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Black Metal Doom Viking Metal

Ereb Altor : offrande païenne

Le puissant Metal Pagan d’EREB ALTOR refait surface avec un neuvième album déchainé et impressionnant de maîtrise. Typiquement Black Metal dans l’approche de certains morceaux et plus atmosphériques et Doom sur d’autres, le quatuor viking propose avec « Vargtimman », un album complet et varié, jouant sur les ambiances dans des joutes vikings mémorables.

EREB ALTOR

« Vargtimman »

(Hammerheart Records)

Cela fait bientôt 20 ans que les valeureux Vikings d’EREB ALTOR montent à l’assaut et passent à l’attaque armés d’un metal sombre et fracassant. La thématique païenne et nordique guide le groupe dont le registre s’affine au fil des albums, et ce neuvième opus est très certainement le meilleur d’une déjà belle discographie. Le quatuor suédois n’est pas prêt de rendre les armes, ça c’est clair ! 

Sur « Vargtimman », EREB ALTOR fait parler la poudre, ou plutôt les glaives, et monte en puissance au fur et à mesure que les morceaux défilent. Les riffs sont tranchants, les rythmiques lourdes et le travail effectué sur le chant, tout en nuances, montrent que le combo scandinave est parvenu à ses fins. Entre Black Metal et des influences Folk traditionnelles, le groupe impressionne par sa noirceur et son énergie.

Si quelques passages nous renvoient à Bathory, Grand Magnus et Wardruna, EREB ALTOR se révèle sous une identité plus personnelle à travers « Vargtimman ». Féroces et guerriers, les Suédois oscillent entre titres violents et d’autres plus atmosphériques et Doom (« Fenris »). Parfois Folk et épiques (« Alvabot ») ou plus puissants (« Rise Of The Destroyer »), le groupe perpétue la tradition Viking Metal et Pagan avec force.

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Black Metal Post-Metal Progressif

Mother : les fractures d’un paysage sonore intense

Ça bouillonne sévère sur la côte belge de la mer du Nord. A Ostende, MOTHER a élaboré un premier album hypnotique, très instrumental et bâti en sept chapitres. Entre post-Blackgaze et post-Metal Progressif, le trio envoûte grâce à des mélodies captivantes et de terribles blasts. Un premier album remarquable de finesse et de puissance.

MOTHER

« Interlude I »

Consouling Sounds

Sorti l’an dernier, le premier album de MOTHER sort enfin en format CD ce qui, avouons-le, est bien pratique pour en savourer toutes les nuances. L’occasion est donc belle pour partir à la découverte de ce très bon trio belge. Originaire d’Ostende, le groupe évolue dans un registre post-Blackgaze original, technique et particulièrement immersif. « Interlude I » vous saisit pour ne plus vous lâcher.

Charpenté en sept morceaux qui sont autant de chapitres, l’album se vit comme un voyage et une évolution musicale. De « I » à « VII », MOTHER ne fait qu’accentuer notre impatience à découvrir le titre suivant. Le post-Metal Progressif des Belges est singulier et le travail sur les ambiances et les atmosphères est exemplaire. Surprenant dans sa conception, on se laisse facilement happer.

Très bien produit, « Interlude » est un album dense et compact, qui laisse aussi beaucoup d’espace et de liberté à l’écoute. Il faut attendre « III » pour prendre de plein fouet les premiers coups de blast, car MOTHER a mis l’accent sur l’instrumentalisation de ses morceaux et sur des mélodies entêtantes et percutantes. Et la texture des titres les rend encore plus prenants. Un périple mouvementé, mais très beau.

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Black Metal Post-Metal

Owl Cave : profondeur sonore

Après plus de trois ans d’un travail qu’on imagine facilement très prenant, OWL CAVE livre enfin son premier album, dont l’univers très torturé et intense est l’œuvre d’un seul musicien. Dans un post-Black Metal aux multiples et complexes facettes, « Broken Speech » se livre et se déguste d’un seul élan.

OWL CAVE

« Broken Speech »

(Time Tombs Productions)

Derrière cette très belle pochette d’OWL CAVE se cache un album pour le moins étonnant. S., l’instigateur du projet qui se présente en one-man-band, a donc pris les choses en main et… prend même la nôtre. Car ce premier opus, « Broken Speech », est constitué d’une seule et unique piste, qui s’articule en six mouvements. L’ensemble s’écoute donc du début à la fin, pour mieux en saisir la progression.

Dans une atmosphère Black Metal, OWL CAVE propose un véritable voyage musical entre ambiances lourdes et climats très changeants, et où les sensations succèdent aux émotions avec une fluidité assez surprenante. Pourtant, le nombre de textures sonores et de superpositions pourraient rendre « Broken Speech » étouffant, voire brouillon. Et il n’en est rien, tant l’album est homogène.

Certes, OWL CAVE ne propose pas un périple musical de tout repos, car l’ensemble diffuse un Black Metal dans lequel viennent s’immiscer des passages Indus et tribaux, le tout avec des fulgurances tantôt sauvages, tantôt éthérées. La production brute et organique rend définitivement ce premier effort saisissant et très immersif. « Broken Speech » nous plonge avec un univers unique.