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Metal Progressif Power metal

Novareign : earthquake in progress

Moins démonstratif que beaucoup de représentants du Prog Metal et moins pompeux aussi que la majorité de ceux du Power Metal, NOVAREIGN semble avoir trouvé l’équilibre en seulement deux albums. Le combo de Los Angeles continue pourtant d’expérimenter et de surfer sur un belle dynamique sans perdre de vue le Heavy Metal, qui reste la source de son style. Avec « Shifting The Axis Of The World », c’est avec un état d’esprit conquérant et beaucoup de maîtrise qu’il nous embarque dans un univers à la fois complexe et limpide.

NOVAREIGN

« Shifting The Axis Of The World »

(M-Theory Audio)

Huit ans après « Legends », un premier effort qui avait été salué par le public comme la critique, NOVAREIGN réapparaît enfin et avec plus d’ambition et d’audace encore. Plutôt axé sur un Prog Metal créatif que sur un Power Metal habituellement rébarbatif, le quatuor laisse libre court à son imagination… Et elle est débordante. Très technique et et véloce, « Shifting The Axis Of The World » est aussi le résultat d’années de travail, certes par intermittence, mais qui ont forgé de solides bases et permis au groupe de ne surtout pas freiner ses ardeurs.

Alors que la batteur Ulises Hernández œuvrait chez Judicator et Anubis, il a aussi intégré la formation. Un renfort de poids, d’autant qu’il connaît bien le guitariste Balmore Lemus, qui a joué ces dernières années avec Lunar, Dire Peril et… Judicator ! Et cette cohésion se ressent sur les nouveaux morceaux. NOVAREIGN est fortement armé pour se faire une place de choix sur la scène Metal. Au chant, David Marquez est imperturbable et puissant et Moises Galvez (basse) livre une véritable démonstration de force. L’art de percuter !

Sur des structures complexes et très changeantes, les Californiens ont opté pour des titres assez longs, ce qui leur laisse un bonne marge de manœuvre pour imposer des riffs acérés et des parties de guitare phénoménales sur des rythmiques aussi épiques que musclées. NOVAREIGN impose son jeu et sa patte et son Power Prog Metal prend une dimension que beaucoup vont lui envier. Les duels ne manquent pas, les envolées non plus et l’aspect atypique de l’approche instrumentale rend « Shifting The Axis Of The World » incontournable (« Ode To The Masses », « Sun &Moon », « Mors Indecepta », « Ironside »). Un bonne claque !

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Heavy metal Progressive Heavy Metal

Black Sites : irréparables ténèbres

Tout en restant indépendants, les Américains font preuve d’audace en se donnant les moyens de sortir une réalisation ambitieuse, forgée dans un Heavy Metal intemporel et très accrocheur. D’ailleurs, le quatuor de Chicago y voit un nouveau départ et on ne saurait dire le contredire, tant « For Eternity » est d’une grande richesse instrumentale. Ténébreux et mystérieux à l’occasion, le registre du quatuor dénote des sorties actuelles grâce à un univers original et un classicisme parfaitement revisité. Entre émotion et explosivité, l’équilibre est trouvé pour revenir à l’essence-même du style.

BLACK SITES

« For Eternity »

(Independant)

Le chanteur et guitariste Mark Sugar célèbre les dix ans de son groupe, conçu initialement comme un simple projet studio. Alors que sort le cinquième album, c’est avec un line-up entièrement remanié qu’il se présente et l’apport de ses nouveaux compagnons a des conséquences immédiates et visibles sur la musique de BLACK SITES. Avec une touche 80/90’s, son Heavy Metal a pris du volume et aussi élargi son champ d’investigation avec des passages aux mélodies très soignées et un travail remarquable sur les guitares notamment.

C’est dorénavant José Salazar (basse), Lee Smith (guitare) et Chris Black (guitare), avec qui le fondateur a produit l’album, qui forment BLACK SITES et la créativité comme l’interprétation sont au rendez-vous. Technique et puissant, « For Eternity » se révèle particulièrement intense et les fulgurances presque Thrash et les moments flirtant avec le Metal Progressif confirment la maîtrise du combo et la grande liberté qu’il s’accorde sur ce nouvel opus. Et le mix et la mastering de Dan Swanö (Opeth, Edge Of Sanity, Motorjesus) multiplient les reliefs sonores.

Facile donc de se laisser happer par ce très bon duo de six-cordistes aussi complémentaires que précis, comme par la solide rythmique. BLACK SITES avance avec beaucoup d’assurance sur des titres au songwriting tranchant et efficace. Au chant, Mark Sugar se montre imperturbable et sûr sa force. Si le propos est assez sombre et tendu, la musique respire un Heavy Metal raffiné et massif : un mix de fureur et de détermination (« When It Calls », « Aquarius Betrayed », « Blades (For The Chosen Ones) », « Silent Wars », « When Prophecy Falls »). Imparable !

Photo : John Mourlas

Retrouvez la chronique du précédent album :

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Progressive Heavy Metal

Crimson Glory : back in the game

Depuis qu’il a complété et solidifié son line-up il y a trois ans en le rodant sur quelques scènes notamment, CRIMSON GLORY prépare son retour discographique, afin de livrer son cinquième album en plus de quatre décennies d’existence. Avec « Chasing The Hydra », le quintet reprend les choses là où il les avait laissé, nourri d’une inspiration réactivée. Toujours très progressif, son Heavy Metal s’est aussi durci, grâce à un travail exemplaire sur le son, mais surtout sur des compositions pointues et enflammées.

CRIMSON GLORY

« Chasing The Hydra »

(Bravewords Records)

27 ans après sa dernière réalisation studio, « Astronomica », CRIMSON GLORY ose le pari d’un retour très attendu. Grâce à une fan-base d’une rare fidélité et surtout l’arrivée de Mark Borgmeyer à la guitare et de Travis Wills au chant. D’ailleurs, le nouveau frontman est le point fort du groupe et il parvient sans mal à nous faire oublier les passages de Wade Black et de Todd La Torre derrière le micro. Les Américains tiennent enfin le digne successeur du regretté Midnight, et « Chasing The Hydra » vient se hisser au rang de leurs meilleurs disques.

Fidèles au poste, on retrouve le guitariste Ben Jackson, le bassiste Jeff Lords et le cogneur Dana Burnell, qui restent à eux trois l’âme et les solides fondations de CRIMSON GLORY. Avec une très bonne production signée par l’incontournable Jim Morris, « Chasing The Hydra » s’inscrit dans les traces et la tradition du groupe. Certes, il y a une saveur Old School sur ce nouvel opus, et cela devrait rassurer les fans de la première heure. Et c’est ce côté intemporel qui fait le charme de ces nouveaux morceaux. Pas de révolution, mais une belle continuité.

Précis et tranchant, le Heavy Metal Progressif de CRIMSON GLORY fait toujours des étincelles et libère une puissance intacte. Dans l’esprit de sa dynamique scénique, la formation floridienne se met en ordre de marche dès « Redden The Sun » et son côté aussi atmosphérique que frontal. Et si le fond est assez sombre, l’ensemble est à son image avec des titres très bien structurés, jalonnés de breaks aériens qui servent de rampes de lancement à une nouvelle réalisation racée (« Chasing The Hydra », « Indelible Ashes », « Pearls Of Dust », « Angel In My Nightmare »). Retour gagnant !

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Metal Progressif

Green Carnation : une sombre splendeur

Qualifier GREEN CARNATION de formation titanesque du Metal Progressif est tout sauf exagéré. Avec une exigence de chaque instant et un sens du détail aussi pointilleux, il empreinte autant au Prog des années 70 qu’au Metal de ce nouveau millénaire et la fusion est réellement inédite au regard de la scène actuelle. S’inspirant du personnage d’Ophélie du « Hamlet » de Shakespeare, le côté dramatique prend ici encore tout son sens et fait de cette deuxième partie un moment suspendu, autant qu’une aventure aux multiples rebondissements. « Sanguis » laisse présager un acte final irrésistible.

GREEN CARNATION

« A Dark Poem, Part II : Sanguis »

(Season Of Mist)

Quelques mois seulement après le premier volet de sa trilogie « A Dark Poem », les Norvégiens livrent déjà la suite et elle se montre tout aussi inspirée et captivante que sur la très belle entame, «The Shores Of Melancholia ». Avec « Sanguis », GREEN CARNATION développe son concept et aborde une facette plus sombre et plus personnelle que sur le précédent. Entre tradition progressive et fulgurances Metal, on se laisse souvent porter par des mélodies aussi subtiles qu’accrocheuses. Cette force tranquille se traduit dans une maîtrise totale et une technique qui ne s’imposent pas au détriment des compositions, mais forment au contraire un ensemble compact.

Peut-être plus profond et plus introspectif que le premier, ce deuxième volume met en avant un esprit de groupe et une implication de chacun à œuvrer dans un même but. Plus de 30 ans après sa création, le sextet n’a pas tout dit, loin de là, et parvient à se renouveler sans mal tout en conservant brillamment les fondations de son style si reconnaissable. GREEN CARNATION se fait ici plus brut et organique dans la production, ce qui lui confère un aspect d’une intemporalité assez bluffante. Guidé par son chanteur Kjetil Nordhus, qui reconnaît s’être vraiment dévoilé sur certains morceaux, les Scandinaves fascinent toujours autant par un sens du narratif assez unique.

Bien sûr, chaque chapitre de « A Dark Poem » possède son histoire et ses teintes sonores, mais l’évolution musicale est pourtant manifeste, enrichie de nouvelles nuances et d’une approche des émotions chaque fois distincte. Aussi fragiles que massifs, les six morceaux de « Sanguis » paraissent suivre un même chemin et chacun se présente comme un obstacle ou une étape supplémentaire, qui nous mènerait jusqu’à son ultime partie qu’on imagine volontiers somptueuse. GREEN CARNATION élève encore un peu plus son jeu entre désespoir et envolées presque lyriques (« Sanguis », « I Am Time », « Fire In Ice », « Lunar Tale »). Magistral !

Photo : Lars Gunnar Liestøl

Retrouvez la chronique du premier volet volume de « A Dark Poem » :

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Blues Rock Hard Rock Metal Progressif

Guitar Night Project : une partition étoilée

A l’inverse du fameux G3, auquel d’ailleurs Patrick Rondat a participé, GUITAR NIGHT PROJECT se veut plus comme une formation où chacun s’immisce dans les morceaux de l’autre, et parfois même tous ensemble. Loin aussi d’être une simple jam, le concept mélange avec beaucoup de cohérence des mondes musicaux différents, éclaté entre le Blues, le Hard Rock et le Prog Metal. Ainsi, Pat O’May et Fred Chapellier complètent ce beau line-up et « Live Access » est de ces albums live qui nous font revivre une soirée, où la guitare est à l’honneur pour le bonheur des spécialistes comme des amateurs amoureux de belles six-cordes.

GUITAR NIGHT PROJECT

« Live Access »

(Verycords)

Quand trois de nos plus fins limiers décident de s’accorder sur un même projet et qu’ils le font dans un esprit de partage et d’amitié, il ne peut qu’en ressortir un résultat à la hauteur des attentes. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT a déjà écumé quelques scènes et c’est justement l’une de ce soirées que le trio propose avec « Live Access ». Sans tirer la corde à soi, ni en se noyant dans des démonstrations techniques, Patrick Rondat, Pat O’May et Fred Chapellier se sont entendus sur une setlist originale autour de leurs propres compositions et de quelques belles reprises.

Au-delà des affinités de nos trois virtuoses, c’est aussi intéressant de voir à l’œuvre leur complicité, alors qu’ils viennent a priori d’horizons musicaux différents. Et le constat est simple, rapide et sans appel, il règne une réelle osmose entre eux. Et forcément, avec des instrumentistes de ce calibre, « Live Access » est surtout constitué de morceaux instrumentaux, à l’exception de « Break Out », « It Never Comes Easy », « Far From Her Land » et « Over The Hills And Far Away », extraits des répertoires de Pat O’May et de Fred Chapellier et avec le concours de Patrick Rondat, bien sûr.

Et si leurs univers respectifs semblent assez éloignés, le Blues Rock de Fred Chapellier fait cause commune avec le Hard Rock celtisant de Pat O’May et l’aspect plus atmosphérique, progressif, Metal et shred de Patrick Rondat. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT s’ouvre avec l’emblématique « Mindscape » de ce dernier. En trio, duo ou seul aux commandes, le line-up évolue tout au long du disque et garde cependant une belle unité. A noter les deux phénoménaux hommages à Gary Moore (« Gary’s Gone ») et Alan Stivell (« Alan The Brave »), Un crossover de grande classe !

Retrouvez l’interview de Patrick Rondat à l’occasion de son dernier album, « Escape From Shadows »… 

…Celle de Pat O’May pour son disque « Welcome To A New World »…

Et les chroniques des deux dernières réalisations de Fred Chapellier, « Live In Paris » et « Straight To The Point » :

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Metal Progressif

Green Carnation : black poetry

GREEN CARNATION reste l’une des plus surprenantes formations de Metal Progressif, alliant un côté mystérieux dans sa démarche avec une évidence artistique à travers ses réalisations. Et pour cette septième en studio, les Norvégiens étonnent encore avec la création en cours d’une trilogie, dont voici la première partie. « The Shores Of Melancholia » acte donc l’entrée en matière de « A Dark Poem », dont les prochains volumes vont nécessiter un peu de patience de la part des fans.

GREEN CARNATION

« A Dark Poem, Part I – The Shores Of Melancholia »

(Season Of Mist)

Sorte d’électron libre de la scène Metal progressive, les Scandinaves semblent presque cultiver cette particularité avec, pour commencer, un deuxième album qui fait encore parler près de 20 ans après sa sortie. En effet, avec « Light Of Day, Day Of Darkness » sorti en 2001 et constitué d’un seul morceau long d’une heure, GREEN CARNATION avait ébloui un microcosme qui s’est ensuite agrandi. En sommeil entre 2006 et 2020, le revoici avec un nouvel opus encore une fois à la hauteur de sa créativité, et qui marque aussi le début d’une trilogie : « A Dark Poem ».

Ce n’est sans doute pas anodin si le groupe renoue avec l’aspect conceptuel de sa musique, elle qui a toujours été marquée par une sorte d’avant-gardisme. Forcément très narratif dans son déroulé et particulièrement émotionnel dans les mélodies, « The Shores Of Melancholia » s’annonce comme un projet ambitieux, certes, et GREEN CARNATION vient de poser de solides fondations, qui laissent prévoir deux autres volets tout aussi exaltants. Par ailleurs, le niveau de jeu et la production ne laissent que peu de place au doute. L’ensemble est irréprochable.

Musicalement, le registre du sextet est toujours aussi fin et élaboré, incisif et tranchant, et le côté massif et très souvent étincelant ressort sur chacun des six titres, dont la durée explose aussi les standards habituels. Et si le propos est sombre, certains passages sont d’une incroyable luminosité, portée par le chant captivant de Kjetil Nordhus. Les compositions de Stein Roger Sordal (basse) sont d’une extrême précision et dotées d’arrangements délicats. On notera aussi la présence vocale de Grutle Kjellson d’Enslaved sur « The Slave That You Are ». Monumental.

Photo : Lars Gunnar Liestøl

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Metal Progressif

DGM : conceptuel

Les maîtres incontestés du Metal Progressif italien ont décidé d’occuper le terrain et on ne les arrête plus. A raison de deux sorties en quelques mois seulement, on pourrait les croire à court d’imagination, ou plus simplement quelque peu rassasiés, mais il n’en est rien. DGM n’entend pas ralentir la cadence et lorsqu’on écoute ce nouvel effort, on peut se dire qu’ils en ont encore sous le pied… et pour un bon moment ! Captivant du début à la fin, « Endless » est assez inédit pour la formation dans son contenu et c’est ce qui fait tout son attrait.  

DGM

« Endless »

(Frontiers Music)

L’adjectif qui revient sans doute le plus souvent au sujet des Transalpins est ‘impressionnant’. Et sur « Endless », ils le sont encore. Un an à peine après le très bon « Life », ils livrent un album-concept. Etonnamment, c’est même le premier de leur discographie longue de douze opus et il s’agit aussi peut-être d’un des plus variés du quintet. Certes, on y retrouve toujours la patte de DGM, à savoir un style très dynamique aux envolées époustouflantes, mais il se distingue également par un nombre assez conséquent de passages acoustiques et purement Rock Progressif. Et là encore, ils excellent.

Orchestré par le maestro qu’est le guitariste et compositeur Simone Mularoni, « Endless » est bien entendu une réalisation très vive, éclairée par des mélodies et une technique d’une justesse incroyable. Si d’autres, dans le même style, donnent parfois l’impression d’en faire trop, c’est rarement le cas avec DGM, qui a su imposer son style depuis ses débuts. On retrouve donc cette atmosphère propre à ses productions, faite de ponts multiples, de breaks surprenants, de duels entre les claviers et la guitare et les apparitions toujours bien senties de la flûte qui offrent un petit côté intemporel dans cette vélocité très moderne.

Au chant, Marco Basile confirme qu’il est l’un des meilleurs chanteurs de la ‘Botte’. Irrésistible, il alterne les moments calmes et intenses avec une aisance bluffante. S’il aura fallu plus de 30 ans à DGM pour réaliser son premier album-concept, alors que c’est presque la norme en matière de Prog, le groupe se montre à la hauteur de l’exercice avec un déroulé très narratif, qui tient en haleine et se montre limpide dans son interprétation. Sur près d’une heure, on retiendra quelques moments forts comme « The Great Unknow », « Solitude », « From Ashes » et le magistral « … Of Endless Echoes », long de 14 minutes.   

(Photo : Matteo Ermeti)

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Post-HardCore Post-Metal Progressif

Matrass : le temps du changement

Même si c’est son premier album et qu’il s’aventure dans un registre jusqu’ici inédit pour lui, MATRASS réalise le tour de force de se mouvoir très habillement dans un Post-Metal Progressif créatif et composé de multiples éléments, tous parfaitement assimilés. Avec « Cathedrals », les Français frappent forts et s’installent avec détermination aux côtés des meilleurs combos du genre, grâce une belle technique et une prestation éclatante de leur chanteuse. 

MATRASS

« Cathedrals »

(La Tangente)

Après deux EPs, le quintet fait (déjà) table rase du passé en changeant radicalement de style et de batteur par la même occasion. Malgré la belle fusion Metal affichée sur « Inner Wars » il y a deux ans, MATRASS opte cette fois pour un post-Metal Progressif lorgnant sur le post-HardCore et le post-Rock. Il semblerait que le style fasse de plus en plus d’émules dans l’hexagone, tant le nombre de formations évoluant dans la même veine voit son nombre grandir depuis quelques années. « Cathedrals » apparait donc comme une sorte de renaissance, de nouveau départ.

Et ce virage vers un Metal résolument moderne est vraiment bien négocié par les Bordelais, qui s’offrent là l’occasion de pousser l’expérimentation musicale beaucoup plus loin. Que ce soit au niveau des structures des morceaux comme dans leurs tessitures, « Cathedrals » est un premier opus très abouti, riche et à travers lequel les deux guitaristes peuvent exprimer leur plein potentiel, tout comme la technicité de la rythmique et la polyvalence vocale de Clémentine Browne, la frontwoman de MATRASS, dont le chant alterne le clair et le growl avec la même aisance.

Et pour mieux affirmer sa nouvelle identité sonore, les Girondins s’appuient sur une production massive et aérée. Car s’ils n’hésitent pas à se montrer explosifs sur les moments forts, les longues plages instrumentales ne sont pas en reste. MATRASS y livre quelques instants suspendus de toute beauté. Malgré sa courte expérience dans ce registre post-Metal Progressif, avec « Cathedrals » il libère des titres dont la construction et l’interprétation sont irréprochables (« Shreds », « Glimpses », « Appetite For Comfort », « Adrift » et le morceau-titre.). Une entrée en matière saisissante !

Photo : Théo Pierrel
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Hard'n Heavy Progressive Heavy Metal

Voyager-X : en approche

Il se dégage une impression de grande liberté dans le jeu des cinq musiciens de VOYAGER-X, qui vient rappeler ce qu’on faisait de mieux en matière de Hard Rock et de Heavy Progressif à la toute fin du siècle dernier. Aérien et mélodique autant que racé et solide, « Magic » présente une très belle et large palette d’un style qui défie le temps et les modes, et avec des musiciens de ce calibre, on peut s’attendre au meilleur. C’est d’ailleurs le cas tout au long de cette épopée aux teintes légèrement rétro-futuristes.   

VOYAGER-X

« Magic »

(Dr. Music Records)

L’histoire de VOYAGER-X est assez singulière. Formé en Allemagne du côté de Nuremberg au milieu des années 80, le quintet a vécu une décennie assez dynamique avant de se mettre en veille en 1997, après dix ans d’activité. Chacun est parti de son côté, à l’instar de Mario Gansen devenu chanteur de Grim Reaper et ensuite de Dynasty. Mais il faut croire que le plaisir de composer et de jouer ensemble à très vite rattraper Stephan Baumgärtner (guitare), Jörg Schreiber (basse), Chris Mordek (claviers) et Peter Webert (batterie), qui se sont remis au travail, ou plutôt qui ont repris les choses là où elles en étaient.   

Car « Magic » devait sortir initialement en 1997. Il était même prêt et le groupe s’appelait alors Voyager… comme quelques autres, ce qui a poussé les Allemands à ajouter ce X, qui les distingue aujourd’hui. 27 ans plus tard, j’imagine volontiers que les chansons ont été retouchées, peut-être réarrangées et que la production aussi a été actualisée. Car, même si les influences et les compositions s’inscrivent dans une dynamique très 90’s, le son est très actuel et on n’imagine pas VOYAGER-X avoir ressorti ce très bon «  Magic » de sa boîte sans une petite mise à jour, car il n’a rien à envier aux réalisations actuelles.  

Musicalement, on peut situer le groupe dans la même mouvance que Queensrÿche, Savatage, Accept et Fates Warning pour son côté Progressif et Heavy. Cela dit, La puissance vocale de son frontman lui permet d’aborder des aspects plus accessibles et Rock, façon Marillion. Mais VOYAGER-X est résolument Metal, entre Hard et Heavy, et la virtuosité de son guitariste, entre autres, est saisissante. Entraînant et musclé, l’ensemble présente même un côté épique et intemporel (« Janus Face », « Hypnotize You », « Don’t Lose The Pain », « Crime Of The Century »). Un opus qui doit prendre toute sa dimension sur scène.  

Photo : Adeline Deibert
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Alternative Metal Dark Metal Metal Progressif Post-Metal

Final Coil : l’obscurité du monde

C’est du côté de Leicester en Angleterre que FINAL COIL élabore une trilogie depuis sept ans maintenant. Et c’est de main de maître qu’il a mené son projet à bien. Entre Metal, Prog et des climats très subtils, captivants et assez Cold, le spectre musical du trio touche à son apogée sur « The World We Inherited », dont la réalisation et le travail sur les arrangements sont remarquables. Avec sa vision très panoramique, l’ensemble est très technique et superbement structuré.

FINAL COIL

« The World We Inherited »

(Sliptrick Records)

Entamée avec « Persistence Of Memory » en 2017, suivi lʼannée suivante par « The World We Left Behind », FINAL COIL clot sa trilogie magistralement avec « The World We Inherited ». Toujours aussi immersif, le style des Anglais s’affine encore un peu plus, devient aussi plus personnel, tout en restant dans ce post-Metal Progressif et souvent alternatif, qui le caractérise. Très bien réalisé, ce nouvel opus joue autant sur les atmosphères que sur des mélodies accrocheuses extraites d’un univers très Dark.

Si les Britanniques donnent une vision du monde pour le moins sombre et pessimiste, « The World We Inherited » propose des compositions très abouties, parfois complexes et qui viennent se nicher dans un registre où Tool, Alice In Chains, Katatonia et Killing Joke se seraient rencontrés. Autant dire que le challenge est osé, mais FINAL COIL est très loin de manquer d’originalité. Au contraire, son univers est assez unique et reste très organique, malgré la présence d’éléments électroniques.

Composé de Phil Stiles (chant, guitare, claviers et programmation), Richard Awdry (guitare, programmation), Jola Stiles et ses lumineuses lignes de basse, accompagné sur le disque par Barry French derrière les fûts, le groupe brille aussi par une créativité intense. Soigneusement mis en valeur par la production de Russ Russell (Amorphis, Napalm Death), les morceaux concoctés par FINAL COIL vont ravir les curieux, grâce à un voyage musical saisissant (« Wires », « By Starlight », « Purify », « Humanity »). Déjà incontournable.

Photo : Ester Segarra