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Hard'n Heavy Heavy metal

Scarblade : une griffe tranchante

Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec « Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.

SCARBLADE

« Guardians of Time »

(Wormholedeath Records)

Ce qu’il y a d’exceptionnel avec le Heavy Metal dans ce qu’il a de plus traditionnel, c’est qu’on n’est pas prêt d’en faire le tour. Avec beaucoup de passion et de cœur à l’ouvrage, la formation de Göteborg a bâti le sien avec sincérité et énergie. Depuis une dizaine d’années et un premier album, « The Cosmic Wrath » en 2016, SCARBLADE a surtout tenté de stabiliser un line-up changeant. Récemment, il a sorti quatre morceaux en 2023 et 2024, ainsi « Guardians Of Time » marque le retour en force du combo, couronné par une signature chez Wormholedeath Records.

Toujours mené par sa chanteuse Aliki Kostopoulou, le quintet enregistre aussi le renfort du guitariste Josip Markovic en remplacement de Mathias Helgesson, qui continue cependant à travailler avec ses anciens partenaires. Et le tableau ne saurait être complet sans le claviériste Johan Karl Bernspång, le batteur Viktor Erik Gustaf et le bassiste Jorge Arturo Alfaro Randel. SCARBLADE est donc en ordre de marche et ce deuxième opus est particulièrement convaincant. Classique, mais contemporain, le style est à la fois incisif et mélodique.

Situé quelque part entre Rainbow, version Dio, et Rites To Ruin pour ce qui est plus proche de nous, les Scandinaves parviennent à créer un élan original entre riffs tranchants, claviers savamment distillés et des parties vocales solides et déterminées. Très 80’s sur « Craving Heart », « Alive » et le morceau-titre, SCARBLADE sort les crocs sur le Power/Symphonique « Judas The Serpent » et se fait plus narratif sur « Damnation » et le mid-tempo « A Sign Of Heaven ». Aguerri et créatif, le quintet confirme ses ambitions et postule à s’installer durablement.

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Hard 70's Heavy Blues Stoner Rock

Graveyard : nordic wave

Secoué par un récent changement de line-up, la formation de Göteborg a préféré resserrer les rangs plutôt que de se mettre en quête d’un nouveau membre. Et bien lui en a pris, car « Fever » a gagné en explosivité avec un côté direct et imposant, qui reste au plus près de l’esprit spontané qui l’anime depuis ses débuts. Non pas que GRAVEYARD se soit plongé dans le grand bain du Stoner, mais il faut reconnaître que c’est la ligne qui s’impose, toujours établit autour d’éléments Blues et psychédéliques. Une situation et une intention clarifiées au profit d’un opus massif et délicat.

GRAVEYARD

« Fever »

(Nuclear Blast Records)

Suite au départ de son guitariste, chanteur et fondateur Jonatan Larocca-Ramm en juin dernier, c’est donc en formule trio que se présente GRAVEYARD. Autour de Joakim Nilsson (guitare, chant), dernier pilier originel, Truis Mörck (basse, chant) et Oskar Bergenheim (batterie) semblent loin d’avoir laissé les bras. « Fever » arrive trois ans après « Six » et ils ont laissé son ambiance assez sombre pour renouer avec une énergie plus solaire. Toujours avec une touche vintage, leur style refuse encore d’être linéaire et il se renouvelle brillamment.

Plus frontal que son prédécesseur, ce septième album porte bien son nom. C’est un retours aux sources du Rock qu’effectue le groupe et s’il est toujours teinté de Blues et de gros riffs fuzz, le Stoner domine très largement. Il faut dire qu’en la matière, la Suède n’est pas en reste et compte même parmi les meilleurs représentants européens du genre. GRAVEYARD jour sur son aspect le plus brut pour mettre en lumière une identité forgée sur deux décennies. Organique et incandescent, « Fever » se déploie sur une production intemporelle et dynamique.

Si l’approche est différente, l’énergie reste le moteur du combo et elle alimente ce Heavy Rock solide de bout en bout. Le groove est épais, les morceaux tranchent dans le vif et GRAVEYARD semble inépuisable. Puissante, tout en restant mélodique, cette nouvelle réalisation brûle de toutes parts (« Back From The Grave », « Room Tempered », « Tongue Tied », « A Mens To An End », « Year Of The Horse » et l’excellent « Dead Note »). Efficace et sans concession, « Fever » est vraiment le disque qu’on attendait de la part des Scandinaves.

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Hard Rock Sleaze Rock

Velveteen Queen : high voltage

La Suède a toujours été le creuset du Sleaze Rock à l’européenne, qui a su s’imposer sur la scène mondiale en lui redonnant même un certain lustre. Alors, même si ce deuxième album de VELVETEEN QUEEN nous renvoie irrémédiablement aux années 90, il n’y a rien de vintage ou de nostalgique sur ce très bon « The Greater Good » livré par le très prometteur quintet. Au contraire, il va de l’avant avec insouciance peut-être, mais laquelle sert surtout de façade à un Hard Rock très travaillé, instinctif et musclé, autant que touchant à travers des ballades bien ciselées. Une vitalité qui fait franchement très plaisir à écouter !

VELVETEEN QUEEN

« The Greater Good »

(Silver Lining Music)

C’est en 2021 que cinq amis de Göteborg décident de monter VELVETEEN QUEEN, un combo destiné à distiller son amour pour le Hard Rock et, en particulier, celui qui sévissait jadis sur le Sunset Strip de la Cité des Anges. Cependant, la scène suédoise étant très active et possédant aussi sa propre touche, c’est un beau mélange de ces deux cultures que présentent les Scandinaves. Le Hard Rock US y côtoie le Sleaze nordique et après un premier effort il y a deux ans, « Consequence Of The City », « The Greater Good » confirme l’assise et l’aisance du groupe.

Bien réalisé et bénéficiant d’un son clair et puissant, VELVETEEN QUEEN s’inscrit dans la veine de formations majeures du siècle dernier comme G N’R surtout (« The Greater Good », « Can’t Go Back In Time ») , mais aussi Aerosmith et The Black Crowes. Bien assimilées, ces références se fondent dans un style personnel explosif. Aux guitares, Lukas Axx et Noah Mårdh multiplient les riffs tranchants et des solos plus incisifs que démonstratifs. Solide, le duo basse/batterie (Vilmer Fall et Isac Borg) offre les inébranlables fondations à un Rock’n Roll débridé.

Fougueux et fort d’une belle assurance, Samuel Nilsson est impérial au chant et vient démontrer que la nouvelle génération a aussi mon mot à dire dans un registre qui peine à se renouveler, voire même à se trouver une place dans l’espace actuel. VELVETEEN QUEEN sait se montrer audacieux avec des morceaux accrocheurs, contemporains et à l’énergie folle (« Too Far Gone », « Adrenaline », « Talk Or Walk », « It Ain’t Over », « Liar »). Cerise sur la gâteau, le claviériste de Lynyrd Skynyrd, Peter Keys, accompagne brillamment nos rockeurs sur le morceau-titre. Survoltés !

Photo : Walter Hamilton

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Hard Rock Occult Rock

Skräcken : nébuleux

Renouant avec un Hard Rock brut qui fait ses preuves dans les années 70 et 80, les Scandinaves s’assurent d’un auditoire fidèle, ce qui ne les empêche pas d’apporter une touche personnelle et un bel élan à travers cette première réalisation convaincante. SKRÄCKEN, qui signifie ‘la fissure’, joue sur un aspect vintage pour s’y engouffrer et la palette vocale de sa chanteuse lui permet d’évoluer avec une intensité constante. « Echoes From The Void » marque le début d’une belle aventure.

SKRÄCKEN

« Echoes From The Void »

(Dying Victims Productions)

La Suède se distingue par le nombre de groupes ayant à leur tête une chanteuse et c’est une très bonne chose d’autant que l’émulation est là et la diversité aussi. Formé il y a tout juste trois ans, SKRÄCKEN avait déjà commencé à faire parler de lui avec « The Presence », un premier EP où l’on avait vite compris qu’il ‘on n’avait pas à faire à des amateurs. Au chant, Sofie-Lee Johansson a œuvré chez Night Viper, tandis que Martin Nordin, l’un des deux guitaristes, a passé près de sept ans chez Lucifer. Ça en impose immédiatement.

Originaire de Göteborg, SKRÄCKEN sort donc son premier album et en combo aguerri, « Echoes From The Void » résonne d’une expérience acquise de longue date. Dans des méandres ténébreux, le Hard Rock Old School du quintet jaillit avec force dans un registre aux frontières du Heavy et aux portes du Doom. Le mix est habile et l’ensemble mené de main de maître. Il est ici question de visions et de mélancolie, mais le disque est très dynamique et imprégné d’atmosphères changeantes et captivantes.

Avec une frontwoman de ce calibre, SKRÄCKEN possède un atout de choc et de charme, mais ce qui séduit avant tout, c’est une unité artiste monumentale qui rayonne. Incisif et percutant, ce premier opus libère une belle et sombre énergie et on se laisse emporter dans ses brumes obscures (« By His Hand », « Witch », « Her Presence », « Sweet Silence », « Visions Of Fire » et le génial « Wasteland »). Particulièrement soudés et créatifs, les Suédois se montrent éclatants, solides et posent les fondations d’un avenir prometteur. 

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Hard'n Heavy

Bombus : délicieuse décadence

En s’autorisant à peu près tout, les Scandinaves s’offrent le loisir d’un opus débridé, qui peut légèrement dérouter, mais dont le Hard’n Heavy est aussi costaud que mélodique. « Your Blood » est sans doute l’un des disques les plus libres du genre depuis un moment et c’est en cela qu’il est délectable. Le groupe appuie sur ses points forts et fait ainsi émerger une avalanche de riffs rageurs, des solos bien ciselés et des parties vocales imparables et un brin nostalgiques.

BOMBUS

« Your Blood »

(Black Lodge Records)

Fondé en 2008, le combo de Göteborg n’a malheureusement pas encore reçu la lumière qu’il mérite, mais « Your Blood » pourrait bien changer la donne. Certes, il n’y a pas de grande révolution dans le Hard Rock teinté de Heavy et d’une touche Glam chez BOMBUS, mais la ténacité de son fondateur, chanteur et guitariste Fredrik Berglund, tout comme sa liberté de ton, imposent le respect. Et avec ce quatrième album, les Suédois présentent un nouveau visage et surtout une envie décuplée.

Le départ il y a quatre ans de l’un de ses piliers, le frontman et six-cordiste Matte Saker, a peut-être offert à BOMBUS le sursaut qu’il attendait. En effet, Johan Meiton (chant, guitare) et Simon Salomon (guitare) actent donc leur arrivée. Et oui, les comptes sont bons : il y a bel et bien deux chanteurs en place et un trio de guitaristes, qui se fait aussi vraiment plaisir. Les possibilités sont donc multiples et « Your Blood » est un bon compromis entre un Heavy Old School et une approche plus actuelle.

Vocalement, l’ombre de Lemmy plane sur BOMBUS, mais cela n’entache nullement son identité artistique. Au contraire, il présente des titres variés et accrocheurs (« Killers », « No Rules », « The Beast », « Lo And Behold »). Le duo au chant fonctionne parfaitement, tout comme l’armada de guitaristes (« Take Your Down », « Carmina »). Et si la production peut parfois manquer d’éclat et de relief, le résultat est plus que convaincant et on se laisse sans peine porter par le registre décalé de ce « Your Blood » rondement mené.

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Alternative Rock

Smash Atoms : back in town

Dix ans après un split assez surprenant, SMASH ATOMS raccroche les wagons et livre donc, et enfin, sa première réalisation. Sobrement intitulée « Smash Atoms », la formation américano-suédoise ne lésine pas sur les riffs costauds, les solos limpides, des parties vocales impactantes et une rythmique fiévreuse et plus appuyée que véloce. Ça martèle donc, et plutôt bien. Si les clins d’oeil aux années 90 ne manquent pas, on retient plutôt l’aspect moderne des compos, un petit côté underground savoureux aussi, et des morceaux entêtants. Après un faux départ, espérons que celui-ci soit le bon !

SMASH ATOMS

« Smash Atoms »

(M-Theory Audio)

L’histoire de SMASH ATOMS est assez atypique. Créé en 2012 du côté de Göteborg, le groupe commence par sortir une première démo, très bien reçue et qui lui ouvre la voie à plusieurs scènes. Une joie de très courte durée puisque son chanteur, l’Américain Glen Gilbert, quitte le navire, laissant ses trois camarades dans le flou. Qu’à cela ne tienne, ceux-ci fondent The Torch, qui sort deux albums, et leur vocaliste s’active de son côté chez The Story Behind et Hide The Knives. Mais en 2022, coup de théâtre, Martin Söderqvist (guitare), Per Romvall (basse) et Peter Derenius (batterie) retrouvent leur frontman et l’histoire reprend là où elle en était, mais sur de nouvelles bases artistiques.

Revoici SMASH ATOMS sur de bons rails et dans un registre qui a forcément évolué avec le temps pour s’inscrire aujourd’hui dans un Alternative Rock légèrement teinté de Grunge, dans ce qu’il possède de mieux interprété (ça raccourcit la liste !). Le quatuor se présente donc dans un style qui serait une sorte de pont entre Seether et Alter Bridge d’un côté, et Stone Temple Pilots et Soundgarden de l’autre. Cependant les Suédois et l’Américain affichent des morceaux très frais, bien Heavy aussi notamment dans des guitares inspirées du Hard Rock nordique, donc mélodiques, dans les solos surtout. Et toutes ces influences cohabitent très bien et offrent un disque rondement mené.

Parfaitement ancré dans son époque, on doit aussi cette très bonne production aux studios Crehate de leur ville, dont la réputation n’est plus à faire tant les grands noms s’y succèdent. La puissance du son est au rendez-vous et se déverse jusque dans les onze titres de cet effort éponyme. Mais la première chose qui surprend après l’écoute intégrale de « Smash Atoms » est qu’il est presqu’entièrement joué en mid-tempo, alors que la course au Bpm est souvent monnaie courante à l’heure actuelle. Et c’est plutôt bien vu de la part de SMASH ATOMS, qui peut se focaliser sur la force des textes (et de la voix !) et le côté massif des riffs. Un opus très rafraîchissant aux refrains accrocheurs.

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Ambient Doom Progressif

Cities Of Mars : le son de la planète rouge

Depuis sa création en 2015, le trio de Göteborg s’est lancé dans une aventure, dont le concept de base est axé sur la science-fiction. Et CITIES OF MARS explore l’espace à travers ses textes aussi intensément que dans une musique très narrative. Avec ce troisième éponyme, les Suédois nous font voyager sur les reliefs chaotiques de Mars et dans un Doom Progressif intense et captivant.

CITIES OF MARS

« Cities Of Mars »

(Ripple Music)

Depuis maintenant sept ans, CITIES OF MARS s’est lancé dans la narration, sur fond de Doom Progressif, de l’histoire d’un astronaute soviétique en mission spatiale secrète en 1971. Celui-ci découvre une ancienne cité martienne et réveille du même coup une conspiration endormie depuis l’aube de l’humanité. Et avec ce troisième album éponyme, le trio relate un nouvel épisode, tout en apesanteur.

Album concept, « Cities Of Mars » nous invite à la découverte de l’histoire des sept villes de la planète rouge et le voyage est plus que saisissant. Danne Palm (chant, basse, claviers), Christoffer Norén (guitare, chant) et Johan Aronstedt (chant, batterie) font de CITIES OF MARS un groupe assez unique en son genre. A la fois sophistiqué et doté d’arrangements très soignés, ce Doom Progressif est d’un niveau exceptionnel.

Sur des effets savamment dosés et parfaitement orchestrés, la musique des Suédois devient très vite immersive et presqu’obsédante. Dans une atmosphère globalement Ambient, les riffs se font précis et lourds, et parfois même acoustiques. Et si les morceaux sont éthérés, la richesse des mélodies et le travail incroyable effectué sur les voix montrent que CITIES OF MARS et son univers Sci-Fi regorgent de créativité.

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Hard US

Hardcore Superstar : Rock’n’Roll circus

Très directs, les tonitruants Suédois de HARDCORE SUPERSTAR ont le Rock’n’Roll dans le sang et un état d’esprit sauvage et positif, qui ne faiblit pas tout au long de ce très bon « Abrakadabra ». Le Hard Rock au son très californien du quatuor est un appel à la fête, mené tambours battants sur des titres accrocheurs et percutants et avec un enthousiasme dévastateur.

HARDCORE SUPERSTAR

« Abrakadabra »

(Gain/ Golden Robot Records)

Pour celles et ceux qui l’ignorent, HARDCORE SUPERSTAR n’est pas un jeune groupe de MetalCore à la con, mais un quatuor Suédois de Hard Rock plein d’énergie et un brin Sleaze. En somme, de quoi vous mettre la patate et le sourire pour un bon moment. 25 ans après ses débuts, le combo sort son onzième album, « Abrakadabra », et la magie opère toujours de manière assez frénétique.

Si certains définissent par ‘Street Metal’ le style de HARDCORE SUPERSTAR, il s’agit en fait d’un pur Hard Rock estampillé Los Angeles avec cet esprit débridé et irrévérencieux cher aux 90’s. Vocalement, le lien avec le chanteur de Tesla, Jeff Keith, est évident, mais la comparaison s’arrête là. Le groupe de Göteborg mise surtout sur une spontanéité explosive et un esprit Rock’n’Roll constant.  

Dès le morceau-titre qui ouvre l’album, HARDCORE SUPERSTAR montre une grande capacité à combiner de solides mélodies avec des riffs entêtants et très efficaces (« Influencer », « Catch Me If You Can », « Dreams In Red », « Weep When You Die »). Survitaminés, les Scandinaves abordent leur Hard Rock avec un côté festif, tout en maintenant une densité très brute et savoureuse.  

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Hard Rock International Southern Rock Stoner/Desert

Acid’s Trip : une charge émotionnelle brute [Interview]

Aussi brut dans l’attitude que dans sa musique, ACID’S TRIP débarque avec un premier album fortement imbibé de Rock’n’Roll aux effluves bluesy et Southern. Originaire de Göteborg en Suède, le quatuor vient de livrer un « Strings Of Soul » aussi ébouriffant qu’intemporel entre riffs Hard Rock et ambiance Psych. Anna, guitariste et chanteuse de la formation, revient sur la conception de ce premier album et aussi sur sa vision de la musique à travers le groupe.  

– Avant tout, j’aimerais qu’on revienne sur la formation d’ACID’S TRIP en 2018. Tu jouais avec Honeymoon Disease jusqu’à ce moment-là. Que s’est-il passé ? Tu as senti que c’était le moment de passer à autre chose ?

ACID’S TRIP est né dans mon esprit bien avant que nous ayons jamais parlé de nous séparer avec Honeymoon Disease. Je voulais jouer un Rock plus dur et plus technique, et je n’avais pas le sentiment que le groupe était le bon pour ce genre-là. Je voulais donc créer ACID’S TRIP en tant que groupe parallèle, tout en conservant Honeymoon Disease pour continuer d’exprimer ma créativité. Mais après la dernière tournée espagnole, les autres membres ont abandonné et je n’ai eu d’autre choix que de me concentrer à 100% sur ACID’S TRIP, qui est alors devenu mon groupe principal. C’est ce qui pouvait arriver de mieux d’ailleurs. J’adore le mélange de Soul et de Hard Rock que nous produisons, et nous ne pourrions pas être plus heureux de la sortie de notre nouvel album. J’ai même l’impression que nous venons juste de commencer à jouer même si ça fait déjà trois ans. Le temps passe si vite quand on s’amuse !

– Avec ACID’S TRIP, on a l’impression d’un retour aux sources du Rock’n’Roll avec un son brut, efficace et sans concession. C’est l’objectif ? Aucun artifice ?

Oui, notre principal objectif était ce retour aux sources avec un son plus brut et technique même s’il reste facile d’accès. Nous aimons les riffs intelligents, amusants mais qui sont bien pensés et qui donnent une note personnelle à la tonalité dans laquelle nous jouons. Ce genre de riffs est original, car il n’y a pas beaucoup de groupes aujourd’hui, qui consacrent autant de temps juste pour trouver « ce riff parfait ». De nos jours, tout semble axé sur une  voix entraînante et des accords Rock, ce qui n’est pas grave, mais les gens ne se souviendront plus de ces morceaux dans quelques années. Notre album fait partie de ceux qui dureront des décennies et plus, vous ne vous ennuierez jamais en l’écoutant. Laissez-vous aller !

– Et il y a cette superbe Flying V sur laquelle tu joues. On en voit beaucoup trop peu depuis un moment, et notamment dans la nouvelle génération. J’imagine qu’il y a une histoire personnelle autour de cette guitare aussi, non ?

Ouais, ma Vera est ma principale et la seule guitare sur laquelle que je joue en fait. J’ai aussi une excellente guitare JPN SG, mais elle est ma guitare de secours en tournée, car j’aime un peu trop la V. J’ai vu cette édition spéciale de 1998 en 2014-2015, lorsque je passais devant un magasin de guitares ici à Göteborg. Je l’ai vu à travers la vitrine et 10 minutes plus tard, j’ai acheté la guitare de mes rêves. Elle a un son génial et surtout, le manche me parle et je joue beaucoup mieux. Les guitares sont très personnelles et j’adore la forme en V. J’élargirai ma collection V, lorsque le groupe atteindra les grands charts ! (Rires !) Et si Gibson lit ceci, passez-moi un coup de fil !!!

– Avec une inspiration très 70’s, ACID’S TRIP est résolument ancré dans son temps entre Rock lourd et Stoner Psych. L’accent est aussi porté sur un groove imparable et une folie permanente dans l’attitude, comme une sorte de défouloir très orchestré finalement. C’est votre comportement qui guide votre musique, ou l’inverse ?

Oui, c’est l’amour de vieux groupes comme Captain Beyond, The Dead Boys, MC5 et le Kiss des 70’s à leur apogée. Nous écoutons beaucoup de musique Rock et Heavy, et depuis que je collectionne les vinyles, j’ai écouté des milliers de disques qui ont perfectionné mon style d’écriture et la façon dont j’entends les mélodies. Tout ce que j’écris fait référence à quelque chose que j’ai entendu auparavant, et cela sonne comme je l’entends. J’adore l’album, car il a une âme, peu de groupes de Rock aborde le Rock de cette façon.

– J’aimerais que tu me dises un  mot sur l’intro de l’album, « Prelude », elle aussi très originale. Quand on connait la suite de « Strings Of Soul », on imagine que vous avez voulu désorienter votre auditoire dès le début, non ?

Quand l’album était presque terminé, il nous restait quelques notes d’orgue à enregistrer. Mon père jouait sur tous les disques Honeymoon Disease, alors je lui ai demandé s’il voulait aussi le faire sur l’album d’ACID’S TRIP. Je connais sa façon de jouer, et lui celle dont je chante les mélodies. C’est comme ça aussi que j’entends les arrangements de chorale et ça sort naturellement pour moi. Je lui ai demandé de jouer un morceau mélancolique auquel j’ajouterai plus tard des voix. Je veux que les gens réfléchissent lorsqu’ils écoutent notre album, et « Prelude » était un moyen de mettre les gens de bonne humeur. Certaines personnes aiment ça et d’autres veulent juste des chansons Rock pour ensuite passer à l’album suivant. Je viens du milieu Psych Prog avec beaucoup de Blues, et on ne peut pas donner une âme à un album sans une bonne intro à mon avis.

– Avec ACID’S TRIP, on touche au Hard Rock un peu Old School, mais aussi à des ambiances Stoner, bluesy et même Southern. En, fait, vous êtes un groupe de cow-boys and girls scandinaves des temps modernes ! C’est ça ?

(Rires) Oui, je suppose que oui ! Quand je cherche une grande variété d’émotions, je mets du Lynyrd Skynyrd. Quand j’ai besoin de réfléchir à quelque chose, je me tourne plutôt vers des sons de Floride, et quand j’ai besoin d’inspiration pour des harmonies, je mets du Allman Brothers et du Big Mama Thorton. Et quand j’ai besoin de vitesse, les Hellacopters sont le meilleur choix. Et voilà, vous avez le mix d’ACID’S TRIP ! Le voyage que j’ai fait en 2018 à Nashville puis à Jacksonville, en Floride, m’a vraiment donné une perspective sur les choses et j’ai réalisé que le Rock peut être beaucoup plus que simplement maltraiter des guitares. Bien que ce soit amusant à faire, il faut être plus intelligent que ça.

– Vous avez entièrement enregistré « Strings Of Soul » vous-mêmes, qui a ensuite été mixé et masterisé par Ola Ersfjord. La première étape était importante pour vous, afin de délivrer ce son particulier qui forge vraiment l’identité d’ACID’S TRIP ?

Je pense que oui, surtout quand il s’agit du chant et de toute la production de l’album. Lorsque vous entrez en studio, le résultat est souvent ce que le producteur est capable de faire. Cela peut être une expérience vraiment géniale et qui peut également améliorer la qualité de l’album, car c’est un travail de professionnel. Mais cela peut aussi compromettre le son, le rendre trop commercial et « trop » clean, car il n’y a plus de place pour les erreurs et les joyeux petits accidents. J’ai pris le rôle de producteur pour cet album, ce qui m’a pris beaucoup de temps et d’efforts. Sans mon intervention, l’album aurait probablement un son plus moderne, ce qui pourrait être une bonne chose. Mais nous voulions garder l’ambiance que nous avions sur ce projet : beaucoup de café et de longues heures passées à répéter. J’ai fait le chant dans une pièce sombre toute seule, ce qui a été une expérience formidable. J’ai fait confiance à mon instinct et ça s’est bien passé.

– Assez rapidement et notamment du à la qualité de vos concerts, vous vous êtes faits remarquer par le patron du très réputé label underground Heavy Psych Sounds Records. C’est une belle récompense, en plus d’être la maison de disques idéale pour vous aussi, non ? Elle vous ressemble beaucoup…

Elle nous ressemble beaucoup, c’est vrai. Oui, on adore Heavy Psych Sounds Records ! Le label nous a vraiment pris sous son aile et nous n’aurions pas pu avoir de meilleurs partenaires dans ce domaine. L’ambiance et le style sont parfaits pour nous. Et c’est très direct !

– Le printemps est là et la pandémie semble nous laisser un peu respirer. Avec un album encore tout chaud, vous devez bouillir d’impatience de remonter sur scène ?

Absolument, mais à l’heure où nous parlons, nous prévoyons des concerts pour 2022, car nous ne voulons pas le faire cet automne. Il y a de grandes choses à venir et nous visons les festivals pour l’année prochaine. L’album est pertinent et il le sera encore à l’avenir ! 

L’album « Strings of Soul » d’ACID’S TRIP est disponible chez Heavy Psych Sounds Records depuis le 7 mai !