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Metal HxC Metal Indus

Prong : live celebration

Selon son leader, jamais PRONG n’avait donné de concerts aussi longs de toute sa carrière. Celui qui fut, sinon un pionnier du moins un pilier, du Metal HxC Indus dans les années 90, tient toujours debout malgré des changements de musiciens record. L’année dernier, pour les trois décennies passées de son album phare, « Cleansing », les Américains avaient entrepris de le jouer dans son intégralité avec quelques inédits, histoire de pimenter le set. Entreprise plutôt réussie, malgré un son un peu en dedans, qui manque un peu de volume. Mais « Live And Uncleansed » reste un bon témoignage d’un époque qui paraît, aujourd’hui, tellement lointaine.

PRONG

« Live And Uncleansed »

(Steamhammer)

Pour qui n’aurait jamais vu PRONG en concert, ce qui reste en expérience unique, ce « Live And Uncleansed » est une bonne manière de s’imprégner de l’atmosphère qui y règne. Certes, on parle ici d’un mythe en matière de Metal HxC Indus, mais comme pour le monde, le temps fait son œuvre. Enregistré à la fin de l’été 2025, le groupe célébrait les 31 ans de son emblématique album « Cleansing ». Sorti en 1994 donc, les New-yorkais avaient alors fait très forte impression. Aujourd’hui encore, leur quatrième opus est toujours une référence pour beaucoup.

Pour les avoir vu cette année-là à Paris avec Life Of Agony et The Obsessed, PRONG se présentait avec l’un de ses meilleurs line-ups, à savoir Paul Raven à la basse, Ted Parsons à la batterie et bien sûr l’inamovible Tommy Victor au chant et à la guitare. L’Elysée-Montmartre avait senti ses murs trembler ce soir-là. L’an dernier, le leader du power trio était accompagné par Christopher Dean (basse) et Tyler Joseph (batterie), et ils ont véritablement fait honneur à l’institution. Au menu, l’essentiel de « Cleansing », mais aussi quelques belles surprises.

Captés sur sept concerts essentiellement donnés lors de prestigieux festivals en Allemagne et en Belgique, les onze morceaux (plus trois bonus suivant les formats) reflètent assez bien l’énergie de PRONG sur scène. Accordés à l’ancienne suivant les titres, on retrouve la patte du combo et même si la puissance s’est un peu étiolée, l’impact résiste bien au temps. Parmi les inédits, on découvre « Corpus Delecti » et « Inheritance », mis de deux côtés à l’époque, mais présent sur la BO du film « Airheads » pour ce dernier. En attendant la tournée qui arrive, c’est une belle gourmandise.

Retrouvez la chronique de « State Of Emergency » :

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Metal HxC

Primal Age : la gifle

Si vous pensiez que PRIMAL AGE s’était calmé avec le temps, « Until The Last Breath » va vite vous refroidir… à moins qu’il ne fasse plutôt grimper votre tension. En effet, ce quatrième album (auquel il faut ajouter quelques EPs) est l’extension actuelle de ce qu’il propose depuis ses débuts : un Metal HxC agressif et impactant. Le quintet, malgré de multiples changements de personnel, ne s’est jamais renié et continue sur une voie qu’il connait bien et sur laquelle il n’aura jamais été aussi efficace. Un modèle du genre !

PRIMAL AGE

« Until The Last Breath »

(WTF Records)

Chez PRIMAL AGE, cela fait plus de 30 ans que ça tabasse, que ça revendique, que ça dénonce et à en croire ce très bon « Until The Last Breath », ce n’est pas près de s’arrêter de si tôt. Jusqu’au dernier souffle ! Fer de lance du Metal HxC underground français, le combo normand en a encore sous le pied. Sa rage est intacte et son jeu toujours aussi brutal et incisif évolue avec son temps, sans perdre une seule seconde de vue sa première intention : évoluer dans une intensité ravageuse sur des textes qui mettent le poing là où ça fait mal.

Celles et ceux qui ont connu cette scène marquante des 90’s se reconnaîtront une fois encore dans ce nouvel opus, attendu comme les autres avec la même impatience. Le chant, toujours sur la brèche, de Didier Cauchois semble imperméable au temps qui passe et la ferveur, comme la colère, paraît elle aussi se préserver tel un joyau. Car, PRIMAL AGE ne triche pas et attaque frontalement, littéralement alimenté par une invitation à un mosh perpétuel et imperturbable. Une marque de fabrique inamovible devenue si familière.

Passé l’intro, on entre dans le vif du sujet avec l’explosif « Empire Will Always Fall », qui rappelle ô combien les Français restent sans filtre. On retrouve cette patte Bay Area dans les guitares et une rythmique qui martèle avec la facilité qu’on lui connait. A noter que « Until The Last Breath » a été enregistré en Normandie et masterisé à New-York par Alan Douches. Il y a donc du volume ! PRIMAL AGE se déploie ici encore avec une puissance phénoménale (« False Pretence », « No Regrets », « Shadows Of Intolerance », « Walls Of Stone »). Rageur !

Retrouvez l’interview accordée au site à l’occasion de la sortie de « Masked Enemy » :

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Crossover Metal

Prong : une identité à retrouver

Révélé au début des glorieuses années 90, le trio avait sacrément secoué le petit monde du Metal où tout était encore possible. Son subtil et virulent mix de Metal Indus et de HxC avait rapidement hissé PRONG au rang des formations majeures. Formé par le sonorisateur et le portier du légendaire club new-yorkais ‘CBGB’, le combo faisait la fierté de la côte est. De multiples changements de line-up plus tard et des années 2000 mal négociées, la flamme s’est atténuée et ce nouveau « State Of Emergency » peine à convaincre.

PRONG

« State Of Emergency »

(Steamhammer/SPV)

La nouvelle génération n’aura sûrement aucun mal à se retrouver dans ce nouvel album de PRONG, mais pour les plus anciens (dont je fais partie), ça risque de s’avérer beaucoup plus compliqué. Pour avoir grandi avec « Force Fed », « Beg to Differ », « Prove You Wrong » et le génial « Cleansing », il est difficile de se reconnaître et de suivre le groupe dans sa nouvelle approche musicale, tant il s’est éloigné de son style d’origine, celui qui a fait sa touche, sa renommée et avec lequel il a acquis son statut de précurseur en bougeant les curseurs dans tous les sens avec une précision chirurgicale.

Car il faut avoir à l’esprit que PRONG est la réunion de trois New-yorkais survoltés, dont le Metal avant-gardiste dans son registre originel mêlait avec une facilité très naturelle le Hard-Core, l’Indus dans un Metal au groove puissant et massif. De la formation du début, il ne reste que Tommy Victor, guitariste et chanteur. Si le leader tient toujours la baraque, on est loin du son si particulier d’antan. C’est vrai aussi que quelques décennies se sont écoulées et c’est sûrement aussi ce qui explique les virages amorcés depuis.

Le frontman est aujourd’hui partagé entre PRONG et Danzig et cela confirme l’impression que l’implication n’est plus la même. Sur l’essentiel de « State Of Emergency », les riffs si reconnaissables sont toujours présents, la voix de Victor est très changeante, mais toujours identifiable, mais pour le reste, c’est un peu le flou. Si la première partie de ce treizième opus envoie du lourd (« The Descent », « State Of Emergency », « Non-Existence » « Light Turns Black »), on note un gigantesque trou d’air entre « Obeisance » et « Compliant » avant de se reprendre sur un « Back (NYC) » plus HxC. Très mitigé. 

Photo : Nathaniel Shannon
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Hard-Core Metal

One Life All-In : HxC fever

Après deux formats courts, ONE LIFE ALL-IN passe à la vitesse supérieure avec « Eye Of The Storm », dont la pochette reflète à elle seule l’ambiance à l’œuvre dans l’hexagone depuis un moment. Mais c’est un regard et une attitude guidés par un espoir très objectif que pose et propose le groupe avec ce premier opus, qui s’est d’ailleurs un peu fait attendre. Et entre Metal et énergie Punk, son Hard-Core rugit et reste incisif.

ONE LIFE ALL-IN

« Eye Of The Storm »

(Fast Break! Records)

En ouvrant les hostilités avec « The A7 Sessions » en 2017, suivi d’un second EP plus convaincant, « Letter Of Forgiveness » en 2020, la formation franco-américaine s’était tracé une voie à travers un Hard-Core fédérateur et nerveux. Avec le même line-up qu’à ses débuts, ONE LIFE ALL-IN livre enfin son premier album et on peut mesurer toute la puissance et la maîtrise acquise durant ses sept dernières années.

Plus que jamais unis malgré la distance, Clem (guitare) et Franco (basse) de Seakers Of The Truth, Kevin Foley (batterie), ancien cogneur de Benighted notamment, et Don Foose, le frontman de The Spudmonsters à Cleveland, Ohio, s’étendent cette fois sur 14 titres. Et même si l’ensemble ne dure que 38 petites minutes, on peut enfin profiter de ONE LIFE ALL-IN  sur la longueur et les surprises ne manquent pas sur « Eye Of The Storm ».

Costaud et revendicatif, le Hard-Core du quatuor se veut aussi positif, sans tomber dans une naïveté convenue. Dès « Do Or Die », on entre dans le vif du sujet. Si le combo a gardé ses influences Punk, les guitares sont très souvent Metal et ONE LIFE ALL-IN sait se montrer musclé (« Won’t Hesitate », « Mad Bull »). Petites douceurs aussi avec « Life Of Dreams » qui rappelle même un peu les RHCP et « War », dont la mélodie est entêtante. Well done !