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Heavy metal

Lex Legion : hommage (à peine) voilé

Un seul être vous manque, etc… C’est un peu le constat qu’on peut tirer de l’album de LEX LEGION. Musicalement irréprochable dans l’interprétation et costaud dans la réalisation sonore, le quintet exhume un glorieux passé, celui qui a forgé le mythe de King Diamond. Loin d’être illégitimes, puisqu’ils sont les artisans de la première heure du succès de l’ex Mercyful Fate au maquillage inoubliable, les cinq musiciens livrent un sentiment partagé. « Lex Legion » aurait presque pu être conçu il y a quelques décennies, il y aurait d’ailleurs gagné en crédibilité, alors qu’il affiche plutôt un registre ayant bénéficié d’un petit lifting. Loin d’être désagréable, il y manque donc une âme et une personnalité vraiment affirmée.

LEX LEGION

« Lex Legion »

(MNRK Music Group)

C’est à l’initiative du batteur Mikkey Dee et du guitariste Pete Blakk que LEX LEGION a vu le jour avec dans l’idée de reformer l’iconique line-up du King Diamond de la deuxième moitié des années 80, à savoir donc celle qui a œuvré sur les meilleurs albums du chanteur danois. Le génial six-cordiste Andy La Rocque et le bassiste Hal Patino sont donc naturellement venus se greffer au projet. Et à défaut d’avoir le patron derrière le micro, c’est le norvégien Nils K. Rue qui donne de la voix. Et le chanteur du groupe de Metal Progressif Pagan’s Mind n’a pas mis longtemps à se mettre à l’aise dans le rôle du providentiel frontman aux envolées aigues.

Bien sûr, les fans de King Diamond, et plus largement de Heavy Metal et de Hard Rock, ont de quoi se réjouir de cette réunion d’anciens. Effectivement, ça joue très bien, la production est propre et massive et les morceaux directement dans la veine de qui-vous-savez. Donc, pour l’effet de surprise, il ne faudra pas compter sur LEX LEGION. Forcément très imprégné par un style 80’s, ce premier album éponyme, très court et resserré, donne une impression de grande maîtrise dans tous les compartiments du jeu. Le groupe n’entend pas révolutionner le genre, bien sûr, et affiche directement un héritage qu’il n’a pas dilapidé.

La vélocité de ce premiers opus renvoie à l’expérience des cinq musiciens acquise en plus de 40 ans de carrière et il faut bien reconnaître que la puissance de leur Heavy Metal, tout comme l’efficacité des mélodies, reste l’argument principal. Et si LEX LEGION bénéficie de la technologie d’aujourd’hui au niveau du son, on peine cependant à adhérer totalement à la démarche, tant les ficelles sont énormes. Par ailleurs, passé la première écoute, se replonger dans les disques de King Diamond tels que « Abigail », « Them », « Conspiracy » ou « The Eye » ferait fatal et ferait immédiatement retombé l’effet désiré. D’accord pour la piqûre de nostalgie, mais ça s’arrête là.