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Le vendredi, c’est jour de sortie !

Depuis l’été 2015, le vendredi est devenu le jour des sorties discographiques. Au même rang que les raviolis ou le poisson, il faut attendre la fin de semaine pour écouter le nouvel album de son artiste préféré. Avant ça, le cinéma avait choisi le mercredi, jour des enfants, et pour la musique, il fallait donc aussi faire un choix. Vraiment ? Pourquoi en fait ? L’IFPI (la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique) a des arguments de choc… Normal : l’industrie, c’est eux !

Au départ, chaque pays avait sa journée de sortie. Aux USA, c’était le mardi et le Japon avait choisi le mercredi, puis l’Australie et l’Allemagne le vendredi. Sauf que le cycle commençait très souvent par ces derniers. Du coup, ça facilitait le piratage des « grands » artistes, de ces locomotives qui font vivre les petites gens du monde musical. Alors, tout le monde s’est gentiment aligné. Je ne veux voir qu’une tête… celle de la mondialisation de l’art et gare aux réfractaires !

Autre argument : la promo. Ben oui, avant il fallait faire le tour du monde pour vendre son disque dans les télés américaines, européennes et asiatiques. Ca en fait du taff ! Alors, on regroupe tout ça, et démerdez vous. Dans les faits, n’en déplaise à l’industrie musicale, ça ne se passe pas tout à fait comme ça… En tout cas, pas pour tout le monde. Certes pour le client, ça a peut-être son avantage, mais pour les médias en général et les artistes, c’est un peu différent. Et comme c’est notre rôle de vous informer sur les nouveautés, ça se complique encore un peu. 

Entre ceux qui veulent le « scoop », être les premiers sur le coup et ceux qui restent, comme Rock’n Force, des seconds couteaux c’est-à-dire ces médias qu’on vient voir une fois que c’est fini et si les artistes ont encore cinq minutes : la course est assez effrénée. En ce qui me concerne (ben oui, quand même !), ça n’a pas vraiment d’importance, puisque je fais à peu près ce que je veux et sans pression aucune. Et ça a quand même quelques avantages et ça évite les naufrages.

Dans le cas de votre serviteur, il m’est impossible bien sûr de traiter de toutes les sorties intéressantes le même jour. Alors, je fais des choix et c’est plutôt agréable parfois, car je ne suis pas tenu de parler de telle ou telle grosse locomotive et je peux même carrément les zapper. Ce que j’adore faire d’ailleurs. Cela s’appelle l’indépendance. Je peux donc façonner Rock’n Force. Mais il arrive aussi que certaines situations fassent pencher la balance du bon côté (donc du mien !). C’est l’avantage du Web, notamment, et de sa réactivité.

Alors que les magazines de presse écrite spécialisés et nationaux ont une date de sortie définie, j’ai parfois l’occasion de pouvoir interviewer certains groupes en amont et avoir du coup un temps d’avance sur mes confrères de la presse papier, dont je fais d’ailleurs aussi partie. Cela a récemment été le cas pour Evanescence, Gaëlle Buswel, While She Sleeps ou Dvne. Et puis, je peux faire une plus grande place aussi aux « indépendants » comme ce fut le cas pour Johanna Connor, No Terror In The bang ou When Rivers Meet, par exemple.

Et pour conclure (merci déjà d’être encore là !), Rock’n Force a aussi la possibilité de faire des interviews « hors-promo », ou quelques semaines après la sortie de l’album plus facilement, comme avec Robert Jon & The Wreck, par exemple, quand ceux-ci sont disponibles… et en ce moment, ils le sont très souvent. Mais l’objectif de Rock’n Force n’est et ne sera jamais la course à la primeur ou au scoop, mais plutôt à la mise en lumière de groupes et d’artistes (et même de styles musicaux) qui en manquent très et trop souvent… de cette lumière.

Avant de conclure, les « grands » médias ne peuvent parler que de très peu de sorties le jour-même de leur parution… et puis ensuite c’est le week-end ! Quel beau calcul ! Alors, il serait temps d’étaler un peu les sorties dans la semaine, histoire de ne plus se tirer une balle dans le pied, et aussi d’offrir une meilleure visibilité à beaucoup de groupes. La balle est surtout dans le camp des labels les plus modestes et des artistes eux-mêmes. Ce serait beau de pouvoir prendre ses propres décisions, non ?

En tout cas, ce serait plus intelligent que de ne bénéficier que de trois jours de promo pour finir ensuite aux oubliettes. Et puis, c’est sympa aussi d’aller chez le disquaire (même chez les gros marchands) un peu plus souvent dans la semaine. Mais au-delà de tout ça, il serait surtout temps de reprendre de bonnes habitudes en écoutant des disques et des CD, voire des K7, plutôt que de se laisser balader sur et par les plateformes numériques, ces grands fossoyeurs de la musique aux rayons infinis qui pillent chaque jour un peu plus les artistes (avec leur consentement d’ailleurs, sauf pour certains).  

Voilà, merci d’être arrivé au bout ! Faites une croix sur le vendredi dans votre calendrier… et sur les autres jours aussi ! Et soutenez aussi et bien sûr vos artistes préférés, on ne le dira jamais assez ! Amusez-vous, découvrez des groupes et continuons à faire vivre la musique et les musiciens !

François Alaouret

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