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Hard'n Heavy

Duckwalk Chuck : walk on

Rugueux et mélodiques, les Scandinaves soufflent leurs 25 bougies dans une belle et très Rock atmosphère. Avec « 525 », le quatuor confirme que son style n’a rien perdu de cette authenticité de chaque instant, ni de son explosivité. Bien produit, l’ensemble est brut, sans filtre et affiche un son très live. DUCKWALK CHUCK se réfère et puise son inspiration dans un Hard Rock et un Heavy Metal éternel, en lui insufflant un aspect très contemporain. Une grosse beigne et des sourires pour cet anniversaire bien saturé.

DUCKWALK CHUCK

« 525 »

(Independant)

Retour tonitruant pour les Norvégiens qui fêtent avec « 525 » leur cinquième album en 25 ans de carrière, ce qui explique ce titre énigmatique. Quatre longues années après le très bon « Fired Up », DUCKWALK CHUCK rugit avec autant de plaisir et, sans détour ni compromis, balance un Hard Rock toujours aussi massif et véloce. Entre-temps, et comme pour mieux marquer son indépendance et sa liberté, le groupe a quitté son label et fait parler la poudre comme jamais. L’industrie musicale n’aura donc pas raison de lui pour le moment.

Au-delà de l’aspect imposant de son jeu, la formation nordique se distingue surtout par une passion dévorante pour le Rock’n’Roll… joué fort ! Car, entre des fondations basées sur un Hard Rock classique dans la forme et une puissance clairement Heavy Metal, il en est toujours question et c’est ce qui fait la force et l’identité de DUCKWALK CHUCK. D’ailleurs, « 525 » se pose déjà au sommet de sa courte discographie. Accrocheur et insaisissable, ce nouvel opus traverse le temps et bouscule les courants actuels avec une énergie incroyable.

Façon rouleau-compresseur, le combo attaque avec « Surprise Surprise » sur un groove épais que n’aurait pas renié Mötörhead. Pour la suite, le quatuor déroule et se fait plaisir sur des riffs tranchants, de vrais solos de guitare et avec un frontman inarrêtable (« Racin’ To Win », « Shell Shock », « Shaken’n Stirred », «Midnight City », « Meat On The Bon »). Un quart de siècle après sa création, DUCKWALK CHUCK ne dévie pas de sa trajectoire, au contraire, il en déblaie le chemin avec une efficacité redoutable. Joyeux et costaud !

Retrouvez la chronique de « Fired Up », leur précédent album :

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Dark Gothic Heavy Blues International

DieveNoire : gothic far-west [Interview]

Basé à Chicago, DIEVENOIRE est apparu l’an dernier avec un premier album aussi surprenant qu’inspiré et parfaitement réalisé. Il faut dire aussi qu’autour de sa chanteuse, Lariyah, s’est constitué un groupe de musiciens aguerris et, surtout, issus d’univers très différents. Avec « The Story Of A Gunslinger », les Américains ont frappé fort et dans cet univers où le western croise le Metal et le Blues, on retient d’abord une originalité assez unique à travers laquelle l’audace ressort comme un leitmotiv, aussi pertinent que personnel. Alors que le quintet a enchaîné les concerts et qu’il procède à quelques changements de line-up avant de se plonger pleinement dans l’écriture de son deuxième album, sa fougueuse et touchante frontwoman revient sur l’évolution et les intentions de ce qui était au départ, un projet solo.

– Pour commencer, j’aimerais que l’on présente le groupe, car il est atypique à bien des égards. Tout d’abord, vous êtes issus de registres très différents comme le Black Metal, le Doom, le Metal Progressif et le Heavy Rock. Pourtant, vous vous retrouvez autour d’un Hard Rock très bluesy aux accents gothiques. Comment cette connexion a-t-elle eu lieu ?

Oui, c’est certain, le mélange des styles de nos autres groupes est assez différent, n’est-ce pas ? (Sourires) Je pense que c’est un atout majeur pour DIEVENOIRE. L’inspiration vient de l’intérieur, pas des influences à proprement parler. Personnellement, j’ai baigné dans la musique gothique à l’adolescence, puis dans le Heavy Metal plus tard, deux genres très portés sur les ballades et une ambiance plus lente et douce. L’album était conçu comme une histoire très émouvante et je voulais qu’il le reste. Le nouvel album s’annonce déjà comme une approche assez différente. J’ai vraiment hâte de sortir le premier single au plus vite, si possible cette année… (Sourires)

– Ce qui était au départ ton projet solo, Lariyah, a finalement rassemblé des musiciens chevronnés avec un style qui a aussi évolué pour donner votre premier album, « The Story Of A Gunslinger ». Et on a presque l’impression que le fait que ce soit un album-concept est une évidence. A quel moment vous êtes-vous dit qu’il fallait articuler vos chansons autour d’une même histoire ?

Tu sais, j’ai toujours adoré les histoires et les contes. Depuis que j’ai entendu l’album « The Crimson Idol » de W.A.S.P., avant même de commencer à chanter, évidemment, je rêvais d’écrire des romans, de devenir réalisatrice ou quelque chose du genre. Lancer DIEVENOIRE m’a donné l’idée de créer cet univers western moderne, où je pouvais donner vie à une histoire à travers une présentation audio, agrémentée de quelques clips vidéo, bien sûr.

– Ce qui est également étonnant, c’est cette ambiance très Southern qui enveloppe l’album, car il est réalisé par Jakob Herrmann, connu pour son travail avec Draconian, Thyrfing ou Art Nation, c’est-à-dire des styles très éloignés du vôtre. Aviez-vous aussi besoin d’un regard extérieur très différent pour que l’aventure soit justement complète et unique ?

Eh bien, pour commencer, Jakob est un artiste très polyvalent. Il passe beaucoup de temps dans ce qu’il appelle sa deuxième maison : la Nouvelle-Orléans, où il baigne principalement dans le Blues, le Jazz et le Rock, ce qui est peut-être aussi une échappatoire au Metal omniprésent ! (Rires) Blague à part, je pense que les musiciens, ou les artistes en général, ne devraient jamais stagner dans leur travail, sinon cela devient mécanique. Je crois au progrès et à la nécessité de se réinventer régulièrement. Je crois qu’il faut trouver de nouvelles inspirations pour évoluer. Et d’un autre point de vue, j’avais une idée très précise du son que je voulais pour les chansons et je n’avais jamais travaillé avec un producteur auparavant, malgré toutes ces années passées sur d’autres projets. J’ai donc décidé de tenter le coup et de voir où cela nous mènerait. J’ai été absolument bluffée par la façon dont Jakob a transformé le son de DIEVENOIRE, et crois-moi, c’est beaucoup plus puissant que l’idée de départ, plus simple aussi et dans un Blues Rock sombre. Il a su donner cette dimension plus lourde au son et j’en suis vraiment ravie. Il s’agissait en quelque sorte de définir une direction musicale, d’amplifier ce que nous avions créé, sans forcément réécrire les chansons à partir de zéro.

– Il y a un autre contraste assez saisissant, ce sont les tessitures musicales et ta voix, Lariyah, que l’on retrouve surtout dans le Rock et le Metal Alternatif, plus que dans le Blues Rock. L’idée était-elle justement de confronter ces différents univers ?

Ma voix est très douce et orientée ballades, j’en suis parfaitement consciente. Je voulais mélanger ces sonorités contrastées et intégrer ce Rock légèrement Blues à mon travail vocal. Bien sûr, il y aura des critiques et je les accueille avec grand plaisir ! (Sourires) Si on se contentait de faire toujours la même chose, il n’y aurait jamais rien de nouveau, ni d’original. Pour un premier album, je pense qu’il a donné un bon aperçu de ce à quoi ressembleront mes prochains morceaux, et crois-moi, non seulement les instruments seront plus puissants, mais ma voix le sera aussi… (Sourires)

– D’ailleurs, d’où vient le nom de DIEVENOIRE, qui est en partie d’origine lituanienne, et comment est née cette idée d’un far-west gothique avec ce pistolero, dont on suit les aventures ?

Rien de lituanien là-dedans, mais presque. J’ai vécu vingt ans en Pologne. Je suis née et j’ai grandi dans une toute petite ville au bord de la mer Baltique, appelée Dziwnow. Avant la fin des années 1940, lorsque les frontières polonaises ont été modifiées après la guerre, cette ville s’appelait ‘Dievenow’ (prononcé DEE-VEH-NOV). Elle était alors germanophone. Comme tu peux t’en douter, voici le lien, la première partie, ‘Dieven’, qui vient de l’ancien nom de ma ville natale. Ensuite, ‘Noire’, comme la plupart des gens le savent aussi sans doute, est un mot français, de chez toi, qui signifie noir, sombre, lugubre, etc… ce qui fait partie de mon enfance. Les périodes sombres, les difficultés personnelles, les promenades nocturnes sur les rivages de la Baltique en chantant, en composant des mélodies… dont certaines figurent d’ailleurs sur cet album.

– Sur « The Story Of A Gunslinger », on retrouve également plusieurs clins d’œil sonores comme des éléments tribaux ou Country, et plusieurs ballades viennent aussi ponctuer l’ensemble. L’univers de DIEVENOIRE a-t-il vraiment des frontières, ou est-ce que l’exploration musicale reste votre principale source d’inspiration ?

Je n’ai jamais voulu être cataloguée. Quand on m’a demandé quel était le style de DIEVENOIRE, je n’avais absolument aucune idée de comment le décrire car, comme tu l’as dit, les morceaux ont des ambiances très différentes. Et j’aime ça ! (Sourires) Si je devais définir un style, ce serait un mélange de Blues doux, de Hard Rock, de ballades gothiques sudistes et de berceuses crasseuses. Je n’aime pas ces étiquettes. Un de nos fans, rencontré au ‘Rock Fest’ et qui nous voyait pour la première fois, s’est exclamé : « J’adore ce Rock bien crasseux ! » Voilà. A partir de ce jour, je considère DIEVENOIRE comme du Rock bien crasseux. Quant à savoir où cela nous mènera, et à quel point ce sera plus doux, plus lourd ou plus crasseux, seul l’avenir nous le dira ! (Sourires)

– Il y a également une chose vraiment étonnante, notamment car il s’agit d’un album-concept. Pourquoi les morceaux ne respectent-ils pas la chronologie de l’histoire ? Vous avez voulu procéder par flash-backs ou de manière aléatoire, même si cette aventure a une fin ?

(Rires) J’adore tout autant que je déteste vraiment cette question ! (Rires) Franchement, j’aurais adoré que l’histoire suive une chronologie cohérente sur l’album et qu’on puisse l’écouter de manière à la comprendre. Cependant, en enchaînant les chansons dans l’ordre chronologique, ça ne sonnait pas juste. Soit c’était trop ennuyeux avec plusieurs ballades à la suite, soit ça ne collait pas. Du coup, je me suis dit qu’en les disposant de façon à ce que l’écoute soit fluide, l’auditeur prendrait plus de plaisir à l’écouter et essaierait aussi de reconstituer le puzzle. Après tout, ces chansons n’expliquent pas tout de façon explicite, mais elles sont très subtiles. Le pistolero est-il vraiment une personne, ou est-ce une métaphore utilisée par le narrateur ? (Sourires)

– Enfin, ce premier album est sorti il y a près d’un an. Est-ce que vous vous concentrez surtout sur la scène en ce moment, ou avez-vous déjà commencer le travail d’écriture du successeur de « The Story Of A Gunslinger » ? Et sera-t-il dans le même esprit ?

Le groupe étant en pleine restructuration, nous allons faire une courte pause dans les concerts, afin de trouver les bons musiciens et, en attendant de travailler sur des démos à partir de mes nouvelles compositions personnelles. L’écriture du nouvel album sera cette fois-ci complètement différente, car nous avons déjà testé quatre nouveaux morceaux lors de nos six ou sept derniers concerts. Et je sais exactement ce que je veux en faire, ainsi que du reste de l’album. Je vise à nouveau dix titres, mais le concept de l’album restera le même que pour le premier opus. Le second sera riche en émotions de toutes sortes : un mélange de colère, de haine, de déception, mais aussi, à l’inverse, une passion intense et le désir ardent de l’amour. J’aime laisser libre cours à mon inspiration, sans contrainte, ni idée préconçue sur les sujets à aborder ! (Sourires)

L’album de DIEVENOIRE, « The Story Of A Gunslinger », est disponible sur le Bandcamp du groupe et partout ailleurs sur le Net : https://dievenoire.bandcamp.com/album/the-story-of-a-gunslinger

Photos : Darrelle Esquitin (1, 4)

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Hard Rock Southern Rock

Tim Montana : wide wild West

Avec « Entire State Of Tim Montana «, le songwriter signe probablement sa réalisation la plus personnelle et la plus intime. Des réserves indiennes à Los Angeles, puis Nashville, avant un retour du côté de Yellowstone, TIM MONTANA nous invite à un road-trip hyper-Rock’n’Roll et très sudiste. Son duo avec Royale Lynn vient aussi nous rappeler ses affinités avec la Country, tout en conservant cet état d’esprit libre et indépendant. Ce disque raconte de belles histoires, parfois touchantes, et d’une honnêteté viscérale. Juste monumental.

TIM MONTANA

« Entire State Of Tim Montana »

(BMG)

Le guitariste et chanteur sort son septième album et il vient renforcer cette authenticité et cette sincérité qui le caractérisent depuis ses débuts. Profondément attaché à l’Etat dont il tient son nom et plus largement à l’Ouest américain et à l’Histoire des Amérindiens auprès desquels il a passé une partie de son enfance, TIM MONTANA se singularise par un Hard Rock imprégné de Southern Rock et à la narration très Country. Cultivant l’art du riff massif et grâce à sa voix rauque, il s’est forgé une identité unique, hors des sentiers battus et loin des conventions.

Passé « Courtdown » en introduction, sorte de conversation entre Martin Sheen, Charlie Sheen et l’ancien Terminator Robert Patrick, l’immersion validée par les trois acteurs est immédiate et « Beautiful Hate » ouvre les festivités avec force. Heavy et porté par une mélodie accrocheuse, le premier morceau (il y en a 14 autres !) ne laisse aucun doute quant aux intentions artistiques de TIM MONTANA. Rugueux dans l’approche, mais particulièrement soigné dans sa production, « Entire State Of Tim Montana » s’annonce renversant.

Captivant par son aspect cinématographique, l’ensemble parcourt des atmosphères variées, où il est question d’amitié, de survie et de persévérance. Le musicien rend hommage au peuple de la Nation Crow sur « Watch Me Down » avec Crazy Dog et WolfBear, avant d’accueillir Jerry Cantrell d’Alice In Chains sur « Kinda Like It ». Puis, TIM MONTANA réalise un rêve sur « Brown Sugar » où Billy F Gibbons et Slash se joignent à lui. Très intense et équilibré, ce nouvel opus renferme des trésors de vérité, tout en gardant une attitude sensible, attachante et rebelle. Incontournabale !

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International Rock Hard

Jasmine Cain : the way to rock [Interview]

En plus de vingt ans et à travers huit albums, la chanteuse et multi-instrumentiste américaine a su non seulement se forger une solide réputation sur disque comme en concert, mais aussi imposer un style enveloppant un Rock vaste et fédérateur, aux frontières du Hard Rock. Tenant aussi la basse sur scène, c’est sur un groove massif et avec une voix puissante qu’elle emmène ses musiciens et son public sur des morceaux aussi mélodiques que percutants, et toujours emprunts de vérité. Authentique et directe, JASMINE CAIN passe une grande partie de sa vie sur la route et cela s’en ressent dans son écriture. Rencontre avec une artiste complète, indépendante, joyeuse et sans fard.

– Tout d’abord, j’aimerais que tu me définisses ton style, car c’est un Rock dans lequel on retrouve beaucoup de choses. Et puis, il  y a aussi une forte empreinte féminine. J’ai presque l’impression que c’est même le plus important, non ?

Ma musique est essentiellement du Rock mélodique, porté par des mélodies entraînantes et des histoires authentiques. J’écris à partir de mes expériences de vie, qui capturent les joies, les peines et tout ce qui se trouve entre les deux. Elle est faite pour être ressentie autant qu’écoutée. Personnellement, le fait d’être une femme n’est pas un thème central de mon écriture. Je veux que mes chansons parlent à tout le monde.

– D’ailleurs, ce qui te caractérise aussi, c’est une forte personnalité et une attitude sans compromis. Cela a commencé avec ton arrivée à Nashville en provenance du Dakota du Sud il y a plus de 20 ans et où tu t’es imposée. La ville a aussi beaucoup changé, tout comme l’industrie musicale qui y est très concentrée. Comment y as-tu fait ta place ?

Il y a vingt ans, déménager à Nashville pour poursuivre une carrière dans le Rock paraissait un peu étrange. Mais je suis vraiment contente d’avoir fait ce choix, car cela m’a permis de participer dès le début à la construction de la scène Rock locale et de m’implanter durablement dans la ‘Capitale de la Musique’. Ces dernières années, la ville a beaucoup changé avec l’arrivée de gens venus de partout, qui n’apprécient pas forcément ce qui faisait son charme.

– Et puis, l’une de tes autres particularités est d’être l’une des premières femmes à être coutumière des rassemblements de bikers. En tant que pionnière, comment est née ton attirance pour cette communauté a priori très masculine ?

C’était incroyablement difficile à mes débuts dans les événements de bikers. J’ai dû faire face à beaucoup d’irrespect de la part d’autres groupes qui n’appréciaient pas que j’empiète sur leur territoire, et il était très difficile de gagner le respect du public, car c’était tellement inhabituel. En coulisses, je retrouvais mes affiches profanées et déchirées. J’ai choisi de rester digne et de me concentrer sur l’avenir, car je savais que dans cinq ans, ils seraient toujours sur la même voie et que je serais la tête d’affiche de ces concerts. Ces événements avaient désespérément besoin de quelque chose de nouveau et d’exubérant, et je savais que je pouvais l’apporter… (Sourires)

– Tu as donc ce caractère bien trempé que l’on retrouve jusqu’au titre de ton huitième album, « Attitude Is Everything ». Est-ce que tu te retrouves dans le monde actuel de la musique, qui semble assez loin de tes valeurs ?

Je ne me compare pas à la scène musicale actuelle. Je me compare à ce que j’étais hier pour évaluer mon évolution. Tant que je progresse, je considère cela comme une réussite. Je refuse de suivre les tendances éphémères et de me laisser entraîner dans cette course effrénée. Je veux composer une musique qui a du sens et qui me touche, et si par hasard elle trouve un écho chez d’autres, comme cela semble être le cas, j’en suis ravie ! (Sourires) Mes valeurs sont à la base de ma réussite et de mon activité, et je leur resterai toujours fidèle.

– A ce sujet, tu as sorti le single « Hurt » en mars dernier et il fait suite à une prise de position forte, qui a même créé une polémique en lien avec le magazine « Easyriders ». C’est une chanson très engagée. Que s’est-il passé pour que tu te sois sentie obligée de réagir de cette façon et en musique ?

J’ai été profondément déçue par la position du magazine ‘Easyriders’ concernant un article. Ce n’était un secret pour personne qu’ils avaient lancé ma carrière à mes débuts. John Green, le patron de la partie événementielle, m’avait donné l’opportunité de réaliser de grandes choses que je n’avais pas forcément méritées. Grâce à sa confiance en moi, en ma capacité à assurer un spectacle impeccable jour après jour et à gérer seule le rythme effréné des tournées, j’ai acquis une notoriété nationale et je me suis constituée une solide base de fans en quelques mois, chose qui m’aurait pris des années toute seule. Il était généreux et bienveillant, et je l’admirais beaucoup pour sa bonté envers les autres. Il est décédé il y a plusieurs années.

Le magazine était une entité indépendante et, impressionnés par le succès des spectacles, ils ont décidé de me consacrer un article dans leur numéro de juin 2006. C’était l’une des premières fois qu’un artiste musical apparaissait dans le magazine ‘Easyrider’… Une véritable révolution ! (Sourires) Imaginez donc ma joie lorsque les nouveaux propriétaires ont voulu me consacrer un autre article 20 ans plus tard ! C’était un moment symbolique pour moi et j’étais ravie. L’interview était terminée et il ne manquait plus que la séance photo. J’avais choisi de travailler avec la fabuleuse photographe Allison Lynn à Tampa et de mettre en avant la ‘Triumph’, voiture primée de Jared Weems, sur les photos. Avant même de recevoir les photos, j’ai appris que le nouveau propriétaire, Keith ‘Bandit’ Ball, avait publié une story sur Facebook faisant l’apologie de la pédophilie. J’ai été vérifier l’information moi-même et je l’ai vue. Ensuite, l’un des rédacteurs lui a demandé s’il approuvait cette publication, car si c’était le cas, il ne pouvait plus travailler pour lui. Sa réponse a été : « Au revoir ».

C’était tout ce que j’avais besoin de savoir : je devais m’éloigner le plus possible d’’Easyrider’ avant d’être entraînée dans cette histoire. C’était choquant et très décevant. J’ai sorti « Hurt » quelques semaines plus tard pour boucler la boucle. Ça me brise le cœur de voir cet empire devenir ce qu’il est devenu. John Green aurait été déçu lui aussi. Le magazine ne sera peut-être bientôt plus là, mais cette chanson, elle, restera toujours.

– A ce sujet, « Attitude Is Everything » est sorti en 2024 et l’inédit « Hurt » il y a quelques mois. Est-ce que tu travailles en ce moment sur ton nouvel album ?

Les albums studio se font rares ces temps-ci. Tout le monde veut de la musique tout de suite et la préparation d’un album est très chronophage. Je vais donc privilégier des sorties plus fréquentes, sans forcément construire à un album. Beaucoup de singles et d’EPs aussi. On commence généralement à travailler dessus à l’automne, une fois la tournée d’été terminée. Comme je suis en tournée toute l’année, il faudra donc prévoir des plages horaires dédiées à l’écriture et à l’enregistrement, dès que j’aurais quelques jours de congés… (Sourires)

– Outre tes prises de position, il y a aussi beaucoup d’humour dans ta démarche artistique et je pense notamment à « Evil Disco » et « Stupid Pop Song », deux morceaux assez ironiques de ton dernier album. Est-ce important aussi pour toi d’apporter un peu de légèreté à ton répertoire ?

Je plaisante sur tout. J’essaie de ne rien prendre trop au sérieux dans la vie, car il faut en profiter sinon on devient morose en permanence. J’ai la chance d’être entourée de musiciens formidables, qui rient sans cesse. Ça allège la vie, même dans les moments difficiles. J’adore notre sens de l’humour, il est contagieux ! (Rires) On veut que les gens s’amusent avec nous. On se moque de nous-mêmes sur scène, on dit et on fait des choses ridicules juste pour le plaisir. On a tous commencé la musique par plaisir et on compte bien que ça continue comme ça ! (Sourires)

– Tu es compositrice et aussi multi-instrumentiste. Pourtant, tu as choisi la basse pour la scène. Quel est ton lien et ta relation avec cet instrument ? C’est une histoire de groove ?

Je ne crois pas avoir choisi la basse. C’est plutôt elle qui m’a choisi. En grandissant, je jouais de la guitare rythmique, ou d’autres instruments, dans des groupes et il y avait toujours un imprévu qui empêchait le bassiste de jouer. Du coup, je devais prendre sa place. C’était tellement fréquent que j’ai fini par m’y consacrer pleinement pour ne plus avoir à m’en soucier. Au fil des années, des professeurs m’ont conseillé d’abandonner la basse et de me concentrer sur le chant, mais elle est devenue presque une extension de moi-même. Je l’utilise autant comme un accessoire que comme un instrument. Je ne suis pas une bassiste virtuose, mais mon jeu est solide et c’est ce qui nous unit. J’aime aussi le fait de pouvoir emmener le groupe dans une direction expérimentale en plein morceau, si l’envie me prend d’essayer quelque chose. Avoir un instrument me permet d’improviser sur scène. Et c’est justement ce qui rend les concerts si intéressants : ils ne se ressemblent jamais ! (Sourires)

– Par ailleurs, ton dernier album se conclue avec « The Toast (Pub) », une chanson à l’esprit et aux sonorités Country. Est-ce une sorte d’hommage à Nashville, qui a accueilli et où tu as réellement pris ton envol ?

A l’origine, je rêvais d’être chanteuse de Country. Mes racines sont profondément ancrées dans cette musique. J’ai grandi en chantant des chansons de cow-boy pour mon père et dans le groupe Country de mon frère. Après le lycée, j’ai chanté du Bluegrass dans un spectacle familial pendant un été… j’ai même appris à yodler ! (Rires) J’ai participé à des rodéos et débourré des chevaux durant l’été. Je suis partie à Nashville en pensant devenir la version Rock’n’Roll de Gretchen Wilson, mais le destin en a décidé autrement ! (Sourires) J’écris toujours dans un esprit Country, car il est indéniable que trois accords et la vérité restent les maîtres mots. Je suis une fille simple dans un monde complexe… (Sourires)

– Enfin, tu seras chez toi à Sturgis en ce moins d’août. Est-ce que les concerts dans ta ville d’origine ont une saveur particulière pour toi ?

Oui, c’est vrai ! (Sourires) On a parlé de ce moment symbolique et c’est quelque chose que je ressens chaque année en rentrant chez moi. Je revois les membres de mon groupe avec qui j’ai joué dans ces petits bars enfumés, et ils me regardent comme si j’avais gagné au loto ! (Rires) Je suis vraiment heureuse de les revoir tous. Ils m’ont façonné. Ils n’ont peut-être pas perçu ce dont j’étais capable à l’époque, mais ils me voient maintenant et je leur suis toujours reconnaissante de venir à mes concerts. J’ai travaillé dur pour en arriver là, et cette fierté d’appartenir à ma ville natale est indéniable… (Sourires)

Le dernier album de JASMINE CAIN, « Attitude Is Everything », ainsi que ses autres productions, sont disponibles sur le site de l’artiste : https://jasminecain.com/

Photo : Chuck Arlund Photography (3)

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Hard Rock

Iconic : la force de l’expérience

Avec « II », ICONIC affine la vision de son Hard Rock et offre une bonne continuité à ses débuts remarqués. Originaires des Etats-Unis pour la plupart, c’est pourtant un frontman britannique qui guide les chevronnés musiciens de ce combo à la composition assez exceptionnelle. Si la technologie actuelle permet beaucoup de choses, et pas toujours heureuses d’ailleurs, la magie opère entre des partenaires qui se trouvent les yeux fermés à travers un style classique, relevé et vigoureux.

ICONIC

« II »

(Frontiers Music)

Forte d’un bon premier album en 2022, « Second Skin », la formation anglo-américaine récidive avec « II » et démontre ainsi qu’il ne s’agissait pas d’un one-shot. Car ICONIC se présente comme un supergroupe. Rangé derrière le chanteur Nathan James d’Inglorious, c’est un line-up cinq étoiles que l’on retrouve à la manœuvre. Aux guitares, Michael Sweet (Stryper) et Joel Hoekstra (Whitesnake) donnent le ton et rivalisent de prouesses, tant à travers des riffs acérés que des solos de haute volée, sur lesquels ils se relaient avec virtuosité.

Quant à la rythmique, elle est tout aussi bétonnée. Derrière les fûts, l’inamovible Tommy Aldridge (Whitesnake, Ozzy) se montre implacable et très complice avec Marco Mendoza (Whitesnake, Twisted Sister), qu’il connaît bien. ICONIC a donc très fière allure et se montre techniquement irréprochable. En affichant une sorte de version actuelle du Serpent Blanc, le quintet ne prend pas beaucoup de risques, mais il reste convaincant. L’écriture est soignée et efficace, l’interprétation imparable et son Hard rock accrocheur et mélodique.

Forcément ancré dans un esprit très 80/90’s, les cinq musiciens ont compris qu’ils devaient se renouveler, tout en gardant cette touche unique qui a toujours fait leur force et qui leur accorde même une certaine intemporalité. Même si « II » ne possède pas le panache de « Second Skin », ICONIC n’a aucun mal à s’affirmer et à préciser une identité musicale forte. Elegant et légèrement bluesy, les titres de ce nouvel opus ne manquent ni d’énergie, ni de variations (« Cry No More », « Open My Eyes », « SOS », « Far Away », « Hearts Of Stone »). Flamboyant et intense.

Photo : Justin Roszkowski

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Glam Metal Hard Rock Sleaze

Zan/Cody : reconnected

Il y a quelques décennies maintenant, ces deux-là ont fait entrer la Suède dans l’ère du Glam et du Sleaze, grâce à un Hard Rock pêchu et accrocheur. Aujourd’hui, le frontman et le six-cordiste remettent le couvert avec le premier opus de ZAN/CODY, « Beautiful’n Damned », et il se murmure même qu’un deuxième est en cours d’écriture. L’alchimie est palpable et le talent vivace. Explosif et très contemporain, le duo a retrouvé ses marques et ne manque pas de repères.

ZAN/CODY

« Beautiful’n Damned »

(Frontiers Music)

Malgré trois albums seulement entre 1988 et 1993, Shotgun Messiah a laissé une empreinte forte dans le Hard Rock européen et surtout il fut précurseur du Glam Metal scandinave en ouvrant la voie à toute une génération, et même à d’autres depuis. De son line-up, on se souvent bien sûr du guitariste Harry Cody et du chanteur Zinny Zan, qui n’était pourtant présent que sur le premier effort éponyme, mais qui fut aussi le plus marquant. Et c’est dans cette perspective qu’est né ZAN/CODY, à savoir retrouver cette atmosphère aussi emblématique que particulière.

Bien sûr, les années ont passé et l’intention des deux Suédois n’est pas de livrer une réplique de leur ancien groupe. Et si on retrouve en partie le son qui a fait son succès, celui-ci s’est considérablement modernisé avec même un aspect presque futuriste, et un peu dérangeant. Car sur le papier, ZAN/CODY n’est crédité que des deux hommes, au chant et à la guitare. C’est-à-dire que le reste consiste en de la programmation, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour qui aime le Hard Rock brut et sincère. La production y est donc essentielle.

En la confiant à Chris Laney (Pretty Maids, Crazy Lixx, Ronnie Atkins), le duo a tapé dans le mille et l’esprit d’un Hard Rock moderne et mélodique est parfaitement restitué. Les riffs de Harry Cody sont précis et incisifs et ses solos survolent les morceaux. Quant à Zinny Zan, sa puissance vocale est intacte et a même très bien mûri avec le temps. ZAN/CODY ne s’interdit pas quelques éclairs Sleaze et Glam et avance même sur un train d’enfer (« Sever », « I Am The Shit », « She Walks With Violence », « Damn » et le morceau-titre). On attend la suite !

Photo : Tallee Savage

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Hard Rock

Escape The Hive : prolong the pleasure

En trouvant le juste milieu entre puissance et refrains fédérateurs, ESCAPE THE HIVE assume pleinement son amour pour un Hard Rock d’apparence légère, mais à la technique redoutable. Originaire de Phoenix, Arizona, le quatuor renoue avec un style originel avec élégance et intensité en insufflant un élan moderne sur des sonorités familières. « Fight Or Flight » frappe juste et fort et rappelle ô combien ce registre est toujours aussi rassembleur.

ESCAPE THE HIVE

« Fight Or Flight »

(Deko Entertainment/ Warner)

Trois ans après « This Is Gonna Sting », qui avait montré de belles choses et qui lui avait surtout permis d’enchaîner les concerts, ESCAPE THE HIVE s’affirme véritablement avec un deuxième effort plein de saveurs. Renouer avec le meilleur des années 80 semble la mission que s’est donné le groupe et de ce côté-là, « Fight Or Flight » montre beaucoup d’envie et la démarche est habillement menée. Riffs appuyés, solos virtuoses et mélodies imparables, l’ensemble est accrocheur, dynamique et d’une totale fraîcheur.

Il faut aussi préciser que les membres d’ESCAPE THE HIVE n’en sont pas à leur coup d’essai et qu’ils présentent tous une solide expérience. Au chant, on retrouve Michael Thomas Beck, qui a œuvré aux côtés de Jake E. Lee au sein de Red Dragon Cartel, l’ex-bassiste de D.L. Marble Paul Williams apporte de la rondeur, le chevronné Rich Hinshaw martèle ses fûts avec force et le fougueux Conrad Vareta livre des parties de guitares redoutables. A eux quatre, ils nous replongent à l’âge d’or du Hard Rock, aux grandes heures de Van Halen, Dokken, Warrant et d’autres, sans effet vintage.

Avec un frontman de cette trempe, les Américains possèdent un sérieux atout, mais c’est surtout la connexion entre les musiciens qui fait de « Fight Or Flight » un album dont on a du mal à se défaire. L’atmosphère est chaleureuse et entraînante, le groove constant et ce petit côté classique a quelque chose d’irrésistible. Concis et précis, ESCAPE THE HIVE ne cherche pas à réinventer le genre, mais plutôt à faire durer le plaisir (« Stings Like The Truth », « Around The Sun », « Skin And Bone », « Don’t Spill The Wine », « Oh Brother »). Un disque qui fait du bien !

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Heavy Stoner Psych Stoner Metal

Shadow Of Jupiter : une puissance divine

Sur un socle très Southern, le Stoner de SHADOW OF JUPITER repose sur des fondations Old School, qui emprunte au Hard Rock comme au Heavy Metal. Véloce et ténébreux, ce premier album chez Ripple Music se veut rassembleur, à commencer par les courants à l’œuvre ici. Et si les références sont nombreuses, « Bones » sort du lot grâce à une justesse impressionnante, des guitares incisives, une rythmique lourde et un frontman habité par son propos. Une fraîcheur sortie tout droit des origines du genre et située aux confins du Metal.

SHADOW OF JUPITER

« Bones »

(Ripple Music)

Viscéralement underground, SHADOW OF JUPITER en possède toute la culture, mais n’en oublie pas pour autant de faire preuve de beaucoup de créativité. Pour preuve, une production massive et limpide aux services de morceaux, qui incarnent eux aussi l’esprit Stoner sous toutes ses formes. Entre Rock et Metal, le quatuor développe un Doom/Psych profond au relief saisissant et laisse respirer ce deuxième opus avec talent. Sombre et rageur, « Bones » explore de multiples atmosphères pour se faire captivant.

Depuis 2022, SHADOW OF JUPITER peaufine son style et son premier album, « Porta Coeli », sorti l’année suivante en indépendant, avait déjà posé les bases du Stoner où l’on retrouve aussi des éléments Psych et même légèrement bluesy. On doit d’ailleurs peut-être cette dernière composante au fait que le groupe ait un pied à Chicago, tandis que l’autre se situe dans le Nord-Ouest de l’Indiana. Et le mix entre proto-Doom et Metal, le tout marqué par l’empreinte de Clutch, est assez savoureux.

Guidé par la voix puissante et lointaine de John Piotrowski, les Américains distillent des riffs épais et tranchants, en multipliant les changements de tempos. Dès le morceau-titre, SHADOW OF JUPITER s’affirme avec force dans un crescendo démoniaque. Tout en substance et sur des tessitures grondantes, il poursuit son exploration avec une assurance imperturbable (« Ugly On The Inside », « Echo Chamber », « Rumblestrip », « Riot Dogs »). Malgré ses sept plages seulement, dont certaines s’étalent en longueur, « Bones » a de quoi rassasier les fans de Stoner.

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Hard Rock

Harsh : l’affirmation d’une identité

Petit à petit, la scène Hard Rock hexagonale commence à avoir fière allure, grâce à des groupes qui s’approprient avec talent un héritage essentiellement américains, tout en s’en éloignant judicieusement pour imposer une patte originale. HARSH est de ceux-là et ce nouvel album vient confirmer que leur entrée en matière n’avait franchement rien d’anecdotique. Il faudra dorénavant compter sur la formation de la capitale et « Feels » l’installe avec vigueur. Fédérateurs dans les refrains, musclés dans les parties de guitares, tout comme dans une rythmique implacable, les quatre musiciens sont aussi déterminés qu’irrésistibles.

HARSH

« Feels »

(Fireflash Records)

Certains penseront peut-être que HARSH se cherche toujours, que ce soit dans le style comme dans le son et ce n’est pas complètement faux. Avec ce deuxième opus, le quatuor a de quoi se montrer déroutant, même si on n’est pas non plus dans l’antithèse d’« Out Of Control », sorti en 2022. Quatre ans plus tard, et après avoir pas mal tourné, le combo a pris le temps de se pencher sur les sentiments qui l’ont traversé au fil du temps et le résultat se reflète sur « Feels », où une très nette évolution se ressent. Groove et Rock s’entremêlent harmonieusement.

Alors que le premier effort était clairement estampillé Glam Rock, celui-ci vise un Hard Rock moins festif et donc plus sérieux. On doit sans doute cette différence de ton à l’envie d’être plus costaud et massif. Et c’est réussi. Cela dit, la production effectuée par Hannes Braun, chanteur de Kissin’ Dynamite et qui a également travaillé avec BlackRain, y est sûrement pour beaucoup. HARSH a donc opéré un léger changement de cap et dans la sonorité, on se rapproche un peu plus des réalisations germaniques, forcément, mais aussi scandinaves.

Pour autant, les Parisiens n’ont rien perdu de leur sens de la mélodie et surtout de leur facilité à se rendre très accrocheurs. A grand renfort de chœurs bien placés et pas trop envahissants, ils prouvent que leurs influences sont bien dirigées et moins présentes. Le chant tout en puissance et en délicatesse guide des morceaux, où les guitares tiennent les rênes de ces nouvelles compositions. Entre riffs entraînants et solos plein de feeling, HARSH laisse aussi échapper un parfum très 80’s, sans pour autant tomber dans une nostalgie exacerbée. Fougueux et solide !

Retrouvez la chronique du premier album de HARSH :

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Hard'n Heavy International

Rock Justice : …and pleasure for all [Interview]

A l’évidence, la chanteuse Maggy Luyten et le guitariste Bas Maas étaient faits pour se croiser un jour ou l’autre. Et si leur parcours respectif paraît parfois opposé, ils se sont naturellement retrouvés autour d’un Hard Rock aux teintes Heavy pour donner naissance à ROCK JUSTICE. Fédérateur et bouillonnant, leur style rappelle autant les premières heures du style qu’il semble promis à un bel avenir. Avec « You’ve Been Served », le duo se fait vraiment plaisir et nous emporte sans mal grâce à des morceaux accrocheurs, où la voix de la Belge vient renforcer les riffs costauds et les solos tout en feeling du Néerlandais. Un premier album qui en appelle forcément d’autres, et sur lequel la frontwoman revient avec beaucoup d’enthousiasme.

– Avant de parler de ROCK JUSTICE, j’aimerais qu’on dise un mot de ton parcours. Tu chantes, ou as chanté, dans Beautiful Sin, The Prize, Nightmare et Ayreon, c’est-à-dire dans des styles assez différents. Même si on te sent parfaitement investie sur ce nouvel album, dans quel registre es-tu la plus à l’aise et la plus en phase avec tes goûts personnels ? Celui-ci peut-être, non ?

Pas forcément. A chaque fois que j’ai rejoint un projet, c’est parce que je me sentais en phase avec le style. Avec ROCK JUSTICE, je me retrouve bien dans l’énergie, la bonne humeur et la diversité des titres.

– La connexion avec Bas semble s’être faite très naturellement et le choix de ce Hard’n Heavy aussi. Tu écris les textes et les mélodies et Bas les riffs, entre autres. Est-ce que ce travail en duo a été quelque chose de nouveau pour toi ? Et puis, on te sent aussi très libre dans l’interprétation…

Ce qui est une première, c’est d’avoir écrit l’intégralité des paroles et des mélodies chant sur un album. Je ne parle pas de la reprise, on est bien d’accord ! (Sourires). Cependant, ce n’était pas forcément le but, car Bas a lui aussi quelques textes sous le coude, qui n’attendent qu’à être exploités ! Je pense que, tout naturellement, c’est cette liberté d’expression qui se fait ressentir ici. Déjà du temps de Beautiful Sin, les échanges étaient très riches avec Uli Kusch, idem avec Samuel Arkan dans Virus IV, Yves Campion dans Nightmare ou Christophe Godin dans The Prize. Disons qu’avec les années d’expérience, un acteur devient plus sélectif dans ses choix de scripts et, bien souvent, il finit par écrire le sien à force de savoir ce qu’il veut, ou ne veut plus. Mais qu’elles soient co-écrites ou non, les paroles sont très importantes pour moi et j’ai besoin de me sentir connectée au message. Si c’est le cas, je prends !

– Avec une petite saveur Old School, « You’ve Been Served » sonne très actuel et l’album apparaît comme une déclaration d’amour au Hard Rock et au Heavy Metal. Est-ce que l’idée première était de revenir à la source de votre culture musicale à tous les deux ?

Sincèrement, tout s’est mis en place progressivement avec une cohérence étonnante. Le fait que Bas ait nommé le groupe ROCK JUSTICE inspire et nous rappelle nos racines. Les textes sont basés sur des expériences personnelles avec un besoin d’exorciser certaines émotions fortes. C’est ça, le Rock, finalement, pas vrai !?! Le thème s’est d’autant plus imposé grâce à notre ‘Lady RJ’ (personnage présent sur l’artwork signé Khriztian León – NDR), qui veille et règne sur l’authenticité du Rock/Metal.

– Un autre élément vient aussi renforcer cette cohérence et cette complicité, c’est le fait que vous ayez tous les deux produit l’album. C’était important de contrôler toutes les étapes du processus pour obtenir le meilleur résultat et surtout ce que vous aviez en tête dès le départ ?

Tout a commencé avec des enregistrements de démos… L’expérience acquise au fil du temps nous a permis de garder les rênes au maximum. Mais il est important de souligner le travail de mixage et de mastering qu’a réalisé Luca Princiotta (Hardline, ex-Doro), sans qui nous n’aurions pas ce son ! Il a réussi à donner à l’album une production moderne tout en conservant l’authenticité du Hard Rock.

– Vous abordez également un aspect plus Blues Rock avec une reprise enflammée de « I Just Wanna Make Love To You » de Muddy Waters. D’où vous est venue l’idée ? C’est un morceau que vous aimiez particulièrement tous les deux, car elle colle très bien avec l’esprit très fédérateur de l’album ?

C’est Bas qui m’a proposé ce titre, probablement le plus ‘challengeant’ en ce qui me concerne au niveau de l’interprétation. Porter ces paroles sur un riff aussi lent, contrairement à ce qu’on pourrait croire, est un exercice difficile. Cela peut très vite devenir monotone à chanter, mais aussi pour celle ou celui qui écoute ! (Rires) J’ai fait un gros travail de recherche au niveau des intentions et de petites variations possibles dans les notes, sans pour autant dénaturer la chanson. Je suis assez fière du résultat et impatiente de la défendre en live, tout comme les autres titres d’ailleurs !

– Pour clore l’album, on te retrouve pour un vibrant duo avec Doro sur « First In Line », qui rend d’ailleurs un bel hommage à Ronnie James Dio. Si Bas et Luca Princiotta, qui a masterisé l’ensemble, la connaissent bien, j’imagine pour toi, cela a du être un moment très spécial…

Complètement ! Au-delà du duo, le fait de porter le message de « First In Line » avec une icône comme Doro Pesch à nos côtés renforce sa symbolique, car en plus d’être une légende vivante et d’incarner le Metal, elle a connu ‘nos pères’. Cette collaboration est, pour moi, une validation de parcours, un cadeau de l’univers et une magie qui ne demande pas à être expliquée, mais à être pleinement savourée. Que ce titre fédérateur puisse toucher un maximum de personnes !!! (Sourires)

– Enfin, avec une telle énergie et malgré vos occupations respectives, ROCK JUSTICE est-il un one-shot ou un projet studio, ou avez-vous l’intention de prendre la route ? Car ces chansons sont faites pour le live…

Nous avons déjà d’autres compos sur le feu et le live est au programme pour 2027 ! (Sourires) En ce moment, Bas tourne beaucoup avec Doro et After Forever, qui fait un magnifique come-back avec sa nouvelle chanteuse, Angel Wolf-Black !

Le premier album de ROCK JUSTICE, « You’ve Been Served », est disponible chez Fireflash Records.