Cette troisième réalisation de la formation nordique tient littéralement du rituel, tant son ambiance a quelque chose d’incantatoire. D’une grande noirceur, le contenu de « Hin Håle Blues » entretient la mystère à travers un Stoner Doom Metal à l’approche pachydermique. Pour autant, LASER DRACUL multiplie les climats et les tempos, laissant s’échapper quelques mélodies dans un environnement assez cérémonial. Très opaque, il se fond dans la pénombre.

LASER DRACUL
« Hin Håle Blues »
(Majestic Mountain Records)
Alors que Black Sabbath a définitivement tiré sa révérence et que Tony Iommi retrouve une seconde jeunesse en solo, LASER DRACUL nous replonge dans les belles heures d’un Heavy Metal fondateur sous le spectre d’un Stoner Doom envoûtant et délicieusement épais. L’atmosphère de ce nouvel opus est ténébreuse, clairement occulte aussi, et les six morceaux de « Hin Håle Blues » prennent le temps de bien vous saisir pour pénétrer dans cet univers, où la lumière a bien du mal à entrer. Et d’une voix lointaine, le combo nous appelle à le rejoindre…
Originaire d’une ville industrielle du centre du pays, le quatuor creuse son sillon depuis une décennie maintenant en poussant toujours plus loin son exploration d’un Metal sombre, teinté de psychédélisme. Avec ce troisième album, LASER DRACUL continue de peaufiner un Doom originel que l’on croirait directement échappé des années 70 et 80. Vintage à souhait,« Hin Håle Blues » a été enregistré dans le même studio que les deux autres opus et il continue son évolution avec un étonnant travail sur des atmosphères qui flirtent presque avec un Blues très obscur.
En effet, « Hin Håle Blues » signifie ‘Le Blues du Diable’ et on n’est donc pas surpris que le groupe s’inspire du folklore, des superstitions et des traditions les plus sombres de Suède. Ici, les riffs sont massifs, quasi-monolithiques, la rythmique est lourde et pesante et le chant semble provenir de menaçantes profondeurs. Sur un fuzz qui rappelle celui d’Electric Wizard, LASER DRACUL use de distorsions inquiétantes, afin d’imposer un Doom écrasant (« Bringer Of Light », « Walking The Left Hand Path », « Hornæus ») Egalement inspiré par Coven, il affiche une identité forte.

