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France Metal Progressif

Spheres : un regard vers le futur [Interview]

En cinq ans d’existence, les Parisiens de SPHERES ont développé un Metal Progressif, où les textures et les atmosphères renvoient à de multiples reliefs pour un voyage musical saisissant. Après un premier album, « Iono » (2019), le quatuor est de retour avec « Helios » à travers lequel il nous entraîne dans un périple qui va à l’encontre de l’idée-même d’utopie. Très contrasté et spirituel, ce deuxième opus pousse le groupe dans des contrées musicales plus dark encore. Entretien avec Jonathan Lino (chant et guitare), principal compositeur et producteur, qui revient sur la conception de cette nouvelle réalisation.

– Le line-up de SPHERES a un peu évolué sur ce nouvel album. Outre deux guests sur quelques morceaux, on note la présence sur l’ensemble de « Helios » du claviériste Marco Walczak. Est-il devenu un membre à part entière du groupe ?

Il risque de le devenir, c’est vrai. Auparavant, pour des raisons essentiellement financières, on tournait à quatre et il se pourrait que l’on commence à tourner à cinq. A terme, ce serait vraiment intéressant de l’avoir avec nous sur scène, car il apporte beaucoup au niveau du design sonore. On voulait donner une ambiance un peu Dark Synth à « Helios » et lorsque j’ai écouté son travail, je lui ai confié sans hésiter les arrangements des claviers sur l’album.

– Jonathan, tu as écrit, composé et produit l’ensemble de l’album sur lequel tu chantes, joue les guitares et les claviers. On pourrait presque penser à un projet solo. Quel est la part d’investissement et d’apport créatifs des autres musiciens ?

En fait, je suis ingé-son et j’ai donc tout le matos à la maison. Par ailleurs, j’ai toujours besoin d’un squelette pour synthétiser mes idées. Ensuite, j’envoie les démos aux autres et chacun travaille sur les arrangements. On discute beaucoup sur nos idées respectives et tout le monde y participe. J’ai juste besoin de mettre un premier coup de pinceau sur la toile, mais tout le travail de production et d’arrangement se fait à quatre. Et puis, chacun est très compétent dans son propre domaine instrumental, mieux que je ne peux l’être sur certaines choses, bien sûr, comme par exemple la batterie ou les parties de basse, qui guident d’ailleurs souvent les morceaux. Je suis juste plus à l’aise en travaillant seul sur les premières maquettes et les idées, mais c’est vraiment en groupe que nous faisons évoluer l’ensemble.

– Ce qui est assez surprenant sur « Helios », c’est qu’il y a un côté très science-fiction dans le son, notamment dans les claviers et certaines atmosphères, et pourtant l’album a quelque chose de très concret aussi. C’est un contraste sur lequel tu as voulu jouer ?

En tout cas, on peut parler d’album-concept. Chaque titre a son propre sujet, mais ils traitent tous d’un seul et même thème, qui est la dystopie. Il y a un aspect concret, bien sûr, mais aussi très onirique et spirituel. Cela dit, il y a aussi une volonté d’alerte en abordant ce genre de matière. Plutôt que de décrire un monde post-apocalyptique, on essaie de donner une sorte d’optimisme et d’ouvrir les esprits.

– Justement, « Helios » a des ambitions très spirituelles sur la vision d’un monde dystopique. J’imagine que dans ce cas-là, ce sont les textes qui amènent à la musique au niveau de l’écriture, ou le schéma est-il inverse ?

J’ai souvent des idées de sujets en tête, mais je ne me jette pas immédiatement dans l’écriture. Je laisse plutôt la place à mon imagination pour avoir une base. C’est à partir du moment où j’ai une histoire musicale que j’écris les textes. Le sujet vient en premier, la musique en deuxième, et ensuite l’écriture des paroles.

– J’aimerais qu’on s’arrête sur un morceau de l’album, qui se trouve aussi être le plus long, c’est « Pandemia ». Il est assez surprenant dans sa structure et son approche, car il présente des éléments progressifs évidents, ainsi que des passages post-Metal et des variations vocales étonnantes. On a presque le sentiment qu’il est la clef de voute de l’album. C’est le cas ?

C’est vrai que c’est le morceau le plus long et aussi le plus Prog. Il tire vraiment son inspiration d’un groupe comme Opeth avec une succession de chapitres. Je n’ai pourtant pas la volonté de n’écrire que des morceaux comme celui-ci. Mais dès le départ, j’ai voulu raconter une histoire, un peu comme on lit un livre.  

– SPHERES propose tellement d’atmosphères et de changements de tons qu’on pourrait vous qualifier de groupe de Metal extrême. Est-ce une chose dans laquelle tu te retrouves aussi ?

Oui, complètement. J’ai beaucoup écouté de musiques extrêmes et progressives qui s’en rapprochent. Cela dit, lorsque j’ai commencé la musique, j’ai beaucoup été influencé par le Rock Prog 70’s comme Magma, King Crimson, Genesis et Pink Floyd… et ça transpire encore ! Mais rapidement, j’ai écouté pas mal de MetalCore, du Sepultura aussi et pas mal d’autres choses extrêmes. Ma culture est un mélange de tout ça.  

– Est-ce qu’il y a un concept, un fil conducteur dans ce nouvel album ? Est-ce que « Helios » a été composé comme un tout, ou au contraire, est-ce que l’ordre des morceaux importe peu ?

L’ordre importe assez peu, car les morceaux ne suivent pas une histoire, même s’ils traitent tous d’un même thème. C’est vrai que l’album est très homogène dans le son, le mix et la production et avec aussi beaucoup de relief.

– En dehors des arrangements qui sont très soignés, j’aimerais que tu évoques le travail sur les voix, quelles soient collectives d’ailleurs et aussi ton propre chant. Il peut être clair et mélodique, assez martial et guttural parfois, tout comme extrême avec du growl et un peu de scream. La palette est très large. Il y a presque un petit côté schizophrénique dans tout ça, non ?

Oui, c’est vrai. J’adore utiliser différents registres de voix. C’est un peu comme une caisse à outils, qui te permet d’exprimer différentes émotions. J’essaie aussi beaucoup de choses, beaucoup de styles. La pluralité des reliefs dans la musique, j’aime la retrouver de la même manière que dans le chant.

L’album, « Helios », de SPHERES est disponible depuis le 23 septembre chez M&O Music.

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Hard Rock Heavy metal

Drenalize : coup de boost

Nerveux et relevé, ce deuxième album de DRENALIZE vient confirmer, s’il fallait en douter, que le Hard Rock hexagonal a de beaux jours devant lui. Mélodique et accrocheur, « Edge Of Tomorrow » est aussi percutant que convaincant. Sans tomber dans la facilité, le quintet fait preuve d’originalité et les labels ne devraient pas tarder à se manifester.

DRENALIZE

« Edge Of Tomorrow »

(Independant)

Originaire de la région de Metz, DRENALIZE a mis sept ans pour livrer son deuxième album et après « Destination Everywhere » en 2015, « Edge Of Tomorrow » vient certifier les belles choses entrevues à ses débuts. Toujours autoproduit, le groupe peut miser sur la vigueur de son chanteur, la virtuosité de ses deux guitaristes et son explosive rythmique, dans laquelle figure d’ailleurs le batteur de Crystal Throne.

Sur les bases d’un Hard Rock estampillé 80’s et début 90’s, les Lorrains se montrent explosifs à l’image de la pochette de « Edge Of Tomorrow », sur laquelle le frontman Chris Voltage se montre en phase avec l’ambition de ce nouvel opus. DRENALIZE n’a pas froid aux yeux et grâce à des riffs acérés et des morceaux mélodiques, mais jamais mielleux, il relève le défi avec brio et un enthousiasme débordant.  

Passé une courte intro instrumentale qui donne le ton, les Français sortent les crocs sur « Strangers In The Night », « No Miracle » et « Into Madness », qui libèrent un côté plus Heavy et tranchant. DRENALIZE n’en oublie pas pour autant de se fendre d’une ballade plutôt bien vu, qui nous renvoie à des combos comme Cinderella avec élégance. Le quintet signe donc un bel album avec beaucoup d’assurance et de créativité.

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Black Metal Speed Metal Thrash Metal

Venom Inc. : héritier légitime

Depuis 2015, VENOM INC. ne se contente pas seulement de perpétuer un glorieux passé, issu de Venom, institution indétrônable du Metal extrême britannique. Non, il se réinvente et en l’espace de seulement deux albums et grâce à des anciens membres éminents et créatifs, il offre une seconde jeunesse et même une continuité à des fondations posées en 1979. Incorporated, ou pas, la patte du groupe anglais reste une référence avec au final deux faces très actives.

VENOM INC.

« There’s Only Black »

(Nuclear Blast Records)

Alors que BMG célèbre les 40 ans du deuxième album de Venom, « Black Metal », avec un coffret monumental, VENOM INC. sort quant à lui son deuxième opus, « There’s Only Black ». Coïncidence ou pas, le trio composé aujourd’hui de Tony Dolan ‘Demolition Man’ (basse, chant), Jeffrey Dunn ‘Mantas’ (guitare) et Jeramie Kling ‘War Machine’ (batterie) repasse à la charge, cinq ans après le très bon « Ave », avec un deuxième album qui sent le souffre et qui vient remettre certaines pendules à l’heure.

Certes, Conrad Thomas Lant ‘Cronos’ continue l’aventure Venom de son côté et on se passera ici de leurs querelles internes, d’ailleurs dorénavant externes. Fondé par trois anciens membres du groupe, VENOM INC. a enfin acquis ses lettres de noblesse et ce n’est certainement pas ce très bon et redoutable « There’s Only Black », qui va venir contredire une vérité de plus en plus flagrante. Bien plus qu’une extension du combo originel, sa légitimité n’est plus discutable.

Entretemps, le cogneur Anthony Bray ‘Abaddon’ a laissé sa place dans des circonstances assez obscures au jeune Américain Jeramie Kling, qui officie derrière les fûts en apportant d’ailleurs plus de vélocité et de technique sur ce deuxième opus. De fait, les morceaux bastonneurs et féroces ne manquent pas (« How Many Can Die », « Infinitum », « There’s Only Black », « Inferno », « The Dance Macabre » ou « Nine ». VENOM INC. conserve son ADN avec des titres plus travaillés, lugubres et très accrocheurs.

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Blues Rock

Lee O’Nell Blues Gang : un jeu plein de sérénité

Sans tirer la couverture à lui, le guitariste Lionel Wernert illumine ce nouvel album de LEE O’NELL BLUES GANG de ses riffs acérés et accrocheurs et de ses solos tout en finesse, avec son toucher délicat sur l’ensemble de « This Is Us ». Toujours à ses côtés, Gipsy Bacuet allie puissance et sensualité sur des textes sensibles qu’elle incarne parfaitement. Et dans une tradition Blues et très Rock aussi, le quintet impose son style entre nostalgie et modernité.

LEE O’NELL BLUES GANG

« This Is Us… »

(Independant)

Quel plaisir de voir la scène Blues et Blues Rock hexagonale se porter aussi bien ! Depuis quelques années maintenant, les artistes français semblent avoir enfin trouvé leur voie et surtout affirment sans retenue leur style en s’affranchissant de l’emprise américaine ou anglaise. Et LEE O’NELL BLUES GANG fait partie de ces groupes qui confirment, avec ce très bon « This Is Us… », cette bonne santé avec une énergie créative, originale et palpable avec un ton très personnel.

Après un premier opus, « Different Shades Of Love » sorti en septembre 2020, et donc bousculé et malmené par la pandémie, la chanteuse Gipsy Bacuet et le guitariste Lionel Wernert se sont aussitôt remis à l’ouvrage et ont composé pas moins de 14 morceaux qui constituent ce très inspiré « This Is Us… ». Rompu à l’expérience, LEE O’NELL BLUES GANG fait preuve d’audace et de feeling dans un registre bien à lui où le Blues et le Rock font cause commune en faisant bien plus que cohabiter.

Très fourni et tout en contraste, ce deuxième album regorge de vibrations positives perceptibles à travers un plaisir partagé. LEE O’NELL BLUES GANG affiche une maturité et une force envoûtante (« As If It Was Enough », « Kiss Me Again »). Au chant, Gipsy accueille même la choriste de Joe Bonamassa, Jade MacRae, sur « Just Need A Prayer », après un duo aux saveurs vintage avec Leadfoot Rivet sur « Let The Good Times Roll » sur lequel Fred Chapellier livre aussi un solo bien senti. Brillant.

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Metal Progressif

Etrange : Metal spatio-temporel

Raconter une histoire sur fond de Metal Progressif instrumental est le pari un peu fou et surtout la démarche entreprise avec talent par ETRANGE. Le duo français met toute son inspiration et sa technicité sur un deuxième album, « Enigme », dont les contrastes sont saisissants et le relief étonnant. Le voyage dans l’espace suit son cours.

ETRANGE

« Enigme »

(Independant)

Alors que le site n’existait pas encore, je me souviens très bien avoir écrit quelques lignes sur la page Rock’n Force du réseau social bleu en 2019 lors de la sortie du premier album éponyme d’ETRANGE. L’occasion était donc trop belle pour m’y replonger avant d’écouter le petit dernier, « Enigme », qui se présente comme une belle suite.

Fondé en 2017, le duo instrumental français est le fruit du travail en commun de Velhon (claviers, programmations, mix/master) et de Deadale (guitares, basse, illustrations), qui sont parvenus à créer un univers très personnel à travers une musique qui l’est tout autant. ETRANGE évolue dans un Metal progressif Cinématique très immersif et vigoureux.

Sur des morceaux assez longs allant de sept à près de dix minutes, « Enigme » propose un voyage spatial tout en mouvement en parcourant un large spectre Metal. ETRANGE pose un décor de science-fiction sur fond de Heavy et de Progressif avec des fulgurances extrêmes, qui offrent des atmosphères aux aspects originaux et très travaillés. Une belle réalisation.

L’album est disponible sur le site du groupe : http://etrangemusic.com/home

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Modern Metal

Urban Primate : moderne et massif

Récemment signé chez Wormholedeath, URBAN PRIMATE ressort son très bon deuxième album, sorti discrètement l’an dernier, et il compte bien déverser son Modern Metal racé et fédérateur au-delà de son Danemark natal. Et le quintet a beaux arguments et affiche une force de frappe solide et efficace avec « Desolation ».

URBAN PRIMATE

« Desolation »

(Wormholedeath Records)

Depuis 2010, le parcours de URBAN PRIMATE ne manque pas de rebondissements. Formé au Danemark, le groupe a sorti un premier album éponyme dans un style plutôt axé sur un Stoner très Rock, léger et fédérateur avant un autre EP l’année suivante. Pourtant deux ans après, le combo se met en veille presqu’aussitôt pour réapparaître en 2021 avec « Desolation » dans un registre encore différent.  

Sur ce deuxième opus, URBAN PRIMATE se montre sous un nouveau jour dans un Metal affiné, très rentre-dedans et affichant un son et un style résolument modernes et très séduisants. Malgré tout, le quintet, dont il reste Benjamin Askholm Larsen (chant), Christian Kofod Christiansen (guitare) et Jakob Andresen (batterie) du line-up originel, a conservé un côté très Rock dans l’approche.

C’est donc en pleine pandémie que les Danois ont repris du poil de la bête et se sont attelés à la composition de « Desolation », fracassante et mature deuxième réalisation. Sur les riffs de ses deux guitaristes et une rythmique implacable, les Scandinaves envoient un Metal teinté de Groove, de quelques touches de Nu Metal avec précision et puissance. URBAN PRIMATE est dorénavant prêt à déferler sur les scènes du monde entier.

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Blues Rythm'n' Blues Soul / Funk

Kat Riggins : un groove électrisant

D’une sincérité absolue et d’une grande profondeur, KAT RIGGINS revient avec un deuxième album très coloré et intense. « Progeny » s’inscrit dans un Blues, qui s’avère être une véritable déclaration d’amour à une musique en perpétuel mouvement et d’une émotion constante, ainsi qu’à la vie plus simplement.

KAT RIGGINS

« Progeny »

(Gulf Coast Records)

Deux ans après l’excellent « Cry Out », la chanteuse américaine vient confirmer tous les espoirs placés en elle par le guitariste Mike Zito, patron de Gulf Coast Records, qui a su immédiatement percer à jour l’incroyable voix et les capacités de la chanteuse. Et pour « Progeny », il a également réuni un groupe hors-norme pour interpréter les compositions flamboyantes de KAT RIGGINS.

Celle-ci ne chante pas seulement le Blues, elle le respire. Nourrie au Gospel, au Rythm’n Blues, à la Soul et au Rock notamment, la Floridienne se livre sur des textes très personnels dans lesquels elle apparait aussi vulnérable qu’incroyablement forte. Sur « Progeny », KAT RIGGINS rend hommage à la vie avec tout ce qu’elle comporte comme bonheur, joie, tristesse et colère.

Riche et abondante, la musique de l’Américaine se place dans un registre très actuel, où toute la culture Blues a sa place et rayonne à travers sa puissance vocale (« My City », « Warriors »). Très varié, « Progeny » passe du Blues Rock à la Funk, la Soul et même des passages Rap en clin d’œil (« In My Blood », « Expresso », « Walk On », « Promised Land », « Mama »). KAT RIGGINS régale une nouvelle fois !

Photo : Dennica Pearl Worrell
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Desert Rock Heavy Psych Rock Stoner Punk

Red Sun Atacama : une coulée de lave

Avec « Darwin », leur deuxième album, les Parisiens de RED SUN ATACAMA semblent avoir réduit la capitale en une terre volcanique devenue désertique. Intrépide et massif, le trio sait aussi habillement s’échapper dans des atmosphères Psych, autant que livrer quelques fulgurances Punk savamment dosées.

RED SUN ATACAMA

« Darwin »

(Mrs Red Sound)

A la croisée entre le Stoner Psych et le Desert Punk, RED SUN ATACAMA vient asséner un sacré coup de bambou avec ce deuxième album, qui vient confirmer le style très personnel du trio parisien. Depuis son premier EP (« Part 1 » – 2015), puis avec un premier album convaincant (« Licancabur » – 2018), le groupe ne cesse de grimper dans les tours et gagne en efficacité.

A la fois sauvage et très maîtrisé, « Darwin » se présente sur cinq titres saisissants (et une intro) à travers lesquels RED SUN ATACAMA joue avec les textures sonores, tout en frappant fort et brutalement à la première occasion. Très ambitieux dans la structure des morceaux, le combo fait parler la poudre pour, l’instant suivant, nous projeter au beau milieu d’un désert aride.

Si le chant du bassiste vient souvent sonner la charge, ce nouvel opus est pourtant doté de longues plages instrumentales souvent acides, très magnétiques et d’un hypnotisme constant (« Furies », « Antares », « Ribbons »). Et lorsque RED SUN ATACAMA décide d’aller à l’essentiel, c’est pour mieux libérer une puissance dévastatrice (« Echoes », « Revvelator »). Explosif et rugueux.

Photo : Nicolas Rabo
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Blues Rythm'n' Blues Soul / Funk

Elise & The Sugarsweets : un feeling ouvert au monde

Porté par une belle énergie, le quintet parisien continue sa route dans une ambiance Blues, Soul, Funk et Rythm’n Blues qui ne manque ni de couleurs, ni de fraîcheur et encore moins d’humanisme. Avec « Horosho », son deuxième album, ELISE & THE SUGARSWEETS libère un héritage musical hors du temps et, par conséquent, très actuel.

ELISE & THE SUGARSWEETS

« Horosho »

(Adora Blues/Absilone)

« Horosho » est déjà la troisième réalisation du groupe en six ans. Après un EP (« When The Whistle Blows ») et un premier album (« It Can’t Go Wrong »), tous deux très réussis, ELISE & THE SUGARSWEETS fait son retour avec un changement de taille. Au chant, c’est dorénavant Yulia Gubenko qui officie en lieu et place d’Elisa Heyte, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché le quintet de conserver son nom.

Toujours aussi intemporelle, la musique des Français s’inscrit dans la veine des productions de Stax, Atlantic et de la Motown avec tellement de talent que la comparaison s’impose d’elle-même. Entre Blues, Soul et Rythm’n’ n Blues, ELISE & THE SUGARSWEETS nous entraîne dans un groove et un swing irrésistibles dans lesquels quelques pulsations Funk trouvent aussi un peu de place.

En montrant une belle diversité à travers de nombreuses teintes Blues et Soul, les Parisiens affichent aussi une identité musicale très personnelle. Grâce à une incroyable technique et une dextérité de haut vol, ELISE & THE SUGARSWEETS nous font passer par tous les états et le voyage est enchanteur (« In The Shadow Of Your Wings », « Galaxy », « Birthrights », « Not Allowed To Sing The Blues », « Stolen Sun »). Superbe.    

Photo : Philippe Poitevin
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Stoner Rock

Besvärjelsen : l’attraction du grand nord

Envoûtant et entraînant, ce deuxième album des Suédois de BESVÄRJELSEN est une sorte de voyage initiatique d’une incroyable richesse musicale. « Atlas » est une avalanche de mélodies pêchues et hypnotiques guidée de main de maître par une très bonne chanteuse et ancré dans un Stoner Rock harmonieux et très créatif. A ne surtout pas manquer !

BESVÄRJELSEN

« Atlas »

(Magnetic Eye Records)

Fondé en 2014 en Suède, dans le grand nord à quelques encablures de la Finlande, BESVÄRJELSEN aurait pu compter parmi les nombreuses formations de musique païennes locales tant leur terre est riche de cultures anciennes et de légendes. Pourtant, le groupe œuvre dans un Stoner Rock mélodique d’où s’échappent aussi quelques consonances progressives, Folk et Classic Rock. Un savoureux mélange des genres !

Initialisé par les guitaristes et chanteurs Andreas Baier et Staffan Stensland rejoints par la flamboyante chanteuse Lea Amling Alazam, le combo suédois accueille rapidement l’ancien batteur et l’ancien bassiste de Dozer et de Greenleaf : Erik Bäckwall et Johan Rockner. Autant dire qu’avec une telle rythmique, BESVÄRJELSEN repose déjà sur de solides fondations et l’inspiration est plus qu’au rendez-vous.

Après deux EP et un album, « Atlas » est donc le deuxième opus du quintet scandinave et il propose une belle épopée musicale, grâce notamment à la voix de sa frontwoman qui est un atout majeur dans les lignes mélodiques des morceaux. Très dense et soigneusement arrangé, ce nouvel effort regorge littéralement de pépites et il s’écoute sur la longueur avec un émerveillement constant. BESVÄRJELSEN se montre original, inventif et très séduisant.