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Hard'n Heavy

Axel Rudi Pell : l’institution

Depuis ses débuts en 1989 avec « Wild Obsession », AXEL RUDI PELL est l’un des musiciens les plus constants du Hard Rock et du Heavy Metal européen. Flamboyant et pourtant relativement discret, il mène une carrière irréprochable, malgré quelques creux, mais il ne déçoit que très rarement. Avec une signature sonore inimitable, il bénéficie d’un large succès d’estime, mais pas seulement, car ses fans sont aussi incroyablement nombreux à le suivre après tant de réalisations. Il a l’art de fédérer sans bousculer les codes, mais en y apportant cette touche très personnelle, qui a aussi construit le genre.  

AXEL RUDI PELL

« Ghost Town »

(SPV/Steamhammer)

Avec une régularité métronomique, le très prolifique AXEL RUDI PELL sort son 23ème album, « Ghost Town », et sur son label de toujours. Le musicien de Bochum est d’une infaillible fidélité, même si les changements ont été assez nombreux. Cela dit, le line-up s’est depuis un moment déjà stabilisé autour du chanteur américain Johnny Gioeli (Hardline), de l’ex-batteur de Rainbow et du Blue Öyster Cult Bobby Rondinelli, du bassiste Volker Krawczak (membre originel) et du claviériste Ferdy Doernberg. Un quintet chevronné qui perpétue une certaine tradition du Hard Rock, à la fois intemporel et aussi très international dans l’approche.

Contrairement à bon nombre de ses compatriotes, AXEL RUDI PELL est sans doute celui qui affiche le moins d’influences allemandes dans son jeu, ce qui le rend assez atypique sur sa scène nationale et forcément moins marqué que d’autres. Il faut aussi rappelé que le guitariste et compositeur s’est toujours tourné vers des chanteurs, notamment, issus d’autres pays. Et pas des moindres, puisqu’on se souvient de Charlie Huhn (Ted Nugent, Gary Moore) au tout début, puis Rob Rock (Impellitteri) et Jeff Scott Soto (Malmsteen, Talisman). Chacun a d’ailleurs marqué une époque à sa façon, mais Johnny Gioeli montre beaucoup de complicité avec ses partenaires.

Produit par ses soins avec l’expérimenté Tommy Geiger (Blind Gardian, Helloween) à ses côtés, l’Allemand offre un opus résolument Hard Rock, et donc beaucoup moins Heavy que par le passé, et c’est vraiment le registre dans lequel il excelle, d’autant que son frontman et le reste du groupe sont sur le même diapason. Si l’ensemble sonne actuel, on retrouve une touche et une ambiance globale très 70’s/80’s (« Guillotine Walk », « Ghost Town », « Holy Water », « Sanity », « Steps On Stone » ou encore « Breaking Seals » en duo avec Udo Dirkschneider). Classique et efficace, AXEL RUDI PELL poursuit sa route et demeure un redoutable six-cordiste.

Photo : Kai Hoffmann

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Classic Hard Rock Rock Progressif

Deep Purple : back on throne

Toutes les icônes du Rock ont connu une (voire plusieurs) traversée du désert, plus ou longues d’ailleurs, au fil de leur carrière. DEEP PURPLE n’a pas échappé à la règle et vient renouer sur ce très bon « =1 » avec ce feu qui brûle depuis si longtemps chez lui. Grâce à des parties de guitares et de claviers étincelantes, un chant d’une justesse absolue et une rythmique toujours impeccable, le groupe affiche une seconde jeunesse avec une belle énergie, des mélodies soignées et une foi retrouvée. Les Anglais perpétuent leur légende et regagnent une dimension digne de leur statut.    

DEEP PURPLE

« =1 »

(earMUSIC)

Comme le veut la tradition chez DEEP PURPLE, nous sommes donc dans l’ère de la ‘Mark IX’, puisque les Britanniques accueillent de façon permanente le guitariste Simon McBride. Suite au départ de Steve Morse auprès de sa femme atteinte d’un cancer et décédée en février dernier, c’est donc l’Irlandais qui reprend le poste et il le fait avec beaucoup de classe. Les successions ne sont jamais évidentes, et celle-ci est irréprochable. Aussi humble que terriblement efficace et virtuose, son jeu sur son premier opus n’a rien de timide, mieux, il apporte un souffle nouveau et un peu de fraîcheur, tout en respectant l’institution.

Donc, sans faire preuve d’une audace démesurée, le six-cordiste se montre à son avantage et on retiendra aussi cette formidable complicité avec Don Airey, dont les claviers retrouvent leur éclat et leur impact. Il faut dire qu’après le navrant « Turning To Crime », qui avait montré l’une des pires images de DEEP PURPLE depuis longtemps, on pouvait légitimement se poser des questions sur l’avenir musical et créatif du groupe. Mais c’était sans compter sur Ian Gillian, Roger Glover, Ian Paice leurs complices, toujours animés par la même passion et qui, sous la houlette de Bob Ezrin à la production, font étalage d’une inspiration retrouvée.

L’une des choses qui va réconcilier beaucoup de monde avec ce nouvel opus DEEP PURPLE, c’est l’enthousiasme et la maîtrise totale de son frontman. S’il n’a plus rien à prouver depuis longtemps, Ian Gillian semble épanoui durant les 13 morceaux de « =1 ». Avec des mélodies et un songwriting des grands jours, on retrouve les sensations passées, où Hard Rock et Rock Progressif se rejoignent si naturellement (« Show Me », « A Bit on The Side », « Now You’re Talking », « Portable Door », Pictures Of You », « Bleeding Obvious »). Rien ne semble pouvoir arrêter le quintet et on n’osait même plus imaginer un tel album de sa part.   

Découvrez aussi le dernier album solo de Simon McBride :