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Blues Rock

Garret T. Willie : des épaules de géant

Avec une présence qui en impose et beaucoup de caractère, c’est entouré d’une formation de cadors du Tennessee que GARRET T. WILLIE signe un nouvel album, sur lequel il se montre redoutable. « Bill’s Cafe » est l’œuvre d’un gamin de province inspiré et sûr de lui. Très bon six-cordiste et doté d’un talent vocal naturel, le Canadien affiche déjà un sens du Blues Rock très personnel et déploie son âme avec une grande honnêteté, ce qui le rend souvent poignant. Une sensibilité rugueuse et attachante.

GARRET T. WILLIE

« Bill’s Cafe »

(Gulf Coast Records)

Tirant le titre de son nouvel opus du nom du café-billard de son grand-père, le jeune musicien semble rendre hommage à ses racines. Membre de la nation Kwakwaka’wakw au Canada et originaire d’Alert Bay sur l’île Cormorant en Colombie-Britannique, GARRET T. WILLIE fait pourtant le grand saut en quittant la région de Vancouver pour les studios de Nashville. Un saut dans l’inconnu pour celui qui s’est fait connaître avec « Same Pain » il y a trois ans, mais à qui la présence Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi, Christone ‘Kingfish’ Ingram) donne des ailes.

Sous la houlette d’un tel producteur, le talent du guitariste-chanteur prend une réelle ampleur et on le sent totalement libéré sur cet explosif « Bill’s Cafe ». Indomptable et sincère, GARRET T. WILLIE offre la pleine puissance de son jeu. L’aspect brut et direct de son Blues Rock envahit chaque morceau avec un intensité assez rare chez un artiste de seulement 25 ans. Sa voix rauque et grave lui confère une autorité naturelle dans son approche et son côté Rock prend très souvent le dessus, libérant des titres taillés dans la pierre.

Avec déjà des allures de vieux baroudeur, il fait le lien entre ZZ Top et AC/DC en y apportant toute la fougue de sa courte expérience. « Bill’s Cafe » est clairement débridé et GARRET T. WILLIE électrise ses compositions grâce à un style insaisissable et très live. Percutant et incisif dès « Hypnotist » qui ouvre les festivités, cette deuxième réalisation est aussi portée par un groupe de haut vol, qui donne un volume magistral à l’ensemble (« Going To Toronto », « High Beam Blues », « I’m Hate », « Young Country Boy »). un disque solide, complet et déjà incontournable.

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