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Hard 70's Heavy Rock

Bong Voyage : excessivement jouissif

Les trois singles dévoilés avaient déjà donné le ton de l’album des Norvégiens. Entre un Hard Rock vintage et quelques textures plus Desert ou Stoner Rock, le mix paraît si naturel pour les cinq musiciens de BONG VOYAGE, qui manient joie et sarcasme avec une délicatesse d’une précision d’orfèvre. Pertinemment intitulé « Hedonistic Hard Rock », ce premier opus nous plonge dans une piscine de sérotonine, où l’on se laisse porter par de bienfaitrices effluves de Rock’n’Roll sur des paroles à la fois grinçantes et terriblement fun.

BONG VOYAGE

« Hedonistic Hard Rock »

(Ripple Music)

Le risque, à vouloir faire de l’humour dans le petit monde du Rock’n’Roll, est de tomber soit dans la caricature, ce qui peut vite devenir gênant, soit de faire dans la kermesse ce qui, à moins de l’assumer pleinement, vous réduit à jouer pour un public intellectuellement sous-alimenté ou bien trop alimenté en boisson ou autre. La frontière est donc assez mince, mais pas si difficile à suivre lorsque toutes les conditions sont réunies. BONG VOYAGE n’a donc pas ce genre de soucis, et parvient sans mal à décrocher les sourires comme entraîner les vrais amoureux et connaisseurs de Rock au sens large dans une savoureuse communion.

Car aux manettes de ce joyeux quintet, on retrouve des membres de Håndgemeng, Suncraft et Buskas, autant de groupes établis et reconnus, et dont les musiciens s’offrent ici une sorte de parenthèse ludique, un laps de décompression, une espèce de lâcher-prise presque salvatrice. Car chez BONG VOYAGE, ça joue et ça joue même très bien. Que ce soit les mélodies accrocheuses, les refrains moqueurs ou une musique variée et maîtrisée bien au-delà de la moyenne, l’élan musical proposé par les Norvégiens tient plus de la récréation et ses textes de la taquinerie. Ici, on joue sur une certaine finesse en proposant un « Hedonistic Hard Rock » réjouissant.

Ça groove, les riffs déroulent dans une insouciante légèreté portés par des chœurs et des solos d’une très grande justesse. Un état d’esprit qui est l’essence-même de BONG VOYAGE et il suffit d’écouter « Saturday Rite Special », « UFOria », « One Hundred Million Billion », « Enabler » ou « Wizard Of Oslo » pour s’en convaincre. BONG VOYAGE multiplie les clins d’oeil, joue sur des références à peine voilées aux monstres sacrés des années 70, 80 et 2000. Et la bonne humeur des Scandinaves se diffuse au fil des titres et quelques minutes suffisent pour être réellement conquis ! Dans une société assombrie où les bonnes nouvelles se font rares, celle-ci arrive à point nommé !

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