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Heavy Stoner Psych Occult Rock Stoner Doom Metal

Green Lung : occult stories

Sur ce quatrième album, les Anglais atteignent un sommet de leur courte carrière discographique. Déjà très prometteurs, ils affichent un style personnel, oscillant entre Stoner Psych et Doom Rock avec une touche Heavy délicieusement vintage. Avec « Necropolitan », GREEN LUNG s’attaque à l’aspect occulte de sa ville et à ses sept nécropoles au XIXème siècle. Et l’enregistrement dans les légendaires studios Rockfields lui donne un caractère spécial et authentique.

GREEN LUNG

« Necropolitan »

(Nuclear Blast Records)

Depuis sa création en 2017 et surtout après la sortie de « Woodland Rites » deux petites années plus tard, GREEN LUNG nous avait habitué à un rythme soutenu à raison d’une réalisation tous les deux ans. « Necropolitan » accuse donc un léger retard, mais à son écoute, il est totalement pardonné. Conceptuel dans la forme et le fond, plantons le décor. Les Londoniens nous replongent dans l’époque victorienne et ses sinistres bas-fonds, à savoir ses sépultures. Ici, la nature rejoint l’occulte, et l’étrange et le pouvoir des morts s’offrent une étonnante rencontre.

Grâce à un son qui colle parfaitement à l’ambiance générale de « Necropolitan », le groupe livre une performance très inspirée et concise. Quelques clins d’œil nous renvoient à Black Sabbath, King Diamond et même Wytch Hazel à l’occasion, mais GREEN LUNG impose sa patte de belle manière. Les riffs sont colossaux, les parties d’orgue captivantes et les mélodies multiplient les paysages sonores, naviguant entre une urgence très Metal et l’intemporalité du Hard Rock 70’s. Et sur un groove insaisissable, l’ensemble bascule entre envolées musicales et explosivité.

C’est à Tom Dalgety (Opeth) que l’on doit cette belle production organique et par certains aspects assez solennelle. Le Heavy Stoner des Britanniques nous fait pénétrer dans les limbes de leur capitale et le fil narratif est rendu vraiment prenant par un chant très expressif. GREEN LUNG explore et marque les esprits sur les bases d’une NWOBHM réoxygénée, qui se réinvente et prend des sentiers audacieux (« The Heathen Land », « Ozymandias », « Together In Death » accompagné de Riley Pinkerton de Castle Rat, « Black Magick Radio »). Epoustouflant !

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Heavy metal Power metal

Pyroclast : imposant

Du côté de Glasgow, on forge le Metal le plus pur dans la grande tradition. Le Heavy de PYROCLAST est de ceux-là et il combine la branche anglaise avec une autre plus germanique pour n’en faire qu’une. Et si l’on n’est pas réellement dans le True Metal, on en est pas bien loin, tant l’authenticité de « Fractured State » dégage une vérité absolue. Sinueuse et véloce, cette nouvelle réalisation a tout d’une résurrection musicale, aussi virtuose que déterminée.

PYROCLAST

« Fractured State »

(Furious Music)

PYROCLAST fait partie de ces groupes qui font franchement plaisir à écouter. Un pied dans l’héritage Old School du genre et l’autre dans un Heavy très contemporain tirant sur le Power Metal, le compromis est parfait et la transition, autant que la jonction, entre les styles et les époques, très bien négociées. Et il n’y a pas que ça qui a été bien négocié par les Ecossais . En effet, ils ont œuvré sous le nom de Tantrum de 2014 à 2025 et sortis trois albums, dont « No Place For The Damned », réédité l’an dernier sous l’actuel patronyme.

Après l’EP « 2112 Days Of Christmas » essentiellement constitué de reprises (Thin Lizzy, Deep Purple, Iron Maiden, Rush et un titre original) sorti en décembre dernier, PYROCLAST est plus que jamais d’attaque pour poursuivre l’aventure. Avec « Fractured State », ses intentions sont claires : allier puissance et mélodie dans un élan imperturbable. Très direct, le combo se montre massif, très technique et tout en maîtrise de bout en bout. Le concentré d’énergie est réel sur les huit titres, par ailleurs très bien produits, et la dynamique est électrisante.

Histoire de mettre les choses au clair, c’est la morceau « Pyroclast » qui ouvre les hostilités et livre sans équivoque l’objectif des Britanniques sous leur nouvelle bannière. Racé et incisif, ce nouvel opus semble fonctionner à l’instinct et pourtant la précision des riffs est chirurgicale, les twin-guitares renvoient à la NWOBHM, les solos sont perçants, la rythmique est galopante et le chant de Mark Reid ne tremble pas un instant. PYROCLAST montre une belle assurance, bien aidé par une solide expérience (« Break The Tide », « Ozymandias », « Erebus And Terror »). Costaud !

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Hard'n Heavy International

Tygers Of Pan Tang : un mythe intact [Interview]

Après une activité riche et marquante durant les années 80, il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que le fameux tigre de la NWOBHM se mette de nouveau en chasse. Et cette nouvelle ère s’était ouverte avec Jacopo ‘Jack’ Meille au chant. Le frontman italien a immédiatement imposé sa marque et reste depuis plus de 20 ans la voix de TYGERS OF PAN TANG. Plus régulier ses dernières années, les Anglais reviennent aujourd’hui avec « Electrifyed », un quatorzième album qui vient attester de la grande forme du quintet. Vétérans peut-être sur le papier, les cinq musiciens affichent surtout une fougue et une inspiration qui m’ont pas pris la moindre ride. Le quintet rugit encore et toujours, et ne semble pas prêt à passer le relais. Entretien avec le chanteur de l’une des formations les plus marquantes du Hard Rock et du Heavy Metal européen.

– Tout d’abord, Jack, toi qui es dans le groupe depuis plus de 20 ans et donc le chanteur de la ‘seconde vie’ de TYGERS OF THE PAN TANG, j’aimerais savoir ce que tu penses des tous débuts du groupe ? Est-ce que cela reste encore aujourd’hui une inspiration pour toi ?

Oui, j’étais déjà fan des TYGERS dans les années 80 et j’avais d’ailleurs acheté « Spellbound » (1981) et « The Cage » (1982) que j’adorais. Et c’est vrai que faire partie d’un groupe aussi mythique est toujours une source d’inspiration, près de 22 ans après les avoir rejoints ! (Sourires)

– Pour rester un instant sur cette notion d’héritage, TYGERS OF PAN TANG a été de ceux qui ont bâti la fameuse NWOBHM. Aujourd’hui, beaucoup de groupes sont encore en activité, mais est-ce que tu perçois une seconde vague au XXIème siècle ? Je n’en ai pas l’impression, pour ma part…

La NWOBHM était un mouvement unique et exceptionnel. Comment des groupes comme Def Leppard et Venom pouvaient-ils en faire partie ? Et pourtant, c’était le cas. De nos jours, ce serait impensable. A l’époque, chaque groupe possédait un son et une personnalité uniques, et tous ont contribué au succès de la NWOBHM. Aujourd’hui, les groupes suivent une tendance ou s’approprient ce qu’ils considèrent comme le son originel de la NWOBHM. Mais il n’existait pas de ‘son’ codifié à l’époque. C’était un mouvement social : la classe ouvrière anglaise cherchait une musique capable d’exprimer sa colère et sa frustration. Voilà ce qu’est la NWOBHM !

– Pour conclure sur le sujet, les groupes fondateurs de la NWOBHM encore actifs ont tous plus de 40 ans de carrière évidemment. Est-ce que, comme tous les courants finalement, celui -ci est aussi destiné à s’éteindre avec ses créateurs ?

La magie de la musique réside dans son évolution constante, même à notre insu. Les musiciens qui ont façonné la NWOBHM finiront par prendre leur retraite, mais leur musique perdurera et inspirera de nouveaux talents. Cela donnera naissance à un nouveau genre musical, qui puisera dans les sonorités et les expériences du passé.

– Revenons à ce quatorzième album, qui acte aussi l’arrivée de John Foottit en tant que second guitariste aux côtés de Robb Weir. Ils forment à eux deux un duo solide et complémentaire. Sans parler de renouveau, « Electrifyed » donne l’impression d’être plus Heavy que ses prédécesseurs. A-t-il apporté une touche plus actuelle, selon toi, dans le son et l’approche de TYGERS OF PAN TANG ?

Les morceaux que tu entends ont été écrits avant l’arrivée de John dans le groupe. Robb (Weir, guitare – NDR), Craig (Ellis, batterie – NDR), Huw (Holding, basse – NDR) et moi souhaitions composer des titres plus percutants, axés sur les riffs, tout en conservant la touche mélodique que nous avions atteinte sur « Ritual » (2019) et « Bloodlines » (2023). Mon objectif a toujours été de maintenir l’équilibre entre le son brut de « Wild Cat » (1980) et l’approche plus mélodique de « The Cage », en passant par tous les morceaux intermédiaires.

– Pour la composition d’« Electrifyed », vous avez donc dit vouloir renouer avec l’énergie de « Wild Cat » (1980) justement, le premier album du groupe. Qu’y trouvez-vous qui puisse manquer dans le Heavy Metal et le Hard Rock d’aujourd’hui pour vous replonger 46 ans en arrière ? Est-ce finalement plus une question de sensation et d’état d’esprit ?

Chaque groupe a sa propre ‘recette’. La meilleure comparaison est celle d’un cocktail : vous pouvez connaître chaque ingrédient, mais le mélange est totalement unique. Je suppose que si vous demandiez à chaque membre de ce groupe de définir notre son, la réponse serait différente… (Sourires) Ce qui est certain, c’est que nous ne nous inspirons pas des autres groupes. Notre son est la combinaison des contributions des cinq musiciens et de la conscience de ce à quoi une chanson de TYGERS OF PAN TANG doit ressembler. « Electrifyed » représente cela en 2026.

– D’ailleurs, si « Electrifyed » est plus Heavy Metal dans le son, et moins Hard Rock, cette impression de noirceur se retrouve jusque dans la pochette. Avez-vous voulu ce nouvel album plus sombre et plus grave ? Peut-être plus en phase avec une époque mondialement compliquée ?

Nous vivons une époque étrange et sombre, et même si nous voulions éviter d’être influencés par le quotidien, c’est impossible. C’est pourquoi cet album est sans aucun doute plus sombre.

– Justement, sur le morceau-titre, tu fais allusion au système judiciaire américain en introduction de la chanson. Faut-il y voir un écho à l’actuel président et ses frasques, ce qui ne manquerait pas de piquant pour un Italien chantant dans un groupe anglais ?

C’est Craig, notre batteur, qui a écrit les paroles de la chanson. Elle ne parle pas de la peine de mort en tant que telle, mais plutôt des pensées d’une personne coupable qui sait qu’elle va être exécutée. Nous voulions retranscrire en chanson ce moment où la vie et la mort coexistent dans l’esprit d’une même personne.

– Enfin, par rapport à ton chant, est-ce que ton interprétation diffère dans son approche quand tu es avec TYGERS OF PAN TANG, afin d’offrir une continuité dans son identité artistique ? Car, je rappelle que tu fais aussi partie des groupes General Stratocuster And The Marshals, Damn Freaks, Mantra, Norge et plus récemment Sainted Sinners…

Oui, tout à fait. Et pour cet album en particulier, j’ai dû travailler dur pour trouver la bonne interprétation et la bonne intention pour chaque chanson. Je traversais aussi des problèmes familiaux qui n’ont rien arrangé. On a diagnostiqué un cancer à mon père pendant que j’étais en studio. Et il est décédé moins d’un mois après la fin des enregistrements. J’ai dû trouver le moyen de transformer toute cette douleur en quelque chose de créatif. Ce n’était pas facile, mais maintenant, en écoutant l’album, je crois que j’y suis arrivé, car je peux l’écouter sans ressentir de tristesse.

Le nouvel album de TYGERS OF PAN TANG, « Electrifyed », est disponible chez Mighty Music.

Photos : Steven Christie

Retrouvez aussi la chronique de l’album précédent :

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Country-Rock Southern Rock

Wood Burnt Red : hot ride

Alors que l’Angleterre a déjà succombé à une vague Americana-Country très inspirée, il semblerait que le Southern Rock commence lui aussi à percer doucement. Ayant bien assimilé cette longue et riche tradition musicale, WOOD BURNT RED fait son apparition avec « Hold On Tight », un opus alliant puissance et mélodie et proposant une fraîcheur très contemporaine, loin de tout aspect consensuel. Les Britanniques jouent leur partition avec beaucoup de personnalité et devrait s’imposer assez naturellement sur la scène actuelle.

WOOD BURNT RED

« Hold On Tight »

(Independant)

Cela fait maintenant un petit moment que WOOD BURNT RED fait parler de lui outre-Manche grâce à des performances scéniques explosives et cela ne saurait plus tarder avant que la déferlante ne nous touche aussi. Originaire des Midlands, c’est pourtant du côté des Etats-Unis qu’il faut lorgner pour mieux saisir les sources d’inspiration des Anglais. Dans la lignée de la nouvelle génération de Rock Sudiste, allant de Blackberry Smoke à Whiskey Myers en passant par Robert Jon & The Wreck, ils s’engouffrent très habillement avec conviction.

Co-produit avec Tyler Spicer, qui a aussi participé à l’écriture des morceaux, « Hold On Tight » fait forte impression pour un premier album. Teinté de Country-Rock, le Southern Rock de WOOD BURNT RED s’inscrit dans son temps et même plus précisément dans la veine des Américains d’Orange County cités plus haut. Il ressort tout de même quelques sonorités européennes, notamment dans le traitement des guitares. Entraînant et sincère, le style du quatuor est d’une joie communicative, bien aidé par un songwriting efficace et rassembleur.

La voix captivante et agréablement éraillée de Tom Franklin, également six-cordiste, guide les chansons avec beaucoup d’entrain et un grain Country authentique. Sur un groove organique, WOOD BURNT RED libère une belle énergie grâce à ses deux guitaristes, tout comme aux indispensables notes de piano, sans doute distillées par son ancien claviériste Mike Mann, et qui renvoient aux belles heures de Lynyrd Skynyrd : le point fort de « Hold On Tight ». Les onze titres naviguent entre tradition et modernité avec beaucoup de doigté.

Photo : Lucy Cave

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Hard Rock

Stormbringer : deep & wild

Terre de Rock s’il en est, l’Angleterre reste toujours aussi créative et vivace. Avec force et humilité, STORMBRINGER est de ceux qui renouvellent cette scène brillamment. Fort d’une belle expérience, le combo se présente avec un nouvel effort différent des précédents, mais tout aussi dynamique et costaud. « Transcendence » évolue tout en contraste, massif d’un côté et aérien de l’autre, dans un Hard Rock intemporel gravé dans la tradition et très Heavy à l’occasion.

STORMBRINGER

« Transcendence »

(Attic Records)

Fondé en 2011 à Northampton, STORMBRINGER a trouvé sa place entre un Hard Rock puissant et un Classic Rock plus mélodique, avec cependant une touche Heavy qui lui permet de durcir le ton au moment opportun. Avec ce cinquième album, c’est un aspect plus introspectif de son identité qu’il nous fait découvrir. Brut dans le son, « Transcendence » joue sur les émotions avec beaucoup de finesse et d’authenticité. Pour autant, au regard de leurs précédents opus, c’est une évolution assez naturelle pour les Britanniques.

En confiant la production à Russ Russell (The Wildhearts, At The Gate, New Model Army), STORMBRINGER s’est assuré une assise solide pour ses morceaux et ceux-ci respirent autant qu’ils percutent. Car, même en explorant des thématiques comme la résilience, les luttes intérieures et le monde qui nous entoure, le quintet n’a rien perdu de sa verve, ni de son allant. Avec beaucoup de sincérité, le frontman Mick Stockley donne une dimension plus sensible à « Transcendence », qui gagne en profondeur et en assurance au fil des titres.

S’ils n’ont jamais cessé d’explorer diverses facettes de leur style depuis leurs débuts, les Anglais semblent ici faire volte-face pour revenir aux fondamentaux qui ont forgé ce Hard Rock à la fois racé et élégant. Direct, mais affichant beaucoup de nuances, STORMBRINGER se montre implacable et groovy à souhait (« Energy », « Busy Doing Nothing », « Grow », « Whole Again », « Damn You All »). La force des refrains, le travail sur les riffs et les solos et l’approche des compositions dévoilent un groupe inspiré et en pleine possession de ses moyens.

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Hard'n Heavy

Tokyo Blade : éternelle authenticité

Généreux et tenaces, les Britanniques poursuivent leur renaissance avec un tel panache qu’on en viendrait à se demander si, finalement, cette seconde vie de leur carrière chaotique ne serait pas la meilleure. Certes, l’expérience acquise depuis 1982 fait toute la différence et elle les porte littéralement. Mais au regard de l’inspiration de ses deux leaders rescapés de la première heure, TOKYO BLADE paraît s’exprimer pleinement et sans complexe depuis quelques albums déjà. « Hoist The Colours High » est accrocheur et oscille avec fluidité entre Hard Rock et Heavy Metal avec précision. Les acteurs de la légendaire NWOBHM ne sont clairement pas venus faire de la figuration.

TOKYO BLADE

« Hoist The Colours High »

(Dissonance Productions/Cherry Red Records)

Depuis sa reformation en 2014, le quintet semble avoir trouvé une seconde jeunesse et c’est peu de le dire. Un peu plus d’un an après « Time Is The Fire », TOKYO BLADE rempile de belle manière avec « Hoist The Colours High », son quatrième opus en six ans. S’il n’a pas bénéficié de la même lumière que d’autres à l’époque, les Anglais sont pourtant un solide pilier de la NWOBHM, et ce nouvel effort atteste d’une vigueur intacte, d’un savoir-faire incontestable et d’une créativité qui rayonne toujours autant. Un mix de Heavy et de Hard Rock savoureux.

Aux manettes, le guitariste, compositeur et fondateur Andy Boulton n’a rien perdu de la flamme qui l’habitait jadis et se fait même plus efficace dans ses riffs et ses solos, tout en maintenant une belle virtuosité. Et si vocalement, Alan Marsh, chanteur originel du combo, marque légèrement le coup, mais s’adapte brillamment, il continue d’imprimer sa marque sur les nouveaux morceaux de TOKYO BLADE. D’ailleurs, « Hoist The Colours High » n’en manque pas, puisqu’il en compte 14 ! Une chose qui se fait très rare de nos jours et qui affirme une audace non-conventionnelle.

Doté d’une production claire, musclée et actuelle, il est difficile d’imaginer que le groupe a plus de 50 ans d’activité, tant il est direct et son approche pleine de fraîcheur. En réalisant un disque de près d’une heure dix, TOKYO BLADE pourrait laisser croire qu’il ait été réduit à faire un peu de remplissage. Au contraire, « Hoist The Colours High » se tient plutôt bien et présente même quelques titres qui devraient se faire lever les foules (« Screaming Evil », « Too Wired To Sleep », « When The Hammer Falls », « Mr. Nobody », « She Was A Soldier »). Réjouissant !

Retrouvez aussi les chroniques des deux précédents albums du groupe :

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Alternative Rock

Kris Barras Band : une maturité très attendue

Dense et percutant, KRIS BARRAS BAND montre enfin un tout nouveau visage. Certes, il reste un fond très accessible, mais il semble avoir rompu certaines digues, qui le maintenaient trop souvent dans un registre attendu. Avec un son très soigné sans être surchargé, « Monsters We Made » révèle aussi un véritable esprit de groupe avec un duo de six-cordistes qui se complète et où chacun tient son rôle. La formation du Devon s’affirme avec force à travers sa réalisation la plus aboutie à ce jour. Formatée mais pas trop, elle se veut avant tout rassembleuse.

KRIS BARRAS BAND

« Monsters We Made »

(Earache Records)

Décidément, il y a des reconversions qui se passent mieux que d’autres, et celle de KRIS BARRAS en est l’exemple parfait. Depuis une bonne dizaine d’années, l’ancien combattant de MMA mène une belle carrière. Et avec le succès de son précédent album, « Halo Effect », le Britannique semble s’être fait sa place sur la scène Rock européenne. Pour preuve, il s’est même aventuré aux côtés de la chanteuse Phoebe Jane, du batteur Joe Harris et du bassiste Leighton Allen pour monter Hollow Souls et sortir un très bon premier EP éponyme l’an dernier.

Quant à ce sixième album, il confirme la montée en puissance du KRIS BARRAS BAND et surtout ses qualités de composition comme d’interprétation. Bien entouré par Frazer Kerslake (basse), Billy Hammet (batterie) et Josiah J. Manning (guitare, claviers) qui livre également un très bon travail de production, le chanteur et guitariste réalise probablement le meilleur opus de son groupe. L’envie et l’explosivité des débuts sont intacts et la maturité acquise au fil du temps dévoile enfin tout le potentiel des Anglais. Et la machine est bien huilée.

Musicalement, l’Alternative Rock du KRIS BARRAS BAND est très accrocheur, comme d’habitude, sauf qu’il est aussi particulièrement affûté. Mention spéciale pour l’attention et la virtuosité offertes aux guitares. Porté par la voix de son leader, le quatuor frappe vite et fort, tout en laissant un peu de place pour quelques titres plus tendres. Pour autant, « Monsters We Made » est plutôt musclé (« Riot Of One », « Alive », « Fake », « Levitate » et le morceau-titre). Et si l’aspect mainstream reste le fond de commerce du combo, il démontre ici qu’il est bien autre chose.

Retrouvez la chronique de l’EP de Kris Barras avec Hollow Souls :

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Classic Hard Rock

Deep Purple : la noblesse de l’art

N’est-il pas plus réjouissant de voir un groupe au sommet de son art, plutôt que d’attendre de lui qu’il se réinvente à chaque disque ? Et lorsqu’il atteint un certain nombre de décennies d’activité, comme c’est le cas pour DEEP PURPLE dont l’aventure a commencé en 1968, l’essentiel est donc de ne pas se reposer sur ses lauriers, mais de ressentir une plénitude artistique et une joie d’aller de l’avant. Il semblerait que ce soit l’objectif (atteint) de ces pionniers du Hard Rock, devenus une référence pour des générations d’artistes. Et « Splat ! » est un modèle du genre.

DEEP PURPLE

« Splat ! »

(earMUSIC)

Certains phœnix renaissent de leurs cendres et DEEP PURPLE en est un exemple vivant. Deux ans après le très bon « =1 », qui a acté l’arrivée de Simon McBride à la guitare, le quintet a repris des couleurs et a surtout retrouvé l’inspiration. Etonnamment, c’est en effectuant un retour aux sources que le groupe se régénère et développe avec une touche actuelle le son et l’écriture qui ont fait sa gloire. Avec « Splat ! », la dynamique est relancée et la symbiose entre les cinq musiciens débouche sur une créativité réellement accrue et une interprétation virtuose.

N’en déplaise à quelques puristes, DEEP PURPLE possède aujourd’hui son meilleur line-up depuis le début des années 2000. Et ce regain d’énergie vient peut-être de son guitariste, qui n’a pas encore 50 ans, car Ian Gillian (chant), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie) et Don Airey (claviers) affichent une envie et une vitalité qui font de ce 24ème album une pièce magistrale de la belle discographie de la formation britannique. Et comme pour le précédent opus, « Splat ! » a été enregistré en conditions live et brillamment produit par le grand Bon Ezrin.

Les sensations qui émanaient des premières et mythiques réalisations retrouvent ici un nouvel éclat. Le feeling entre le six-cordiste irlandais et l’organiste donne l’impression d’une complicité de toujours. La galopante rythmique, qui a aussi forgé le son de DEEP PURPLE, est intacte et Ian Gillian conserve son timbre de voix, tout en ayant revisité son approche du chant. Du grand art ! Puissant, organique et déployant des mélodies accrocheuses, les Anglais ne donnent pas le sentiment de regarder vers le passé, mais plutôt de se projeter et de s’inventer un avenir serein. Somptueux !

Photo : Olaf Heine

Retrouvez aussi la chronique de « =1 » :

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Alternative Metal post-Rock

A.A. Williams : l’alignement des genres

Avec « Solstice », la Londonienne vient s’inscrire parmi les artistes les plus créatives de sa génération. Si elle est souvent affiliée à la tendance Alternative Metal, son champ d’investigation est bien plus large. De formation classique, elle insuffle à ses compositions des éléments qui dépassent largement le genre et l’aspect cinématographique élève autant la teneur de ses textes que l’ambiance de ce nouvel opus. Inclassable et pertinente.

A.A. WILLIAMS

« Solstice »

(Reigning Phoenix Music)

Malgré son apparition assez récente sur la scène européenne, A.A. WILLIAMS n’a pas mis longtemps à se faire un nom. Dès 2019 avec un EP éponyme aux sonorités acoustiques, l’Anglaise marque les esprits. « Forever Blue » (2020) et « As The Moon Rest » (2022) ont confirmé l’originalité de l’artiste, dont les prestations scéniques ont conquis de plus en plus d’adeptes. Il faut dire que son style à mi-chemin entre post-Rock, Metal et musique classique a de quoi séduire bien au-delà des habituelles chapelles musicales. Un style affirmé !

Mais il n’y a pas que cette touche avant-gardiste qui attire chez elle. Au chant, au piano, à la guitare ou au violoncelle, A.A. WILLIAMS envoûte et électrise. Avec « Solstice », son troisième album, elle franchit un nouveau cap et la production signée Matt de Burgh Daly offre un relief supplémentaire à ses compositions, lui qui officie par ailleurs à la guitare, à la basse et à la batterie. Et le line-up est complété, toujours derrière les fûts, par Wayne Proctor. Précis et d’une élégance rare, le trio impressionne autant par sa finesse que sa puissance.

Si l’on peut faire un rapide parallèle avec l’Américaine Chelsea Wolfe dans le traitement des atmosphères, il faut reconnaître à A.A. WILLIAMS la conception d’un univers très personnel. Intimiste et souvent hypnotique, elle atteint des profondeurs froides et mélancoliques, où sa voix cristalline transcende les émotions entre deux déflagrations. La Britannique bouscule les codes en faisant le lien entre des passages Metal sauvages qui viennent se fondre dans son post-Rock avec une sensation gothique étonnante (« Poison », « Outlines », « Breathe »). Incontournable.

Photo : Jake Owens

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Alternative Rock Rock US Rock/Hard

Dan Byrne : new rockin’ start

Même si ce sont ses grands débuts sous son propre nom, DAN BYRNE fait déjà partie de ces artistes chevronnés, qui mêlent habillement expérience et intuition. Spontané et solide, « This Is Where The Show Begins » vient ôter d’un Rock estampillé 80/90’s une poussière engourdissante pour lui mettre un sacré coup de boost, qui acte également une évolution notable de la part du Britannique. Mélodique et accrocheur, il surgit de la Mersey avec autant de talent que d’ambition.

DAN BYRNE

« This Is Where The Show Begins »

(Frontiers Music)

Il n’aura fallu que deux albums avec le groupe Revival Black en 2019 et 2022 pour que le musicien de Liverpool se lance en solo l’année suivante. Avec « Beginnings », DAN BYRNE se fait rapidement connaître, ce qui ne l’a pas empêché de sortir un autre disque avec Marty And The Bad Punch l’an dernier. Autant dire qu’il a de la suite dans les idées et qu’il se montre plutôt créatif. Après son premier EP, il est forcément attendu au tournant sur un format long, d’autant qu’il est fraîchement signé chez les Italiens de Frontiers Music.

Son style ? Un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock US et d’Alternative Rock très actuel et moderne, malgré des références pour le moins classiques. C’est donc un Rock d’une fraîcheur très contemporaine que propose DAN BYRNE sur le bien-nommé « This Is Where The Show Begins ». Certes, tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est soigné, bardé de bonnes guitares et surtout enrobé de sa voix puissante et chaleureuse. Seuls quelques arrangements très AOR et hors-propos viennent assombrir plusieurs titres.

Car, il faut reconnaître que la qualité du songwriting et la prestation vocale de l’Anglais offrent une très belle dynamique à « This Is Where The Show Begins ». mais si certaines parties de claviers viennent franchement ternir le travail effectué sur des morceaux efficaces, qui auraient mérité bien mieux comme traitement pour plus de tenue. Cela dit, DAN BYRNE s’en sort plutôt bien en restant toujours très positif dans les ambiances et en déployant une fougue sincère (« Saviour », « She’s The Devil », « Death Of Me », « Pulling The Under »). Convaincant !