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Heavy Psych Rock Stoner Rock

The Necromancers : titanesque

Apparu comme une véritable révélation avec son très bon premier album, THE NECROMANCERS devient aujourd’hui une formation incontournable sur la scène française et même au-delà. Avec « Where The Void Rose », le quatuor se présente avec un nouveau chanteur et surtout des morceaux tout aussi ténébreux que mélodiques. Techniquement impressionnant, le côté très accrocheur et captivant reste toujours le point fort du groupe.

THE NECROMANCERS

Where The Void Rose

(Independant/Season Of Mist)

Suite au départ de son chanteur, on aurait pu croire que la belle aventure de THE NECROMANCERS prendrait fin. Mais c’était sans compter sur la ténacité des Poitevins. Et le groupe n’a pas eu à chercher bien loin et a intronisé le frontman de Birdstone, excellent combo Stoner Blues également de Poitiers, qui assure également les guitares rythmiques. Un léger remaniement qui semble avoir apporté un souffle nouveau aux Français.

Rappelons tout de même que THE NECROMANCERS avait signé dès son premier album, « Servants Of The Salem Girl », chez l’instruction californienne Ripple Music en 2017. Et pourtant, le quatuor se présente aujourd’hui en indépendant et son Heavy Rock aux contours occultes et Stoner est plus solide que jamais. Dans des atmosphères également Doom et Metal, « Where The Void Rose » réserve bien des surprises.  

Avec un tel troisième album, le groupe impose un son et une identité, qui ne manquent pas de fraîcheur et encore moins de puissance (« Sunken Huntress », « The Needle »). Assez progressif et toujours dark dans l’esprit, THE NECROMANCERS développe aussi quelques arrangements Psych et 70’s parfaitement mis en lumière grâce à une production irréprochable, aérée et massive (« Crimson Hour », « Orchard », « Over The Threshold »).

Photo : Lise Lefèvre
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Blues Metal Progressif Rock

United Guitars : à cordes déployées

Trois ans et trois albums déjà pour UNITED GUITARS, un projet guitaristique qui prend du volume au fur et à mesure que ceux-ci s’empilent dans les discothèques des amoureux de la guitare. Et voici le troisième ! Loin d’être un album de spécialistes pour les spécialistes, le concept se veut plutôt une découverte de l’instrument sous toutes ses facettes et à travers des registres aussi vastes que la très belle pléiade de musiciens présents sur ce « Volume 3 », qui s’étend sur un beau double-album.

UNITED GUITARS

« Volume 3 »

(Mistiroux Productions)

Et de trois ! C’est déjà le troisième volet de l’aventure UNITED GUITARS débutée fin 2019 à l’initiative de la productrice Olivia Rivasseau (productrice) et Ludovic Egraz (guitariste et réalisateur) et qui a vu défiler le gratin des guitaristes français, mais pas seulement, et uniquement en instrumental et dans des styles très différents, voire opposés, qui vont du Rock au Metal en passant par le Progressif, le Jazz et le Blues notamment. Un large panel entièrement dédié à la six-cordes sous toutes ses sonorités.  

Pour ce « Volume 3 », c’est toujours au cœur du Studio 180 dans le nord-est parisien que les musiciens se sont succédés pour donner corps et vie à ce nouveau double-album, entièrement dédié à la guitare dans toute sa diversité. Et comme d’habitude, la production est remarquable, car elle respecte avant tout les musiciens, leur jeu, leur toucher et leur son propre. Et c’est là l’une des forces d’UNITED GUITARS : regrouper au sein d’une même entité des artistes aussi distinctifs que talentueux.

On retrouve aussi quelques habitués présents sur les deux premiers volets comme Judge Fredd, NeoGeofanatic ou Yvan Guillevic, qui croise ici le fer avec le grand George Lynch sur « Surrounded By Darkness », tout comme Saturax qui accueille sur sa composition, « How Strong Is Your Shield ? », Popa Chubby pour un Blues endiablé. Mais que l’on ne s’y trompe pas, UNITED GUITARS n’a pas vraiment besoin de ‘stars’ pour briller. Les 34 guitaristes ne sont pas là par hasard, et au-delà d’une technique de haut vol, c’est le feeling qui l’emporte.

Toujours basé sur un modèle participatif, ce « Volume 3 » a remporté une nouvelle fois son pari et c’est donc avec plaisir que toute l’équipe, menée par un Ludovic Egraz très présent aussi musicalement, repartira pour un nouveau challenge à l’abordage d’un « Volume 4 », qui devrait encore réussir à surprendre et séduire. Et bien sûr, UNITED GUITARS et sa flopée de guitaristes ne serait pas grand-chose sans ses rythmiques basse/batterie toutes aussi virtuoses et qui mettent elles aussi en avant un groove incroyable.

Résolument tourné vers l’hexagone, le concept se dote une fois encore de quelques participations internationales et d’une belle touche féminine avec les présences de Chloé Rebeiro et de Tora Dahle Aagård. Sur le rythme d’une réalisation par an, UNITED GUITARS a déjà ouvert son Kiss Kiss Bank Bank pour le « Volume 4 » avec en jeu une immense tombola dotée de 46.000 euros de matos à gagner offert par les 50 marques partenaires (lien ci-dessous). Eclectique et créatif, ce « Volume 3 » prête donc à nouveau à l’évasion avec brio.

Yvan Guillevic, guitariste de HEART LINE et présent pour troisième fois sur UNITED GUITARS, sera encore de la partie sur le prochain et quatrième volet. Son interview accordée à Rock’n Force est à retrouver ci-dessous.

Et pour participer à l’aventure, un seul lien pour cette nouvelle campagne :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/united-guitars-vol-4?fbclid=IwAR2XdCQLr95PMzQ2jjBIhDc25YPMr9tR8FW3LREb91IISY0X8q4m21G2c5I

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Death Mélodique

Soilwork : houleuse épopée mélodique

L’une des particularités de SOILWORK est de parvenir à chaque album à surprendre grâce à une créativité bouillonnante, une technicité exemplaire et un sens de la mélodie imparable. « Övergivenheten » s’inscrit parmi les grands albums de Death mélodique et les Suédois posent ainsi une empreinte forte.

SOILWORK

« Övergivenheten »

(Nuclear Blast)

Deux ans après le très bon « A Whisp Of The Atlantic », SOILWORK n’a pas perdu de temps et s’était déjà mis à pied d’œuvre l’année dernière pour composer son douzième opus. Réparti sur trois sessions d’enregistrement au fameux Nordic Sound Lab, « Övergivenheten » (l’abandon, en suédois) s’étend sur 14 morceaux, dépassant l’heure de jeu, d’un Death mélodique parfaitement produit par Thomas Johansson, déjà présent sur les deux précédents.

Alternant puissance et délicatesse, SOILWORK joue sur les contrastes comme à son habitude en combinant des passages rageurs et d’autres très atmosphériques. Les Suédois ont créé depuis quelques albums un style immédiatement identifiable où la colère se mêle à la mélancolie dans une harmonie remarquable. La brutalité du Death des Scandinaves est d’une étonnante cohérence avec les ambiances progressives et très 80’s affichées.

Sur des structures souvent très techniques, le quintet a mis en place un schéma couplet Death/refrain clair où il offre une dimension mélodique et Heavy à ses compositions (« Nous Sommes La Guerre », « Death, I Hear Your Calling », « The Godless Universe »). Mais SOILWORK n’en oublie pas pour autant d’être fracassant et agressif (« Harvest Spine », « Vultures », « Is It In Your Darkness », « Electric Again »). Solide et incontournable.

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Musique celtique

Stone Age : nouveau cheminement

Toujours inspiré par le monde celtique avec une prédominance pour la Bretagne, STONE AGE se balade inlassablement à travers les légendes et les contes avec un style très identifiable élaboré sur des sonorités modernes, parfois vintage, Electro, Pop et progressives. « Bubry Road » reprend le chemin entamé sur les quatre premiers albums avec une belle créativité.

STONE AGE

« Bubry Road »

(Nevez Productions/Coop Breizh)

Figure incontournable de la scène celtique, STONE AGE réapparait cinq ans après « Totems d’Armorique » avec un nouvel album positif, dynamique, plongeant dans toutes sortes de rêveries. Toujours inspiré par les légendes, notamment bretonnes, le désormais duo constitué de Marc de Ponkallec (Marc Hazon) et de Kervador (Michel Valy) renouvelle quelque peu son registre en naviguant dans des sphères Electro-Pop où l’on se laisse volontiers porter.

Si le quatuor habituel a laissé place au binôme de multi-instrumentistes, STONE AGE accueille du beau monde, dont Robert Le Gall, Xavier Geromimi, Philippe Hervouet, Loïc Blejean, Konan Mevel, Kohann et d’autres. Très accessible, « Bubry Road » ne s’inscrit pas dans un registre traditionnel, mais invite plutôt à la découverte des ambiances et des musiques celtes.

Sur une production éclatante et légère, STONE AGE nous fait profiter de la richesse de ses morceaux qui, malgré des arrangements pointilleux, restent très fédérateurs (« Dansit For Tomorrow », « You Know », « Anti Age », « Pleg An Amzer », « Rozenn An Dro », « Armen Dañs », « Groës Coët »). Surprenant et à l’atmosphère voyageuse, ce cinquième opus pourra contrarier les puristes, mais ne manquera pas d’attirer les curieux.

Photo : Antoine Tilly
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Heavy metal

Seventh Storm : contre vents et marées

18 ans passés derrière les fûts avec Moonspell et Mike Gaspar quitte le navire pour se mettre à la barre du sien. Avec SEVENTH STORM, le batteur prend également le rôle de compositeur et arrangeur de « Maledictus », un premier album de pur Heavy Metal très vivant et aux atmosphères parfois progressives.

SEVENTH STORM

« Maledictus »

(Atomic Fire Records)

Après son départ de Moonspell et un léger moment de flottement, le batteur Mike Gaspar n’a pas mis longtemps à reprendre les baguettes pour fonder SEVENTH STORM toujours au Portugal, où l’Américain réside depuis des décennies. Loin du registre de son ancien groupe, il renoue avec ses premières amours que l’on retrouve dans le Heavy Metal, au sens large, des années 90.

Assez dark dans son ensemble, « Maledictus » propose des ambiances très variées que le quintet exécute avec beaucoup d’élégance. A la fois racé et mélodique, ce premier album brille par le travail d’orfèvre réalisé par cinq musiciens affûtés et très techniques. Pourtant, SEVENTH STORM ne fait pas dans la démonstration, mais propose plutôt une belle harmonie.

Cependant, que l’on ne s’y trompe pas, les Portugais (et l’Américain) donnent dans un Heavy Metal costaud, où la voix du frontman de SEVENTH STORM, Rez, offre un relief incroyable dans un chant à la fois rageur et plein d’émotion (« Saudade », « Gods Of Babylon », « Seventh », « Haunted Sea »). Très organique, « Maledictus » livre une belle et intergénérationnelle synthèse du genre.

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Alternative Rock France Progressif

The Flying Bricks : des objectifs atteints [Interview]

Après s’être un peu cherché comme tous les jeunes groupes, THE FLYING BRICKS a trouvé son style et marqué les contours de son Rock, qui alterne entre des aspects progressifs et alternatifs. Avec son dernier EP, « Chimeric » (M&O Music), le quatuor manceau affiche une solidité et surtout un sens de la mélodie marqué. Quelques mois après sa sortie et avant une release party qui aura lieu à la Boule Noire à Paris en septembre, entretien avec Arthur, guitariste de THE FLYING BRICKS.

– THE FLYING BRICKS existe depuis 2015 et pourtant, on vous connait assez peu. Pouvez-vous nous retracer dans les grandes lignes le parcours du groupe et son identité musicale ?

Alphonse (le batteur) et moi nous sommes rencontrés ados en école de musique, puis nous avons trouvé Benoit (le chanteur) au lycée. Assez vite, nous avons eu l’envie de faire des concerts, d’enregistrer, mais sans vraiment d’ambition, le but étant surtout de prendre du plaisir. Après quelques expériences, notamment deux concerts à Odessa et Kirovograd en Ukraine en décembre 2017, nous avons décidé de passer l’étape supérieure et nous investir pleinement dans le projet, d’où la sortie d’un premier EP « Fake Empire » en 2018, et notre petit dernier « Chimeric » en mars 2022.

Pour l’identité musicale, elle a beaucoup évolué depuis notre adolescence, passant du Punk au Blues Rock. Aujourd’hui, c’est un univers plus Prog, atmosphérique, lié à nos influences assez variées.

– Votre Alternative Rock fait écho à plusieurs styles musicaux, qui vont même jusqu’au Metal parfois. Il y a finalement assez peu de groupes dans ce créneau en France. THE FLYING BRICKS a pour objectif de se frayer un chemin dans ce registre très anglo-saxon, ou est-ce que vous visez plutôt à vous exporter ?

L’objectif premier est surtout de créer de la musique qui nous plait. On compose et on joue avant tout pour nous avant de penser au style qui pourrait marcher le mieux. Après bien sûr, le but est aussi de porter le projet le plus loin possible, en France dans un premier temps, et si nous avons l’opportunité de nous exporter, nous ne la raterons certainement pas !

– Vous avez récemment signé chez M&O Music pour la sortie de « Chimeric ». Est-ce que vous le voyez comme une première grande étape de franchie depuis la création du groupe ?

Pour cet EP « Chimeric » nous avons décidé de mettre toutes les chances de notre côté, et cela passait effectivement par un bon entourage. C’est sûr qu’être accompagné par un label est forcément une grande étape, qui nous permet à la fois de nous aider dans notre travail au quotidien et de nous donner une légitimité vis-à-vis des professionnels de la musique.

– Vous vous êtes rendus pour la deuxième fois à Angers au Dôme Studio, et cela s’en ressent dans le son et qualité de la production de « Chimeric ». C’était important pour vous de travailler avec des gens qui connaissent déjà votre couleur musicale ?

L’enregistrement de « Fake Empire » s’était super bien passé avec David, et entretemps il avait déménagé et modernisé son studio, donc nous n’avons pas hésité longtemps avant de retourner chez lui pour « Chimeric ». Nous voulions vraiment travailler avec quelqu’un qui connaissait notre son, qui saurait comment le travailler, et qui s’investirait dans les morceaux. En plus de ça, on s’était super bien entendu avec lui, donc raison de plus pour travailler à nouveau au Dôme Studio !

– Justement, « Chimeric » montre une grande variété dans les compositions, notamment sur les ambiances, les changements de tempos et le travail sur les voix. Là encore, on note une maturité atteinte. C’est la multiplication des concerts qui veut ça, ou une remise en question plus globale de votre approche des morceaux ?

Probablement un peu tout ça. Entre « Fake Empire » et « Chimeric », nous avons grandi, déménagé, évolué en tant que personnes, aujourd’hui nous sommes plus posés qu’à l’époque et ça a sûrement impacté nos compositions. La crise sanitaire a joué également, quitte à rester confinés chez soi, nous avons mis ce temps à profit pour revoir certains arrangements, textes, etc… Et tout ça a abouti à six morceaux bien plus approfondis que ce que nous avions fait jusqu’alors, et nous en sommes vraiment contents.

– Sur le morceau-titre de l’EP, THE FLYING BRICKS accueille Mélina Farcy au chant. D’où vous est venue l’idée de ce duo, et comment s’est passé l’écriture ? Vous l’avez composé ensemble ?

L’idée est venue assez naturellement. Lors de la composition du morceau, nous nous sommes dit qu’une voix féminine rendrait bien sur le refrain, et nous n’avons pas eu à aller bien loin pour tester l’idée, puisque Mélina n’est pas seulement une chanteuse-danseuse professionnelle très douée, c’est aussi la copine d’Alphonse ! Nous avons fait quelques essais à la maison, le rendu nous a plu, donc on l’a embarqué en studio, puis sur le tournage du clip de « Chimeric », qu’elle a chorégraphié avec ses acolytes Kilian et Anna. Ce n’était donc pas forcément prévu à la base, mais aujourd’hui Mélina est partie intégrante du projet « Chimeric », et vous risquez bien de la voir encore collaborer avec nous sur quelques lives !

– « Chimeric » est votre quatrième EP, dont un live. C’est assez étonnant de sortir autant de formats courts. J’imagine que la perspective d’un album complet doit commencer à vous titiller, non ?

Quatrième oui et non, les deux premiers auxquels tu fais allusion datent de l’époque où le projet n’était pas vraiment structuré, où comme je le disais au début nous jouions pour le plaisir et sans ambition. Nous considérons donc « Fake Empire » et « Chimeric » comme nos deux seuls EP ‘officiels’, et tout ça doit bien sûr à terme nous mener à un album, c’est en tout cas un objectif, oui.

– Enfin, j’aimerais que vous nous disiez un mot sur votre release party, qui va avoir lieu le 3 septembre prochain à la Boule Noire à Paris. Très belle salle ! Vous devez avoir hâte d’y être ?

La Boule Noire est une super salle, que nous fréquentions un peu à l’époque où nous habitions à Paris, c’était une envie depuis longtemps de jouer là-bas ! Donc oui, hâte d’y être, on vous prépare un beau show, quelques exclus et surprises et une première partie qui sera annoncée très bientôt ! En attendant la billetterie est déjà en ligne :

https://my.weezevent.com/the-flying-bricks-la-boule-noire-release-party

THE FLYING BRICKS a sorti « Chimeric » le 11 mars dernier et il est disponible chez M&O Music.

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Alternative Metal Alternative Rock

The T.A.W.S. : entre force et émotion

Usant de l’impact et de la fougue du Hard Rock associé à la fermeté du Metal avec même quelques éléments progressifs, THE T.A.W.S. opère dans un registre qui le rend original et très personnel. Avec ce deuxième opus, « From Ashes », le quintet français distille un Alternative Metal Rock bien structuré et costaud, tout en surfant sur les émotions.

THE T.A.W.S.

« From Ashes »

(AuR Records/Season Of Mist)

Fondé il y a une décennie at après quelques aléas de line-up, THE T.A.W.S. fait son retour avec un deuxième album, cinq ans après « Beyond The Path ». S’il ne reste que Benjamin Pubert (guitare) et Elodie Jouault (chant) de la formation originelle, il faut saluer la qualité de « From Ashes », tant musicalement qu’au niveau d’une production sans accroc où l’équilibre des forces est parfaitement maintenu.

Dans un registre alternatif et entre Metal et Rock, THE T.A.W.S. livre dix nouveaux titres pêchus et accrocheurs. Tout en sondant les côtés sombres de l’âme humaine et les déviances de notre société, le quintet ne donne pourtant pas dans le misérabilisme et offre au contraire des compos véloces et déterminées, à grand renfort de riffs efficaces et de solos à l’attaque très Rock et dynamique.

La percutante rythmique et la belle combinaison entre les deux guitaristes confèrent une solide assise au groupe, laissant toute latitude à sa chanteuse. Présente également au sein de The Black Vault aux côtés de Vivi Brusco (ex-Trust), la frontwoman de THE T.A.W.S. est bien plus à son aise dans un registre anglophone où toute sa sensibilité peut opérer librement (« The Roller-Coaster », « Struggle », « Mindgame »).

Photo : Guillaume Guerin
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Stoner Rock

Besvärjelsen : l’attraction du grand nord

Envoûtant et entraînant, ce deuxième album des Suédois de BESVÄRJELSEN est une sorte de voyage initiatique d’une incroyable richesse musicale. « Atlas » est une avalanche de mélodies pêchues et hypnotiques guidée de main de maître par une très bonne chanteuse et ancré dans un Stoner Rock harmonieux et très créatif. A ne surtout pas manquer !

BESVÄRJELSEN

« Atlas »

(Magnetic Eye Records)

Fondé en 2014 en Suède, dans le grand nord à quelques encablures de la Finlande, BESVÄRJELSEN aurait pu compter parmi les nombreuses formations de musique païennes locales tant leur terre est riche de cultures anciennes et de légendes. Pourtant, le groupe œuvre dans un Stoner Rock mélodique d’où s’échappent aussi quelques consonances progressives, Folk et Classic Rock. Un savoureux mélange des genres !

Initialisé par les guitaristes et chanteurs Andreas Baier et Staffan Stensland rejoints par la flamboyante chanteuse Lea Amling Alazam, le combo suédois accueille rapidement l’ancien batteur et l’ancien bassiste de Dozer et de Greenleaf : Erik Bäckwall et Johan Rockner. Autant dire qu’avec une telle rythmique, BESVÄRJELSEN repose déjà sur de solides fondations et l’inspiration est plus qu’au rendez-vous.

Après deux EP et un album, « Atlas » est donc le deuxième opus du quintet scandinave et il propose une belle épopée musicale, grâce notamment à la voix de sa frontwoman qui est un atout majeur dans les lignes mélodiques des morceaux. Très dense et soigneusement arrangé, ce nouvel effort regorge littéralement de pépites et il s’écoute sur la longueur avec un émerveillement constant. BESVÄRJELSEN se montre original, inventif et très séduisant.

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France Post-HardCore Progressif

Point Mort : post-format [Interview]

Clair, pertinent, audacieux et ascensionnel sont quelques adjectifs que l’on peut facilement attribuer à ce premier album de POINT MORT, « Pointless… ». Les Parisiens se livrent sur près d’une heure dans un post-HardCore percutent et aux reliefs étonnants, passant d’’ambiances progressives à des fulgurances Metal sans concession. Entretien avec Sam, chanteuse polymorphe s’il en est, et Simon, batteur métronomique et virevoltant du quintet.

– Le groupe existe depuis déjà sept ans et vous avez deux EP à votre actif. Et trois ans après le dernier, « R(h)ope », vous sortez votre premier album « Pointless… ». Il vous fallait être fin prêts afin de proposer un long format qui a dû demander beaucoup de travail, vu le résultat ?

Sam : Je pense que c’était le moment, que les planètes étaient alignées. (Sourires)
« Pointless… » nous a demandé du temps, en effet. Comme beaucoup de musiciens, on a bénéficié du confinement, de l’arrêt des concerts pour travailler dessus. Le groupe est plus solide aussi, humainement et musicalement. Un contexte plus favorable en tous points.

– Justement « Pointless… » est parfaitement réalisé, tant au niveau des compositions que de sa production. Vous aviez le sentiment que votre jeu n’était peut-être pas suffisamment mature jusqu’ici et qu’il vous fallait être encore patients pour pouvoir vous exprimer pleinement, surtout dans un registre aussi travaillé ?

Sam : Pas vraiment. Nous n’avons jamais vraiment réfléchi au format. Nous avons enregistré nos deux premiers EP en fonction du temps qui nous était disponible à ce moment-là. Pour « Pointless… », on avait plus de temps et on a décidé de s’en donner plus en studio aussi. C’est ce qui a permis d’enregistrer ces huit morceaux qui, pour nous, fonctionnaient comme un ensemble.

– Le Post-HardCore de POINT MORT se démarque également de la scène nationale de par, notamment, la complexité de vos morceaux. De quelle manière procédez-vous pour les composer, compte tenu de leurs structures et des innombrables détails, qui sortent franchement de l’ordinaire ?

Simon : J’espère ne pas avoir l’air trop prétentieux, mais je crois que c’est quelque chose qui nous vient assez naturellement, en fait. En tout cas, ce n’est pas prémédité, on ne recherche pas la complexité pour la complexité. C’est surtout un aspect très présent dans la musique qui nous influence, donc ça nous paraît évident de ne pas aller vers des structures trop linéaires quand on écrit.

Il est également bien plus simple, à mon avis, de se repérer dans un morceau dans lequel tous les passages sont différents que dans une structure classique, où tous les couplets et refrains sont les mêmes ! Les cassures et les changements d’ambiance font que nous restons alertes et engagés dans le morceau en le jouant. On a tendance à s’ennuyer assez vite sinon !

– POINT MORT présente des arrangements très pointus, qui forment un édifice solide. Y pensez-vous dès le départ, ou c’est plutôt un travail de studio, qui se fait en aval ?

Simon : A l’échelle à laquelle nous travaillons, nous n’avons accès au studio qu’au moment d’enregistrer les morceaux. Tout le travail, de la composition, à l’arrangement puis à l’apprentissage des titres, doit avoir été fait avant d’arriver au studio, sans quoi, on est certain de perdre un temps précieux.

Pour autant, on ne peut pas dire que tout soit réfléchi ‘dès le départ’. Certaines idées d’arrangement n’arrivent qu’en fin de composition, mais il n’y a pas vraiment de règle préétablie…

– Pour revenir à votre album, il présente des atmosphères très variées qui pourtant débouchent sur un ensemble très cohérent. C’est difficile de vous suivre parfois, malgré un style très personnel qui devient d’ailleurs vite identifiable. Vous vous fixez un fil rouge, une ligne directrice ?

Simon : On cherche toujours à atteindre le fragile équilibre entre un morceau qui est intéressant à jouer pour nous les musiciens, mais qui reste cohérent pour les auditeurs. On écrit avant tout de la musique pour nous-mêmes, donc c’est important qu’on ne s’ennuie pas en jouant les morceaux. Mais si on ne suit que cette directive-là, on peut très vite se retrouver avec un morceau qui ne ressemble pas à grand chose. Parfois, il faut faire des compromis !

– Parlons de l’aspect vocal de POINT MORT avec ses passages clairs et d’autres growlés. J’imagine que ce sont les textes qui guident l’intensité et la puissance à employer à tel ou tel moment, non ?

Sam : Je compose de manière instinctive. C’est plutôt l’intensité qui dicte les mots en fait. Quand je commence à poser les lignes mélodiques, les morceaux sont généralement bien avancés. Je me jette un peu à l’eau et je lance les idées comme elles viennent. A partir de là, si les bases mélodiques nous plaisent, je commence à écrire. Les sonorités m’inspirent des mots, des thèmes. Je fonctionne plutôt dans ce sens-là. La mélodie est vraiment ce qui prime à mon sens.

– L’autre particularité du chant est de passer de l’anglais au français. Dans quels cas utilisez-vous l’un ou l’autre ? Pour faire passer certains messages ? Pour insister sur l’aspect poétique de certains textes ?

Sam : Ce sont les mélodies qui me dictent la langue. J’entends même parfois des langues que je ne maîtrise pas, à mon grand regret… D’ailleurs, on n’était tous pas très fan du français au départ. Mais c’est comme pour le reste : si on trouve tous que ça colle, on garde.

– Enfin, j’aimerais que l’on dise un mot sur le côté engagé et presque militant parfois de certains titres. L’inscrivez-vous pleinement dans votre démarche, au même titre que la musique en elle-même ?

Sam : Ah, je vois que tu as bien lu les textes. Parce qu’on nous en parle peu en fait. Pour la simple et bonne raison que j’aime utiliser une prose assez imagée quand j’écris. Mais oui, les thèmes sont engagés, car j’écris toujours sur des sujets qui me tiennent à cœur, me chamboulent, me révoltent… Mais comme ce n’est pas une écriture commune avec le reste des membres, et que je suis ‘la voix’ de ce groupe, on ne souhaite pas verser dans le  militantisme, non. Le groupe n’a pas à porter mes convictions intimes. Même si on est d’accord, la plupart du temps… et heureusement d’ailleurs. Disons que nous contestons,  mais que nous ne sommes pas là pour mobiliser l’opinion publique.

L’album de POINT MORT, « Pointless… », est disponible depuis le 29 avril chez Almost Famous.

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Groove Metal Heavy metal Metal Progressif Thrash Metal

Cobra The Impaler : morsure de Metal

L’énergie déployée par les Belges sur leur premier album fait plaisir à voir et surtout à l’entendre. Grâce à des morceaux dynamiques et mélodiques et un Metal à la fois massif et tranchant, COBRA THE IMPALER combine un Heavy Metal très actuel avec des envolées progressives intelligemment arrangées. « Colosal Gods » est taillé pour s’inscrire dans la durée.

COBRA THE IMPALER

« Colossal Gods »

(Listenable Records)

Pour son premier album, COBRA THE IMPALER n’a pas fait les choses à moitié. Cela dit avec un tel line-up, on pouvait attendre (et s’attendre) à quelque chose de solide de la part de son leader et guitariste Tace CD (ex-Aborded) à l’origine du projet. Il a enrôlé Dirk Verbeuren (Megadeth), le frontman Manuel Remmerie (Majestic Sun), James Falck (guitariste) et Michele De Feudis à la basse (The Almighty Mighty).

Très bien armés, les Belges ont donc bien des atouts et « Colossal Gods » est un opus très abouti, musclé et remarquablement bien mixé par Ace Zec (Haester, Customs), qui est d’ailleurs devenu le batteur officiel du quintet, le cogneur de Megadeth n’étant présent que sur l’enregistrement. Bien huilé et puissant, le Metal de COBRA THE IMPALER va puiser son style dans des registres aussi vastes que le Groove, le Thrash, le Heavy Metal, le Progressif avec même quelques touches Stoner façon Mastodon.

Affichant une dextérité imparable, les Belges impressionnent grâce à un jeu racé, des mélodies accrocheuses et des breaks aussi lumineux qu’aériens. COBRA THE IMPALER ose développer un style plein d’audace et de relief, bien porté par une production limpide et moderne (« Tempest Rising », « Blood Eyes », « Scorched Earth »). Intelligent dans son approche, le quintet enchaîne les riffs acérés, les rythmiques relevées et le duo au chant qui fait des merveilles entre growl dévastateur et chant clair.