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Blues

Jimmy Vivino : vif et mordant

Tout en jetant un regard assez acerbe sur son pays et sa politique, JIMMY VIVINO libère un Blues authentique avec un savoir-faire permanent et surtout des idées plein la tête. Aux guitares, derrière le micro, à l’orgue et au piano, il se fait chef d’orchestre de « Gonna Be 2 Of Those Days », d’où s’échappent d’autres guitares, acoustiques et électriques, de l’harmonica et même de l’accordéon. Parfaitement accompagné, le musicien est lumineux, virevoltant et plein d’humour. Le tout sur une production irréprochable et pleine de relief.

JIMMY VIVINO

« Gonna Be 2 Of Those Days »

(Gulf Coast Records)

Fort d’une carrière exceptionnelle, notamment en tant que directeur musical sur la télévision américaine, JIMMY VIVINO est un touche-à-tout de talent, compositeur, producteur, ainsi que chanteur, guitariste et claviériste. Mais il est surtout un grand bluesman et « Gonna Be 2 Of Those Days » vient confirmer son intarissable inspiration. Sur près d’une heure et onze morceaux, il présente un panel assez incroyable d’approches différentes du Blues. Car cet album a quelque chose d’insaisissable dans sa diversité et c’est sa force.

Pour l’anecdote, il est également membre du dernier line-up de Canned Heat et a donc joué sur le dernier très bon « Finyl Vinyl » sorti il y a quelques mois, qu’il a aussi co-produit. On comprend ainsi beaucoup mieux le retour si enthousiasmant du combo. Mais c’est avec des chansons originales, et aucune reprise, que JIMMY VIVINO signe cette nouvelle réalisation qui est également sa première chez Gulf Coast Records, le label de Mike Zito. Et ce n’est pas tout, car il nous gratifie de quelques autres surprises de taille.

La première est dévoilée dès le premier titre, « Blues In The 21st », avec Joe Bonamassa qui surgit avec une slide de grande classe. Une entrée en matière qui en dit déjà long sur les intentions en termes d’exigence de JIMMY VIVINO. Son Blues se fait ensuite plus narratif et traditionnel, mais aussi funky, Honky-Tonk et presque Americana. Puis, c’est à John Sebastian, songwriter américain de Folk Rock, de s’immiscer sur « Beware The Wolf », et « Back Up The Country » en clin d’œil à Joni Mitchell. Classe et très engagé !  

Photo : Ali Hasbach

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Blues Rock Boogie Blues

Canned Heat : alive

Evidemment, le Boogie Blues de CANNED HEAT a pris quelques rides, se montre peut-être moins fougueux et aventureux, mais il demeure toujours aussi enveloppant, chaleureux et surtout on y perçoit sans peine tout le plaisir qu’éprouvent les quatre musiciens à perpétuer un héritage, qui est finalement le leur. Avec « Finyl Vinyl », les Californiens montrent qu’ils sont toujours capables et légitimes à entretenir ce son qui a bercé tant de générations. Et lorsque c’est fait de cette manière, il serait déplacé de cracher sur ces talents si perceptibles.

CANNED HEAT

« Finyl Vinyl »

(Ruf Records)

J’entends déjà les grincheux vociférant au sujet de la chronique d’un nouvel album de CANNED HEAT qui, avant même y avoir posé une oreille, doit forcément être mauvais ou, au mieux, sans intérêt. Et pourquoi ne pas parler d’un nouveau disque des Rolling Stones tant qu’on y est ? Mais il faut bien être un peu taquin au risque de devenir trop consensuel ou carrément chiant, non ? Alors, c’est vrai qu’il n’y a plus aucun membre de la formation originelle fondée à Los Angeles en 1965, car même le batteur Fito de la Parra n’est apparu que sur le légendaire « Boogie With Canned Heat », le seulement deuxième opus du groupe.

Cela dit, Dale Spalding (harmonica, chant), Fito de la Parra (batterie), Jimmy Vivino (guitare, claviers, chant) et Richard Reed (basse) ne sont pas des perdreaux de trois semaines, et autant le dire tout de suite : ça joue et ça joue même très bien. Et la jeune scène actuelle pourrait même prendre quelques notes, tant elle se montre souvent insipide. Mais revenons à CANNED HEAT et ce « Finyl Vinyl », première réalisation depuis une grosse quinzaine d’années. Très bien produit, on retrouve les Américains sur onze morceaux où ils déroulent leur fameux Boogie Blues, guidé par un feeling toujours très présent.   

Sans être transcendant pour autant, on se régale surtout de retrouver cet harmonica envoûtant et tellement identifiable, tant il représente à lui seul le son et la chaleur de la mythique formation. De même que la slide, qui emporte quelques titres, CANNED HEAT n’a rien perdu de son ADN, car il y en a un, malgré la presque cinquantaine d’artistes qui s’y sont succédés. De l’oriental instrumental « East/West Boogie » à « One Last Boogie », « Goin’ To Heaven (In A Pontiac) », « Blind Own » dédié à Alan Wilson ou encore « So Sad (The World’s In A Tangle) », « When You’re 69 » ou « Independence Day, » le moment est agréable… très !