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Heavy Blues Psych Rock 70's

Oakfarm : natural vibes

Originaire du nord de l’Allemagne, c’est pourtant en Autriche que le groupe est allé enregistrer son deuxième effort, et ce changement de paysage semble l’avoir inspiré. Maniant toujours aussi habillement les contrastes, OAKFARM étend son Heavy Blues Rock dans un espace presque réconfortant, qui se fait aussi rapidement volcanique. « Too Hard For Some, Too Soft For Others » reflète avec un prisme actuel la rencontre d’un Rock instinctif et celle d’un Blues fluctuant à travers les époques. Le combo grandit et son style s’affine avec beaucoup de certitude.

OAKFARM

« Too Hard For Some Too Soft For Others »

(Pink Tank Records)

Deux ans après un premier opus éponyme réussi, OAKFARM propose un nouvel instant dans sa bulle intemporelle. Ici encore, le temps semble s’être arrêté, et la chaleur et la proximité qui émanent de « Too hard For Some Too Soft For Others » ont un effet réconfortant. L’atmosphère très 70’s, entre Rock vintage et Heavy Blues, doit beaucoup à son aspect très organique et le trio ne fait pas pour autant systématiquement dans la douceur, puisqu’il flirte avec le Stoner et un Psych Rock assez relevé. Il y a une exaltation forte qui submerge de cet environnement sonore et le rend explosif.

Tobias Lemberger (guitare, chant), Dennis Oelze (batterie) et Arne Döpper (basse) ont acquis beaucoup d’expérience grâce aux très nombreux concerts, en salles comme en festivals, donnés à travers leur pays ces dernières années. OAKFARM a consolidé son identité musicale à travers un jeu qui a beaucoup gagné aussi en fluidité et en profondeur. « Too Hard For Some Too Soft For Others » voit le groupe arriver à maturité et l’exploration artistique proposée ici est bien plus audacieuse que précédemment. C’en est même à se demander si son style est encore rétro.

Ample et dynamique, la production livre parfaitement toute l’énergie et les vibrations à l’œuvre sur ces huit nouveaux morceaux. Globalement très Blues, ils sont menés par un élan Rock où puissance et vulnérabilité s’entremêlent délicatement sur des titres rapidement captivants. Par ailleurs, OAKFARM a trouvé son équilibre dans un power trio soudé, où les contrastes des textes comme des registres restent instinctifs et pleins d’émotion (« 3000 Miles », « Lucy », « Oakpop », « Don’t Fade Away » et « Now And Then »). Une confirmation sans faute et réellement spontanée !

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Classic Rock Hard 70's International

The Flynts : forever free [Interview]

Immortalisé dans l’une des salles les plus emblématiques de leur capitale en mars dernier, et avant même la sortie d’un premier album studio (ce qui en dit déjà long), le « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels » de ces quatre jeunes musiciens a franchement de quoi renverser la table. D’ailleurs, le public ne s’y est trompé lors de cette soirée mémorable. Dans les pas des pionniers du Rock 70’s, THE FLYNTS s’impose avec naturel et élégance dans un Classic Rock pêchu, mélodique et incandescent. Raphael Rufo (chant), Guillaume Lamont (guitare), Matthijs Machtelinckx (basse) et Gael Thiry (batterie) incarnent littéralement le renouveau d’un style intemporel et inépuisable, également en pleine effervescence depuis quelques temps. Et si les fondations sont solides, inébranlables et vite identifiables, c’est la touche du quatuor qui fait toute la différence. Sans artifice, ni calcul, le Classic Rock des Belges n’a rien poussiéreux, il regorge au contraire d’une énergie et d’une liberté absolue. Rencontre avec un quatuor, dont on n’a pas fini d’entendre parler…

– Avant de parler de cet incroyable album live, j’aimerais que l’on revienne sur votre parcours, qui est d’ailleurs encore très frais. On vous a découvert avec « First Spark » en 2024, puis avec le single « Tee Party » l’année suivante et enfin le tout dernier « Smoke And Mirrors » que vous aviez d’ailleurs présenté lors de ce concert à l’Ancienne Belgique. On a vraiment le sentiment dès que dès le départ, vous saviez ce que vous vouliez jouer. Le désir était-il de retrouver le piment des 70’s dans une version contemporaine ?

La volonté de faire la musique qu’on aime sans se demander si on allait trouver notre public et sans compromis a été le point de départ de THE FLYNTS. Depuis le début, l’idée est de retrouver le piment, l’étincelle et l’âme de la musique de cette époque en y apportant notre touche, ce qui rend les morceaux inévitablement plus contemporains. A force de composer, plus la direction s’est concrétisée, plus cette touche contemporaine dans les toplines et dans les refrains accrocheurs s’est imposée naturellement, un peu comme notre marque de fabrique. Aujourd’hui, on pense pouvoir dire que THE FLYNTS propose quelque chose d’authentique en construisant sur les fondations de ses idoles.

– Ce qui est d’ailleurs assez étonnant, c’est que l’on assiste aujourd’hui à un certain revival de ce Rock 70’s et d’un Classic Rock hors d’âge au moment-même où l’IA fait son intrusion jusque dans la création. Y voyez-vous un signe, et votre démarche est-elle aussi finalement un beau pied-de-nez à cette époque aussi curieuse qu’instable ?

C’est la plus belle des réponses à cette période étrange que l’on traverse. Dans une époque où tout doit être mis dans une case, où il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux, on voit de plus en plus fleurir des projets tellement uniques et singuliers. Ce n’est certainement pas un hasard si ce style de musique reprend du poil de la bête. Les gens sont à la recherche d’authenticité, du fameux grain de folie qu’on pouvait retrouver dans le Rock des années 70. La richesse et la liberté dont jouit la musique de cette époque font office de certification ‘Human-made’.

– Parlons de ce « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », qui est si brûlant que l’on croirait presque assister à une ‘release party’, tant l’accueil du public est phénoménal. Vous attendiez-vous à une telle soirée et surtout à un tel enthousiasme de la part de vos fans ?

Cette soirée reste encore un mystère à plein d’égards. La vitesse à laquelle se sont écoulés les tickets (sold-out en deux semaines seulement) a été une immense surprise pour nous. Néanmoins, cela nous a rapidement conforté dans le fait que les gens qui seraient là seraient bouillants dès les premières notes. Les cris assourdissants bourdonnent encore dans nos oreilles et la puissance de l’amour qu’on a reçu ce soir-là nous a complètement emportés. Quel bonheur fou d’entendre la foule s’époumoner sur nos morceaux et entonner nos refrains.

– Justement, lorsque l’on sait que le concert va donner lieu à une captation en vue d’un album live, est-ce que la préparation est différente de celle d’un concert ‘classique’ et y a-t-il un peu plus de pression ? Ou est-ce qu’une fois monté sur scène, on oublie tout ?

Oh que oui ! On s’est énormément préparés, avec deux résidences pour caler les sons, préparer la setlist idéale et tous les petits détails qui font la différence pour ce genre de concert. La pression s’est également invitée à la soirée, mais une fois un pied posé sur les planches et après les premières notes de guitare, la magie du live emporte tous les doutes. Tout disparaît et pendant une heure quinze, on vit avec le public un moment suspendu sans penser à quoi que ce soit, en laissant nos tripes sur scène. C’est en réécoutant le live que l’on redécouvre cette soirée et que l’on redécouvre l’état de trans dans lequel on était tous ce soir-là.

– D’ailleurs, l’album comporte 14 chansons, alors que vous n’en avez sorti que six. Comment se conçoit une telle playlist ? Est-ce qu’on pense d’abord au concert en lui-même et au public qu’il faut faire voyager d’une certaine manière, ou est-ce l’organisation des morceaux qui prime avec en ligne de mire l’album qui va suivre ?

Le live prime toujours pour nous. C’est réellement là que tout prend son sens. THE FLYNTS ne pourrait pas exister sans la perspective de jouer nos morceaux en concert. C’est pour ça que c’était aussi important pour nous d’immortaliser ce moment et de le partager avec le public. La phrase qu’on entend le plus à la fin de nos concerts est : ‘Je vous aimais déjà bien en vous écoutant sur les plateformes, mais alors en live, ça prend encore une toute autre dimension’. Et c’est ce qui se ressent dans l’album. La volonté était avant tout de gravé dans les mémoires cette nuit du 31 mars 2026. Et le fait d’avoir beaucoup de morceaux que les gens ne peuvent pas encore écouter chez eux rend le moment d’autant plus euphorique pour eux, le concert entier est une grande découverte.

– Cet album live sort très rapidement dans votre discographie, avant même un enregistrement studio complet. C’est très audacieux, d’autant que vous l’éditez aussi en double vinyle à une époque où règnent les plateformes. Est-ce l’énergie que vous avez recherché en premier lieu, car vos précédentes sorties avaient elles aussi une saveur très live ?

Ce n’est pas conventionnel, ça c’est clair. THE FLYNTS est comme un volcan sur le point d’entrer en éruption. En effet, notre premier single « White Lava » transpirait déjà d’une énergie live, car il avait été enregistré en situation live, tous ensemble dans la même pièce. Bien que cela puisse sembler audacieux pour d’autres, c’était assez naturel et logique pour nous que le premier long projet soit un album live. C’est ce qui capture le mieux l’essence de notre groupe. Pour revenir sur le sujet du vinyle, on était obligé… on nous l’a tellement demandé ! (Rires) Plus sérieusement, on a la chance d’avoir un public qui accorde encore beaucoup d’importance à honorer cette tradition du support physique, et on ne peut que les remercier. C’est comme ça qu’on est tombé amoureux de cette musique, à travers la collection de vinyles de nos parents, donc avoir notre propre 33 tours live, c’était comme un rêve de gosse qui se réalise.

– Un mot aussi sur cette reprise de Mountain avec l’un de ses classiques, « Mississippi Queen », sorti en 1970 sur le premier album. J’imagine qu’il ne doit rien au hasard, car pour qui ne le connaîtrait pas, il se fond parfaitement dans le set. Est-ce un exercice auquel vous vous prêtez régulièrement, celui de jouer de grands morceaux du répertoire Classic Rock ? Ou cette chanson a une saveur particulière pour vous ?

Ça nous fait infiniment plaisir que tu dises que la chanson se mêle parfaitement dans le set, parce qu’il y a eu un vrai travail de réappropriation du morceau. Si on veut intégrer une cover au set, notre objectif est que soit les gens ne se rendent même plus compte que c’est une cover, soit qu’ils saluent la proposition. Ce n’est pas un exercice que l’on fait très souvent et quand on le fait, on veut absolument amener le morceau dans notre univers. « Mississippi Queen », au-delà d’être un immense classique, est aussi un vrai coup de cœur. Donc, tout en respectant le morceau, on a voulu l’emmener dans notre univers. On s’est creusé la tête et on est super contents de tous les bons retours qu’on a de cette reprise.

– Par ailleurs, il se dégage une folle énergie sur ce live et également une réelle communion avec votre public. Cet esprit de liberté que vous transmettez très bien fait que l’on n’est pas franchement étonnés que vous soyez en autoproduction. Une signature sur un label n’est pas encore à l’ordre du jour ?

On ne se ferme aucune porte à l’heure actuelle et je dirais même que la porte est grand ouverte. On n’est pas du tout fermés à une signature avec un label. Si nous en intéressons un qui comprend notre vision, ça pourrait nous permettre d’aller encore plus vite et nous pousser à lancer des projets encore plus fous. L’important est la communication et pouvoir continuer à véhiculer cet esprit de liberté dont tu parles dans ta question, parce que c’est pour ça que notre public se déplace pour nous voir.

– Vous êtes également en train de travailler sur votre premier album studio et on y reviendra, car j’aimerais d’abord que vous évoquiez le changement de line-up intervenu cet été. Vous accueillez donc Guillaume Lamont à la guitare et Matthijs Machtelinckx à la basse. Que s’est-il passé et n’est-ce pas trop compliqué de reprendre avec une formation remaniée alors qu’un enregistrement se profile ?

Boris et Luca sentaient le besoin de prendre de la distance avec la musique, et surtout avec ses contraintes et ses pressions en général. Ils sont arrivés à une phase de leur vie, où ils souhaitaient réallouer plus de temps à leur vie personnelle. Un projet comme THE FLYNTS est devenu chronophage et énergivore, et cela devenait difficilement incompatible avec leurs aspirations personnelles. La transition n’a pas été de tout repos, car il y avait beaucoup de choses à préparer, mais elle s’est déroulée dans un cadre assez tranquille et dans le respect des aspirations de chacun. Boris et Luca nous ont laissé le temps de trouver des membres totalement alignés avec la vision du groupe et surtout qui sont plus motivés que jamais, avant de partir.

Heureusement, Guillaume et Matthijs sont tous les deux de vrais amoureux de Classic Rock, qui partagent nos influences et vivent la musique jusqu’au bout des ongles. Ils rendent la transition très simple par leur immense expérience. Ils ont tous les deux un CV bien rempli. On peut notamment citer les premières parties de Wolfmother, de DeWolff, mais également une tournée européenne en première partie de Royal Blood. Cela les a amenés à fouler les planches de salles et de festivals mythiques tels que ‘RockWerchter’, ‘AncienneBelgique’, ‘LottoArena’, etc…

En plus de ça, il y a tout de suite eu l’étincelle entre nous. Guillaume est très proche de notre producteur Mario Goossens et, dès que nous nous sommes mis à la recherche de nouveaux membres, il a immédiatement pensé à lui. Très rapidement, on s’est appelé, on a discuté autour d’un verre et finalement, en répétition, la magie a immédiatement opéré. Notre priorité étant de compléter le groupe par un duo plutôt que par deux musiciens, Guillaume a embrigadé son ami de longue date et camarade de RHEA (groupe belge originaire de Gand – NDR) pour compléter le quatuor. Les nouvelles compositions avancent à une vitesse folle et on a hâte de pouvoir dévoiler la suite.

– Enfin, vous préparez cet album à venir avec le batteur de Triggerfinger, Mario Goossens, et même si vous semblez savoir ce que vous voulez, va-t-il aussi participer et collaborer avec vous sur les arrangements peut-être, voire votre son ?

Mario a tellement d’expérience qu’il a toujours des conseils pertinents, que ce soit sur la construction d’un morceau, la façon de le jouer, la manière de continuer à surprendre, de le réarranger, de peaufiner le son et, surtout, de créer quelque chose d’unique. Il a réellement construit une carrière qui s’inscrit dans la durée et est toujours actif sur la scène européenne. C’est également notre objectif, donc nous sommes à bonne école. Et au-delà du musicien, il y a l’homme bienveillant qui s’attache à développer ce que nous proposons, et non pas à imposer quoi que ce soit. Il nous pousse constamment à éviter la facilité et à explorer le champ des possibles avant de considérer un morceau terminé. La phrase fétiche de Mario est ‘Let’s try It’ ! C’est un conseil qui peut sembler anodin, mais au-delà de ça, c’est presque un conseil de vie. Il nous pousse à ne pas nous faire un avis avant même d’avoir essayé et entendu ce que ça donne. Parce que le risque de ne pas essayer et de faire de la musique uniquement dans sa tête est de s’enfermer dans ce qu’on fait et qu’on connaît déjà ce qui, à terme, peut devenir une vraie prison, aussi dorée puisse-t-elle paraître. Donc oui, on reste bien évidemment ouverts à ses idées, que ce soit pour le son comme pour les arrangements.

L’album live de THE FLYNTS, « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », est sorti en autoproduction et est distribué par Inouie Distribution. Toutes les infos sur les réseaux sociaux du groupe.

Photos : Christophe Brysse (1, 2, 4, 5) et JC Goupil (3).

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Hard 70's Heavy Stoner Psych International

Saturna : master of rings [Interview]

Avec leur sixième album, les Catalans se sont délestés de tout superflu, de tous ces effets omniprésents sur les productions actuelles pour revenir à l’essentiel, à savoir la transmission des émotions. Et le résultat est criant de vérité et d’authenticité. SATURNA nous propulse au cœur de ses morceaux dans un environnement organique savoureux. Il faut dire que son registre s’y prête vraiment et que ces nouvelles compositions résonnent d’une grande justesse, d’un feeling de chaque instant doté d’arrangements bien sentis. En effet, « Light And Shadow » remonte le temps sous le prisme d’un Rock parfois psychédélique, aujourd’hui qualifié de ‘classique’, qui se veut direct et sincère. Rarement les instruments et le chant n’auront trouvé aussi facilement leur place au sein d’un Hard 70’s que le quatuor a délicatement voilé de Stoner Rock. Y compris dans le songwriting, rien n’est laissé au hasard. Les guitares sont scintillantes, la voix et les chœurs envoûtants et la rythmique nous ramène aux belles heures d’un groove presque charnel, le tout bercé par des mélodies irrésistibles. Les Espagnols atteignent ici à un sommet de leur art, et ce nouvel opus s’inscrit déjà parmi les meilleurs de l’année. Rencontre avec des musiciens qui ont une idée bien précise de leur musique et qui sont passés maîtres dans l’art de la capturer pour mieux la laisser respirer.

– « Light And Shadow » est votre sixième album et surtout, il marque l’arrivée à la guitare et à la composition de Max Erikson. Comment son intégration s’est-elle passée et explique-t-elle les trois ans depuis« The Reset », car vous nous aviez habitués à un rythme plus soutenu ?

L’arrivée de Max a évidemment apporté de nouvelles idées de composition. Par exemple, sur des morceaux comme « No Questions », largement inspiré de son idée personnelle, on perçoit un rythme et un style beaucoup plus rapides que ce que SATURNA proposait ces derniers temps. Et honnêtement, l’intégration s’est faite très naturellement. Il a été très actif, apportant de nouvelles idées, peaufinant celles que nous avions déjà et créant avec une énergie renouvelée en répétition. Il a également insufflé sa propre personnalité et son propre style aux anciens morceaux de notre setlist, composés avant son arrivée, et cela se ressent en concert notamment.

– Vous avez vous-mêmes enregistré ce nouvel album et confié le mix à votre batteur, Enric Verdaguer, ce qui est une première pour SATURNA. Est-ce que l’idée était de donner à « Light And Shadow » le son que vous recherchiez vraiment, à savoir un environnement très organique et une approche live ?

Ce n’est tout à fait pas la première fois qu’Enric mixe un album pour nous. Il l’avait déjà fait pour « Atlantis » et quelques autres titres pour des compilations. Ce changement de son est tout à fait intentionnel. Nous voulions nous éloigner du style de production de notre précédent album (« The Reset »), que nous adorons, mais qui impliquait beaucoup plus de préproduction, de nombreuses pistes, des samples et un montage poussé. Ici, nous voulions faire exactement l’inverse : de nombreuses prises complètes et sans coupure, un montage minimal et aucun sample.

Au lieu de trop lisser l’équalisation, nous voulions laisser chaque instrument respirer et conserver son timbre unique, loin de cette perfection moderne et lisse. Nous recherchions le son brut d’instruments jouant ensemble dans une même pièce, avec toutes leurs imperfections naturelles, leurs médiums un peu brouillés et leur résonance. L’objectif principal était de recréer au plus près le son de nos répétitions. C’est évidemment très différent des méthodes de production actuelles et cela ne plaira peut-être pas à tout le monde.

– Pour rester sur la production de l’album, vous avez confié sa distribution aux labels Spinda Records, Discos Macarras et Ripple Music pour les Etats-Unis. C’est assez inhabituel d’autant que vous le produisez. Comment s’organise un tel déploiement et qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Oui, même si nous avons géré l’enregistrement et le mixage nous-mêmes, des aspects comme le pressage physique et surtout la distribution, le marketing et les campagnes sur les réseaux sociaux, c’est-à-diretout ce qu’implique la sortie d’un album digne de ce nom, représentent une charge de travail bien trop importante pour que nous puissions la gérer seuls. C’est pourquoi nous sommes si reconnaissants, notamment envers Spinda Records et Dani de Discos Macarras. Cette fois-ci, ils se sont associés à Ripple Music, ce qui nous permet d’être distribués également aux Etats-Unis. Je trouve qu’ils font un travail formidable avec les médias, les relations presse et le positionnement, ce que nous n’aurions jamais pu réaliser seuls.

– Revenons à « Light And Shadow » qui, comme le titre le laisse entendre, traite de plusieurs dualités à savoir les ténèbres et la lumière, la vie et la mort et l’amour et la haine. Pourtant, là on aurait pu s’attendre à des atmosphères assez sombres, vous avez surtout jouer sur les textures sonores et l’ensemble est très homogène et lumineux. Plus que le contraste musical, l’objectif a-t-il été de mettre en avant les émotions ?

Au final, un album moins produit respire davantage. En épurant les choses et en évitant les arrangements et les orchestrations superflus, on laisse la composition s’exprimer pleinement. On apprécie mieux chaque élément, le son de chaque instrument et les textures spécifiques recherchées, le tout enregistré en live avec des effets, capturant la dynamique naturelle, l’interprétation vocale et tous ces détails. Tout est plus perceptible ainsi. Au final, l’essentiel est de mettre en valeur l’émotion brute. Par exemple, le morceau « About You » a été enregistré entièrement par Jimmy, en une seule prise sur laquelle il joue de la guitare et chante dans sa chambre. On a envisagé de le réenregistrer, mais on a finalement décidé de garder cette prise live enregistrée chez lui pour l’album. Et c’est peut-être ce que tu voulais dire : ne pas rechercher la perfection. Jimmy a simplement chanté et enregistré sur le vif, en fonction de ce qu’il ressentait, et quand je l’écoute aujourd’hui, ça se ressent vraiment. Une version studio aurait peut-être sonné beaucoup mieux techniquement, mais elle n’aurait pas transmis la même émotion que cette prise.

– Parmi les ambiances qui traversent « Light And Shadow », on retrouve ce qui fait votre style, c’est-à-dire un mélange savamment dosé de Hard Rock classique, de proto-Metal et de Rock psychédélique. Forcément, l’ensemble sonne très 70’s, mais l’album est loin d’être déconnecté de notre époque. Comment faites-vous le pont ? Grâce à l’écriture ou à l’état d’esprit global de SATURNA, qui reste très ouvert ?

Ce qui est génial avec ce groupe, c’est qu’on n’est pas des puristes. En fait, s’enfermer dans un genre précis peut parfois avoir une connotation négative. On a l’impression de se brider et de s’empêcher d’explorer de nouvelles pistes. Pour nous, c’est tout le contraire. On laisse simplement s’exprimer toute la musique qu’on a écoutée, vécue et aimée, quand elle en a besoin. C’est peut-être pour ça que nos chansons touchent autant les gens. Certains auditeurs nous entendent et se disent : « Punaise, on dirait un groupe tout droit sorti des années 70 ! » tandis que d’autres, plus sensibles aux années 90, disent qu’on sonne Grunge, Stoner ou un truc du genre. Au final, l’’important est de faire la musique qu’on a envie de faire. Nos racines et nos influences finissent toujours par ressurgir naturellement. Après, c’est aux autres de coller des étiquettes et de décider de notre style, mais pour nous, c’est toujours profondément personnel.

– Il y a aussi une chose marquante sur ce nouvel album, c’est le travail sur les guitares, qui montre la belle complicité entre James et Max, que ce soit au niveau des riffs comme de l’intensité des solos. Est-ce justement sur cet aspect que vous avez porté vos efforts cette fois-ci ?

Au final, tout cela nous ramène à ce que nous disions précédemment. L’album n’étant pas surproduit, tout repose essentiellement sur la composition. A cet égard, Jimmy et Max, malgré leur immense talent de musiciens, jouent toujours au service de la chanson. Chaque morceau est méticuleusement structuré, que ce soit dansle jeu de chaque guitare pendant que l’autre joue autre chose, ou encore l’exécution d’un solo. Même un solo spectaculaire s’accompagne toujours d’une ligne mélodique, qui s’intègre parfaitement au morceau, faisant office de transition entre les différentes sections. Ce sont ces détails sur lesquels nous nous sommes vraiment concentrés et que nous avons travaillés avec acharnement, aussi bien en studio que sur scène, et je pense que c’est précisément ce que l’on remarque à l’écoute de cet album.

– J’aimerais qu’on dise aussi un mot sur « About You » et « Opus One », qui sont tous les deux des titres acoustiques. Avez-vous conçu ces deux morceaux comme des sortes de respiration, au regard du reste de l’album ?

Honnêtement, au départ, ces chansons n’avaient pas d’autre but que de être simplement crées pour elles-mêmes, par besoin de transmettre quelque chose. Mais il est vrai qu’une fois l’album enregistré, après fait la même chose avec tous les morceaux que nous avions jusque-là, et surtout lorsqu’il faut faire un album avec une durée très limitée par face, on arrive à un moment où il faut établir la tracklist. C’est là qu’on réfléchit à la place de chaque chanson sur chaque face. Il faut que la durée soit plus ou moins la même sur les deux et il faut aussi éviter que la dynamique ne s’essouffle. Alors, à ce stade, on évite peut-être de placer deux chansons similaires trop près l’une de l’autre, tu vois ? On s’assure que tout s’enchaîne bien pour que l’album s’écoute d’une traite et que tout soit cohérent.

– Enfin, l’album s’achève avec « A Strange Mix Of Humans », qui est un texte de votre ami John Mann, illustrateur à Los Angeles. C’est un message qu’il vous a laissé et qui est d’une incroyable justesse et d’une grande profondeur. Il est d’ailleurs accompagné de la guitare classique de Mariano Rupil. Il résonne comme une sorte d’écho à une réflexion que peu ont dans l’industrie musicale actuelle. Dans quelle intention l’avez-vous intégré à « Light And Shadow » ?

Ce morceau est en fait un enregistrement vocal WhatsApp d’une conversation que Jimmy a eue avec lui. Si je me souviens bien, ils parlaient des Sex Pistols. Quand on l’a entendu, avec la voix de Johnny, son interprétation et ce qu’il a dit à ce moment-là, on s’est dit : « Il faut absolument que ce soit sur l’album ! » On a eu un moment la crainte que les gens pensent que c’était notre propre opinion et que ça sonne un peu… comment dire ?… un peu arrogant, voire prétentieux.

Mais au fond, je pense que c’est une opinion qui a toujours été présente dans l’Histoire de la musique. On peut former des super-groupes avec des membres incroyables dans leurs propres formations, mais ensuite, pour une raison ou une autre, quand ils forment ce nouveau groupe, ça ne marche pas. Ou on peut avoir d’excellents instrumentistes, mais quand on les réunit, ça ne donne pas de bonne musique. A l’inverse, parfois, quatre gars qui ne sont même pas particulièrement doués, ou qui, a priori, ne devraient pas travailler ensemble, finissent par faire de la super musique pour une raison inconnue. C’était simplement cette réflexion et nous l’avons adorée. Nous y avons ensuite ajouté l’accompagnement de guitare classique de Mariano. Au final, c’est tout simplement une idée qui nous plaisait beaucoup et nous trouvons qu’elle reflète bien la musique que nous écoutons.

Le nouvel album de SATURNA, « Light And Shadow », est disponible chez Spinda Records, Discos Macarras et Ripple Music pour les Etats-Unis.

Commande directe sur le site du label : www.discosmacarras.com

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Classic Hard Rock Classic Rock

Wicked Elephant Revival : electric fever

Avec une énergie débordante et un feeling incontestable, les Français signent un premier long format tout en maîtrise et surtout doté d’un songwriting imparable. Dans un Classic Rock moderne et fougueux, WICKED ELEPHANT REVIVAL marche dans les pas des pionniers avec quelques belles fulgurances Southern et Hard Rock. Très fédérateur, le quintet multiplie les ambiances sans se disperser et vibre à l’unisson sur ce « No Rest For The Wicked », aussi ambitieux qu’addictif. La sincérité de sa démarche rend cet album d’une maturité artistique devenue rare dans l’hexagone.

WICKED ELEPHANT REVIVAL

« No Rest For The Wicked »

(Independant)

A une époque où l’uniformité musicale commence à prendre beaucoup de place et où la technologie s’immisce au cœur-même de la création, WICKED ELEPHANT REVIVAL fait le pari de revenir aux sources du Rock, et même du Hard Rock, afin d’y apporter sa contribution avec originalité et conviction. En musiciens chevronnés, les Toulonnais distillent un registre bien à eux, sans éluder certaines influences évidentes qu’ils utilisent plutôt comme un socle indéfectible et la base d’un style qu’ils entendent bien encore faire briller.

Actif depuis 2022, WICKED ELEPHANT REVIVAL s’était déjà fendu d’un EP de quatre titres l’an dernier, « Mojo Rising », laissant présager du meilleur. Et ce premier effort se montre très largement à la hauteur des attendes. Grâce à une production puissante et organique, « No Rest For The Wicked » possède toute l’ampleur et le relief nécessaires à la dimension de ces nouveaux morceaux. Emprunt d’une saveur vintage enveloppante, les Azuréens se plongent dans l’époque dorée des années 70 à 90 avec inspiration et beaucoup de volume.

Passé un « Prologue » tout en émotion, WICKED ELEPHANT REVIVAL impose sa touche sur un groove épais et chaleureux, s’offrant même quelques embardées psychédéliques bien senties. Le duo basse/batterie est solide, le guitariste tranchant, le claviériste inspiré et le chanteur joue d’un timbre touchant et éraillé pour porter chaque chanson. Il y a du Robert Plant, du Steven Tyler et un brin de Tom Kiefer dans la voix de ce généreux frontman (« Evermore », « Fast Is Nice », « Father And Son », « Beautiful », « The Wicked And The Wise »). Authentique et soigné.

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Blues Soul

The Anthony Paule Soul Orchestra featuring Willy Jordan : classieux

Héritiers directs d’un Blues classique gorgé de Soul et porté par la voix envoûtante et pleine d’émotion de Willy Jordan, les Américains livrent une fois encore une partition, qui va puiser dans une tradition qui semble éternelle. Subtiles et entraînantes, les nouvelles compositions de THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA nous transportent hors du temps dans un voyage, où les mélodies se succèdent dans un élan très inspiré. Un disque qui fait vraiment du bien !

THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA featuring WILLY JORDAN

« What Can We Do ? »

(Nola Blues Records)

C’est à San Francisco que le guitariste et compositeur Anthony Paule a fondé cet orchestre génial en 2007. 19 ans plus tard, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA est devenu une véritable institution, ayant vu passer dans ses rangs les chanteurs Wee Willie Walker, Frank Bey et Terri Odabi, avant de laisser place à Willy Jordan. Une fois encore, il enveloppe de sa voix chaude et douce des morceaux directement inspirés du Blues et de la Soul des années 60 et 70, non sans une approche moderne. « What Can We Do ? » n’a rien de nostalgique, il serait plutôt intemporel.

En presque vingt ans, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA a sorti sept albums et multiplié les nominations aux Blues Music Awards, tant en ayant participé à de nombreux festivals et concerts en Europe. Il faut avouer que la formation composée de douze musiciens a de quoi faire briller les yeux de plaisir. Soutenue par une section cuivre brûlante et dynamique, de chœurs féminins et masculins d’une incroyable beauté et d’une rythmique dont le groove est totalement addictif, la guitare de son leader fait des merveilles entre des accords délicats et des solos tout en finesse.

Produit par Larry Batiste, le successeur de « What Are You Waiting For ? » (2024) conserve une saveur délicieusement rétro, grâce à l’exactitude et la très grande justesse d’interprétation de ce combo aux allures de Big Band. Et chez THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA, c’est surtout l’esprit de corps qui domine et surprend. Malgré la virtuosité de ses membres, personne ne tire la couverture à soi et « What Can We Do ? » se montre d’une formidable fluidité sur ses douze titres, dont la reprise du standard de Jazz de 1944, « You’re Nobody Till Somebody Loves You ». Classieux !

Photo : Matthew Niesen

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Classic Hard Rock

Deep Purple : la noblesse de l’art

N’est-il pas plus réjouissant de voir un groupe au sommet de son art, plutôt que d’attendre de lui qu’il se réinvente à chaque disque ? Et lorsqu’il atteint un certain nombre de décennies d’activité, comme c’est le cas pour DEEP PURPLE dont l’aventure a commencé en 1968, l’essentiel est donc de ne pas se reposer sur ses lauriers, mais de ressentir une plénitude artistique et une joie d’aller de l’avant. Il semblerait que ce soit l’objectif (atteint) de ces pionniers du Hard Rock, devenus une référence pour des générations d’artistes. Et « Splat ! » est un modèle du genre.

DEEP PURPLE

« Splat ! »

(earMUSIC)

Certains phœnix renaissent de leurs cendres et DEEP PURPLE en est un exemple vivant. Deux ans après le très bon « =1 », qui a acté l’arrivée de Simon McBride à la guitare, le quintet a repris des couleurs et a surtout retrouvé l’inspiration. Etonnamment, c’est en effectuant un retour aux sources que le groupe se régénère et développe avec une touche actuelle le son et l’écriture qui ont fait sa gloire. Avec « Splat ! », la dynamique est relancée et la symbiose entre les cinq musiciens débouche sur une créativité réellement accrue et une interprétation virtuose.

N’en déplaise à quelques puristes, DEEP PURPLE possède aujourd’hui son meilleur line-up depuis le début des années 2000. Et ce regain d’énergie vient peut-être de son guitariste, qui n’a pas encore 50 ans, car Ian Gillian (chant), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie) et Don Airey (claviers) affichent une envie et une vitalité qui font de ce 24ème album une pièce magistrale de la belle discographie de la formation britannique. Et comme pour le précédent opus, « Splat ! » a été enregistré en conditions live et brillamment produit par le grand Bon Ezrin.

Les sensations qui émanaient des premières et mythiques réalisations retrouvent ici un nouvel éclat. Le feeling entre le six-cordiste irlandais et l’organiste donne l’impression d’une complicité de toujours. La galopante rythmique, qui a aussi forgé le son de DEEP PURPLE, est intacte et Ian Gillian conserve son timbre de voix, tout en ayant revisité son approche du chant. Du grand art ! Puissant, organique et déployant des mélodies accrocheuses, les Anglais ne donnent pas le sentiment de regarder vers le passé, mais plutôt de se projeter et de s’inventer un avenir serein. Somptueux !

Photo : Olaf Heine

Retrouvez aussi la chronique de « =1 » :

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Hard Rock International

Teaze : gotta Rock [Interview]

En l’espace de trois ans et quatre albums entre 1977 et 1980, TEAZE est devenu l’un des plus emblématiques groupes de Hard Rock de son pays. Avec un style aussi mélodique que costaud, le quatuor a su fédérer et entraîner dans son sillage des fans, qui ont pourtant vécu 45 ans dans une sorte de nostalgie subie avant un retour flamboyant l’an dernier avec « Live At Liege », un concert immortalisé en Europe pour un retour inespéré. Aujourd’hui, c’est avec « Rev Your Engines » que la formation de l’Ontario surgit de la plus belle des manières. Et surtout, les Canadiens n’ont rien perdu de leur jeu, de leur mordant et encore moins de leur classe, ils les ont juste passé au filtre de notre époque. Le bassiste et chanteur originel Brian Danter est aujourd’hui entouré du batteur Jim Bonventre, du six-cordiste Charlie Lambrick et bien sûr du guitariste et fondateur Mark Pawnman Bradac. Et c’est avec passion et un enthousiasme intact que ce dernier revient sur cette renaissance tellement réjouissante, gravée sur un sixième opus d’une fraîcheur et d’une puissance décuplées.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne sur votre histoire qui est aussi courte que riche. Vos cinq albums, dont un live au Japon, sont sortis entre 1977 et 1980. Trois années intenses et ensuite, plus rien… Quels sentiments vous animaient à l’époque, car TEAZE avait tout pour réussir sur le long terme ?

J’ai vraiment eu l’impression que c’était la fin de ma vie, François ! (Rires) Dès le début, le groupe était une grosse machine. On a fait beaucoup de choses, mais sans jamais vraiment percer aux Etats-Unis, même si on a signé chez Capitol Records. Et là, en 1980, plusieurs raisons ont fait que j’ai décidé d’arrêter. La première était que la musique commençait à changer avec l’arrivée de la New Wave et du Disco notamment. D’ailleurs, notre dernier album , « Body Shots » sonnait un peu comme ça, il était très New Wave. C’est ce qu’on nous avait demandé, mais ça ne sonnait pas. A ce moment-là, on a perdu notre accord avec Capitol et notre chanteur est également parti. Tout s’est passé très, très vite. Cela a été horrible et tellement rapide. Et c’est quelque chose que je n’ai jamais accepté. J’ai finalement attendu 45 ans pour en arriver là aujourd’hui ! (Rires) Mais, mieux vaut tard que jamais… (Sourires)

– Avec le recul, et sans parler d’éventuels regrets, est-ce que tu t’es déjà projeté sur le parcours qu’aurait pu avoir TEAZE les années qui ont suivi votre séparation ?

L’année de notre séparation, il y a eu l’émergence de Rush et de Triumph, qui sont deux groupes fantastiques. Ils ont joué des années et ils étaient suivis par beaucoup de fans. Il sont devenus les meilleurs au monde pour moi. Je suis persuadé que TEAZE aurait pu faire partie de ce même élan dans cette même catégorie. On avait tout ce qu’il fallait. Je n’ai jamais voulu quitter le groupe, que ça s’arrête… Et c’est d’ailleurs pour ça que nous sommes là tous les deux aujourd’hui pour parler de ce nouvel album que nous sortons ! Mais pendant 45 ans, tous ces groupes ont continué, ont été suivi par leurs fans. Alors maintenant, si nous voulons retrouver notre place, il faut essayer et s’y remettre, même si je n’ai jamais arrêter de la musique, bien sûr.

– D’ailleurs, pour ceux qui aurait raté le train en marche, deux ‘Best Of‘ sont sortis en 1981 et en 1990. Ils auraient pu servir de détonateurs pour une reformation. Vous n’y avez pas pensé du tout ?

Bien sûr que j’y ai pensé, évidemment ! C’est le label Rock Candy Music, qui a réalisé et remasterisé le second ‘Best Of’ en Angleterre à l’époque. Ils ont d’ailleurs fait la même chose avec l’album « One Night Stands » la même année. A ce moment-là, j’en ai parlé avec Brian, notre chanteur, mais il n’était pas prêt à le faire. Il avait sa carrière de son côté. Il ne voulait pas quitter son groupe pour reprendre l’aventure, il y avait eu tellement de désillusions… On sait aussi ce que ça signifie, car le Rock’n’Roll demande beaucoup et il est le plus âgé d’entre-nous. J’ai essayé plusieurs fois en vain, ce n’était pas le bon moment sans doute, même si c’était une belle opportunité, c’est vrai. Mais j’aurais essayé… (Rires)

– J’aimerais qu’on parle de votre musique à l’époque. TEAZE jouait un Hard Rock assez inédit au Canada et aux Etats-Unis, mais également assez différent de ce qui pouvait se faire en Europe. Vous étiez précurseurs dans bien des domaines. C’est d’ailleurs arrivé un peu plus tard dans les années 80. Est-ce que c’est juste une question de timing finalement, selon toi ?

Bien sûr, le timing est une chose essentielle. Si nous n’avions pas perdu Brian, nous aurions continué. On aurait trouvé un accord avec une maison de disques et on aurait sorti d’autres albums. Mais nous n’avions plus notre chanteur et c’était très important. On n’a jamais pensé une seule seconde à le remplacer ! Et c’est vrai que le timing est une clef essentielle. Il faut avoir de bons morceaux, de bons musiciens, une bonne maison de disques, un bon manager et avoir du temps. C’est plus facile d’acheter un ticket de loterie ! (Rires) La chance a aussi sa part dans tout ça finalement. Mais en 1980, le timing n’était pas bon et même si j’ai poussé Brian encore et encore, rien n’y a fait. Et ce nouvel album, je voulais déjà qu’il sorte en 2019… Il arrive aujourd’hui en 2026, et pourtant j’y ai mis du mien toutes ces années.

– Il aura donc fallu ensuite attendre 2018 et ce concert chez vous à Windsor pour voir TEAZER se reformer. Qu’est-ce qui avait fait pencher la balance cette fois ? C’était une décision qui aurait pu intervenir bien avant. Dans quelles conditions cela s’est-il passé et qui en a été à l’initiative ?

C’est moi, car je n’ai jamais arrêté de pousser, pousser ! (Rires) Quand nous avions sorti le live l’an dernier, « Live At Liege », c’était aussi pour relancer la machine. C’était assez marrant d’ailleurs, car nous sommes ensemble depuis si longtemps, alors qu’en Belgique, nous avions vraiment le sentiment d’être un nouveau groupe ! (Rires) Et aujourd’hui, c’est génial de vivre ça ! D’ailleurs, c’est assez étonnant de voir à quel point ce nouvel album sonne européen. Il est plus Heavy, plus costaud ! (Sourires)

– Depuis, vous avez repris les concerts. Est-ce finalement la scène qui vous manquait le plus ?

Tu sais, on a tous continué à faire de la scène durant toutes ces années. Je ne me suis jamais retiré de la musique et j’ai fait énormément de choses depuis 1980, y compris ces dernières années. TEAZE était terminé, mais j’ai joué avec deux/trois groupes un peu partout dans le monde. Il nous aura fallu attendre l’accord de Brian en 2018 pour remettre la machine en route ! (Sourires)

– D’autant que l’an dernier, vous avez sorti le très bon « Live At Liege » où vos morceaux prennent une nouvelle dimension et une autre dynamique aussi. Comment les avez-vous réarrangé et pourquoi cet enregistrement en Belgique plutôt qu’au Canada ?

La première chose, ce sont effectivement les arrangements et le son. Le groupe a aujourd’hui un nouveau guitariste, Charlie Lambrick, qui est également notre producteur. Et ce gars-là est un musicien incroyable. Il a beaucoup aidé dans cette évolution, pas en changeant le son, mais en lui apportant de la fraîcheur. Ça ne sonne pas vintage, au contraire, le son est très actuel. Il a apporté cette touche à TEAZE et beaucoup de gens constatent cette différence et sont même un peu surpris que ça sonne aussi bien. Charlie a vraiment donné un nouvel élan au groupe et nous nous complétons parfaitement. Alors, pourquoi ne l’avions-nous pas enregistré au canada plutôt s’en Europe ? Je pense que c’était important pour nous de le faire là-bas, car nous ne l’avions jamais fait auparavant. C’était prévu en 1980 avec une grande tournée, mais la séparation a eu lieu à ce moment-là. Pourtant, le téléphone avait sonné à l’époque, mais c’était terminé…

– Aujourd’hui, près de 50 ans après votre premier album éponyme, vous revenez avec « Rev Your Engines » et il est encore plus costaud et puissant que les premiers. Est-ce que le « Live At Liege » a été un déclic pour la nouvelle direction artistique, car votre jeu a aussi évolué ?

Oui, je suis d’accord avec toi. C’était mon idée, si nous voulions vraiment revenir et ne pas dénoter de la scène actuelle et sans trahir l’héritage de TEAZE. C’est la condition première à notre retour. Et puis, aujourd’hui, il y a aussi les réseaux sociaux où l’on peut voir si vos fans sont toujours là. Nous avons aussi un nouveau bookeur. Par ailleurs, je savais qu’après 45 ans, beaucoup de gens auraient oublié TEAZE, même s’il en reste encore. Donc, l’idée était d’aller en Europe où nous avons encore une solide réputation et d’y jouer nos meilleurs titres. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Ça faisait partie du plan. Ensuite, cela nous permettait de repartir sur un nouvel album original. Alors, quand on a écouté l’enregistrement à Liège, on s’est dit que c’était carrément bien ! (Rires) Et surtout, on y avait pas vraiment réfléchi, c’était un seul et unique concert ! (Sourires) Quant à la direction artistique, elle a été insufflé dès l’arrivée de Charlie. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais cela s’est super bien passé et c’est exactement ce que nous souhaitions faire. Le son est super important en ce sens. On était un peu comme des enfants qui s’amusent ! (Rires) Et notre nouveau batteur est incroyable aussi, il a tellement apporté à cette nouvelle dynamique.

– D’ailleurs, dans quel état d’esprit avez-vous commencé à composer ce nouvel album ? A entendre ce nouvel élan et cette fluidité dans les morceaux, les retrouvailles et l’ambiance au sein du groupe semblent avoir été assez naturelles, non ?

Tu sais, nous connaissons tout de la vie de l’autre, nous sommes très proches. C’est pour cette raison que je n’ai jamais voulu que ça s’arrête. Donc, tout s’est passé de manière très naturelle. En 1975, nous n’étions pas des musiciens très expérimentés, sauf Brian qui était déjà très bon. On était tous très jeunes, mais on savait qu’on valait quelque chose ! (Rires) C’est une chose que tu sens immédiatement, c’est une impression assez étrange. Il y a toujours eu une sorte de magie dans TEAZE ! (Rires)

– Est-ce que tu penses que si TEAZE avait continué toutes ces années, « Rev Your Engines » aurait cette fougue, cette envie et ce son aussi ? Car, on peut presque parler de renaissance et d’un nouveau départ, non ?

Est-ce que tu crois qu’une renaissance est possible, François ? (Sourires)

– Ah oui, bien sûr !

Oui, je crois aussi aux miracles ! (Rires) Mais je pense aussi que c’est très compliqué de faire un retour 45 ans après et que tout se passe bien. Parfois, je me dis que si les gens ne connaissaient pas TEAZE avant, ils écouteraient juste la musique sans se soucier du reste. Mais pour nous, c’est différent. Il faut continuer d’aller de l’avant et c’est vrai que nous sommes très fiers de ce nouvel album. On a beaucoup travaillé sur la production, j’y ai d’ailleurs participé, et il nous a d’abord fallu tout maîtriser et y apporter une certaine modernité. Nous n’avions pas le choix, en fait. Et puis, « Rev Your Engines » est très varié. On y retrouve des sonorités de Detroit, des morceaux plus introspectifs ou plus sombres et même quelques sonorités Pop. C’est un mix de tout ça avec un esprit très Rock’n’Roll. Il peut y avoir un peu de nostalgie, c’est vrai, mais nous sommes d’abord un groupe de Rock du Canada ! Et ce côté revival ne applique pas vraiment à TEAZE aujourd’hui ! (Sourires)

– Enfin, il a quelque chose d’incroyable chez vous. TEAZE est devenu l’un de rares groupes canadiens devenus une icône en quelques albums seulement dans les années 70. Or, « Rev Your Engines » montre que l’aventure est loin d’être terminée. Est-ce que vous vous projetez déjà sur la suite ?

Oui, c’est ce que je disais aux autres membres du groupe l’autre jour : nous devons penser au disque suivant ! On ne peut pas revenir avec un nouvel album pour mourir à nouveau ensuite. Donc, si nous restons sérieux, il y en aura un autre ! (Sourires) Tout ce qui se passe aujourd’hui a beaucoup de sens pour nous. J’ai envie d’y travailler dès maintenant, car avec Internet, tout va tellement plus vite et les gens oublient aussitôt. Alors, il faut toujours aller de l’avant ! On a hâte de partir en tournée, puis continuer à travailler sur de nouveaux morceaux. C’est tout sauf un one-shot, crois-moi ! (Sourires)

Le nouvel, et excellent, album de TEAZE, « Rev Your Engines », est disponible chez Escape Music/Deko Entertainment.

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Hard Rock Southern Blues

Jared James Nichols : l’embrasement

Intense, brut et virtuose, le jeu de JARED JAMES NICHOLS englobe à la fois la densité du Hard Rock, les saveurs du Blues et une atmosphère Southern. Six-cordiste accompli et frontman assuré, il multiplie avec naturel et beaucoup de classe les ambiances, tout en affichant une forte identité artistique. Avec « Louder Than Fate », il laisse à nouveau éclater tout son talent avec une impression de facilité assez déconcertante. Sensible et dévastateur, son charisme et son écriture sont toujours aussi renversants.

JARED JAMES NICHOLS

« Louder Than Fate »

(Frontiers Music)

Depuis ses débuts en 2015 avec « Old Glory & The Wild Revival », le guitariste et chanteur du Wisconsin, aujourd’hui basé à Nashville, réalise un sans-faute. L’an dernier, il avait brillé sur le titre « Borderline » extrait de l’EP éponyme de Hollow Souls, le nouveau projet de Kris Barras. Et il se fit remarqué aussi sur les album de Mark Morton de Lamb Of God et sur celui d’Elegant Weapons. Depuis, JARED JAMES NICHOLS a présenté quatre morceaux de « Louder Than Fate », son quatrième album (« Runnnin’ Hot », « Killing Time », « Pretend » et « Ghost »). Et vu leur qualité, le reste de cet opus commençait a nourrir beaucoup d’impatience.

Ayant toujours navigué entre Hard Rock et Blues Rock avec une touche 70’s, il a su forgé un son très personnel et organique, toujours en gardant les deux pieds solidement ancrés dans son époque. Alors, très intelligemment, JARED JAMES NICHOLS a fait appel à deux producteurs qui se complètent à merveille sur ce « Louder Than Fate » : Jay Ruston (Anthrax, Amon Amarth, Steel Panther) et Roger Alan Nichols (Larkin Poe, Tyler Bryant & The Shakedown). Et leur complicité fait littéralement briller cette nouvelle réalisation. Un juste milieu entre une rudesse aux portes du Metal et la chaleur du Blues.

C’est donc dans un Power Blues costaud et fondé sur des riffs colossaux et des solos électrisants que nous embarque JARED JAMES NICHOLS. Très authentique, son jeu est aussi percutant qu’attachant et il parvient sans mal à distiller ses émotions sur des titres efficaces, certes, mais toujours sincères (« Let’s Go », « Way Back », « Bending Or Breaking », « Dust’n’Bones »). Et ce qui est particulièrement notable ici, c’est que le songwriting repose autant sur des parties de guitare très soignées que sur le chant et les textes. Une fois encore, le musicien frappe fort et devrait ravir autant les amoureux de Hard Rock pur et dur que les amateurs de sonorités plus sudistes.

Photo : Eric Ahlgrim

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Heavy Stoner Doom Stoner Metal Stoner Rock

Gozu : monumental

Parmi les formations les plus inventives de la scène Stoner de ces dernières années, GOZU repousse toujours ses limites et c’est le cas cette fois encore. Intense et débordant d’énergie, « VI » est d’une grande profondeur et se montre à certains égards encore plus enivrant que son prédécesseur « Remedy » (2023). Parfois Old School, les styles se bousculent pour se fondre dans un même élan et une perspective assez roots, mais très élaborée. Le combo du Massachusetts est aussi frondeur qu’efficace.

GOZU

« VI »

(Metal Blade Records/Blacklight Media Records)

Depuis plus d’une décennie maintenant, le Stoner des Américains est en plein ébullition. Entre Rock et Metal, Psych et Doom et naviguant dans des sphères inspirées des 70’s, GOZU ne cesse de se renouveler sans y perdre son âme, bien au contraire. Entier et sans concession, il a fait du chemin depuis « Locust Season » (2010) et semble même se renforcer au fil des albums. Avec « VI », il atteint un sommet créatif et la phénoménale production du fameux Benny Grotto des studios Mad Oak de Boston le hisse à un niveau quasi-dantesque.

Traversant une période difficile au niveau personnel, Marc Gaffney s’est jeté à corps perdu dans la composition de ce nouvel opus, et le guitariste-chanteur a su trouver les ressources nécessaires en se plongeant pleinement au cœur d’un Stoner aussi lourd et épais qu’aérien et mélodique. GOZU frappe au bon moment, laisse aussi pleinement passer les émotions. Saturé ou limpide, le jeu des Bostoniens reste nerveux, souvent tendu, mais ne tombe jamais dans la facilité. « VI » livre bien des facettes en œuvrant dans des mélanges de genres savoureux.

Le quatuor (oui, il en manque un sur la photo!) propose une incroyable immersion dans un disque qui, malgré sa fluidité, se découvre au fil des écoutes. Heavy et fuzz, les titres s’enchaînent sur un son massif, presque Soul dans l’esprit, toujours accrocheurs voire franchement hypnotiques (« Corinthian Leatherface », « Killer Khan », « Corner Lariot », « Banacek », « They Did Know Karate »). Toujours aussi pimentée, l’approche musicale de GOZU est de plus en plus pertinente et originale et il se démarque vraiment de la scène actuelle avec classe.

Photo : Matt Darcy

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Blues Rock Contemporary Blues

Jennifer Lyn & The Groove revival : l’intensité de la scène

Indépendante et inspirée, JENNIFER LYN est devenue une blueswoman qui compte dans le paysage musical actuel des Etats-Unis. Désormais basée dans le Dakota du Nord avec THE GROOVE REVIVAL, elle franchit de nouveaux caps et le Blues de sa formation passe de moments Rock musclés à des passages Soul avec une fluidité et une maîtrise rafraîchissantes. « Electric Eden » est l’album Live qui manquait à une déjà belle discographie très contemporaine, qui fait aussi le lien avec un héritage aux très nombreuses branches.

JENNIFER LYN & THE REVIVAL

« Electric Eden »

(J & L Collective)

Un an tout juste avec « Retrograde », son troisième album qui a vu se concrétiser une formidable collaboration avec Richard Torrance, son guitariste et co-auteur, JENNIFER LYN revient déjà avec « Electric Eden », qui se présente comme un témoignage scénique remarquable de ce groupe désormais soudé. THE GROOVE REVIVAL est plus jamais le bien-nommé, tant il porte haut un Blues Rock très contemporain, toujours mâtiné de Classic Rock, de Soul et de saveurs 70’s. L’exactitude du jeu et le feeling à l’œuvre font de ce Live un bel instant suspendu.

Aux côtés du duo, on retrouve Jim Anderson derrière les fûts, Barb Jiskra aux claviers et Nolyn Falcon à la basse et les cinq musiciens parviennent à transmettre au public tout le plaisir qu’ils ont à jouer ces neuf morceaux. Aujourd’hui plus encore, JENNIFER LYN & THE GROOVE REVIVAL est une machine bien huilée et cette prestation, faite d’émotion et tout en percussion, est d’une incroyable sensibilité. La connexion se fait autant sur scène que dans la salle et c’est très palpable. Le groupe comme les spectateurs surfent sur une même et électrisante énergie.

Forcément, « Retrograde » est bien représenté avec cinq chansons (« Light the Fire », « Sucker For The Pain », « Baggage », « ‘59 Cadillac » et « Refuge »). De plus en plus irrésistible vocalement, l’Américaine forme également un très bon tandem guitaristique avec Richard Torrance et leurs échanges sont à la fois complices et intenses. En ce sens, « Electric Eden » capture à merveille l’instantanéité de la performance live de JENNIFER LYN & THE GROOVE REVIVAL. Grâce à un songwriting créatif, l’interprétation du quintet est littéralement brillante.

Photo : Wyatt Ell

Retrouvez l’interview accordée par la chanteuse et guitariste à la sortie de « Retrograde » :