Catégories
Hard 70's Heavy Blues Stoner Rock

Graveyard : nordic wave

Secoué par un récent changement de line-up, la formation de Göteborg a préféré resserrer les rangs plutôt que de se mettre en quête d’un nouveau membre. Et bien lui en a pris, car « Fever » a gagné en explosivité avec un côté direct et imposant, qui reste au plus près de l’esprit spontané qui l’anime depuis ses débuts. Non pas que GRAVEYARD se soit plongé dans le grand bain du Stoner, mais il faut reconnaître que c’est la ligne qui s’impose, toujours établit autour d’éléments Blues et psychédéliques. Une situation et une intention clarifiées au profit d’un opus massif et délicat.

GRAVEYARD

« Fever »

(Nuclear Blast Records)

Suite au départ de son guitariste, chanteur et fondateur Jonatan Larocca-Ramm en juin dernier, c’est donc en formule trio que se présente GRAVEYARD. Autour de Joakim Nilsson (guitare, chant), dernier pilier originel, Truis Mörck (basse, chant) et Oskar Bergenheim (batterie) semblent loin d’avoir laissé les bras. « Fever » arrive trois ans après « Six » et ils ont laissé son ambiance assez sombre pour renouer avec une énergie plus solaire. Toujours avec une touche vintage, leur style refuse encore d’être linéaire et il se renouvelle brillamment.

Plus frontal que son prédécesseur, ce septième album porte bien son nom. C’est un retours aux sources du Rock qu’effectue le groupe et s’il est toujours teinté de Blues et de gros riffs fuzz, le Stoner domine très largement. Il faut dire qu’en la matière, la Suède n’est pas en reste et compte même parmi les meilleurs représentants européens du genre. GRAVEYARD jour sur son aspect le plus brut pour mettre en lumière une identité forgée sur deux décennies. Organique et incandescent, « Fever » se déploie sur une production intemporelle et dynamique.

Si l’approche est différente, l’énergie reste le moteur du combo et elle alimente ce Heavy Rock solide de bout en bout. Le groove est épais, les morceaux tranchent dans le vif et GRAVEYARD semble inépuisable. Puissante, tout en restant mélodique, cette nouvelle réalisation brûle de toutes parts (« Back From The Grave », « Room Tempered », « Tongue Tied », « A Mens To An End », « Year Of The Horse » et l’excellent « Dead Note »). Efficace et sans concession, « Fever » est vraiment le disque qu’on attendait de la part des Scandinaves.