Dix ans d’attente, et même beaucoup plus plus pour d’autres, et revoici nos gaillards de la côte est américaine qui refont parler la poudre ! Et la surprise est d’autant plus agréable, qu’on ne s’y attendait vraiment plus. En effet, sortir des disques est une chose, laisser une trace en est une autre. Avec « Cursum Perficio », ANTHRAX montre qu’il a toujours la rage, mais surtout que cette agressivité sonne comme une renaissance… en tout cas pour les fans de la première heure. Plus Speed que véritablement Thrash, le Metal des Américains vibre à l’unisson et puissamment.

ANTHRAX
« Cursum Perficio »
(Nuclear Blast Records)
Après Megadeth, c’est ANTHRAX qui régale. Décidément, quelle année ! Créatifs et novateurs jusqu’à « Persistence Of Time » et après avoir traversé plus de trois décennies en état de mort musicale, au point de s’interroger sur leur légitimité au sein du fameux ‘Big Four’, les New-yorkais renouent enfin avec la fougue et l’originalité qui ont fait leur marque de fabrique. Pour autant, le Thrash racé et incisif des débuts est désormais loin, mais on retrouve un Speed Metal mélodique un brin thrashy, c’est vrai, et d’une redoutable efficacité et d’une grande capacité à fédérer.
En y allant même de ses lettres latines, le groupe annonce une certaine prestance avec ce treizième album nettement plus riche et inspiré que son prédécesseur, « For All Kings », qui leur avait pourtant valu quelques belles louanges. Avec un Scott Ian retrouvé, qui était peut-être aussi parti se perdre avec The Damned Things, Motor Sister et plus récemment Mr Bungle, faute de mieux, ANTHRAX récupère le moteur de son jeu et de son style dans une forme incroyable. Ses riffs sont acérés et s’il s’est légèrement apaisé avec l’âge, ses rythmiques restent flamboyantes.
Ce qui surprend aussi sur « Cursum Perficio », c’est ce line-up originel (hormis Jonathan Donais arrivé en 2013) qui renoue avec l’envie de jouer ensemble. Derrière les fûts, Charlie Benante est impérial, Frank Bello enchaîne sans broncher les lignes de basse et surtout Joey Belladonna chante avec une liberté qu’il n’avait plus laissé entendre depuis des lustres. ANTHRAX est donc en ordre de marche et ça fait franchement plaisir ! Il suffit d’écouter « The Edge Of Perfection », « It’s For The Kids », « NYC 93 » ou « T.O.M.B. » pour s’en convaincre. La retraite n’est pas pour demain !

Photo : Travis Shinn
