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Hard'n Heavy

Tokyo Blade : éternelle authenticité

Généreux et tenaces, les Britanniques poursuivent leur renaissance avec un tel panache qu’on en viendrait à se demander si, finalement, cette seconde vie de leur carrière chaotique ne serait pas la meilleure. Certes, l’expérience acquise depuis 1982 fait toute la différence et elle les porte littéralement. Mais au regard de l’inspiration de ses deux leaders rescapés de la première heure, TOKYO BLADE paraît s’exprimer pleinement et sans complexe depuis quelques albums déjà. « Hoist The Colours High » est accrocheur et oscille avec fluidité entre Hard Rock et Heavy Metal avec précision. Les acteurs de la légendaire NWOBHM ne sont clairement pas venus faire de la figuration.

TOKYO BLADE

« Hoist The Colours High »

(Dissonance Productions/Cherry Red Records)

Depuis sa reformation en 2014, le quintet semble avoir trouvé une seconde jeunesse et c’est peu de le dire. Un peu plus d’un an après « Time Is The Fire », TOKYO BLADE rempile de belle manière avec « Hoist The Colours High », son quatrième opus en six ans. S’il n’a pas bénéficié de la même lumière que d’autres à l’époque, les Anglais sont pourtant un solide pilier de la NWOBHM, et ce nouvel effort atteste d’une vigueur intacte, d’un savoir-faire incontestable et d’une créativité qui rayonne toujours autant. Un mix de Heavy et de Hard Rock savoureux.

Aux manettes, le guitariste, compositeur et fondateur Andy Boulton n’a rien perdu de la flamme qui l’habitait jadis et se fait même plus efficace dans ses riffs et ses solos, tout en maintenant une belle virtuosité. Et si vocalement, Alan Marsh, chanteur originel du combo, marque légèrement le coup, mais s’adapte brillamment, il continue d’imprimer sa marque sur les nouveaux morceaux de TOKYO BLADE. D’ailleurs, « Hoist The Colours High » n’en manque pas, puisqu’il en compte 14 ! Une chose qui se fait très rare de nos jours et qui affirme une audace non-conventionnelle.

Doté d’une production claire, musclée et actuelle, il est difficile d’imaginer que le groupe a plus de 50 ans d’activité, tant il est direct et son approche pleine de fraîcheur. En réalisant un disque de près d’une heure dix, TOKYO BLADE pourrait laisser croire qu’il ait été réduit à faire un peu de remplissage. Au contraire, « Hoist The Colours High » se tient plutôt bien et présente même quelques titres qui devraient se faire lever les foules (« Screaming Evil », « Too Wired To Sleep », « When The Hammer Falls », « Mr. Nobody », « She Was A Soldier »). Réjouissant !

Retrouvez aussi les chroniques des deux précédents albums du groupe :