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Dark Gothic Doom Neo-Folk

Chelsea Wolfe : un halo réconfortant

Pour son neuvième opus, l’Américaine parvient encore à surprendre, malgré un environnement désormais familier. Artistiquement insaisissable, CHELSEA WOLFE prolonge la voie prise sur son précédent effort et approfondit même son propos. Son regard sur l’existence oscille entre des ambiances feutrées apaisantes et des mouvements carrément Doom, où le Metal fait une discrète apparition dans une néo-Folk d’une grande richesse sur ce « The Dark », qui brise les codes avec beaucoup de classe.

CHELSEA WOLFE

« The Dark »

(Loma Vista Recordings)

Tenter de définir sa musique est quelque chose dont la Californienne ne s’encombre plus depuis longtemps. Pour comprendre l’univers de CHELSEA WOLFE, il suffit d’y entrer et de se laisser happer par cette douce mélancolie aux puissants éclats lumineux. Depuis un peu plus de vingt ans, elle se façonne une identité artistique unique, dont beaucoup se réclame d’ailleurs aujourd’hui dans la nouvelle génération. Pour autant, on peut s’en approcher, certes, mais marcher dans ses pas relève du parcours du combattant, car le chemin est très sinueux.

Rangées sous une bannière assez gothique et empruntes d’une certaine poésie, les compositions de CHELSEA WOLFE sont d’une étonnante fluidité, un contraste supplémentaire au regard des tumultes passés qui ont jalonné sa vie. Si ceux-ci ont d’ailleurs pu alimenter ses précédents albums, elle s’est offert un nouveau départ depuis le très bon « She Reaches Out To She Reaches Out To She » et si les ténèbres ne sont jamais loin, le ciel s’est très largement éclairci. « The Dark » n’est pas si sombre qu’il n’y paraît, bien au contraire, il est presque réconfortant.

Une fois encore, CHELSEA WOLFE joue sur le symbolisme, bien aidé en cela par Jennifer Decilveo, venue prêter main forte à la compositrice. Alternant les tessitures organiques, grâce à une approche guitaristique mêlant l’acoustique et l’électrique, et des sonorités plus froides et presque Indus, la néo-Folk polymorphe de « The Dark » libère beaucoup de volume et offre un large champ d’action à des mélodies fortes et délicates. Puis, l’intimité des textes met en lumière une sensibilité à fleur de peau, non-dénuée d’une détermination et d’une constante assurance.

Photo : Magdalena Wosinska

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Grunge

Grey Daze : still alive

Avec GREY DAZE, beaucoup ont découvert le tout premier groupe de Chester Bennington, devenu par la suite l’emblématique frontman de Linkin Park. Après un très bon « Amends », les Américains font revivre leur chanteur disparu avec ce tonique « The Phoenix », concentré de Rock Grunge efficace et toujours estampillé 90’s.

GREY DAZE

« The Phoenix »

(Loma Vista Recordings)

Avant d’œuvrer chez Linkin Park, Chester Bennington avait monté GREY DAZE qu’il a mené de 1993 à 1998, puis de nouveau en 2017 avant sa disparition. Deux ans après « Amends » qui contient des morceaux de la première période, « The Phoenix » revient avec des titres sur lesquels le défunt chanteur travaillait au moment de la reformation du groupe et qui, par la force des choses, n’ont pas pu être achevés à l’époque.

Les fondateurs Sean Dowdell (batterie), Mace Beyers (basse) et Cristin Davis (guitare), recruté en 2017, se sont donc remis au travail soutenus par leur entourage et la famille de Chester Bennington. Et « The Phoenix », en plus de bien porter son nom, est plus que convaincant. L’album sonne très actuel et le Rock Grunge de GREY DAZE n’a pas pris une ride, loin de là !

Moins dans l’émotion que sur « Amends », GREY DAZE donne dans le costaud avec des compos très homogènes, fraîches et percutantes (« Saturation (Strange Love) », « Anything Anything », « Starting To Fly », « Drag », « Hole »). Une chose est sûre, « The Phoenix » est loin d’être un album constitué de chutes de studio. Il est construit, très bien produit et surtout il évite bien des clichés.