Entre un post-NWOBHM et un héritage du Heavy Metal américain assumé, le nouveau supergroupe livre un premier album éponyme qui fait le lien avec tellement d’évidence et de naturel que c’était peut-être le combo que l’on attendait pour un véritable renouveau du genre. Initié par le guitariste californien Bob Balch (Fu Manchu, Big Scenic Nowhere, Slower) et le batteur du Minnesota Pete Campbell (ex-Pentagram), le bassiste suédois Fredrik Isaksson (Dark Funeral) et le chanteur de l’Ohio Terry Glaze (ex-Pantera, première période) ont rapidement rejoint les rangs d’AXE DRAGGER et les idées ont aussitôt fuzzé. Il en est ressorti dix morceaux puissants, mélodiques et rassembleurs, auxquels aucun fan de Heavy Metal, dans ce qu’il a de plus audacieux et traditionnel, ne pourra résister. Entretien avec un quatuor expérimenté, inspiré et techniquement imparable.

– On sait que la technologie permet aujourd’hui beaucoup de choses, mais comment vous êtes-vous retrouvés tous les quatre autour de ce projet ? Et y a-t-il un entremetteur derrière tout ça ?
Bob : Au départ, je travaillais avec Pete Campbell de Pentagram sur des riffs. Il m’avait contacté et je rêvais de faire un album de Metal Old School. J’ai grandi avec Riot, Dio, Judas Priest, Black Sabbath, Scorpions, Savatage, Armored Saint, etc… Alors, j’ai commencé à lui envoyer des morceaux et il me renvoyait ses pistes de batterie. On a parlé de chanteurs et j’ai suggéré Terry Glaze, qui avait joué aux débuts de Pantera. On lui a envoyé le morceau « Axe Dragger » et sa voix nous a bluffés. On savait qu’on tenait quelque chose d’exceptionnel. Pete a suggéré Fredrik de Dark Funeral à la basse. Et il a assuré, lui aussi. Une fois le line-up au complet, on a enchaîné les morceaux à toute vitesse. Et en neuf mois environ, on avait un album complet.
Pete : Bob et moi échangions des riffs pour d’éventuelles nouvelles chansons de Pentagram avant mon départ, et nous avons décidé de prendre une direction complètement différente et de voir où cela nous mènerait. Les riffs continuaient d’affluer, j’ai commencé à y ajouter de la batterie, et il était indéniable que nous devions poursuivre et explorer toutes les possibilités. Ce qui avait commencé comme un projet est devenu un véritable groupe !
Terry : C’est vrai que Bob m’a demandé si je voulais chanter sur un morceau et le reste appartient à l’histoire.
Fredrik : Eh bien, j’ai rencontré Pete à des festivals. Il était là avec Pentagram et moi avec Dark Funeral. On a commencé à discuter et on avait les mêmes goûts musicaux, alors on s’est dit qu’on devrait faire quelque chose ensemble. On a continué à composer et un jour, il m’a dit : « C’est parti ! » Lui et Bob faisaient du Heavy Metal des années 80, un truc que j’adore, alors j’ai dit : « Carrément ! ». (Sourires)

– Une fois que vous avez constitué le line-up d’AXE DRAGGER, vous avez travaillé pendant un an à distance sur les morceaux de l’album. Même si cela peut être pratique à bien des égards, le travail de composition et d’arrangement n’aurait-il pas été plus facile tous ensemble ? Et plus chaleureux peut-être aussi…
Bob : Pas vraiment. C’est plus facile de faire des ajustements ‘directement dans le logiciel’, si l’on peut dire. J’ai composé la majeure partie de la musique, à l’exception de « The Damned Will Cry », dont Pete a composé la musique. Je fixais simplement un BPM et j’improvisais sur un rythme pendant une dizaine de minutes. Ensuite, je reprenais le tout et je réduisais le morceau à quatre minutes. De cette façon, il conserve tout son feeling.
Pete : C’était vraiment facile d’enregistrer cet album à distance, car tous les participants sont de vrais pros. Et pour ma part, c’était passionnant, car je ne savais jamais quel riff allait arriver. Recevoir les pistes de basse et de chant et les entendre pour la première fois pour chaque morceau, c’était comme être un enfant à Noël ! Nous vivons tous dans des Etats et des pays différents, et nous avons d’autres projets et des obligations familiales, donc c’était la seule solution envisageable. Bien sûr, ce serait génial de se retrouver tous ensemble en studio pour composer, et on le fera peut-être pour le prochain album.
Fredrik : Personnellement, je n’ai pas écrit de chansons, juste quelques lignes de basse, bien sûr. Je pense qu’on peut composer de la très bonne musique en dehors du travail, la preuve ! (Rires) Plus sérieusement, c’est une excellente méthode pour travailler sur des chansons.

– Ce qui peut surprendre aussi, c’est que vous venez tous les quatre d’horizons musicaux assez différents. Le choix de vous focaliser sur un Heavy Metal très 80’s, avec un fond Stoner tout de même, a-t-il été un choix évident et collectif ? Car, finalement, ce qui peut vous rapprocher sont peut-être des influences qui remontent à bien plus loin dans vos parcours respectifs ? Votre jeunesse ?
Bob : Notre jeunesse a certainement joué un rôle. On a parlé du style des années 80. Je voulais un son puissant et un peu brut. Un peu menaçant, si tu veux.
Pete : Je suis sûr de parler au nom de tous : on adore tous le Metal Old School ! C’est dans notre sang et je pense que c’est cette influence et cette vague qui nous ont réunis, c’est certain !
Fredrik : Bob et Pete ont parlé de faire du Heavy Metal des années 80 dès le début, je crois, et j’en suis ravi. J’adore vraiment ça, c’est la musique avec laquelle j’ai grandi et celle que j’écoute encore tous les jours.
Terry : En effet, je pense que la diversité de nos influences est aussi l’une de nos forces.
– L’une des choses assez marquante aussi, c’est que vous semblez tous, sauf peut-être Terry, être à contre-courant de votre habituel jeu, comme si vous souhaitiez vous en détacher. Est-ce le cas ? Et aviez-vous envie d’une aventure totale avec ce groupe ?
Bob : Ce n’était pas mon intention. Je joue toutes sortes de styles dans différents projets. J’adore la guitare Jazz, le vieux Metal, le Rock psychédélique, les jams ‘smooth’ des années 70, etc… C’était juste le bon moment pour ressortir du bon vieux Metal. En plus, j’en mettais beaucoup en ligne, ce qui a contribué à raviver l’envie.
Pete : Personnellement, c’était un vrai bol d’air frais de rejouer ce genre de musique après les 20 dernières années de Doom Metal. Chacun a pu montrer son talent musical et se lancer des défis, et c’est bien là l’essentiel ! (Sourires)
Fredrik : C’est très différent du Black Metal que je joue avec Dark Funeral, mais ça reste mon genre préféré. Même si, bien sûr, j’adore jouer les deux.

– AXE DRAGGER remonte à l’âge d’or du Heavy Metal, dont Terry a d’ailleurs été un acteur et un témoin de premier ordre dans les années 80. Sur l’album, il y a une intensité et une force mélodique que l’on retrouve assez peu aujourd’hui. Et malgré la distance entre vous, il y a une atmosphère très live sur les morceaux. L’idée était-elle d’être le plus direct et le plus brut possible ?
Bob : Oui. Même si nous avons tous enregistré séparément, je tenais vraiment à ce que l’album conserve un son live. C’est assez facile à obtenir au mixage. J’ai déjà fait quelques albums comme ça, surtout avec le groupe Slower, donc je connaissais bien le processus.
Pete : Je crois que c’est exactement ce qui est ressorti, et pour moi, c’est très rare. L’alchimie entre nous tous, en tant que groupe, est incroyable, surtout pour des musiciens qui n’avaient encore jamais joué ensemble auparavant. Et j’ai vraiment hâte de présenter ça sur scène !
Fredrik : Oui, on voulait vraiment faire un album de Metal des années 80, mais actuel dans le son. Et je trouve que tout le monde a fait un super boulot.
– « Axe Dragger » renoue aussi avec l’esprit des premiers albums de Judas Priest et Riot notamment. Un pont entre l’Europe et les Etats-Unis qui donne à l’album une saveur particulière, sans pour autant que ce soit trop « underground » dans l’approche. Est-ce finalement votre expérience personnelle qui vous permet de surpasser les codes et rafraîchir ainsi le Heavy Metal Old School ? Certains caps deviennent aussi plus facile à franchir, non ?
Bob : Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, mais oui, c’est un mélange de NWOBHM et de Metal américain. J’adore les deux, donc ça paraît logique.
Pete : Je le pense aussi. La musique est universelle. Je pense que le Heavy Metal Old School a besoin d’un nouveau souffle et je suis fier que nous y ayons contribué !
Fredrik : On a tous grandi avec le Metal des années 80, et forcément, c’est plus facile de s’y identifier et d’en jouer quand on a ça dans le sang ! (Rires)

– Et bien sûr, l’un des atouts majeurs de l’album est le son et sa production. Etait-ce essentiel pour vous de recourir aux services de personnes avec un profil tel que ceux de Brian Scheuble (Mötley Crüe, Whitesnake) et Dave Collins (Metallica, Soundgarden) ? Sont-ils aussi les garants de votre son, grâce à leur expérience et leurs connaissances du style ?
Bob : Ils nous ont tous deux beaucoup aidés. Brian surtout. Il avait un sens du détail incroyable et savait exactement ce qu’on recherchait. J’avais déjà travaillé avec Dave Collins sur l’album de Fu Manchu « The Action Is Go », et il avait fait un travail formidable. Carl Saff s’est aussi occupé du mastering du vinyle. Il a travaillé sur un grand nombre de mes projets et sur les derniers albums de Fu Manchu.
Terry : Je connais et travaille avec Brian Scheuble depuis des décennies, et je savais qu’il était l’homme idéal pour ce projet. Et je tiens également à remercier Mike Herrington pour ses paroles exceptionnelles.
Pete : Ce fut un véritable honneur de collaborer avec ces messieurs sur cet album ! Deux légendes dans leurs domaines respectifs, qui lui ont véritablement donné vie ! Nous avions déjà des morceaux fantastiques, mais c’est grâce à eux que l’album est devenu une véritable machine faite pour la scène !
Fredrik : C’est génial d’avoir Brian et Dave avec nous. Ils ont vraiment fait un super boulot sur cet album. Ils travaillent seulement avec de bons groupes et maintenant avec AXE DRAGGER… Je suis presque sans voix ! (Rires)
– Enfin, il y a une question que tous les amoureux de Heavy Metal vont se poser après avoir écouté l’album : vous verra-t-on sur scène bientôt, car cela s’annonce explosif, tant « Axe Dragger » est fédérateur ? On s’attend à une vraie communion !
Bob : Nous sommes en train de planifier cela. Nous envisageons des concerts aux Etats-Unis cette année et des festivals en Europe pour 2027 !
Pete : Des discussions sont en cours et je suis certain qu’on montera bientôt sur scène ! On a tellement hâte de tout déchirer ! Restez connectés !
Fredrik : Carrément ! On a vraiment envie de faire une tournée avec AXE DRAGGER. On espère que ce sera cette année.
Terry : Nous espérons tous vous voir très bientôt !
L’album éponyme d’AXE DRAGGER est disponible chez Ripple Music.

