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Heavy Stoner Blues

St. Negus : en quête de sacre

Même s’il est toujours difficile de se faire une idée sur un artiste en seulement cinq titres, il faut bien avouer que ST. NEGUS fait une très forte impression avec « Mumathil ». Au menu, vingt minutes d’un Rock musclé qui navigue entre Blues et Stoner, avec quelques touches de Metal et un soupçon de Soul. Musicien chevronné, le Français a roulé sa bosse avec de nombreuses formations dans l’hexagone, et bien au-delà. Un apprentissage qui se ressent sur chaque note de ce court format, tant elles sont soigneusement posées. Le chanteur et guitariste affiche ses certitudes avec force et talent.

ST. NEGUS

« Mumathil »

(Independant)

Après avoir longtemps écumé les scènes et enchaîné les collaborations, Nagui Mehany se lance enfin en solo et ce premier effort montre déjà une personnalité artistique très solide. Egalement membre de Dust Lovers, il mûrit son projet depuis des années et c’est peu dire s’il est très abouti. C’est sous le nom de ST. NEGUS qu’il évolue aujourd’hui et avec « Mumathil », il provoque déjà un petit séisme. L’approche est directe et brute, presque sobre, et tout en jouant la carte multiculturelle, il assène son Heavy Blues enrobé de Stoner Rock avec panache et une finesse d’interprétation.

Ce serait presque réducteur de ne pas parler aussi de la touche très Metal omniprésente sur « Mumathil », tant elle structure les cinq morceaux. Le jeu de guitare du Franco-égyptien prend toute son ampleur sur des riffs appuyés et massifs et s’il laisse une atmosphère bluesy planer, c’est pour mieux imprégner une empreinte très originale. Vocalement aussi, ST. NEGUS ne se contente pas d’évoluer en anglais, même la langue et le style s’y prêtent tellement, c’est en arabe égyptien qu’il s’exprime sur le morceau-titre.

Loin de tout folklore, c’est un aspect très universel qu’il propose et c’est avec un chant criant de vérité qu’il nous fait entrer dans son univers. Insaisissable et fougueux, le frontman avance tout en percussion sur une production, par ailleurs, taillée sur mesure. Si ST. NEGUS fait aussi parler l’expérience, il ne perd pas en spontanéité et le songwriting très intuitif est d’un rare authenticité (« Gold Veins », « Shanghai », « Gems »). Et que dire de cette rythmique solide et millimétrée ! Avec une telle entrée en matière, on attend très vite une suite.

Photo : François Capdeville

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Stoner Blues Stoner Rock

Hermano : l’empreinte des grands

Alors que les Américains menaient une aventure pour le moins hachée avec la sortie de quelques opus et d’un live, il aura peut-être fallu cette date française pour redonner de l’élan à la formation. Près d’une décennie d’absence et HERMANO remontait sur scène, comme si de rien n’était pour une performance hors-norme. Depuis 2016, la machine est relancée, son label Ripple Music réédite ses disques dans des versions remastérisées et ce « Clisson, France » confirme que le Heavy Stoner Blues du combo reste un modèle du genre.

HERMANO

« Clisson, France »

(Ripple Music)

Et si finalement, ce concert du 18 juin 2016 avait été le déclic pour HERMANO ? Chauffé à blanc et devant un public tout acquis, le groupe avait offert une prestation marquante immortalisée sur ce live. Insaisissable et jouissant d’une liberté absolue depuis sa création en 1998, ce projet parallèle s’est pourtant forgé une solide réputation au fil des années, malgré une discographie peu étoffée. Mais le mythe s’est installé et après huit ans de break, c’est au Hellfest que la magie a opéré à nouveau et où les riffs ont fuzzé dans une torpeur partagée.

Soudés par une forte amitié et un amour inconsidéré pour le Stoner Rock et le Heavy Blues, John Garcia (ex-Kyuss, chant), Dandy Brown (Orquestra Del Desierto, basse), Dave Angstorm (Luna Sol, guitare), Mike Callahan (Disengage, guitare) et Chris Leathers (Supafuzz, batterie) ont fait souffler un vent de folie et livré un set stratosphérique. Bien sûr, celui s’articule surtout autour des albums « ...Only A Suggestion » (2002) et « Dare I Say… » (2004), et HERMANO leur a offert une dimension incroyable basée sur une phénoménale énergie.

Le plaisir et l’envie d’être là et de faire partie des moments forts de cette onzième édition du festival breton se sont clairement faits sentir dès les premières notes de « Let Side Bleeding ». Le quintet était prêt à en découdre et les versions de « The Bottle », « Cowboy Sucks », « Is This Ok », « Kentucky », « Angry American » ou « Señor Moreno’s Plan » ont fait vibrer la foule grâce à un jeu électrisant. HERMANO, avec son parcours pour le moins atypique, reste l’un des fleurons majeurs du Heavy Stoner Blues et « Clisson, France » est à classer parmi les indispensables.

L’album est disponible d’un simple clic sur la bannière en page d’accueil.

Photo : Dawn Brown