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Heavy Stoner Blues International

Child : electric church [Interview]

Si nul n’est prophète en son pays, CHILD en est peut-être l’exemple parfait. En effet, les Australiens sont signés sur le label italien Heavy Psych Sounds et avouent sans peine que l’Europe est plus à l’écoute et réceptive à leur musique. Résolument Blues, voire Soul dans l’esprit et dans l’approche, le trio se montre particulièrement abordable et affiche même un côté très familier. De fait, l’aspect Stoner n’est pas si prépondérant, malgré l’épaisseur des riffs et une batterie assez lourde et appuyée. Avec ce quatrième album, « Rebirth », le trio livre une vision très psychédélique aux notes bleues qu’il distille avec une conviction de chaque instant. De retour sur sa grande île, le guitariste et chanteur Mathias Northway revient sur cette récente escapade sur le vieux continent et, bien sûr, sur ce nouvel opus.

– Tout d’abord, un petit mot sur cette tournée européenne que vous venez de terminer. Est-ce que ça conserve toujours une saveur particulière de jouer si loin de l’Australie pour vous ?

Absolument ! Je crois même qu’on a donné plus de concerts en Europe qu’en Australie. C’est toujours un peu comme rentrer à la maison. Ça fait un moment qu’on fait ça et c’est toujours un plaisir de jouer devant le public européen, car l’accueil et la reconnaissance qu’on reçoit pour notre travail sont bien plus pertinents qu’en Australie.

– Justement, ce quatrième album est sorti en pleine tournée et donc loin de Melbourne. Quel effet cela te fait-il et quelque chose de spécial est-il prévu à votre retour ?

Je suis ravi simplement d’avoir un nouvel album et je pense déjà au cinquième, en fait. Sa sortie ne concerne finalement pas vraiment Melbourne. Notre label est italien et la plupart de nos fans sont hors d’Australie, c’était donc logique de cibler ce marché pour « Rebirth ».

– Parlons de « Rebirth » et de son titre aussi éloquent que significatif, qui n’est peut-être d’ailleurs pas si anodin. En quoi CHILD commence-t-il une nouvelle vie à tes yeux ?

Je ne vois pas de signification particulière à ce titre. Le départ de Michael (Lowe, batteur et l’un des membres fondateurs, – NDR) y a beaucoup contribué, c’est sûr. Ne plus pouvoir jouer avec mon meilleur ami et devoir adopter une nouvelle approche pourrait en effet symboliser la nouvelle vie dont tu parles.

– Par rapport à « Soul Murder », « Rebirth » est plus lourd et plus introspectif aussi. Il marque un certain changement de ton dans un ensemble également plus mid-tempo. Même si l’album reste très Blues, avez-vous voulu appuyer sur le côté Stoner et Heavy Rock de votre jeu cette fois ?

Honnêtement, je ne cherche pas à être quoi que ce soit. Je joue ce qui me semble juste. Je joue pour avoir mon propre son. Je ne cherche pas à rentrer dans une case ou un genre. Je joue ce que j’aime entendre et c’est ce qui constitue le son que j’apporte au groupe. Je ne force rien, je le ressens.

– A propos de Blues, l’Australie est souvent tiraillée entre le British Blues et sa source américaine. Cette dernière semble d’ailleurs avoir votre préférence. Et puis, il y a aussi des similitudes vocales assez évidentes avec Lenny Kravitz. Est-ce que les pionniers du genre restent la première référence chez CHILD ?

Je peux t’assurer que je n’essaie pas d’imiter Kravitz. Cela dit, je ne suis pas contre l’idée d’être aussi bien conservé que lui à 60 ans ! (Rires) Je pense qu’il est toujours important de rendre hommage aux pionniers. Ils ont fait de même pour les leurs, et ainsi de suite. C’est une forme de transmission, à mes yeux. Le Blues britannique a eu une influence considérable sur moi. En ce qui concerne la guitare électrique, je dirais qu’à l’exception de Buddy Guy, toutes mes influences ont un lien avec le Royaume-Uni. Hendrix en est un bon exemple, même s’il est américain… (Sourires)

– Par ailleurs, trois ans après « Soul Murder », on vous retrouve avec un album très resserré contenant six morceaux uniquement. Est-ce que vous aviez le désir d’aller à l’essentiel, d’être le plus efficace possible ?

J’ai opéré des changements importants dans ma vie, ce qui m’a permis d’être plus productif. L’album « Rebirth » a été écrit et enregistré en six mois environ, ce qui est extrêmement rapide pour nous. De plus, il ne nous restait que peu de temps avec notre batteur originel, Michael, nous devions donc faire vite. L’efficacité n’est pas innée chez moi. Je préfère prendre mon temps, mais quand il est compté, il faut trouver des solutions.

– Il y a sur « Rebirth » un fort contraste entre des compositions musicalement profondes et assez sombres et un chant très lumineux, presque Soul. Est-ce cette intensité qui fait finalement l’essence-même de CHILD ? C’est une force que l’on retrouve chez très peu de groupes…

C’est tout simplement ce qui me semble juste. Je fais ce que je fais. Il n’y a pas de formule magique, ça vient naturellement. Si ça me semble juste, c’est juste. Je n’ai rien d’autre à ajouter.

– Enfin, j’aimerais que tu nous parles de cette fameuse ‘Electic Church’ à laquelle vous faites souvent allusion et que vous créez lors de vos concerts. Est-ce votre manière de consolider cette communion que vous entretenez avec le public et vos fans ?

Je crois que l’important, c’est de vivre ensemble une expérience profonde et, si possible, transcendante. Il faut que chaque concert soit unique. Je n’aime pas les groupes qui jouent sans conviction. Jouer sur scène ne doit pas être pris à la légère et son pouvoir ne doit pas être sous-estimé. Si on me donne un micro, je me donne à fond à chaque fois. Bien souvent, plus la scène est grande, plus il est difficile de créer un lien avec le public. Il faut donc être à la hauteur. C’est peut-être pour ça que j’utilise un ampli Marshall complet à chaque concert, quelle que soit la taille de la scène.

Le nouvel album de CHILD, « Rebirth », est disponible chez Heavy Psych Sounds.