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Hard Rock Heavy metal

Duel : riff vs groove

Véritablement enivrant, ce quatrième album des Texans de DUEL prend un relief saisissant au fil des morceaux. Très massif, « In Carne Persona » s’empare des codes du Hard Rock et du Heavy Metal à travers une production vintage et moderne à la fois. Fédérateur et envoûtant, le quatuor balance des riffs très costauds sur des refrains terriblement efficaces.

DUEL

« In Carne Persona »

(Heavy Psych Sounds Records)

Dans la torpeur d’Austin, Texas, DUEL a soigneusement concocté un quatrième album décapant et irrésistible. Depuis 2016 et « Fears Of The Dead », son premier effort, le quatuor américain n’a de cesse de repousser les limites du Hard Rock et du Heavy Metal dans un esprit hyper-groovy, rappelant avec une touche vintage les belles heures des années 70 et 80. Un revival très actuel réjouissant !

Si on pouvait déjà entendre ce style il y a quatre ou cinq décennies chez Thin Lizzy, Kiss ou Maiden, on a vraiment le sentiment que DUEL vient d’allumer la lumière et de passer à la couleur. Flamboyant et mélodique, les Texans assènent leurs riffs démoniaques sur des morceaux entêtants aussi sombres que fun dans les textes.

Sur « In Carne Persona », il est question de magie noire, de sexe, de rites anciens et des démons qui peuplent nos rues. Véloces et incisifs (« Children Of The Fire », « Bite Black »), DUEL nourrit ses titres d’une tessiture sonore incroyable, très chaleureuse et qui fait des merveilles sur les mid-tempos de l’album (« Wave Of Your Hand », « Dead Eye », « Blood On The Claw »). La classe « In Carne » ! 

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Heavy metal

KK’s Priest : les fantômes du passé

Grand artisan du Heavy Metal et incontournable acteur de la NWOBHM, le guitariste et compositeur KK Downing remet le couvert avec un nouveau combo, dix ans après son départ de Judas Priest. Même si l’effort est louable, KK’S PRIEST et « Sermons Of The Sinner » ne rivalisent pas avec l’ancienne formation du Britannique, dont elle est une bien pâle copie. Il y a toujours des départs que l’on regrette…

KK’S PRIEST

« Sermons of the Sinner »

(Explorer1 Music Group)

Inutile de présenter KK Downing, fondateur et guitariste de Judas Priest pendant des décennies. Parti en 2011 avec pertes et fracas de son groupe, le voici de retour sous le nom de KK’S PRIEST entouré de musiciens qu’il connait bien. Au chant, Tim ‘Ripper’ Owens, qui a œuvré de 1996 à 2003 chez la légende anglaise en remplacement du grand Rob Halford, tient le micro entouré de A.J. Mills (Hostile) à la guitare, Tony Newton (Voodoo Six) à la basse et Sean Elg (Deathriders, Cage) à la batterie. Autrement dit, du beau monde.

Si les trois premiers singles (« Hellfire Thunderbolt », « Sermons Of The Sinner » et « Brothers Of The Road ») laissaient entrevoir un Heavy Metal, certes classiques mais vigoureux, l’album en lui-même peut laisser perplexe. En effet, la nouvelle formation du six-cordiste renoue surtout avec les débuts de NWOBHM, ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose. Ainsi, deux lectures de KK’S PRIEST s’offrent à l’auditeur. Soit on y voit un témoignage nostalgique et la transmission d’une époque, soit un coup d’épée dans l’eau.

A commencer par «  The Return Of The Sentinel » qui n’est autre que la suite de « The Sentinel », sorti par Judas en 1984. Le sentiment qui prédomine sur « Sermons Of The Sinner » est cette impression de déjà-vu à travers des morceaux très consensuels et peu originaux. KK’S PRIEST aurait pu sortir cet album dans les 80’s, tant la production est également vintage. On croirait même écouter un vieux Maiden par moment, c’est dire ! Le disque en lui-même n’est pas mauvais, on peut juste s’interroger sur son apport artistique.

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Hard Rock Southern Rock

Holy Death Trio : southern vibrations

Il existe des groupes qui parviennent à régénérer un style en puisant au cœur de ses racines. C’est le cas de HOLY DEATH TRIO dont le Hard Rock très vintage et Southern vient secouer l’auditeur. Les Texans signent un très bon premier album, aussi jubilatoire qu’intemporel. Tout en assumant ses influences, le power trio régale aussi par son approche très moderne et sauvage.

HOLY DEATH TRIO

« Introducing… »

(Ripple Music)

Arrivé il y a quelques mois chez Ripple Music pour y dénicher de nouveaux talents, Rob Blasko, accessoirement bassiste d’Ozzy, n’a pas mis bien longtemps à trouver une vraie pépite et méchamment armée de surcroit. Et cette première signature se nomme HOLY DEATH TRIO, combo Hard Rock aux saveurs vintage fougueuse et presque démoniaque.  

Originaires du Texas, John P. Rosales, Jonathan Gibson et Trey Alfaro ont été nourris au Hard et au Heavy Metal des années 70 et 80 et bercés de Blues sudiste décapant. Et HOLY DEATH TRIO a parfaitement digéré cette belle mixture pour la faire sienne. Naturellement intitulé « Introducing… », ce premier album fracasse à tout-va.

Sur un groove imparable, le trio déroule et la machine à riffs s’emballe (« White Betty », « Bad Vibrations », « Get Down »). Sous la houlette de Charles Godfrey (Whiskey Myers, Swans), ce premier opus bénéficie d’une belle production qui met parfaitement en relief la fièvre que procure HOLY DEAH TRIO (« The Killer », « Fish Sticks »). Du beau boulot !

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Blues Rock

J Lee And The Hoodoo Skulls : explosif et déjanté

Originaire du Surrey au sud de Londres, les musiciens de J LEE AND THE HOODOO SKULLS ont un bagage musical conséquent qui transpire sur chaque morceau de ce nouvel et second album. Très Rock et attaché à un Blues à la fois roots et moderne, le quatuor britannique déroule avec vigueur un registre original et rentre-dedans.

J LEE AND THE HOODOO SKULLS

« Beggars Soul »

(Independant)

Roots, bluesy et gras façon biker Rock, le quatuor britannique livre un deuxième album plein de panache, de fougue et d’une authenticité pleine de folie. Composé de Jason Lee (guitare, chant), Harun Kotchb (guitare), Wayne Riches (batterie – Skunk Anansie) et Mike Hartnett (basse), J LEE AND THE HOODOO SKULLS distille un gros son et pied au plancher d’un bout à l’autre.

Très british dans le son et l’attitude, le groupe avance avec assurance et lance un regard bienveillant dans le rétro (« Baby Blue »). Enregistré en partie dans le home-studio du guitariste également producteur de « Beggars Soul », le reste de l’album a été réalisé au studio The Chapel, une ancienne église, où le combo du sud londonien a élaboré un son racé, direct et percutant.

Le Rock fortement teinté de Blues des Anglais est d’une rudesse addictive qui dévoile une sincérité à la fois renversante et captivante (« Let Your Hair Down », « Highway », « Don’t Bother Me », « Get Over You », « Ain’t No Way »). J LEE AND THE HODOO SKULLS apporte autant de fraîcheur que d’incandescence à travers un jeu tranchant et réjouissant. La rencontre idéale entre un Rock un brin vintage et un Blues solide.

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Hard Rock International Rock

The Damn Truth : highway to Rock [Interview]

THE DAMN TRUTH, c’est avant tout une musique chargée d’ondes positives, de vibrations intenses d’où émane un aspect solaire et créatif incroyable. Après moins de dix ans d’existence, le quatuor de Montréal vient tout juste de sortir « Now Or Nowhere », son troisième album, et celui-ci se présente comme celui de l’éclosion véritable des Canadiens. Entretien avec un groupe qui ne devrait pas mettre bien longtemps à faire beaucoup parler de lui et à déferler sur les scènes du monde entier.

Photo : Mikael Theimer

– Avant d’entrer dans le détail, quels sont les sentiments qui vous animent quelques jours après la sortie de « Now Or Nowhere », un album aussi époustouflant qu’ébouriffant ?

On est très excité de pouvoir enfin partager « Now Or Nowhere » avec nos fans et avec beaucoup d’autres aussi, on l’espère ! Et puis, on a tellement travaillé dur sur l’album et tout ce qui l’entoure.


– THE DAMN TRUTH existe depuis maintenant neuf ans et est l’un des fers de lance de la scène Rock underground de Montréal. Est-ce que toutes ces années et les deux premiers albums sortis en indépendant étaient nécessaires et indispensables pour forger votre identité musicale et aller au bout de votre expérience en autoproduction ?


Oui, certainement. Notre groupe et notre musique sont un amalgame de toutes nos histoires et nos expériences de vie. Chaque concert et chaque album nous ont guidé vers ce que nous sommes aujourd’hui. Chaque jour est une leçon et on a beaucoup appris durant toutes ces années, qui ont été très formatrices.


– Même si vous avez tourné en Europe et aux Etats-Unis voisins aux côtés de grands noms, quel a été le déclic pour ce nouvel album, car on ressent une réelle évolution et même un nouveau cap de franchi ?


Pour cet album, on a pris la décision très consciemment d’écrire des chansons plus positives et remplies d’amour. Pendant ces quatre dernières années de tournées intenses, on a eu la chance de rencontrer des milliers de personnes. On a vraiment pu avoir une vue à la fois très large, mais aussi très intime de notre société. Nous avons partagé des histoires et beaucoup de moments intenses avec énormément de monde. Et le lien commun entre tous, c’est le désir d’amitié, d’amour et de vibrations positives. Alors cette fois-ci, on a voulu apporter avec nous tous ces éléments en studio pour les retranscrire dans les arrangements de nos chansons.


– Comment a eu lieu cette connexion avec le grand producteur Bob Rock ? Qui a contacté l’autre ? J’imagine que si malheureusement l’album n’a pas été jusqu’à son terme, ce doit être une expérience très enrichissante ?


On a eu la chance que notre manageur, Ralph Alfonso, ait travaillé avec The Payolas, qui était le groupe de Bob Rock dans les années 80. Quand on est rentré de notre tournée européenne à Montréal, on voulait vraiment envoyer nos chansons à Bob. Ralph nous a dit : « Avec Bob, on a une seule chance, alors on a besoin de bonnes chansons ! » On pensait vraiment les avoir, alors Tom (Shemer, guitariste – NDR) a appelé Ralph à tous les jours jusqu’au moment où il a envoyé les chansons ! (Rires) En moins de 24 heures, Bob nous a invité à venir enregistrer l’album à Vancouver au Warehouse.


– Justement, a-t-il changé et fait évoluer votre son, ou tout du moins votre approche musicale, lors de l’enregistrement dans le studio de Bryan Adams à Vancouver ?


Oui, vraiment. Il nous a beaucoup appris et il nous a projeté dans un monde hyper-créatif dès notre arrivée à Vancouver. Avant d’y aller, on avait travaillé les chansons pendant cinq mois et 6 jours par semaine. On voulait vraiment essayer tout ce qu’on pouvait en termes d’arrangements pour être prêts pour n’importe quelle configuration en studio. On était sûrement un petit peu nerveux aussi ! (Rires) Mais en arrivant, Bob nous a mis à l’aise en quelques secondes.

Bob Rock a une façon tellement sensible de faire ressortir ce qu’il veut entendre, presque sans dire un mot ! Il est extrêmement doué en musique et il a une culture encyclopédique ! Nous nous sommes tous profondément investis et il était vraiment exciter de travailler sur un album de Rock’n’Roll. Il nous a dit : «  Je vais faire des suggestions, on essaie tout et on garde juste ce que l’on aime ». Du coup, on avait énormément de liberté pour tenter beaucoup de nouvelles choses. Il y a vraiment eu une belle alchimie. On a appris tellement de choses durant cette expérience avec Bob. Et ça nous a aussi aidé au moment de produire les trois dernières chansons à Montréal dans nos studios Freqshop et Grandma’s house.

Photo : Martin Brisson


– Vous avez terminé l’album avec Jean Massicotte, Vance Powell, Nick Didia et Mike Plotnikoff, qui sont autant de grands noms. Leur avez-vous demandé, ou ont-ils décidé, de travailler dans la même logique et la continuité de ce qu’avait déjà effectué Bob Rock, afin de ne pas perdre l’unité de l’album ?


En fait, on a fini l’album nous-mêmes à Montréal. Ensuite, Vance, Nick, Mike et Jean ont travaillé sur le mix de certaines chansons. C’était durant la période de confinement, alors on a fait des sessions de mixage à distance. C’était vraiment cool d’entendre Vance travailler depuis Nashville pendant qu’on l’écoutait en live au Freqshop, qui est le studio de Dave ici à Montréal. Un grand merci à la technologie !


– Pour « Now Or Nowhere », vous avez mis toutes les chances de votre côté en allant dans un grand studio avec de grands producteurs et le résultat est très franchement à la hauteur. C’est aussi ce que vous aviez en tête dès le début ? Les morceaux devaient sonner comme cela dans votre esprit, ou est-ce que de nouvelles idées et de nouvelles envies sont apparues au fur et à mesure ?


On voulait vraiment garder notre esprit et notre cœur ouverts. On avait déjà des démos de très bonne qualité. Après des mois de répétitions, nous sommes partis à l’aventure en studio à Vancouver sans vraiment savoir à quoi s’attendre. On avait déjà trouvé beaucoup de sons, alors on a amené beaucoup d’équipement pour pouvoir les reproduire. On savait aussi qu’on avait seulement quatre jours pour enregistrer six chansons, c’est-à-dire assez peu de temps. Quand on est arrivé, la batterie était déjà prête pour les sessions d’enregistrement. C’était celle d’Abe Laboriel Jr., le batteur de Paul McCartney. Le set-up était vraiment nouveau pour nous et avec les hauts plafonds le son était franchement massif et impressionnant ! Pendant les sessions, Bob a sorti plein de guitares de rêves ! Tom a utilisé la Stratocaster de Richie Sambora sur le solo de « This is Who We Are Now » et PY a utilisé la basse de Bryan Adams sur « Look Innocent ». Lee-La a même eu la chance de chanter dans le micro de Frank Sinatra. On avait l’impression que tout cet équipement très vintage et chargé de tant d’histoires a fait ressortir quelque chose en nous de très spécial. Avant les sessions, Bob nous avait dit : « Attendez d’entrer dans le studio A, c’est là que la magie va se faire ». Et il avait raison !


– Vos compos sont toutes très abouties et matures et dégagent une énergie incroyable. Il y a un côté très live et on a même l’impression que vous les avez enregistrées en prise directe. C’est cette sensation très brute que vous recherchiez ?


Oui, c’était très important pour nous que la plupart des morceaux soit enregistrée en prise directe. On croit vraiment en notre musicalité et en l’énergie d’une performance. Dans beaucoup de musique actuelle, tout est coupé, copié et collé et ce n’est vraiment pas notre son. On voulait livrer quelque chose d’authentique et d’organique. Bob était vraiment concentré sur le côté ‘vibe’ des performances tout au long des sessions. Je crois qu’on a vraiment pu capter ces moments-là durant l’enregistrement.


– En plus d’être très dynamique et mélodique, il y a un côté très solaire et positif qui se ressent à travers l’ensemble de l’album. On vous sent aussi libérés qu’appliqués d’autant qu’il en émane une force et une grande puissance. C’est quelque chose que vous gardez toujours à l’esprit en composant ?


Sous une étiquette Rock, on peut prendre beaucoup de directions. Les fans de Rock ont un esprit ouvert et on a l’avantage de composer une musique très vaste. D’ailleurs, nos grandes influences comme Led Zeppelin, les Beatles ou Jefferson Airplane avaient tous cette grande diversité. Et on adore ça.

Cela se ressent énormément sur « Now Or Nowhere », je pense. Nos deux premiers albums étaient beaucoup plus sombres avec des textes assez revendicatifs. Après nos expériences diverses à travers le monde, on a ressenti que nos fans et nous-mêmes avions besoin de plus de positivité et d’optimisme.

C’est un message qui a toujours été présent dans notre musique, mais on l’a poussé plus en avant cette fois. Surtout qu’aujourd’hui, nous avons tous besoin de sentir de l’amour et de ressentir des vibrations et des influences positives autour de nous. On a vraiment hâte que tout le monde puisse enfin se serrer dans les bras, et plus fort que jamais.


– Musicalement, votre Rock sonne très américain avec d’évidentes vibrations 70’s et assez vintage. Tout en étant très actuel, votre style semble intemporel. C’est une façon de libérer les musiques qui vous ont influencé tout en leur donnant un sacré coup de boost ?


On est quatre musiciens avec des influences très diverses. On aime le Classic Rock, le Psychédélique, la Folk, le Rock Progressif, le Hard Rock, le Metal et même la Pop et beaucoup d’autres choses encore… N’oublions pas que nous avons tous grandi pendant les années Grunge. Alors nos influences viennent vraiment de partout, puis on passe tout ça à la moulinette THE DAMN TRUTH !


– De cette puissance affichée se dégage une chaleur et une générosité sur chaque note et à travers chaque parole. Quel est le processus de création au sein de THE DAMN TRUTH ? C’est un travail en commun, ou est-ce que chacun apporte ses idées, ses textes ?


Les idées sont partagées pendant les jams et chaque morceau évolue dans cet espace-là. On peut commencer avec un ou deux riffs, ou bien un couplet-refrain, et on travaille dessus tous ensemble. Dès le moment où nous jouons ensemble, ça évolue et ça sonne assez rapidement et instinctivement THE DAMN TRUTH. Le processus est très démocratique, il y a des moments chargés d’émotions, et nous connaissons très bien nos forces aussi. On essaie à ce moment-là de toujours les utiliser à notre avantage.


– Avec un album aussi réussi, vous vous doutez bien que votre exposition et votre notoriété vont exploser. C’est quelque chose que vous attendez depuis longtemps et à laquelle vous êtes préparés ou, au contraire, qui ne changera rien à votre quotidien ?


On fait de la musique pour le frisson de voyager et d’être créatif ensemble. Partir à l’aventure et vivre une vie unique. C’est ça notre but et si on peut continuer à faire ça, alors on aura réussi.


– Un dernière question : si « Now Or Nowhere » s’adresse bien sûr aux amateurs de Rock, voire même de Hard Rock, il y a une telle diversité et un son qui le rendent aussi très accessible. Votre démarche est aussi de vous adresser au plus grand nombre ?


On écrit d’abord la musique pour nous-mêmes et également pour faire des albums qu’on voudrait sans cesse écouter. Alors si en plus les gens aiment ça, c’est du bonus. Comme nous allons jouer ces morceaux des milliers fois, il faut d’abord les aimer comme nos propres enfants. C’est notre point de départ et si, en plus, le succès vient s’y ajouter, ce ne sera que mieux !

« Now Or Nowhere » de THE DAMN TRUTH est disponible chez Spectra Musique/Sony Music.

Retrouvez la chronique de l’album : https://rocknforce.com/the-damn-truth-lexplosive-revelation-quebecoise/

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Hard Rock Rock

Electric Boys : serrage de boulons

Mélodique, costaud et enthousiasmant, ELECTRIC BOYS n’a rien change à son élan créatif et revient avec « Ups!de Down », un album où les Suédois distillent des sonorités et des compos beaucoup plus Rock et rentre-dedans que sur leurs dernières productions. Un retour aux sources frais et dynamique.

ELECTRIC BOYS

« Ups!de Down »

(Mighty Music)

Un peu plus de trente ans d’activité et septième album pour les iconoclastes Suédois d’ELECTRIC BOYS et, une fois encore, « Ups!de Down », est une petiote pépite. Etiqueté vintage depuis ses débuts, le quatuor continue de surprendre même si ce nouvel opus est peut-être plus consensuel que ces prédécesseurs. Résolument Hard Rock, les escapades Funk ont quasiment disparu au profit d’un son plus Rock.  

Toujours produit par l’excellent David Castillo (Katatonia, White Chapel), ELECTRIC BOYS accueille aussi en son sein Martin Thomander à la guitare, mais a du se passer de son batteur Niclas Sigevall confiné à Los Angles (mais toujours membre à part entière), et habillement remplacé par Jolle Atlangic. Ne manquant jamais d’audace, les Scandinaves ouvrent l’album avec un instrumental de sept minutes, rien que ça !, qui donne le ton. 

Composé par son charismatique guitariste et chanteur Conny Bloom, ELECTRIC BOYS propose avec « Ups!de Down » une sorte de parcours initiatique à travers des morceaux pêchus (« Twang’Em & Kerrang’Em »), d’autres plus bluesy (« The Duds & The Dancers »), terriblement accrocheurs et groovy (« Tumblinb’ Dominoes », « It’s Not The End ») ou cosmiques (« Interstellafella »). Comme toujours, le combo reste irrésistible et livre une belle prestation. 

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Blues Progressif Rock

The Damn Truth : l’explosive révélation québécoise

Si Montréal et Québec connaissent déjà par cœur THE DAMN TRUTH, les amoureux de Psych Rock vintage, qui regardent plutôt devant que dans le rétro, devraient eux aussi succomber à la musique irrésistible, musclée et généreuse du quatuor. Ce troisième album, « Now Or Nowhere », s’annonce comme celui de l’envol et de la reconnaissance pour le dynamique combo.

THE DAMN TRUTH

« Now Or Nowhere »

(Spectra Musique/Sony Music)

Ça fait déjà un petit moment que le single « This Is Who We Are Now » tourne en boucle sur les radios canadiennes et britanniques et la déferlante THE DAMN TRUTH s’apprête à s’abattre sur le reste de l’Europe et même au-delà. Vous verrez ! Porté par une fougue et une énergie incroyable, le quatuor de Montréal sort son troisième album et celui-ci est une vraie petite bombe de Rock/Blues vintage ravageur et pétillant.

Les Canadiens n’ont pas attendu la vague rétro 70’s pour s’engouffrer dans la brèche, loin de là. Le groupe de Rock Psychédélique modernise et électrise le genre pour lui apporter une touche contemporaine très percutante. Et si THE DAMN TRUTH est une valeur sûre de l’underground québécois, il ne va pas le rester bien longtemps, car c’est avec « Now Or Nowhere » que le combo va inscrire son nom en lettres d’or.  

Enregistré dans le studio de Bryan Adams à Vancouver et mixé aux deux tiers par l’immense Bob Rock, qui n’a pu finir le travail à cause du Covid, ce nouvel album regorge de pépites toutes plus explosives les unes que les autres. Mené par sa charismatique frontwoman Lee-La Baum, THE DAMN TRUTH montre une assurance, une attitude solaire et extrêmement positive, ainsi qu’une une énorme envie très Rock’n Roll.

Si le premier extrait de l’album est d’une efficacité redoutable, « Tomorow » restera ancré un long moment tant il est addictif. Les Canadiens jouent sur leur formidable feeling, une puissance totalement débridée et des sensations à la fois incandescentes et enveloppantes de douceur. « Now Or Nowhere » est enthousiasmant de bout en bout, alors plutôt que de mettre en avant quelques titres : écoutez-le dans son intégralité.

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Hard Rock Progressif Rock

The Vintage Caravan : une éruption irrésistible

Nous ayant habitué à des productions plutôt sombres, l’Islande peut aussi se montrer d’une influence solaire et positive pour les formations locales. THE VINTAGE CARAVAN vient confirmer cette exception avec « Monuments », son cinquième album, duquel émanent une énergie incroyable et une densité aux variations magistrales. Le trio assoit sa légitimité et son talent avec classe et élégance.

THE VINTAGE CARAVAN

« Monuments »

(Napalm Records)

Cela fait maintenant dix ans et cinq albums qu’Óskar Logi Ágústsson (chant, guitare), Alexander Örn Númason (basse, chœurs) et Stefán Ari Stefánsson (batterie) regardent dans le rétro. Se forgeant une solide réputation à travers des concerts endiablés, THE VINTAGE CARAVAN fait bien plus que surfer sur une vague très 70’s à l’œuvre de manière expansive depuis quelques temps. Avec « Monuments », le trio islandais continue sa mue et affiche un style désormais très personnel.

Qualifier aujourd’hui de vintage toute production analogique et organique serait bien réducteur pour parler de la musique de THE VINTAGE CARAVAN. Au contraire, si la formation ilienne possède ces caractéristiques sonores et des influences des pionniers du Rock/Hard notoires, le combo sonne résolument moderne et affiche une créativité loin d’être passéiste, mais même plutôt inspirée et actuelle. Autour de belles harmonies, le groupe nous fait voyager dans un paysage musical protéiforme.

Le trio se défait des habituelles caricatures rétro pour rentrer dans le vif du sujet avec vigueur sur des riffs tout en nuance, des mélodies accrocheuses et des refrains entêtants (« Crystallized », « Forgotten », « Clarity »). Insaisissable, THE VINTAGE CARAVAN hausse le ton flirtant avec le Heavy Stoner avec un maîtrise bluffante (« Said & Done », « Dark Times », « Whispers »). Grâce aussi à des arrangements subtils, « Monuments » tire magnifiquement son épingle du jeu et le trio est aussi bouillonnant que capable de belles émotions.   

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Hard Rock Rock

Greta Van Fleet : enfin incomparable !

Entre Hard Rock et ambiances bluesy lancinantes, GRETA VAN FLEET s’est forge un style qui en rappelle d’autres bien sûr, mais qui paradoxalement est très personnel et inspiré. Avec « The Battle At Garden’s Gate », le quatuor américain signe un superbe et très positif album emprunt de liberté et à la performance irréprochable.  

GRETA VAN FLEET

« The Battle At Garden’s Gate »

(Republic Records)

Formé en 2012 dans le Michigan, GRETA VAN FEET a commencé à faire parler de lui cinq ans plus tard avec « Black Smoke Rising », un EP qui est apparu comme un rayon de soleil. Le quatuor a décidé de remonter le temps en s’inspirant de modèles comme Led Zeppelin ou Janis Joplin auxquels il apporte une sensibilité très particulière et une sonorité intemporelle tout en respectant le patrimoine Rock. 

Près de trois ans après leur premier album, « Anthem Of The Peaceful Army », les Américains sont de retour avec un album qui leur ressemble enfin et d’où émanent une authenticité et une sincérité qui vont faire taire leurs nombreux détracteurs. Toujours mené par la fratrie Kiszka (Josh, Jack et Sam) et l’excellent Danny Wagner à la batterie, GRETA VAN FLEET brille par sa passion et son feeling très Rock.

Sur une production classicieuse et très organique signée Greg Kurstin, le groupe enchaine des morceaux exceptionnels et d’une justesse d’interprétation incroyable (« The Heat Above », « Broken Bells », « Built By Nations »). Virtuose, le quatuor signe un « Age Of Machine » de haute volée et enchaine sur les brillants « Stardust Chords » et « Weight Of Dreams » avec maestria. GRETA VAN FLEET est plus étincelant que jamais.

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Hard Rock International Rock

Hound : vibrations vintage [Interview]

Depuis sa création en 2014, HOUND écoute ses émotions, ses envies et les libère dans un Hard Rock très 70’s sauvage et aux mélodies imparables. Toujours privés de leur terrain de jeu favori qu’est la scène, les Allemands viennent de sortir un deuxième album farouche et indomptable dans un style unique qui marie une approche très moderne et des atmosphères résolument vintage. La chaleur du son du quatuor n’a d’égal que sa fougue. Entretien avec Wanja Neite, un chanteur à la voix étonnante…  

Photo : Birk Brennt

– Avant de parler de votre premier album, « Settle Your Scores », qui vous a fait connaître, j’aimerais que tu reviennes sur vos débuts en 2014 et vos deux EP… Dès le départ, vous avez opté pour ce Hard Rock Old School et vintage, ou avez-vous mis un peu de temps avant de trouver votre style actuel ?

Oui, ça s’est fait dès le début, car nous sommes tous accros à ce son depuis notre plus jeune âge. Nous avions un endroit très isolé et presque insalubre, où nous rencontrions d’autres musiciens pour jouer toutes sortes de musique Rock pendant des années. Et finalement, nous avons formé HOUND. Le premier EP a été fait très artisanalement dans un grenier. Et je pense que cette tendance à négliger un peu les arrangements avec un jeu brut est née à ce moment-là. Nous aimons et nous jouons beaucoup de musiques différentes, mais c’est vraiment le son qui émerge lorsque nous sommes ensemble. J’adore ce style Rock Old School, sa chaleur et sa vibration.

– Vous avez rapidement acquis une solide réputation de groupe de scène grâce à des prestations très fortes. Est-ce qu’on construit un répertoire en pensant à ce qu’il va provoquer sur scène ?

Oui, c’est vrai et c’est quelque chose à laquelle nous pensons souvent. Nous développons une chanson sur une longue période et on en enregistre différentes versions avant le rendu final. Ça nous arrive d’ailleurs de jouer une toute autre version en concert, car c’est plus spontané contrairement à un disque. Sur le nouvel album, nous nous sommes souvent laissé aller sur la production en incluant de nombreuses improvisations et des idées très impulsives.

– Après vos deux EP, vous avez signé chez Metalville. Qu’est-ce qui a changé pour vous à ce moment-là ? Une meilleure visibilité ? Des tournées aussi plus faciles à mettre en place ?

Pour être honnête, artistiquement : rien. Nous avons juste continué à faire notre truc. Les gens de Metalville ont non seulement un réseau splendide, mais surtout ils sont très engagés dans ce style de musique. Nous travaillons en étroite collaboration avec eux, ce qui nous permet de nous concentrer beaucoup plus sur l’artistique et faire notre musique.

Photo : Birk Brennt

– J’aimerais qu’on revienne sur ce style si particulier qui vous caractérise et vous démarque des groupes du même registre. On y trouve une solide base Hard Rock 70’s avec de nombreux éléments comme la Funk, le Blues et des aspects Punk et Psych. HOUND ne se ferme aucune porte tout en réactualisant un style qui a fait ses preuves…

J’aime me dire que nous plongeons dans un immense bassin plein de diversités pour n’en faire ressortir que ce qui nous plait. Je ne comprends pas ceux qui veulent ajouter des choses à un style déjà existant. Lorsque nous jouons du Rock, des trucs plus funky ou bluesy, ce n’est pas comme si nous étions attachés à un genre ou à un code. Je m’en fiche vraiment, en fait. J’espère toujours que les auditeurs ressentiront le profond dévouement et la dévotion au Classic Rock qui traverse chaque mesure de nos albums. J’avoue que j’adore profondément le Rock des années 60, 70 et 80. Enfant, on me disait : « Ecoute Tommy (de The Who) avec une bougie allumée et tu verras ton avenir ! ». J’adore cet album, tout comme beaucoup de trucs récents que ce soit du Rock, de la Pop, de la Folk, du Hip-Hop, du Dub, de l’Indus… Peu importe.

– Sur votre premier album, la présence très forte de bouillantes parties d’orgue ressort de belle manière et donne une couleur incroyable à l’album. Pourquoi est-il moins présent sur « I Know My Enemies » ?

L’année dernière, Jonas, qui jouait les claviers depuis le tout début, a quitté le groupe. Alors, nous avons continué tous les quatre. Comme on ne pouvait pas le remplacer sur scène et dans la composition, nous avons dû avoir beaucoup d’autres idées. Yannick (basse) et Nando (guitare) sont des musiciens très créatifs et ludiques, et leurs idées se répandent partout dans les morceaux. John (batterie) est du même genre, et aussi capable de garder le groupe dans les clous. Et puis, nous avons eu le grand plaisir d’accueillir Anders Becker de Liquid Orbit comme invité, qui a joué de l’orgue sur quelques morceaux avec beaucoup de talent.

– D’ailleurs et même si l’on retrouve cette même énergie communicative, on sent ce nouvel album plus sombre, avec des riffs plus costauds et Heavy et des textes souvent assez mélancoliques. Comment l’expliques-tu ?

Depuis l’année dernière, je suis heureux en dehors de cette pandémie, bien sûr. Je trouve de la joie dans beaucoup de choses et surtout dans la musique. Mais à côté, il y a beaucoup de choses qui me font peur, qu’elles soient collectives ou individuelles, et qui ont un impact sur moi. Tout cela, bien sûr, s’infiltre dans la musique et c’est aussi très stimulant. Vous laissez aller la frustration, le désir, l’oppression et les peurs intériorisées et BOOM ! Il en ressort un riff qui te détend et qui transforme le tout en joie. Donc, même si l’album jette parfois un coup d’œil dans l’abîme, j’espère que la musique émet toujours ce sentiment de joie profonde. En ce qui concerne les paroles, les mots doivent avant tout bien sonner. Mon couplet préféré de l’album vient de la dernière chanson « The Downfall », qui  fait : « Ouais, ouais, ouais, ouais ! ». (Rires)

Photo : Birk Brennt

– J’aimerais justement que l’on parle de ta voix qui est si particulière et d’une incroyable polyvalence. Elle est incontestablement une force pour HOUND. Il y a même un petit côté androgyne saisissant. J’imagine qu’elle est le point de départ de vos compositions pour les mélodies, non ?

Dans la plupart des cas, les parties instrumentales existent déjà. J’essaie différentes choses et j’improvise encore et encore jusqu’à ce que je rassemble des idées qui me plaisent. Et puis, il y a des mélodies et des idées qui me viennent en tête dès que j’entends un riff pour la première fois. Et il m’arrive aussi de tout changer à nouveau. Nous parvenons rarement à calibrer une chanson et une version définitive instantanément. Et généralement, on change aussi les arrangements de nos morceaux environ tous les deux ans.

On peut qualifier le style de HOUND de Hard Rock vintage et Old School. Pourtant, je le trouve au contraire très novateur, actuel et vivifiant même avec des bases très 70’s. Est-ce que tu partages ce sentiment et surtout cette vision de votre jeu ?

Oui, c’est bien analysé. La musique que nous jouons nous sort des tripes, donc nous ne pouvons pas vraiment dire d’où nous viennent les idées. On ne cherche jamais à reproduire ce que nous avons aimé, mais plutôt à créer quelque chose de neuf. Et puis, nous avons tous des périodes où nous écoutions telle ou telle musique. J’adore profondément le Rock des années 60 et 70 comme tout le monde dans le groupe. Mais je ne ressens pas le besoin d’y ajouter quelque chose. Je ne me lasserai jamais d’écouter l’original de « Fireball » de Deep Purple. Il y a quelque chose de très spécial à jouer ce genre de musique et cela provient de la chaleur qu’elle dégage. Pour moi, jouer de la musique dépasse le fait d’innover ou de reproduire ce qui a déjà été fait. Et tu vois depuis que Nando (guitare) a commencé à chanter un peu plus, notre musique a gagné en légèreté avec son petit côté enfantin ! (Rires)

– Pour conclure, avec cet album très mature et intemporel, et malgré la situation sanitaire, quels sont vos projets à courts et moyens termes ? Vous devez être très impatients de remonter sur scène, car vous n’y avez pas encore joué votre album ?

Nous sommes réellement un groupe de scène dans l’âme. Et la situation actuelle est pourrie. Ça craint ! Avec le temps, on devient méfiant et on cherche tous la lumière au bout du tunnel. Ne pas pouvoir jouer ces chansons devant des gens m’est insupportable et je sens que je vais éclater. Mais je dis cela d’un point de vue de privilégié quand même. A la fin, j’espère juste que tout ira bien. En ce moment, je suis fier de ce que nous avons fait avec le nouvel album et j’aime franchement écouter ces nouveaux titres. Et je commence déjà à avoir de nouveau faim !

Le deuxième album de HOUND, « I Know My Enemies », est disponible depuis le 26 mars chez Metalville Records

Retrouvez la chronique : https://rocknforce.com/hound-une-tradition-bien-secouee/