Très atmosphérique et un brin mélancolique, le nouvel effort, car c’en est un puisqu’il a tenu à se poser un challenge artistique, a aussi la particularité de vous connecter instantanément à une musique d’une grande douceur, mais qui ne tombe jamais dans le larmoyant. « The Game » se veut un disque très personnel et d’une précision d’orfèvre. Guitariste envoûtant à la voix qui l’est tout autant, ERIC JERARDI avance sans fioriture dans un espace sonore assez feutré, où les mélodies s’épanouissent pleinement.

ERIC JERARDI
« The Game »
(Alternator Records/Niche Records)
Avec un dizaine d’albums à son actif depuis 1997, ERIC JERARDI mène pourtant une carrière à son image, c’est-à-dire discrète et humble. A Dayton dans l’Ohio, il a soigneusement élaboré un Blues d’une grande finesse, très narratif aussi et porté sur la Soul. Guitariste et chanteur, il est également un remarquable songwriter et avec « The Game », ce sont ses propres expériences qu’il partage. Sensible et profond, ce nouvel opus est produit par Michael James (Robben Ford, Edwin McCain) et celui-ci lui offre tout le relief nécessaire à un éclat très organique et presque naturel.
Dans ce bel écrin, les chansons d’ERIC JERARDI prennent tout leur dimension et il a su très largement relever le défi qu’il s’était lui-même lancé, à savoir écrire 12 morceaux en 12 semaines. Le résultat est intense et il n’y a absolument rien de bâcler, bien au contraire. Chaque note, chaque accord et chaque mot sont soigneusement pesés et pensés. « The Game » ne souffre d’aucune lacune et on le doit en partie aussi aux musiciens qui l’accompagnent. Assurant le chant bien sûr, ainsi que les solos de guitare, le reste du groupe est aussi virtuose qu’inspiré.
En plus d’un producteur lui aussi six-cordiste et claviériste, le bluesman peut compter sur Eric Colvin (claviers, basse, batterie) et une équipe de choriste hors-norme, qui se rend garante du souffle Soul qui enveloppe « The Game ». Les voix de Rachael Schroeder et celles de Cindy Walker et de Marier Lewey, toutes deux ayant fait les belles heures de Muscle Shoals, sont presque célestes et leur aspect cristallin et chaleureux est d’une sincérité incroyable (« One More Setting Sun », « A Man Ain’t A Man », « Thorns And Roses », « When Nature Speaks »). Eblouissant !

Photo : Allen Farst
