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France Metal Progressif

Spheres : un regard vers le futur [Interview]

En cinq ans d’existence, les Parisiens de SPHERES ont développé un Metal Progressif, où les textures et les atmosphères renvoient à de multiples reliefs pour un voyage musical saisissant. Après un premier album, « Iono » (2019), le quatuor est de retour avec « Helios » à travers lequel il nous entraîne dans un périple qui va à l’encontre de l’idée-même d’utopie. Très contrasté et spirituel, ce deuxième opus pousse le groupe dans des contrées musicales plus dark encore. Entretien avec Jonathan Lino (chant et guitare), principal compositeur et producteur, qui revient sur la conception de cette nouvelle réalisation.

– Le line-up de SPHERES a un peu évolué sur ce nouvel album. Outre deux guests sur quelques morceaux, on note la présence sur l’ensemble de « Helios » du claviériste Marco Walczak. Est-il devenu un membre à part entière du groupe ?

Il risque de le devenir, c’est vrai. Auparavant, pour des raisons essentiellement financières, on tournait à quatre et il se pourrait que l’on commence à tourner à cinq. A terme, ce serait vraiment intéressant de l’avoir avec nous sur scène, car il apporte beaucoup au niveau du design sonore. On voulait donner une ambiance un peu Dark Synth à « Helios » et lorsque j’ai écouté son travail, je lui ai confié sans hésiter les arrangements des claviers sur l’album.

– Jonathan, tu as écrit, composé et produit l’ensemble de l’album sur lequel tu chantes, joue les guitares et les claviers. On pourrait presque penser à un projet solo. Quel est la part d’investissement et d’apport créatifs des autres musiciens ?

En fait, je suis ingé-son et j’ai donc tout le matos à la maison. Par ailleurs, j’ai toujours besoin d’un squelette pour synthétiser mes idées. Ensuite, j’envoie les démos aux autres et chacun travaille sur les arrangements. On discute beaucoup sur nos idées respectives et tout le monde y participe. J’ai juste besoin de mettre un premier coup de pinceau sur la toile, mais tout le travail de production et d’arrangement se fait à quatre. Et puis, chacun est très compétent dans son propre domaine instrumental, mieux que je ne peux l’être sur certaines choses, bien sûr, comme par exemple la batterie ou les parties de basse, qui guident d’ailleurs souvent les morceaux. Je suis juste plus à l’aise en travaillant seul sur les premières maquettes et les idées, mais c’est vraiment en groupe que nous faisons évoluer l’ensemble.

– Ce qui est assez surprenant sur « Helios », c’est qu’il y a un côté très science-fiction dans le son, notamment dans les claviers et certaines atmosphères, et pourtant l’album a quelque chose de très concret aussi. C’est un contraste sur lequel tu as voulu jouer ?

En tout cas, on peut parler d’album-concept. Chaque titre a son propre sujet, mais ils traitent tous d’un seul et même thème, qui est la dystopie. Il y a un aspect concret, bien sûr, mais aussi très onirique et spirituel. Cela dit, il y a aussi une volonté d’alerte en abordant ce genre de matière. Plutôt que de décrire un monde post-apocalyptique, on essaie de donner une sorte d’optimisme et d’ouvrir les esprits.

– Justement, « Helios » a des ambitions très spirituelles sur la vision d’un monde dystopique. J’imagine que dans ce cas-là, ce sont les textes qui amènent à la musique au niveau de l’écriture, ou le schéma est-il inverse ?

J’ai souvent des idées de sujets en tête, mais je ne me jette pas immédiatement dans l’écriture. Je laisse plutôt la place à mon imagination pour avoir une base. C’est à partir du moment où j’ai une histoire musicale que j’écris les textes. Le sujet vient en premier, la musique en deuxième, et ensuite l’écriture des paroles.

– J’aimerais qu’on s’arrête sur un morceau de l’album, qui se trouve aussi être le plus long, c’est « Pandemia ». Il est assez surprenant dans sa structure et son approche, car il présente des éléments progressifs évidents, ainsi que des passages post-Metal et des variations vocales étonnantes. On a presque le sentiment qu’il est la clef de voute de l’album. C’est le cas ?

C’est vrai que c’est le morceau le plus long et aussi le plus Prog. Il tire vraiment son inspiration d’un groupe comme Opeth avec une succession de chapitres. Je n’ai pourtant pas la volonté de n’écrire que des morceaux comme celui-ci. Mais dès le départ, j’ai voulu raconter une histoire, un peu comme on lit un livre.  

– SPHERES propose tellement d’atmosphères et de changements de tons qu’on pourrait vous qualifier de groupe de Metal extrême. Est-ce une chose dans laquelle tu te retrouves aussi ?

Oui, complètement. J’ai beaucoup écouté de musiques extrêmes et progressives qui s’en rapprochent. Cela dit, lorsque j’ai commencé la musique, j’ai beaucoup été influencé par le Rock Prog 70’s comme Magma, King Crimson, Genesis et Pink Floyd… et ça transpire encore ! Mais rapidement, j’ai écouté pas mal de MetalCore, du Sepultura aussi et pas mal d’autres choses extrêmes. Ma culture est un mélange de tout ça.  

– Est-ce qu’il y a un concept, un fil conducteur dans ce nouvel album ? Est-ce que « Helios » a été composé comme un tout, ou au contraire, est-ce que l’ordre des morceaux importe peu ?

L’ordre importe assez peu, car les morceaux ne suivent pas une histoire, même s’ils traitent tous d’un même thème. C’est vrai que l’album est très homogène dans le son, le mix et la production et avec aussi beaucoup de relief.

– En dehors des arrangements qui sont très soignés, j’aimerais que tu évoques le travail sur les voix, quelles soient collectives d’ailleurs et aussi ton propre chant. Il peut être clair et mélodique, assez martial et guttural parfois, tout comme extrême avec du growl et un peu de scream. La palette est très large. Il y a presque un petit côté schizophrénique dans tout ça, non ?

Oui, c’est vrai. J’adore utiliser différents registres de voix. C’est un peu comme une caisse à outils, qui te permet d’exprimer différentes émotions. J’essaie aussi beaucoup de choses, beaucoup de styles. La pluralité des reliefs dans la musique, j’aime la retrouver de la même manière que dans le chant.

L’album, « Helios », de SPHERES est disponible depuis le 23 septembre chez M&O Music.

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Stoner Rock

Clutch : galactic western

Ce treizième opus de CLUTCH n’est pas seulement massif et dynamique. Les Américains ne cessent d’évoluer et d’enrichir leur style déjà si distinctif en alliant puissance et mélodie avec un naturel toujours spontané. « Sunrise On Slaughter Beach » est fédérateur tout en restant direct et instinctif et sa chaleureuse production fait de lui l’un des albums de Stoner Rock incontournables de l’année, une fois encore.

CLUTCH

« Sunrise On Slaughter Beach »

(Weathermaker Music)

En un peu plus de trois décennies, le quatuor du Maryland a façonné un style, construit une discographie sans faille et même bousculé les codes du Stoner Rock dont il est devenu une référence, un pilier incontournable. Plus de quatre ans après « Book Of Bad Decisions », un record pour le groupe, CLUTCH livre enfin son nouvel album, le treizième, et pour la première fois sur son propre label.

Et comme les Américains font toujours comme ils l’entendent, c’est en pleine tournée que sort « Sunrise On Slaughter Beach », préférant offrir à son fidèle public la primeur de ses nouveaux titres au lieu de s’épancher à outrance dans les médias. La force et l’élégance des grands. Pourtant, CLUTCH en aurait sûrement des choses à dire sur ce toujours très musclé registre à l’œuvre ici.

Une fois n’est pas coutume, « Sunrise On Slaughter Beach » a la particularité, loin de lui être inédite, d’être très, très bon mais aussi très, très frustrant. Et cette frustration, on la doit aux 33 petites minutes de l’album, bien trop courtes. De « Red Alert (Boss Metal Zone) » à « Jackhammer Our Name », CLUTCH se montre compact et racé tout en laissant parler le groove et l’énergie qui le caractérisent depuis ses débuts.  

Grâce à un songwriting brillant et redoutable, doublé d’une production très organique et brute, le combo enfonce sans forcer ses refrains tenaces dans le crâne (« Slaughter Beach », « We Strive For Excellence »). Capable aussi d’être feutré (« Mountain Of Bowe ») et jouant sur les émotions (« Mercy Brown », « Skeletons On Mars »), CLUTCH se balade avec classe sur les cimes du Stoner en particulier, et du Rock en général.

Retrouvez l’interview accordée à Rock’n Force en août 2021 :

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Blues Metal Progressif Rock

United Guitars : à cordes déployées

Trois ans et trois albums déjà pour UNITED GUITARS, un projet guitaristique qui prend du volume au fur et à mesure que ceux-ci s’empilent dans les discothèques des amoureux de la guitare. Et voici le troisième ! Loin d’être un album de spécialistes pour les spécialistes, le concept se veut plutôt une découverte de l’instrument sous toutes ses facettes et à travers des registres aussi vastes que la très belle pléiade de musiciens présents sur ce « Volume 3 », qui s’étend sur un beau double-album.

UNITED GUITARS

« Volume 3 »

(Mistiroux Productions)

Et de trois ! C’est déjà le troisième volet de l’aventure UNITED GUITARS débutée fin 2019 à l’initiative de la productrice Olivia Rivasseau (productrice) et Ludovic Egraz (guitariste et réalisateur) et qui a vu défiler le gratin des guitaristes français, mais pas seulement, et uniquement en instrumental et dans des styles très différents, voire opposés, qui vont du Rock au Metal en passant par le Progressif, le Jazz et le Blues notamment. Un large panel entièrement dédié à la six-cordes sous toutes ses sonorités.  

Pour ce « Volume 3 », c’est toujours au cœur du Studio 180 dans le nord-est parisien que les musiciens se sont succédés pour donner corps et vie à ce nouveau double-album, entièrement dédié à la guitare dans toute sa diversité. Et comme d’habitude, la production est remarquable, car elle respecte avant tout les musiciens, leur jeu, leur toucher et leur son propre. Et c’est là l’une des forces d’UNITED GUITARS : regrouper au sein d’une même entité des artistes aussi distinctifs que talentueux.

On retrouve aussi quelques habitués présents sur les deux premiers volets comme Judge Fredd, NeoGeofanatic ou Yvan Guillevic, qui croise ici le fer avec le grand George Lynch sur « Surrounded By Darkness », tout comme Saturax qui accueille sur sa composition, « How Strong Is Your Shield ? », Popa Chubby pour un Blues endiablé. Mais que l’on ne s’y trompe pas, UNITED GUITARS n’a pas vraiment besoin de ‘stars’ pour briller. Les 34 guitaristes ne sont pas là par hasard, et au-delà d’une technique de haut vol, c’est le feeling qui l’emporte.

Toujours basé sur un modèle participatif, ce « Volume 3 » a remporté une nouvelle fois son pari et c’est donc avec plaisir que toute l’équipe, menée par un Ludovic Egraz très présent aussi musicalement, repartira pour un nouveau challenge à l’abordage d’un « Volume 4 », qui devrait encore réussir à surprendre et séduire. Et bien sûr, UNITED GUITARS et sa flopée de guitaristes ne serait pas grand-chose sans ses rythmiques basse/batterie toutes aussi virtuoses et qui mettent elles aussi en avant un groove incroyable.

Résolument tourné vers l’hexagone, le concept se dote une fois encore de quelques participations internationales et d’une belle touche féminine avec les présences de Chloé Rebeiro et de Tora Dahle Aagård. Sur le rythme d’une réalisation par an, UNITED GUITARS a déjà ouvert son Kiss Kiss Bank Bank pour le « Volume 4 » avec en jeu une immense tombola dotée de 46.000 euros de matos à gagner offert par les 50 marques partenaires (lien ci-dessous). Eclectique et créatif, ce « Volume 3 » prête donc à nouveau à l’évasion avec brio.

Yvan Guillevic, guitariste de HEART LINE et présent pour troisième fois sur UNITED GUITARS, sera encore de la partie sur le prochain et quatrième volet. Son interview accordée à Rock’n Force est à retrouver ci-dessous.

Et pour participer à l’aventure, un seul lien pour cette nouvelle campagne :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/united-guitars-vol-4?fbclid=IwAR2XdCQLr95PMzQ2jjBIhDc25YPMr9tR8FW3LREb91IISY0X8q4m21G2c5I

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Blues Blues Rock International Rythm'n' Blues

Starlite Campbell Band : le plaisir dans l’osmose [Interview]

Unis à la ville comme à la scène, Suzy Starlite et Simon Campbell se sont presque naturellement trouvés pour donner naissance à un Blues Rock riche, varié et terriblement envoûtant. Parcourant avec une grande facilité de nombreux courants en imposant un style bien à lui, le STARLITE CAMPBELL BAND livre son premier album live, où l’on prend la pleine mesure du talent de la bassiste-chanteuse et de son mari guitariste-chanteur. Entretien avec un duo dont les yeux ne cessent de pétiller.

Photo : Paul Husband

– Avant de parler de ce très bon album, j’aimerais que vous nous parliez de votre rencontre aussi musicale que sentimentale en 2012. Le groupe est le fruit d’une très belle connexion à tous les niveaux… Musicalement et techniquement, STARLITE CAMPBELL BAND affiche une belle créativité et une expérience évidente. Quel a été votre parcours respectif avant de fonder le groupe ?

Simon : J’ai commencé à jouer de la guitare à 16 ans et j’ai passé la majeure partie de ma vie immergé dans la musique, une passion qui m’a donné une riche expérience à travers les décennies, les pays et les genres. C’est à 18 ans et je me suis intéressé à l’enregistrement et à la production en travaillant comme guitariste de session et j’adorais être des deux côtés de la barrière. Les personnes, avec lesquelles j’ai appris, ont toutes été formées dans les années 50 et 60, ce qui m’a donné un excellent aperçu de la meilleure façon d’enregistrer de manière vraiment analogique.

J’ai toujours écrit ma propre musique et après les groupes ‘Whitefire‘ et ‘Roadrunner‘, j’ai signé un important contrat d’enregistrement avec Line Records (Polydor Allemagne) en 1989 avec mon groupe ‘Little Brother‘.

Suzy et moi sommes nés au Royaume-Uni. Je suis né à Radcliffe, au nord de Manchester et Suzy à Ross-on-Wye, au centre de l’Angleterre, près de la frontière galloise. Nous avions tous les deux déménagé sur l’île de Man indépendamment et j’ai rencontré Suzy pour la première fois en 2011 par l’intermédiaire d’un ami qui m’a parlé de sa merveilleuse écriture. Puis, Starlite a organisé l’événement de lancement de mon premier album solo « ThirtySix » au Centenary Centre.

Peu de temps après, j’ai monté un groupe de quatre musiciens avec Suzy au chant et à la guitare acoustique appelé ‘Starlite’. Je suis devenu le guitariste électrique du groupe et, collectivement, nous avons apporté une touche plus Rock à la musique. Mettant en avant nos propres chansons originales, le quatuor a écumé le circuit live qui comprenait un ensemble dynamique jusqu’au Mannifest, le plus grand festival en plein air de trois jours de l’île.

Suzy : J’avais étudié les médias et la performance à l’université de Salford et j’avais été avec mes propres groupes, ‘Megiddo’ et ‘Trade’, en tournée dans le circuit Folk et Indie britannique dans les années 90. Quand j’ai commencé à travailler avec Simon, nous étions tellement connectés à tellement de niveaux que nous avons finis par tomber amoureux accidentellement sur scène. Après une romance musicale éclair, nous avons décidé de quitter l’île de Man et de commencer une toute nouvelle vie ensemble. Nous avons donc déménagé en France en 2014 avec Hummock, la bête poilue de Simon, un labrador.

Ce fut une période incroyablement belle et romantique entourée de champs de vignes, dégustant la merveilleuse cuisine française et des vins de classe mondiale. Nous avons commencé à écrire des chansons ensemble, ce qui a vu naître le projet de danse synthétique « Electrolite » dans les années 80 avec le claviériste analogique Mark Cleator. L’EP de trois titres est sorti sur un vinyle 180g 12″ en édition limitée et plus tard, il a été signé chez Ninth Wave Records à New-York, aux États-Unis.

Après sept mois dans la campagne française, nous sommes ensuite partis à la recherche de climats plus chauds et d’une expérience culturelle différente à Valence, en Espagne. Cette année-là a également changé notre vie à bien des égards : nous nous sommes mariés sur les rives du Loch Fyne à Inveraray, en Écosse, et je suis devenu complètement accro à la basse.

Ce n’est que fin 2016 que nous avons décidé de former le STARLITE CAMPBELL BAND et co-écrit notre premier album « Blueberry Pie » en seulement deux semaines.

Photo : Peter Putters

– Vous avez deux albums à votre actif. Vous êtes tous les deux le socle du groupe avec plusieurs musiciens qui gravitent autour de vous. De quelle manière se passe le processus d’écriture ? Vous travaillez tous ensemble, ou est-ce que vous partagez vos idées après avoir composé chacun de votre côté ?

Simon : Suzy et moi écrivons toutes les chansons du groupe et avons la chance de travailler avec de fabuleux musiciens de session. Parfois, nous écrivons indépendamment et d’autres fois ensemble, cela change tout le temps. Ce qui nous intéresse le plus, c’est l’art et le processus d’écriture des chansons et de répondre aux besoins de celle-ci, afin qu’il n’y ait pas d’ego impliqué. Nous avons un plaisir compétitif très léger.

Suzy : Comme nous faisons tout nous-mêmes, depuis l’écriture, le jeu, l’enregistrement, la production, le marketing, les relations publiques ou la démarche pour caler les concerts, nous avons tendance à réserver du temps pour l’écriture. Nous sommes actuellement dans l’un de ces cycles et travaillons sur de nouvelles compositions pour élargir l’étendue de notre palette musicale et d’écriture.

– Vous êtes originaires de l’île de Man et pourtant votre Blues ne sonne pas totalement anglais. Il y a beaucoup d’influences diverses et notamment américaines. Habituellement, le British Blues est très identifiable et même souvent revendiqué. C’est un choix délibéré ou c’est dû à la variété de votre culture musicale à tous les deux ?

Notre écriture est basée sur des influences musicales de nombreux pays. Bien sûr, les États-Unis sont le berceau du Blues, du Jazz et de la Country, qui influencent la plupart des musiques occidentales. Nous accordons beaucoup d’attention à la musique folklorique de différents pays, en particulier l’Afrique, le Royaume-Uni, l’Europe et bien sûr la péninsule ibérique où nous vivons maintenant ! Par essence, le ‘son’ de notre musique est basé sur une esthétique de jeu, d’enregistrement et de production très britannique.

Photo : Paul Husband

– Un petit mot aussi sur les musiciens qui vous accompagnent. Ce sont les mêmes en studio et sur scène, car il y a un esprit jam prédominant dans votre jeu et plus largement dans votre style ? Et pour cela, il faut une grande complicité…

Simon : Une excellente section rythmique est essentielle dans chaque groupe et notre batteur de prédilection pour le STARLITE CAMPBELL BAND est Steve Gibson, qui est basé dans le sud de Manchester. Combiné avec Suzy à la basse, je peux honnêtement dire que c’est la meilleure section rythmique avec laquelle j’ai jamais joué, à la fois en live et en studio.

Cette solide rythmique derrière nous permet d’intégrer une variété de claviéristes live au fil des ans, notamment Jamie Pipe (Martin Barre, Danny Bryant), Jonny Henderson (Matt Scofield, Kirk Fletcher), Christian Madden (Liam Gallagher Band), Gabriele del Vecchio (Los Perros del Boogie) et Josh Phillips (Procol Harum).

Suzy : Oui, on s’amuse !!! La beauté de travailler avec ces musiciens  de classe mondiale est la liberté d’improviser, de changer les choses et de s’amuser avec le public, ainsi que quelques sympathiques duels guitare/clavier. Il n’y a jamais deux concerts identiques !

En studio avec le STARLITE CAMPBELL BAND, nous avons utilisé exclusivement Henderson et del Vecchio, mais Madden et Dave Formula (Magazine & Visage) sont apparus sur les deux premiers disques solos de Simon.

– D’ailleurs, vous êtes basés au Portugal. Cela ne complique pas trop les choses pour fixer le groupe, échanger entre musiciens ou partager vos idées ? Ou alors, vous soumettez vos morceaux aux autres membres du groupe une fois les chansons écrites ?

Simon : Cela entraîne certaines complications, ce qui était évident pendant la pandémie, alors que nous essayons d’enregistrer tous ensemble. Suzy et moi avons une bonne idée du tempo et de la sensation de base de la batterie, lorsque nous arrangeons les morceaux sur nos postes de travail audio numériques, à savoir Pro Tools et Ableton Live.

Suzy : La section rythmique et la guitare de base sont posées en même temps, alors nous emmenons Steve pour passer une semaine environ à travailler sur les chansons et à trouver juste le groove, puis à jouer ensuite les pistes. Il est très rapide et précis, nous avons donc le temps de nous amuser!

Simon : À moins que ce ne soit une partie très rythmée, les claviers ont tendance à être des overdubs et sur notre dernier album « The Language of Curiosity », nous avons réussi à suivre Jonny aux Rockfield Studios (l’endroit où « Bohemian Rhapsody » et bien d’autres grands succès ont été créés), qui est situé à Monmouth, au Pays de Galles et à seulement quelques kilomètres de la ville natale de Suzy. Encore une fois, j’ai tendance à avoir une idée de ce que nous voulons, et lorsque le bouton d’enregistrement passe au rouge, le véritable professionnalisme et l’art transparaissent !

Photo : Ken Jackson

– Parlons de ce troisième album qui est un enregistrement live. Sortir un disque comme celui-là après seulement deux réalisations en studio est assez rare. C’est une manière de dire que STARLITE CAMPBELL BAND est avant tout un groupe de scène ?

Suzy : Le projet STARLITE CAMPBELL BAND est aussi à l’aise en studio que sur la scène d’un festival. En tant qu’artistes, Simon et moi sommes curieux, posant constamment des questions et explorant de nouveaux sons, idées et pensées en studio. En ce sens, nous voulions vraiment capturer la spontanéité d’une performance live comme celle d’un ‘polaroid musical’ avant de passer à notre prochain projet d’album.

Simon : L’album contient des morceaux de mon catalogue solo que nous avons présentés en live. Ce sont des interprétations totalement différentes des originaux et très STARLITE CAMPBELL ! Je pense qu’ici, nous voulions présenter à notre public, qui n’a peut-être jamais vu le groupe sur scène, la façon dont nous réinterprétons et ajoutons de l’énergie et de l’improvisation aux morceaux dans cette configuration live.

– Vous l’avez enregistré en Angleterre entre Met, Bury et The Grange Theatre. Là encore, c’est surprenant. Pourquoi ne pas avoir gardé une seule et unique soirée sur le disque ? En dehors de ne vouloir garder que le meilleur, bien sûr…

Suzy : La plupart des albums live sont compilés à partir d’une série de soirées au même endroit, tout comme l’ultime enregistrement live « Made In Japan » de Deep Purple. Tous nos enregistrements ont été réalisés dans le cadre de différentes tournées à des moments différents où nous avons joué dans les salles un soir. Nous avons donc sélectionné les morceaux qui fonctionnent vraiment pour notre album lors de trois soirées différentes.

– Outre la qualité de jeu au niveau guitare, le groove incroyable de Suzy à la basse et le chant que vous partagez, il y a également une belle mise en lumière des claviers et plus particulièrement de l’orgue Hammond. D’ailleurs, il y a trois claviéristes sur l’album. Comment cela se fait-il ?

Simon : Merci pour le compliment ! Comme nous en avons discuté dans la question précédente, les enregistrements ont été réalisés au cours de tournées différentes mettant en vedette différents claviéristes. Chacun a un style unique. C’est comme cuisiner le même plat, mais en variant l’un des ingrédients !

– Enfin, j’aimerais que vous nous disiez un mot sur votre reprise du standard de Procol Harum, « A Whiter Shade Of Pale », qui clôt l’album. Il y a la rencontre avec Josh Phillips qui vous avait rejoint sur scène, c’est ça ?

Suzy : Josh avait un créneau dans le planning de tournée de Procol Harum, ce qui nous a donné l’opportunité de travailler ensemble et de jouer des concerts complets lors d’une tournée au Royaume-Uni. Nous avons passé quelques jours à répéter le set du STARLITE CAMPBELL BAND dans son studio dans le sud de l’Angleterre, ce qui était très amusant ! « A Whiter Shade Of Pale » résonne avec Simon car c’est le deuxième single qu’il a acheté et c’était presque un devoir de le jouer pour clôturer les spectacles. Un beau et poignant moment pour nous tous !

L’album Live de STARLITE CAMPBELL BAND est disponible depuis le 22 juillet sur le site du groupe :

https://starlite-campbell.com

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Alternative Rock France Progressif

The Flying Bricks : des objectifs atteints [Interview]

Après s’être un peu cherché comme tous les jeunes groupes, THE FLYING BRICKS a trouvé son style et marqué les contours de son Rock, qui alterne entre des aspects progressifs et alternatifs. Avec son dernier EP, « Chimeric » (M&O Music), le quatuor manceau affiche une solidité et surtout un sens de la mélodie marqué. Quelques mois après sa sortie et avant une release party qui aura lieu à la Boule Noire à Paris en septembre, entretien avec Arthur, guitariste de THE FLYING BRICKS.

– THE FLYING BRICKS existe depuis 2015 et pourtant, on vous connait assez peu. Pouvez-vous nous retracer dans les grandes lignes le parcours du groupe et son identité musicale ?

Alphonse (le batteur) et moi nous sommes rencontrés ados en école de musique, puis nous avons trouvé Benoit (le chanteur) au lycée. Assez vite, nous avons eu l’envie de faire des concerts, d’enregistrer, mais sans vraiment d’ambition, le but étant surtout de prendre du plaisir. Après quelques expériences, notamment deux concerts à Odessa et Kirovograd en Ukraine en décembre 2017, nous avons décidé de passer l’étape supérieure et nous investir pleinement dans le projet, d’où la sortie d’un premier EP « Fake Empire » en 2018, et notre petit dernier « Chimeric » en mars 2022.

Pour l’identité musicale, elle a beaucoup évolué depuis notre adolescence, passant du Punk au Blues Rock. Aujourd’hui, c’est un univers plus Prog, atmosphérique, lié à nos influences assez variées.

– Votre Alternative Rock fait écho à plusieurs styles musicaux, qui vont même jusqu’au Metal parfois. Il y a finalement assez peu de groupes dans ce créneau en France. THE FLYING BRICKS a pour objectif de se frayer un chemin dans ce registre très anglo-saxon, ou est-ce que vous visez plutôt à vous exporter ?

L’objectif premier est surtout de créer de la musique qui nous plait. On compose et on joue avant tout pour nous avant de penser au style qui pourrait marcher le mieux. Après bien sûr, le but est aussi de porter le projet le plus loin possible, en France dans un premier temps, et si nous avons l’opportunité de nous exporter, nous ne la raterons certainement pas !

– Vous avez récemment signé chez M&O Music pour la sortie de « Chimeric ». Est-ce que vous le voyez comme une première grande étape de franchie depuis la création du groupe ?

Pour cet EP « Chimeric » nous avons décidé de mettre toutes les chances de notre côté, et cela passait effectivement par un bon entourage. C’est sûr qu’être accompagné par un label est forcément une grande étape, qui nous permet à la fois de nous aider dans notre travail au quotidien et de nous donner une légitimité vis-à-vis des professionnels de la musique.

– Vous vous êtes rendus pour la deuxième fois à Angers au Dôme Studio, et cela s’en ressent dans le son et qualité de la production de « Chimeric ». C’était important pour vous de travailler avec des gens qui connaissent déjà votre couleur musicale ?

L’enregistrement de « Fake Empire » s’était super bien passé avec David, et entretemps il avait déménagé et modernisé son studio, donc nous n’avons pas hésité longtemps avant de retourner chez lui pour « Chimeric ». Nous voulions vraiment travailler avec quelqu’un qui connaissait notre son, qui saurait comment le travailler, et qui s’investirait dans les morceaux. En plus de ça, on s’était super bien entendu avec lui, donc raison de plus pour travailler à nouveau au Dôme Studio !

– Justement, « Chimeric » montre une grande variété dans les compositions, notamment sur les ambiances, les changements de tempos et le travail sur les voix. Là encore, on note une maturité atteinte. C’est la multiplication des concerts qui veut ça, ou une remise en question plus globale de votre approche des morceaux ?

Probablement un peu tout ça. Entre « Fake Empire » et « Chimeric », nous avons grandi, déménagé, évolué en tant que personnes, aujourd’hui nous sommes plus posés qu’à l’époque et ça a sûrement impacté nos compositions. La crise sanitaire a joué également, quitte à rester confinés chez soi, nous avons mis ce temps à profit pour revoir certains arrangements, textes, etc… Et tout ça a abouti à six morceaux bien plus approfondis que ce que nous avions fait jusqu’alors, et nous en sommes vraiment contents.

– Sur le morceau-titre de l’EP, THE FLYING BRICKS accueille Mélina Farcy au chant. D’où vous est venue l’idée de ce duo, et comment s’est passé l’écriture ? Vous l’avez composé ensemble ?

L’idée est venue assez naturellement. Lors de la composition du morceau, nous nous sommes dit qu’une voix féminine rendrait bien sur le refrain, et nous n’avons pas eu à aller bien loin pour tester l’idée, puisque Mélina n’est pas seulement une chanteuse-danseuse professionnelle très douée, c’est aussi la copine d’Alphonse ! Nous avons fait quelques essais à la maison, le rendu nous a plu, donc on l’a embarqué en studio, puis sur le tournage du clip de « Chimeric », qu’elle a chorégraphié avec ses acolytes Kilian et Anna. Ce n’était donc pas forcément prévu à la base, mais aujourd’hui Mélina est partie intégrante du projet « Chimeric », et vous risquez bien de la voir encore collaborer avec nous sur quelques lives !

– « Chimeric » est votre quatrième EP, dont un live. C’est assez étonnant de sortir autant de formats courts. J’imagine que la perspective d’un album complet doit commencer à vous titiller, non ?

Quatrième oui et non, les deux premiers auxquels tu fais allusion datent de l’époque où le projet n’était pas vraiment structuré, où comme je le disais au début nous jouions pour le plaisir et sans ambition. Nous considérons donc « Fake Empire » et « Chimeric » comme nos deux seuls EP ‘officiels’, et tout ça doit bien sûr à terme nous mener à un album, c’est en tout cas un objectif, oui.

– Enfin, j’aimerais que vous nous disiez un mot sur votre release party, qui va avoir lieu le 3 septembre prochain à la Boule Noire à Paris. Très belle salle ! Vous devez avoir hâte d’y être ?

La Boule Noire est une super salle, que nous fréquentions un peu à l’époque où nous habitions à Paris, c’était une envie depuis longtemps de jouer là-bas ! Donc oui, hâte d’y être, on vous prépare un beau show, quelques exclus et surprises et une première partie qui sera annoncée très bientôt ! En attendant la billetterie est déjà en ligne :

https://my.weezevent.com/the-flying-bricks-la-boule-noire-release-party

THE FLYING BRICKS a sorti « Chimeric » le 11 mars dernier et il est disponible chez M&O Music.

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Fusion International Rock

Dan Reed Network : connexion rétablie [Interview]

Les plus jeunes n’ont peut-être pas en mémoire DAN REED NETWORK, formation issue de Portland, Oregon. Pourtant au beau milieu des années 80, le groupe a marqué toute une génération. Pionnier du Rock Fusion aux côtés de King’s X, RHCP et un peu plus tard RATM, les Américains sont enfin de retour, sous le même line-up ou presque, avec « Let’s Hear It For The King », un sixième album toujours aussi haut en couleur, Funk et terriblement Rock ! Entretien avec son chanteur et compositeur Dan Reed.

Photo : Anders Gustafsson

– Avant de parler de ce nouvel et très bon album, peux-tu nous dire de qui est aujourd’hui composé DAN REED NETWORK, plus de 30 ans après sa création ? Ce sont les mêmes musiciens ?

Ce sont tous les mêmes membres du groupe, à l’exception de notre nouveau claviériste Rob Daiker. Et Dan Pred, le batteur avec qui je joue depuis le lycée alors que nous avions 16 ans, le guitariste Brion James et le bassiste Melvin Brannon font partie du groupe depuis notre formation en 1984.

– Sans entrer dans le détail, il s’est passé beaucoup de choses depuis 1988 et pourtant « Let’s Hear It For The King » n’est que le sixième album du groupe. Sans parler de régularité, n’as-tu pas quelques regrets de ne pas avoir été plus prolifique avec le groupe ?

Non, je n’ai aucun regret de ne pas avoir fait plus de musique. J’ai aussi sorti six albums solo et instrumentaux au cours de cette période, produit un long métrage, dirigé une boîte de nuit pendant trois ans et j’ai eu la chance de parcourir le monde en étudiant différentes cultures. Le seul regret que j’ai est d’avoir quitté le groupe en 1993 sans prévenir les autres membres du groupe. Cela a été une erreur égoïste de ne pas faire de projets pour l’avenir de tout le monde après notre séparation.

– A ses débuts, DAN REED NETWORK évoluait avec des groupes comme King’s X, RHCP et RATM. As-tu aussi le sentiment que c’était une époque bénie en termes de créativité par rapport à aujourd’hui et à ce style surtout ?

Je ne sais pas si c’était une bénédiction ou non, mais je pense que c’était une période vraiment excitante pour la créativité musicale et l’épanouissement de différents styles. Je me sens honoré que DAN REED NETWORK soit considéré comme l’un des nombreux groupes révolutionnaires, qui ont essayé de mélanger les genres.

Photo : Amanda Rose

– Avec ce nouvel album, on retrouve tout ce qui fait l’identité du groupe : l’esprit Rock, Funk et Soul avec de fortes mélodies. Cela fait combien de temps que vous êtes sur l’écriture de « Let’s Hear It For The King » ? Car il est aussi très actuel…

Merci ! Toutes les chansons du nouvel album ont été écrites en 2019 et enregistrées en janvier 2020. Puis, le Covid est arrivé et a repoussé la sortie de l’album jusqu’à cette année. J’ai pu lire que les paroles semblent être une sorte d’état des lieux du monde d’aujourd’hui en 2022. Peut-être que nous avions vu l’avenir dans nos cœurs en écrivant ces morceaux ? Je sens que le conflit et la division entre les partis politiques de gauche et de droite nous poussent à nous confronter au lieu de nous rassembler. Et c’était déjà vrai en 2019, autant que maintenant.

– Je te suis depuis les débuts du groupe et je trouve ce nouvel album assez surprenant sur beaucoup d’aspects. On peut le percevoir comme une certaine renaissance. C’est aussi dans cet état d’esprit que tu le vois et que tu l’as composé ? 

Notre objectif avec cet album était de rendre hommage à nos racines, ce groupe qui remplissait les clubs à la fin des années 80… tout en essayant en même temps de créer la musique que nous aimons aujourd’hui en 2022. Notre seule ‘règle’ était d’écrire et d’enregistrer des chansons qui seraient géniales à jouer en live. J’espère que nous y sommes parvenus. Au final, ce nouvel album est une sorte d’album-concept dans le sens où il vaut mieux l’écouter du début jusqu’à la fin. Et j’espère qu’à la fin de l’album, l’auditeur se sentira un peu plus inspiré pour se battre pour son avenir.

– Etonnamment, l’album sonne aussi peut-être plus européen qu’américain. C’est une démarche que tu as souhaité ? On a un peu le sentiment que tu t’es démarqué de la scène de Portland des débuts. C’est le cas ?

DAN REED NETWORK se démarquait déjà complètement de la scène de Portland dès le début. Mais il y avait beaucoup de très bons groupes de Rock et d’incroyables groupes de funk, qui jouaient à Portland à l’époque. Nous voulions mélanger ces deux styles, un peu comme Mother’s Finest, Sly And The Family Stone… et même les premiers albums d’Aerosmith pour créer de la musique Funk avec un esprit Rock’n’Roll.

Photo : Laurence Harvey

– La musique n’est pas non plus le seul art que tu pratiques et auquel tu t’intéresses très sérieusement. Peux-tu nous dire un mot au sujet de tes activités annexes ?

Mes projets parallèles, comme la réalisation de films et la peinture d’art abstrait, sont devenus de plus en plus un objectif principal au même titre que la musique. La pandémie m’a permis de me concentrer sur ces autres formes d’art, car nous n’étions plus en mesure de tourner. Alors, j’ai passé plus de temps avec ma famille, à écrire des scénarios et à peindre. J’ai eu la chance d’avoir reçu beaucoup de soutien pour mes œuvres et cela m’a permis de pouvoir être plus souvent chez moi, et moins dans les aéroports.

– Pour conclure, j’imagine qu’avec un tel album, la scène doit vous manquer même s’il vous avez déjà commencé de tourner. Avec une telle carrière, comment vas-tu concevoir la set-list ? Tu vas donner la priorité à « Let’s Hear It For The King » ?

J’ai, en effet, très envie de faire des tournées, que ce soit avec DAN REED NETWORK, mon trio où je joue davantage de guitare électrique comme avec Danny Vaughn de Tyketto. Nous avons sorti notre premier album début 2020, « Snake Oil and Harmony », juste avant que le virus ne bloque le monde. Donc finalement, je reprendrai la route vers la fin de cette année et j’espère qu’en 2023, nous ferons davantage de tournées mondiales avec DAN REED NETWORK !

Nous aimons toujours faire honneur à notre discographie entière et jouer nos anciens morceaux préférés. Et nous avons l’intention d’inclure au moins six chansons du nouvel album sur scène. Mais nous aimons aussi changer les choses et jouer différents sets chaque soir… Donc, on ne sait jamais vraiment ce que nous allons jouer, mais une chose est sûre : ce sera une célébration de la vie en sueur, groovy et Rock !

Enfin, merci à toi, François ! J’ai beaucoup apprécié tes questions et ton regard sur le nouvel album. Et oui… nous reviendrons en France, c’est sûr ! (Sourires)

Le nouvel album de DAN REED NETWORK, « Let’s Hear It For The King », est disponible chez Drakkar Entertainment et  sur : www.danreed-network.com

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France Post-Metal

Cancel The Apocalypse : unplugged Metal [Interview]

Avec des instruments essentiellement dédiés à la musique classique, dont la moitié du groupe est issue, CANCEL THE APOCALYPSE a décidé de produire un Post-Metal, mais en version acoustique…! Fort d’un premier album, qui a autant surpris que séduit, le quatuor fait son retour avec « Terminus Stairway », sorte d’OVNI musical rapidement addictif. Arnaud Barat, le guitariste, revient sur la démarche du combo et ses multiples inspirations. Entretien.

– Avant de parler du nouvel album, Audrey et toi, vous avez une formation classique spécialisée en musique baroque, et le groupe est complété par Mathieu et Karol qui viennent quant à eux du Rock et du Metal. A quel moment avez-vous eu le déclic pour fonder CANCEL THE APOCALYPSE ?

Il n’y a pas eu vraiment de moment particulier. L’idée a fait son chemin progressivement avec certaines évolutions du Metal depuis la fin des années 90. On a d’abord adoré des morceaux comme « Kaiowas », « Jasco » et « Itsari » de Sepultura, qui introduisaient la guitare acoustique dans des albums de Metal. Ensuite le « S&M » de Metallica, où c’était tout l’orchestre qui faisait son entrée, et puis il y a eu System of A Down et ses sonorités arméniennes. A partir de là, on a vraiment eu le fantasme de créer un projet, dont le concept reposerait là-dessus : faire du Metal acoustique. La volonté était d’essayer de remplacer la guitare électrique par une guitare sèche, la basse par un violoncelle et d’essayer de faire en sorte que ça tienne la route face à un chant et une batterie Metal. On peut dire que pour nous le déclic a été de voir Matthieu œuvrer dans My Own Private Alaska. On avait trouvé la voix qui correspondrait, la personne adéquate pour tenter le coup. Mais il a fallu encore attendre quelques années pour qu’on ose lui proposer et que les choses se fassent.

– Ce qui est surprenant chez CANCEL THE APOCALYPSE, c’est cette quasi-absence de distorsion dans le son et vous affichez pourtant une puissance étonnante. Là aussi, c’est un parti pris, voire une contrainte, que vous vous imposez ?

Oui, oui, complètement, c’était un parti pris, mais plus vraiment une contrainte à partir du moment où on a eu la sensation que ça fonctionnait. Et en effet sur les deux albums, il n’y a qu’un endroit où il y a de la distorsion, c’est sur le refrain du morceau qui donne son nom au groupe, « Cancel the Apocalypse ». Et encore, c’est un choix de mix qui ne vient pas de nous, mais qu’on a décidé de garder comme un clin d’œil.

– On ne va pas se mentir, sur le papier, on pense à Apocalyptica. Est-ce qu’à l’époque, leur démarche vous a marqué, motivé, influencé ou juste piqué votre curiosité ?

Alors honnêtement, ça a juste piqué notre curiosité lorsqu’ils ont émergé avec leurs reprises de Metallica à quatre violoncelles. Ça confirmait l’idée que l’instrument se prêtait bien au Metal. Mais on n’est pas des gros fans d’Apocalyptica pour autant…

– Parlons de « Terminus Stairway ». Votre premier album, « Your Own Democracy » (2016), ayant reçu un très bel accueil et surpris beaucoup de monde, est-ce que vous aviez un peu plus de pression cette fois, ou c’est quelque chose à laquelle vous êtes imperméables et qui ne vient pas troubler votre travail ?

On a quand même pris beaucoup de temps pour sortir ce deuxième album, et puis pour nous CANCEL THE APOCALYPSE doit rester un truc où on s’amuse avant tout, où on fait les choses à l’envie. Les morceaux de « Terminus Stairway » se sont additionnés progressivement les uns aux autres au cours des dernières années. On en jouait déjà certains lorsqu’on tournait pour « Our Own Democracy » et les derniers-nés ont quelques mois, c’était donc un processus long. On n’a donc pas été troublé par la pression, on s’est juste demandé quelle direction on voulait donner à l’ensemble pour se faire encore plus plaisir. Là, le choix a été de renforcer encore le côté ‘musique de chambre’ par l’ajout de l’alto, que ça donne plus de corps au son. Puis après, on a forcément l’espoir que si ça nous plait à nous, ça plaise à d’autres, mais on ne joue pas notre ego là-dedans. On prend les choses comme elles viennent.

– A l’écoute de vos nouveaux morceaux, on a l’impression que vous vous basez sur un schéma de chanson Rock au sens très large pour composer. L’influence classique se ressent surtout dans les arrangements et le choix des instruments. Est-ce que finalement la musique classique contemporaine n’est pas trop éloignée en termes de structures d’écriture ?

Oui, c’est une très bonne remarque. Lorsque je compose les bases des morceaux, je le fais toujours dans une optique de chanson Rock de 3 minutes 30, avec des modèles très universels comme les Beatles ou Nirvana. Et c’est certain que si les choix de structure de base s’apparentaient à de la musique classique contemporaine, sans cadre de temps ou de répétition de cellules musicales, sans jamais aucune notion de couplet/refrain, ça rendrait le propos complètement opaque, voire prétentieux… On préfère, en effet, nourrir les morceaux par des choix d’harmonie et d’arrangements à l’intérieur d’une structure simple.

– Est-ce que, même inconsciemment, votre ambition avec « Terminus Stairway » est de rapprocher les publics classiques et Rock/Metal, qui se croisent assez peu ? Le guitariste Yngwie Malmsteen était allé dans ce sens dans les années 80 avec des solos et des mélodies inspirés de Paganini, notamment…

Oui, c’est même très conscient, mais on sait aussi très bien aussi qu’on court sans doute derrière des moulins en essayant de faire ça, ce qui n’est pas très grave non plus. (Sourires)

– CANCEL THE APOCALYPSE dégage beaucoup d’émotion musicalement, et il en émane aussi beaucoup à travers les voix. Les deux se complètent très bien et se retrouvent même à un niveau égal. Qu’est-ce qui influence le plus l’autre dans la composition d’un morceau ?

Alors forcément, vu que le travail se fait d’abord au niveau instrumental, Matthieu à la lourde charge d’essayer de composer sa voix sur une base pré-existante. Mais la composition de base se fait toujours avec le fantasme de ce qu’il pourrait faire par-dessus, avec une vision imaginaire de ce que sera le rendu final. Il y a donc une influence dans les deux sens qui fait que, pour l’instant, on ne s’est jamais retrouvés réellement bloqués. Il n’est même pas sûr que Matthieu ait déjà dit : ‘non, celle là je vais rien pouvoir en faire…’ depuis qu’on a commencé à travailler ensemble sur le projet.

– Il y a également une chose qui caractérise CANCEL THE APOCALYPSE, jusque dans votre nom : c’est votre engagement. Il est à la fois humain, social, politique et écologique. On a presque l’impression que c’est le point de départ du groupe. Cela fait partie des motivations premières, de mettre en musique des revendications et surtout des valeurs universelles, qui se perdent aussi d’ailleurs aujourd’hui ?

CANCEL THE APOCALYPSE, c’était avant tout une rencontre humaine. Des gens avec des goûts, des valeurs humaines et des positionnements approchants. On n’a pas vraiment la volonté d’être un groupe militant, mais forcément ça doit se ressentir dans nos textes, dans notre façon de communiquer parfois et c’est super si ça se ressent un peu dans notre musique. Mais en fait, on souhaite que cet aspect ne dépasse pas le cadre musical ‘subjectif’ et on préfère l’assumer dans nos vies personnelles, dans notre boulot et notre vie de tous les jours, par nos actes et ne pas faire du groupe un truc moraliste ou un peu lourd. Le nom CANCEL THE APOCALYPSEen lui-même est d’ailleurs autant une ‘prière’ qu’une blague de départ entre nous.

– Pour conclure, si vous deviez faire évoluer le groupe musicalement pour lui apporter encore plus de profondeur et peut-être de puissance, quel instrument trouverait sa place chez CANCEL THE APOCALYPSE ?

On aurait des tonnes de fantasmes par rapport à ça en fait ! Difficile d’en choisir un ! Alors en vrac : un quatuor à corde, voire un orchestre, des instruments indiens ou africains, des samples electro ! (Sourires)

L’album de CANCEL THE APOCALYPSE,  « Terminus Stairway », est disponible depuis le 10 juin chez Inverse Records/Klonosphere.

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France Groove Metal Thrash Metal

Heart Attack : tsunami groove [Interview]

Avec leur troisième album, les Français de HEART ATTACK viennent jeter un énorme pavé dans le monde du Thrash Metal hexagonal. D’une part, parce que « Negative Sun » se démarque du registre tel qu’on peut le concevoir, et d’autre part parce qu’il apporte un nouvel élan créatif au genre. Grâce à une production irréprochable, un groove constant et des accroches percutantes, le quatuor se retrouve en fer de lance d’une nouvelle vague, qui ose intégrer de nombreux éléments dans un style souvent figé. Son lead guitariste, Kris, nous parle de ce nouvel opus et de l’approche musicale globale du groupe.

Photo : Manuel Acqualeni

– Pour commencer, rappelons que HEART ATTACK sort son troisième album en un peu plus de 15 ans d’existence. Et « Negative Sun » sort chez Atomic Fire Records, ce qui n’est pas rien lorsque l’on voit le catalogue du label. Quelle a été votre première réaction lorsqu’il vous a approché ?

Au départ, on n’y a pas cru ! (Rires) En fait, on avait démarché plusieurs labels, car le nôtre cessait ses activités. Et on cherchait aussi à grossir. Et nous avons reçu un mail nous disant que Markus Staiger, le patron d’Atomic Fire Records, adorait le groupe et il voulait à tout prix nous signer ! On a commencé à discuter avec eux et on est tombé sur une équipe très sympa, très pro et avec beaucoup d’expérience. C’est vraiment un plaisir de bosser avec eux. C’est une bonne expérience et qualitativement, c’est un bond énorme pour nous. 

– Alors qu’aujourd’hui, on va vers de plus en plus d’autoproductions et que même certains groupes bien installés vont dans ce sens, vous intégrez un label reconnu et établi. Qu’est-ce que vous attendez concrètement d’une telle signature ?

Qu’il nous aide à faire grandir le groupe en termes de renommée, ainsi qu’au niveau de la reconnaissance et du crédit sur la scène Metal. Que cette signature nous permette aussi de tourner beaucoup plus, car c’est l’objectif premier. On veut rester sur cette pente ascendante avec HEART ATTACK, sur le plan national depuis une dizaine d’années déjà, et évoluer encore d’avantage.

– Avant de parler du contenu de l’album, j’aimerais que vous me parliez de cette intro, « Rituals ». Tout d’abord, c’est vrai qu’on ne voit plus beaucoup d’intros sur les albums et la vôtre dure quand même près de 2’30 (2’22 pour être précis). Qu’est-ce qu’elle signifie pour vous, déjà par sa longueur et ensuite par le fait qu’elle soit peut-être un peu en décalage avec la suite ? Et ne me dites pas que c’est pour pouvoir vous installer tranquillement sur scène !

C’est clair que là, on a vraiment le temps ! (Rires) D’ailleurs, je ne sais même pas si on commencera avec cette intro sur scène, car on a d’autres idées qu’on va travailler en résidence. Pour revenir à ta question, c’est vrai qu’on en avait déjà fait une sur l’album précédent (« The Resilience » – 2017 – Apathia Records – NDR) et on y est assez attaché. Cela dit, ça ne veut pas dire que sur le prochain, il y en aura une. Pour celle-ci, c’est un sample qu’on a entendu. C’est un chant mongol mixé avec un bulgare. On a voulu travaillé dessus et ce court instrumental est né. Et on l’a trouvé parfait pour l’intro de l’album.

Kris

 – A la première écoute de « Negative Sun », ce qui saute aux oreilles, c’est cette variété et cette richesse qui se dégage de votre Thrash Metal. On peut à la fois y trouver des aspects liés à la Bay Area, mais aussi à la scène allemande notamment. HEART ATTACK a parfaitement assimilé toutes ces influences. C’est un processus nécessaire pour aller de l’avant et proposer un style plus personnel ?

Absolument, et ça me fait très plaisir que tu dises ça ! On a essayé de proposer un album qui soit le plus riche possible, parce qu’on ne voulait se poser aucune limite en tant que musiciens, mais aussi en tant que fans de musique. On ne voulait pas se limiter à une étiquette Thrash. On peut retrouver sur l’album des influences symphoniques, Death, Black, progressives voire presque Pop/Rock. En fait, tout ce que l’on écoute s’y retrouve un peu. On a vraiment fait ce qu’on a voulu, sans aucune contrainte. D’ailleurs sur « Negative Sun », on a vraiment trouvé l’identité d’HEART ATTACK avec ce mélange de riffs et de mélodies multiples. C’est ce qui nous représente le mieux.

– L’autre force de l’album réside dans la puissance des riffs et le côté très mélodique et groove des morceaux. Il y a un vrai liant au sein-même des titres, qui semblent presque être composés comme des chansons. C’est aussi comme ça que vous l’avez entrepris ?

Oui, parce qu’on n’écoute pas seulement du Metal. On est ouvert à beaucoup de choses et la qualité prime toujours sur le genre. On se nourrit de tout ça pour faire des chansons. Le label nous a dit qu’on était un peu imprévisible, et ça nous fait très plaisir, parce qu’on ne sait pas ce qu’il peut se passer dans une chanson. On essaie toujours de surprendre l’auditeur.

– Par ailleurs, ce qui m’a aussi surpris (et dans le bon sens !), c’est cette attaque très Heavy et même Rock’n’Roll sur les solos, avec un côté très fédérateur et presqu’épique. L’objectif était de transmettre cet esprit des pionniers du genre en y insufflant une touche et même une approche très moderne ?  

J’ai justement développé cette attaque sur les solos, parce que je n’écoute pas uniquement du Metal. Je suis d’ailleurs celui qui en écoute le moins dans le groupe. Donc, je n’ai pas forcément un touché Metal. Mes références sont plutôt Steve Lukather, Pete Townsend ou Jimmy Page. C’est vrai que c’est plutôt Rock. Je suis fan des guitaristes un peu architectes et arrangeurs. J’aime bien construire mes solos comme une pièce de la chanson, tout en la servant, et sans dérouler des plans juste parce qu’il faut un solo à ce moment-là. C’est vrai que c’est un peu bâti à l’ancienne.  

– Même si vous y allez souvent très frontalement, HEART ATTACK prend aussi le temps de poser des atmosphères plus aériennes (comme sur « Negative Sun », par exemple) pour imposer un certain volume aux morceaux. On a finalement l’impression que vous vous nourrissez de beaucoup de choses. Le registre Thrash à lui seul paraît presqu’étroit pour vous. C’est le cas, ou c’est simplement votre vision d’une évolution naturelle du style ?

Personnellement, si tu me poses la question, je ne nous considère pas comme un groupe de Thrash. Il y a des influences, c’est certain. Mais, on n’est pas un pur groupe de Thrash. En revanche, sur nos premiers albums, on était dans un registre très Thrash avec beaucoup de riffs et moins d’arrangements. C’est petit à petit que nous avons intégré d’autres influences et sur « Negative Sun », c’est vraiment ce que nous avons fait. On est un groupe de Metal, voilà ! (Sourires)

– HEART ATTACK a aussi la particularité d’intégrer quelques claviers assez discrets d’ailleurs sur l’album, ce qui est quelque chose de rarissime dans le Thrash. Même si l’avis des puristes importe toujours très peu, ce n’est pas une option banale, loin de là. Là encore, on revient au volume et au relief de vos morceaux. C’est une sorte de soutien à la puissance affichée ?

Oui, c’est ça. C’est aussi une manière de rendre plus épique et plus majestueux certains passages, ou carrément appuyer les harmonies. Parfois, la guitare n’est pas forcément suffisante. On l’avait fait un peu sur « The Resilience » et cette fois, on a surtout suivi nos envies. Et on s’est vraiment éclaté !

– A propos de puissance, j’aimerais qu’on dise un mot de la production. Comment cela s’est-il passé ? Avec qui avez-vous travaillé, car le résultat rivalise tranquillement avec n’importe quelle production internationale… 

Ca fait très plaisir à entendre, parce que ça veut dire qu’on a bien bossé. Pour le premier album, nous avions tout fait tous seuls et à la maison. Sur le deuxième, on a été plus exigeant, mais ce n’était pas encore parfait. Et là, on savait vraiment ce qu’on voulait. On voulait un album qui sonne agressif, qui soit massif et qui ait aussi de la personnalité. Aujourd’hui, c’est vrai que beaucoup de productions vont un peu toujours dans le même sens. On a voulu se démarquer. « Negative Sun » a été enregistré et mixé par Sebastien Camhi au Artmusic Studio, et ça a vraiment été un travail à cinq. On a testé beaucoup de choses au niveau des guitares notamment. On est entré en studio début juin (2021) et on a terminé le mixage début août. On a vraiment bossé pendant un bon moment dessus ! 

– Enfin, vous n’y couperez pas : un petit mot sur la reprise de « Jesus He Knows Me » de Genesis en fin d’album. Sans aller jusqu’à dire que vous l’avez maltraitée, même si elle prend une bonne claque, vous en avez fait un morceau presque personnel, tout en gardant étonnamment la structure du morceau. C’est une sorte de récréation pour vous, une manière de vous rappeler quelques bons souvenirs, ou c’est le texte très cynique qui vous a inspiré ?  

Il y a un peu de tout ça. En fait, on sortait de l’enregistrement de l’album, qui est assez sombre, après une période difficile avec la pandémie. L’époque ne prêtait pas vraiment à rigoler et on a eu envie de faire un morceau plus léger et se faire plaisir. Et comme je suis fan de Genesis, j’ai proposé ce titre aux autres. On l’écoutait d’ailleurs déjà souvent en voiture et pour faire la fête. Tout le monde l’a validé et on a bossé dessus. On s’est vraiment éclaté, comme on peut le voir sur la vidéo, qui a été filmé au portable et qui accompagne le morceau. Ca a été une vraie respiration pendant l’enregistrement, même si nous l’avons vraiment fait sérieusement. On l’a fait sans prétention, ni calcul marketing. C’était vraiment pour rigoler ! On l’a recréé en faisant en sorte qu’il devienne le nôtre. Ca a beaucoup au plu au label, qui nous a proposé de le mettre en bonus sur l’album. On ne s’y attendait pas, car on l’avait fait au départ pour la déconne ! Et au final, ça fait plaisir à tout le monde !

L’album « Negative Sun » de HEART ATTACK est disponible depuis le 10 juin chez Atomic Fire Records, et on retrouvera le groupe sur la MainStage du Hellfest à Clisson le vendredi 17 juin en ouverture.

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France Post-HardCore Progressif

Point Mort : post-format [Interview]

Clair, pertinent, audacieux et ascensionnel sont quelques adjectifs que l’on peut facilement attribuer à ce premier album de POINT MORT, « Pointless… ». Les Parisiens se livrent sur près d’une heure dans un post-HardCore percutent et aux reliefs étonnants, passant d’’ambiances progressives à des fulgurances Metal sans concession. Entretien avec Sam, chanteuse polymorphe s’il en est, et Simon, batteur métronomique et virevoltant du quintet.

– Le groupe existe depuis déjà sept ans et vous avez deux EP à votre actif. Et trois ans après le dernier, « R(h)ope », vous sortez votre premier album « Pointless… ». Il vous fallait être fin prêts afin de proposer un long format qui a dû demander beaucoup de travail, vu le résultat ?

Sam : Je pense que c’était le moment, que les planètes étaient alignées. (Sourires)
« Pointless… » nous a demandé du temps, en effet. Comme beaucoup de musiciens, on a bénéficié du confinement, de l’arrêt des concerts pour travailler dessus. Le groupe est plus solide aussi, humainement et musicalement. Un contexte plus favorable en tous points.

– Justement « Pointless… » est parfaitement réalisé, tant au niveau des compositions que de sa production. Vous aviez le sentiment que votre jeu n’était peut-être pas suffisamment mature jusqu’ici et qu’il vous fallait être encore patients pour pouvoir vous exprimer pleinement, surtout dans un registre aussi travaillé ?

Sam : Pas vraiment. Nous n’avons jamais vraiment réfléchi au format. Nous avons enregistré nos deux premiers EP en fonction du temps qui nous était disponible à ce moment-là. Pour « Pointless… », on avait plus de temps et on a décidé de s’en donner plus en studio aussi. C’est ce qui a permis d’enregistrer ces huit morceaux qui, pour nous, fonctionnaient comme un ensemble.

– Le Post-HardCore de POINT MORT se démarque également de la scène nationale de par, notamment, la complexité de vos morceaux. De quelle manière procédez-vous pour les composer, compte tenu de leurs structures et des innombrables détails, qui sortent franchement de l’ordinaire ?

Simon : J’espère ne pas avoir l’air trop prétentieux, mais je crois que c’est quelque chose qui nous vient assez naturellement, en fait. En tout cas, ce n’est pas prémédité, on ne recherche pas la complexité pour la complexité. C’est surtout un aspect très présent dans la musique qui nous influence, donc ça nous paraît évident de ne pas aller vers des structures trop linéaires quand on écrit.

Il est également bien plus simple, à mon avis, de se repérer dans un morceau dans lequel tous les passages sont différents que dans une structure classique, où tous les couplets et refrains sont les mêmes ! Les cassures et les changements d’ambiance font que nous restons alertes et engagés dans le morceau en le jouant. On a tendance à s’ennuyer assez vite sinon !

– POINT MORT présente des arrangements très pointus, qui forment un édifice solide. Y pensez-vous dès le départ, ou c’est plutôt un travail de studio, qui se fait en aval ?

Simon : A l’échelle à laquelle nous travaillons, nous n’avons accès au studio qu’au moment d’enregistrer les morceaux. Tout le travail, de la composition, à l’arrangement puis à l’apprentissage des titres, doit avoir été fait avant d’arriver au studio, sans quoi, on est certain de perdre un temps précieux.

Pour autant, on ne peut pas dire que tout soit réfléchi ‘dès le départ’. Certaines idées d’arrangement n’arrivent qu’en fin de composition, mais il n’y a pas vraiment de règle préétablie…

– Pour revenir à votre album, il présente des atmosphères très variées qui pourtant débouchent sur un ensemble très cohérent. C’est difficile de vous suivre parfois, malgré un style très personnel qui devient d’ailleurs vite identifiable. Vous vous fixez un fil rouge, une ligne directrice ?

Simon : On cherche toujours à atteindre le fragile équilibre entre un morceau qui est intéressant à jouer pour nous les musiciens, mais qui reste cohérent pour les auditeurs. On écrit avant tout de la musique pour nous-mêmes, donc c’est important qu’on ne s’ennuie pas en jouant les morceaux. Mais si on ne suit que cette directive-là, on peut très vite se retrouver avec un morceau qui ne ressemble pas à grand chose. Parfois, il faut faire des compromis !

– Parlons de l’aspect vocal de POINT MORT avec ses passages clairs et d’autres growlés. J’imagine que ce sont les textes qui guident l’intensité et la puissance à employer à tel ou tel moment, non ?

Sam : Je compose de manière instinctive. C’est plutôt l’intensité qui dicte les mots en fait. Quand je commence à poser les lignes mélodiques, les morceaux sont généralement bien avancés. Je me jette un peu à l’eau et je lance les idées comme elles viennent. A partir de là, si les bases mélodiques nous plaisent, je commence à écrire. Les sonorités m’inspirent des mots, des thèmes. Je fonctionne plutôt dans ce sens-là. La mélodie est vraiment ce qui prime à mon sens.

– L’autre particularité du chant est de passer de l’anglais au français. Dans quels cas utilisez-vous l’un ou l’autre ? Pour faire passer certains messages ? Pour insister sur l’aspect poétique de certains textes ?

Sam : Ce sont les mélodies qui me dictent la langue. J’entends même parfois des langues que je ne maîtrise pas, à mon grand regret… D’ailleurs, on n’était tous pas très fan du français au départ. Mais c’est comme pour le reste : si on trouve tous que ça colle, on garde.

– Enfin, j’aimerais que l’on dise un mot sur le côté engagé et presque militant parfois de certains titres. L’inscrivez-vous pleinement dans votre démarche, au même titre que la musique en elle-même ?

Sam : Ah, je vois que tu as bien lu les textes. Parce qu’on nous en parle peu en fait. Pour la simple et bonne raison que j’aime utiliser une prose assez imagée quand j’écris. Mais oui, les thèmes sont engagés, car j’écris toujours sur des sujets qui me tiennent à cœur, me chamboulent, me révoltent… Mais comme ce n’est pas une écriture commune avec le reste des membres, et que je suis ‘la voix’ de ce groupe, on ne souhaite pas verser dans le  militantisme, non. Le groupe n’a pas à porter mes convictions intimes. Même si on est d’accord, la plupart du temps… et heureusement d’ailleurs. Disons que nous contestons,  mais que nous ne sommes pas là pour mobiliser l’opinion publique.

L’album de POINT MORT, « Pointless… », est disponible depuis le 29 avril chez Almost Famous.

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Classic Rock Glam Rock International

Gyasi : extravagance Glam [Interview]

Perché sur ses talons, guitare en bandoulière et tenues flamboyantes, GYASI vient livrer une vision toute personnelle du Glam Rock, en se permettant même de mettre un sérieux coup de pied dans la fourmilière. Dans un Classic Rock et un côté instinctif insaisissable, le guitariste et chanteur américain livre un nouvel album, « Pronounced Jah-See », emprunt de liberté et loin des conventions. Rencontre avec un artiste volontairement sorti des sentiers battus pour mieux exprimer sa vision d’un Rock déjanté, accrocheur et plein de feeling.

© Scott Willis Photography

– Beaucoup aux Etats-Unis te présentent comme un nouvel artiste, mais tu as déjà sorti un EP « Peacock Fantasies » en 2018 et un premier album, « Androgyne » l’année suivante. Tu ne sors donc pas de nulle part. Toi qui agrandis dans un chalet au cœur des bois de la Virginie-Occidentale, comment es-tu arrivé à la musique ?

Eh bien, comment la musique est-elle entrée en moi serait plutôt la question. Elle semble avoir été là depuis le début. J’ai dansé sur des disques dès que j’ai pu marcher (je me souviens en particulier d’avoir beaucoup dansé sur Bob Marley). Et j’ai commencé à jouer sur une batterie de fortune sur les Beatles vers l’âge de quatre ans en me prenant pour Ringo, puis j’ai eu une guitare à six ans. J’ai eu la chance que mes parents aient une collection de disques incroyable et j’écoutais tous cette grande et belle musique à laquelle la plupart des enfants de cette époque n’étaient pas exposés, avec en premier du Blues, du Jazz et du Rock’n’Roll. La musique a toujours été naturelle pour moi. Quelque chose que j’ai ressenti et appris comme une langue et plus j’apprenais, plus je voulais apprendre. Bien sûr, j’ai continué à l’étudier au Berklee College of Music, mais le feeling et la façon dont je fais de la musique sont restés intacts.

– Tu es aujourd’hui installé à Nashville, The Music City. Pourquoi le choix de cette ville ? Elle s’est imposée à toi ? Parce que, finalement, le son de Los Angeles n’est pas si éloigné de ton registre…  

Elle ne s’est pas imposée à moi, même si nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises… J’ai choisi Nashville juste parce que c’était le bon endroit. J’y avais fait quelques sessions d’enregistrements pour un autre artiste et j’ai été vraiment impressionné par la communauté musicale, ainsi que par tous les studios et la scène qui ressemblait vraiment à un paradis pour les artistes. Je vivais à Boston et je n’avais pas les moyens d’y rester, ni de survivre à un autre hiver en Nouvelle-Angleterre. Et New York et Los Angeles me semblaient inaccessibles, car le coût de la vie y est très élevé. Nashville offrait beaucoup d’avantages, et c’était plus petit et beaucoup moins cher pour y vivre (à l’époque, car les choses ont beaucoup changé depuis). Ce n’est pas non plus trop loin de la Virginie-Occidentale, donc je peux toujours me rendre à la ferme facilement. J’ai eu aussi beaucoup de soutien à L.A. DJ Rodney Bingenheimer a été l’une des premières personnes à défendre ma musique et à la diffuser à la radio. Je veux vraiment aller y jouer quand je peux.

– Est-ce que, justement, c’est depuis que tu vis dans le Tennessee que tu as véritablement trouvé ton style et le son que tu voulais développer ? 

Non, j’avais vraiment développé mon style et le son juste avant de m’y installer. Je travaillais dessus depuis longtemps. J’ai toujours été un peu une pieuvre avec les bras tendus dans de nombreuses directions. J’ai donc eu du mal pendant un certain temps à comprendre comment transformer toutes ces différentes influences en quelque chose qui fonctionne. Je savais ce que je voulais faire, mais je ne savais pas comment. Je suis passé par beaucoup de choses en recherchant mon identité de musicien. J’avais un groupe de Rock à Boston, qui était un genre de Rock Garage très brut, et c’est là que j’ai écrit mes premières chansons et où j’ai commencé à développer mon écriture, mais ce n’était pas encore tout à fait ça.

Après Berklee, ce groupe s’est séparé. Alors je suis retournée en Virginie-Occidentale et je me suis lié avec de vieux amis pour essayer de créer un groupe et j’ai rapidement réalisé que cela n’allait pas fonctionner de manière cohérente. J’avais toutes ces idées de chansons et j’ai compris qu’attendre de trouver un groupe ne mènerait nulle part. Alors, j’ai finalement décidé de faire tout moi-même. J’ai acheté un magnétophone huit pistes et j’ai installé un home-studio en Virginie-Occidentale. J’ai demandé à un excellent musicien de session, appelé Ammed Solomon, de jouer de la batterie et j’ai enregistré la plupart des chansons de cette façon, en trouvant comment enregistrer et mixer au fur et à mesure. Ainsi libre, j’ai finalement pu combiner toutes ces idées comme je le voulais. Et ça a marché. C’était la véritable expression de moi-même, au-delà de la musique. Puis, j’ai déménagé à Nashville juste après avoir enregistré tout ça en 2017, pour monter un groupe. Ca s’est avéré beaucoup plus facile quand tu as déjà la musique et le concept en place. Et j’ai trouvé un groupe incroyable, qui a vraiment élevé l’ensemble du projet.

– Tu viens tout juste de sortir « Pronounced Jah-See », ton deuxième album. Avant de parler du contenu, j’aimerais que tu m’expliques un peu son titre. C’est un clin d’œil à l’album de Lynyrd Skynyrd (« Pronounced lĕh-‘nérd ‘skin-‘nérd »), car le côté rastafari ne se ressent pas vraiment dans cette nouvelle réalisation ?

(Rires) Non, le côté rastafari n’est pas encore sorti ! Peut-être dans le futur ! En fait, je m’inquiétais sur le fait d’utiliser le mot ‘Jah’ pour ne pas y être associé, mais cela semblait être la façon la plus précise de le prononcer. Je suppose que ‘Jossie’ fonctionne aussi. Je ne savais pas que Lynyrd Skynyrd avait sorti un album, qui s’appelle comme ça ! Patrick d’Alive Records m’a dit que ce disque servirait de carte de visite. Donc sachant que tu portes ton nom toute ta vie, j’ai pensé que je ferais mieux de régler tout de suite le problème. Sinon, cela aurait probablement été la première question de chaque interview. J’avais essayé de trouver un nom pour le projet en pensant que le mien serait trop difficile à prononcer pour les gens, mais j’ai réalisé que je ne pourrais pas le cacher de toute façon. J’aime aussi le fait que ce soit un peu ambigu. Donc, pour répondre à ta question, c’est vraiment le bon. C’est comme ça qu’on prononce mon nom.

– Tu incarnes une sorte de renouveau du Glam Rock, au sens premier du terme. Forcément, tu te présentes comme un artiste fortement marqué par les années 70, qu’a priori, tu n’as pas beaucoup connu. C’est un désir de revenir aux prémisses du Rock avec tout ce qu’il comportait d’extravagant et d’anticonformiste ?

Je suppose que c’est en partie cela, l’extravagance. Je pense que le Rock’n’Roll devrait être une expérience sans limite, qui transporte l’auditeur. Mon travail est certainement anticonformiste, car c’est quelque chose contre lequel j’ai lutté toute ma vie. L’endroit où j’ai grandi était extrêmement conventionnel. Tout le monde était dans les mêmes choses, habillé de la même manière et parlait de la même façon. J’étais totalement en dehors de tout ça et cela m’a même aliéné. C’est donc un thème central de ma musique, l’idée de ne pas se conformer. Et il y a beaucoup de ça aussi dans le Rock des années 70. Mais je voulais surtout écrire la meilleure musique possible et pouvoir m’exprimer. La plupart de mes artistes et de mes disques préférés ont été réalisés à la fin des années 60 et au début des années 70, donc naturellement, cela s’en ressent. C’est vrai que je n’ai aucune expérience directe avec les années 70, mais c’est plus l’esprit de cette musique qui m’intéresse plutôt qu’un son en particulier. La liberté, la rébellion, la flamboyance et l’inspiration sont ce qui m’attire. Et le côté visuel est un autre élément important pour moi. La narration à travers le théâtre est quelque chose que je voulais incorporer dans la présentation de ma musique, afin de transmettre les chansons plutôt que de simplement les chanter. Je pense que cela ajoute de la profondeur quand c’est bien fait. C’est quelque chose que je ne vois pas beaucoup dans le Rock’n’Roll en ce moment. Et il y a aussi les solos de guitare, beaucoup de solos de guitare !

– Justement, « Pronounced Jah-See » est assez déconcertant, car tu y joues des morceaux très dépouillés et d’autres plus orchestrés. Et tes chansons sont aussi dans l’ensemble assez courtes. On aurait pu penser à des titres plus longs pour installer justement une ambiance très 70’s, et on a l’impression que tu joues plutôt la carte de l’efficacité. C’est le cas ?

Ouais, en général, j’aime que les chansons soient concises. Beaucoup de morceaux sont développées en concert avec de nouvelles sections entières et des improvisations, mais sur disque, j’ai toujours essayé d’obtenir le meilleur dans un délai très rapide, parce que je sais à quel point la durée d’attention des gens est courte. Je pense qu’à un moment donné, je vais m’étendre davantage sur disque, mais pour l’instant, je me contente d’avoir une approche directe.

– A l’écoute de l’album, on ressent également une forte énergie live, très électrique et brute. Tu l’as enregistré en condition du direct, car il en ressort l’authenticité et le côté frontal de la scène, des concerts ?

Oui, il y a une performance live au cœur de chaque chanson. Pas de clic. Pas de copier-coller. Ce n’est pas comme ça que j’aime travailler. La majorité des morceaux a été réalisée en live avec un batteur et moi, puis en overdub. Je joue quelques titres comme « Fast Love » entièrement seul, en superposant les parties sur une seule prise de voix/guitare. Sur « Godhead », toute la piste est en direct. J’essaie toujours de capter l’énergie première d’une chanson. Habituellement, je ne les livre au groupe que juste avant l’enregistrement. Donc, c’est frais et le jeu est toujours instinctif, car il n’y a pas assez de temps pour trop cogiter.

– Outre ta voix et les textes, dont la variété peut d’ailleurs étonner, l’instrument central est la guitare. Que ce soit en version acoustique ou électrique, on retrouve cette même intensité. Il y a là aussi un côté très hybride autour d’un univers singulier et très personnel. J’imagine que tu composes tes mélodies et les textes autour de la guitare ?

Oui, la guitare est mon instrument et j’en joue depuis l’âge de six ans. C’est ma façon la plus pure de m’exprimer musicalement. Cela me semble tellement infini ! J’aime bien commencer parfois avec les claviers, ou même la basse, ce qui a donné des chansons sympas, mais je reviens toujours à la guitare comme pièce maîtresse et centrale.

– Une autre chose peut surprendre, c’est ce son très anglais, alors que tu es américain. C’est la musique qui t’a bercé, ou c’est parce que tes idoles de jeunesse sont britanniques ?

Les gens me l’ont déjà dit. Je suppose que c’est simplement parce que beaucoup de mes idoles sont britanniques, et c’est la musique qui m’a le plus influencé. Mais il y a aussi plein d’artistes américains que j’aime beaucoup comme Bob Dylan, Lou Reed, The White Stripes, Robert Johnson, The Doors, John Fahey… Je pense que c’est au niveau vocal qu’on l’entend le plus parce que mes chanteurs préférés ont tendance à être anglais. J’ai toujours été attiré par les chanteurs exceptionnels, Robert Plant étant le meilleur d’entre eux.

– Enfin, « Pronounced Jah-See » est très varié avec de l’harmonica et des cuivres aussi. Avec quelle formation te présentes-tu sur scène ? Parce que si ta musique peut sembler assez épurée, elle n’en demeure pas moins très arrangée…

J’adorerais ajouter un claviériste dans le futur, mais pour le moment, nous travaillons à faire au mieux en quatuor. Je joue aussi occasionnellement de l’harmonica, et pour l’instant les cuivres n’existent que sur les enregistrements de l’album.

L’album de GYASI, « Pronounced Jah-See », sera disponible le 27 mai chez Alive Natural Sound.