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Alternative Metal Alternative Rock Grunge Nu Metal

Little Pig : so big

Grosses guitares, solide rythmique et refrains entêtants, le recette de LITTLE PIG est simple et a fait ses preuves depuis les années 90 du côté de Seattle. Vous l’aurez compris, le trio italien, dans un Alternative Rock/Metal massif et addictif, distille un Grunge puissant et très actuel, qui ne fait pas dans la demi-mesure. Pour un peu, on prendrait un sacré coup de jeune !

LITTLE PIG

« Little Pig »

(Wormholedeath Records)

Ne croyez surtout pas qu’avec un tel patronyme, LITTLE PIG est là uniquement pour la rigolade ou encore moins pour faire les choses à moitié. Loin de là, le trio développe avec la plus grande fermeté un Alternative Metal/Rock nourri au Grunge des 90’s et franchement costaud. Après s’être aguerris au sein de plusieurs formations, les Italiens ont décidé de prendre les devants ensemble et bien leur en a pris.

Avec ce premier album éponyme, LITTLE PIG montre les crocs et livre à travers sept morceaux un style bien à lui et qui se veut bien plus original que la plupart des combos actuels du même genre. Alessio Suzzi (chant, basse), Davide Maghini (batterie) et Agostini Marino (guitare, chant) ne sont pas là pour faire de la figuration comme en témoigne la cascade de riffs acérés et de mélodies exaltantes.

Très efficaces dans leur composition et bien produits, les titres de « Little Pig » laissent apparaître un enthousiasme communicatif (« 27 », « Cameo ») et une fougue peu contenue. LITTLE PIG a pris le soin d’apporter beaucoup de modernité à son jeu avec quelques touches de Nu Metal qui se fondent parfaitement dans un esprit originel du genre très présent (« Hardened Soul », « Uncle Jack » et le morceau-titre). Réjouissant !

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Dark Metal Metal Progressif Symphonic Metal

Sleeping Romance : dark feelings

Et si ce récent changement de chanteuse allait enfin permettre à SLEEPING ROMANCE de prendre son envol et d’acquérir cette stature plus imposante qui lui tend les bras et qui serait amplement méritée ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser à l’écoute de ce très bon « We All Are Shadows », qui navigue entre Metal Progressif et Symphonique avec un côté dark et moderne plus prononcé qu’à ses débuts.

SLEEPING ROMANCE

« We All Are Shadows »

(NoCut Entertainment)

Depuis un peu plus de dix ans, les Italiens nous ont habitués à un Metal Symphonique dans la veine d’Evanescence et de leurs compatriotes de Lacuna Coil, mais pour « We All Are Shadows », SLEEPING ROMANCE a apporté quelques ajustements à son registre. Plus sombre et plus lourd, ce troisième album voit tout d’abord l’arrivée de Lina Victoria au chant dans un  style très féminin et envoûtant, mais volontaire et solide.

Toujours mené de main de maître par Federico Truzzi (guitare, claviers, piano, production) qui a imposé une forte empreinte classique sur ces nouveaux titres, SLEEPING ROMANCE conserve son côté très mélodique, parfois parsemé de growls, où la douceur et la délicatesse de la nouvelle frontwoman font des merveilles. D’une grande fraîcheur et très coloré, les Transalpins se renouvellent avec brio.

Puissant et accrocheur, « We All Are Shadows » est probablement la réalisation la plus aboutie de SLEEPING ROMANCE. Un brin théâtral dans son approche, l’ensemble reste très groovy, Metal et entraînant. Les repères sont toujours présents et le quintet développe un jeu plus progressif, profond et peut-être aussi moins extravagant (« Smoke And Mirrors », « Stuck In Your Hand », « Ressemblance Of Light », « Haven »). Une parfaite transition.

Photo : Bianca Serena Truzzi
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Proto-Metal Stoner Doom Stoner Rock

Godwatt : électrisant

Grand artisan de la scène Stoner italienne, GODWATT n’en finit pas de surprendre en se renouvelant au fil des albums. Bien qu’ancré dans un registre qui a fait ses preuves, le trio parvient avec une facilité déconcertante à modeler son Doom dans un Metal mélodique et accrocheur. « Vol. III » a clôt 2022 avec brio !

GODWATT

« Vol. III »

(Time To Kill Records)

Jusqu’en 2012, soit six ans après sa création, il fallait encore ajouter ‘Redemption’ au patronyme de GODWATT. « Vol. III » n’est donc pas la troisième production des Italiens, mais leur septième… et elle est de taille. Dynamique et puissant, le groupe offre un mix généreux et savamment dosé entre un Stoner Metal vivifiant et un Doom qui va puiser dans les origines-mêmes du style.

Composé de Moris Fosco (guitare, chant), Mauro Passeri (basse) et Jacopo Granieri (batterie), GODWATT montre sa faculté, sur ce nouvel opus, à pouvoir réunir les fans de Hard et de Heavy 70’s, de Doom et de Stoner Rock exalté. Grâce à un travail remarquable sur la variété des riffs, la folie des solos, une voix et des chœurs fédérateurs et une rythmique implacable, le groupe régale. 

Cela dit, les Transalpins ne donnent pas dans le revival et s’inscrivent au contraire dans une modernité bien réelle, musclée et servie par une production impeccable. Chantés dans sa langue maternelle, les morceaux de GODWATT prennent un relief original et une couleur mélodique très spéciale (« Signora Morte », « Croce », « Delirio », « Oscura », « Lamenti »). Fin et bien charpenté.

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Dark Gothic Heavy metal Horror Metal

Deathless Legacy : le diable au corps

Occulte et horrifique, DEATHLESS LEGACY n’a pourtant pas peur de faire un Metal accessible, très mélodique aux teintes progressives dans un écrin où la production massive joue un rôle essentiel et fédérateur. Capable de se fondre dans un Dark Rock comme dans un Power Metal costaud, les Italiens ouvrent la voie à une carrière qui n’attend dorénavant que son décollage. Et « Mater Larvarum » devrait sans problème les y aider.

DEATHLESS LEGACY

« Mater Larvarum »

(Scarlet Records)

Même si le groupe a été fondé en 2006, on compte sur les doigts d’une main les fois où les Italiens ont quitté leur Italie natale pour se produire. Pourtant, à l’écoute de ce « Mater Larvarum », la puissance et les mélodies qui en émanent sont d’une grande intensité et d’une maîtrise totale. Mené par sa fougueuse frontwoman, DEATHLESS LEGACY s’impose avec talent sur ce sixième album, qui devrait enfin les installer sur la scène européenne.

Héritier direct du mythique combo transalpin Death SS, le quintet (accompagné d’une ‘performeuse’ sur scène) affiche un style à la fois musclé et tendu mais évolue également dans des sphères plus progressives et même symphonique et gothique dans leur approche. En réalisant un album-concept renouant avec un Heavy Horror cher à King Diamond, DEATHLESS LEGACY nous projette dans un monde de férocité féminine pourtant sexy. 

En démarrant ce très bon opus avec « Ora Pro Nobis », la formation annonce la couleur. Dark et effrayante, les atmosphères se révèlent accrocheuses et regorgent de refrains entêtants (« Moonless Night », « Nightfall »). Au chant, Steva livre une performance solide en jouant sur une grande puissance vocale et un timbre qui lui permet bien des audaces (« Hollow », « Altar Of Bones », « Run » et le morceau-titre). DEATHLESS LEGACY s’impose de belle manière !

Photo : Andrea Falaschi (Frater Orion)
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post-Rock Psych Stoner/Desert

Aktopasa : embarquement immédiat

C’est à un périple paisible et serein, mais non sans péripéties et soubresauts, que nous invitent les Italiens d’AKTOPASA avec leur deuxième album. En tout point réussi, il nous porte d’un Psych Rock planant à un Stoner/Desert relevé en passant par des ambiances post-Rock saisissantes. « Journey To The Pink Planet » propulse un souffle d’air frais réconfortant et salvateur….

AKTOPASA

« Journey to the Pink Planet »

(Argonauta Records)

Fondé en 2017 autour des canaux de Venise, AKTOPASA a le don de faire de son Psych Rock un beau voyage musical. Après un album en 2018 (« Mulachara »), puis un EP l’année suivante (« Sun »), le trio italien livre un deuxième opus tout en progression et mêlant plusieurs registres. Et sur « Journey To The Pink Planet », la montée en puissance est rondement menée et avec un incroyable feeling.

Très progressifs et éthérés, les trois premiers morceaux évoluent dans des sphères plutôt post-Rock et aériennes, comme si AKTOPASA préparait le terrain pour mieux élaborer une évasion sonore inéluctable. C’est sur « It’s Not The Reason » que les premières (et les seules) paroles se font entendre, le reste de l’album étant entièrement instrumental. Et c’est précisément à partir de ce titre que les Transalpins haussent le ton.

L’intensité monte et sans perdre de sa fluidité, AKTOPASA s’engouffre dans un Stoner/Desert Rock où les riffs se font plus lourds et le rythme plus soutenu (« Agarthi », « Sirdarja », « Foreign Lane »). Palpitant et sauvage, « Journey To The Pink Planet » regorge de surprises et d’arrangements subtils d’où s’échappent quelque touches orientales. Très bien produit, l’ensemble est addictif.

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Alternative Metal Alternative Rock

Silence is Spoken : assourdissant de passion

Avec ce nouvel effort de SILENCE IS SPOKEN, « 11 », le beau soleil de Florence laisse place à un ciel assombrit et menaçant. L’Alternative Metal/Rock des Italiens est tellement dense qu’il procure des sensations qui nous plongent dans une immersion musicale bluffante de beauté et véritablement séismique.

SILENCE IS SPOKEN

« 11 »

(Wormholedeath Records)

Ils viennent de Toscane, se sont formés à Londres et pourtant leur son n’est pas sans rappeler Seattle et sa légendaire scène Grunge. Cependant même si Soundgarden et Eddie Vedder semblent avoir marqué le groupe, une imposante touchante Metal jaillit de ce troisième et très bon album de SILENCE IS BROKEN. En 15 ans d’existence, le quatuor s’est construit un univers sombre et captivant.

Sur une production exceptionnelle à la fois profonde et massive, les Italiens évoluent dans un Alternative Metal/Rock précis, très structuré et doté d’une énergie que le groupe catalyse parfaitement. Pour autant, SILENCE IS SPOKEN ne se fait pas prier pour la libérer avec une puissance incroyable. Et grâce à leur excellent frontman, Samuele Camiciottoli, les Transalpins jouent sur plusieurs registres.

Intense et raffiné, le combo joue sur les émotions. La densité et l’articulation des titres sont l’une de ses forces que l’on le retrouve sur l’ensemble de « 11 » (« A Good God », « 1984 », « War ABC Song »). Parfois éthérés tout en restant très solides, les morceaux de SPOKEN IS SPOKEN se révèlent addictifs (« 1000 Petaled Lotus », « Mud Bones Worms », « Genesis 19/24 »). Tout simplement époustouflant !

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Metal Progressif

MindAheaD : un imaginaire technologique

Dans un style technique et progressif, les Transalpins de MINDAHEAD poursuivent leur voyage avec le deuxième volet de leur trilogie, dont le dernier volume est d’ailleurs déjà en cours de production. « 6119 – Part 1 » est un album très riche musicalement et aux atmosphères très travaillées. De la belle ouvrage !

MINDAHEAD

« 6119 – Part 1 »

(Rockshots Records)

Actif depuis ses débuts en 2017 avec un premier album étonnant, MINDAHEAD continue de surprendre en livrant la suite de « Reflections ». En effet, « 6119 – Part 1 » est la seconde partie d’une trilogie. Sans entrer dans les détails de l’histoire du protagoniste dont le nom chiffré donne son titre à cette nouvelle réalisation, il s’agit d’un album-concept ambitieux et pointu.

Dans un monde dystopique, MINDAHEAD propose une épopée musicale futuriste où la technicité et la créativité de ses membres font des merveilles. Avec un petit côté avant-gardiste, le sextet italien multiplie les fulgurances et les envolées sonores dans un registre progressif, où Metal et Rock se rejoignent avec une élégance et une assurance de chaque instant.

Emmené par un duo vocal hors-pair (la chanteuse Kyo Caliti et le frontman Sandro Macelloni), MINDAHEAD affiche une expérience redoutable grâce à une rythmique puissante et deux guitaristes plein de finesse. Sans avoir froid aux yeux, les Italiens s’étendent sur 17 minutes avec « Dancing In The Desert » et 12  autres sur les deux parties de « At The Gate Of Night ». Renversant !

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International Rock Progressif

Imaginaerium : renaissance symphonique [Interview]

Ultime projet d’Eric Bouillette (Nine Skies, Solace Supplice), IMAGINAERIUM est né de sa complicité et de son travail avec la chanteuse italienne Laura Piazzai et le multi-instrumentiste anglais Clive Nolan. Une partition qui ne se limite pas au trio, puisque « The Rise Of Medici » regroupe pas moins de neuf musiciens, chanteuses et chanteurs. En immersion dans l’Italie du XVème siècle, l’album-concept narre la montée au pouvoir de la famille Médicis dans un style progressif et symphonique de haute volée. Ambitieux, théâtral et très Rock, le style affiché met en lumière une démarche artistique assez unique et menée de main de maître. Malgré la récente disparition d’Eric, « The Rise Of Medici » vient de sortir et rayonne déjà de toute part. Particulièrement intense et riche en émotion de toutes sortes, l’album invite à la rêverie et pique forcément aussi la curiosité. Entretien avec Laura Piazzai et Clive Nolan.

– Tout d’abord, la première question qui me vient à l’esprit est d’avoir votre sentiment sur la sortie de cet album, car elle est très particulière. IMAGINAERIUM est aussi et surtout le projet d’Eric Bouillette, dont la disparition nous a tous bouleversé. Dans quel état d’esprit êtes-vous tous les deux ? C’est un album doublement chargé en émotion…

Clive : En effet, c’est tellement triste qu’Eric n’ait pu voir son projet sortir sur un format physique. Mais il a au moins pu entendre l’album terminé et il était très satisfait du résultat. Néanmoins, j’ai un sentiment positif sur cet album, je pense qu’il nous réserve de bonnes choses !

Laura : Cet album a commencé avec Eric et il a été comme un rêve pour nous tous. Ce projet a été façonné par l’enthousiasme, des sentiments heureux et d’amitié avec uniquement des ondes positives. Quand vous perdez l’un de vos piliers de manière aussi dramatique, bien sûr, vous vous sentez perdus au début. Mais immédiatement après, il faut repartir de l’avant et se concentrer encore plus profondément sur ce qui doit être fait. Dans un grand projet comme celui-ci, il n’est pas toujours facile de gérer ‘l’après’, mais c’est ce que nous faisons aujourd’hui avec le groupe fantastique que nous avons créé. Il est extrêmement important pour nous de continuer ce qu’Eric a commencé et nous vous promettons que ce n’est que le début, comme il l’avait dit lui-même. Le pire pour moi, et pour nous tous, c’est qu’Eric n’a pas pu tenir l’album entre ses mains, mais je sais qu’il nous regarde et je sens qu’il sourit où qu’il soit maintenant et son incroyable esprit sera toujours avec nous. Nous ne l’oublierons jamais.

– Clive, tu as enregistré et composé l’album avec Eric. Comment vous êtes-vous répartis les rôles et, outre l’aspect musical, est-ce que des recherches historiques approfondies ont été nécessaires pour l’écriture de cette fresque qui dépasse même la fiction ?

Une fois que j’ai rejoint le projet, j’ai fait quelques recherches pour avoir une idée de l’histoire des Médicis. J’ai tout de suite compris que je devais me concentrer sur les origines de leur montée au pouvoir. Ensuite, j’ai écrit un concept pour l’album et je l’ai présenté à Eric. Il a aimé, alors j’ai commencé à considérer d’autres aspects comme le nombre de chanteurs et le format orchestral. Eric avait écrit six morceaux et cinq ont été retenus, puis j’ai écrit le reste. Ca a vraiment été un processus assez facile et la musique est venue toute seule.

– « The Rise Of Medici » retrace plusieurs épisodes de la vie de Cosimo et Contessina de Medici au XVème siècle. Est-ce qu’au début du travail d’écriture, tu avais déjà en tête quels artistes endosseraient le rôle des principaux protagonistes, car il y a un aspect théâtral qui rend l’exercice très particulier ?

Laura tenait déjà le chant principal et j’ai suggéré Andy et Elena. Je n’avais pas vraiment l’intention d’être le quatrième chanteur, mais l’idée de jouer le ‘méchant’ était plutôt attrayante, alors j’ai finalement endossé le rôle. Une fois que le choix des chanteurs était établi, il a été plus facile de créer leurs parties vocales.

– Laura, tu es aussi à l’origine de la création du groupe. En tant qu’Italienne, j’imagine que cette histoire te touche et te concerne encore plus. Quelle a été ton implication au cœur de ce concept, et as-tu fait quelques prospections sur le personnage de ton côté, afin de mieux l’incarner ?

Eh bien, en tant qu’italienne, j’aime l’art et l’Histoire de mon pays et l’idée de les mettre en musique m’a complètement captivé. Pour mon interprétation, j’ai beaucoup lu sur Contessina De Bardi, mais je me suis davantage intéressée à elle en imaginant ses pensées, ses sentiments et ses émotions, et en prenant en compte toutes les responsabilités et les devoirs qu’elle portait sur ses épaules. Je voulais donner du sens à sa part de vulnérabilité et à sa fragilité, mais surtout donner de l’énergie, afin de représenter la force de sa position au sein de la famille. J’ai un peu créé ma propre Contessina, comme j’imagine qu’elle aurait pu être et j’espère lui avoir rendu justice.

– Au-delà du chant, il y a un véritable jeu, presque d’acteur, dans ton interprétation. Est-ce qu’IMAGINAERIUM t’a aussi permis d’explorer d’autres facettes de ton travail et qui ont d’ailleurs peut-être été révélatrices de nouvelles envies artistiques ?

Merci pour cette belle question ! Oui, c’est un album-concept qui demande plus que des compétences vocales, et tu as raison quand tu dis que derrière le personnage il y a une sorte de jeu d’acteur. Pour que les auditeurs plongent dans l’histoire, il faut la faire vivre et laisser le toucher du doigt le personnage. Il doit avoir la sensation de presque ‘voir’ ce qu’il écoute. C’est la raison pour laquelle Clive a eu l’idée de ces trois voix avec de grandes personnalités. Je pense qu’avec sa musique et avec « The Rise of Medici », j’ai montré que je pouvais évoluer dans différents registres. A chaque fois que je commence quelque chose de nouveau, c’est toujours une aventure pour moi et j’y mets tout mon cœur et ma passion. J’essaie toujours de proposer des choses nouvelles dans chaque projet. J’adore explorer de nouvelles directions avec ma voix et découvrir d’autres possibilités.

– Clive, lorsqu’on écoute l’album, on se rend compte de l’incroyable travail effectué au niveau de la composition, des arrangements et de la production. Comment est-ce qu’on aborde ce genre de projet si ambitieux ? Quel est le point de départ en dehors de la trame narrative principale ?

Dans ce cas, c’était facile… J’ai juste rebondi sur le matériel de départ qu’Eric avait fait. Une fois que j’ai vu ce qu’il essayait de réaliser, je suis parti de là. Je savais que ça devait être mélodique et épique, alors c’est ce que j’ai tenté de faire ! Avec toutes les orchestrations et les chœurs, ainsi que le groupe et les chanteurs, c’était tout un défi à relever…

– A l’écoute de « The Rise Of Medici », on se rend compte de la très grande richesse musicale qu’il contient. On te retrouve dans ton univers progressif bien sûr, dans lequel viennent s’intégrer des éléments symphoniques, Rock et même un peu Heavy dans les guitares, mais aussi des aspects très théâtraux et d’autres plus médiévaux en rapport avec l’époque de l’histoire. Pour connaître ton travail, IMAGINAERIUM se présente-t-il un peu comme une sorte d’accomplissement artistique ?

J’aime penser que chaque album que je fais est une sorte d’accomplissement, mais ce n’est pas quelque chose sur lequel j’ai tendance à m’attarder. Je suis fier du travail que nous avons tous fait sur « The Rise of Medici » et le résultat est excellent. Il faut maintenant attendre et voir ce que les auditeurs en feront. Il y a déjà de très bonnes critiques.

– Laura, tu partages le chant avec Andy Sears, Elena Vladyuk, Mark Spencer et Clive aussi. Y a-t-il eu un esprit ‘troupe’ comme on peut le retrouver au théâtre notamment, dans le sens où les échanges ont dû être plus nombreux entre vous au fil de cette narration musicale ?

Avec Andy et Clive, cela s’est fait très naturellement. J’aime leur talent d’interprétation et ça a été une chance de pouvoir m’amuser à chanter avec eux. C’était un rêve pour moi d’entendre trois voix très Rock et d’enregistrer ces duos. Avec Elena, c’était différent. J’ai l’impression de la connaître depuis des lustres, mais en fait, nous ne nous sommes jamais rencontrées. Nos voix et nos styles sont si différents, et pourtant l’ensemble fonctionne très bien. C’était vraiment une merveilleuse aventure de chanter avec elle.

– Comme j’ai pu le dire à Eric la première fois que j’ai écouté l’album, c’est qu’on n’est pas dans un registre, ou même un concept, d’Opera Rock ou de comédie musicale. On a plutôt le sentiment d’écouter une histoire du début à la fin et en musique. Le fil conducteur est évident et c’est difficile de prendre l’album en cours. Est-ce que c’est aussi ton impression et surtout l’envie de départ ? Créer une sorte de conte historique musicale ?

Laura : Oui, c’est exactement ce que nous avions compris, lorsque nous avons commencé. Nous voulions simplement qu’il soit épique comme l’histoire qu’il raconte, et symphonique comme la musique qu’on peut entendre. Un immense morceau d’Histoire raconté par quatre voix. Comment traduire ‘Huge’ en musique ? De grandes voix, de grandes orchestrations, un scénario puissant et enfin réussir à inviter le public dans votre vision du concept. Je pense que nous avons réussi. L’auditeur peut fermer les yeux et s’imaginer faire partie de l’histoire. Nous voulions vraiment l’accompagner avec cet album. Et d’ailleurs, la même chose se produit avec le magnifique album bonus.

– Evidemment, quand on écoute « The Rise Of Medici », les images se bousculent et chacun peut visualiser à sa manière le déroulé de l’histoire. Y as-tu pensé aussi au moment de l’écriture, Clive ? Et toi, Laura, as-tu chanté ‘en costume d’époque’ pour ainsi dire sur certains morceaux ?

Clive : Je pense que nous étions très conscients de la période représentée par la musique de l’album. J’aime penser que chaque chanteur s’identifie à un personnage et j’espère que l’auditeur pourra lui aussi vivre cette histoire en écoutant l’album.

Laura : Je vais te décevoir, mais non ! (Rires) Je suis complètement submergée par l’interprétation et j’essaie d’exprimer le mieux possible les sentiments quand je chante. La partie visuelle vient après dans mon esprit.

– Clive, enfin et malgré les tristes évènements récents, conserves-tu dans un coin de la tête le désir de voir un jour IMAGINAERIUM sur scène ? Et dans quelle configuration l’imagines-tu ?

Je pense que cet album fonctionnerait très bien sur scène. Cela pourrait être une production assez somptueuse, car la musique est très forte. Mais je pense aussi qu’elle pourrait fonctionner de manière beaucoup plus basique. Espérons que cela arrivera…

Un grand merci à Laura et Clive et un dernier salut en forme de grand clin d’œil à EricMerci pour tout, mon ami !

L’album d’IMAGINAERIUM, « The Rise Of Medici », est disponible chez Anesthetize Productions : https://linktr.ee/imaginaerium

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Blues Blues Rock

Superdownhome : the dandys roots

Splendeur et incandescence, ce sont en ces termes que l’on pourrait résumer ce nouvel album de SUPERDOWNHOME. Le malicieux et très complice binôme transalpin passe à la vitesse supérieure et, s’il s’affirme de plus en plus musicalement, il a aussi convié quelques pointures à la fête. Racines Blues, énergie Rock déjantée : le charme opère et l’objectif d’une belle communion est atteint. Et l’incendie se propage à vive allure sur « Blues Pyromaniacs ».

SUPERDOWNHOME

« Blues Pyromaniacs »

(Dixiefrog/Pias)

Comme beaucoup, j’ai découvert ce sulfureux duo italien à la faveur de la très bonne compilation « No Balls, No Blues Chips » parue en 2020 chez Dixiefrog. Une fois encore, le label français a eu le nez creux, puisque « Blues Pyromaniacs » va encore plus loin dans l’exploration de ce Blues Rock rugueux et brut de décoffrage à l’œuvre chez SUPERDOWNHOME. Et du changement, il y en a encore sur ce nouvel album haut en couleurs et plein de surprises.  

L’évolution majeure chez ces dandys ruraux est la présence à la production et à leurs côtés du grand Anders Osborne, qu’ils sont allés chercher jusqu’en Nouvelle Orléans. Et « Blues Pyromaniacs » a pris beaucoup de volume d’autant que l’Américain y joue de la guitare et de la basse sur un grand nombre de morceaux, tous de SUPERDOWNHOME, hormis « Don’t Bring Me Down » d’Electric Light Orchestra et « New York City » de John Lennon, qui a enfin de l’allure.

Beppe Facchetti et Enrique Sauda s’éclatent vraiment sur les 14 titres de ce bel opus, à l’instar de Mike Zito, Bombino et Andy J. Forest venus participer à cet atoll de joie et de bonne humeur (« Motorway Son », « Ambition Craze », « A Wandering Wino », « Vacuity Blues »). SUPERDOWNHOME a même complété son jeu avec des cuivres, de l’harmonica et de l’orgue pour plus de relief (« Disaster Moon ») et le résultat est phénoménal. L’Italie a le Blues et ça lui va carrément bien !

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Heavy Psych Rock Sludge Stoner Blues

Lord Elephant : un colossal mastodonte

Bardé de Stoner, de Heavy Blues, de Sludge Metal et d’une pointe d’Acid Rock, c’est à un incroyable voyage dense et intense que nous convie le power trio italien avec « Cosmic Awakening ». Avec un tel premier album, le groupe risque de fortement marquer les esprits, tant le style instrumental de LORD ELEPHANT est franchement démentiel.

LORD ELEPHANT

« Cosmic Awakening »

(Heavy Psych Sounds)

Oser s’appeler LORD ELEPHANT et sortir un premier album de cette trempe fait plus que susciter la curiosité. Le trio italien, qui évolue dans un registre instrumental, n’y va pas par quatre chemins et affiche un Stoner Blues où une multitude d’éléments vient de greffer à la foudre du combo. Et l’incroyable fluidité avec laquelle se livrent les Transalpins est même surprenante.

Vu le style LORD ELEPHANT, on aurait pu s’attendre à des morceaux s’étendant sur la longueur, mais hormis le musclé « Hunters Of The Moon » et ses huit minutes trente, « Cosmic Awakening » se concentre sur des titres efficaces, solides et concis. Et avec des touches de Sludge, de Fuzz très Doom et d’un soupçon d’Acid Rock, le pari est remporté haut la main.

Malgré l’absence de chant, on est littéralement saisi par l’impact des compositions de « Cosmic Awakening ». Dès les deux parties qui ouvrent l’album (« Forsaken Slumber » et « First Radition »), LORD ELEPHANT va à l’essentiel et les riffs puissants, la monumentale basse et la fracassante batterie offrent une combinaison fulgurante (« Desert Collision », « Raktabija », « Stellar Cloud »). Massif et mélodique à la fois.