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Alternative Rock

The Pretty Reckless : a spiritual impulse

D’une incroyable profondeur, « Dear God » voit THE PRETTY RECKLESS parvenir à une certaine apogée musicale sur cette nouvelle et surprenante réalisation. Sur près d’une heure, les New-yorkais font preuve d’une constante cohérence, ce qui leur avait peut-être fait défaut auparavant. La voix de Taylor Momsen montre enfin toutes ses capacités, et que ce soit dans des instants fulgurants qu’elle affectionne ou dans des moments plus calmes, voire spirituels, elle guide le jeu avec l’habileté et l’envergure d’une grande artiste.

THE PRETTY RECKLESS

« Dear God »

(Fearless Records)

Il semblerait que la formation menée par la magnétique Taylor Momsen soit à un tournant de sa carrière. En tout cas, c’est ce que ce cinquième album laisse entendre. Mature, plein de confiance et affichant toujours autant d’audace, THE PRETTY RECKLESS paraît plus libre que jamais. Produit comme d’habitude par Jonathan Wyman avec la chanteuse et le guitariste Ben Philips, « Dear God » atteste que les Américains ne sont plus en quête d’identité, bien au contraire, ils l’affirment haut et fort et avec la manière.

Occupant une place à part sur la scène Alternative Rock, le groupe est parvenu depuis la fin des années 2000 à se frayer un chemin et se faire une place au milieu d’une sorte de panier de crabes assez uniforme. L’originalité de THE PRETTY RECKLESS se niche essentiellement dans un savoureux mix de riffs puissants, de mélodies accrocheuses et d’une écriture très introspective. D’ailleurs, c’est une frontwoman presque à fleur de peau que l’on retrouve sur ce « Dear God », tellement authentique et sincère.

En se montrant aussi vulnérable qu’indéboulonnable, le quatuor joue les équilibristes avec beaucoup d’assurance et de précision. Et Mark Damon (basse) et Jamie Perkins (batterie) sont des artisans indispensables à la solidité de « Dear God ». Souvent acoustique dans les ambiances, THE PRETTY RECKLESS reste toujours très explosif et si les quatre interludes « Life Evermore » ponctuent de manière aléatoires ce nouvel opus, c’est pour mieux mettre en avant des compositions sans faille. A écouter dans son entier et de bout en bout.

Photo : Steph Gomez

Retrouvez la chronique de « Death By Rock And Roll » :

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Heavy metal

Lex Legion : hommage (à peine) voilé

Un seul être vous manque, etc… C’est un peu le constat qu’on peut tirer de l’album de LEX LEGION. Musicalement irréprochable dans l’interprétation et costaud dans la réalisation sonore, le quintet exhume un glorieux passé, celui qui a forgé le mythe de King Diamond. Loin d’être illégitimes, puisqu’ils sont les artisans de la première heure du succès de l’ex Mercyful Fate au maquillage inoubliable, les cinq musiciens livrent un sentiment partagé. « Lex Legion » aurait presque pu être conçu il y a quelques décennies, il y aurait d’ailleurs gagné en crédibilité, alors qu’il affiche plutôt un registre ayant bénéficié d’un petit lifting. Loin d’être désagréable, il y manque donc une âme et une personnalité vraiment affirmée.

LEX LEGION

« Lex Legion »

(MNRK Music Group)

C’est à l’initiative du batteur Mikkey Dee et du guitariste Pete Blakk que LEX LEGION a vu le jour avec dans l’idée de reformer l’iconique line-up du King Diamond de la deuxième moitié des années 80, à savoir donc celle qui a œuvré sur les meilleurs albums du chanteur danois. Le génial six-cordiste Andy La Rocque et le bassiste Hal Patino sont donc naturellement venus se greffer au projet. Et à défaut d’avoir le patron derrière le micro, c’est le norvégien Nils K. Rue qui donne de la voix. Et le chanteur du groupe de Metal Progressif Pagan’s Mind n’a pas mis longtemps à se mettre à l’aise dans le rôle du providentiel frontman aux envolées aigues.

Bien sûr, les fans de King Diamond, et plus largement de Heavy Metal et de Hard Rock, ont de quoi se réjouir de cette réunion d’anciens. Effectivement, ça joue très bien, la production est propre et massive et les morceaux directement dans la veine de qui-vous-savez. Donc, pour l’effet de surprise, il ne faudra pas compter sur LEX LEGION. Forcément très imprégné par un style 80’s, ce premier album éponyme, très court et resserré, donne une impression de grande maîtrise dans tous les compartiments du jeu. Le groupe n’entend pas révolutionner le genre, bien sûr, et affiche directement un héritage qu’il n’a pas dilapidé.

La vélocité de ce premiers opus renvoie à l’expérience des cinq musiciens acquise en plus de 40 ans de carrière et il faut bien reconnaître que la puissance de leur Heavy Metal, tout comme l’efficacité des mélodies, reste l’argument principal. Et si LEX LEGION bénéficie de la technologie d’aujourd’hui au niveau du son, on peine cependant à adhérer totalement à la démarche, tant les ficelles sont énormes. Par ailleurs, passé la première écoute, se replonger dans les disques de King Diamond tels que « Abigail », « Them », « Conspiracy » ou « The Eye » ferait fatal et ferait immédiatement retombé l’effet désiré. D’accord pour la piqûre de nostalgie, mais ça s’arrête là.

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Heavy metal

Armored Saint : un rang bien tenu

Six ans après « Punching The Sky », période passée essentiellement à tourner, puis à mettre au point un nouveau chapitre de leur histoire, les Californiens se sont remis à l’ouvrage sous la houlette de leur leader Joey Vera. Spontané, mais réglé au millimètre, ARMORED SAINT n’a pas son pareil pour faire le lien entre Heavy Metal et Hard Rock et entre la tradition et son époque. Et « Emotion Factory Reset » est le reflet d’un style très personnel qui ne cesse d’évoluer au même titre que les émotions qu’il véhicule.

ARMORED SAINT

« Emotion Factory Reset »

(Metal Blade Records)

ARMORED SAINT est probablement le groupe le moins exposé médiatiquement de la côte ouest, et pourtant il est devenu au fil des ans l’un des plus emblématiques, élevé même au rang de culte par certains qui voit toujours en « March Of The Saint » (1984) une sorte de maître étalon du genre. Mais le combo doit surtout d’être sous-estimé en raison des allers-retours de son chanteur John Bush chez Anthrax 13 ans durant, avec même un rapide retour en 2009. Un manque de reconnaissance, qui s’explique donc par une absence de constance. Cela dit, ce neuvième album en quatre décennies confirme qu’il n’a jamais trahi son public. Une régularité incontestable.

Par ailleurs, il y a un grief que l’on ne pourra pas tenir à ARMORED SAINT, c’est celui de faire deux fois le même disque. C’en est presque à croire qu’il ne regarde jamais en arrière et qu’il ne mise que sur l’avenir. Ainsi, Il prolonge en quelque sorte son œuvre, ce qui signifie aussi l’absence de surprise, ainsi que d’éventuelles déceptions dans un certain sens. « Emotion Factory Reset » correspond parfaitement à son époque et le Heavy Metal déployé ici conserve autant de solides bases établies au début des années 80 qu’il use de sonorités et d’une productions très actuelles. La capacité d’adaptation des Américains fait vraiment partie de leur ADN et cela s’entend.

Guidé par son duo composé du chanteur John Bush et de Joey Vera, bassiste et producteur, le quintet avance naturellement grâce au groove massif de Gonzo Sandoval, qui martèle ses fûts comme peu le font encore. Et cette belle rythmique profite au tandem Phil Sandoval, le frérot, et Jeff Duncan, qui brillent sur des riffs tranchants et entraînants, ainsi que des solos terriblement accrocheurs. ARMORED SAINT transpire le Heavy Metal et on se laisse emporter (« Close to The Bone », « Hit A Moonshot », « Compromise », « It’s A Buzzkill », « Epilogue »). Brut de décoffrage, « Emotion Factory Reset » ne laisse planer aucun doute et se montre imparable.

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Hard Rock Hard'n Heavy

Tyketto : le feu intérieur

Archétype-même du groupe sous-estimé, TYKETTO avait pourtant démarré sa carrière de belle manière au début des années 90 et au milieu d’une féroce concurrence. Puis, les New-Yorkais ont explosé en plein vol, malgré une entame très prometteuse. 35 ans plus tard, Danny Vaughn remet le couvert et rallume la flamme. Certes, son Hard Rock n’est plus aussi explosif et tranchant, mais les compositions sont là. Enregistré aux légendaires studios Rockfield au Pays de Galles, « Close To The Sun » montre que nos vétérans en ont encore sous le pied.

TYKETTO

« Close To The Sun »

(Silver Lining Music)

Après de bons débuts dans les années 90 avec trois albums plébiscités (« Don’t Come Easy » en 1991, « Strength In Numbers »  en 1994 et « Shine » en 1995), on aurait pu penser que TYKETTO allait s’imposer sur la scène Hard Rock, bien au-delà de sa ville de New-York. Et ce fut un temps le cas. Mais c’était sans compter sur le caractère imprévisible et autoritaire de son fondateur Danny Vaughn, guitariste et très bon chanteur. S’en sont suivis 17 ans d’absence avant une remise en selle en 2012 avec « Dig in Deep », puis « Reach » il y a dix ans déjà. Finalement, en trois décennies, les Américains n’auront sorti que six opus, ce nouveau « Close To The Sun » compris.

Revoici donc TYKETTO de retour avec un line-up une fois encore remanié, mais de qualité et c’est du costaud ! On y retrouve donc Chris Childs (Thunder) à la basse, Johnny Dee (Doro, Britny Fox) à la batterie, Harry Scott Elliott à la guitare et Ged Rylands, présent depuis 2012 aux claviers. Le groupe a fière allure et « Close To The Sun » est dans la parfaite lignée de ce qu’il propose depuis ses débuts, à savoir un Hard Rock mélodique. L’expérience de cette longue et chaotique carrière est bien là et on a affaire à des musiciens qui savent pertinemment où ils vont. Précis et accrocheur, rien n’est laissé au hasard et il ne faut pas longtemps pour se laisser prendre au jeu.

Certes, le quintet ne vient pas bouleverser le paysage musical, et encore moins son propre répertoire, mais il prolonge le plaisir avec sérieux et application. Plus Rock et moins rentre-dedans que dans ses jeunes années, TYKETTO semble avoir arrondi certains angles, s’adonne aussi à des titres plus mid-tempos, mais reste toujours aussi dynamique et costaud. Vocalement, son frontman demeure l’une des plus belles voix du registre et le nouveau six-cordiste n’est pas avare de bons riffs et de solos tout en feeling (« Higher And Than High », « Bad For Good », « Harleys & Indians », « The Picture », « The Brave »). Une belle partition. 

Photo : Davey Rocks

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Hard Rock International

Gotthard : more pleasure [Interview]

Chanteur du groupe depuis 15 ans maintenant, Nic Maeder est la voix de la seconde phase artistique de l’emblématique groupe helvète GOTTHARD. Si remplacer Steve Lee n’a pas été une chose évidente, notamment auprès des fans, il a parfaitement su s’imposer et guide depuis « Firebirth » (2012) le groupe qui sort aujourd’hui « More Stereo Crush », un mini-album qui vient en complément de « Stereo Crush » , sorti l’an dernier. L’occasion pour évoquer avec le frontman la publication de ces deux productions, presque coup sur coup, et ce qui a motivé la démarche de la formation de Hard Rock.

– Un an tout juste après « Stereo Crush », vous êtes de retour avec « More Stereo Crush », cette fois sous la forme d’un EP. Aviez-vous le sentiment de ne pas être allés au bout des choses, de ne pas avoir fini le travail ?

Au départ, l’idée était de faire un album court, percutant et concis d’une dizaine de titres, mais l’inspiration étant au rendez-vous, nous avons fini par en enregistrer 17. La maison de disques a estimé qu’il valait mieux en faire un album et un EP. Et comme nous avions initialement prévu un album plus court, nous avons accepté.

– D’ailleurs, « More Stereo Crush » contient huit chansons, ce qui en fait un mini-album. Vous n’avez pas été tentés de rester un peu plus longtemps en studio pour réaliser un album complet ?

En fait, nous avions le sentiment que ces chansons s’intégraient parfaitement à l’album « Stereo Crush » et que composer et enregistrer de nouveaux morceaux donnerait une tout autre dimension à l’écriture et à l’enregistrement. Les 17 titres ont donc été enregistrés et mixés ensemble.

– Cinq des huit morceaux sont donc issus des sessions d’enregistrement de « Stereo Crush ». Qu’est-ce qui n’allait pas sur les morceaux à l’époque, selon vous? Ils avaient besoin d’être retravaillés, peaufinés ?

Non, car nous avons enregistrée et mixé les 17 morceaux, et ils sont restées tels quels. Lors de l’élaboration de la liste des titres de l’album et de l’EP, nous avons veillé à un équilibre parfait, afin d’éviter une surabondance de ballades ou de morceaux plus Rock sur l’un et l’autre. Finalement, l’album et l’EP forment un tout cohérent, agrémenté de quelques titres bonus.

– Il y a aussi cette nouvelle version de « Liverpool », qui figurait déjà sur l’album précédent et qui venait presque en complément de votre reprise des Beatles, « Drive My Car ». Sur l’original, on retrouvait Chris Von Rohr de Krokus et cette fois-ci, c’est son chanteur, Marc Storace, qui se livre à un beau duo avec toi. Que représente ce morceaux pour le groupe, au point d’en avoir fait deux versions ?

Lorsque nous avons composé cette chanson avec Chris, nous avions déjà l’idée de faire un duo avec Marc, mais cela ne s’était pas concrétisé à l’époque. Plus tard, nous y sommes revenus et, heureusement, nous avons réussi à le faire. Marc est arrivé en studio avec des idées de paroles et de mélodie, qui fonctionnaient à merveille. Nous avons passé un excellent moment à retravailler et à enregistrer la chanson. Cela reste un souvenir inoubliable pour nous !

– Pour conclure sur le sujet, GOTTHARD et Krokus ont toujours conservé des liens forts. Cela s’explique bien sûr par le fait que vous soyez deux groupes emblématiques du Hard Rock suisse. Et il y a aussi eu le projet Gotus en 2024 avec des membres de deux formations. Vous donnez le sentiment d’être une grande famille avec une forte filiation. Comment l’explique-vous et est-ce le secret de vos longévités respectives ?

La Suisse est un petit pays, et dans le milieu Rock, c’est un peu comme une famille. Le secret de notre longévité, ce sont vraiment les fans. Nous avons la chance d’avoir des fans aussi formidables et fidèles, et c’est grâce à eux que nous sommes là !

– J’aimerais qu’on dise un mot du morceau « Mayday », dont seule la vidéo était disponible jusqu’à présent. D’habitude, c’est plutôt l’inverse. Etait-ce essentiel pour vous de l’enregistrer en studio ? Et est-ce son accueil auprès du public qui vous y a poussé ?

« Mayday » est un titre bonus. Il n’a aucun lien avec les sessions de « Stereo Crush ». C’était une chanson composée il y a quelques années pour ‘X-Max’, en hommage aux services d’urgence. Le morceau n’ayant jamais été officiellement publié, certains membres du groupe ont souhaité le sortir. Personnellement, je ne pense pas qu’il ait sa place sur l’EP, mais en tant que titre bonus, ça passe.

– Il y a une autre collaboration également très forte avec le groupe, c’est celle avec votre producteur Charlie Bauerfeind, qui joue un rôle clef dans le son de GOTTHARD. Vous semblez travailler très étroitement ensemble. Comment cela se concrétise-t-il sur chaque album ? Est-il directement impliqué dans les compositions ou les arrangements également ?

Oui, Charlie est fantastique. On travaille ensemble depuis des années et il comprend parfaitement le groupe et son fonctionnement. Il participe beaucoup à la création des parties de batterie et on travaille aussi beaucoup sur les arrangements avec lui.

– Enfin, une question m’interroge depuis longtemps. Malgré 35 ans d’une belle carrière, est-ce que vous nourrissez quelques regrets de n’avoir pu vous imposer, ou au moins de ne pas vous être faits plus connaître, aux Etats-Unis ? Cela aurait été dans la logique des choses…

Eh bien, le groupe n’a jamais réussi à percer sur le marché américain et on a abandonné assez tôt. Je suppose qu’au final, on se concentre sur les pays où l’on a du succès. Le fait est que, si on a des fans formidables, on n’a pas besoin d’être présent partout dans le monde pour réussir.

« More Stereo Crush » est disponible chez Reigning Phoenix Music.

Photos : Luc Braissant (3) et Manuel Schuetz (4).

Et retrouvez la chronique de « Stereo Crush » :

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Alternative Metal International Southern Metal

Black Stone Cherry : the taste of sharing [Interview]

Que l’on adhère, ou pas, à l’évolution musicale du quatuor du Kentucky, il reste une variante qui ne bouge pas : cet investissement constant et une volonté à toujours se dépasser, qui font partie de son ADN et, finalement, que l’on se ressent dans chacun de ses albums . Avec « Celebrate », BLACK STONE CHERRY s’essaie à un nouvel exercice, celui de l’EP, un format particulier et surtout une première pour lui, habituellement ancré dans une manière de fonctionner plus traditionnelle. Six titres, donc, et autant de facettes différentes, mais qui se rejoignent sur la démarche devenue familière des Américains. Dans la lignée de leurs deux derniers albums, ils se présentent avec un Alternative Metal costaud, sans éluder la fragilité qui peut aussi les envahir. Ils restent d’une sincérité et d’une authenticité sans faille. Chris Robertson, chanteur et guitariste du combo, revient sur l’élaboration de « Celebrate » avant de repartir sur la route dans les mois qui viennent.

– Trois ans après « Screamin’ At The Sky », vous faites votre retour avec « Celebrate ». Alors, la première question que j’ai envie de te poser est : qu’est-ce qu’on célèbre ? Votre retour ?

Tout, on célèbre tout ! L’idée globale derrière la chanson « Celebrate » sont tous les petits moments, les petites choses. Nous vivons actuellement dans un monde où on ne célèbre pas assez. Le monde va trop vite et ne fait que séparer le gens et les rendre négatifs. Essayons donc de célébrer plus et d’être plus positifs.

C’est assez surprenant de vous voir revenir avec un EP. Vous n’aviez pas la patience d’attendre de composer un album complet ? A moins que ce ne soit la scène qui vous manque vraiment ?

En fait, on voulait juste faire quelque chose de différent. Nous avions 12 ou 13 chansons, mais le monde consomme les choses si rapidement. D’ailleurs, nous sommes déjà prêts pour ce qui va suivre. Au lieu d’attendre deux ou trois ans pour sortir un album, nous voulions essayer de faire un EP pour voir comment cela se passe. Et si cela se passe bien, nous en ferons un autre avant de ressortir un album.

– « Celebrate » est donc votre premier et unique EP, un format assez inédit pour vous. Est-ce que vous avez appréhendé l’aspect créatif différemment, sachant qu’il y avait moins de morceaux ?

Non, pas vraiment, on a gardé nos habitudes. Nous avons fait les choses de la même manière. Nous avons juste essayé de composer les meilleures chansons possibles et de les jouer au mieux. Nous avons procédé comme si c’était un album normal, tout en sachant qu’on allait juste enregistrer la moitié. On voulait vraiment essayé ça, car c’est quelque chose de différent pour nous. C’était l’objectif. Ce n’est pas une question de manque de créativité, ou un truc comme ça. Tu sais, on a enregistré beaucoup d’albums et les EPs ont toujours eu cette image de format destiné aux reprises. Habituellement, ce n’est pas vraiment fait pour de la musique originale. Et pourtant, ça marche bien, notamment en ce moment. Alors, on a juste voulu faire le nôtre, et avec des chansons inédites, bien sûr.

– Il y a quelques mois, vous aviez sorti « This Is Black Stone Cherry’s RSD Album » pour célébrer justement les magasins de disques indépendants, lors du ‘Record Store Day’ et là, vous revenez avec une nouvelle réalisation qui sort uniquement en digital. C’est assez paradoxal, non ?

Ah… C’est le monde dans lequel nous vivons. Pour le ‘Record Store Day’, c’était assez spécial, car le disque a été publié à un nombre très limité. Il n’était pas destiné à un plus grand nombre. Et j’espère vraiment aussi que cet EP sera disponible en format physique également. Ce n’est pas prévu pour le moment, mais ça pourrait l’être. Mais c’est vrai que pour l’instant, il ne sort qu’en format numérique.

– « Celebrate » sera donc disponible seulement sur les plateformes, une première pour BLACK STONE CHERRY. Cela correspond aussi aux changements de l’industrie musicale. Est-ce que cela annonce également un tournant pour le groupe en termes de diffusion ? Ou est-ce juste un one-shot ?

Je ne sais pas. L’industrie musicale a tellement changé depuis 2005, lorsque nous avons sorti notre premier album. Ces 21 dernières années n’ont plus rien à voir avec nos débuts. D’ailleurs, je n’aurais jamais imaginer ça il y a encore 15 ans. C’était impensable de concevoir que les gens n’achèteraient plus d’albums, qu’ils les streameraient et qu’ils auraient même trois applications différentes sur leur téléphone pour écouter de la musique. Donc, je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir. Je sais juste qu’avec cet EP, il était temps pour nous d’essayer quelque chose de différent, de nouveau et de voir ce qui allait se passer. Et la décision de le faire uniquement en numérique a été le fruit de discussion avec notre label. A priori, c’était une bonne chose à faire, selon lui. Et puis, nous aimons bien ce genre de challenge.

– Pour « Celebrate », vous vous êtes retrouvés dans le home studio de Ben (Wells, guitare). Aviez-vous besoin d’être uniquement entre vous dans un environnement familier pour mettre en forme les idées accumulées en tournée ?

Exactement, nous avons écrit tous nos derniers albums à l’arrière du bus quand nous étions sur la route. Il n’y a pas beaucoup d’espace et on chope vite des crampes, car ce n’est pas facile de caler quatre personnes dans un endroit aussi petit. (Sourires) Mais on a l’habitude. Alors qu’aller dans la maison de Ben, nous ne l’avions jamais fait. Là, on pouvait bouger, on avait de l’espace pour nous déplacer et nous épanouir. C’était super confortable, on a pu se dégourdir les jambes ! (Sourires)

– Justement, « Celebrate » offre un beau panorama du groupe avec ses multiples facettes. Quitte à sortir un EP, l’idée était-elle d’être le plus complet possible ?

Je ne pense pas qu’on avait une intention précise, au-delà du fait de sortir un EP. On n’avait pas pour objectif de faire des chansons qui sonnent forcément différemment. On écrit des morceaux et ce sont ceux qui nous parlent le plus que nous avons décidé de présenter. Ce sont vraiment ceux qui ont le plus d’impact sur nous que ce soit personnellement, au niveau des textes et des mélodies. Donc, nous avons choisi les six meilleurs, selon nous. Par exemple, le titre éponyme d’intro est celui décidé depuis le début, et ensuite nous nous sommes bien amusés avec la reprise de « Don’t You (Forget About Me) » aussi. C’était vraiment sympa à faire et on a passé un bon moment à élaborer notre propre version ! (Sourires)

– Il y a beaucoup d’énergie sur ces nouveaux morceaux, malgré les différences de tempos, et aussi un message toujours très positif d’une manière ou d’une autre. Et la sensation de proximité de la production joue aussi beaucoup. C’est cette connexion que vous recherchez à chaque fois ? Proches dans les textes comme dans le son ?

Oui ! La façon dont nous composons fait que c’est la musique qui vient souvent dicter le chemin que le morceau va prendre, même au niveau des textes. Cela a une influence, d’une manière ou d’une autre. Si tu prends un morceau comme « Celebrate », le refrain arrive au bon moment et colle parfaitement avec la musique. Mais ce n’est pas toujours le cas, bien sûr. C’est là que nous devons faire des choix et décider ce qui est le mieux. Est-ce que le texte est plus important que la mélodie ? Cela arrive qu’on reste sur une seule et même ligne sur les deux aspects, et d’autres fois, on va mettre plus de temps à trouver le bon message. Finalement, le plus compliqué est de trouver le parfait équilibre entre les paroles et la musique, et faire en sorte qu’elles se retrouvent à un moment donné dans la chanson.

– Parlons de la reprise de Simple Minds, « Don’t You (Forget About Me) ». Pour un Européen comme moi qui connaît cette chanson qui depuis sa sortie, son traitement est assez surprenant et très loin de l’originale. C’est vrai que tu rêvais de la chanter depuis plus de dix ans ?

Oui, c’est vrai ! (Sourires) J’ai essayé de faire cette chanson pendant plus de 15 ans. J’ai 40 ans aujourd’hui et je suis donc né en 1985, l’année de la sortie du film « Breakfast Club » (un teen-movie réalisé par John Hughes – NDR). Cette chanson et ce film m’ont suivi toute ma vie, et je me souviens encore de la première fois que je l’ai vu quand j’étais enfant. J’ai toujours adoré ce morceau et j’ai toujours pensé qu’on pouvait en faire quelque chose de cool. J’étais sûr que c’était possible. Et lorsqu’on a essayé, ça a fonctionné. On connaît tous la chanson, mais elle donne aussi l’impression que c’est nous qui l’avons écrite sur notre version. Et c’était vraiment notre objectif avec cette reprise. On s’est vraiment amusé à le faire, car on s’est mis à la place des compositeurs. On a pris l’original et on y a ajouté un autre point de vue. On a mis un riff de guitare et ensuite, on l’a joué comme on le fait avec nos autres morceaux, tout en gardant la structure de l’original. C’est la même construction, mais interprété à notre façon et j’espère que les gens l’ont apprécié. D’ailleurs, j’ai hâte de pouvoir la jouer en Ecosse pour voir la réaction des gens. Est-ce que les pouces seront levés ou baissés ? (Sourires)

– Un mot aussi sur la participation de votre ami Tyler Connoly du groupe canadien Theory Of A Deadman sur le morceau. Comment avez-vous envisagé cette collaboration ?

Nous étions en pleine discussion avec notre management et le label et l’idée d’un invité a surgit. On a bien aimé la proposition, mais on ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Alors, j’ai envoyé un message à Tyler en lui disant qu’on avait une version de la chanson et s’il voudrait la chanter avec nous. Il a accepté et a demandé quelle partie nous souhaitions qu’il interprète. On a juste coupé un passage pour qu’il ajoute sa voix et on lui a envoyé la chanson. Et le résultat est super ! Tyler et moi sommes de grands amis et nous sommes tous fans de Theory Of A Deadman. Il a une très belle voix et c’est un mec super. Et il correspond vraiment au morceau vocalement. Le résultat est fantastique, on forme un bon duo.

– J’aimerais que l’on parle aussi de l’évolution, voire la mutation, de BLACK STONE CHERRY. Je trouve que l’empreinte sudiste qui vous animait se dissipe peu à peu. Aujourd’hui, votre Hard Rock tend d’ailleurs plus vers l’Alternative Metal. Est-ce une évolution naturelle pour vous, ou un simple passage avant un retour vers les sonorités Southern de vos débuts ?

Je ne sais pas, je pense qu’on joue simplement ce que l’on aime. Notre premier album était très varié. Le deuxième, puis « The Devil In The Deep Blue Sea », étaient plus modernes, plus alternatifs. Ensuite les trois suivants, « Magic Mountain », « Kentucky » et surtout « Family Tree » qui est un super album, étaient plus Southern, c’est vrai. Après, je pense qu’on a juste voulu jouer des trucs plus Heavy, parce que c’était quelque chose qu’on n’avait jamais vraiment fait. Je ne sais pas, c’est venu comme ça ! (Rires) Tu sais, on fait des choses à travers lesquelles on se sent bien. Alors, qui sait ? Je n’ai vraiment aucune idée à quoi le prochain album ressemblera. On n’a pas encore commencé à travailler dessus. Peut-être qu’il sera acoustique ! (Rires) En fait, les chansons arrivent comme ça et nous n’avons jamais choisi le parti-pris de sonner plus Metal notamment sur un album. Cependant, il peut y avoir des parties, à l’intérieur des morceaux avec des intentions Speed Metal, par exemple. En tout cas, on n’est jamais parti avec un concept précis, sauf sur « Folklore And Superstition », où on voulait un truc très lourd, très épais. Et c’est ce qu’on a fait ! Sinon, ce n’est pas vraiment un truc qui marche chez nous. On joue plutôt à l’intuition.

– Pourtant, vos racines musicales restent Southern…

Oh oui, bien sûr ! Mais en fait, ça fait partie de ce que nous sommes. L’esprit Southern est et sera toujours là. Je pense que c’est juste une approche plus moderne et des mélanges plus actuels comme sur « The Human Condition » et « Screamin’ At The Sky ». Et finalement, « Celebrate » est un brassage de ces deux derniers albums. Alors, peut-être que cela se ressent moins dans les sonorités, mais structurellement, c’est toujours bien présent. Il y a toujours du Lynyrd Skynyrd et du ZZ Top en nous. C’est ce que nous sommes. Je ne me sens pas du tout comme un gars qui vient de New-York ! (Rires) L’empreinte dans les guitares est indélébile et on essaie en aucun cas de s’éloigner de ce que nous sommes profondément.

– Enfin, cette année marque aussi vos 20 ans de carrière. Est-ce que vous avez prévu quelque chose de particulier? Il y a une grosse tournée, certes, et peut-être un nouvel album en fin d’année ?

Oui, on a une grosse tournée en Europe et aux Etats-Unis, puis nous reviendrons au Royaume-Uni pendant environ trois semaines, où nous serons l’unique groupe de la soirée. Mais pour le reste de la tournée européenne, nous aurons un groupe en soutien. Pour l’Angleterre, nous jouons tout l’album et d’autres chansons pour fêter ces 20 ans. L’idée est de proposer une longue nuit autour du groupe et ce sera vraiment génial. On a vraiment hâte !

Le nouvel EP de BLACK STONE CHERRY, « Celebrate », sera disponible le 6 mars sur toutes les plateformes.

Photos : Jimmy Fontaine

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Glam Rock Rock Hard Sleaze

Michael Monroe : a shot of glitter

Difficile de ne pas se laisser embarquer par le Rock pétillant et costaud de ce rockeur venu du grand Nord. Depuis des décennies, MICHAEL MONROE perpétue une tradition née dans les années 80 à base de Sleaze Rock, de Hard Glam et d’un zeste Punk pour le décorum. Véritable légende en Finlande, il ne contente pas de faire durer le plaisir en quête du cacheton supplémentaire. Il fait le show, car c’est en lui et qu’il respire le Rock avec intensité et authenticité, elles-mêmes alimentées d’une spontanéité de chaque instant. « Outerstellar » résume assez bien une carrière certes chaotique, mais toujours honnête.

MICHAEL MONROE

« Outerstellar »

(Silver Lining Music)

Avec cette pochette, le frontman a-t-il voulu faire un clin d‘œil à celle de « Sensory Overdrive » sorti il y a 15 ans ? C’est fort possible si l’on prend en compte que son groupe a très peu bougé et que les fidèles Steve Combe (guitare) et Sami Yaffa (basse) sont toujours de la partie. Et puis, MICHAEL MONROE n’est pas homme à passer d’un registre à l’autre, d’autant qu’il confectionne son Sleazy Hard Glam depuis de longues années maintenant. Ainsi, pas de réelle surprise sur « Outerstellar », si ce n’est celle de retrouver cette voix unique et cette explosivité qui ne faiblit pas, bien au contraire.

Le finlandais ne triche pas et ce treizième album atteste de nouveau de son indéfectible sincérité. Entre Rock musclé et jet de paillettes, il n’a jamais choisi et ce savoureux mix, qu’il est à peu près le seul à offrir de si longtemps, fait toujours son petit effet. Son Hard Rock est toujours aussi Glam et son côté Punk finalement très apprêté. MICHAEL MONROE vit pour la scène et on retrouve cette même instantanéité sur ses disques, « Outerstellar » y compris bien sûr. Et l’atmosphère est encore une fois insouciante, colorée et délurée, comme figée dans le temps, un bon remède à une morosité ambiante bien sombre.

Très bien produit, le coup de poing arrive d’entrée de jeu avec le débridé « Rockin’ Horse », preuve que le chanteur conserve une énergie intacte. L’ensemble est concis, percutant, entraînant et d’une jeunesse éternelle (« Newtro Bombs », « Shinola »), MICHAEL MONROE se fiche du qu’en-dira-t-on, garde une attitude souvent irrévérencieuse, mais avec toujours une certaine classe (« Black Cadillac », « Paintless », « Disconnected », « Pushin’ Me Back » et le très surprenant « One More Sunrise » et ses sept minutes où il rayonne littéralement). « Outerstellar » s’inscrit parmi les meilleures réalisations de sa discographie.

Photo : Janson Bulpin

Retrouvez la chronique de son album précédent :

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Avalanche : cascade Rock’n’Roll

Implacable, rebelle et irrésistiblement positive, la formation de Sydney est allée puiser son énergie dans le tréfonds des endroits les plus malfamés de sa ville. Digne héritier d’une tradition Pub Rock unique en son genre, AVALANCHE sort son premier effort avec tellement d’insouciance qu’on se laisse prendre au jeu de cette ambiance délurée. « Armed To The Teeth » porte bien son titre, tant il en a sous le capot. Enregistré presque entièrement en condition live, on imagine sans mal le quatuor haranguant la foule. Un vrai souffle de liberté…

AVALANCHE

« Armed To The Teeth »

(MGM)

Si cet album aurait pu avoir été enregistré il y a 30, 40 ou même 50 ans, c’est qu’il a vraiment une résonance familière avec son Rock percutant et fédérateur. Et comme nous sommes en Australie, le Hard Rock d’AVALANCHE porte un nom : le Pub Rock, incarné depuis des décennies par AC/DC et Rose Tattoo et plus récemment par Airbourne notamment. Sans fioriture, direct et efficace, « Armed To The Teeth » affiche également une belle production signée Steve James (The Angels, The Screaming Jets), qui a parfaitement su restituer l’intensité et la fougue du combo.

Et le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de électricité dans l’air. Assis sur la caisse de dynamite, on retrouve Veronica et Steve Campbell, unis à la scène comme à la ville, respectivement lead guitariste et bassiste/chanteur. Ces deux-là sont sans limite et, soutenu par Blake Poulton à la guitare rythmique et le cogneur Bon Lowe, ils sont la colonne vertébrale de cette incontrôlable AVALANCHE. « Armed To The Teeth » est rugueux, spontané et sent bon les regrettés bars enfumés aux effluves de bière, jadis si Rock’n’Roll et authentiques.

S’ils ne renouvellent pas vraiment le genre, on peut affirmer que nos quatre rockeurs renversent quelques tables. Sans artifice, l’album a une saveur toute adolescente et on est prêt à les suivre jusqu’au bout de la nuit. Survolté, le frontman semble nous faire une soirée diapo sur fond de souvenirs de jeunesse pour le moins déjantés (« On The Bags Again », « Dad, I Joined A Rock’n’Roll Band », « Ride Or Die », « Kick Your Heels Back », « Hell’s Getting Hotter With You », « Bottle Of Sin » et le morceau-titre bien sûr). AVALANCHE est là pour botter des cul et afficher des sourires !

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Robin Trower : one moment of grace

Les concerts ont toujours été des moments privilégiés pour le musicien anglais, l’endroit sans doute où il s’exprime le mieux. D’ailleurs, il suffit d’entendre la réaction du public sur ce splendide « One Moment In Time – Live In The USA » pour se rendre compte de sa faculté à partager sa musique et à communier autant avec son groupe qu’avec les spectateurs. ROBIN TROWER fait partie de ses bluesmen qui respirent chacune des notes jouées, et que ses musiciens accompagnent avec une écoute très attentive et surtout un groove qui sublime ce guitariste et chanteur hors-norme.

ROBIN TROWER

« One Moment In Time – Live In The USA »

(Artone/Provogue)

L’icône du Blues Rock britannique nous propose cette fois une traversée de l’Atlantique pour de nouvelles versions live de ses plus emblématiques morceaux, avec même quelques surprises à la clef. Certes, ROBIN TROWER dispose d’un tel répertoire qu’on sait par avance que le résultat sera enthousiasmant et passionné, et qu’importe que ses titres nous reviennent en mémoire en quelques instants, les entendre sur scène prend une tout autre dimension. L’homme y est dans son jardin, une zone de confort rendue possible possible grâce à des fans toujours aussi fidèles.

Le plus étonnant chez ce guitar-hero du Blues est sa faculté toute naturelle à nous faire oublier son âge et plus de six décennies d’une carrière exemplaire. Il a l’émotion, la dextérité et le plaisir toujours aussi exaltés. S’il se bonifie sur certains aspects, ROBIN TROWER a surtout ce don de ne jamais présenter la même chose. Et même si des chansons comme « Too Rolling Stoned », « Somebody Calling » ou « Day Of The Eagle » font toujours leurs petits effets, que dire des perles que sont encore et toujours « Bridge Of Sighs » ou « Rie Up Like The Sun ». Le temps s’arrête.

Capté à The Music Box At The Borgata à Atlantic City, New Jersey, le 14 juin dernier et au Tupelo Music Hall de Derry, New Hampshire, dix jours plus tard, ROBIN TROWER a déclaré de pas reconnaître ses lieux où il s’est pourtant produit avec Procol Harum, sa légendaire formation, tant l’Amérique a changé. Pour autant, la grâce dont il a fait preuve ses deux soirs-là reste un moment suspendu de sa tournée, qui célébrait l’album « Come And Find Me ». Entre passé et présent, le virtuose se meut dans des compositions qui traversent les époques en toute liberté.

Photo : Blackham Images

Retrouvez les chroniques de ses derniers albums studios :

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Joe Bonamassa : un siècle les contemple

Concocté par le très prolifique JOE BONAMASSA, « BB King’s Blues Summit 100 » ne pouvait qu’être qu’irréprochable, varié et inspiré. Et il l’est ! Peut-être que les puristes et les fans les plus assidus de la légende le trouveront pompeux à quelques égards, même s’il rassemble des incontournables de BB King. Ne soufrant qu’aucune prestation moyenne, ces 32 reprises rappellent l’importance et l’héritage laissé au monde du Blues par l’un de ses plus éminents acteurs. Un opus surtout destiné à qui accepterait une vision nouvelle d’une carrière exceptionnelle.

JOE BONAMASSA

« B.B. King’s Blues Summit 100 »

(KTBA Records)

Mentor et à la fois modèle, et même si son jeu est assez éloigné du sien, JOE BONAMASSA a toujours voué beaucoup de respect et d’admiration pour le grand BB King. Celui qui l’a côtoyé pendant plus de 25 ans, et pour qui il a ouvert un concert alors qu’il était tout juste âgé de 12 ans, lui rend ici un hommage digne de ce nom à l’occasion de son centième anniversaire. Pour se faire, l’homme au costume a vu les choses en grand avec un casting cinq étoiles et pas moins de 32 morceaux repris avec énormément de talent et de sincérité par des musiciens tous très impliqués.

Bien sûr, choisir 32 chansons dans le vaste répertoire du bluesman aux 16 Grammy Awards n’est pas chose aisée. Mais s’il manque quelques classiques à l’appel, « BB King’s Blues Summit 100 » regorge de pépites et elles sont toutes très représentatives de l’empreinte laissée par le maître du Mississippi sur le Blues en général. Mais surtout, ce double-album montre à quel point il a su traverser et transcender les générations, qui se le sont finalement appropriées de manière très personnelle et avec un regard neuf et différent sur son œuvre, et ce malgré des sphères opposées.

Ce colossal projet est enregistré et produit par JOE BONAMASSA et son complice Josh Smith, qui l’ont réalisé l’ensemble lors de sessions mensuelles en studio. Dans ce line-up de rêve figurent les légitimes Eric Clapton, Buddy Guy et Bobby Rush, d’autres faisant partie du cercle proche de l’instigateur comme Christone ‘Kingfish’ Ingram, Marcus King ou Joanne Shaw Taylor. Et puis, Susan Tedeshi & Derek Trucks, Larkin Poe, Jimmie Vaughan, Keb’ Mo’, Kenny Wayne Shepherd, Dion, Eric Gales, Warren Hayes et bien d’autres apportent leur contribution à ce bel hommage. Un must ! 

Retrouvez les chroniques des derniers albums de JOE BONAMASSA :