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International Thrash Metal

Tonic Breed : sous contrôle [Interview]

En invitant Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) sur ce nouvel EP, TONIC BREED affiche une ambition et une forte volonté de revenir avec un projet solide et exigeant. Seul aux manettes, le Norvégien Patrik K. Svendsen évolue dorénavant sous une formule en one-man-band, qui lui réussit plutôt bien. Il nous en dit plus que la conception de « Fuel The Fire », sa façon de travailler, sa vision de ce projet atypique et son avenir.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne un peu en arrière. TONIC BREED avait déjà sorti deux albums avant de se séparer en 2019. Tu as récemment décidé de reprendre le groupe, quels ont été tes motivations et le déclic pour redémarrer l’aventure ?

C’est exact et chaque album avait même un line-up différent. En raison d’intérêts et d’ambitions différents, TONIC BREED a subi beaucoup de changements. Un scénario que connaissent beaucoup de groupes. Concernant le mien, l’histoire semblait se répéter. TONIC BREED a dû passer du temps à chercher et à recruter de nouveaux membres pour remplacer ceux qui, pour différentes raisons, ont quitté le groupe alors que nous devions être en tournée et promouvoir nos dernières sorties.

Chaque époque du groupe a été une balade amusante, malgré des changements de line-up épuisants. Les raisons des séparations venaient du fait qu’on ne s’entendait pas sur la voie musicale, ou qu’on ne pouvait pas combiner la musique avec la vie de famille, ou simplement parce qu’on était loin les uns des autres en termes d’ambition. Et trois ruptures pèsent bien sûr sur la motivation. J’étais prêt à mettre fin à TONIC BREED de manière officielle, puis à passer à quelque chose d’entièrement nouveau. J’ai suivi cette idée pendant longtemps et j’ai composé beaucoup de musiques après notre séparation en 2019. Puis, quand les choses ont commencé à devenir concrètes, j’ai fait un revirement complet. Au lieu de créer un nouveau groupe, j’ai réactualisé TONIC BREED en un projet individuel. Ce fut une décision rapide et spontanée.

– Tu reprends donc TONIC BREED seul aux commandes et un premier EP, « Fuel The fire », vient de sortir. Quel est le noyau dur du groupe, je pense aussi à la scène, et de qui es-tu ou vas-tu t’entourer ?

À ce stade, je n’ai pas l’intention d’impliquer quelqu’un d’autre dans TONIC BREED, sauf en invitant des artistes à participer aux chansons. J’aime travailler seul comme actuellement et ça marche plutôt bien. En ce qui concerne les concerts, il n’est pas prévu d’en faire avec ce projet. Je remonterais volontiers sur scène, mais ce sera pour autre chose dans le futur.

Bjorn Strid (Soilwork) & Oliver Palotai (Kamelot)

– J’aimerais aussi savoir pourquoi TONIC BREED revient avec un EP de quatre titres. C’est assez court pour se faire une idée globale. C’était compliqué de revenir avec un album complet au niveau des compositions et peut-être aussi du budget ?

L’album est toujours mon objectif principal. Mais tel que je le vois, cela fonctionne principalement pour ceux qui sont soutenus par de grandes maisons de disques, ou si les groupes ont eux-mêmes des budgets énormes. Il faut une énorme machine de promotion pour que les ventes d’albums se fassent. La réalité, même si elle peut faire mal, c’est que les gens écoutent à peine un CD. Et les disques vinyles sont plus un objet de collection qu’un support que les gens utilisent pour écouter de la musique au quotidien. Par conséquent, je ne vois aucune raison de faire exploser un budget pour l’impression d’albums en tant qu’artiste indépendant. Les auditeurs trouvent de toute façon leurs chansons préférées sur les services de streaming ou en créant leurs playlists de lecture, et un album est rarement écouté dans son ensemble finalement. Je ne vois aucune raison d’opter pour l’ancienne stratégie promotionnelle, qui est devenue obsolète. Ce serait formidable pour nous, les musiciens, d’un point de vue financier, si les CD étaient toujours d’actualité. Mais ce n’est pas le cas. Vous pouvez être têtus et détester le changement ou vous adapter à la façon dont le monde qui vous entoure change. J’ai choisi de m’adapter. Cet EP est plus une collection de quatre chansons sorties sur une période de 18 mois.

– Musicalement, TONIC BREED propose un Thrash racé, super efficace où l’esprit Old School côtoie une grande modernité. Ton objectif était de faire le lien entre un esprit originel et un style qui a aussi beaucoup évolué ?

Absolument ! Tu as mis le doigt sur ma propre intention avec TONIC BREED. J’ai le Metal classique qui me tient aux tripes. Ce sera toujours en moi. On peut établir des parallèles avec les années 70, 80 et 90 sur le dernier single, « Fuel the Fire », par exemple. En même temps, j’essaie toujours d’ajouter une touche d’originalité à mes chansons. Cette stratégie peut cependant aller dans les deux sens. Cet EP contient quatre chansons très différentes. J’imagine qu’on ne s’attend pas à l’ambiance sur le morceau final après avoir écouté les deux premiers.

Dirk Verbeuren (Megadeth)

– Pour ce retour, « Fuel The Fire » est vraiment très réussi avec des morceaux très bruts et radicaux. Avant de parler des guests présents, j’aimerais que tu nous parles de l’enregistrement et du travail de production…

Toutes les chansons sont enregistrées dans plusieurs studios différents. Je fais aussi beaucoup d’enregistrements dans le mien. Beaucoup de choses y sont faites avant d’être transmises aux ingénieurs du son. Toutes les voix ont été faites aux Stable Studios à Oslo. J’ai essayé différents ingénieurs du son pour m’amuser un peu plus. Par exemple, Oliver Palotai a fait le mixage principal et le son sur « H.E. Antagoniste ». En d’autres termes, il a choisi le son du solo de guitare. J’ai travaillé avec Juhis Kauppinen sur « Blood Moon », une chanson qui a en fait été terminée en 2020 ! En parlant d’ingénieurs du son, je suis obligé de mentionner Viktor Gullichsen, qui a fait tout le travail sur « Fuel the Fire » et « No Rocks On The Scotch ». Donc, cette version est vraiment un mélange international qui, pour une raison inconnue, a très bien fonctionné.

– Rentrons dans le vif du sujet avec les présences de Dirk Verbeuren de Megadeth, Bjorn Strid de Soilwork, Oliver Palotai de Kamelot, Martin Skrivbakken d’Endezzma et Bernt Jansen d’Artch/Wig Wam. Comment as-tu mis en place toutes ces collaborations ? Ce sont des musiciens avec qui tu avais déjà travaillé ?

J’en connais certains depuis longtemps. D’autres m’ont été recommandés par des personnes que je connais ou par ceux qui sont sur le disque. Des gens fantastiques, tous. Ils ont été exceptionnellement impliqués et faciles à vivre dès le premier e-mail ou le premier coup de fil. Ils n’ont pas non plus été choisis au hasard. Je crée une chanson avec quelques noms en tête et j’espère juste les faire participer ensuite quand c’est possible. Et je suis ravi que tous ces artistes aient dit oui au projet.

Patrik K. Svendsen & Bernt Jansen (Artch/Wig Wam)

– Est-ce que tu avais prévu et écrit les parties de chacun, ou leur as-tu laissé carte blanche sur leurs prestations et leur implication sur les morceaux ?

En ce qui concerne la composition et les paroles, je fais tout. J’ai beaucoup de chance d’avoir des artistes aussi talentueux qui m’ont aidé sur les chansons. Ils y ont tous mis leur touche personnelle. J’enregistre généralement une version démo de ce que j’ai en tête et je les laisse travailler à partir de là. J’ai fait des petites demandes et des commentaires, et tout le monde les a très bien acceptés en faisant les changements nécessaires pour obtenir le meilleur résultat possible. Dans le cas de Dirk Verbeuren, il m’a montré tout son savoir-faire. Nous avions réservé une heure et une date pour la séance en studio. Il était à L.A. en train d’enregistrer la batterie pour la chanson « Fuel the Fire » pendant que j’étais dans mon home-studio, communiquant avec lui au téléphone. Nous avions prévu la majeure partie avant l’enregistrement, mais certains détails subsistaient. Il a livré ce que nous avions convenu au préalable, et j’ai été ravi du résultat qu’il m’a été envoyé du studio d’Adair Daufembach. Il n’y avait qu’un tout petit détail que je voulais qu’il refasse. Sa seule réponse a été : « N’en dis pas plus ! ». Non seulement, il avait enregistré ce que je voulais, mais il avait également enregistré la chanson entièrement, et en une seule prise.

« Fuel The fire » de TONIC BREED est disponible chez M&O

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Crossover Thrash Metal

Algebra : un crossover à l’équilibre

Avec une rythmique entièrement renouvelée qui libère un impact et une puissance phénoménale, ALGEBRA sculpte son approche du Thrash Metal basée sur une culture poussée du riff. Les Suisses prolongent leur effort sur ce quatrième album, « Chiroptera », qui s’inscrit avec brio dans les pas de son très bon prédécesseur.

ALGEBRA

« Chiroptera »

(Unspeakable Axe Records)

Depuis sa première démo en 2008, ALGEBRA en a fait du chemin. Au fil des albums, et « Chiroptera » est déjà le quatrième, le groupe de Lausanne a affiné et surtout personnalisé son style pour obtenir un Thrash Metal incisif et percutant. Avec une précision et un tranchant de chaque instant, ce nouvel opus est une belle avancée dans le parcours du combo.

Malgré un line-up mouvant, ALGEBRA a maintenu la dynamique musicale à l’œuvre sur « Pulse ? ». Dorénavant, le chanteur et guitariste et chanteur Ed Nicod est entouré du six-cordiste Nick Abery, du batteur Florent Duployer (Cenotaph) et de l’ancien bassiste d’Entombed A.D. Victor Brandt. Autant dire que les Helvètes sont techniquement très bien armés.

Sur un Crossover HxC très actuel doté de quelques sonorités Old School, le quatuor apporte brillance et mélodie, mais aussi agressivité et impact avec des riffs et des solos, qui déferlent dans une concentration fluide et très pointue (« Resuscitation », « Constrited », « Suspect »). Et quand ALGEBRA lève un peu le pied, son Thrash prend encore plus de  hauteur (« Eternal Sleep »). Chirurgical !

Photo Maciej Pieloch Photography
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Thrash Metal

Soulfly : tropical Metal

Comme à son habitude, Max Cavalera fait parler la poudre en invoquant les âmes ancestrales à grand renfort de riffs puissants et appuyés, tout en misant sur une efficacité sans faille et une maîtrise totale de son jeu. Avec « Totem », son douzième album, SOULFLY frappe toujours aussi fort en préservant un héritage musical inégalé.

SOULFLY

« Totem »

(Nuclear Blast)

Construit sur les bases des premiers Sepultura (du temps de leur vivant) et dans l’esprit de « Roots », ce douzième album de SOULFLY est une immersion dans une forêt ou une jungle profonde, épaisse et hostile. Toujours guidé par le grand Max Cavalera (guitare, chant), Mike Leon (basse) et du fiston Zyon à la batterie, le trio se passe une nouvelle fois du six-cordiste Marc Rizzo, mais a convié un musicien de session.

Avec « Totem », le Brésilien revient aux fondamentaux, à ce qui fait la force et l’originalité de SOULFLY depuis ses débuts en 1997. Le guitariste et frontman du trio s’inspire plus que jamais des pratiques spirituelles indigènes qui viennent planer dans un Metal d’une lourdeur incroyable entre Thrash et Heavy et dans cette démarche Old School qui a toujours animé le groupe.

Magistralement produit par Max et Arthur Rizk, « Totem » est un album frontal, d’une férocité et d’une rage puisée dans l’underground comme dans le Metal le plus moderne. Par ailleurs, les arrangements, notamment au niveau des guitares et de la voix, rendent ce nouvel opus très fouillé et nécessitant même plusieurs écoutes (« Spirit Animal », « Superstition », « Filth Upon Filth », « Ancestors », « Ecstasy Of Gold »). Immersif !

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Hard Rock Heavy metal

Gwar : gloire aux monstres !

Façon orgie Rock’n’Roll très saturée, GWAR a bâti sa réputation sur ses costumes bien sûr, mais si l’on se penche un temps soit peu sur sa musique, on s’aperçoit très vite que l’aspect grand guignol est surtout vestimentaire. Depuis plus de trente ans, les Américains entretiennent le mythe à grand renfort de concerts hors-normes, où bière et hémoglobine coulent à flot et font bon ménage. Et « The New Dark Ages » ne faillit pas à la règle !

GWAR

« The New Dark Ages »

(Pit Records)

Pendant trash et cauchemardesque de Kiss et certainement source d’inspiration pour les Finlandais de Lordi, GWAR se plait à effrayer son petit monde depuis 1984 déjà. Après de multiples changements de line-up et surtout la tragique disparition de son chanteur emblématique en 2014, les Américains livrent leur quinzième album, le deuxième depuis le décès d’Oderus Urungus, et « The New Dark Ages » est plutôt une bonne surprise.

C’est sur son propre label, Pit Records, que le groupe, qui compte une bonne dizaine de membres, sort ce nouvel opus assez ambitieux d’ailleurs, puisqu’il dépasse l’heure de jeu sur 15 titres, qui naviguent toujours entre Hard Rock et Heavy Metal avec une couleur musicale assez Old School. Imperturbable, GWAR continue son chemin et étend un peu plus son univers horrifique entre science-fiction et comic book, façon guérilla sanguinolente.

Même si avec le gang de Virginie, on est dans le troisième (voire beaucoup plus !) degré, il ne faut pas pour autant s’imaginer que ses membres sont là, eux, juste pour la rigolade. Non, chez GWAR, ça joue… et plutôt pas mal, même ! Très visuel, c’est évidemment sur scène que le groupe prend toute son ampleur, mais sur disque, il parvient sans mal à nous entraîner dans son monde si particulier. Sans être le chef-d’œuvre de l’année, « The New Dark Ages » s’écoute bien et on se surprend à battre la mesure et hocher de la tête. Saignant !   

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Blues Blues Rock

Ghost Hounds : une lumière éternelle

Avec son troisième album, le sextet américain met un beau coup de jeune à un Blues Old School pourtant éprouvé. Sur « You Broke Me », GHOST HOUNDS montre une maîtrise, un groove et un feeling incroyables parfaitement interprétés par des musiciens de haut vol. Actuel et Rock dans l’esprit, les bluesmen confirment une identité très personnelle et un son irréprochable.

GHOST HOUNDS

« You Broke Me »

(Maple House Records)

En l’espace de deux albums (« Roses Are Black » et « A Little Calamity ») et un Live, le groupe de Pittsburg en Pennsylvanie s’est taillé une solide réputation sur la scène Blues Rock américaine. Il faut dire que GHOST HOUNDS enflamme les foules grâce à un style à la fois percutant et délicat, où il revisite avec talent et beaucoup de fraîcheur et de modernité le registre de ses aînés.

Moins porté sur le Rock, mais plutôt basé sur un Blues traditionnel, les Américains n’en sont pas moins dynamiques et évoluent dans un répertoire original et relevé. Composé par le guitariste du groupe, Thomas Tull, et le producteur Kevin Bowe, « You Broke Me » a été enregistré dans les conditions du direct. Et si GHOST HOUNDS sonne si authentique et brut, l’album est tout aussi organique et cristallin.

Guidé par la voix émouvante et torturée de Tre Nation, le groupe livre des titres solides, sensibles et se fend même d’une magistrale reprise de « Smokestack Lightning » de Howlin’ Wolf. GHOST HOUNDS se repose aussi sur des guitares tranchantes (« Baby We’re Through », « You Broke Me », « Through Over You », « Lonesome Graveyard »). Plein de punch et de feeling, ce nouvel album est une vraie pépite.

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Blues Rock

The Black Keys : groovy fuzz

Plus que jamais, le duo Blues Rock américain transcende les styles et les générations grâce à un registre très personnel et un travail sur le son hors-norme. Depuis une dizaine d’années, THE BLACK KEYS construit un bel édifice sur lequel « Dropout » vient poser une nouvelle et belle pierre. Le duo américain régale… une habitude !

THE BLACK KEYS

« Dropout Boogie »

(Nonesuch records)

Depuis leurs deux derniers albums, « Let’s Rock » et « Delta Kream », THE BLACK KEYS est fortement remonté dans mon estime, grâce à une liberté artistique phénoménale. C’est donc un peu fébrile que je m’attends à une suite aussi relevée. Et « Dropout Boogie » répond parfaitement à mes attentes, tant le duo d’Akron dans l’Ohio fait parler la poudre sur un Blues Rock, dont il a le secret. Heureux je suis, donc.

Dan Auerbach et Patrick Carney restent sur des fondamentaux bien maîtrisés, et ont même invité Billy Gibbons, Angelo Petraglia de Kings Of Leon et Greg Cartwright de Reigning Sound à se joindre à leur petite fête. THE BLACK KEYS s’offre une balade entre fuzz et groove avec la fougue et le côté roots, qui forgent ce style si particulier. Autant dire que « Dropout » est aussi brillant que ses prédécesseurs.

Epais et assez Old School, ce nouvel album contient dix titres aussi inspirés les uns que les autres, et la chaleur et la puissance de la production doivent sûrement beaucoup au lieu de l’enregistrement : Nashville, Tennessee. Fun sur « Your Team Is Looking Good », sombre sur « Good Love », percutant sur « How Long » et plus doux sur « Didn’t I Love You », THE BLACK KEYS sait tout faire et on redemande.

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Speed Metal Thrash Metal

The Damnnation : girl power

Pour leur premier album, les thrasheuses brésiliennes de THE DAMNNATION n’y sont pas allées de main morte. Arborant un Speed/Thrash légèrement Old School, « Way Of Perdition » est un belle surprise. Féroce et déterminé, le trio féminin s’en sort franchement bien dans un registre très maîtrisé.

THE DAMNNATION

« Way Of Perdition »

Soulseller Records

Originaire de São Paulo, le trio sort son premier album et il laisse plutôt une bonne impression. Composé de Renata Petrelli (guitare, chant), Aline Dutchi (basse, chant) et de Luana Diniz (batterie), THE DAMNNATION vient renforcer la scène Metal extrême féminine avec ce « Way Of Perdition » bien mené. Dans un registre au large spectre, les Brésiliennes livrent un opus convaincant.

Bercés par des influences Old School, les dix titres qui composent ce premier effort sont resserrés et compacts et s’étendent sur une grosse demi-heure. Bien produit, « Way Of Perdition » évolue dans un Speed/Thrash de la première époque et sur un chant essentiellement growlé et solide. Cependant, THE DAMNNATION propose une partition moderne et racée.

Depuis son premier EP, « Parasite » il y a deux ans, le combo a renforcé son répertoire et les musiciennes ont véritablement gagné en maturité. Accrocheurs et massifs, les nouveaux morceaux se basent sur une rythmique musclée et des riffs bien plus aiguisés (« Before The Drowling », « Into The Sun », « Slaves Of Society »). THE DAMNNATION offre un style percutant et enthousiaste.   

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Heavy metal Speed Metal

Wasted : les fantômes du Metal

En bons sénateurs, les membres de WASTED livrent leur quatrième album en quatre décennies. Toujours aussi racé et affichant une énergie brute, le quintet danois œuvre dans un Heavy metal assez Old School, d’où émanent quelques parties très musclées bien Speed Metal et presque Thrash. Entre deux fantômes, « The Haunted House » ouvre ses portes…

WASTED

« The Haunted House »

(Denomination Records)

WASTED est sans nul doute un groupe d’intermittents du spectacle… au sens premier du terme. Fondé au début des années 80, les Danois comptent plusieurs périodes d’activités. De 1981 à 1985 tout d’abord, puis un retour ponctuel en 1987 et finalement, le quintet montre une certaine constance depuis 2013. Et après 41 ans de carrière tout de même, un quatrième voit le jour et la fougue est intacte !

Vétéran de la scène danoise, c’est donc assez naturellement que WASTED évolue dans un registre Heavy Metal Old School, mais sans l’être pourtant vraiment. Sur des bases 80’s et 90’s, le combo a réussi à rendre sa production et surtout ses compositions très actuelles. Robuste et massif, le combo fait preuve d’une vigueur inchangée et un goût du riff insatiable et ferme.

WASTED nous laisse donc les clefs de « The Haunted House » avec son atmosphère pour le moins sombre. Entraînant et fédérateur, le groupe ne se contente pas d’envoyer la sauce, il expérimente judicieusement quelques pistes audacieuses (« Mr Black », « Coffin Maker », « Resurrection »). De solos hyper Heavy en rythmiques racées, le quintet fait le job, de bien belle manière, et espérons que ce quatrième opus soit celui d’un retour définitif.  

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Heavy metal

Satan : les feux de l’enfer

Par les temps qui courent, il fallait s’attendre à ce que SATAN pointe le bout de son nez. En grande forme, le légendaire combo britannique est de retour avec ce très bon « Earth Infernal », aussi fracassant et qu’inspiré. Intemporel comme toujours, le quintet balance des riffs efficaces, distille des solos endiablés et incisifs et suit son fabuleux chanteur comme un seul homme. Déjà indispensable.

SATAN

« Earth Infernal »

(Metal Blade Records)

Vétéran vénéré de la scène Heavy Metal britannique, SATAN reprend donc du service dans une époque qui semble lui aller comme un gant. Groupe incontournable de la NWOBHM depuis le début des années 80, le quintet aura subi de très nombreux changements de line-up, qu’il a stabilisé depuis sa reformation en 2011. Et malgré une influence évidente sur ses contemporains, « Earth Infernal » n’est que le sixième album du groupe.

Faisant toujours partie de Skyclad, Blind Fury, Pariah, Tysondog, Blitzkrieg et Raven, les membres de SATAN n’ont eu aucun mal à rallumer le feu des enfers. Steve Ramsey (guitare), Russ Tippins (guitare), Graeme English (basse), Sean Taylor (batterie) et Brian Ross (chant) livrent une prestation remarquable et exemplaire, tant dans les compositions qu’à travers l’excellent travail effectué sur la production, qui se veut authentique et moderne.

Quant au contenu, les Anglais abordent sans concession le thème de la crise climatique (« Earth We Bequearth », « Twelve Infernal Lords »), du caractère néfaste et cynique des tout-puissants (« Ascendancy », « Burning Portrait ») et du monde et de sa folie (« From Second Sight »). Pour le reste, l’ardeur et le tranchant des riffs et des solos, les rythmiques galopantes typiques de son jeu et ce chant habité continuent de faire de SATAN une référence.

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Heavy metal

Amoriello : une impulsion shred et médiévale

Le Heavy Metal aux couleurs médiévales et très shred semble avoir encore de beaux jours devant lui, si l’on se fit à ce très bon album. Mené par le guitariste Thomas AMORIELLO, « Phantom Sounds » fait la part belle aux guitares tout en laissant une place de choix aux chanteurs qui succèdent sur ce deuxième opus. Un brin épique, les riffs acérés sont légions et les morceaux très fédérateurs. Le Heavy Metal des Américains reste Old School, mais d’une grande fraîcheur.

AMORIELLO

« Phantom Sounds »

(Shredguy Records)

Ardent défenseur d’un Heavy Metal traditionnel et américain, le guitariste et compositeur Thomas AMORIELLO livre son deuxième album, après un premier effort éponyme en 2018. Technique et très shred dans l’esprit, le six-cordiste ne tombe pas pour autant dans une démonstration stérile, mais s’attache à distiller des riffs solides et des solos savamment exécutés. Mélodique et virtuose, « Phantom Sounds » est le résultat d’un travail livré par des musiciens très aguerris.

Autour d’un noyau dur composé de Giovanni Sena (Age Of Artemis) à la basse, Cameron Fleury (Terrorhorse) à la batterie, Anthony Stahl (DeadRisen) et Ariel Perchuk (Kenziner) qui se partagent les claviers, AMORIELLO a fière allure et l’expérience de ses membres se ressent dès les premières notes. « Phantom Sounds » est riche en musicalité et en arrangements, ce qui lui apporte beaucoup de volume.  

Preuve en est qu’il ne tire pas la couverture à lui, le guitariste a invité six chanteurs sur la moitié de l’album et il ressort une belle unité d’AMORIELLO. Sont présents Herbie Langhans de Firewind (« Villain »), Jim Rutherford de Power Theory (« Unruly King »), Piet Sielk d’Iron Savior (« Medieval Warrior »), Titta Tani d’Arthur Falone Stargazer (« Haunted »), Will Shaw (« Mach Fire ») et Melitza Torres de Liliumdust (« Candelabra »). Du beau monde pour un très bel album.