Catégories
Heavy metal

Siska : a rippin’ story

Dix ans après sa création, SISKA prend un virage important dans sa courte carrière discographique. Avec « Broken Dreams », sa deuxième réalisation, il place la barre assez haut en se donnant les moyens de marquer les esprits. Doté d’une production massive et aérée et présentant une interprétation irréprochable, les Transalpins ont également un argument de poids, puisque c’est le chanteur Tim ‘Ripper’ Owens, qui vient apporter son expérience à la formation. Et si le pari est audacieux, le résultat est lui aussi convaincant.

SISKA

« Broken Dreams »

(Independant)

Fondé en 2015 du côté de Venise en Italie par le guitariste et compositeur Mattia Sisca, on peut dire que ce dernier ne manque pas de ténacité et encore moins de suite dans les idées. Après un premier effort sorti en 2018, « Romantic Dark & Violent », qui reçut un accueil assez confidentiel, le musicien est de retour avec un groupe solide. SISKA est donc un combo chevronné aguerri à la scène pour avoir ouvert pour de grands noms et c’est presque assez logiquement qu’il se présente avec un deuxième album à la hauteur de ses ambitions. Et c’est franchement réussi.

Et la première évidence qui atteste de cette reprise en main musclée est la présence au chant de Tim ‘Ripper’ Owens, homme de projet s’il en est. Lui qui a toujours gravité autour d’une sphère musicale proche de celle de Judas Priest, puisqu’il y a brièvement tenu le micro, ainsi qu’avec Iced Earth et aujourd’hui KK’s Priest, est loin d’être à contre-emploi avec SISKA. Un sacré pari aussi pour les Italiens et l’Américain trouve facilement ses marques et imprègne sa touche grâce à une voix vite identifiable. Pourtant, c’est surtout sa faculté d’adaptation qu’on saluera ici.

Pour l’aspect production, SISKA a carrément fait appel à Max Norman qui a rendu de belles copies pour Ozzy et Megadeth et qui assure le mix et le mastering de « Broken Dreams ». Musicalement, le quintet se présente avec un Heavy Metal assez classique et efficace. Construit sur une structure conceptuelle avec quelques passerelles instrumentales bien senties (« Last Days », « Daydream », « The Inexorable Passage Of Time »), et les morceaux puissants et accrocheurs ne manquent pas (« Gangster », « We’ll Return », « Lonely Tomb », «  Thunderbird », « Mother Nature »). Une belle copie.

Catégories
Heavy metal

KK’s Priest : les fantômes du passé

Grand artisan du Heavy Metal et incontournable acteur de la NWOBHM, le guitariste et compositeur KK Downing remet le couvert avec un nouveau combo, dix ans après son départ de Judas Priest. Même si l’effort est louable, KK’S PRIEST et « Sermons Of The Sinner » ne rivalisent pas avec l’ancienne formation du Britannique, dont elle est une bien pâle copie. Il y a toujours des départs que l’on regrette…

KK’S PRIEST

« Sermons of the Sinner »

(Explorer1 Music Group)

Inutile de présenter KK Downing, fondateur et guitariste de Judas Priest pendant des décennies. Parti en 2011 avec pertes et fracas de son groupe, le voici de retour sous le nom de KK’S PRIEST entouré de musiciens qu’il connait bien. Au chant, Tim ‘Ripper’ Owens, qui a œuvré de 1996 à 2003 chez la légende anglaise en remplacement du grand Rob Halford, tient le micro entouré de A.J. Mills (Hostile) à la guitare, Tony Newton (Voodoo Six) à la basse et Sean Elg (Deathriders, Cage) à la batterie. Autrement dit, du beau monde.

Si les trois premiers singles (« Hellfire Thunderbolt », « Sermons Of The Sinner » et « Brothers Of The Road ») laissaient entrevoir un Heavy Metal, certes classiques mais vigoureux, l’album en lui-même peut laisser perplexe. En effet, la nouvelle formation du six-cordiste renoue surtout avec les débuts de NWOBHM, ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose. Ainsi, deux lectures de KK’S PRIEST s’offrent à l’auditeur. Soit on y voit un témoignage nostalgique et la transmission d’une époque, soit un coup d’épée dans l’eau.

A commencer par «  The Return Of The Sentinel » qui n’est autre que la suite de « The Sentinel », sorti par Judas en 1984. Le sentiment qui prédomine sur « Sermons Of The Sinner » est cette impression de déjà-vu à travers des morceaux très consensuels et peu originaux. KK’S PRIEST aurait pu sortir cet album dans les 80’s, tant la production est également vintage. On croirait même écouter un vieux Maiden par moment, c’est dire ! Le disque en lui-même n’est pas mauvais, on peut juste s’interroger sur son apport artistique.