Ode à la nature et déclaration d’amour au Nouveau-Mexique, cette première escapade en solitaire, à tous points de vue, de BRAD FRYE est assez unique en son genre. Empruntant à l’univers Drone comme à celui du Desert Rock, « Reverberations From The American Southwest » se détache des habituelles réalisations pour adopter pleinement une production organique à l’étonnante proximité. Plus que jamais, le terme d’immersion prend tout son sens lors de cette escapade musicale au cœur des éléments terrestres.

BRAD FRYE
« Reverberations From The American Southwest »
(Desert Records)
Si vous rêvez d’une balade aride au cœur du désert du Nouveau-Mexique, non loin d’Albuquerque, cet incroyable album de BRAD FRYE n’attend que vous. Patron du label Desert Records, fondateur du groupe Red Mesa et moitié du duo Droni Eye Omi, le musicien et explorateur sonore est parti s’isoler en pleine nature au printemps 2025 avec pour objectif d’enregistrer son premier effort solo. En effet, il fallait bien plus grand que les quatre murs d’un studio pour élaborer « Reverberations From The American Southwest ».
Afin de capturer au mieux l’atmosphère ambiante, BRAD FRYE a voyagé léger et n’a emporté que l’essentiel. Muni d’une guitare baryton Reverend, d’un ampli à lampes Fender Champ, d’un générateur solaire et d’un pédalier, notre randonneur a utilisé un enregistreur Zoom H6 pour saisir à la fois son instrument, mais aussi les sons naturels de son entourage direct. Et entre les accords de sa six-cordes, les visites sont nombreuses : oiseaux, trains, rivières, insectes et animaux se joignent à lui et poursuivent leur vie dans la chaleur du vent du Nouveau-Mexique.
Reparti en 15 capsules hypnotiques, « Reverberations From The American Southwest » se révèle comme une sorte de rêverie, où chacun peut laisser divaguer son esprit sur les improvisations, mais pas seulement, de BRAD FRYE. Dans une ambiance vaporeuse, on croise Sergio Leone sur « The Good, The Brad, And The Ugly » en version épurée. Un harmonica surgit aussi délicatement sur « Three Gun » et « Stone Hut », tandis que des résonnantes locales émergent de « Celestial Skies », « Desert Is As Desert Does », « Temazcal » ou « Gila ». Envoûtant !

Photo : Diego Pani
