Catégories
Djent Metal Progressif Modern Metal

Sangham : sans compromis

Déjà vaste, l’univers de SANGHAM prend encore un peu plus de volume et de densité sur cette deuxième réalisation. Direct et intense, « The Radiant Crown » reprend les thématiques d’« Intangible », sorti en 2021, avec une force décuplée et une intention clairement explicite. Les Français soufflent toujours le chaud et le froid dans un engagement de chaque instant. Véloce et musclé, leur Modern Prog Metal a changé de dimension, se montre plus assuré et ces huit nouveaux morceaux témoignent d’une envie et d’une maîtrise totales, qui font de ses nombreuses nuances une signature distincte.   

SANGHAM

« The Radiant Crown »

(Independant)

Il y a cinq ans, les Marseillais faisaient leurs premières armes avec « Intangible », un premier effort solide et déjà personnel. Entre-temps, la scène aidant, SANGHAM semble s’être remis en question, ou du moins a affiné la vision de sa propre musique. D’un Metal Progressif déjà très actuel dans l’approche, c’est aujourd’hui un registre nettement plus hybride qui est à l’œuvre sur « The Radiant Crown ». Ce qui n’était que fulgurances, à savoir le côté Djent et un léger penchant pour le Death, font désormais partie intégrante de la patte du combo. Ainsi, de nouvelles voies se dessinent dans lesquelles le quatuor s’engouffre habillement et sans retenue.

Sans parler de métamorphose, l’une des raisons de ce léger changement de cap vient peut-être du nouveau line-up de SANGHAM. Toujours mené par son duo fondateur, Christelle Meunier (chant) et Cyril Lhuillier (guitare), tous deux compositeurs, Paul Gavoille (basse) et Antoine Balzé (batterie) les ont rejoint et cette nouvelle rythmique a du feu dans les mains. Très polymorphes, les tempos sont d’une agilité et d’une puissance remarquables, de quoi laisser exploser ces nouvelles compositions avec fluidité. Côté chant, l’équilibre se fait toujours entre voix claires et growls, ces derniers ternissant cependant, un peu par facilité, l’identité originale du combo.

On l’aura compris, les dualités et les contrastes restent la base du jeu des Phocéens, qui s’appuient une fois encore sur une production solide et soignée. Engagé, SANGHAM mène toujours vigoureusement ses combats contre la maltraitance animale, la surconsommation et la domination patriarcale. Il en est d’ailleurs question sur « Reclaim », où pas moins de dix musiciennes françaises se relaient dans un collectif militant déterminé. Multipliant les ambiances, « The Radiant Crown » est brutal et aérien, et toujours mélodique et captivant (« The Insatiable Ogre », « La Tour Dorée » chanté en français, « Our Vain Pleasure », « Listen »). Limpide et sans compromis.

Photo : Elise Meunier

Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie de son premier album « Intangible » :

Catégories
Groove Metal Metal Progressif Post-Metal

Hippotraktor : titanesque

Agile et féroce, la formation belge n’a pas décidé de relâcher la pression et ses nouvelles compositions témoignent d’une volonté incroyable de refuser le dictate des genres et des courants d’un Metal actuel figé et monochrome. HIPPOTRAKTOR déferle et assomme sans prévenir sur cet « Annihilist » ténébreux et d’une phénoménale densité. Tout en percussion et grâce aussi à un frontman polymorphe, l’ampleur des riffs et la variété des tessitures et des tempos sont d’une expressivité limpide et vertigineuse.

HIPPOTRAKTOR

« Annihilist »

(Pelagic Records)

Après « Meridian » (2021), puis « Stasis » (2024) auxquels il convient d’ajouter leur tout premier EP « P’eau » (2018), les Belges reviennent bousculer l’ordre établi avec « Annihilist », un troisième effort qui vient confirmer que la voie empruntée depuis le début est la bonne. Avec une approche profondément moderne, le Metal de HIPPOTRAKTOR est conçu de différents alliages. Progressif, Groove, Post-Metal et un brin Sludge, il offre une synthèse particulière avec une originalité très personnelle et une technicité impressionnante, sans être démonstrative.

La force du combo réside dans son collectif, lequel ne serait rien sans ses individualités, c’est vrai, mais lorsqu’une telle complémentarité est à l’œuvre, elle paraît tout simplement inarrêtable. Et HIPPOTRAKTOR fait partie de ceux-là, entre une puissance démesurée et une facilité à créer des atmosphères hypnotiques. « Annihilist » appartient à ses disques hors-norme, où la complexité du jeu vient se cacher derrière une évidence flagrante. D’une grande profondeur et à travers des reliefs torturés, la fluidité et la finesse d’interprétation ont de quoi éblouir.

De fulgurances écrasantes en ponts aériens délicats, HIPPOTRAKTOR poursuit le chemin tracé sur « Stasis » avec une production massive et dynamique. Dès « I Breathe, I Am », on entre dans le vif du sujet, lequel est sombre et intense. Tout en contraste, les paysages sonores défilent avec puissance sur un rythme implacable (« Courageous Apathy », « Oblivion Walker », « Everything Is Permissible », « A Different Now »). Parfois brutal, ce nouvel opus dévoile aussi une certaine sophistication, sans être pour autant surproduit. Une troisième sommation explosive !

Retrouvez la chronique de « Stasis » :

Catégories
Melodic Metal Modern Metal

Hollow Peak : vif et introspectif

Racé et fédérateur, HOLLOW PEAK n’aura pas mis bien longtemps pour se montrer très convaincant. L’entrée en matière des Norvégiens avec « Obsidian Cult » manifeste beaucoup de certitudes sur leur jeu et leur style, une maîtrise que l’on retrouve tout au long de ce nouvel opus. Compact et jouant aussi sur le côté émotionnel du registre, il met en lumière une forte présence féminine au chant, une rythmique massive et des guitares musclées. Puissant et mélodique.

HOLLOW PEAK

« Obsidian Cult »

(Massacre Records)

Apparu sur la scène norvégienne il y a deux ans avec un EP autoproduit, « Endless », le quintet ne tarde pas à livrer son premier album. Dans la lignée du précédent effort, « Obsidian Cult » confirme tout le potentiel de HOLLOW PEAK, qui navigue habillement entre Melodic et Modern Metal. Plus aguerris qu’à leurs débuts bien sûr, la chanteuse Ragnhild Westgard et le batteur Marius Karlsen sont aussi à la production de ce premier long format et le duo fait beaucoup mieux que de s’en sortir. L’ensemble est solide.

Loin d’en être à leur coup d’essai, les Scandinaves affichent beaucoup de puissance sur cette nouvelle réalisation et leur frontwoman est un atout majeur. Aussi puissante que délicate dans son approche vocale, elle donne du corps et du relief à HOLLOW PEAK. Grâce à la fiabilité de son cogneur qui n’hésite pas à user du double-pédalage pour apporter de la vélocité aux morceaux, « Obsidian Cult » explore divers degrés d’intensité. Très accrocheuses, les atmosphères sont changeantes, mais l’ensemble reste homogène.

Techniquement imparables, les deux guitaristes, Vegard Frydenlund Ripsrud et Henning Ramseth, sont les principaux architectes du combo et leurs riffs respectifs se répondent autant qu’ils se complètent. On regrettera cependant qu’à eux deux, il n’y ait de solos dignes de ce nom sur « Obsidian Cult ». Un signe des temps sûrement… Mais HOLLOW PEAK se montre très pertinent sur « From Ashes Rises A Crown », « Labyrinth », Unseen », « Ray Of Light », « Attack », le morceau-titre et le très bon « Town ». Une belle cohésion.

Catégories
Modern Metal Shock Rock

Sick n’Beautiful : the vacuum theory

En donnant (presque) autant d’importance à sa musique qu’à son image, SICK N’BEAUTIFUL est parvenu à imposer un concept très personnel, grâce aussi à une frontwoman polymorphe à la présente magnétique. Avec « Horror Vacui », les Transalpins s’essaient à une formule plus synthétique dans le son, tout en conservant une dynamique pêchue et Metal, groovy et tout en puissance. Solidement ancré dans son temps, le quintet reste toujours aussi féroce.

SICK N’BEAUTIFUL

« Horror Vacui »

(BLKIIBLK)

En un peu plus de dix ans, SICK N’BEAUTIFUL s’est fait une jolie place sur la scène Metal Alternative européenne. En mixant un Shock Rock mélodique avec un Modern Metal explosif, les Italiens se distinguent des productions actuelles et leur univers Sci-Fi livre aussi un visuel intéressant. Emmené par la captivante Herma Sick, le combo se présente avec « Horror Vacui », un quatrième album très actuel, percutant et pour le moins varié. Futuriste dans son approche, celui-ci conserve également son aspect théâtral.

Toujours aussi Heavy et ne lésinant pas sur les riffs lourds et les solos concis et efficaces, SICK N’BEAUTIFUL fait monter la pression sur ce nouvel opus en affichant un visage rageur et un rythme très soutenu. Avec une identité de plus en plus évidente, la formation romaine avance sur des titres massifs et accrocheurs, mais là où le bât blesse, c’est au niveau de la production de « Horror Vacui ». Si l’utilisation des machine est aujourd’hui omniprésente, les sonorités très ‘fête foraine’ frôlent franchement le sabordage.

Mais au-delà d’un son parfois brouillon, de bonnes compositions surnagent même si certaines références comme celles d’Alice Cooper ou de Rob Zombie se font toujours sentir (« (Human Is) Overrated », « Death Police », « My Wounds », « Hate Manifesto », « Raise The Dragon », « Haunted »). Avec une énergie brute et un groove dense, SICK N’BEAUTIFUL s’en sort bien avec quelques touches Hip-Hop et tribales plutôt bienvenues. « Horror Vacui » bouscule les genres avec beaucoup d’intensité et fait souffler un vent de fraîcheur.    

Photo : Elizaveta Yudina

Catégories
Alternative Metal Metal Progressif Modern Metal

Black Note Graffiti : une intense sincérité

Grâce à un son très actuel et organique, BLACK NOTE GRAFFITI réussit le tour de force de concilier l’énergie des groupes Fusion des années 90 avec l’approche assez neuve de la scène Alternative Metal d’aujourd’hui. Pour leur quatrième album, les Américains livrent des titres bien rentre-dedans, tout en présentant des morceaux distinctifs entre rage et mélodies appuyées. « Resist The Divide » est un disque qui a beaucoup de sens et la technique à l’œuvre en fait une petite surprise… et une belle confirmation.

BLACK NOTE GRAFFITI

« Resist The Divide »

(Golden Robot Records)

Originaire du Michigan, BLACK NOTE GRAFFITI fait partie de ces groupes difficile à définir. Sur un fond progressif, le quintet développe des sonorités alternatives, très Rock aussi sur des mélodies accrocheuses, afin d’obtenir un style assez unique. Ce qui importe d’abord chez lui, c’est cet incroyable travail effectué, tant sur la musique que sur les émotions qu’elle diffuse à travers les textes. Depuis « Volume I » paru en 2013, son Metal est en pleine ébullition, devient aussi plus personnel et percute avec beaucoup d’ardeur et de conviction.

Déjà sur son « Volume III » décliné en deux parties, « Fall » et « Rise » en 2020, BLACK NOTE GRAFFITI avait sérieusement élevé son niveau et « Resist The Divide » vient confirmer ses intentions. Pour ce quatrième album, la production a été confiée à Josh Schroeder (Lorna Shore, Butcher Babies) et l’impact est manifeste. Sur de gros riffs et une solide rythmique, Gabrielle-Gloria se montre très en verve et la frontwoman déploie ici des facultés vocales explosives, polymorphes et une belle assurance.

Avec son petit côté RATM et Deftones dans l’accroche et sur la vivacité brute et directe des guitares, BLACK NOTE GRAFFITI possède un jeu moderne et percutant. « Resist The Divide » aborde des sujets traumatiques avec force et que la chanteuse semble littéralement vivre, tant elle apparaît habitée et offre beaucoup de sincérité et d’authenticité au propos (« Place You Lie », « The Source », « Drown », « Black Roses », « Paradox »). Accrocheur de bout en bout, le combo installe sa vision du Metal avec talent et puissance.

Catégories
Death Mélodique Groove Metal

PyraH : duality

Très technique et accrocheur, le style de PYRAH se frotte à un Metal extrême avec beaucoup de percussions, tout en gardant les mélodies très présentes. Le combo souffle le chaud et le froid avec une facilité et une maîtrise assez bluffantes. Aussi brutal qu’il peut être vraiment entraînant, il avance sur un épais groove bardé de passages torturés et effrénés, où sa chanteuse dicte littéralement sa loi et donne la marche à suivre. Grâce à une bonne production, les morceaux de « Veni Vidi Delevi » montrent beaucoup d’agressivité, mais aussi une facette grisante et exacerbée.

PYRAH

« Veni Vidi Delevi »

(Wormholedeath Records)

Composé de Lucie Duval (batterie), Maxime Walchuck (guitare), Clem Artuso (basse) et Ivy Brizard (chant), PYRAH joue la carte de la parité et ça lui franchement très bien. Sur de bons rails depuis une bonne décennie maintenant, le quatuor livre son troisième album et il dépasse de loin ses prédécesseurs en termes d’énergie et d’intensité. Après « Where Am I ? » (2014) et « Part Of The Ghost World » (2019, le style s’est resserré et tendu pour afficher une ligne musicale solide et variée, avec des moments très rapides et extrêmes.

Car, si nos Strasbourgeois évoluent dans un registre que l’on pourrait qualifier de Modern Metal, on est bel et bien sur une crête avec d’un côté un Groove Metal musclé et racé, et de l’autre des aspects tout droit issus du Death Metal mélodique. En effet, PYRAH compte dans ses rangs une frontwoman déterminée et à la dualité vocale, qui n’est donc pas avare de growls puissants et profonds. Pour autant, le chant clair ne manque pas d’intérêt, bien au contraire, et offre même plus de vélocité et d’harmonie aux morceaux.

Sur des riffs aussi acérés que massifs, la rythmique joue sur les variations de tempos avec des accélérations fulgurantes en phase avec des parties vocales très polymorphes. PYRAH surprend, grâce à un style qui oscille entre références actuelles assez dures et d’autres plus classiques et fédératrices. Les Alsaciens nous embraquent dans ce « Veni Vidi Delevi », qui dépasse d’ailleurs les 50 minutes, avec des titres entêtants (« Death From Above », « Mind Reset », « Obey », « Sea Of faces », « Constant Chatter » et le morceau-titre).  Du costaud !  

Catégories
Metal Progressif Modern Metal Symphonic Metal

Simone Simons : red ride

Même si elle ne déboussolera pas ses fans de la première heure, SIMONE SIMONS sort quelque peu des sentiers balisés d’Epica. Très symphonique pour l’essentiel, « Vermillion » affiche des ambiances franchement Electro, assez Prog même et résolument Metal. Composé en collaboration avec le maître à penser d’Ayreon, ce premier envol sous son nom oscille entre des moments calmes et des impacts plus musclés, où la frontwoman distille une prestation à la fois épique et aérienne.

SIMONE SIMONS

« Vermillion »

(Nuclear Blast Records)

Emblématique chanteuse d’Epica depuis plus de deux décennies et figure incontournable de la scène Metal Symphonique, SIMONE SIMONS se présente cette fois en solo avec un premier album très complet et plutôt convaincant. A l’instar de ses consœurs Floor Jansen et Charlotte Wessels, on découvre un univers plus personnel et assez différent de ce à quoi elle nous a habitué jusqu’à présent, tout en restant fidèle à son style. Cela dit, on connait ses grandes qualités vocales et dans ce domaine, elle reste incroyable.  

« Vermillion » ne ressemble donc pas à une production de son groupe, car SIMONE SIMONS parait ici plus libre et se montre également plus sobre au niveau du chant. Les embardées lyriques sont par conséquent moins systématiques et elle évolue dans des contrées très électroniques, légèrement progressives, mais toujours aussi Metal. Cette diversité fait aussi ressortir toute l’étendue du panel de la voix de la Hollandaise. D’ailleurs, cet éclectisme soudain doit beaucoup à la présence d’Arjen Lucassen à ses côtés.

C’est avec son complice de longue date et leader d’Ayreon que SIMONE SIMONS a conçu ce premier effort et cela s’entend sur quelques morceaux aux reflets cinématographiques et même Indus (« Red », « Dystopia », « Fight Or Flight »). Par ailleurs, si « Vermillion » est assez synthétique dans la production, il offre une collection de riffs impressionnante (« Aeterna » et ses sonorités orientales, « Cradle To The Grave » en duo avec Alissa White-Gluz d’Arch Enemy, « The Weight Of My World »). Une émancipation réussie.

Catégories
Groove Metal Metal Progressif Post-Metal

Hippotraktor : heavy monster

La Belgique fournit régulièrement des formations atypiques qui se font plaisir en repoussant les frontières et les limites du Metal. A cette belle liste vient s’ajouter dans la durée HIPPOTRAKTOR avec un deuxième album monstrueusement exigeant et perfectionniste. Dans un post-Metal très progressif et Groove, « Stasis » développe une énergie sinueuse franchement phénoménale et d’une puissance qui s’affiche sans complexe en opposition à des passages apparemment plus éthérés.   

HIPPOTRAKTOR

« Stasis »

(Pelagic Records)

Avec « Meridian » sorti il y a trois ans, HIPPOTRAKTOR avait soigneusement posé les fondations d’un Metal moderne assez fulgurant et façonné sur des bases progressives, Groove et post-Metal. Et ce premier opus en avait secoué plus d’un par sa maîtrise, sa production et surtout l’originalité avec laquelle les Belges avaient réussi à mettre en œuvre la fluidité de tous ces éléments. Avec « Stasis », le combo ne fait pas autre chose, si ce n’est qu’il le fait encore mieux et en affichant une assurance indéfectible. Solide et massif, il paraît franchement inarrêtable.

Doté des redoutables Sander Rom (L’Itch) et Stefan de Graef (Psychonaut) au chant qui créent une sorte de miroir vocal très contrasté, HIPPOTRAKTOR peut développer à l’envie ce choix des nuances qui le rend imprévisible. Parfaitement produit par son guitariste Chiaran Verheyden, « Stasis » joue et trouve même l’équilibre entre les extrêmes tout au long des sept morceaux. Violent, aérien, lourd, voire écrasant, le jeu du quintet impressionne autant par la grande technicité de ses membres que dans la structures des titres.  

Cela dit, derrière l’imposante machine à broyer se niche aussi une formation sachant évoluer tout en finesse dans un post-Metal plus léger et parfois même contemplatif. Assez complexe dans la composition, HIPPOTRAKTOR n’en reste pas moins très lisible et on se laisse vite emporter par la multiplicité des reliefs et des tessitures sonores, le tout dans un ensemble millimétré (« Descent », « Stasis », « The Indifferent Human Eye », « Silver Tongue », « Echoes »). Avec une telle réalisation, les prestations scéniques s’annoncent aussi magistrales que résolument intenses.

Photo : Sam Coussens
Catégories
Alternative Metal Nu Metal

Emil Bulls : une charge massive

EMIL BULLS commence cette nouvelle année en livrant une réalisation à la fois massive et presqu’addictive, et en mode rouleau-compresseur. « Love Will Fix It » met en avant l’expérience acquise par les Allemands depuis leur formation en 1995. Et malgré près de trois décennies au service d’un style toujours très tranchant et incisif, les Bavarois sonnent terriblement actuel. Leur Alternative Metal est véritablement cyclonique.

EMIL BULLS

« Love Will Fix It »

(Arising Empire)

Moderne et rafraîchissant. C’est à peu près en ces termes que l’on pourrait qualifier ce nouvel opus d’EMIL BULLS, son treizième. Même s’il bénéficie d’une belle réputation sur sa terre natale, l’Allemagne, le quintet peine pourtant toujours à s’exporter. Très bien produit et interprété avec force et précision, « Love Will Fix It » pourrait cette fois permettre au groupe de lorgner de l’autre côté de ses frontières, d’autant que dans son domaine, il figure parmi les meilleurs au rang européen.

Toujours armé d’un fracassant Alternative Metal, la formation munichoise livre des riffs sacrément acérés, tout en évoluant sur des mélodies accrocheuses. Ayant émergé autour des années 2000 et même un peu avant, on retrouve assez naturellement des éléments Nu Metal chez EMIL BULLS, ce qui lui confère une explosivité presque évidente. Quant à Christoff Von Freydorf, son frontman, il est aussi habille et puissant dans un chant clair que dans un scream ravageur bien distillé.

Parfaitement ancré dans son époque, on retrouve aussi quelques sonorités Electro, façon MetalCore, et donc dignes des meilleures fêtes foraines, sur « Love Will Fix It ». Cela dit, EMIL BULLS n’en use qu’à bon escient, laissant aux guitares et à sa rythmique musclée le soin de mettre tout le monde d’accord (« Backstadders », « The Devil Made Me Do It », « Levitate », « Whrilwind Of Doom », « She Ain’t Coming Home No More »). Ultra-efficace et très soigné, ce nouvel album bastonne et claque comme il faut.

Photo : Janis Hinz
Catégories
Dark Gothic Metal Indus Modern Metal

Daemon Grey : color of sin

Grâce à un songwriting racé et efficace, ce nouvel album de DAEMON GREY est un mix très équilibré entre un Metal Indus très Dark et des atmosphères où le Heavy croise la New-Wave sans sourciller. Originaire du Canada, le musicien a habillé des marqueurs très 90’s d’une enveloppe moderne, un brin sophistiquée, qui rend « Daemonic » très fédérateur grâce à des mélodies entêtantes.

DAEMON GREY

« Daemonic »

(Out Of Line Music)

Après « Follow Your Nightmares » sorti il y a deux ans, le Canadien poursuit son ténébreux et horrifique périple avec « Daemonic », un deuxième opus toujours aussi bien produit et bien écrit. Si DAEMON GREY se nourrit de nombreux styles du Heavy au Nu Metal en passant par le Gothic et avec un soupçon de New-Wave et d’Indus, ce sont surtout les années 90 qui semblent avoir eu une forte emprise le chanteur de Toronto. Avec le revival actuel, c’en est presque à se demander si le début des années 2000 a vraiment existé.

Bien que démoniaque à bien des égards, DAEMON GREY a mis de côté les histoires liées à Dieu ou au Diable pour plonger sans un univers où Satan se tient au coin de la rue. Il est question d’amour, de douleur, de sexe, d’obsession, de pouvoir et de courage et chaque titre de « Daemonic » est un tableau dressé par le frontman. Musicalement très Heavy, les influences sont plutôt bien digérées, même si l’on pense inévitablement à Zodiac Mindwarp, Marilyn Manson, Seether, Rob Zombie ou Ministry.

Avec des arrangements qui font la part belle aux machines, mais tout en gardant des guitares très présentes et des riffs bien tranchants, DAEMON GREY fait le choix d’une production finalement très organique. Pêchu et mordant, il nous embarque dans un climat houleux et sombre, mais aussi très accrocheur et dynamisant (« Gothy Love », « Still A Slut », « Dear Vampire », « Daemonic »). Et si l’on excepte la pauvre ballade « To My Grave » et le navrant bluesy « Trouble », le Dark Metal du musicien tient la route.

Photo : Rich Misener