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Blues Rock

George Thorogood And The Destroyers : born to be bad

Blues Rock ou Rock Blues, c’est selon, mais une chose est sûre, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS ne laissent personne indifférent et ont même tendance à mettre le feu dès lors qu’ils se produisent sur scène. Pourtant, lorsque la formation reprend Howlin’ Wolf ou Willie Dixon, le doute n’est plus vraiment permis. Avec « The Baddest show On Earth : Greatest Hits Live », on parcourt près de 50 ans d’une carrière hors-norme, qui a fait du musicien du Delaware et de ses partenaires les plus explosifs et attachants de ces dernières décennies.

GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS

« The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live »

(Craft Recordings)

Alors qu’il nous avait laissé avec un premier album solo composé de reprises avec « Party Of One », en 2017, on aurait pu s’attendre à un nouvel opus inédit de la part de GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS. Car, depuis « 2120 South Michigan Ave », son quinzième et dernier opus studio sorti en 2011 avec son groupe, le guitariste et chanteur n’a pas proposé de nouvelles compositions, qui seraient venues grossir un répertoire déjà riche de classiques. Alors, c’est avec un témoignage live qu’il fait son retour pour nous faire patienter encore un peu. Et des standards, il en regorge ! 

Pour autant, THE DESTROYERS, constitué de Jeff Simon, Bill Blough, Jim Suhler et Buddy Leach et de leur guide GEORGE THOROGOOD ne sont jamais aussi bons et à leur aise que sur scène. Et s’il en a déjà sorti quelques uns, les Américains présentent aujourd’hui « The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live », une sorte de compilation de quelques moments forts passés à enflammer leur public, comme peu parviennent à le faire. Les enfants terribles du Blues Rock traversent les époques avec une setlist inédite captée entre 1978 et 2024, qui rappelle bien des souvenirs.

De la Georgie au Massachusetts en passant par New-York, la Floride, le Texas, le Missouri et aussi Toronto au Canada, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS affichent un don incroyable pour communiquer avec son public et faire durer le plaisir à grand renfort de savoureux dialogues, donnant lieu à de longues et réjouissantes versions de « One Bourbon, One Scotch, One Beer » et de « Boogie Chillun », notamment. On notera l’enchaînement parfait entre les morceaux, laissant penser qu’il s’agit d’un seul et même concert. Un disque qui vient entretenir une belle légende !

A noter que le plus Rock des bluesmen viendra enflammer le Bataclan le 26 juin prochain !

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Heavy Stoner Doom Stoner Metal

High Reeper : un rugissement

Basé entre le Delaware et Philadelphie, le combo de la côte est américaine poursuit sa déferlante Metal et se montre même infernal dans sa façon de se renouveler depuis sa création. C’est peut-être d’ailleurs la conséquence d’un renouvellement de musiciens régulier. Avec « Renewed By Death », HIGH REEPER prend un tournant Heavy, tout en restant fidèle à un Stoner Metal profond, viscéral et teinté de Doom. Court, mais sulfureux, ce nouvel effort devient réellement addictif au fil des écoutes.

HIGH REEPER

« Renewed By Death »

(Heavy Psych Sounds)

A moins qu’il ne se cherche encore ou que l’expérimentation soit son champ préféré d’investigation musicale, HIGH REEPER parvient une fois encore à surprendre avec ce troisième opus, où il prend une nouvelle direction. Cependant, les Américains n’ont pas pour autant totalement délaissé leur épais Stoner Metal, ils y ont simplement apporté quelques modifications dans son orientation. Moins ancré dans le Doom Old School de leurs débuts, c’est le tranchant d’un Heavy Metal un brin vintage également qu’ils sont allés cueillir.

Après plusieurs changements de line-up depuis 2016, espérons aussi que « Renewed By Death » soit enfin l’album de la stabilité, puisque HIGH REEPER avance à l’unisson dans un Heavy Stoner Metal vigoureux et particulièrement massif. C’est d’ailleurs son lead guitariste, Shane Trimble, qui a enregistré, mixé, masterisé et produit cette nouvelle pépite. La dynamique et l’équilibre sont imparables et offrent une puissance et une robustesse à ces 35 (trop !) petites minutes, qui défilent malheureusement en un éclair.

Plus sombre dans son contenu, « Renewed By Death » reflète l’ambiance de la scène Heavy américaine des 80’s/90’s avec, bien sûr, un regard neuf, moderne et avec une interprétation véloce. Rangé derrière son solide frontman Zach Thomas, HIGH REEPER opère un beau virage, se montre écrasant et musclé (le Doom n’est jamais loin !) et le duo de guitaristes rivalise de riffs racés sur une rythmique bouillonnante (« Alluring Violence », « Broken Upon The Wheel », « Jaws Of Darkness », « Torn From Within » et le morceau-titre). Fulgurant !