C’est l’immédiateté qui séduit en premier lieu à l’écoute d’« Overdrive ». Ce cinquième effort du songwriter est à son image : authentique et accrocheur. MARC AMACHER est rompu à la scène et cela s’entend. Presque épurés, ses nouveaux morceaux sont sans détour, mais non sans finesse. Chez lui, la frontière entre le Blues et le Rock est mince et c’est précisément ce qui le rend insaisissable et d’une incroyable fraîcheur. Attachant et dynamique, le style du musicien helvète est aussi costaud que mélodique.
MARC AMACHER
« Overdrive »
(Hoboville/Label Pool)
Faisant suite à « Load » paru l’an dernier et qui lui a valu une belle mise en lumière, « Overdrive » se pose comme un concentré de Blues Rock pour le moins percutant. Celui qui avait fait sensation il y a dix ans lors de l’émission ‘Voice Of Germany’ en a parcouru du chemin et ne cesse d’affirmer une identité artistique originale. Avec une voix reconnaissable entre toutes, MARC AMACHER met un coup de boost à la tradition en y insufflant un élan très Rock avec une sincérité brute de décoffrage et une approche sans filtre, qui font franchement plaisir.
Avec « Overdrive », le chanteur et guitariste livre un nouvel album terriblement humain et le traitement de la production y est pour beaucoup. Alors qu’il aurait été enregistré dans un abri anti-aérien, c’est surtout son explosivité qui ressort, même si MARC AMACHER brille aussi sur des titres plus délicats. Très bien accompagné par un groupe direct et efficace, le bluesman déploie une chaleur et une proximité que l’on retrouve assez peu dans les réalisations actuelles. Frôlant souvent la saturation, le groove est épais et les refrains entêtants ne vous lâchent plus.
Dès l’entame avec le turbulent « Hell Yeah (Here I Am) », ses intentions sont claires et la générosité avec laquelle il embrasse et embrase ce nouvel opus est exceptionnelle. Entre slide, dobro et cigarbox, MARC AMACHER montre l’étendue de son jeu avec beaucoup de feeling et d’intensité, sans se perdre dans des démonstrations hasardeuses (« Streets Are Golden », « Dark Knight », « Cash Smash Boogie », « Well »). Et l’un des moments forts d’« Overdrive » est sans conteste l’excellent duo avec la chanteuse Katarina Michel, « Can’t Beat Time », à la fois tendre et puissant.
Trois ans après un premier album, « Jukebox Gypsies », qui les a fait émerger de la bouillonnante scène de Nashville, les desperados de PARKER BARROW ont pris du volume et de l’assurance. Toujours ancré dans un Southern Rock aux riffs ravageurs et aux envolées d’orgue captivantes, le groupe emmené par le couple Megan Kane à l’incroyable puissance vocale et Dylan Turner, derrière les fûts et à la composition, poursuit son ascension de belle manière. Suivant également les codes modernes de l’industrie musicale tout en conservant une approche très roots, le sextet a enchaîné les singles avant de livrer « Hold The Mash », un deuxième opus qui compile leurs compositions de ses dernières années. Une bonne occasion pour en parler avec son batteur et fondateur.
– Tout d’abord, près de huit ans après sa formation, PARKER BARROW en a fait du chemin entre de nombreux concerts, deux albums et un EP entre les deux. Pour vous suivre depuis « Jukebox Gypsies », je trouve votre progression assez incroyable. Avez-vous senti un point de bascule dans votre jeu à un moment donné, ou est-ce une évolution très naturelle pour vous ?
Je pense que l’évolution a été très naturelle. Megan et moi avons commencé toutes les deux il y a presque huit ans, et depuis, nous avons eu la chance d’accueillir de nombreuses personnes incroyables dans le groupe. Chacune apporte sa propre touche musicale, enrichissant en quelque sorte les sonorités que nous avions en tête depuis des années.
– L’an dernier, votre EP « Hold The Mash » avait conforté le bel élan pris depuis vos débuts. Pourquoi aviez-vous décidé de ne sortir qu’un format court plutôt qu’un album complet ?
C’est la réalité d’aujourd’hui, avec le streaming musical. On reste nostalgiques de l’album dans son format et de la possibilité d’offrir à l’auditeur l’opportunité de découvrir notre musique sous cette forme. Mais avec le streaming et les différentes façons d’écouter de la musique, il est important de sortir régulièrement des titres pour maintenir l’intérêt du public.
– Ce deuxième album porte d’ailleurs le titre de votre EP et il est complété de trois nouveaux morceaux, dont la reprise des Black Crowes « My Morning Song ». Pourquoi vous êtes-vous précipités ainsi ? Vous sentiez qu’il fallait profiter de la belle dynamique en cours, à moins qu’il vous paraissait peut-être incomplet ?
Je ne crois pas que nous nous soyons sentis pressés. Par ailleurs, « My Morning Song » est un incontournable de nos concerts depuis des années et nous savions que nous voulions inclure une reprise sur cet album, alors ça nous a semblé tout à fait naturel.
– D’ailleurs, l’essentiel des chansons de « Hold The Mash », c’est-à-dire l’EP inclus, est sorti en singles. Est-ce qu’aujourd’hui le format de l’album vous paraît obsolète compte tenu de l’impact des plateformes numériques dans les habitudes d’écoutes, même si celles-ci sont aussi d’une certaine façon biaisées ?
Je pense que les albums ont encore toute leur place. C’est pourquoi nous avons réuni les titres sortis en singles et sur l’EP dans un album. Comme je te le disais, nous adorons l’idée de l’album et ce qu’il représente pour nous, en tant que groupe et aussi en tant que fans de musique.
– La composition et l’enregistrement des nouveaux morceaux complétant l’album se sont faits durant ces derniers mois, j’imagine. Est-ce que vous avez changé quelque chose dans votre fonctionnement après vos expériences précédentes ?
En fait, nous n’avons pas vraiment de processus standard. Chaque chanson est unique et se doit d’être traitée comme telle. Nous ne nous focalisons pas sur le processus. Nous laissons la chanson s’exprimer et se développer naturellement.
– Le choix de cette reprise des Black Crowes est très cohérent et parfaitement en phase avec votre univers musical, puisqu’elle associe les racines du Southern Rock et la modernité de la nouvelle génération. Est-ce pour cette raison que vous l’avez choisie, et aussi parce que c’est unechanson que vous jouez régulièrement en concert ?
Oui, c’est un morceau qu’on joue depuis des années. On trouve qu’il met vraiment en valeur toutes les facettes de notre groupe : les duels entre les guitares et l’orgue et bien sûr la voix de Megan. C’est un morceau qui change toujours l’atmosphère et l’ambiance de nos concerts. On adore tous le jouer ensemble.
– Est-ce qu’avec le recul depuis l’EP, vous pensez que « Hold The Mash » représente aujourd’hui toutes les facettes de PARKER BARROW ? Et avez-vous justement profité du fait que ce soit votre deuxième album pour expérimenter plus de climats, car il est très varié au final ?
Je pense que « Hold The Mash » résume parfaitement où nous en sommes en tant que groupe actuellement. Je crois que c’est ce qu’on essaie de faire avec n’importe quel album : créer une trace tangible de nous-mêmes, un témoignage de notre évolution en tant que groupe. A mon avis, « Hold The Mash » y parvient parfaitement.
– Enfin, vous êtes basés dans la très foisonnante cité de Nashville. Est-ce pour cette raison que vous restez toujours indépendants ? Face aux nombreux groupes présents, un label ne vous serait-il pas utile pour vous imposer dans cette jungle musicale très débridée ?
Nous avons tendance à nous concentrer uniquement sur ce que nous pouvons contrôler : notre attitude et nos efforts. Nous n’accordons pas beaucoup d’importance au reste. Actuellement, notre travail consiste à composer une musique qui nous ressemble et que nous prenons plaisir à créer et à jouer. Nous avons la chance de pouvoir le faire et nous en sommes pleinement conscients. Si un jour nous sentons qu’un élément extérieur à notre activité actuelle pourrait nous aider à atteindre cet objectif, nous l’explorerons, mais pour l’instant, ce n’est pas notre priorité.
Le nouvel album de PARKER BARROW, « Hold The Mash », est disponible sur le site du groupe, tout comme les billets de leur prochaine tournée en Angleterre, qui débutera le 25 novembre : www.weareparkerbarrow.com
Photos : Ryan Alexander (1, 3) et Joe del Tufo (4).
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Venue s’installer à Portland il y a quelques années, la bassiste et chanteuse a quitté son Australie natale, où elle était pourtant considérée comme la ‘First Lady Of The Blues’ de son île. Extravagante et sexy, la musicienne joue de provocation à travers ses chansons et c’est peut-être aussi ce qui la rend si attachante. Sorti il y a quelques semaines, son septième album, « Men Are Like Potato Chips », la dévoile un peu plus, d’autant qu’elle y fait une place à son fils au chant. Irrésistible, ANNI PIPER se montre d’une grande polyvalence, parfaitement à son aise sur un morceau de Blues Rock enflammé que sur des ballades plus langoureuses et sensuelles, ou dans des envolées Rhythm’n Blues ou plus funky. Elle le fait avec la même justesse et une malice jamais bien loin. Particulièrement bien entourée sur ce nouvel opus, son jeu de basse donne le ton et sa voix en profite pour charmer son auditoire. Entretien avec une musicienne qui n’a pas froid aux yeux et qui fait partie des blueswomen qui compte sur la scène Blues actuelle.
– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur ton parcours. Tu t’es faite remarquée dès ton premier album, « Jailbait », et la suite a été une succession de récompenses jusqu’à être considérée comme la ‘First lady Of The Blues’ en Australie. Est-ce que tu t’attendais à une telle consécration en quelques années seulement ?
J’ai commencé la musique très jeune et j’avais donc déjà bien avancé dans mon apprentissage avant de commencer à être reconnue. Bien sûr, un certain talent naturel est nécessaire pour apprendre un instrument, mais il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l’effort et du travail acharné. Pendant mes années de lycée, je m’entraînais des heures et des heures chaque jour, puis j’ai étudié la musique à l’université. Comme tout le monde, j’espérais réussir, mais pour la plupart des gens, cela reste un rêve. J’ai eu la chance de découvrir le monde grâce à la musique. L’album « Jailbait » n’était au départ qu’une simple démo de bonne qualité. La plupart de ces morceaux n’avaient même jamais été joués en public, ils avaient seulement été répétés chez moi. Ce fut donc une surprise de signer avec une maison de disques et de remporter un ‘Australian Blues Music Award’ avec ce premier album.
– Pourtant, il y a une douzaine d’année maintenant, tu décides de t’installer aux Etats-Unis, ce qui peut paraître surprenant compte tenu de ta notoriété en Australie. Etait-ce un choix de vie personnel, ou le désir de te connecter au plus près de la patrie du Blues ?
C’était un pari risqué, c’est certain, mais quand j’ai signé un contrat avec Blues Leaf Records dans le New Jersey et que je suis allée enregistrer l’album « Split Second » avec Nicole Hart, j’ai été complètement conquise. J’avais déjà vécu aux Etats-Unis à l’âge de deux et sept ans, en raison du travail de mon père, qui était professeur d’université. Ce séjour en 2011 pour enregistrer cet album était mon premier retour là-bas et, honnêtement, j’étais sous le charme. J’avais l’impression d’être de retour chez moi. Je me réveillais le matin avec un sentiment de possibilités infinies, en me disant : « Je suis en Amérique, je peux tout faire ! » J’ai eu une enfance très malheureuse et une vie personnelle tumultueuse à l’âge adulte. Alors, en partie, j’ai voulu me plonger dans le Blues, et en même temps, c’était une façon de fuir des souvenirs douloureux pour ne jamais avoir à affronter les lieux et les personnes qui m’avaient fait tant souffrir.
– Outre un style et une voix immédiatement identifiable, tu es l’une des rares blueswomen à mettre en avant un côté sexy et plein d’humour dans ton répertoire. Est-ce ta façon de pimenter un Blues souvent trop sérieux et conventionnel ?
J’ai toujours adoré Candye Kane (personnalité haute en couleur et chanteuse de Blues décédée en 2016 – NDR), elle était si talentueuse et drôle et elle n’a jamais nié son sex-appeal évident, ni son passé d’actrice de films pour adultes. Le sexe fait partie du Blues et de la vie. Nous devons nous reproduire, sinon l’espèce humaine disparaît, c’est aussi simple que cela. A ton avis, de quoi parlent les musiciens de Blues lorsqu’ils chantent un ‘petit coq roux’ ? Ou lorsqu’ils évoquent le roi des abeilles bourdonnant autour de sa ruche ? Ou encore lorsqu’ils lancent ce cri encore moins subtil : « Je veux juste faire l’amour avec toi » ? Les Américains peuvent être assez prudes et je pense que le Blues moderne a tendance à éviter les doubles sens, qui étaient si courants dans les premières compositions de Blues. Quant à l’humour, je ne sors jamais sans ! (Rires) Le Blues est né du chagrin, de la tristesse et des regrets. Mais si on ne rit pas, on pleure. Je préfère affronter l’absurdité de l’existence avec le sourire.
– On retrouve d’ailleurs cette touche espiègle et très libre jusque dans le titre de ce nouvel album, « Men Are Like Potato Chips ». Une fois encore, le style est très varié et les textes souvent provocants, ironiques et sensuels. Pourtant, tout n’est pas forcément léger et impersonnel. Comment fais-tu l’équilibre dans la teneur, le fond et le ton de tes chansons ?
Les chansons de « Men Are Like Potato Chips » ont été écrites sur une période d’environ quatre ans. A ce moment-là, je vivais à Portland, dans l’Oregon. C’est une ville vraiment unique, dont la devise est ‘Keep Portland Weird’ (« Gardez Portland bizarre » – NDR) et c’est tout à fait le cas. L’expression personnelle y est fortement encouragée et le style vestimentaire est extrêmement varié : vêtements médiévaux, look façon Cyndi Lauper des années 80, costumes écossais, pyjamas en public et même des tenues Star Wars. Et ça, c’est juste au supermarché ! (Rires) Les chansons ont été inspirées par mon environnement. Par exemple, « Match With A Sasquatch » a été écrite en raison de la légende populaire du Bigfoot dans la région. Tout le monde a un autocollant de Sasquatch sur sa voiture et chaque brasserie propose une bière en lien avec ce mythe. « Stalker » a été inspirée par une expérience avec une ancienne partenaire. Tu as d’ailleurs peut-être remarqué la référence à la scène de la douche du film « Psychose » dans l’orgue Hammond après le solo de guitare ? « Cactus Girl » a commencé par la ligne de basse, car je voulais me lancer un défi et jouer quelque chose de très syncopée en contraste avec la mélodie vocale. Il m’a fallu des mois pour la mettre au point, afin de réussir à la chanter et à jouer en même temps. On m’a souvent demandé si c’était un album concept. Ce n’était pas l’intention ! Mais il y a peut-être des thèmes unificateurs, liés à des relations personnelles atypiques, ou tout simplement à d’autres qui dérapent.
– D’ailleurs, en parlant de choses personnelles, c’est ton fils Flynn qui fait les chœurs sur l’album. Est-ce que cela a été facile de le diriger et de passer facilement d’une relation mère/fils à celle de musicienne et leader de groupe ?
C’était très facile ! Flynn et moi n’avions jamais chanté ensemble auparavant, mais il est titulaire d’une licence en comédie musicale, ce qui fait de lui un chanteur formé et expérimenté. Quand j’ai déménagé aux Etats-Unis, Flynn avait douze ans et il a décidé de rester en Australie. C’était le meilleur choix pour lui. Il a reçu une excellente éducation et a bénéficié d’une stabilité que je n’aurais jamais pu lui offrir. Cependant, la séparation prolongée pendant son enfance a été très difficile pour nous deux. Il ne m’a jamais reproché mes choix et je suis tellement chanceuse d’avoir une si belle relation avec un jeune homme aussi formidable. Flynn s’est envolé pour Portland, afin d’être présent en studio pour l’enregistrement d’« Angel From Montgomery ». Il a un studio chez lui, il aurait donc pu le faire à distance, mais il lui fallait une excuse pour emmener sa petite amie à Disneyland ! (Sourires) Il est multi-instrumentiste et il commençait tout juste à se faire un nom comme chanteur quand j’ai déménagé aux Etats-Unis. De temps en temps, il m’envoyait des maquettes et j’étais toujours stupéfaite par l’évolution de sa voix. Quand j’ai entendu l’enregistrement de sa prestation à la remise des diplômes du lycée, je suis restée bouche bée. A l’université, il a été choisi pour chanter lors de la cérémonie de remise des diplômes, et j’en suis restée sans voix. Je n’aurais jamais chanté comme ça à son âge ! Flynn est phénoménal, et ce n’est pas juste sa mère qui parle, c’est mon avis sincère en tant que musicienne et critique. Il n’a quasiment pas eu besoin d’être guidé en studio. Il a un don naturel et nos voix s’harmonisent comme seule une famille peut le faire.
– Alors que « Men Are Like Potato Chips » est ton septième album, qu’est-ce qui a le plus évolué et que tu as le plus amélioré, selon toi, entre ta façon de chanter et ton jeu de basse ? Et d’ailleurs, travailles-tu les deux de la même manière et avec la même intensité ?
Ma voix s’est considérablement améliorée depuis mon premier album. Je n’ai jamais reçu de formation vocale et je n’ai jamais pris de cours de chant, alors que j’ai passé de nombreuses années à prendre des cours de basse. J’entends une différence flagrante entre ma voix aujourd’hui et celle de mon premier album. Ils ont été enregistrés à 22 ans d’intervalle, il est donc normal que ma voix ait mûri avec l’âge. Mais je perçois aussi la différence dans la maîtrise que j’ai de mon interprétation, de mon vibrato, de ma justesse et de mon phrasé.
– Sur ce nouvel album, on retrouve deux guitaristes, Ted Swanson et Tim Langford, ainsi que deux batteurs, Brian Foxworth et Joe Stump et même deux claviéristes, Steve Kerlin et Ted Swanson à nouveau. Est-ce que tu choisis les musiciens selon les morceaux et est-ce que tu as un groupe fixe pour les concerts ?
Non, je n’ai pas de groupe fixe pour mes concerts. Tout dépend des musiciens disponibles le jour de l’enregistrement et aucun membre de mon groupe actuel ne figure d’ailleurs sur l’album. J’ai un répertoire de musiciens que j’utilise habituellement pour mes concerts à Portland. Parfois, je les emmène en tournée, parfois je fais appel à des groupes locaux, ça change constamment. « Men Are Like Potato Chips » n’a vu le jour que grâce à Ted Swanson. C’est un ami de longue date, et je me plaignais auprès de lui de mon envie irrésistible de faire un nouvel album. Six ans se sont écoulés depuis ma dernière sortie, la plus longue pause de ma carrière. Ted venait d’acquérir du nouveau matériel pour son home-studio et m’a proposé de servir de cobaye pour l’aider à se familiariser avec tout ça ! (Sourires) Nous avons passé environ 18 mois à travailler sur les maquettes, qui allaient devenir l’album final.
– L’album a été enregistré chez toi à Portland et coproduit par Jimi Bott et Ted Swanson, qui a donc un rôle très important sur « Men Are Like Potato Chips », et il y a d’ailleurs des cuivres également sur certaines chansons. Est-ce que tu restes très attentive au son que tu souhaites obtenir car, cette fois encore, l’ensemble est très organique ?
J’aime toujours travailler avec un bon producteur, car je suis trop impliquée émotionnellement dans les chansons pour bien comprendre le traitement dont elles ont réellement besoin en studio. J’ai besoin de quelqu’un capable de prendre du recul et d’écouter le projet avec plus d’objectivité. Jimi Bott était l’ingénieur du son et le producteur principal de l’album, et il a suggéré des choses comme l’ajout d’un tuba sur le morceau-titre, ce qui était tout simplement génial. Par contre, je ne retravaillerai probablement jamais avec un tubiste. Le son était super, mais impossible de faire passer l’instrument par la porte du studio, et en plus, ils laissaient de la salive partout sur la moquette. Beurk ! (Rires) Ted a enregistré la plupart des guitares dans son home-studio, car c’est un perfectionniste. Je trouvais son travail en studio parfait ! Ensuite, il m’envoyait des pistes supplémentaires et je me disais : « Ok, oui, c’est encore mieux ! » (Sourires) Il faut une grande confiance pour confier ces décisions de production et de mixage à quelqu’un d’autre, mais j’ai fait un excellent choix avec cette équipe.
– Et puis, il y a aussi cette cover de John Prine, « Angel From Montgomery », datant de 1971, qui a été d’ailleurs été régulièrement reprise et que tu chantes avec ton fils Flynn. L’idée était-elle de laisser ton empreinte sur cette chanson assez emblématique pour beaucoup ?
Oui, je la chante avec mon fils Flynn et Tim Langford est à la guitare. C’est un musicien très connu sur la scène Blues et Tim, comme moi, penche davantage vers le Blues Rock. J’ai choisi cette chanson, parce que je la joue dans la plupart de mes spectacles et elle semble être l’une des préférées du public et du groupe aussi. C’est une chanson qui parle de nostalgie et de regrets, de la réflexion sur sa vie et de la remise en question de ses choix. Chanter avec mon fils m’a semblé tout naturel. J’essaie de ne pas vivre dans le regret, mais parfois, j’aspire à avoir ma famille autour de moi. J’aime savoir qu’après ma disparition, Flynn aura toujours cet enregistrement à écouter, pour toujours, pour se remémorer un moment précieux passé avec sa mère, qui l’a toujours aimé plus que tout.
– J’aimerais que l’on parle un peu de tes influences. Comme tu es australienne, le British Blues a forcément un léger impact dans le pays, et pourtant ton Blues Rock sonne beaucoup plus américain. Les Etats-Unis restent-t-ils ta plus grande inspiration ?
Absolument ! Comme je te le disais, j’ai passé une partie de mon enfance et de mes études ici. Stevie Ray Vaughan et d’autres bluesmen texans ont été mes principales influences musicales. Et je possède désormais la double nationalité, je suis donc une Américaine d’origine australienne. Mon avenir est ici, aux Etats-Unis, et rien au monde ne pourra m’en arracher ! (Sourires)
– Enfin, tu as tourné dans presque tous les Etats américains et bien sûr beaucoup en Australie, quand est-ce que nous aurons le plaisir de te voir en France ?
Je suis vraiment prête à le faire ! (en français dans le texte – NDR) Il me faut juste un promoteur européen pour me programmer quelques concerts et j’arrive ! (Sourires)
Le nouvel album d’ANNI PIPER, « Men Are Like Potato Chips », est disponible sur les plateformes, notamment Bandcamp, ainsi que sur le site de l’artiste : www.annipiper.com
Photos : Sveinn Kjartansson (1, 2, 4, 5) et Dom M Smith (3).
Couronné de quatre UK Blues Awards dès son premier album, « We Fly Free » en 2021, WHEN RIVERS MEET s’épanouit en toute indépendance et voit son Blues Rock bousculer les genres, tout en confortant une identité musicale originale et très distinctive. Outre les sorties live qui immortalisent leurs tournées entre deux disques, c’est déjà le cinquième enregistrement studio pour les Britanniques, dont l’inspiration n’a pas faibli une seule fois ces dernières années, et « Rhythm Rust & Static » vient également dévoiler une nouvelle facette du couple.
WHEN RIVERS MEET
« Rhythm Rust & Static »
(One Road Records)
Alors qu’on aurait pu penser qu’en devenant parents, Grace et Aaron Bond auraient mis leur groupe entre parenthèse un petit moment, il n’en est rien puisqu’ils sont déjà de retour avec un cinquième album studio. Et « Rhythm Rust & Static » est peut-même le plus rugueux de leur discographie. Deux ans tout juste après « Addicted To You », WHEN RIVERS MEET reste toujours inspiré, prolifique et farouchement libre. Dépouillés et directs, ces dix nouveaux morceaux montrent à quel point le couple est imprévisible et talentueux.
Quelques mois aussi après « Live & Addicted », les Anglais ont donc repris le chemin du studio, mais avec des intentions bien différentes. Alors que l’effort avait été porté sur une production ample sur le précédent opus, celui-ci reste tout aussi organique, mais revêt un aspect plus direct et plus roots. Il y règne aussi une atmosphère très live, ce qui n’est pas vraiment surprenant quand on sait que WHEN RIVERS MEET a l’habitude de jouer dans des salles combles à travers tout le Royaume-Uni. Et c’est cette vérité-là que l’on retrouve sur « Rhythm Rust & Static ».
Malgré l’énergie déployée, il y a aussi un côté intimiste et cette élégance qui le caractérise depuis ses débuts reste la signature du groupe. Dès l’ouverture avec « The Tide Is Turning », on retrouve ce riff presque saturé qui fait le son de WHEN RIVERS MEET. La voix de Grace est envoûtante et se fond dans des ambiances différentes avec la facilité qu’on lui connaît (« The Script », « Caught In The Middle », « I’m ready For You », « Horizon », « Bring Life »). A noter d’ailleurs qu’Aaron chante seul « Fatal Attraction », ce qui est assez rare. Vivifiant et très accrocheur!
La pétillante SAMANTHA FISH passe tellement de temps sur scène qu’il fallait bien qu’elle en garde un trace. Avec « Paper Doll Live », c’est enfin chose faite… et pas à moitié ! La frontwoman y retrace sa belle carrière à travers 16 morceaux triés sur le volet, même si sa dernière production se taille la part du lion. Et on ne s’en plaindra pas. Son chant est passionné et son jeu de guitare tout simplement ébouriffant et renversant ! L’Américaine donne un aperçu magistral de ses incroyables performances.
SAMANTHA FISH
« Paper Doll Live »
(Rounder Records)
Un peu plus créative sur chacun de ses neuf albums studio et réputée pour la qualité et l’explosivité de ses prestations scéniques, SAMANTHA FISH s’est forgée une solide réputation au point de devenir aujourd’hui une figure incontournable de la scène Blues Rock internationale. Il manquait cependant un témoignage live à sa belle discographie. Surfant sur le succès et la puissance de son dernier opus en date, « Paper Doll », c’est lors de cette tournée qu’elle a enregistré son premier disque en public et pas n’importe où.
Parmi les 250 concerts environ qu’elle donne par an, celui offert dans l’historique Bijou Theatre de Knoxville dans le Tennessee a retenu l’attention de la musicienne. Il faut dire que toutes les conditions étaient réunies : une salle pleine à craquer, un groupe dans une forme éclatante et la présence de The McCrary Sisters, génial ensemble Gospel de Nashville. Et au milieu brille SAMANTHA FISH. Histoire de donner du grain à moudre aux puristes, c’est avec « Kick Out The Jams » des MC5 qu’elle ouvre le bal, comme sur sa tournée avec Jesse Dayton.
Alors qu’il s’étend sur 16 morceaux, soit 1h20, « Paper Doll Live » fait bien sûr la part belle au dernier opus de SAMANTHA FISH avec pas moins de huit morceaux sur neuf. La musicienne de Kansas City fait le show, alternant des passages tout en émotion avec des moments qui confirment sa faculté à déferler comme un ouragan avec des chansons d’une énergie phénoménale. Sur la setlist figurent aussi « Bulletproof », « Poor Black Mattie » de R.L. Burnside, « Black Wind Howlin’ » et le brûlant « I Put A Spell On You » de Screamin’ Jay Hawkins. Un live d’anthologie !
Originaire du New Jersey, le bluesman en est déjà à son quatrième opus en seulement sept ans, c’est dire l’inspiration qui l’anime. Complice et virtuose, THE TREVOR B. POWER BAND livre une copie très enthousiasmante sur ce « Two Crows », qui multiplie les ambiances. Compositeur, chanteur et guitariste, ses chansons sont à la fois personnelles et universelles dans les thèmes abordés. Sobres et mélodiques, ces dix nouveaux titres sont parfaitement retranscrits dans une production soignée et délicate. Une intensité qui prend vie dans un réalisme saisissant.
THE TREVOR B. POWER BAND
« Two Crows »
(Farm 189 Records)
Certaines carrières se font sur le tard et TREVOR B. POWER fait peut-être partie de ceux qui ont eu besoin de l’expérience d’un pan de vie avant de s’exprimer en musique. En effet, c’est en 2019 qu’il a pris son envol avec « Everyday Angel », un premier effort produit tout de même par Anthony Krizan (Spin Doctors, Lenny Kravitz). Une ambition qui le guide donc depuis ses débuts. Aujourd’hui, il surgit avec « Two Crows », qui est déjà son quatrième album. Et c’est en collaboration avec le guitariste Dave Fields qu’il l’a passionnément élaboré.
A 63 ans, le chanteur pose ses accords avec une grande liberté et un sens du songwriting où la narration prend tout son sens. Sa voix éraillée et rocailleuse à l’occasion fait des merveilles, parfaitement accompagnée par un groupe de musiciens chevronnés. THE TREVOR B. POWER BAND captive et libère des atmosphères envoûtantes. Souvent très roots dans l’approche, « Two Crows » se montre au fil des morceaux d’une incroyable richesse. Passant d’un Blues épuré à des intentions plus Blues Rock, il traverse le style avec brio.
L’émotion transparaît dès les premières notes de « Bobby Lane » porté par un chant profond. Si la formation avance dans un Blues Rock convaincant sur les premiers titres de « Two Crows », le virage vers un Rock 70’s a lieu avec « Horizon », marqué par l’apparition de la flûte de Jasper Fields, qui l’ensoleille littéralement. THE TREVOR B. POWER BAND se distingue donc par son éclectisme, même si l’ensemble reste évidemment bluesy (« Ain’t Got No Bread », « The Message », « Puddles Of Blood », « The Fire Burns »). Une belle alchimie !
Blues Rock ou Rock Blues, c’est selon, mais une chose est sûre, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS ne laissent personne indifférent et ont même tendance à mettre le feu dès lors qu’ils se produisent sur scène. Pourtant, lorsque la formation reprend Howlin’ Wolf ou Willie Dixon, le doute n’est plus vraiment permis. Avec « The Baddest show On Earth : Greatest Hits Live », on parcourt près de 50 ans d’une carrière hors-norme, qui a fait du musicien du Delaware et de ses partenaires les plus explosifs et attachants de ces dernières décennies.
GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS
« The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live »
(Craft Recordings)
Alors qu’il nous avait laissé avec un premier album solo composé de reprises avec « Party Of One », en 2017, on aurait pu s’attendre à un nouvel opus inédit de la part de GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS. Car, depuis « 2120 South Michigan Ave », son quinzième et dernier opus studio sorti en 2011 avec son groupe, le guitariste et chanteur n’a pas proposé de nouvelles compositions, qui seraient venues grossir un répertoire déjà riche de classiques. Alors, c’est avec un témoignage live qu’il fait son retour pour nous faire patienter encore un peu. Et des standards, il en regorge !
Pour autant, THE DESTROYERS, constitué de Jeff Simon, Bill Blough, Jim Suhler et Buddy Leach et de leur guide GEORGE THOROGOOD ne sont jamais aussi bons et à leur aise que sur scène. Et s’il en a déjà sorti quelques uns, les Américains présentent aujourd’hui « The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live », une sorte de compilation de quelques moments forts passés à enflammer leur public, comme peu parviennent à le faire. Les enfants terribles du Blues Rock traversent les époques avec une setlist inédite captée entre 1978 et 2024, qui rappelle bien des souvenirs.
De la Georgie au Massachusetts en passant par New-York, la Floride, le Texas, le Missouri et aussi Toronto au Canada, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS affichent un don incroyable pour communiquer avec son public et faire durer le plaisir à grand renfort de savoureux dialogues, donnant lieu à de longues et réjouissantes versions de « One Bourbon, One Scotch, One Beer » et de « Boogie Chillun », notamment. On notera l’enchaînement parfait entre les morceaux, laissant penser qu’il s’agit d’un seul et même concert. Un disque qui vient entretenir une belle légende !
A noter que le plus Rock des bluesmen viendra enflammer le Bataclan le 26 juin prochain !
Intense, brut et virtuose, le jeu de JARED JAMES NICHOLS englobe à la fois la densité du Hard Rock, les saveurs du Blues et une atmosphère Southern. Six-cordiste accompli et frontman assuré, il multiplie avec naturel et beaucoup de classe les ambiances, tout en affichant une forte identité artistique. Avec « Louder Than Fate », il laisse à nouveau éclater tout son talent avec une impression de facilité assez déconcertante. Sensible et dévastateur, son charisme et son écriture sont toujours aussi renversants.
JARED JAMES NICHOLS
« Louder Than Fate »
(Frontiers Music)
Depuis ses débuts en 2015 avec « Old Glory & The Wild Revival », le guitariste et chanteur du Wisconsin, aujourd’hui basé à Nashville, réalise un sans-faute. L’an dernier, il avait brillé sur le titre « Borderline » extrait de l’EP éponyme de Hollow Souls, le nouveau projet de Kris Barras. Et il se fit remarqué aussi sur les album de Mark Morton de Lamb Of God et sur celui d’Elegant Weapons. Depuis, JARED JAMES NICHOLS a présenté quatre morceaux de « Louder Than Fate », son quatrième album (« Runnnin’ Hot », « Killing Time », « Pretend » et « Ghost »). Et vu leur qualité, le reste de cet opus commençait a nourrir beaucoup d’impatience.
Ayant toujours navigué entre Hard Rock et Blues Rock avec une touche 70’s, il a su forgé un son très personnel et organique, toujours en gardant les deux pieds solidement ancrés dans son époque. Alors, très intelligemment, JARED JAMES NICHOLS a fait appel à deux producteurs qui se complètent à merveille sur ce « Louder Than Fate » : Jay Ruston (Anthrax, Amon Amarth, Steel Panther) et Roger Alan Nichols (Larkin Poe, Tyler Bryant & The Shakedown). Et leur complicité fait littéralement briller cette nouvelle réalisation. Un juste milieu entre une rudesse aux portes du Metal et la chaleur du Blues.
C’est donc dans un Power Blues costaud et fondé sur des riffs colossaux et des solos électrisants que nous embarque JARED JAMES NICHOLS. Très authentique, son jeu est aussi percutant qu’attachant et il parvient sans mal à distiller ses émotions sur des titres efficaces, certes, mais toujours sincères (« Let’s Go », « Way Back », « Bending Or Breaking », « Dust’n’Bones »). Et ce qui est particulièrement notable ici, c’est que le songwriting repose autant sur des parties de guitare très soignées que sur le chant et les textes. Une fois encore, le musicien frappe fort et devrait ravir autant les amoureux de Hard Rock pur et dur que les amateurs de sonorités plus sudistes.
Groovy et spontanée, cette nouvelle réalisation de GRÁINNE DUFFY vient confirmer l’étendue de son talent, tout en se distinguant de son prédécesseur « Dirt Woman Blues », sorti il y a trois ans et pour lequel elle s’était livrée au site. Avec « What Am I Supposed To Do », elle joue la carte de la diversité avec la classe naturelle qu’on lui connaît. Blues Rock, mais pas seulement, ses performances vocales et guitaristiques sont assurées et virtuoses et ses nouvelles compositions ont déjà des allures de classique.
GRÁINNE DUFFY
« What Am I Supposed To Do »
(Independant)
C’est depuis le comté de Monaghan où elle est née et a grandi que GRÁINNE DUFFY puise son inspiration. Ayant pris son envol en 2007 avec « Out Of The Dark », elle sort aujourd’hui son sixième album. Au fil des années, son Blues, mâtiné de Rock, de Soul, d’Americana auquel quelques saveurs Country et celtiques s’échappent délicatement, s’est affiné et surtout personnalisé. Avec « What Am I Supposed To Do », l’Irlandaise s’impose comme l’une des meilleures représentantes du genre dans son pays… et bien au-delà.
La musicienne est aussi retourné sous le soleil californien, à Los Angeles, au 64 Sound Studio sous la houlette de Justin Stanley et de Marc Ford à la production pour un résultat toujours aussi sincère et authentique. Analogique et chaleureuse, la musique de GRÁINNE DUFFY reste d’une grande liberté et se tient à distance des sorties actuelles. Farouche et audacieuse, la songwriter évolue dans une intemporalité constante entre respect des traditions et une approche moderne, tout en piochant à la fois dans l’héritage américain et dans sa culture européenne.
Toujours aussi bien entourée, les musiciens présents jouent, ou ont joué, avec John Mellencamp, Gov’t Mule, Blind Boys Of Alabama ou The Black Crowes, sans oublier son guitariste de mari Paul Sherry. C’est dire la qualité d’interprétation des chansons signées GRÁINNE DUFFY. Et la chanteuse et guitariste diffuse une énergie continue à travers des titres qui traversent le temps avec une émotion brute (« Early In The Morning », « Streets Of Love », « Tearing The Apart », « Got To Give It Up », le morceau-titre et « Need Your Love So Bad », immortalisé par Peter Green). Immanquable !
Photo : Barry McCall
Retrouvez aussi l’interview de GRÁINNE DUFFY à l’occasion de la sortie de « Dirt Woman Blues » :
Si beaucoup ont tendance à considérer le Blues comme universel, il l’est probablement dans sa démarche et la profondeur de son message, mais il peut également se montrer tellement différent dans ses sonorités et son jeu. STEVE LOUW, depuis son Afrique du Sud, est de ces chanteurs, guitaristes et compositeurs, qui apportent une autre vision au style. Avec son nouvel effort, « Traces Of Flood », le musicien dévoile encore quelques surprises sur un groove unique, des atmosphères somptueuses et un indéfectible espoir comme fil conducteur.
STEVE LOUW
« Traces Of Flood »
(BFD Records/The Orchard)
Ancien leader de Big Sky, un groupe de légende chez lui, pendant près de 20 ans, STEVE LOUW est une figure emblématique dans son pays, tant il embrasse les styles avec une approche très personnelle. Rock, Blues Rock, Americana ou Country-Rock, rien ne lui résiste et même après 50 ans de carrière, on le retrouve toujours aussi sincère et d’une étonnante intemporalité. Avec « Traces Of Flood », son quatrième album en solo, il arpente, avec cette fraîcheur qui le caractérise, des registres parfaitement maîtrisés et même remaniés avec la particularité de sa voyageuse touche.
Car la musique de STEVE LOUW, si elle lui est très personnelle, ressemble aussi terriblement à son univers. En effet, le Blues Rock d’Afrique du Sud présente des similitudes avec celui qu’on peut entendre en Australie notamment, et se démarque ainsi des Etats-Unis et de l’Europe. Un petit souffle de fraîcheur dans une galaxie qui se ressemble trop souvent. Pourtant, à la production,, on retrouve son ami Kevin Shirley avec qui il travaille depuis le milieu des années 80, et qui œuvre aujourd’hui pour Joe Bonamassa, Robert Jon & The Wreck, Black Country Communion, …
Assez cinématographique dans l’approche, la grandeur majestueuse des paysages qui l’entourent doit être une belle source d’inspiration. STEVE LOUW nous emmène en ballade, bercée par sa voix de velours rassurante et enveloppante, et une guitare pleine de saveurs variées. Cette ampleur, on la retrouve forcément dans le son, tant le spectre est intelligemment travaillé. « Traces Of Flood » respire et survole des compositions très attachantes et entraînantes, dont le songwriter a le secret (« Tumbling Down », « Echo Dream », « Angeline », « CBGB Xmas » et le morceau-titre).