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Heavy Rock Proto-Metal

Freedom Hawk : de cimes en cieux

Chaleureux et hypnotique, ce sixième album du quatuor de Virginie est suffisamment bluffant pour captiver sans peine tous les amoureux de gros son des années 70. Entre proto-Metal et Heavy Rock bluesy appuyé et galopant, « Take All You Can » montre un quatuor sincère et l’atmosphère très organique distillée par FREEDOM HAWK font de lui le représentant d’un style devenu bien trop rare.

FREEDOM HAWK

« Take All You Can »

(Ripple Music)

Malgré ce que sa musique pourrait laisser penser, c’est bien de la côte Est, et non de Californie, que débarque FREEDOM HAWK. Son style nous amène à imaginer de grandes fêtes sur des plages ensoleillées où les décibels font trembler une foule joyeuse. Passé d’évidents clichés, il faut bien reconnaître que « Take All You Can », sixième album du groupe, rassemble tout ça, et pour un peu, on entendrait même le bruit des vagues.

Si les oreilles de notre bon Ozzy ont dû siffler pour la première fois en 2008 à la sortie de « Sunlight », un large sourire s’est certainement figé depuis. En effet, le rapprochement entre le Prince des Ténèbres et le chanteur et guitariste TR Morton est facile et surtout crève les oreilles ! Au-delà de la filialité vocale entre les deux frontmen, FREEDOM HAWK a le bon goût de faire le lien entre plusieurs registres avec une grande et étonnante fluidité.

En enregistrant eux-mêmes « Take All You Can », les Américains réussissent à nous plonger dans une ambiance très 70’s et 80’s entre Hard Rock, Heavy Metal et des envolées guitaristiques bluesy envoûtantes. Le proto-Metal bluesy de FREEDOM HAWK est savoureux et intemporel à la fois et semble sortir tout droit d’un univers parallèle (« Age Of The Idiot », « We All Need Rock’n’Roll », « Skies So Blue », « Desert Song » et le morceau-titre). Vibratoire et positif.  

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

The Necromancers : titanesque

Apparu comme une véritable révélation avec son très bon premier album, THE NECROMANCERS devient aujourd’hui une formation incontournable sur la scène française et même au-delà. Avec « Where The Void Rose », le quatuor se présente avec un nouveau chanteur et surtout des morceaux tout aussi ténébreux que mélodiques. Techniquement impressionnant, le côté très accrocheur et captivant reste toujours le point fort du groupe.

THE NECROMANCERS

Where The Void Rose

(Independant/Season Of Mist)

Suite au départ de son chanteur, on aurait pu croire que la belle aventure de THE NECROMANCERS prendrait fin. Mais c’était sans compter sur la ténacité des Poitevins. Et le groupe n’a pas eu à chercher bien loin et a intronisé le frontman de Birdstone, excellent combo Stoner Blues également de Poitiers, qui assure également les guitares rythmiques. Un léger remaniement qui semble avoir apporté un souffle nouveau aux Français.

Rappelons tout de même que THE NECROMANCERS avait signé dès son premier album, « Servants Of The Salem Girl », chez l’instruction californienne Ripple Music en 2017. Et pourtant, le quatuor se présente aujourd’hui en indépendant et son Heavy Rock aux contours occultes et Stoner est plus solide que jamais. Dans des atmosphères également Doom et Metal, « Where The Void Rose » réserve bien des surprises.  

Avec un tel troisième album, le groupe impose un son et une identité, qui ne manquent pas de fraîcheur et encore moins de puissance (« Sunken Huntress », « The Needle »). Assez progressif et toujours dark dans l’esprit, THE NECROMANCERS développe aussi quelques arrangements Psych et 70’s parfaitement mis en lumière grâce à une production irréprochable, aérée et massive (« Crimson Hour », « Orchard », « Over The Threshold »).

Photo : Lise Lefèvre
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Heavy Psych Rock

Josiah : avalanche psychédélique

Précurseur d’un Rock psychédélique lourd et puissant, JOSIAH refait surface après dix ans d’absence et avec un nouvel album à la fois éthéré et enveloppant. Les assauts rythmiques, la variété et l’épaisseur des guitares inscrivent « We Lay On Cold Stone » dans un esprit jam volcanique.   

JOSIAH

« We Lay On Cold Stone »

Blues Funeral Recordings

Les fans de JOSIAH n’osaient plus croire à un nouvel album du groupe du chanteur et guitariste Mathew Bethancourt parti explorer d’autres cieux musicaux en mode Garage Rock et toujours psychédélique. Pourtant, le power trio anglais est bel et bien de retour et sous un nouveau line-up avec son premier album depuis « Procession »… il y a dix ans.

Cette fois accompagné de Jack Dickinson (basse) et de Dan Lockston (batterie), le frontman reprend JOSIAH là où il en était avec un son très actuel et toujours aussi percutant. Très enlevé et groovy, les six morceaux de « We Lay On Cold Stone » font autant appel aux pionniers du genre qu’à des sonorités modernes et survoltées.

Ouvrant l’album avec l’instrumental « Rats (To The Bitterend) », le combo britannique donne le ton entre Fuzz appuyé, basse vrombissante et rythmique effrénée. Malgré une production peut-être trop épurée, JOSIAH distille son Heavy Psych Rock avec générosité (« Saltwater », « Cut Them Free »), qui trouve son apothéose sur « (Realise) We Are Not Real » aux inspirations chamaniques.

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Space Rock Stoner Rock

Nebula : insaisissable et robuste

Incandescent et Rock’n’Roll, ce septième album des Californiens claque autant qu’il saisit par les riffs gras de son leader Eddie Glass (ex-Fu Manchu) et sa rythmique aussi brutale que précise. NEBULA est bel et bien de retour depuis deux ans et rayonne véritablement sur la scène Stoner Rock. A travers « Transmission From Mothership Earth », le power trio se meut dans des ambiances souvent surréalistes, portées par un chant lointain et exalté.

NEBULA

« Transmission From Mothership Earth »

(Heavy Psych Sounds)

Après leur envoûtante prestation immortalisée sur le volume 2 des « Live In The Mojave Desert » sorti l’an dernier, NEBULA est de retour de studio avec un septième album sous le bras et il est comme toujours rentre-dedans, hypnotique et aérien. Eddie Glass (guitare, chant), Tom Davies (basse) et Mike Amster (batterie) nous font frôler l’insolation avec ce « Transmission From Mothership Earth », qui semble aller toujours plus loin dans les profondeurs Psych qu’ils affectionnent tant.

La lourdeur et la force de frappe de la rythmique paraissent ne faire qu’une avec les riffs hyper-Fuzz et le chant lointain et presque plaintif du frontman, qui nous aspire dans une spirale sans fin. Avec ce côté 70’s et Garage Rock particulièrement Heavy, NEBULA a forgé un son original construit autour d’effets généreux, ce qui rend son Stoner Rock unique en son genre et reconnaissable entre tous. Le power trio californien avance tête baissée dans une frénésie sans limite.

Et c’est dans une atmosphère très ensoleillée et presqu’aride que NEBULA vient distiller huit nouveaux titres, qui ont franchement un air estival. Entraînant et musclé, « Transmission From Mothership Earth » est comme souvent avec les Américains très roots et brut flirtant avec un Space Rock très appuyé (« Highwired », « Wilted Flowers », « Warzone Speedwulf », « Existential Blues », « The Four Horsemen »). Acide et débridé, ce nouvel opus confirme la place du groupe au tout premier rang du Stoner Rock mondial.

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Heavy Psych Rock Sludge Stoner Blues

Lord Elephant : un colossal mastodonte

Bardé de Stoner, de Heavy Blues, de Sludge Metal et d’une pointe d’Acid Rock, c’est à un incroyable voyage dense et intense que nous convie le power trio italien avec « Cosmic Awakening ». Avec un tel premier album, le groupe risque de fortement marquer les esprits, tant le style instrumental de LORD ELEPHANT est franchement démentiel.

LORD ELEPHANT

« Cosmic Awakening »

(Heavy Psych Sounds)

Oser s’appeler LORD ELEPHANT et sortir un premier album de cette trempe fait plus que susciter la curiosité. Le trio italien, qui évolue dans un registre instrumental, n’y va pas par quatre chemins et affiche un Stoner Blues où une multitude d’éléments vient de greffer à la foudre du combo. Et l’incroyable fluidité avec laquelle se livrent les Transalpins est même surprenante.

Vu le style LORD ELEPHANT, on aurait pu s’attendre à des morceaux s’étendant sur la longueur, mais hormis le musclé « Hunters Of The Moon » et ses huit minutes trente, « Cosmic Awakening » se concentre sur des titres efficaces, solides et concis. Et avec des touches de Sludge, de Fuzz très Doom et d’un soupçon d’Acid Rock, le pari est remporté haut la main.

Malgré l’absence de chant, on est littéralement saisi par l’impact des compositions de « Cosmic Awakening ». Dès les deux parties qui ouvrent l’album (« Forsaken Slumber » et « First Radition »), LORD ELEPHANT va à l’essentiel et les riffs puissants, la monumentale basse et la fracassante batterie offrent une combinaison fulgurante (« Desert Collision », « Raktabija », « Stellar Cloud »). Massif et mélodique à la fois.

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Stoner Blues

Cachemira : une lumière enivrante

Sous de faux airs Classic Rock et de belles embardées Psych, le Stoner des Barcelonais de CACHEMIRA s’épanouie dans un Blues épais et solaire. Après un premier format court, le trio sort un premier album intense, groovy et solide. Grâce à sa frontwoman, également bassiste, les Espagnols font une très forte impression sur ce « Ambos Mundos », d’une élégance pleine de chaleur.

CACHEMIRA

« Ambos Mundos »

(Heavy Psych Sounds Records)

Entre jams intenses et riffs racés, ce premier album des Catalans se meut dans un Stoner Blues aux contours psychédéliques et « Ambos Mundos » est construit autour d’anciens morceaux et de plus récents. Car, depuis son EP « Jungle » sorti en 2017, CACHEMIRA a accueilli la bassiste et chanteuse Claudia González Diaz venue se joindre à Gastón Lainé (guitare) et Alejandro Carmona Blanco (batterie) pour assoir solidement le trio.

Et bien leur en a pris, car « Ambos Mundos » est d’une exaltation constante et d’un groove permanent. La formule à trois permet à CACHEMIRA de proposer un style très resserré, mais la force des Espagnols réside justement dans le fait de parvenir à s’en extirper pour libérer un Stoner Blues à la fois aérien et aéré. Passant d’un registre puissant à des passages plus suaves, la frontwoman et bassiste du combo offre un relief unique au groupe.

Grâce aussi à un répertoire de Led Zeppelin très bien digéré (le nom du groupe est d’ailleurs un possible clin d’œil), les Ibériques développent une personnalité très particulière. Essentiellement chanté en anglais, les morceaux de l’album se fondent dans un bel et homogène ensemble (« Don’t Look Back », « Future’s Sight », « Coast To Coast »). Et les titres chantés en espagnol sont, quant à eux, les plus authentiques et les plus pertinents (« Mujer Vudù », « Ambos Mundos ») CACHEMIRA invite à l’évasion avec subtilité.

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Stoner Rock

Valley Of The Sun : une robuste sincérité

C’est une Amérique sous le soleil, et souvent même sous le cagnard, que VALLEY OF THE SUN met en musique depuis un peu plus d’une décennie déjà. Avec « The Chariot », le quatuor de Cincinnati signe un petit chef-d’œuvre bluesy, très Rock et brut. Sur un Stoner frontal, les Américains vont au plus près, et au plus juste, du plaisir.  

VALLEY OF THE SUN

« The Chariot »

(Fuzzorama Records/Ripple Music)

Stellaire et surtout lumineux et solaire, ce nouvel album de VALLEY OF THE SUN coche toutes les cases d’un disque Stoner Rock fédérateur et vraiment inspiré. En 12 ans de carrière, le quatuor de Cincinnati, Ohio, continue sa route sur un rythme effréné, c’est vrai, et toujours guidé par un instinct incroyable. Sans fioriture, ni excès de zèle, le groupe se livre encore avec élégance et détermination.

« The Chariot » transpire l’Amérique dans ce qu’elle a de plus authentique, à la manière d’un Clint Eastwood ou d’un Sean Penn : avec une vérité chevillée au corps (« As We Decay »). Hypnotisant grâce à la voix de Ryan Ferrier (également à la guitare), VALLEY OF THE SUN s’affranchit des codes du Stoner Rock pour nous embarquer dans une vision très actuelle de son quotidien (« Images », « Running Out Of Love »). 

Sur un Fuzz très maîtrisé et surtout un panache Heavy Rock très américain, le combo s’appuie sur une rythmique millimétrée et pourtant sauvage, parfaitement enrobée des riffs aériens, ou appuyés, des deux guitaristes. VALLEY OF THE SUN distille un souffle Rock’n’Roll en continue entre un Stoner habile et musclé et un Rock US affûté très captivant (« Evil I’ve Become », « The Chariot », « Headlights »). Du grand art et de la belle ouvrage.

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Doom

Las Cruces : monstres sacrés

Le Doom à l’état pur, originel. Voilà comment on pourrait résumer ce tant attendu nouvel album des Texans de LAS CRUCES. « Cosmic Tears » est un parfait concentré de ce que représente ce courant du Metal, qui compte aujourd’hui tant de branches. Epique et mélodique à souhait, reposant sur un chant très expressif et non-growlé, le combo distille des riffs qui nous plongent dans des torpeurs captivantes sur une rythmique redoutable.Un cran au-dessus !

LAS CRUCES

« Cosmic Tears »

(Ripple Music)

Fondé en 1994 à San Antonio au Texas, LAS CRUCES fait partie de la légende du Doom Metal américain au même titre que Trouble, notamment. Avec seulement quatre albums, dont « Cosmic Tears », et quelques singles, le trio (quintet en live) s’est fait un nom et est considéré aujourd’hui comme une référence incontestable du genre. Et après ses débuts fracassants, le groupe atteint de nouveaux sommets avec une classe éblouissante.

Si les vétérans avaient marqué les esprits avec « Ringmaster » (1998), il se pourrait qu’ils en fassent de même avec « Cosmic Tears », qui s’étale sur une heure et qui s’inscrit dans la plus pure tradition Doom. On retrouve chez LAS CRUCES beaucoup de similitudes avec d’autres maîtres du genre comme Candlemass, par exemple. Mais sans sonner Old School, les Texans présentent surtout une intemporalité assez incroyable jusque dans la production.

Sur ce quatrième album, on mesure toute l’influence du trio sur la scène internationale. Les riffs de George Trevino sont massifs et tranchants, la rythmique pesante et aérienne mène la danse et le chant de Jason Kane transcende les morceaux avec une clarté et une puissance très Heavy (« Cosmic Tears », « Wizard From The North », « Egypt », « Holy Hell »). LAS CRUCES fait une véritable démonstration de force avec un panache hors-norme.

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Stoner Rock

Besvärjelsen : l’attraction du grand nord

Envoûtant et entraînant, ce deuxième album des Suédois de BESVÄRJELSEN est une sorte de voyage initiatique d’une incroyable richesse musicale. « Atlas » est une avalanche de mélodies pêchues et hypnotiques guidée de main de maître par une très bonne chanteuse et ancré dans un Stoner Rock harmonieux et très créatif. A ne surtout pas manquer !

BESVÄRJELSEN

« Atlas »

(Magnetic Eye Records)

Fondé en 2014 en Suède, dans le grand nord à quelques encablures de la Finlande, BESVÄRJELSEN aurait pu compter parmi les nombreuses formations de musique païennes locales tant leur terre est riche de cultures anciennes et de légendes. Pourtant, le groupe œuvre dans un Stoner Rock mélodique d’où s’échappent aussi quelques consonances progressives, Folk et Classic Rock. Un savoureux mélange des genres !

Initialisé par les guitaristes et chanteurs Andreas Baier et Staffan Stensland rejoints par la flamboyante chanteuse Lea Amling Alazam, le combo suédois accueille rapidement l’ancien batteur et l’ancien bassiste de Dozer et de Greenleaf : Erik Bäckwall et Johan Rockner. Autant dire qu’avec une telle rythmique, BESVÄRJELSEN repose déjà sur de solides fondations et l’inspiration est plus qu’au rendez-vous.

Après deux EP et un album, « Atlas » est donc le deuxième opus du quintet scandinave et il propose une belle épopée musicale, grâce notamment à la voix de sa frontwoman qui est un atout majeur dans les lignes mélodiques des morceaux. Très dense et soigneusement arrangé, ce nouvel effort regorge littéralement de pépites et il s’écoute sur la longueur avec un émerveillement constant. BESVÄRJELSEN se montre original, inventif et très séduisant.

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Heavy Psych Rock Stoner Blues Stoner Rock

Geezer : une épopée grisante

Lorsque trois musiciens sont guidés par une volonté commune elle-même portée par un groove exceptionnel, cela donne vie à l’un des meilleurs groupes de Heavy Stoner Blues de ces dix dernières années. Avec ce sixième album, « Stoned Blues Machine », GEEZER partage le plaisir de son jeu bluesy et Psych sur des morceaux addictifs et d’un feeling exceptionnel.

GEEZER

« Stoned Blues Machine »

(Heavy Psych Sounds Records)

Cosmique et Heavy, le Stoner Blues du trio new-yorkais fait de nouveau des étincelles sur le bien-nommé « Stoner Blues Machine ». Avec ce sixième album, GEEZER vient affirmer son étincelante vision d’un registre qu’il contribue à élever au fil de ses réalisations. Pat Harrington (guitare, chant), Richie Touseull (basse) et Steve Markota (batterie) repartent en croisade avec une vision bluesy très personnelle.

Cette fois encore, les Américains nous embraquent dans un voyage musical dont ils le secret sur un groove surpuissant, magnifié par l’excellente production  de Chris Bittner qui parvient à projeter GEEZER dans une autre dimension. Si le Blues reste la base du combo, « Stoned Blues Machine » va bien plus loin en explorant un espace sonore totalement investit par la créativité et la technicité du trio.

Le groupe se fond dans une détente psychédélique pourtant portée par des riffs épais où le feeling des trois musiciens met en évidence leur plaisir de jouer (« Saviours »). Entraînant, ce sixième opus avance sur des rythmiques hypnotiques et d’une incroyable fluidité (« Logan’s Run », « Broken Glass », « Stoned Blues Machine »). GEEZER transmet une joie palpable grâce à un style plein de vie. Hors-norme !