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Hard Rock

Stormbringer : deep & wild

Terre de Rock s’il en est, l’Angleterre reste toujours aussi créative et vivace. Avec force et humilité, STORMBRINGER est de ceux qui renouvellent cette scène brillamment. Fort d’une belle expérience, le combo se présente avec un nouvel effort différent des précédents, mais tout aussi dynamique et costaud. « Transcendence » évolue tout en contraste, massif d’un côté et aérien de l’autre, dans un Hard Rock intemporel gravé dans la tradition et très Heavy à l’occasion.

STORMBRINGER

« Transcendence »

(Attic Records)

Fondé en 2011 à Northampton, STORMBRINGER a trouvé sa place entre un Hard Rock puissant et un Classic Rock plus mélodique, avec cependant une touche Heavy qui lui permet de durcir le ton au moment opportun. Avec ce cinquième album, c’est un aspect plus introspectif de son identité qu’il nous fait découvrir. Brut dans le son, « Transcendence » joue sur les émotions avec beaucoup de finesse et d’authenticité. Pour autant, au regard de leurs précédents opus, c’est une évolution assez naturelle pour les Britanniques.

En confiant la production à Russ Russell (The Wildhearts, At The Gate, New Model Army), STORMBRINGER s’est assuré une assise solide pour ses morceaux et ceux-ci respirent autant qu’ils percutent. Car, même en explorant des thématiques comme la résilience, les luttes intérieures et le monde qui nous entoure, le quintet n’a rien perdu de sa verve, ni de son allant. Avec beaucoup de sincérité, le frontman Mick Stockley donne une dimension plus sensible à « Transcendence », qui gagne en profondeur et en assurance au fil des titres.

S’ils n’ont jamais cessé d’explorer diverses facettes de leur style depuis leurs débuts, les Anglais semblent ici faire volte-face pour revenir aux fondamentaux qui ont forgé ce Hard Rock à la fois racé et élégant. Direct, mais affichant beaucoup de nuances, STORMBRINGER se montre implacable et groovy à souhait (« Energy », « Busy Doing Nothing », « Grow », « Whole Again », « Damn You All »). La force des refrains, le travail sur les riffs et les solos et l’approche des compositions dévoilent un groupe inspiré et en pleine possession de ses moyens.

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Metal Progressif

Theraphosa : une introspection du vice

Quatre ans après « Trancendence », qui l’avait propulsé au rang des formations de Metal Progressif les plus prometteuses de l’hexagone aux côtés de quelques autres, THERAPHOSA n’en a pas terminé avec son exploration de l’esprit humain et de ses tourments dans ce qu’il possède de plus obscur. Avec Rémy Deliers aux commandes (Gojira), les Français s’assurent une production très soignée et il fallait bien ça pour saisir pleinement toute la technicité de la structure des titres d’« Inferno », un modèle de finesse, de précision et de puissance.

THERAPHOSA

« Inferno »

(Circular Wave/Season Of Mist)

Depuis plus d’un millénaire, l’œuvre de Dante inspire autant qu’elle peut rebuter, tant la noirceur qu’elle décrit au cœur d’un Moyen-âge sombre à bien des égards est à la fois captivante et terrifiante. Plongeant dans les tréfonds de l’âme humaine, ce périple traverse les trois royaumes des morts en bouleversant les représentations traditionnelles et en affrontant ainsi l’indicible. En prolongeant d’une certaine manière la thématique déjà touchée du doigt sur « Transcendence », THERAPHOSA poursuit son chemin sur des terres musicales qu’il commence à bien connaître et des atmosphères qu’« Inferno » sublime un peu plus.

Presque méconnaissable depuis son EP éponyme sorti en 2018, la fratrie semble être parvenue à faire de cette empreinte très avant-gardiste un style singulier et personnel, où son Metal Progressif, très groove et mélodique, s’exprime pleinement et surtout avec une fluidité resplendissante sur ce deuxième album. Martin (batterie), Matthieu (basse) et Vincent Dubout (chant, guitare) maîtrisent parfaitement leur sujet, se montrent techniquement intraitables et nous emportent sans mal dans des sphères presque cinématographiques avec une luminosité sonore tout en contraste avec son propos.

Envoûtant et entraînant, « Inferno » se développe sur onze plages, puisque l’intro « Vestibule » est aussitôt suivi du morceau du même nom, une habille façon de donner le ton de ce nouvel opus, qui révèle quelque surprises au fil de son écoute. A commencer par « Limbo », chanté en français, où THERAPHOSA se repose sur un texte très bien écrit. Les chœurs font aussi résonnance (« Gluttony », « Heresy »), tandis que les riffs tranchants s’enchaînent sur des rythmiques galopantes et des lignes de basse relevées (« Wrath »). Le trio ne s’interdit rien et va au bout de son ambitieux projet avec un panache éblouissant.      

Photo : Denis Goria