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Maison Dieu : le sens du rite

Le Doom est un vaste terrain de jeu et MAISON DIEU l’a bien compris. Explorant habillement toutes ses possibilités à travers une vision sans œillères du genre, les Transalpins franchissent des limites que beaucoup ne s’autorisent pas. Terriblement organique, ce premier album complet laisse déjà apparaître une créativité qui se défait des codes établis pour s’aventurer dans des univers musicaux très différents. Leur point commun : une mise en scène presque cérémoniale, souvent immersive et d’où peut aussi jaillir une explosivité née de l’urgence. « Città Nascosta » s’impose avec élégance.

MAISON DIEU

« Città Nascosta »

(Octopus Rising/Argonauta Records)

Il y a un peu plus d’un an, le trio signait un premier EP, « Herbacea », déjà très abouti. Fort d’une décennie d’existence, MAISON DIEU a pris son temps et sorti deux singles (« Sei 6 » et « Ellys ») seulement à partir de 2023. Derrière le caractère spirituel de son nom, le groupe prend des chemins sinueux à travers un Doom aussi Rock que Metal et aux accents Stoner et tribaux. En effet, les références des Italiens s’étendent de Messa à Nytt Land avec un côté Heavy et solide. « Città Nascosta » a tout du rituel, entre une noirceur omniprésente et une lumière bien réelle.

Malgré une atmosphère qui peut paraître ténébreuse sur le papier, la musique de MAISON DIEU est finalement assez solaire. Le mélange des langues y est pour beaucoup, puisqu’Ester (chant, guitare) chante dans sa langue maternelle, en anglais et dans une autre qu’elle a elle-même créé. Et cette diversité apporte une multitude de nuances à « Città Nascosta » dans l’approche des registres abordés. « Resta » et son climat néo-Folk ancestral est le parfait exemple des surprises que révèle ce premier opus. Ici, le Doom est aussi psychédélique que ravageur.

Aguerri par une belle expérience scénique acquise ces dernières années, le combo donne le ton avec force dès « Caligramma », où la rythmique s’impose. Le tandem très polyvalent formé de Mauro (basse, chant) et Ivan (batterie) met en évidence une belle maîtrise, loin des conventions. Quant à Ester, son travail sur les riffs est aussi exemplaire que sa prestation vocale, tout en variations. MAISON DIEU possède de belles fondations et son architecture musicale est très fertile (« Dio Ci Vuole Nudi », « Uroboro », « Loba » et le morceau-titre). Captivant !

Retrouvez la chronique de leur premier EP, « Herbacea » :