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Doom Hard 70's Stoner Rock

Alunah : hypnotique

La dynamique musicale adoptée par ALUNAH sur ce sixième album révèle une extrême maturité et surtout une grande maîtrise, qui permet au groupe de marier son Doom des débuts à des phases Hard Rock, progressives et psychédéliques. Avec « Strange Machine », le quatuor de Birmingham, la cité du Sabbath, lorgne vers l’excellence en s’ouvrant à d’autres horizons toujours très Stoner.

ALUNAH

« Strange Machine »

(Heavy Psych Sounds Records)

Chaque album d’ALUNAH est toujours une petite surprise en soi, tant ils sont différents les uns des autres. Et même s’il existe évidemment une continuité dans la discographie du groupe, à savoir une base Doom, la créativité des Anglais les pousse toujours un peu plus loin dans l’expérimentation et la quête d’une identité encore plus forte. Et « Strange Machine » se pose comme l’un des albums majeurs du combo.

Les changements de line-up déjà à l’œuvre sur le précédent album, « Violet Hour », semblent porter leurs fruits et ont ouvert bien des portes à ALUNAH. Toujours guidé par leur frontwoman Siân Greenaway et sa voix à la fois Soul, sensuelle et envoûtante, les Britanniques ont ajouté de la couleur à leur répertoire, qui portent désormais vers des ambiances Stoner et presque Desert.

Très solaire par moment (« Fade Into Fantasy », « Psychedelic Expressway »), c’est pourtant dans un Hard Rock doomesque et aérien qu’évolue dorénavant ALUNAH, tout en gardant ce côté épique (« The Earth Spins » avec Shane Wesley de Crowbar à la guitare) et un groove à toute épreuve (« Dead Woman Walking »). Avec « Strange Machine », le groupe est subjuguant de beauté et de clarté et son Stoner est éclatant.

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Jack And The Bearded Fishermen : contre vents et marées

Un vent de liberté souffle sur ce quatrième album de JACK AND THE BEARDED FISHERMEN, et l’univers dans lequel nous plonge « Playful Winds » regorge de nuances et d’inattendu. Le Heavy Rock teinté de Psych, de Stoner et d’un soupçon d’Indie du quintet français n’a aucune limite et il s’amuse habillement sur des contrastes saisissants.  

JACK & THE BEARDED FISHERMEN

«Playful Winds »

(Independant)

S’il s’est passé huit longues années entre « Minor Noise » et le tout nouveau « Playful Winds », c’est que les membres de JACK AND THE BEARDED FISHERMEN étaient bien occupés avec Horskh, Red Gloves et Go Spleen, groupes dans lesquels œuvrent certains d’entre-eux. Mais le quintet de Besançon est bel et bien de retour, et ce quatrième album vient confirmer un style toujours plus personnel.

Bruyant et épais de prime abord, « Playful Winds » se révèle être une réalisation très riche et organique où les détails se cachent souvent derrière des arrangements soignés et pertinents. Avec un line-up brut composé d’une rythmique basse/batterie, de trois guitares et de deux voix, JACK AND THE BEARDED FISHERMEN possède tous les arguments pour aborder les ambiances et les tessitures avec une grande liberté.

De profondeur et de relief, le groupe n’en manque pas. Mieux, il en joue au point de se faire hypnotique tout en restant tranchant et percutant (« Beware Of Birds », « From Above », « Lips As Martyr », « Silent Film »). Sur un Heavy Rock solide où s’invitent des sonorités Stoner et Noise, JACK AND THE BEARDED FISHERMEN libère une énergie, où le Psych des Français vient très souvent créer la surprise.

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Blues Rock Psych Southern Rock Stoner/Desert

Knuckle Head : electric road-trip

Pour son troisième album, KNUCKLE HEAD a encore laissé parler sa créative liberté artistique pour livrer un nouveau chapitre de sa Dark Country. Sur la base d’un Southern Rock très roots mâtiné de Blues, de Stoner et autour d’un son très brut où l’équilibre se fait naturellement, « Holsters And Rituals » est accrocheur et intense. Quant à la production et les arrangements, ils rendent l’ensemble irrésistible.

KNUCKLE HEAD

« Holsters And Rituals »

(Independant)

Toujours aussi atypique et indépendant, KNUCKLE HEAD continue son bonhomme de chemin, façon road-trip fiévreux aux embardées mystiques. Tout en continuant à explorer la Dark Country qui a fait sa réputation, le duo alsacien a encore étoffé son jeu pour libérer sur ce très bon « Holsters And Rituals » une énergie Rock Blues très directe, rugueuse et envoûtante. Ce troisième album vient confirmer l’énorme potentiel du groupe, dont les concerts sont vibrants à souhait.  

Digne successeur de « II » sorti en 2019, ce nouvel opus nous propulse dans un univers toujours aussi sombre, où le côté très roots du duo ressort de manière volcanique sur les neuf morceaux. Les lourdes rythmiques se conjuguent aux riffs sauvages et KNUCKLE HEAD déroule un registre où les nuances Psych, Stoner et Hard Blues s’accordent de façon jubilatoire. Jack Crowes (guitare, chant) et Jock Alva (batterie) se sont encore surpassés et l’atmosphère est électrique.

Comme toujours, l’alchimie est au rendez-vous et les deux musiciens avancent dans une complicité qui rend leur style si Southern unique et entraînant (« The Right Way », « Ritual »). Laissant parler le Fuzz (« Living Deep/Into The Night »), KNUCKLE HEAD se fait intense et massif (« The Necromancier », « Burn ») et s’offre même le luxe d’accueillir l’ancien fondateur du Blue Öyster Cult, Albert Bouchard, sur le génial « Existential Anger ». Chaleureux et bouillonnant !

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Alternative Rock post-Rock

[Going Faster] : First Draft / The Harts Industry

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

FIRST DRAFT – « Declines Are Long Gone » – Lylo Prod

Incroyablement créatifs, les Tourangeaux refont surface avec ce deuxième EP, « Declines Are Long Gone », et cinq morceaux où se multiplient les émotions à travers des pulsions musicales étonnantes. Fondé en 2016 par Marine Arnoult (batterie, chant) et Clément Douamdonne (basse chimérique), FIRST DRAFT emprunte bien des chemins, afin d’élaborer un style bien à lui. Particulièrement pointu, on peut sentir toute l’exigence technique et mélodique du duo. Pleines de relief, les compositions traversent et s’approprient des nuances à la fois Stoner, Shoegaze et parfois aux frontières de la Pop pour obtenir un post-Rock original. Entre une puissance affichée et une délicatesse toute en harmonie, FIRST DRAFT fait le lien avec un talent qui crève les yeux.

THE HARTS INDUSTRY – « All Covered In Gold » – Independant

Il émane un parfum très 90’s de l’univers musical de THE HARTS INDUSTRY et, personnellement, je ne m’en plaindrai pas. Après « Cherokee Hell », son premier EP en 2017, le quatuor français récidive avec un autre format court où se mêlent des ambiances à la fois intimistes et fougueuses. Avec « All Covered In Gold », le groupe se rappelle au souvenir d’une époque après laquelle il semble courir. De fait, le Soft Rock teinté d’Alternative fait planer une certaine mélancolie, qui a son charme. Les cinq morceaux ne lésinent pas sur les refrains entêtants et quelques riffs bien appuyés, tout en se laissant aller à s’évader dans des passages plus planants et vaporeux. THE HARTS INDUSTRY pose de belles mélodies bien mises en valeur par une production très soignée.  

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Doom Stoner/Desert

Fostermother : atmosphères doomesques

La lumière qui régnait et se dégageait du premier album éponyme du trio américain a laissé place à une sorte de pénombre saisissante dans laquelle FOSTERMOTHER se meut avec une aisance assez déconcertante. « The Ocean » s’inscrit dans son époque et l’heure n’est plus à la réjouissance, mais à un Doom solide et lancinant.

FOSTERMOTHER

« The Ocean »

(Ripple Music)

En juillet 2020, les Texans avaient déjà impressionné grâce à un premier album très réussi. En dehors d’un changement de batteur avec l’arrivée de Jason Matomedi derrière les fûts, FOSTERMOTHER est toujours guidé par son leader, le chanteur et guitariste Travis Weatherred, dont les compositions sont de plus en plus pertinentes à travers un Stoner Doom toujours plus maîtrisé.

Le trio d’Austin se montre cette fois beaucoup plus massif, lourd et pesant que sur son premier album éponyme. « The Ocean » traite de l’isolement et de ses conséquences. De fait, FOSTERMOTHER affiche un côté plus sombre, plus Doom et loin des touches Heavy et Fuzz, qui ont depuis disparu. Très efficace et aussi très enveloppant, ce deuxième opus n’est pas des plus optimistes.

Le volume de la rythmique et l’épaisseur des riffs donnent l’impression d’une brume omniprésente, qui rend les morceaux de « The Ocean » très compacts et presqu’oppressants. FOSTERMOTHER développe sur ce deuxième album un son identifiable et très personnel, qui le rend même assez inconfortable par moment. Le trio américain affiche une force et une détermination décuplées. Dur et obscur.

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Doom Hard Rock Stoner/Desert

Hazemaze : le diable dans les yeux

Accrocheur et percutant, le trio suédois avance dans un Rock occulte, qui emprunte autant au Hard Rock 70’s et au Doom qu’au Stoner avec un côté sombre, lourd et  obsédant. Grâce à un chant clair, ni growlé, ni screamé, HAZEMAZE surfe sur des mélodies addictives et prenantes. Ce troisième album, « Blinded By The Wicked », séduit, envoûte et est littéralement ensorceleur.

HAZEMAZE

« Blinded By The Wicked »

(Heavy Psych Sounds Records)

Apparu en Suède en 2016 avec un premier EP, « Wicked Ways », HAZEMAZE n’a eu de cesse depuis de produire un Rock Hard occulte fortement marqué par un Hard estampillé 70’s sur un groove saisissant et surtout des riffs massifs et mélodiques. Après un peu plus de cinq ans d’un travail acharné, le trio scandinave continue sur sa lancée avec un troisième album, « Blinded By The Wicked », diabolique à souhait.

Ludwig Andersson (guitare, chant), Nils Einéus (batterie) et Estefan Carrillo (basse) sont véritablement habités et possédés par un impact et des vibrations directement issus de l’enfer. Obscur et épais, « Blinded By The Wicked » semble une fois encore tout droit sorti des abîmes et HAZEMAZE semble s’en régaler et porter la parole démoniaque aussi souvent et fortement que possible.

Sur des guitares et un esprit très sabbathien, les Suédois mènent leur barque avec aisance et une solide assurance (« Devil’s Spawn », « Ethereal Disillusion »). Passé un interlude que n’aurait pas renié Richie Blackmore (« Sectarores Et Principes »), HAZEMAZE ne laisse aucun répit et repasse aussitôt à l’attaque (« Divine Harlotry », « Luciferian Rite »). Le grand tremblement.

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Psych Stoner/Desert

Snake Mountain Revival : variations intemporelles

SNAKE MOUNTAIN REVIVAL semble être né sous une bonne étoile, tant les vibrations qui émanent de « Everything In Sight » sont lumineuses et invitent au rêve. L’univers psychédélique du trio américain se fond dans un Stoner Rock souvent Heavy et positif. Très créatif, le groupe avance dans des atmosphères planantes et vertigineuses sur un premier album de haute volée.

SNAKE MOUNTAIN REVIVAL

« Everything In Sight »

(Rebel Waves Records)

L’ombre de Randy Holden plane sur ce premier très bon premier album de SNAKE MOUNTAIN REVIVAL. Précurseur de l’Acid Rock et même du Doom, le guitariste américain a laissé une empreinte gigantesque sur la scène Heavy Stoner Psych actuelle et le trio de la côte est des Etats-Unis en est adepte. Sans pour autant en être trop influencé, le sceau du musicien des années 70 est manifeste sur « Everything In Sight ».

Ryan Chandler (basse, chant), Zack Trowbridge (guitare) et Josh Woodhouse (batterie) ont beau venir d’horizons musicaux différents, ils ont en commun un sens du groove, une même vision du psychédélisme et un goût certain pour les jams. De fait, SNAKE MOUNTAIN REVIVAL s’aventure dans de nombreux registres, passant du Rock au Heavy et du Blues au Doom avec une grande facilité.

Sur des chardons ardents, alternant les fulgurances explosives et les atmosphères planantes, le trio enchaine les riffs savoureux avec des solos endiablés sur des titres à la fois techniques et plein de feeling (« Satellite Ritual », « Graveyard Grove », « Pheremone », « Water Moccasin »). Très accrocheur, SNAKE MOUNTAIN REVIVAL enflamme ses morceaux brillamment (« Moon Baron », « Valley Of Madness »). Rayonnant !  

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Sludge Stoner Metal

Going Faster] : Modder / Restless Spirit

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

MODDER – « Modder » – Lay Bare Recordings & Consouling Sounds

Pour son premier opus, MODDER n’y est pas allé de main morte. Sur quatre morceaux s’étalant sur une grosse demi-heure, le quintet belge avance de solides arguments à travers un Stoner Doom instrumental aux reflets à la fois Sludge et Progressif. Sur près de dix minutes, « Mount Frequency » déploie une machine à riffs qui semblent infinie tant ceux-ci se succèdent avec frénésie et efficacité. L’énorme travail effectué sur les atmosphères rend ce premier enregistrement éponyme saisissant et captivant. Dans un registre Doom, MODDER sait aussi se montrer dynamique et percutant (« Wax Ritals », « Spasm »), tout en maintenant ce son écrasant et cette épaisse rythmique. Avec une réalisation très aboutie, les Belges ne vont pas tarder à s’installer durablement dans l’univers Doom Sludge mondial.

RESTLESS SPIRIT – « Blood of the Old Gods » – Lifeblood Records

Depuis quatre EP et un album, c’est depuis Long Island, son quartier de New-York, que le trio élabore son Heavy Stoner Doom avec minutie et puissance. Avec une technique sans  faille, le combo se présente avec « Blood of The Old Gods », un opus terriblement massif et dévastateur. Faisant les beaux jours de la scène underground de la Grande Pomme depuis 2015, RESTLESS SPIRIT évolue à grands coups de riffs dans un univers épique basé sur un Heavy tranchants. Mélodique, le Doom percutant du combo s’inscrit dans la lignée de Crowbar et Type O Negative avec virtuosité et talent. Et avec des éléments progressifs, les Américains côtoient même le Sludge dans un élan fracassant. Une tornade métallique dont il est difficile de se défaire.

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Blues Rock Stoner/Desert

No More Winters : vagabondage bluesy

C’est avec beaucoup de fraîcheur et de finesse dans le jeu que NO MORE WINTERS se précise sur son premier album, « Sedentary Nomads ». Entre Blues et Desert Rock, le duo évolue dans un registre roots et authentique et la sincérité des morceaux de cet opus autoproduit se révèle attachante et entraînante.

NO MORE WINTERS

« Sedentary Nomads »

(Independant)

Après un premier EP en 2018 (« Back In The Saddle »), NO MORE WINTERS poursuit sa route et a récemment livré son premier album, « Sedentary Nomads », très bien autoproduit. Le trio à deux, composé de Tim (guitare, chant)  et Klovis (batterie, claviers), évolue dans un univers Rock largement dominé par un Blues Rock aux saveurs Desert et Stoner. Une variété tout en finesse.  

Les 12 morceaux très roots et bruts composent une sorte de road-trip enjoué et basé sur des histoires de voyage, de rencontres et de questionnements. Entre le Nantais et le musicien des Deux-Sèvres, l’entente est évidente et NO MORE WINTERS propose un registre à la fois relevé et intimiste. Relativement épuré sans son ensemble, « Sedentary Nomads » va à l’essentiel avec brio.

La configuration originale du duo lui offre de multiples possibilités en passant d’un Blues Rock énergique (« Oh Luiza », « Ain’t So Bad », « Wrong Train ») à des titres plus Desert Rock et même légèrement Stoner (« Can’t Feel The Rain », « Send Me Down A Sign », « What Could’ve been »). Le dobro s’invite aussi dans le répertoire de NO MORE WINTERS (« Never Stop Trying ») avec une touche Southern. Un  régal !

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Alternative Rock

Killing Volts : ensorceleur et volcanique

Engagé et révolté, le quatuor suisse KILLING VOLTS débarque avec fureur et un premier album massif, mélodique et très Rock. Dans un esprit légèrement Punk et dans une ambiance penchant vers les 70’s en tirant sur le Stoner, les Helvètes soufflent le chaud et le froid avec une belle assurance et un sacré sens du groove. Mature et solide.

KILLING VOLTS

« Symptomatic Dilemma (Of A Post-Capitalist Mind) »

(Electric Maze Records/Urgence Disk)

KILLING VOLTS n’est pas là pour conter fleurette et sonne la charge dès « Love Sailed », qui ouvre l’album. Le quatuor suisse sort son premier opus, « Symptomatic Dilemma (Of A Post-Capitalist Mind) », après un EP de quatre titres en 2016 qui lui a permis d’aller distiller son Rock très alternatif bien au-delà des frontières helvétiques et de même de créer son propre label et son studio.

Bondissant et hyper-groove, KILLING VOLTS livre huit morceaux aussi racés et percutants que l’est l’ensemble de l’album. Guidé par sa frontwoman Tania Silversen (guitare, chant) très bien accompagnée par Al Castro (guitare, basse), Antoine Superflej (basse) et Math Sink (batterie), le combo se déploie avec assurance dans un registre aux multiples saveurs, preuve d’une belle créativité.

Sur des textes frondeurs interrogeant et dénonçant à la fois les dérives et les injustices de notre société, les Suisses sont loin d’être neutres et se montrent même très virulents (« Not A Saint », « Low », « Another Man’s War »). KILLING VOLTS alterne entre morceaux aux accents Grunge, Rap façon RATM dans le chant et même Stoner sans sourciller et sort un premier album explosif.