee tient la boutique et nous gratifie même d’un court solo de batterie sur « New Vision ». Quant à Pawel Maciwoda, sa basse fait ronronner l’ensemble. Il faut bien avouer qu’après six décennies d’une carrière explosive, le plaisir est intact. Avec un public au diapason, auquel le légendaire frontman s’adresse bien sûr dans sa langue, Hanovre vibre d’un seul et même élan sur les classiques du quintet. Et on n’est pas en reste ! Si on se régale des deux belles versions de « Bad Boys Running Wild », « Delicate Dance » (avec un solo de Matthias Jabs), les standards de SCORPIONS rayonnent toujours autant : « The Zoo », « Big City Nights », « Black Out », « Rock You Like A Hurricane » et le solide medley 70’s composé de « Top of the Bill », « Steamrock Fever », « Speedy’s Coming » et « Catch Your Train ». Certes, nos vétérans ont pris de la bouteille, mais pour qui les suit depuis de longues années, ils restent incontournables.  Retrouvez aussi la chronique de « Rock Believer », dernier album studio en date de SCORPIONS sorti en 2022 : Scorpions : le venin comme antidote [...]
1 décembre 2025Doom Metal / Heavy metal / InternationalTrois ans après « Ghost Light », le quintet fait son retour avec de nouvelles intentions et surtout un line-up dont les lignes ont bougé avec l’arrivée d’un nouveau membre, notamment. Toujours aussi mélodique et épique dans son approche, OLD NIGHT présente un Doom aux teintes très Heavy et où les atmosphères sont captivantes. Grâce à des riffs soignés, des chorus bien sentis et des solos millimétrés, « Mediterranean Melancoly » varie autant dans les tempos que dans les parties vocales, pour mieux édifier ces ambiances qui leur sont si personnelles. Luka Petrović, fondateur, compositeur, bassiste et chanteur de la formation croate, revient sur les changements au sein du groupe et la création de ce quatrième album, qui se présente comme une véritable odyssée. – Sur ce quatrième album, il y a quelques changements suite au départ de Matej Hanžek, votre ancien chanteur et guitariste. Cela a donné lieu à une sorte de jeu de chaises musicales au sein du groupe, et Rafael Cvitković vous a aussi rejoint. Comment avez-vous abordé cette transition ? Rafael est un ami de longue date, qui a d’ailleurs souvent joué de la guitare lors des balances et nous a même aidés avec le merchandising. Alors, quand Matej a quitté le groupe, nous avons décidé d’intégrer un troisième guitariste pour le remplacer et prendre le temps de trouver un chanteur. Rafael était le seul candidat. Comme il appréciait déjà notre musique et connaissait la plupart de nos morceaux par cœur, la décision a été facile. Ensuite, nous avons répété la setlist de base pendant deux semaines. En revanche, changer de chanteur s’est avéré bien plus compliqué. Ivan était notre premier choix, mais il était réticent au départ. Il se considérait avant tout comme notre guitariste et ne souhaitait pas se concentrer principalement sur le chant. Après avoir contacté plusieurs chanteurs potentiels, nous avons vite compris que nous ne trouverions personne de ce calibre dans la région. Par ailleurs, les autres options étaient soit trop éloignées, ce qui aurait rendu les répétitions au complet quasiment impossibles, soit elles ne correspondaient tout simplement pas à ce que nous recherchions. Finalement, nous avons convenu de faire une répétition avec Ivan au chant, et à la moitié de la première chanson, nous nous sommes regardés et nous avons su que c’était lui, et que nous avions notre nouveau chanteur. – On peut aussi de dire que le renouvellement dans un groupe apporte un regain de créativité, un nouveau souffle, notamment dans ces changements de rôles pour vous. Est-ce que cela a été le cas et cela vous a-t-il ouvert de nouvelles perspectives ? Absolument ! Même si la perte de notre chanteur principal a été un choc au départ, elle nous a en réalité rapprochés et nous a peut-être même permis d’apprécier davantage les choses. D’une certaine manière, nous avons dû repartir de zéro, du moins vocalement. Ivan avait toujours chanté dans OLD NIGHT, mais surtout en tant que choriste, et son style est assez différent de celui de Matej. Nous avons donc décidé de miser sur cette différence et de l’exploiter au maximum. Cela nous a sans aucun doute apporté un regard neuf et ouvert de nouvelles perspectives. – Sur « Mediterranean Melancoly », OLD NIGHT se présente donc avec trois guitaristes, dont un nouveau. Est-ce que ce nouvel équilibre s’est fait naturellement et est-ce que vos rôles ont été définis rapidement ? Nous avons toujours eu trois guitares, puisque Matej jouait aussi la rythmique. Mais oui, comme tu l’as justement remarqué, cet album est clairement plus axé sur la guitare. C’était en partie un choix délibéré, et aussi en partie dû aux influences musicales de Rafael. Il est plutôt branché Funeral Doom, Death Doom et Death Metal. Le seul ajustement que nous avons dû faire a été de réarranger certaines sections, car il était devenu trop difficile pour Ivan de chanter et de gérer tous les solos en même temps. – Ce nouvel album est donc tourné, plus que les précédents, vers la guitare. Pour autant, votre Doom n’est pas techniquement plus démonstratif. Avez-vous profité de cette nouvelle configuration pour justement travailler plutôt sur les atmosphères, comme cela s’entend, puisque de nouvelles possibilités sont apparues ? Les possibilités offertes par trois guitaristes sont quasi illimitées. On peut simplifier les parties et les arranger de façon à donner plus d’ampleur et de richesse au son. Il ne s’agit pas forcément de faire jouer chacun un solo différent en même temps. Quand j’ai commencé le Metal, j’écoutais Iron Maiden, Judas Priest et Blind Guardian. Voir ces groupes en concert m’a fait réaliser à quel point l’absence de cette troisième guitare, audible sur les albums, me manquait, notamment lors des solos à deux. Et bien sûr, comme tu l’as dit, on utilise aussi cette configuration pour les passages atmosphériques, car elle nous offre une multitude d’options. – On a parlé du côté guitaristique de « Mediterranean Melancoly », mais la dimension vocale n’est pas en reste et OLD NIGHT cultive cette dualité entre le growl et le chant clair. Comment procédez-vous au moment de composer pour distinguer les deux aspects ? Et d’ailleurs, est-ce que chacun écrit et interprète sa propre partie ? Je suis le principal compositeur du groupe et je m’efforce de finaliser au maximum les morceaux. En général, j’écris au moins deux parties de guitare et la basse. Je compose aussi la plupart des mélodies. Ensuite, le batteur et moi préparons les morceaux et les présentons au reste du groupe. Puis, nous travaillons ensemble sur les arrangements et, bien sûr, sur le peaufinage des parties de guitare. Je n’écris pas leurs solos, car je ne suis pas guitariste à proprement parler. Si j’ai des idées, je les partage, mais je leur laisse le soin de prendre les décisions finales, car ils sont bien meilleurs que moi dans ce domaine. Pour ce qui est des parties vocales, c’est principalement le travail du chanteur. J’essaie simplement de donner quelques indications et de signaler où chanter, mais je n’interviens pas beaucoup. Et les growls viennent en dernier. Je les considère surtout comme un élément d’accompagnement et nous ne les utilisons que lorsque les paroles le justifient vraiment, pour accentuer des moments précis. – Votre Doom s’inscrit dans l’esprit Old School du genre avec également un élan épique et un jeu clairement Heavy Metal, assez éloigné du Death malgré les growls. Est-ce par désir de rester proches des fondamentaux et d’une certaine tradition, ou parce que vous ne vous reconnaissez pas dans l’approche moderne du genre ? Quand j’ai commencé à écouter du Doom Metal, c’était surtout ce qu’on appelle aujourd’hui du Death Doom, et beaucoup de ces groupes font encore partie de mes préférés. Mais c’était surtout parce qu’un ami, qui me prêtait des cassettes, écoutait ce genre de musique. Je me souviens encore de ma première écoute de Solitude Aeturnus, j’ai été complètement époustouflé. C’était au début des années 90, et Internet tel qu’on le connaît aujourd’hui, n’existait pas. Je ne savais même pas que le Doom avec du chant clair était possible. Beaucoup de mes groupes préférés ont fini par adopter le chant clair, ou du moins à l’intégrer davantage. Les autres membres sont plus branché Heavy Metal traditionnel. Et je pense que le mélange de toutes ces influences a posé les bases de notre son. Je ne suis pas vraiment fan de Death Metal classique, donc même les parties les plus lourdes qu’on compose ne sont pas ancrées dans l’agressivité ou l’esthétique Death Metal. Ce sont juste des riffs bien lourds. – J’aimerais que l’on parle du concept de l’album, qui contient cinq morceaux qui s’étendent de plus de sept minutes à près de dix. Les avez-vous composé un par un, ou est-ce la structure en elle-même du disque qui a guidé la tracklist ? En fait, je compose d’abord la dernière chanson de l’album. Je l’avais déjà fait pour notre premier album et c’est devenu une habitude. Ce n’est pas forcément intentionnel, mais je ne suis pas vraiment tranquille tant que je ne connais pas la fin de l’album. Ensuite, je compose la première chanson, le début de l’histoire. Comme j’écris toujours les paroles avant la musique, celle-ci est composée spécifiquement pour ces mots. Je n’ai pas de règle stricte, mais je travaille généralement sur plusieurs chansons à la fois. Je ne suis pas un compositeur prolifique, alors j’essaie d’écrire très régulièrement. Cela me donne un large choix de riffs et de parties mélodiques pour les morceaux. Tout ne convient pas forcément à une chanson en particulier, ni même à l’album, ni parfois même au groupe, mais cette méthode de travail m’évite d’être obligé d’utiliser quelque chose qui ne colle pas à l’ensemble. L’autre chose que nous faisons bien à l’avance, c’est commander la pochette. Nous aimons qu’elle soit terminée pendant que nous sommes encore plongés dans l’écriture, car elle devient une source d’inspiration. Cet album parle de notre maison, une sorte d’ode à l’endroit où nous vivons, mais c’est aussi une lamentation. Cela a indéniablement influencé l’atmosphère de l’album, car certaines mélodies et lignes vocales ont une sonorité résolument méditerranéenne. Quant à la durée des morceaux, j’essaie de les garder aussi courts que possible, même s’il m’arrive de couper des paroles pour réduire un peu l’ensemble. Bien sûr, ce qui nous paraît ‘vraiment long’ et ce que l’auditeur lambda perçoit ne sont pas toujours les mêmes. Notre façon de composer engendre naturellement des passages plus longs, parfois presque cinématographiques. Alors, les morceaux s’étirent simplement parce que c’est l’histoire qui veut ça. – Enfin, ce qui est assez étonnant avec le Doom d’OLD NIGHT, c’est une certaine légèreté dans votre jeu et dans les atmosphères, qui donnent parfois même une sensation apaisante. L’idée est-elle d’aller un peu à contre-courant de l’image sombre et ténébreuse du style ? J’ai toujours perçu nos chansons comme des récits et la musique comme un véritable voyage. Nous explorons une multitude d’émotions au sein d’un même morceau, et il est parfois nécessaire de créer cette sensation d’apaisement pour bien raconter l’histoire. Il ne s’agit donc pas de s’opposer à l’image sombre et lugubre du genre, mais plutôt de suivre le chemin émotionnel que la chanson exige. Bien sûr, ces moments plus doux et paisibles rendent les passages plus intenses d’autant plus percutants, créant un contraste naturel. Je pense que cet équilibre est l’un des éléments qui nous distinguent des autres groupes du genre, ce qui donne à notre Doom une profondeur et un dynamisme uniques. Le nouvel album d’OLD NIGHT, « Mediterranean Melancoly », est disponible chez Meuse Music Records. [...]
28 novembre 2025Hard Rock / Power RockVigoureux et précis dans son jeu, le groupe de l’Ontario a toujours affiché beaucoup de fraîcheur et de liberté à travers ses disques, et « Leo Rising » ne vient pas trahir l’ADN du combo. Intense et bien charpenté, ce nouvel opus est aussi fougueux que groovy et, comme toujours, DANKO JONES est sûr de sa force, se montre également sleazy à l’occasion et surtout, il semble mettre un point d’honneur à ne pas sombrer dans des sonorités actuelles fadasses et stéréotypées. DANKO JONES « Leo Rising » (Perception) Après une trentaine d’année de carrière, DANKO JONES fait toujours figure d’électron libre. Un pied dans l’underground malgré une reconnaissance mondiale, il ne dévie pas d’un iota de sa trajectoire musicale. Comme toujours, « Leo Rising » percute d’entrée de jeu et les Canadiens ne lèvent pas le pied un seul instant. Imperturbables, ils balancent leur Hard Rock brut et tendu, délivrant au passage une énergie communicative. A priori franchement rude, ce douzième album est surtout une invitation au partage. En effet, il y a toujours cette envie très perceptible, qui transpire de ses morceaux et leur offre cette vélocité particulière. Et la première chose que DANKO JONES a à partager, c’est son puissant Rock virevoltant et incisif. Coriace et sans compromis, « Leo Rising » ne manque pourtant pas d’humour et d’ironie, et avance au pas de charge. Le power trio se fait plaisir et la bonne production signée Erik Ratz ferait presque oublier que les chansons ont été enregistrées à distance, le bassiste John Calabrese étant en Finlande. Cependant, il y a une réelle cohésion et un bel esprit de corps, et cela se sent sur ces onze bâtons de dynamite. L’alchimie fait le reste et on peut compter l’implication de chacun d’entre eux pour faire parler la poudre. Il y a aussi ce côté évident chez les Nord-Américains. L’aspect direct et frontal de leur musique y est pour beaucoup, tant le rythme est effréné et la succession de riffs tranchants efficace (« Diamond In The Rough » avec un solo de Marty Friedman, « Everyday Is Saturday Night », « Hot Fox », « Gotta Let In Go », « I ‘m Going Blind », « Pretty Stuff »). Tout en diffusant des titres costauds, DANKO JONES n’élude pas une certaine légèreté, et reste fidèle à une ligne de conduite très Rock’n’Roll. Taillée pour la scène, cette nouvelle réalisation s’inscrit dans une belle et robuste continuité et sans renier sa ligne de conduite. Photo : Ole Martin Wold Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie de « Power Trio » en 2021 et la chronique de l’album : Danko Jones : 25 ans de Rock brut [Interview] Danko Jones : la preuve par trois [...]
27 novembre 2025Hard RockNombreux sont ceux qui gardent un souvenir ému de la sortie de « Wicked Sensation » en 1990, première réalisation du génial George Lynch en groupe après son départ de Dokken. Ce fut le début d’une belle envolée solo qui, si elle n’a jamais atteint le sommet des charts, aura été un formidable laboratoire pour un six-cordiste toujours en quête d’exploration et particulièrement doué. Avec un sens unique du riff et des solos plein de panache, il aura guidé LYNCH MOB pendant plus de deux décennies. Avec ce dernier « Dancing With The Devil », il affiche sa reconnaissance pour ses fans, loin de signer un lugubre chant du cygne.   LYNCH MOB « Dancing With The Devil » (Frontiers Music) Clap de fin pour LYNCH MOB après 25 ans d’une belle aventure, qui se termine avec un neuvième album en forme de baroud d’honneur. Si le groupe demeure le plus emblématique de la carrière post-Dokken du guitariste, il reste un homme de projet et nul doute qu’il ne tardera pas à refaire surface. Alors pour cet ultime opus, il a reconduit le line-up présent sur « Babylon », sorti en 2023. On le retrouve donc aux côtés de Gabriel Colón au chant, Jaron Gulino à la basse et Jimmy D’Andra derrière les fûts, histoire d’œuvrer une dernière fois dans la continuité et la ligne artistique établie du combo. L’une des dernières formations iconiques du Hard Rock américain tourne donc la page et même si de nombreux musiciens s’y sont succédé, la touche de LYNCH MOB reste tellement identifiable. Cependant, le musicien a su moderniser son approche au fil du temps, tout en conservant ce chaleureux côté bluesy qui le suit. Comme toujours « Dancing With The Devil » sonne juste, le songwriting est irréprochable, l’interprétation du combo remarquable et le jeu de George Lynch fait encore des étincelles. Technique, mais sans tomber de trop dans la démonstration, il laisse parler son feeling… ainsi que sa virtuosité. Avec l’assurance et la technicité qu’on lui connaît, le Californien distille un Hard Rock toujours élégant et efficace. S’il ne prend pas le moindre risque, il joue sur les contrastes avec un groove éclatant et démontre qu’il reste un maître en la matière (« Dancing With The Devil », « Pictures Of The Dead », « Saints And Sinners », « Lift Up Your Soul », « Follow My Down »). Avec ce dernier effort, le guitar-hero semble aussi poser un regard satisfait sur ce pan de sa carrière et se contente même de beaucoup de sobriété sur l’instrumental « Golden Mirrors ». Et LYNCH MOB ferme même la parenthèse avec « Somewhere », uniquement présent sur l’édition européenne. Merci pour tout Monsieur ! Retrouvez la chronique de « Babylon » : Lynch Mob : la surprise du chef [...]
21 novembre 2025Heavy metal / Old School / Speed MetalUne belle dynamique, des riffs tranchants et des refrains accrocheurs, STARFORCE se montre déjà plein de confiance sur ce premier long format. Faisant preuve de beaucoup de minutie en naviguant dans un Heavy vintage aux pulsations Speed, le combo fait éruption sur la scène du Mexique et devrait bientôt s’atteler à l’international. Rigoureux, solide et bien structuré, « Beyond The Eternal Night » est particulièrement intense et oscille entre fulgurances Metal et passages plus délicats. STARFORCE « Beyond The Eternal Night » (Jawbreaker Records) Après un EP, deux splits et une flopée de singles, STARFORCE sort son premier album quatre ans tout juste après sa formation et sa qualité impressionne déjà. En basant son univers sur des récits cosmiques, le quintet peut exploiter son Heavy Speed en se laissant aller dans des thématiques Sci-Fi, ce qui lui offre l’étendue d’une galaxie pour s’exprimer. S’ils ne sont pas les premiers à s’engouffrer dans la brèche, d’autant que leur registre est clairement axé 80’s, les Mexicains le font avec beaucoup de talent et de précision. Une entrée en matière saisissante de maîtrise. Située quelque part entre Enforcer et Helloween à ses débuts, la formation de Mexico fait un peu cavalier seul dans ce registre chez elle et ce n’est pas plus mal. N’ayant rien à envier à d’autres dans la même catégorie, STARFORCE se montre original, percutant, mélodique et techniquement irréprochable. Guidé par Mely Solis, dont la voix ne manque ni de puissance, ni de polyvalence, « Beyond The Eternal Night » affiche également une bonne production, aussi claire que massive. L’équilibre est parfait et l’esprit Old School des morceaux y gagne vraiment en éclat. Preuve que le quintet sait faire preuve d’audace, après l’intro, c’est avec un titre chanté en espagnol (« Andrómeda ») qu’il ouvre son premier opus. D’ailleurs, il récidive de belle manière avec « Piel Helada » et « Sonata En Bm ». STARFORCE est sûr de son fait et ses deux guitaristes se montrent redoutables (« Rock And Roll Slave », « Sign Of An Angel », « Space Warrior »). Et si la frontwoman impressionne par son assurance, l’autre coup de théâtre vient du batteur qui s’offre un petit solo, façon live, sur le très bon « Stay Heavy ». Plus que prometteur ! [...]
14 novembre 2025Hard Rock / Hard'n Heavy / Heavy metal / Old SchoolOriginaire du sud du Brésil, CREATURES est (presque) un nouveau venu dans le paysage Metal sud-américain. Avec « Creatures II », son deuxième forfait donc, le jeune combo s’affirme avec vigueur et surtout un sens du songwriting et de l’interprétation remarquable. Ayant parfaitement assimilé et digéré une culture musicale ancrée dans les années 80/90, CREATURES parvient à se frayer un chemin original et pertinent dans cette vague revival et Old School, qui se porte de mieux en mieux. CREATURES « Creatures II » (High Roller Records) Présent depuis un peu plus de cinq ans sur la scène brésilienne, CREATURES est surtout l’œuvre de son guitariste, auteur et compositeur Mateus Cantaleäno, qui a même conçu la pochette de son nouvel opus. Alors qu’il avait réalisé le premier avec le multi-instrumentiste Roberto Scienza (Rope Bunny), c’est en groupe que « Creatures II » voit le jour et cela change pas mal la donne. Dans un Hard’n Heavy classique qui emprunte autant à l’énergie de Ratt, qu’à la puissance de Judas Priest et au panache de Dokken, le quatuor trouve sa place dans un registre mélodique et accrocheur, qui n’a franchement rien d’usé et qui rayonne. Avec d’un line-up stabilisé autour de Marc Brito au chant, Ricke Nunes à la basse et Sidnei Dubiella à la batterie, ce deuxième effort a nettement plus de corps et de relief, d’autant que la production est réalisée avec soin par Arthur Mignotto (Hazy Hamlet) et Mateus Cantaleäno, bien sûr. Chaleureuse et aérée, elle offre un bel équilibre à des titres d’une redoutable efficacité. Grâce à un frontman hors-pair et un tel virtuose de la six-corde, la rythmique est le poumon de CREATURES, qui ne tarde pas à nous plonger dans un passé pas si lointain et fort bien actualisé. Un renouveau qu’on a d’ailleurs vu chez d’autres. Sobre et maléfique, le quatuor se fond dans les codes traditionnels du Heavy Metal avec beaucoup de légèreté dans le ton et surtout un palpable plaisir dans l’interprétation. S’il y a du George Lynch et un brin d’Yngwie J. Malmsteen chez le maestro, il évite d’en faire de trop et se met littéralement au service de ses compositions, qui viennent vite se loger dans le crâne (le somptueux « Beware The Creatures » et sa version longue en bonus, « Dreams », « Queen Of Death », « Path In The Night », « Danger » et « Perfect Illusion » aussi en bonus). CREATURES signe un très bon disque et ne devrait pas rester longtemps dans l’ombre. [...]
14 novembre 2025Hard RockDepuis le retour de John Corabi derrière le micro, THE DEAD DAISIES semble plus assuré que jamais. Les riffs massifs de David Lowy, les solos toujours inspirés de Doug Aldrich et le tonitruant duo basse/batterie formé par Michael Devin et Tommy Clufetos renouent avec une énergie brute. Rompu à la scène, ils sont tous les cinq dans leur élément et cette belle captation de leur prestation au festival ‘Stonedead’ fait littéralement vibrer les spectateurs à l’unisson sur un Hard Rock costaud et rassembleur. Les échanges sont nombreux, et les fans comme le groupe se régalent de cet instant suspendu. THE DEAD DAISIES « Live At Stonedead » (Independant) L’été dernier, le quintet a conclu sa tournée britannique avec un passage très remarqué au festival ‘Stonedead’, au Newark Showground, au cœur de l’Angleterre. Créé en 2018, il renoue avec l’esprit ‘Monsters Of Rock’ et offre dix groupes sur une journée et une même scène. Le 23 août dernier, THE DEAD DAISIES y a donc fait escale avec la ferme intention d’y mettre le feu. Mission accomplie pour la formation américano-australienne qui a laissé une empreinte indélébile que l’on peut se réjouir de revivre juste en ligne malheureusement. Loin de la quiétude du Fame Studio de Muscle Shoals où il avait enregistré le bluesy « Lookin’ For Trouble » sorti en juin dernier, c’est dans le bouillonnant chaudron du ‘Stonedead’ que le groupe est venu livrer un set survitaminé d’une heure devant un public tout acquis à sa cause. Dans une ambiance électrique et avec son frontman retrouvé, THE DEAD DAISIES a surtout insisté sur la partie de sa discographie avec John Corabi évidemment, et notamment sur l’album « Light’Em Up », tout en montant en puissance avec quelques surprises à la clef. En ouvrant avec « Long Way To Go », puis « Rise Up », la foule ne met longtemps à être conquise avant de savourer des morceaux qui prennent toute leur dimension en live (« Light’Em Up », « I Wanna Be Your Bitch», « I’m Gonna Ride », « Going Down », « Mexico », « Resurrected »). Si cette fois, on échappe à une reprise de Deep Purple, THE DEAD DAISIES se fend d’un explosif « Fortunate Son » de CCR et clot son concert par le non-indispensable « Helter Skelter », preuve que le combo sait aussi s’adapter à son auditoire. A noter que « Live At Stonedead » n’est disponible qu’en version numérique. Retrouvez les chroniques des récents albums du groupe : The Dead Daisies : reloaded Blues The Dead Daisies : furiously alive The Dead Daisies : une fontaine de jouvence The Dead Daisies : la formule gagnante [...]
7 novembre 2025Hard RockCe n’est jamais simple pour une formation même chevronnée de changer de frontman, alors quand il s’agit d’accueillir une frontwoman, cela peut même venir bouleverser beaucoup de choses. Pourtant, la Scandinave Terese Persson intègre le combo transalpin le plus naturellement du monde. HELL IN THE CLUB négocie parfaitement le virage et ouvre un nouveau chapitre avec le musclé et mélodique « Joker In The Pack », dans un registre modernisé et explosif. Une belle réussite. HELL IN THE CLUB « Joker In The Pack » (Frontiers Music) Suite au départ de son chanteur Dave Moras, on aurait pu s’interroger sur l’avenir du groupe sans son fondateur. Même s’il reste toujours très proche humainement et artistiquement de ses anciens camarades de jeu, HELL IN THE CLUB a su trouver la perle rare. Loin d’être une inconnue, Terese ‘Tezzi’ Persson a œuvré au sein de Venus 5 et Infinite & Divine, mais encore fallait-il qu’elle se fonde dans le registre des Italiens. Puissante, la voix de la Suédoise colle parfaitement à leur répertoire et apporte même ici un souffle nouveau. Après six bons albums, c’était d’ailleurs peut-être aussi le bon moment pour HELL IN THE CLUB de repartir de plus belle avec de fortes intentions et démarrer ainsi un nouveau cycle. En tout cas, rien ne s’y oppose à l’écoute de « Joker In The Pack », qui prolonge avec brio la carrière du quatuor et qui vient également bousculer un peu ses habitudes. La touche féminine libère une belle dynamique, tonique et audacieuse. Si le Hard Rock reste toujours estampillé 80’s/90’s, il a franchement gagné en vigueur et sonne nettement plus actuel. Costauds et compacts, Andrea Buratto (basse), Andrea Piccardi (guitare) et Marco Lazzarini (batterie) restent des éléments essentiels et assurent l’efficacité du facteur force/mélodie de HELL IN THE CLUB. Très bien produit par Simone Mularoni (Nightmare, Sole Syndicate), ce septième opus combine avec le même talent Hard Rock et Glam Metal. Vocalement, Tezzi s’impose sans mal et fait vibrer ces nouvelles compositions (« The Devil Won’t Forget Me », « New Desire », « Fairytale », « Out Of The Distance »). Une nouvelle ère s’ouvre ! Photo : Manuel Moggio & Heine Otomiya [...]
6 novembre 2025BluesDe son côté de l’hémisphère, le songwriter Grant Haua présente un Blues dynamique et débridé depuis trois réalisations studio maintenant, alors que David Noël enflamme les scènes hexagonales, entre autres, avec The Supersoul Brothers depuis une bonne décennie déjà. Partageant le même label, Dixiefrog, les deux chanteurs n’ont pas tardé à faire connaissance et se sont bien sûr trouvé quelques points communs, dont un amour incandescent pour le Blues. De là est né « Two Roots », une belle entrée en matière dont on espère vivement une suite. ATUA BLUES « Two Roots » (Dixiefrog) Le choc des cultures n’en est pas forcément un, lorsque celles-ci se connectent à une même passion. Et quand un Maori et un Béarnais font cause commune, ça débouche même sur une interaction musicale de haut vol. Grant Haua et David Noël, alias Feelgood Dave, se sont d’abord rencontrés il ya trois ans, puis ont tourné ensemble et après une concluante collaboration sur le single de la chanteuse DeLayne, ils se sont rendus à l’évidence qu’un projet commun sera une bien belle idée. Et c’est le cas avec ATUA BLUES, via « Two Roots ». Bien aidé par la technologie, le duo a pu effacer les milliers de kilomètres les séparant pour mettre au point ce premier effort dont la fraîcheur et la production très organique sonnent plus vrai que nature. S’ils l’ont composé à quatre mains, mais chacun de son côté, le Maori et le Français se montrent très complices, au point d’offrir à « Two Roots » une saveur très personnelle assez étonnante. ATUA BLUES ne fait qu’un et les morceaux du tandem sont très complémentaires et même, dans l’ensemble, très homogène dans leur écriture. Très acoustique dans sa composition, « Two Roots » bénéficie aussi du soutien de Tim Julian (basse, claviers, percussions) et du batteur James Bos. Hormis « Amazing Grace », « My Sweet Lord » et « Rose », les huit autres titres sont signés ATUA BLUES. Ainsi, quand l’un prend le lead, la voix gorgée de Soul de David Noël illumine « What have We Done » et « Who’s Gonna Save My Soul » notamment, tandis que Grant Haua apporte du relief à « River Blues », « Hard Lovin’ Woman » et « I Got The Blues ». Deux artistes et un même feeling. Photo : Philip Ducap Retrouvez les chroniques des albums de Grant Haua, The Supersoul Brothers et… DeLayne : Grant Haua : une belle respiration Grant Haua : au plus près des racines Grant Haua : le blues Maori The Supersoul Brothers : lumineux The Supersoul Brothers : soul on fire ! DeLayne : la beauté du Blues maori [...]
3 novembre 2025Blues / International / R&B / SoulS’il a un parcours pour le moins atypique, ce n’est plus ce que l’on retient aujourd’hui de ROBERT FINLEY. De son incroyable rencontre avec Dan Auerbach, moitié de The Black Keys et patron du label Easy Eye Sound, à ses premières tournées, il sort aujourd’hui son cinquième album et il vient marquer une décennie de créativité et la réalisation d’un rêve d’enfant. Avec « Hallelujah! Don’t Let The Devil Fool Ya », le chanteur Soul s’adresse à toutes les générations dans un registre plus Gospel que jamais, fait d’un Blues aux contours très jam, comme s’il laissait un esprit s’emparer de ses nouveaux morceaux. Cette fois aussi, c’est en famille, avec sa fille Christy Johnson, qu’il partage ce nouvel opus. Loin d’être un passage de témoin, c’’est surtout une réunion qui prend tout son sens. Entretien avec un chanteur à la voix de velours, qui a su garder un enthousiasme fou.       – Il y a dix ans maintenant, ta vie prenait une tournant important avec la sortie de ton premier album, « Age Don’t Mean A Thing ». Ensuite, beaucoup de choses se sont accélérées. Quel est ton état d’esprit aujourd’hui ? Est-ce qu’une certaine routine s’est installée, ou y a-t-il toujours de l’émerveillement dans ton quotidien ? Cela signifie surtout que les rêves peuvent devenir réalité et je n’ai jamais perdu espoir. Je n’ai jamais abandonné ma fierté, non plus, et je crois toujours en ce que je fais, car c’était vraiment un rêve d’enfance. – « Hallelujah ! Don’t Tell The Devil Fool Ya » est ton cinquième album en l’espace de dix ans, ce qui est une fréquence assez soutenue. Y a-t-il chez toi la volonté de rattraper le temps perdu, ou au contraire as-tu le sentiment de faire les choses à ton rythme ? J’ai l’impression que tout arrive en temps voulu. Je n’ai aucun regret là-dessus. Si la même opportunité s’était présentée il y a 20 ou 30 ans, je ne sais pas si j’aurais été mentalement préparé pour ce succès. Donc, mon conseil à tous les jeunes artistes qui commencent est de toujours rester soi-même, car les rêves peuvent se réaliser tôt ou tard. – D’ailleurs, est-ce que depuis toutes ces années et au fil des albums, il y a des chansons que tu gardais depuis longtemps, et auxquelles tu tenais, et que tu as enfin pu enregistrer ? Non, tout s’est passé sur le moment. J’ai juste eu cette opportunité de m’exprimer et ce nouvel album est ma façon de dire que j’ai toujours de l’espoir en moi et que je ne l’abandonnerai jamais. Son titre parle pour lui… (Sourires) – J’aimerais que l’on revienne un instant sur cette rencontre et cette formidable collaboration avec Dan Auerbach et son label Easy Eye Sound. Sans mauvais jeu de mot, est-ce que tu te dis parfois que c’est un petit miracle ? Une sorte d’alignement des planètes finalement ? Je pense que c’était le début de quelque chose de nouveau. Je gère bien cette collaboration avec Dan et son équipe, car ils n’essayent pas de faire de moi quelqu’un que je ne suis pas. Ils m’acceptent comme je suis et c’est ce que je veux être avant tout, d’autant que personne ne peut mieux le faire que moi-même. Je suis le seul à avoir cet ADN, à porter ce nom parmi des milliards de gens. Donc, je suis le seul à vraiment pouvoir être moi-même. Mon conseil à toutes et à tous est de rester vous-mêmes ! – C’est aussi Dan qui a constitué l’excellent groupe qui t’accompagne sur ce nouvel album et il y règne une osmose et une connexion très particulière. Comment arrive-t-on à un tel feeling entre musiciens ? Je pense que le plus important est que tout le monde ait pu jouer ce qu’il ressentait. Nous étions tous ensemble et c’est de cette manière que tout est venu. On n’avait pas de plan précis, pas de notes ou de direction particulière. Cela a vraiment été un cadeau et on a tous saisi cette chance. Le bassiste a pu jouer ce qu’il voulait, le guitariste aussi et il s’est vraiment passé quelque chose dans cette connexion, c’est vrai. C’est incroyable que des étrangers se retrouvent dans la même pièce et parviennent à créer un album aussi incroyable. – Avec ce nouvel album, tu réalises enfin ton rêve qui était de faire un disque entièrement Gospel. Même s’il y a toujours eu des chansons Gospel sur tes albums, pourquoi ne l’avais-tu pas fait avant ? Avais-tu besoin de certitudes et/ou de peaufiner certaines chansons ou certains textes peut-être ? Quand nous sommes allés en studio, j’ai prié, car je n’avais aucune note. Quand bien même j’en aurais eu, je n’aurais pas réussi à les lire, car je suis presque aveugle ! (Sourires) C’est de là que vient ma foi. J’ai demandé au seigneur ce qu’il attendait de moi et de tout le groupe. J’avais un problème avec les paroles, alors je m’en suis remis à Dieu. Il faut juste croire. Et en croyant, on reçoit. C’est le principal message de ce disque. Ecoutez-le et vous aurez un regard nouveau sur la vie. (Rires) – Il est bien sûr beaucoup question de Dieu sur cet album, puisque le Gospel y est directement lié. Comment cela se traduit-il au niveau de l’écriture des textes pour les rendre si personnels ? Est-ce ton vécu qui te guide dans ces moments-là ? En fait, le plus important est ce dont je n’ai pas besoin. Comme je ne peux pas écrire de textes, il faut juste que je parle de la vie, des choses que chacun doit gérer au quotidien. C’est la réalité, finalement. Ce n’est pas quelque chose que j’ai découvert, ce n’est pas un secret. Il faut saisir chaque opportunité et écrire la bonne chose au bon moment. C’est ce que cherche tout le monde et c’est aussi ce qu’attendent d’autres personnes. Lorsque j’ai rencontré Dan Auerbach, je n’avais jamais entendu parler de lui, je ne savais pas qui était The Black Keys, aussi parce que nous sommes issus de générations différentes. Mais quand nous sommes arrivés en studio, il m’a juste dire : sois toi-même. Et c’est tout ce que j’ai toujours voulu entendu toute ma vie ! Quand quelqu’un te dit ça, c’est qu’il apprécie qui tu es. Ensuite, j’ai rencontré beaucoup de gens, car il m’a emmené dans beaucoup d’endroits. J’ai fait de nombreuses premières parties en concert, mais jamais celles des Black Keys. En fait, je jouais au milieu de leurs concerts. Dan disait au public qu’il aimerait me présenter et qu’on m’écoute. J’étais très surpris car, au fond de mon cœur, je n’étais personne aux yeux du monde et de ce public. Ensuite, j’ai vendu beaucoup de disques ! (Rires) On avait besoin l’un de l’autre et nous avons mis les trente ans qui nous séparent de côté. Je cherchais juste l’opportunité de chanter pour tous, tout en restant moi-même et Dan aussi d’ailleurs. Pour l’anecdote, au tout début, nous avions quatre jours pour enregistrer quatre chansons en studio. C’était la proposition de départ de Dan et il en avait parlé avec mon manageur. Et je les ai faites en quatre heures ! On a bien rigolé ! (Rires) Et durant les trois jours restant, nous avons créé l’album « Gold Platinum », que Dan, Patrick (Carney, batteur et autre moitié des Black Keys – NDR) et Bobby Woods avaient déjà écrit en amont. Nous avons vraiment passé trois jours de plaisir. Ce n’était pas vraiment un travail pour moi d’aller en studio. Je flânais un peu et lorsqu’ils avaient terminé la musique, tous les arrangements, ils m’appelaient pour savoir si j’étais prêt à chanter. Ensuite, nous avons juste parlé de la façon dont j’allais le faire, rien de plus. C’était très simple et j’étais vraiment le plus heureux au monde ! (Sourires) – D’ailleurs, contrairement à « Black Bayou » qui était plus direct, il règne ici un esprit très jam avec des morceaux qui véhiculent une sorte de transe R&B. Les musiciens prennent aussi possession de plages instrumentales plus importantes et tu te mets un peu en retrait vocalement. Est-ce que c’est le style de l’album qui veut ça, ou ce sont les musiciens qui t’accompagnent, qui ont créé cette nouvelle dimension musicale ? J’ai adoré ça ! Je ne peux pas prendre le crédit de quelque chose que je n’ai pas créé, car ce sont les musiciens qui ont travaillé ensemble pour obtenir ces chansons fascinantes. Je leur ai dit de laisser la lumière briller et que chacun fasse ce qu’il a à faire. C’est finalement très simple et j’ai adoré partager cet élan, même si ce n’est pas moi qui ai inventé tout ça. C’était la combinaison d’un tout. Tous les gens qui sont crédités sur l’album ont participé à cette création. Ce n’est pas seulement ROBERT FINLEY. Chacun a joué comme il le sentait, et lorsqu’il me manquait quelque chose, ils ont su parfaitement le combler. Nous nous sommes amusés à réaliser l’album, d’autant que tous ont bénéficié d’un moment à eux sur les chansons. Beaucoup de jeunes artistes m’ont demandé durant ces deux dernières années comment j’avais fait pour réinventer un peu le style. Je leur réponds toujours qu’il faut toujours croire en soi-même et ne jamais oublier ses rêves. Et on n’est jamais trop vieux pour les réaliser ! (Sourires) – Cette fois, ta fille Christy Johnson, qui est également chanteuse, est présente sur l’ensemble de l’album et jusque sur la pochette. Comment s’est passée cette collaboration familiale ? J’imagine que cela rapproche aussi un peu plus… Tu sais, ma fille chante le Gospel depuis ses deux ans. C’est comme cela que nous l’avons élevé, elle n’avait pas vraiment le choix ! (Sourires) C’est dans la famille : sa mère, sa grand-mère, tout le monde chantait du Gospel. Ma mère avait un groupe qui s’appelait The Harmonified et c’est là que j’ai commencé à chanter. Tout le monde était dans le groupe, les frères, les sœurs, les fiancés, la belle-famille… Et ça marchait tellement bien que tous les enfants aussi voulaient chanter dans le groupe, ce qu’on a fait plus tard avec Brother Philly And The Gospel System. On chantait en direct à la radio chaque samedi matin et les sponsors ont commencé à s’y intéresser. Christy était la voix que tout le monde voulait entendre sur KMAR Radio à Williamsburg en Louisiane, alors qu’elle était si jeune. Et ensuite, nous avons fait des concerts dans les années 70 et 80. Tout vient de là… (Sourires) – Enfin, tu as aussi beaucoup tourné ces dernières années, et  notamment en France où tu étais tout ce mois d’octobre. As-tu créé un lien particulier avec le pays et avec le public français ? Partout où je vais, c’est la même chose. Je ne me contente pas de chanter, de prendre l’argent et de m’en aller. Le plus important, ce sont les gens sans qui ma carrière n’existerait pas. Je prends des photos avec des fans de 8 à 80 ans et il n’y a jamais un sentiment négatif. C’est une belle récompense. Le secret est de toujours rester humble et concentré. C’est la clef du succès…. Et ça commence au plus jeune âge, dans le jardin d’enfants. Et c’est quelque chose qu’il faut entretenir toute sa vie, à chaque étape. Tu sais, ici en France, je ne comprends grand-chose à ce qu’on peut me dire, mais je vois les sourires sur les visages et dans les voix. Ma musique les touche au cœur et c’est la plus belle chose pour moi. Je représente juste la vérité, et la vérité vous libère. Cette hospitalité me touche beaucoup, car je suis accueilli tel que je suis. Je ressens tout cet amour dans les applaudissements, dans les sourires… Je ne sais pas comment le dire, mais j’aime la France ! (Sourires) Le nouvel album de ROBERT FINLEY, « Hallelujah! Don’t Let The Devil Fool Ya », est disponible chez Easy Eye Sound. Photos : Jim Herrington (1, 2, 4, 5) Retrouvez la chronique de « Black Bayou » : Robert Finley : une reconnaissance bien trop tardive [...]
3 novembre 2025Doom / folk / Hard RockGrand maître de l’esprit Doom, le songwriter américain n’en finit pourtant pas de surprendre à travers un parcours en solitaire, ou presque, où il se dévoile depuis quelques disques déjà, dans la peau d’un artiste toujours aussi rebelle, mais peut-être plus apaisé. Suivant une devise qui lui va bien, « Create Or Die » pose un regard très éloigné de celui de ses anciens groupes Saint Vitus et The Obsessed notamment. WINO s’autorise tout et le fait avec talent, laissant apparaître un musicien aux ressources illimitées, dont la ligne musicale a mûri et s’est aussi affinée. WINO « Create Or Die » (Ripple Music) Figure iconique de l’underground américain, et bien au-delà, WINO mène depuis quelques années maintenant, une carrière solo assez éloignée du Doom et du Heavy qui ont forgé sa légende. Cela ne l’a pourtant pas empêché de reformer The Obsessed avec un nouvel album, « Gilded Sorrow » sorti en 2023. L’ancien membre de Saint Vitus et également Spirit Caravan affiche un visage totalement différent sous son nom, et même si l’esprit du Doom n’est jamais bien loin, ses envies aujourd’hui se tournent vers un registre assez acoustique, surtout sur le précédent « Forever Gone » (2020) d’ailleurs, car « Create Or Die » vient électrifier les nouvelles compositions du chanteur dans un bel élan d’authenticité. Et pour mener à bien cette nouvelle aventure, il ne pouvait donc être totalement seul. Si les guests sont assez nombreux sur divers morceaux, WINO a principalement fait appel à Ky Anto (batterie, basse, orgue, percussions), lui-même étant à la guitare, bien sûr, ainsi qu’à la basse, derrière le micro et à la production aux côtés de Frank Marchand. Autant dire qu’il sait parfaitement où il va, tout en diversifiant de manière assez incroyable ce « Create Or Die ». Difficile donc de bien cerner ce quatrième opus dans une globalité artistique, tant il s’amuse à passer de titres très Hard Rock à une Folk sauvage aux saveurs Southern. Mais peu importe puisque sa voix nous guide à travers cette nouvelle introspection. Ce qui devait être au départ une sorte de voyage intimiste a donc pris du volume, se fait parfois Heavy (« Anhedonia », « Carolina Fox », « Hopeful Defiance », « Us Or Them ») avec cette lenteur apparente dans le chant. Cette constance ‘doomesque’ se fond d’ailleurs sur tout l’album, comme pour mieux appuyer un propos articulé autour de réflexions personnelles et sans détour sur sa vie. WINO y expose son âme, entre colère et contemplation, mais avec une lucidité et une sincérité de chaque instant, notamment sur les chansons acoustiques («  Cold And Wrong », « Lost Souls Fly », « Noble Man »). A travers un éclectisme fulgurant, il reste fidèle à un univers unique et tellement personnel.     [...]
30 octobre 2025Heavy metal / Stoner Doom / Stoner MetalImprégné de la scène Heavy Metal britannique comme des formations Stoner Rock d’outre-Atlantique, SOLAR SONS s’est façonné un univers qui fait le pont entre diverses traditions métalliques pour se retrouver dans un registre finalement très personnel, et surtout qui devrait parler à tous les amoureux de Metal au sens large. Les trois Ecossais ont parfaitement digéré leurs influences pour en livrer une version efficace, sans bidouillage et très percutante. Capable aussi d’être plus progressifs sur les titres plus longs, la maîtrise est là et l’ensemble fait des étincelles.  SOLAR SONS « Altitude » (Argonauta Records) Après cinq albums en indépendant, SOLAR SONS rejoint Argonauta Records et en profite pour célébrer la magie de la musique sur son nouvel effort. « Altitude » parle donc d’amitié, d’évacuer les idées noires et de refuser l’ambiance folle des villes. Cela dit, c’est avec beaucoup d’énergie qu’il propose de s’y mettre, et de façon plutôt explosive. Le power trio de Dundee nous embarque dans des paysages écossais balayés par la tempête et, malgré quelques éclaircies, les vibrations sont jubilatoires et hyper-Rock’n’Roll dans l’attitude. Sur une base Stoner Metal légèrement Doom, le groupe se déploie surtout dans un élan Heavy Metal fortement impacté par l’héritage de la NWOBHM. Véloce, rugueux et accrocheur, SOLAR SONS ne laisse que peu de répits et passé l’intro épique « Sky Night », on entre dans le vif du sujet avec le morceau-titre, qui ouvre la voie dans un mouvement à la fois intrépide et puissant. En moins de dix ans, les Britanniques se sont aguerris et se sont faits une belle place dans l’underground, ce qui ne doit rien au hasard. C’est du costaud ! Très bien produit, « Altitude » a été enregistré en conditions live et ça ne trompe pas, tant l’énergie est présente et le plaisir du combo très palpable. De riffs acérés en solos plein de feeling, Danny Lee enflamme autant qu’il se montre accrocheur. A la batterie, Pete Garrow martèle ses fûts avec force, tandis que Rory Lee enchaîne les lignes de basse avec sérieux et se montre inflexible au chant. SOLAR SONS est exaltant, galope de titres en titres avec passion et livre une sixième réalisation sans filtres, ni détours. Intense et rassembleur. [...]
22 octobre 2025Hard Rock / LivreMalgré plus de 200 millions d’albums vendus, c’est l’image familière de musiciens qui ont su rester simples, qui dominent lorsqu’on évoque AC/DC. Loin des frasques de certaines ‘Rock Stars’, c’est la tenue d’écolier d’Angus Young et la casquette visée sur la tête de Brian Johnson qui reviennent systématiquement à l’esprit. Pourtant, malgré cette supposée simplicité, son histoire est tout sauf un fleuve tranquille. Et c’est que nous raconte Axel Brémond, dans les détails et sur une narration fluide, presque romancée, à travers « AC/DC : Electric Story », qui devient presque aussi addictif que tous ces innombrables tubes qui ont franchi les générations.     AC/DC : ELECTRIC STORY Axel Brémond (City Editions) Pour tous amateurs de Rock qui se respectent, AC/DC est un groupe incontournable. Les grincheux diront, bien sûr, que les Australiens font le même album depuis 1973 (une belle année !), tandis que d’autres ne jugeront que par Bon Scott, raillant Brian Johnson à la première occasion.  Sauf, qu’à y regarder de plus près, afficher une telle longévité n’a rien du hasard. La longue route qui les a menés à « Power Up » il y a cinq ans, n’a pas été de tout repos et les drames qui ont émaillés la formation ont eux aussi forcément été nombreux. Mais le combo de Sydney tient toujours debout des décennies après le savoureux « High Voltage ». Certes, l’âge commence à faire sentir, mais l’adrénaline reste toujours intacte. Si chacun est capable de fredonner une chanson issue des 17 albums studio, c’est que le groupe distille un style inimitable, même si beaucoup s’y sont essayés, avec ce côté tellement fédérateur et effronté, qui le rend irrésistible. Ce n’est pas très surprenant, finalement, que les frères Young, Angus et Malcom aux guitares, se soient si rapidement accoquinés avec l’autre Ecossais d’origine devenue une légende : Ronald Belford ‘Bon’ Scott. C’est d’ailleurs à ses côtés qu’AD/DC connaîtra le succès à l’international jusqu’en 1980, où le frontman décède une triste nuit de février. Un hommage direct et fraternel lui sera d’ailleurs rendu quelques mois plus tard avec les cloches du tout aussi mythique « Hells Bells ».  Brian Johnson reprendra le flambeau avec le talent et le charisme qu’on lui connaît, mais… Le mieux est de se plonger dans le livre d’Axel Brémond pour découvrir, ou redécouvrir, l’histoire de ces géants du Rock. « Ac/Dc : Electric Story » est d’autant plus passionnant qu’il se lit vraiment comme un roman, loin des habituelles compilations d’anecdotes livrées par des fans devenus experts. Le sentiment qui domine ici est cette immersion au sein du combo, que ce soit dans le quotidien dans leur foyer, en studio ou sur les milliers de scènes, où AC/DC enflamme des millions d’adeptes depuis des dizaines d’années. Explosif et talentueux, le quintet donne décidément souvent l’impression de faire partie de la famille. 272 pages / Format 14,50 x 22,50 / 20€ [...]