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Desert Rock International Stoner Rock

Steak : sonic perspectives [Interview]

Quatrième album pour les Londoniens qui reviennent dans une configuration en quintet, ce qui leur apporte encore plus de volume et de relief. En un peu plus de quinze ans, ils ont su s’imposer au point qu’on a l’impression qu’ils ont toujours fait partie du paysage Stoner/Desert européen. Et cette forte présence s’explique par un son immédiatement reconnaissable, un jeu massif et mélodique et des albums qui vont à chaque fois creuser un peu plus profond. STEAK n’est pas l’un des fers de lance de la scène britannique par hasard et l’arrêt d’une des locomotives du genre, également londonienne, ne laissera pas un grand vide. Sobrement, et sombrement, éponyme, ce nouvel opus garde cette identité très Desert Rock dans ses fondations, tout en faisant grandir et évoluer son Stoner : la marque des grands. « Steak » est aussi surprenant qu’addictif, porté par un chant captivant, des guitares enivrantes et tranchantes et un duo rythmique d’un groove majestueux. Les Anglais frappent très fort, vont aussi régaler leurs fans et s’imposent ici avec une incontestable évidence. Entretien avec un groupe en perpétuel mouvement et qui ne renie pas la scène underground d’où il est issu.

– On vous avait quitté il y a quatre ans avec le très rouge « Acute Mania » et vous revenez avec un album à la pochette très sombre. Comme d’autres avant vous, « Steak » est-il votre ‘Black album’ ?

C’est fascinant de voir à quel point la pochette de l’album a suscité de nombreuses discussions… (Sourires) De nos jours, tout est instantané, alors c’est agréable de proposer quelque chose d’un peu mystérieux qui incite à regarder de plus près. Quiconque prend la peine d’aller au-delà des apparences est récompensé par une explosion de couleurs grâce à l’illustration intérieure réalisée par notre ami et collaborateur Schoph. C’est notre façon de dire que les meilleures choses sont celles qu’il faut découvrir en creusant un peu. Nous espérons que c’est ainsi que la musique sera appréciée.

– Sur ce nouvel album, vous accueillez aussi le guitariste Tom Cameron et STEAK est désormais un quintet. Le groupe avait-il besoin de prendre du volume dans l’objectif peut-être aussi de vos prochaines prestations live ?

C’était une suite logique après sa contribution au morceau « System » sur « Acute Mania ». Cet album était plus complexe que nos précédents, alors quand on est partis en tournée, il a rejoint le groupe. On est amis depuis une vingtaine d’années, alors on savait donc tous à quoi s’attendre ! (Sourires)

– D’ailleurs, le groupe s’agrandit et sort aussi un album éponyme, ce qui est toujours très significatif dans une carrière. Est-ce la version 2.0 de STEAK que vous livrez ici ? Comme un nouveau chapitre dans votre parcours ?

Peut-être une remise à zéro, ou une rupture définitive. Avec le recul, on voulait peut-être simplement laisser la musique parler d’elle-même, sans être contraints par un concept ou un angle précis. Le prochain album s’appellera peut-être « Steak 2.0 » ! Ou peut-être pas… (Sourires)

– Il y a une véritable géographie sonore sur ce nouvel album avec beaucoup de relief et surtout un spectre qui n’est pas écrasé. Est-ce que, étant donné le contenu de « Steak », la production a eu une importance toute particulière cette fois ?

Pour cet album, nous ne voulions pas trop en faire côté production. Avec tous ces nouveaux projets, ce n’était pas le moment de trop expérimenter en studio. Pour la première fois, nous avons deux chanteurs, deux guitaristes et de nouvelles idées de composition. Rien que cela apportera une perspective et une profondeur inédites à la musique.

– Outre ses riffs puissants et massifs, STEAK reste un groupe finalement très accessible, avec des parties vocales très accrocheuses. Vos mélodies partent-elles des voix, ou au contraire des parties instrumentales, car les refrains sont encore très soignés ?

Il n’y a pas de formule toute faite… Parfois, on travaille un morceau pendant des mois avant même de penser à le structurer et à y ajouter le chant. Parfois, la mélodie vocale vient en premier et la musique se construit autour. Ou alors, tout se fait naturellement et la chanson s’écrit d’elle-même.

– Ce qu’il y a aussi d’assez particulier chez STEAK, c’est votre touche britannique assez spécifique dans le son que l’on n’entend peu, même chez les groupes de Stoner anglais. Comment se traduit-elle dans votre jeu, selon vous, et comment l’associez-vous à vos autres influences plutôt américaines ?

Nous étions tous de jeunes adolescents dans les années 90, et il y avait tellement de groupes de guitare Pop au Royaume-Uni à l’époque. Il est presque impossible pour nous de ne pas être influencés d’une manière ou d’une autre par le son de cette période. De même, le Grunge, le Blues et l’émergence du Desert Rock américain durant cette même période ont laissé une empreinte indélébile sur notre musique. Cependant, vous avez plus de chances d’entendre les Commodores ou du Roachford dans le bus de tournée ! (Rires)

– Par ailleurs, une chose est assez marquante, c’est la manière dont les morceaux « Cometh » et « Short Arms » encadrent l’album au début et à la fin. On croirait presque qu’ils servent d’écrin au reste du disque. Est-ce que vous les avez pensé dans cette optique ?

Elles n’ont pas été écrites intentionnellement comme des morceaux de transition, mais « Cometh » semblait être un excellent moyen de présenter toutes les nouveautés du groupe et « Short Arms » ne ressemble à rien de ce que nous avons fait auparavant. Peut-être un avant-goût de ce qui nous attend ? Et cela nous semblait aussi une bonne façon de conclure l’album.

– En près de 15 ans d’existence, STEAK s’est toujours distingué par un son très live dans l’approche et ce nouvel album s’inscrit encore dans cette veine. La scène vous sert-elle aussi de champ d’expérimentation pour vos futures compositions ?

Parfois, c’est certain. Par exemple, « Dust », sur notre nouvel album, est né d’un riff improvisé pendant les balances. « Two By Two », on l’a joué en live pendant deux ans avant d’entrer en studio. Mais parfois, on attend d’être sûrs qu’un morceau soit abouti avant de se lancer à corps perdu. Par ailleurs, on a joué « Infinite » au Roundhouse à Londres, un morceau inédit, lors d’un de nos plus grands concerts à ce jour. Je crois qu’on aime bien se tester sans même y penser sur le moment… (Sourires)

– Enfin, vous qui venez de la scène stoner underground londonienne et qui aimez à le rappeler, vous considérez-vous encore en faire partie ? Ou certaines étapes clés ont-elles été franchies en ce qui concerne STEAK dans son statut notamment ?

Notre récente soirée de lancement de l’album dans le quartier de Camden à Londres pour ‘Desertscene’ était une véritable fête, non seulement pour nous, mais aussi pour toute la scène. Et ce fut aussi une façon de remercier tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette aventure depuis toutes ces années. Nous sommes conscients de notre chance et nous sommes très exigeants envers nous-mêmes. Nous n’avons donc jamais la prétention d’être trop ambitieux. Nous sommes juste des potes qui font de la musique, et c’est la scène qui nous offre ce tremplin pour la partager avec le public.

Le nouvel album éponyme de STEAK est disponible chez Stickman Records et Ripple Music.

Photos : Sylvain Golvet (1) et Sam Huddleston (2).

Retrouvez aussi la chronique de « Acute Mania » :

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Hard 70's Southern Rock

The Temperance Movement : back in the game

Avec beaucoup d’aplomb et d’envie, la formation basée à Londres est retournée en studio comme on monte sur scène : avec fougue et impulsivité. Mis en sommeil depuis 2020, THE TEMPERANCE MOVEMENT a remis le courant et repris ses bonnes habitudes pour livrer dix nouvelles compositions forgées dans un Southern Rock aux élans Hard Rock et à la constance bluesy. Passé une comparaison inévitable et manifeste avec The Black Crowes, « New Promise Land Incorporated » atteste tout de même d’une identité forte et d’un sens de la mélodie imparable.

THE TEMPERANCE MOVEMENT

« New Promise Land Incorporated »

(Earache Records)

Quinze ans après sa création et après avoir disparu des radars pendant huit longues années, les Britanniques donnent enfin une suite à « A Deaper Cut », sorti en 2018. Reformé dans l’idée de renouer avec son chaleureux Southern Rock, THE TEMPERANCE MOVEMENT est le fruit du même line-up, toujours guidé par l’Ecossais Phil Campbell au chant. Aux guitares, Luke Potashnick et Paul Sayer se montrent toujours aussi complices et la rythmique constituée du bassiste Nick Fyffe et du batteur Simon Lea distillent un groove familier et assuré. Et la magie opère encore.

Alors que le quintet avait ressuscité sur scène l’an dernier, il semblerait que ce soit le même élan qui les a mené sur le chemin du studio. Enregistré à la campagne en seulement cinq jours, « New Promise Land Incorporated » a été posé sur bandes et en conditions live en collaboration avec Ethan Johns (McCartney, Ray LaMontagne, Rufus Wainright). Seulement, et même si ces nouveaux morceaux sont solides, il y a peut-être eu un peu trop de précipitation de la part de THE TEMPERANCE MOVEMENT à vouloir si vite les immortaliser. Le talent a ses limites.

Côté spontanéité, on se croirait au milieu de la pièce avec les cinq musiciens et cette atmosphère a même un certain charme. Forcément, la production est loin d’être lisse et c’est tant mieux, mais l’ensemble est flou, manque de puissance et l’énergie se disperse. Malgré tout, ce nouvel opus contient des titres accrocheurs et sincères, des riffs et des solos étincelants et des parties vocales exaltées. THE TEMPERANCE MOVEMENT n’a rien perdu de son mordant, ni de sa sensibilité (« Shadows », « Eat You Alive », « Mongrels », « Love Kicks », « Saving Grace »). Une foi intacte.

Photo : Rob Blackham

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International Southern Rock

These Wicked Rivers : along the water [Interview]

Faisant suite à « Force Of Nature », un album où le style des Anglais s’était clairement dessiné, « Fire And Folklore » vient confirmer cette touche unique qui soude et propulse le groupe à un sommet artistique d’une grande force. Avec ce troisième opus, leur Southern Rock prend une nouvelle dimension et, outre la qualité des morceaux, le travail effectué sur la production est lui aussi somptueux. Les riffs sont racés et enveloppants et la voix de John Hartwell délivre des messages d’espoir avec une sensibilité quidonne un caractère touchant à l’ensemble. Sur des guitares scintillantes, une rythmique au groove chaleureux et des notes de claviers qui viennent à la fois suspendre le temps et donner du corps au mélodies, THESE WICKED RIVERS prend son envol de la plus belle des manières. Entre passages Soul, Country, Blues et Classic Rock, le Sud guide l’inspiration des Britanniques, qui s’imposent désormais comme un valeur montante du genre. Le très polyvalent Rich Wilson (claviers, guitare, harmonica et chœurs) nous en dit plus sur la démarche du quintet, son approche de la composition et ce nouvel élan sudiste à l’œuvre depuis quelques années.

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur le nom du groupe, qui est en lien direct avec votre ville de Belper dans le Derbyshire. Quelle est l’histoire derrière THESE WICKED RIVERS ?

Le nom du groupe vient de la comparaison entre le cours d’une rivière et la vie. Autrement dit, la rivière emprunte souvent le chemin de moindre résistance au fil du temps. Des méandres et des détours inévitables jalonnent son parcours ce qui, souvent, renforce son courant. Ces bifurcations peuvent surgir de nulle part et vous prendre totalement par surprise, vous entraînant sur des chemins insoupçonnés. Finalement, tout cela fait partie intégrante du voyage de la vie, des ruisseaux paisibles à la mer déchaînée.

– Je vous avais découvert avec « Force Of Nature » il y a deux ans et la qualité de ce deuxième album m’avait vraiment marqué. Or, avec « Fire And Folklore », votre jeu et votre écriture sont encore plus marqués. Il est d’ailleurs plutôt question de puissante émotionnelle, grâce à des mélodies et des textes forts. Cet aspect a-t-il pris plus d’importance durant l’écriture ?

Pour moi, la musique est une émotion. Dans « Sing Another Song », je parle de la bande-son de votre vie, qui vous accompagne à travers tout et nous croyons profondément au pouvoir de la musique et à son lien avec les émotions. Les liens que nous tissons avec la musique deviendront une mémoire vivante si on le permet, nous reliant aux bons comme aux mauvais moments. C’est pourquoi nous avons toujours été un groupe fier de nos textes, du message véhiculé par nos chansons. Je pense aussi qu’une mélodie forte contribue grandement à transmettre ce message, elle est donc tout aussi importante pour créer ce lien. Nous privilégions un message d’espoir, de compassion et de compréhension, si possible, mais il est tout aussi important de ne pas oublier les riffs percutants et les doubles pédales. La musique est ce qui se rapproche le plus de la magie. Créer quelque chose à partir de rien et qui puisse influencer positivement la vie des gens, est une chose puissante en ces temps difficiles.

– Revenons un instant sur votre ville de Belper où vous avez enregistré « Fire And Folklore », car il se trouve que le producteur Andy Sneap en est aussi citoyen. Qu’est-ce que le fait d’avoir travailler avec lui, ainsi qu’avec Colin Richardson, a apporté à votre son et peut-être au-delà à votre manière de composer et d’arranger ces nouveaux morceaux ?

Travailler avec des musiciens comme Colin et Andy allait forcément nous pousser à nous surpasser pour cet album. Leur riche expérience combinée était palpable à tous les niveaux du studio : ils savaient quelle guitare Arran (Day – NDR) devait utiliser pour chaque solo et avec quel ampli, afin d’obtenir le son ‘Thin Lizzy ultime’. Ils étaient même capables de déceler à l’oreille la moindre imperfection de timbre sur la peau d’un tom basse frappé par Dan (Southall – NDR). Nous avons vraiment adoré notre séjour aux studios Backstage et je pense que cela s’entend sur les enregistrements.

Pour être honnête, à part « Sing Another Song », le reste de l’album était déjà bien structuré avant d’entrer en studio, mais Colin et Andy semblaient savoir comment tirer le meilleur parti de chaque élément des morceaux. Ils suggéraient des modifications simples ici et là qui renforçaient toujours l’émotion du morceau. Andy travaillait les détails de la guitare avec Arran, l’aidant à peaufiner ses parties finales, tandis que Colin était très doué pour ajouter des idées de basse et de percussions. Il ressentait vraiment les morceaux et se déchaînait dans le studio. Nous avions également Pete Newdeck, un ingénieur du son doté d’une oreille incroyable pour les harmonies, qui s’est assuré que nous restions sur la bonne voie en ce qui concerne la partie vocale.

– Ce qui est d’ailleurs étonnant, c’est le contraste entre votre musique et celle sur laquelle Andy Sneap et Colin Richardson travaillent habituellement et qui est clairement orientée Metal. Comment s’est passée cette collaboration et comment avez-vous établi les ponts entre vos deux cultures musicales  ?

On adore le Metal, c’est indéniablement une partie de notre histoire, les membres du groupe connaissant très bien le travail de Colin et Andy. Honnêtement, je pense qu’on a contacté Colin au bon moment, car il était prêt à travailler sur un album de Rock plus classique et à faire une pause avec la scène Metal. Il a aimé les démos qu’on lui a envoyées et a parlé à Andy de l’idée de collaborer avec nous.

Bien qu’ils soient tous les deux connus pour leur travail dans le Metal, ils aiment aussi le Rock, et puis, c’était une bonne excuse pour qu’ils passent quelques mois ensemble. On voulait tous capturer au maximum l’énergie d’un vrai concert, en travaillant sur le vif pour préserver un maximum de spontanéité, ce qui, je crois, était très stimulant pour tout le monde.

– D’ailleurs, il y a une autre artiste de grand talent près chez vous et sur cet album, c’est la chanteuse de Country Music, Kezia Gill, et votre rencontre sur « Sing Another Song » est lumineuse. Comment avez-vous travaillé sur cette chanson, et ce duo s’est-il imposé de lui-même ?

Nous avons assuré la première partie du groupe ‘A Thousand Horses’ de Nashville pour quelques concerts dans le sud des Etats-Unis, et Kezia était là en tant que chanteuse invitée. On a commencé à discuter avant le concert et le courant est tout de suite passé, car on a le même humour et on vient de la même région. Après le concert, je parlais avec un fan qui avait une photo d’elle et de Michael, le chanteur d’A Thousand Horses, datant d’il y a dix ans, et une autre prise ensemble le soir même. Plus tard, je lui en ai parlé et il m’a dit que ce n’étaient pas les années qui comptaient, mais les kilomètres. Ça m’a fait réfléchir à la vie d’un musicien itinérant et à la relation entre le fan, la musique et le musicien, et c’est de là qu’est née la chanson. J’en ai fait une démo pour la maison de disques, qui a beaucoup aimé et a pensé que ça pourrait être une bonne idée pour une collaboration. Dès que j’ai entendu ça, j’ai tout de suite pensé à Kezia, car je savais que le côté Country de la chanson collerait parfaitement à sa voix. Elle était aussi liée à la genèse de la chanson, puisqu’elle était là le soir où j’ai commencé à l’écrire. Nous lui avons envoyé la chanson, elle l’a adorée et a accepté de venir au studio où elle a fait un travail formidable.

– « Fire And Folklore » affiche par ailleurs une sonorité plus Southern Rock que « Force Of Nature » qui était plus Blues Rock dans le fond. Est-ce qu’après deux EPs et trois albums, THESE WICKED RIVERS a atteint son identité artistique profonde, car ce nouvel album est vraiment le plus abouti ?

L’album « Force Of Nature » ​​avait un bassiste différent et plusieurs morceaux existaient déjà depuis un certain temps. Avec ce nouvel album, nous avons enfin les cinq membres au complet, ce qui nous a permis de peaufiner notre son. Ces deux dernières années, nous avons eu l’occasion de composer ensemble et de renforcer notre cohésion. On ressent vraiment la fusion de nos influences musicales pour créer ce son unique. Ces influences nous permettent de naviguer entre les genres, car notre objectif est de proposer la meilleure version possible de chaque chanson, quel que soit le style : ballade, morceau Rock entraînant ou Southern Blues.

– Avec DeWolff, Robert Jon & The Wreck, The Commoners, The Georgia Thunderbolts et quelques autres, THESE WICKED RIVERS fait partie du renouveau de la scène Southern. Et pour une fois, la relève ne vient pas exclusivement du sud des Etats-Unis. Selon vous, la différence vient-elle du contenu des textes, ou plutôt d’une approche musicale plus moderne et directe comme la vôtre ? Car les ingrédients sont finalement restés les mêmes…

Oui, je pense qu’au final, c’est une belle histoire. Il y a sans doute aussi un côté cyclique, car je crois que les gens commencent à se lasser des pistes d’accompagnement, des samples et qu’ils aspirent à ce son et à cette ambiance classiques. La combinaison d’instruments y contribue également, avec la présence importante du piano sur l’album. On retrouve cette basse mélodique, presque comme une guitare solo par moments, et une sincérité et une vulnérabilité touchantes dans le chant. Ajoutez à cela des riffs profonds, une batterie éclectique et des harmonies vocales riches, et vous y êtes. Je ne pense pas que nos origines importent vraiment. En tant que musiciens, nous sommes tous influencés par les grands maîtres et la musique de notre enfance. Au final, nous sommes tous des nains sur les épaules de géants.

– Enfin, il y a un véritable sentiment de liberté sur cet album, ainsi qu’une empreinte britannique très présente. Est-ce finalement l’exploration de vos racines immédiates, et non celles d’autres artistes, qui alimente votre style ?

Nous avons la chance d’avoir plusieurs auteurs-compositeurs dans le groupe. Ils s’inspirent de leurs propres expériences et racontent des histoires qui leur tiennent à cœur. Les morceaux sont toujours finalisés ensemble en répétition, ce qui permet à chacun d’y intégrer son style et ses influences. Au final, nous cherchons à transmettre une vérité à travers ces histoires, une vérité à laquelle, nous l’espérons, les gens pourront s’identifier. Nous sommes tous sur le même chemin : le ‘feu et le folklore’ ne sont que des repères pour guider ceux qui en ont besoin.

Le nouvel album de THESE WICKED RIVERS, « Fire And Folklore », est disponible chez Fat Earth Records.

Photos : Blackham

Retrouvez aussi la chronique de « Force Of Nature » :

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Blues Rock

Robin Trower : le temps suspendu

La longue carrière de ROBIN TROWER est assez unique en son genre. Traversant les époques avec un talent qui témoigne d’une certaine intemporalité et fédérant au fur et à mesure les nouvelles générations, il a inscrit ce son de guitare si particulier dans l’inconscient collectif des fans de Blues. Tout en variation, son instrument fait littéralement parler ses accords dans des échanges musicaux majestueux. Une signature qui est même devenue une référence pour beaucoup, tant elle est singulière et toujours en mouvement. Avec « Shine », le bluesman écrit un nouveau chapitre étincelant et atteste d’une créativité qui se renouvelle avec beauté.

ROBIN TROWER

« Shine »

(Mascot Label Group)

Après une belle tournée aux Etats-Unis, immortalisée sur « One Moment In Time : Live In The USA » et un peu plus d’un an après « Come And Find Me », ROBIN TROWER n’a pas pris le temps de souffler et a préféré s’engouffrer en studio et concevoir « Shine ». A 81 ans, il n’aura jamais été aussi prolifique que ces dix derniers dernières années. Pourtant, chaque album se distingue du précédent, grâce à un jeu qui se bonifie au fil du temps et des musiciens partageant une même vision. Le Blues du Britannique conserve cette étincelle si particulière.  

Enregistré entre les studios 91 de Newbury et The Pines Recording Studio, la nouvelle antre de l’ingénieur Sam Winfield, « Shine » rayonne une fois encore du feeling et du toucher de ce ROBIN TROWER décidément infatigable et à l’inspiration intarissable. A ses côtés, on retrouve Richard Watts et sa voix délicatement éraillée, qui sert si bien ces nouveaux morceaux, et Chris Taggart derrière les fûts. Un trio affûté, en parfaite osmose, et qui se meut avec élégance sur un groove presque félin. Le reste est affaire de mélodies ensorceleuses, de riffs brûlants et de solos lumineux.

Loin de se reposer sur un héritage personnel conséquent, ce maître du British Blues continue son aventure en explorant de nouvelles contrées bleutées. « Shine » respire de ses ondes réconfortantes, tout en gardant une part de mystère à travers les paroles. ROBIN TROWER donne un rythme tonique, alternant les ambiances Rock et Funky avec d’autres plus lancinantes. On notera la présence de la chanteuse Jess Hayes sur le profond « Truth », qui vient flirter avec le R&B. Une fois encore, l’Anglais régale et son langage musical est plus expressif que jamais.

Photo : Blackham

Retrouvez les chroniques de ses récents albums :

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International Rock Progressif

Pure Reason Revolution : spiritual contradictions [Interview]

Loin de la douceur de « Coming Up To Consciousness », Les Britanniques empruntent cette fois des chemins plus ardus pour naviguer dans des paysages sonores assombris par des guitares tranchantes, des rythmiques à la fois lourdes et véloces et des harmonies vocales, qui s’entremêlent dans une harmonie aux reliefs saisissants. La remise en question est permanente chez PURE REASON REVOLUTION et c’est en cela que le trio parvient à surprendre sur chacun de ses albums à travers du Rock Progressif an perpétuel évolution. « Terrifying Angels » est le septième et son exploration de certains cieux nous fait traverser autant d’orages inquiétants que d’éclaircies presque éblouissantes. Un équilibre que les Anglais maîtrisent parfaitement et qui est même inscrit dans l’ADN du groupe depuis ses débuts. De l’obscurité à l’éblouissement, ce nouvel album révèle des trésors d’atmosphères au sein desquelles des arrangements d’une grande subtilité se dévoilent au fil des écoutes. Guitariste, bassiste, claviériste et producteur, Jon Courtney revient sur le processus de création et l’approche artistique qui l’ont guidé sur ce magnifique « Terrifying Angels ».

– On s’était quittés il y a deux ans avec «« Coming Up To Consciousness », qui était aussi positif que lumineux. Tout d’abord, en termes de line-up, on retrouve ici les mêmes musiciens au sein de PURE REASON REVOLUTION. Est-ce aussi un gage de constance que tu recherchais, afin de mener à bien ce nouvel album ?

Oui, absolument. Je pense que conserver la même formation était important, car il existe une réelle cohérence et une grande entente entre nous, en tant que musiciens. Au fil des années, nous avons développé une méthode de travail commune qui nous offre une base solide pour construire l’avenir. Parallèlement, je ne voulais pas que cette cohérence se résume à répéter ce que nous avions déjà fait. Je souhaitais que nous allions de l’avant avec cet album, que nous avancions et explorions de nouveaux horizons, plutôt que de stagner. Pour moi, il s’agissait donc de préserver l’alchimie et l’identité du groupe tout en nous surpassant sur le plan créatif et en voyant où cela pouvait nous mener.

–  A l’inverse du précédent album, «Terrifying Angels » est peut-être plus sombre, notamment au niveau des textes. Tout d’abord, il y a déjà cette notion d’ange à laquelle d’ailleurs il faut croire, même si elle peut être aussi bien sûr métaphorique. Cependant, ce nouvel album a-t-il, selon toi, une teneur plus spirituelle ?

Oui, je pense qu’il y a probablement une dimension spirituelle plus profonde à cet album, même si je ne le qualifierais pas forcément de religieux. L’idée des anges peut s’interpréter de bien des façons, et pour moi, ils sont davantage une métaphore de quelque chose qui nous dépasse, que ce soit l’espoir, la protection, le guide, ou simplement quelque chose d’inexplicable.

C’est aussi de là que vient l’idée des ‘Anges Terrifiants’. Il y a quelque chose de paradoxal chez un ange. Traditionnellement, on les perçoit comme bienveillants ou protecteurs, mais ils peuvent aussi représenter quelque chose d’immense et d’inconnaissable, quelque chose qui dépasse notre entendement et qui, de ce fait, peut être effrayant. J’aimais cette contradiction, à savoir l’idée que quelque chose puisse être à la fois beau et réconfortant, et troublant.

Je pense que cette part d’ombre transparaît dans certains textes de cet album. Mais même au sein de cette obscurité, on perçoit encore une quête de quelque chose de positif ou de significatif. La dimension spirituelle de l’album découle donc davantage de cette quête et de l’exploration de ces contradictions.

– On l’a dit, le line-up de PURE REASON REVOLUTION est le même avec Ravi Kesavaram à la batterie et Annicke Shireen aux claviers, ainsi qu’au chant. D’ailleurs, sa voix prend une place plus importante sur l’album. Sans parler de duo, est-ce aussi quelque chose que tu recherchais ? Une sorte d’accompagnement et de soutien de ce côté-là, capable aussi d’ouvrir d’autres chemins à votre musique ?

Oui, absolument. La voix d’Annicke s’est naturellement affirmée et elle enrichit la musique, à la fois en contrepoint à ma voix et comme un instrument à part entière dans les arrangements. Pour autant, je ne considère pas le groupe comme un duo. Ravi reste un élément essentiel de notre son, et Greg, notre guitariste d’origine (Jong, membre fondateur du groupe – NDR), participe également à l’écriture des morceaux avec moi. La diversité de ces voix et de ces perspectives nous offre davantage de possibilités d’expérimentation et nous permet de faire évoluer notre musique.

– On sait à quel point la minutie et la perfection ont toujours été des éléments très importants chez PURE REASON REVOLUTION. Or, tu as déclaré avoir été plutôt en quête de satisfaction et de plaisir. Est-ce que tu as trouvé cette fois plus d’inspiration dans une sorte de lâcher-prise ?

Oui, absolument. Avant, je travaillais comme un forcené, sept jours sur sept et jusque tard dans la nuit, en quête de perfection. Il m’arrive encore de me perdre dans mes pensées et de travailler tard, mais aujourd’hui, je prends beaucoup plus de plaisir à créer de la musique. La collaboration y contribue grandement. Franchement, je me lasse parfois de mes propres idées, alors je ne ressens plus le besoin de mener à bien ma vision initiale. Je suis beaucoup plus ouvert à ce que les autres apportent à la musique, et j’apprécie les idées auxquelles je n’aurais pas pensé. Cela donne à la musique une diversité bien plus grande que lorsque tout est filtré par moi. Les résultats sont-ils meilleurs ? Sont-ils les mêmes ? Peu m’importe. Mais ai-je davantage apprécié le processus ? Probablement, et c’est ce qui compte.

– Par ailleurs, là où « Coming To Consciousness » avait un côté presque apaisant, « Terrifying Angels » se veut plus puissant avec des élans parfois très Metal. Est-ce que ce changement d’ambiance et de ton a un lien direct avec notre société et ce monde devenu plus incertain que jamais. Ou alors, est-ce une démarche purement artistique et une volonté de surprendre peut-être ?

Je répondrais à cette question en reconnaissant l’atmosphère plus sombre sans pour autant en faire une prise de position politique ou sociale directe. Je pense que c’est un peu des deux. Je ne dirais pas que nous avons cherché à créer un album reflétant l’état du monde, mais il est impossible de rester insensible à ce qui se passe autour de nous. Il y a indéniablement une atmosphère plus inquiétante et imprévisible dans la musique, et cela tient peut-être en partie à l’époque que nous vivons. En même temps, c’est un instinct artistique. Je ne voulais pas simplement répéter ce que nous avions déjà fait, et les passages plus intenses m’ont semblé une manière naturelle de créer du contraste et de la surprise. Je pense que la musique doit pouvoir aller où elle veut, plutôt que d’être contrainte par les attentes du public envers PURE REASON REVOLUTION.

– Un nouvel album de PURE REASON REVOLUTION ne saurait être tout à fait ‘normal’, s’il n’y a avait pas la présence de guests. Et c’est bien sûr le cas avec les bassistes Mariusz Duda de Lunatic Soul et Krisfoffer Gildenlöw de Pain Of Salvation notamment. C’est important pour toi d’avoir l’apport de musiciens extérieurs ? Et en quoi apportent-ils leur touche, ou ouvrent-ils d’autres voies au groupe ?

Oui, j’apprécie beaucoup la collaboration, même si le rôle des deux bassistes a peut-être été légèrement surestimé. Mariusz Duda et Kristoffer Gildenlöw ont chacun joué sur une petite partie de l’album, mais j’ai assuré environ 90% des parties de basse moi-même. Je suis très content de leur contribution, mais ils n’étaient pas responsables de la basse sur l’ensemble de l’album. Plus généralement, j’apprécie la diversité des points de vue. D’autres musiciens peuvent apporter une ambiance ou une interprétation différente à une partie, et parfois emmener la musique dans des directions que je n’aurais pas explorées moi-même. Cette diversité est quelque chose que je valorise énormément. J’adorerais collaborer à nouveau avec Mariusz.

– Depuis ces deux derniers albums, vous faites aussi confiance à Bruce Soord de The Pineapple Thief pour le mix. Est-ce qu’à tes yeux, il a parfaitement su saisir l’identité et l’atmosphère de la musique de PURE REASON REVOLUTION ? Ou plus largement, est-il peut-être aussi le garant de cette touche si particulière et unique du Rock Progressif anglais ?

Oui, absolument. Bruce comprend parfaitement l’ADN du groupe et il règne une réelle confiance entre nous. Il sait quand préserver l’essence de notre musique et quand explorer de nouvelles pistes. Je ne dirais pas qu’il est le garant du Rock Progressif anglais, mais il saisit parfaitement l’atmosphère et l’identité que nous recherchons. Travailler avec lui est devenu une évidence.

– Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot du morceau-titre, qui est littéralement tentaculaire du haut de ses 12 minutes. Comment est-ce qu’un tel morceau, aux ambiances si variées, se construit-il ? Et surtout est-ce que faire ressurgir une atmosphère globale et un thème principal s’avèrent être le plus délicat, finalement ?

Le morceau-titre est né d’une jam session improvisée dans le sous-sol de Greg à Portland, avec deux autres musiciens. Cette première improvisation a donné naissance aux trois premières minutes, et à partir de là, les autres parties ont émergé. Nous avons progressivement façonné le tout en un seul morceau. Le défi consistait à créer une cohérence entre les différentes parties, plutôt que de donner l’impression d’un assemblage d’idées disparates. Greg et moi nous connaissons bien, donc nous arrivons assez vite à obtenir ce que nous voulons. Mais un morceau comme celui-ci implique aussi beaucoup d’essais et d’erreurs : on écrit des sections, on les teste et parfois, on les abandonne complètement. Pour moi, l’atmosphère générale est primordiale. Une fois qu’elle est là, le reste peut se construire autour.

Le nouvel album de PURE REASON REVOLUTION, « Terrifying Angels », est disponible chez InsideOut Music.

Photos : Valentin Ottone.

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums…

… et l’interview du groupe à l’occasion de la sortie d’« Eupnea » :

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Heavy metal Old School

Cloven Hoof : conquérant

Très actif dans les années 80 avant une traversée du désert de plus de quinze ans, qui mit le groupe sur pause, CLOVEN HOOF a refait surface au milieu des années 2000, voyant passer un nombre impressionnant de musiciens. Depuis une décennie, cette institution du Heavy Metal traditionnel a retrouvé la flamme et le renfort du chanteur Harry ‘The Tyrant’ Conklin lui offre aussi un nouvel élan. « Never A Prophet In Your Own Land » est à la fois exubérant et solide.

CLOVEN HOOF

« Never A Prophet In Your Own Land »

(High Roller Records)

Deux ans après « Heathen Cross » qui avait consacré l’arrivée du frontman de Jag Panzer, COVEN HOOF continue sur sa lancée avec un onzième album bien plus varié que son prédécesseur. Même si ce dernier avait reçu un très bel accueil, les britanniques ont décidé d’élargir leur spectre musical en s’aventurant dans des ambiances plus mélodiques, tout en restant attachés à la légendaire NWOBHM, dont ils firent partie des pionniers au siècle dernier. Un héritage précieusement conservé et en l’occurrence bien préservé depuis 1979.

Toujours guidé par son bassiste et leader Lee Payne, seul membre originel encore présent, COVEN HOOF semble désormais stable et ce nouveau line-up, bâti pour l’essentiel il y a une dizaine d’années, a plutôt fière allure. La même équipe enchaîne donc son deuxième opus ensemble et la complicité est vraiment évidente. Avec une production Old School et organique, « Never A Prophet In Your Own Land » est pourtant loin de sonner comme une relique. Le Heavy Metal du quintet défie le temps avec aisance, faisant parler l’expérience et le talent.

Effectivement moins ténébreux que « Heathen Cross », ce nouvel effort multiplie les atmosphères, passant de morceaux purement Heavy Metal et d’un classicisme irréprochable (« Never A Prophet In Your Own Land », « Seven Sacred Wonders », « Conquistador », « Phantom Chaser »), à d’autres plus progressifs (« The Bigger They Are »), plus 70’s (« Gypsy Roller ») ou mid-tempo (« Prodigal Son »). Le savoir-faire de CLOVEN HOOF rayonne et la qualité des arrangements, qui habillent « Never A Prophet In Your Own Land », témoigne d’un combo en pleine renaissance.

Photo : Marco Vexus

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Heavy Stoner Psych Occult Rock Stoner Doom Metal

Green Lung : occult stories

Sur ce quatrième album, les Anglais atteignent un sommet de leur courte carrière discographique. Déjà très prometteurs, ils affichent un style personnel, oscillant entre Stoner Psych et Doom Rock avec une touche Heavy délicieusement vintage. Avec « Necropolitan », GREEN LUNG s’attaque à l’aspect occulte de sa ville et à ses sept nécropoles au XIXème siècle. Et l’enregistrement dans les légendaires studios Rockfields lui donne un caractère spécial et authentique.

GREEN LUNG

« Necropolitan »

(Nuclear Blast Records)

Depuis sa création en 2017 et surtout après la sortie de « Woodland Rites » deux petites années plus tard, GREEN LUNG nous avait habitué à un rythme soutenu à raison d’une réalisation tous les deux ans. « Necropolitan » accuse donc un léger retard, mais à son écoute, il est totalement pardonné. Conceptuel dans la forme et le fond, plantons le décor. Les Londoniens nous replongent dans l’époque victorienne et ses sinistres bas-fonds, à savoir ses sépultures. Ici, la nature rejoint l’occulte, et l’étrange et le pouvoir des morts s’offrent une étonnante rencontre.

Grâce à un son qui colle parfaitement à l’ambiance générale de « Necropolitan », le groupe livre une performance très inspirée et concise. Quelques clins d’œil nous renvoient à Black Sabbath, King Diamond et même Wytch Hazel à l’occasion, mais GREEN LUNG impose sa patte de belle manière. Les riffs sont colossaux, les parties d’orgue captivantes et les mélodies multiplient les paysages sonores, naviguant entre une urgence très Metal et l’intemporalité du Hard Rock 70’s. Et sur un groove insaisissable, l’ensemble bascule entre envolées musicales et explosivité.

C’est à Tom Dalgety (Opeth) que l’on doit cette belle production organique et par certains aspects assez solennelle. Le Heavy Stoner des Britanniques nous fait pénétrer dans les limbes de leur capitale et le fil narratif est rendu vraiment prenant par un chant très expressif. GREEN LUNG explore et marque les esprits sur les bases d’une NWOBHM réoxygénée, qui se réinvente et prend des sentiers audacieux (« The Heathen Land », « Ozymandias », « Together In Death » accompagné de Riley Pinkerton de Castle Rat, « Black Magick Radio »). Epoustouflant !

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Hard'n Heavy International

Tygers Of Pan Tang : un mythe intact [Interview]

Après une activité riche et marquante durant les années 80, il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que le fameux tigre de la NWOBHM se mette de nouveau en chasse. Et cette nouvelle ère s’était ouverte avec Jacopo ‘Jack’ Meille au chant. Le frontman italien a immédiatement imposé sa marque et reste depuis plus de 20 ans la voix de TYGERS OF PAN TANG. Plus régulier ses dernières années, les Anglais reviennent aujourd’hui avec « Electrifyed », un quatorzième album qui vient attester de la grande forme du quintet. Vétérans peut-être sur le papier, les cinq musiciens affichent surtout une fougue et une inspiration qui m’ont pas pris la moindre ride. Le quintet rugit encore et toujours, et ne semble pas prêt à passer le relais. Entretien avec le chanteur de l’une des formations les plus marquantes du Hard Rock et du Heavy Metal européen.

– Tout d’abord, Jack, toi qui es dans le groupe depuis plus de 20 ans et donc le chanteur de la ‘seconde vie’ de TYGERS OF THE PAN TANG, j’aimerais savoir ce que tu penses des tous débuts du groupe ? Est-ce que cela reste encore aujourd’hui une inspiration pour toi ?

Oui, j’étais déjà fan des TYGERS dans les années 80 et j’avais d’ailleurs acheté « Spellbound » (1981) et « The Cage » (1982) que j’adorais. Et c’est vrai que faire partie d’un groupe aussi mythique est toujours une source d’inspiration, près de 22 ans après les avoir rejoints ! (Sourires)

– Pour rester un instant sur cette notion d’héritage, TYGERS OF PAN TANG a été de ceux qui ont bâti la fameuse NWOBHM. Aujourd’hui, beaucoup de groupes sont encore en activité, mais est-ce que tu perçois une seconde vague au XXIème siècle ? Je n’en ai pas l’impression, pour ma part…

La NWOBHM était un mouvement unique et exceptionnel. Comment des groupes comme Def Leppard et Venom pouvaient-ils en faire partie ? Et pourtant, c’était le cas. De nos jours, ce serait impensable. A l’époque, chaque groupe possédait un son et une personnalité uniques, et tous ont contribué au succès de la NWOBHM. Aujourd’hui, les groupes suivent une tendance ou s’approprient ce qu’ils considèrent comme le son originel de la NWOBHM. Mais il n’existait pas de ‘son’ codifié à l’époque. C’était un mouvement social : la classe ouvrière anglaise cherchait une musique capable d’exprimer sa colère et sa frustration. Voilà ce qu’est la NWOBHM !

– Pour conclure sur le sujet, les groupes fondateurs de la NWOBHM encore actifs ont tous plus de 40 ans de carrière évidemment. Est-ce que, comme tous les courants finalement, celui -ci est aussi destiné à s’éteindre avec ses créateurs ?

La magie de la musique réside dans son évolution constante, même à notre insu. Les musiciens qui ont façonné la NWOBHM finiront par prendre leur retraite, mais leur musique perdurera et inspirera de nouveaux talents. Cela donnera naissance à un nouveau genre musical, qui puisera dans les sonorités et les expériences du passé.

– Revenons à ce quatorzième album, qui acte aussi l’arrivée de John Foottit en tant que second guitariste aux côtés de Robb Weir. Ils forment à eux deux un duo solide et complémentaire. Sans parler de renouveau, « Electrifyed » donne l’impression d’être plus Heavy que ses prédécesseurs. A-t-il apporté une touche plus actuelle, selon toi, dans le son et l’approche de TYGERS OF PAN TANG ?

Les morceaux que tu entends ont été écrits avant l’arrivée de John dans le groupe. Robb (Weir, guitare – NDR), Craig (Ellis, batterie – NDR), Huw (Holding, basse – NDR) et moi souhaitions composer des titres plus percutants, axés sur les riffs, tout en conservant la touche mélodique que nous avions atteinte sur « Ritual » (2019) et « Bloodlines » (2023). Mon objectif a toujours été de maintenir l’équilibre entre le son brut de « Wild Cat » (1980) et l’approche plus mélodique de « The Cage », en passant par tous les morceaux intermédiaires.

– Pour la composition d’« Electrifyed », vous avez donc dit vouloir renouer avec l’énergie de « Wild Cat » (1980) justement, le premier album du groupe. Qu’y trouvez-vous qui puisse manquer dans le Heavy Metal et le Hard Rock d’aujourd’hui pour vous replonger 46 ans en arrière ? Est-ce finalement plus une question de sensation et d’état d’esprit ?

Chaque groupe a sa propre ‘recette’. La meilleure comparaison est celle d’un cocktail : vous pouvez connaître chaque ingrédient, mais le mélange est totalement unique. Je suppose que si vous demandiez à chaque membre de ce groupe de définir notre son, la réponse serait différente… (Sourires) Ce qui est certain, c’est que nous ne nous inspirons pas des autres groupes. Notre son est la combinaison des contributions des cinq musiciens et de la conscience de ce à quoi une chanson de TYGERS OF PAN TANG doit ressembler. « Electrifyed » représente cela en 2026.

– D’ailleurs, si « Electrifyed » est plus Heavy Metal dans le son, et moins Hard Rock, cette impression de noirceur se retrouve jusque dans la pochette. Avez-vous voulu ce nouvel album plus sombre et plus grave ? Peut-être plus en phase avec une époque mondialement compliquée ?

Nous vivons une époque étrange et sombre, et même si nous voulions éviter d’être influencés par le quotidien, c’est impossible. C’est pourquoi cet album est sans aucun doute plus sombre.

– Justement, sur le morceau-titre, tu fais allusion au système judiciaire américain en introduction de la chanson. Faut-il y voir un écho à l’actuel président et ses frasques, ce qui ne manquerait pas de piquant pour un Italien chantant dans un groupe anglais ?

C’est Craig, notre batteur, qui a écrit les paroles de la chanson. Elle ne parle pas de la peine de mort en tant que telle, mais plutôt des pensées d’une personne coupable qui sait qu’elle va être exécutée. Nous voulions retranscrire en chanson ce moment où la vie et la mort coexistent dans l’esprit d’une même personne.

– Enfin, par rapport à ton chant, est-ce que ton interprétation diffère dans son approche quand tu es avec TYGERS OF PAN TANG, afin d’offrir une continuité dans son identité artistique ? Car, je rappelle que tu fais aussi partie des groupes General Stratocuster And The Marshals, Damn Freaks, Mantra, Norge et plus récemment Sainted Sinners…

Oui, tout à fait. Et pour cet album en particulier, j’ai dû travailler dur pour trouver la bonne interprétation et la bonne intention pour chaque chanson. Je traversais aussi des problèmes familiaux qui n’ont rien arrangé. On a diagnostiqué un cancer à mon père pendant que j’étais en studio. Et il est décédé moins d’un mois après la fin des enregistrements. J’ai dû trouver le moyen de transformer toute cette douleur en quelque chose de créatif. Ce n’était pas facile, mais maintenant, en écoutant l’album, je crois que j’y suis arrivé, car je peux l’écouter sans ressentir de tristesse.

Le nouvel album de TYGERS OF PAN TANG, « Electrifyed », est disponible chez Mighty Music.

Photos : Steven Christie

Retrouvez aussi la chronique de l’album précédent :

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Country-Rock Southern Rock

Wood Burnt Red : hot ride

Alors que l’Angleterre a déjà succombé à une vague Americana-Country très inspirée, il semblerait que le Southern Rock commence lui aussi à percer doucement. Ayant bien assimilé cette longue et riche tradition musicale, WOOD BURNT RED fait son apparition avec « Hold On Tight », un opus alliant puissance et mélodie et proposant une fraîcheur très contemporaine, loin de tout aspect consensuel. Les Britanniques jouent leur partition avec beaucoup de personnalité et devrait s’imposer assez naturellement sur la scène actuelle.

WOOD BURNT RED

« Hold On Tight »

(Independant)

Cela fait maintenant un petit moment que WOOD BURNT RED fait parler de lui outre-Manche grâce à des performances scéniques explosives et cela ne saurait plus tarder avant que la déferlante ne nous touche aussi. Originaire des Midlands, c’est pourtant du côté des Etats-Unis qu’il faut lorgner pour mieux saisir les sources d’inspiration des Anglais. Dans la lignée de la nouvelle génération de Rock Sudiste, allant de Blackberry Smoke à Whiskey Myers en passant par Robert Jon & The Wreck, ils s’engouffrent très habillement avec conviction.

Co-produit avec Tyler Spicer, qui a aussi participé à l’écriture des morceaux, « Hold On Tight » fait forte impression pour un premier album. Teinté de Country-Rock, le Southern Rock de WOOD BURNT RED s’inscrit dans son temps et même plus précisément dans la veine des Américains d’Orange County cités plus haut. Il ressort tout de même quelques sonorités européennes, notamment dans le traitement des guitares. Entraînant et sincère, le style du quatuor est d’une joie communicative, bien aidé par un songwriting efficace et rassembleur.

La voix captivante et agréablement éraillée de Tom Franklin, également six-cordiste, guide les chansons avec beaucoup d’entrain et un grain Country authentique. Sur un groove organique, WOOD BURNT RED libère une belle énergie grâce à ses deux guitaristes, tout comme aux indispensables notes de piano, sans doute distillées par son ancien claviériste Mike Mann, et qui renvoient aux belles heures de Lynyrd Skynyrd : le point fort de « Hold On Tight ». Les onze titres naviguent entre tradition et modernité avec beaucoup de doigté.

Photo : Lucy Cave

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Blues Rock International

Albert Castiglia : so british [Interview]

Sorti au cœur de l’été, « Grits & Glory » est probablement l’album le plus étonnant du guitariste et chanteur américain. Envoûtant dans le son et les ambiances, percutant comme il sait le faire à travers ses riffs et ses solos, ALBERT CASTIGLIA offre cette fois une saveur très british à son Blues Rock. Enregistré aux célèbres studios Abbey Road de Londres, on se doute bien qu’il s’est laissé porté par des influences anglaises qu’il n’a d’ailleurs jamais reniées. Saisi en formule trio, l’ensemble est direct et dégage une proximité vraiment immédiate. Difficile de lâcher ce treizième opus du bluesman, dont l’univers se dévoile finalement au fil des disques. Rencontre avec un artiste au style très libre et à l’instinct redoutable.

– Tout d’abord, puisque ce nouvel album a été enregistré à Londres, j’aimerais savoir quel impact le Blues britannique a eu sur ton jeu, toi qui as grandi en Floride et à Chicago, où le style est très prononcé et assez unique ?

Le Blues britannique a eu une influence majeure sur moi. Mon oncle possédait de nombreux albums de Led Zeppelin, des Who et des Rolling Stones, et c’est grâce à lui que j’ai découvert leur musique. Eric Clapton a été ma plus grande influence à mes débuts, et c’est lui qui m’a fait découvrir le Blues de Chicago. Ce sont les bluesmen britanniques qui m’ont finalement orienté vers Muddy Waters, Howlin’ Wolf et d’autres.. (Sourires)

– L’idée d’enregistrer un album à Londres, aux studios Abbey Road, t’est venue en parlant avec Olly Overton de Gulf Coast Records. Entre-temps, tu assorti « Righteous Souls » en solo, ainsi que « Live In Canada » et « Help Yourself » de Blood Brothers avec Mike Zito. Avais-tu déjà en tête l’idée d’un album réalisé en Angleterre pendant toutes ces années, et comment envisageais-tu cette future expérience ?

En fait, l’idée d’enregistrer à Londres m’est venue au début de l’année dernière. Olly m’a proposé d’enregistrer au Royaume-Uni et, un peu par plaisanterie, je lui ai suggéré de se renseigner sur Abbey Road. Il a pris la chose au sérieux et a réservé une semaine à Abbey Road en décembre. Je n’aurais jamais imaginé, même en rêve, mettre les pieds à Abbey Road ! (Rires) La vie m’a tellement donné et continue de le faire. J’en suis très reconnaissant ! (Sourires)

– « Grits & Glory » reflète clairement ton style et il reste fidèle à tes albums précédents, avec toutefois quelques touches distinctives. L’idée de faire un album entièrement consacré au Blues britannique t’a-t-elle traversé l’esprit, ou était-ce plutôt l’expérience du lieu qui comptait pour toi ?

L’album, de par son ambiance typiquement britannique, était déjà imprégné de cette identité, ne serait-ce que par le fait d’être enregistré dans ce studio. Nous avons utilisé des amplis Marshall et Vox AC 30 pour l’enregistrement. Mon producteur, grand disciple de George Martin, a employé certaines de ses techniques pour donner à quelques morceaux une sonorité proche des Beatles. Cependant, mes autres influences sont très présentes sur l’album : beaucoup de Southern Rock, de Blues américain, de Funk, de R&B, de Jazz afro-cubain… On y trouve un bel équilibre avec d’autres genres ! (Sourires)

– J’imagine que jouer et enregistrer aux studios Abbey Road est une expérience incroyable pour un artiste, ne serait-ce que pour l’Histoire qui imprègne ces lieux. Pourtant, vous y êtes allés en trio et « Grits & Glory » a également été enregistré en live. Alors, au final, y a-t-il eu plus de joie que d’appréhension ?

Uniquement de la joie ! (Sourires) Le groupe et moi avons savouré chaque instant. Si j’avais eu vingt ans, j’aurais peut-être été nerveux, mais j’ai la cinquantaine maintenant et je n’ai plus vraiment d’appréhension face aux défis, ou aux situations, qui me dépassent ! (Sourires)

– Et puis, tu ouvres l’album avec « In My America », une chanson très forte sur les divisions aux Etats-Unis. L’as-tu finalement composée comme un message aux Anglais, et plus largement aux Européens, parmi lesquels tu séjournais, car le symbolisme pourrait être très pertinent dans la situation actuelle ?

Mon message s’adresse à tous ceux qui veulent bien l’écouter. J’aurais enregistré cette chanson que je sois aux Etats-Unis, ou non. Quand j’écris une chanson, elle doit être sincère. Mon pays est plus divisé que jamais, au point que le monde entier le sait. Ne pas en parler serait fermer les yeux. Mes albums sont comme des journaux intimes sur disque. Nous avons bien plus de points communs que de différences. C’était le message principal que je voulais transmettre avec « In My America ».

– Comme on l’a dit, tu travailles sur cet album depuis quelques temps déjà. Concernant la composition, tant les paroles que la musique, as–tu défini le son global de l’album au fil du temps, ou tout s’est-il mis en place rapidement avant ton départ pour l’Angleterre ?

La majeure partie était prête. Nous avons peaufiné quelques détails à la dernière minute concernant les paroles et les arrangements, mais l’essentiel a été finalisé aux Etats-Unis.

– D’ailleurs, si on écoute attentivement « The Milk Is Still Good », on peut reconnaître un extrait de la mélodie de « Come Together » des Beatles. Est-ce une sorte d’hommage subtil que tu voulais glisser, puisque tu étais dans le studio où ils enregistraient souvent ?

Le subconscient est une chose merveilleuse ! (Sourires) Tout ce que je compose est une compilation de toutes les musiques qui m’ont influencé, donc cela ne me surprend pas que tu aies repéré « Come Together » dans « The Milk Is Still Good »… (Sourires) Ce n’était pas intentionnel, mais parfois l’univers nous réserve des surprises… (Sourires)

– Etonnamment, « Grits & Glory » dégage une impression assez différente des précédents : celle d’une grande liberté artistique, qui te permet de révéler d’autres facettes de ton jeu. L’idée de départ était-elle de te laisser carte blanche et de développer pleinement les vastes émotions que le Blues évoque, c’est-à-dire sans aucune limite ?

Oui, c’est ainsi que j’aime travailler. Il y a un mouvement dans mon pays, qui veut restreindre les sentiments, les pensées et les opinions et cela se déverse dans la créativité. J’ai toujours été un fervent défenseur de la liberté d’expression et aujourd’hui plus que jamais, les gens ont besoin de créer sans les contraintes extérieures. Je suis très heureux d’être dans un label qui me permet cette liberté. Certains veulent imposer leurs auteurs et leurs idées aux artistes. C’est leur choix, mais pas le mien. Il y a toujours des gens dans l’industrie qui signent un artiste pour en faire leur propre outil de création. Je me suis battu contre ça pendant des années et j’ai parfois perdu cette bataille. Maintenant, j’ai atteint un âge où je ne me soucie plus de ce que pensent les autres et je refuse qu’ils m’imposent leur philosophie créative. Si j’ai de la chance, il me reste encore une trentaine d’années à vivre. Je ne les passerai pas à me soumettre aux désirs de la société… (Sourires)

– J’aimerais parler un peu de la préparation de « Grits & Glory », au-delà de la composition. Quand vous êtes arrivé aux studios Abbey Road, tout était-il déjà bien en place avec ton bassiste Cliff Moore et ton batteur Ray Hangen, avec qui tu tournes également ? Ou vous êtes-vous laissé une certaine marge d’improvisation une fois sur place ?

Il y a toujours de la place pour l’improvisation. On arrive toujours en studio avec un plan de base, mais il est toujours amené à évoluer. C’est un peu comme la constitution d’un pays. Un plan peut et doit toujours légèrement dévier, car on peut trouver une meilleure idée une fois en studio. Il ne faut jamais exclure de petits changements.

– Enfin, cet été, vous étiez en Europe pour quelques concerts avec Blood Brothers, juste au moment où ton album sortait avec une photo de toi en couverture devant le célèbre Big Ben. Prévoies-tu de revenir jouer à Londres dans les prochains mois, et si possible en France également ?

Nous préparons une tournée en Europe et au Royaume-Uni pour mai 2027 environ. La France est définitivement sur ma liste. J’adore la France et cela fait longtemps que je n’y ai pas joué ! (Sourires)

« Grits & Glory » par ALBERT CASTIGLIA est disponible chez Gulf Coast Records.

Photos : Rob Blackham / Blackham Images

Retrouvez quelques chroniques de ses albums précédents, ainsi qu’avec Blood Brothers :