Avec beaucoup d’aplomb et d’envie, la formation basée à Londres est retournée en studio comme on monte sur scène : avec fougue et impulsivité. Mis en sommeil depuis 2020, THE TEMPERANCE MOVEMENT a remis le courant et repris ses bonnes habitudes pour livrer dix nouvelles compositions forgées dans un Southern Rock aux élans Hard Rock et à la constance bluesy. Passé une comparaison inévitable et manifeste avec The Black Crowes, « New Promise Land Incorporated » atteste tout de même d’une identité forte et d’un sens de la mélodie imparable.

THE TEMPERANCE MOVEMENT
« New Promise Land Incorporated »
(Earache Records)
Quinze ans après sa création et après avoir disparu des radars pendant huit longues années, les Britanniques donnent enfin une suite à « A Deaper Cut », sorti en 2018. Reformé dans l’idée de renouer avec son chaleureux Southern Rock, THE TEMPERANCE MOVEMENT est le fruit du même line-up, toujours guidé par l’Ecossais Phil Campbell au chant. Aux guitares, Luke Potashnick et Paul Sayer se montrent toujours aussi complices et la rythmique constituée du bassiste Nick Fyffe et du batteur Simon Lea distillent un groove familier et assuré. Et la magie opère encore.
Alors que le quintet avait ressuscité sur scène l’an dernier, il semblerait que ce soit le même élan qui les a mené sur le chemin du studio. Enregistré à la campagne en seulement cinq jours, « New Promise Land Incorporated » a été posé sur bandes et en conditions live en collaboration avec Ethan Johns (McCartney, Ray LaMontagne, Rufus Wainright). Seulement, et même si ces nouveaux morceaux sont solides, il y a peut-être eu un peu trop de précipitation de la part de THE TEMPERANCE MOVEMENT à vouloir si vite les immortaliser. Le talent a ses limites.
Côté spontanéité, on se croirait au milieu de la pièce avec les cinq musiciens et cette atmosphère a même un certain charme. Forcément, la production est loin d’être lisse et c’est tant mieux, mais l’ensemble est flou, manque de puissance et l’énergie se disperse. Malgré tout, ce nouvel opus contient des titres accrocheurs et sincères, des riffs et des solos étincelants et des parties vocales exaltées. THE TEMPERANCE MOVEMENT n’a rien perdu de son mordant, ni de sa sensibilité (« Shadows », « Eat You Alive », « Mongrels », « Love Kicks », « Saving Grace »). Une foi intacte.

Photo : Rob Blackham
