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Classic Rock Hard 70's Progressif

Plastic Woods : une forêt de reflets

Le quatuor ibérique s’est lancé dans son disque probablement le plus audacieux depuis ses débuts en 2019 avec « Icarus ». Egalement prometteur, son deuxième effort, « Dragonfruit » (2021), avait confirmé sa bonne réputation. Que ce soit au niveau des paroles, qui vont puiser autant dans une grande réflexion, jusqu’à une démarche artistique vraiment peaufinée et aussi une qualité de production irréprochable, « Mirrors » porte PLASTIC WOODS à un sommet gravi par les Espagnols avec panache.

PLASTIC WOODS

« Mirrors »

(Discos Macarras/Spinda Records)

Affirmer un style passe très souvent aujourd’hui par la fusion de différents registres. Depuis trois albums, celui-ci compris, PLASTIC WOODS affirme le sien et ses composantes, sans être opposées, sont très nombreuses. Autour d’un Classic Rock plutôt musclé, des sonorités progressives, bluesy, Folk et même psychédélique se greffent pour obtenir un genre fédérateur et original, le tout avec une saveur légèrement vintage. Autant dire que le combo présente de solides atouts. Imparable techniquement, sa créativité s’exprime avec beaucoup de liberté.

Javier Rubio Arrabal (batterie), Rafael Marin Becerra (claviers, lap-steel), Antonio Pérez Muriel (basse) et Jésus de la Torre Sánchez (guitare, chant) ont du répondant et de l’inspiration au point d’arriver à construire des paysages musicaux captivants. Et l’autre pôle d’attraction se situe au niveau du contenu des textes de « Mirrors ». Conceptuel, ce nouvel opus s’inspire des œuvres de Nietzsche, Carl Gustav Jung, Lewis Carroll et même du symbolisme du tarot. PLASTIC WOODS s’avance dans une exploration de nos sentiments en les confrontant et en les analysant.

Malgré une réalisation qui peut paraître complexe de prime abord, la musique de la formation d’Antequera se montre d’une grande fluidité avec des morceaux très accrocheurs, aux reliefs changeants, mais au cœur d’une unité forte. La maîtrise narrative et mélodique est irréprochable sans jamais tomber dans l’excès et tout en ne se refusant rien. Embardées proto-Metal, solos de flûte incroyables ou envolées Hard 70’s, PLASTIC WOODS livre une réalisation très bien ciselée (« Living The Lights », « All I Know », « Mirrors », « Sandflower », « Jabberwocky »). Magistral !