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Hippotraktor : titanesque

Agile et féroce, la formation belge n’a pas décidé de relâcher la pression et ses nouvelles compositions témoignent d’une volonté incroyable de refuser le dictate des genres et des courants d’un Metal actuel figé et monochrome. HIPPOTRAKTOR déferle et assomme sans prévenir sur cet « Annihilist » ténébreux et d’une phénoménale densité. Tout en percussion et grâce aussi à un frontman polymorphe, l’ampleur des riffs et la variété des tessitures et des tempos sont d’une expressivité limpide et vertigineuse.

HIPPOTRAKTOR

« Annihilist »

(Pelagic Records)

Après « Meridian » (2021), puis « Stasis » (2024) auxquels il convient d’ajouter leur tout premier EP « P’eau » (2018), les Belges reviennent bousculer l’ordre établi avec « Annihilist », un troisième effort qui vient confirmer que la voie empruntée depuis le début est la bonne. Avec une approche profondément moderne, le Metal de HIPPOTRAKTOR est conçu de différents alliages. Progressif, Groove, Post-Metal et un brin Sludge, il offre une synthèse particulière avec une originalité très personnelle et une technicité impressionnante, sans être démonstrative.

La force du combo réside dans son collectif, lequel ne serait rien sans ses individualités, c’est vrai, mais lorsqu’une telle complémentarité est à l’œuvre, elle paraît tout simplement inarrêtable. Et HIPPOTRAKTOR fait partie de ceux-là, entre une puissance démesurée et une facilité à créer des atmosphères hypnotiques. « Annihilist » appartient à ses disques hors-norme, où la complexité du jeu vient se cacher derrière une évidence flagrante. D’une grande profondeur et à travers des reliefs torturés, la fluidité et la finesse d’interprétation ont de quoi éblouir.

De fulgurances écrasantes en ponts aériens délicats, HIPPOTRAKTOR poursuit le chemin tracé sur « Stasis » avec une production massive et dynamique. Dès « I Breathe, I Am », on entre dans le vif du sujet, lequel est sombre et intense. Tout en contraste, les paysages sonores défilent avec puissance sur un rythme implacable (« Courageous Apathy », « Oblivion Walker », « Everything Is Permissible », « A Different Now »). Parfois brutal, ce nouvel opus dévoile aussi une certaine sophistication, sans être pour autant surproduit. Une trosième sommation explosive !

Retrouvez la chronique de « Stasis » :

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