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Rock Progressif

Asia : le phœnix

Après avoir écrit de magnifiques pages de l’Histoire du Rock Progressif ces dernières décennies, la légende ressurgit avec une formation remaniée, toujours guidée par Geoff Downes, rescapé de la formation originelle. Avec l’appui de nouveaux musiciens, et non des moindres, ASIA affiche la classe dont il a toujours fait preuve à travers un registre d’une grande richesse musicale et toujours aussi soigné. « Indigo » vient ouvrir un nouveau chapitre de sa belle carrière, sans jamais perdre de vue son identité profonde.

ASIA

« Indigo »

(Frontiers Music)

Formé, rappelons-le, par d’anciens musiciens de Yes, Emerson, Lake And Palmer, King Crimson et The Buggles il y a 45 ans aujourd’hui, ASIA avait fait très forte impression à l’époque au point de s’imposer immédiatement sur la scène progressive grâce à une approche novatrice du genre. Son statut de supergoupe lui a permis de traverser le temps en livrant quelques albums marquants. Après d’innombrables péripéties, dont la tragique disparition de son bassiste et fondateur John Wetton en 2017, le groupe est revenu en mars dernier avec un très bon « Live In England ».

Autour de l’inamovible compositeur Geoff Downes aux claviers et aux chœurs, on retrouve un line-up très expérimenté et qui, surtout, partage la même passion pour ASIA et plus largement à un Rock Progressif pointilleux. A la guitare, le très inspiré irlandais John Mitchell (Arena, Frost*, Icon, Lonely Robot) redonne du lustre et de la brillance au son du groupe, tout en respectant son ADN. A la basse et au chant, Harry Whitley s’inscrit parfaitement dans la ligne musicale du groupe, tandis que Virgil Donati et son jeu très aérien derrière les fûts contribuent à cette nouvelle dynamique.

Douze longues années après « Gravitas », ASIA se remet donc à l’ouvrage, d’autant que cela avait d’ailleurs commencé avec le regretté John Wetton, juste avant son décès. De retour en studio l’an dernier, le quatuor s’est concentré sur l’enregistrement d’« Indigo », produit par lui-même, puis mixé et masterisé par John Mitchell. En invitant aussi Steve Howe à la guitare sur « Chesapeake Bay » et le batteur Mike Portnoy sur la troisième partie du monumental « Tattoo Indigo », les Britanniques renouent avec l’inspiration et ce généreux nouvel album en est une preuve éclatante.