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Classic Rock Hard 70's International

The Flynts : forever free [Interview]

Immortalisé dans l’une des salles les plus emblématiques de leur capitale en mars dernier, et avant même la sortie d’un premier album studio (ce qui en dit déjà long), le « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels » de ces quatre jeunes musiciens a franchement de quoi renverser la table. D’ailleurs, le public ne s’y est trompé lors de cette soirée mémorable. Dans les pas des pionniers du Rock 70’s, THE FLYNTS s’impose avec naturel et élégance dans un Classic Rock pêchu, mélodique et incandescent. Raphael Rufo (chant), Guillaume Lamont (guitare), Matthijs Machtelinckx (basse) et Gael Thiry (batterie) incarnent littéralement le renouveau d’un style intemporel et inépuisable, également en pleine effervescence depuis quelques temps. Et si les fondations sont solides, inébranlables et vite identifiables, c’est la touche du quatuor qui fait toute la différence. Sans artifice, ni calcul, le Classic Rock des Belges n’a rien poussiéreux, il regorge au contraire d’une énergie et d’une liberté absolue. Rencontre avec un quatuor, dont on n’a pas fini d’entendre parler…

– Avant de parler de cet incroyable album live, j’aimerais que l’on revienne sur votre parcours, qui est d’ailleurs encore très frais. On vous a découvert avec « First Spark » en 2024, puis avec le single « Tee Party » l’année suivante et enfin le tout dernier « Smoke And Mirrors » que vous aviez d’ailleurs présenté lors de ce concert à l’Ancienne Belgique. On a vraiment le sentiment dès que dès le départ, vous saviez ce que vous vouliez jouer. Le désir était-il de retrouver le piment des 70’s dans une version contemporaine ?

La volonté de faire la musique qu’on aime sans se demander si on allait trouver notre public et sans compromis a été le point de départ de THE FLYNTS. Depuis le début, l’idée est de retrouver le piment, l’étincelle et l’âme de la musique de cette époque en y apportant notre touche, ce qui rend les morceaux inévitablement plus contemporains. A force de composer, plus la direction s’est concrétisée, plus cette touche contemporaine dans les toplines et dans les refrains accrocheurs s’est imposée naturellement, un peu comme notre marque de fabrique. Aujourd’hui, on pense pouvoir dire que THE FLYNTS propose quelque chose d’authentique en construisant sur les fondations de ses idoles.

– Ce qui est d’ailleurs assez étonnant, c’est que l’on assiste aujourd’hui à un certain revival de ce Rock 70’s et d’un Classic Rock hors d’âge au moment-même où l’IA fait son intrusion jusque dans la création. Y voyez-vous un signe, et votre démarche est-elle aussi finalement un beau pied-de-nez à cette époque aussi curieuse qu’instable ?

C’est la plus belle des réponses à cette période étrange que l’on traverse. Dans une époque où tout doit être mis dans une case, où il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux, on voit de plus en plus fleurir des projets tellement uniques et singuliers. Ce n’est certainement pas un hasard si ce style de musique reprend du poil de la bête. Les gens sont à la recherche d’authenticité, du fameux grain de folie qu’on pouvait retrouver dans le Rock des années 70. La richesse et la liberté dont jouit la musique de cette époque font office de certification ‘Human-made’.

– Parlons de ce « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », qui est si brûlant que l’on croirait presque assister à une ‘release party’, tant l’accueil du public est phénoménal. Vous attendiez-vous à une telle soirée et surtout à un tel enthousiasme de la part de vos fans ?

Cette soirée reste encore un mystère à plein d’égards. La vitesse à laquelle se sont écoulés les tickets (sold-out en deux semaines seulement) a été une immense surprise pour nous. Néanmoins, cela nous a rapidement conforté dans le fait que les gens qui seraient là seraient bouillants dès les premières notes. Les cris assourdissants bourdonnent encore dans nos oreilles et la puissance de l’amour qu’on a reçu ce soir-là nous a complètement emportés. Quel bonheur fou d’entendre la foule s’époumoner sur nos morceaux et entonner nos refrains.

– Justement, lorsque l’on sait que le concert va donner lieu à une captation en vue d’un album live, est-ce que la préparation est différente de celle d’un concert ‘classique’ et y a-t-il un peu plus de pression ? Ou est-ce qu’une fois monté sur scène, on oublie tout ?

Oh que oui ! On s’est énormément préparés, avec deux résidences pour caler les sons, préparer la setlist idéale et tous les petits détails qui font la différence pour ce genre de concert. La pression s’est également invitée à la soirée, mais une fois un pied posé sur les planches et après les premières notes de guitare, la magie du live emporte tous les doutes. Tout disparaît et pendant une heure quinze, on vit avec le public un moment suspendu sans penser à quoi que ce soit, en laissant nos tripes sur scène. C’est en réécoutant le live que l’on redécouvre cette soirée et que l’on redécouvre l’état de trans dans lequel on était tous ce soir-là.

– D’ailleurs, l’album comporte 14 chansons, alors que vous n’en avez sorti que six. Comment se conçoit une telle playlist ? Est-ce qu’on pense d’abord au concert en lui-même et au public qu’il faut faire voyager d’une certaine manière, ou est-ce l’organisation des morceaux qui prime avec en ligne de mire l’album qui va suivre ?

Le live prime toujours pour nous. C’est réellement là que tout prend son sens. THE FLYNTS ne pourrait pas exister sans la perspective de jouer nos morceaux en concert. C’est pour ça que c’était aussi important pour nous d’immortaliser ce moment et de le partager avec le public. La phrase qu’on entend le plus à la fin de nos concerts est : ‘Je vous aimais déjà bien en vous écoutant sur les plateformes, mais alors en live, ça prend encore une toute autre dimension’. Et c’est ce qui se ressent dans l’album. La volonté était avant tout de gravé dans les mémoires cette nuit du 31 mars 2026. Et le fait d’avoir beaucoup de morceaux que les gens ne peuvent pas encore écouter chez eux rend le moment d’autant plus euphorique pour eux, le concert entier est une grande découverte.

– Cet album live sort très rapidement dans votre discographie, avant même un enregistrement studio complet. C’est très audacieux, d’autant que vous l’éditez aussi en double vinyle à une époque où règnent les plateformes. Est-ce l’énergie que vous avez recherché en premier lieu, car vos précédentes sorties avaient elles aussi une saveur très live ?

Ce n’est pas conventionnel, ça c’est clair. THE FLYNTS est comme un volcan sur le point d’entrer en éruption. En effet, notre premier single « White Lava » transpirait déjà d’une énergie live, car il avait été enregistré en situation live, tous ensemble dans la même pièce. Bien que cela puisse sembler audacieux pour d’autres, c’était assez naturel et logique pour nous que le premier long projet soit un album live. C’est ce qui capture le mieux l’essence de notre groupe. Pour revenir sur le sujet du vinyle, on était obligé… on nous l’a tellement demandé ! (Rires) Plus sérieusement, on a la chance d’avoir un public qui accorde encore beaucoup d’importance à honorer cette tradition du support physique, et on ne peut que les remercier. C’est comme ça qu’on est tombé amoureux de cette musique, à travers la collection de vinyles de nos parents, donc avoir notre propre 33 tours live, c’était comme un rêve de gosse qui se réalise.

– Un mot aussi sur cette reprise de Mountain avec l’un de ses classiques, « Mississippi Queen », sorti en 1970 sur le premier album. J’imagine qu’il ne doit rien au hasard, car pour qui ne le connaîtrait pas, il se fond parfaitement dans le set. Est-ce un exercice auquel vous vous prêtez régulièrement, celui de jouer de grands morceaux du répertoire Classic Rock ? Ou cette chanson a une saveur particulière pour vous ?

Ça nous fait infiniment plaisir que tu dises que la chanson se mêle parfaitement dans le set, parce qu’il y a eu un vrai travail de réappropriation du morceau. Si on veut intégrer une cover au set, notre objectif est que soit les gens ne se rendent même plus compte que c’est une cover, soit qu’ils saluent la proposition. Ce n’est pas un exercice que l’on fait très souvent et quand on le fait, on veut absolument amener le morceau dans notre univers. « Mississippi Queen », au-delà d’être un immense classique, est aussi un vrai coup de cœur. Donc, tout en respectant le morceau, on a voulu l’emmener dans notre univers. On s’est creusé la tête et on est super contents de tous les bons retours qu’on a de cette reprise.

– Par ailleurs, il se dégage une folle énergie sur ce live et également une réelle communion avec votre public. Cet esprit de liberté que vous transmettez très bien fait que l’on n’est pas franchement étonnés que vous soyez en autoproduction. Une signature sur un label n’est pas encore à l’ordre du jour ?

On ne se ferme aucune porte à l’heure actuelle et je dirais même que la porte est grand ouverte. On n’est pas du tout fermés à une signature avec un label. Si nous en intéressons un qui comprend notre vision, ça pourrait nous permettre d’aller encore plus vite et nous pousser à lancer des projets encore plus fous. L’important est la communication et pouvoir continuer à véhiculer cet esprit de liberté dont tu parles dans ta question, parce que c’est pour ça que notre public se déplace pour nous voir.

– Vous êtes également en train de travailler sur votre premier album studio et on y reviendra, car j’aimerais d’abord que vous évoquiez le changement de line-up intervenu cet été. Vous accueillez donc Guillaume Lamont à la guitare et Matthijs Machtelinckx à la basse. Que s’est-il passé et n’est-ce pas trop compliqué de reprendre avec une formation remaniée alors qu’un enregistrement se profile ?

Boris et Luca sentaient le besoin de prendre de la distance avec la musique, et surtout avec ses contraintes et ses pressions en général. Ils sont arrivés à une phase de leur vie, où ils souhaitaient réallouer plus de temps à leur vie personnelle. Un projet comme THE FLYNTS est devenu chronophage et énergivore, et cela devenait difficilement incompatible avec leurs aspirations personnelles. La transition n’a pas été de tout repos, car il y avait beaucoup de choses à préparer, mais elle s’est déroulée dans un cadre assez tranquille et dans le respect des aspirations de chacun. Boris et Luca nous ont laissé le temps de trouver des membres totalement alignés avec la vision du groupe et surtout qui sont plus motivés que jamais, avant de partir.

Heureusement, Guillaume et Matthijs sont tous les deux de vrais amoureux de Classic Rock, qui partagent nos influences et vivent la musique jusqu’au bout des ongles. Ils rendent la transition très simple par leur immense expérience. Ils ont tous les deux un CV bien rempli. On peut notamment citer les premières parties de Wolfmother, de DeWolff, mais également une tournée européenne en première partie de Royal Blood. Cela les a amenés à fouler les planches de salles et de festivals mythiques tels que ‘RockWerchter’, ‘AncienneBelgique’, ‘LottoArena’, etc…

En plus de ça, il y a tout de suite eu l’étincelle entre nous. Guillaume est très proche de notre producteur Mario Goossens et, dès que nous nous sommes mis à la recherche de nouveaux membres, il a immédiatement pensé à lui. Très rapidement, on s’est appelé, on a discuté autour d’un verre et finalement, en répétition, la magie a immédiatement opéré. Notre priorité étant de compléter le groupe par un duo plutôt que par deux musiciens, Guillaume a embrigadé son ami de longue date et camarade de RHEA (groupe belge originaire de Gand – NDR) pour compléter le quatuor. Les nouvelles compositions avancent à une vitesse folle et on a hâte de pouvoir dévoiler la suite.

– Enfin, vous préparez cet album à venir avec le batteur de Triggerfinger, Mario Goossens, et même si vous semblez savoir ce que vous voulez, va-t-il aussi participer et collaborer avec vous sur les arrangements peut-être, voire votre son ?

Mario a tellement d’expérience qu’il a toujours des conseils pertinents, que ce soit sur la construction d’un morceau, la façon de le jouer, la manière de continuer à surprendre, de le réarranger, de peaufiner le son et, surtout, de créer quelque chose d’unique. Il a réellement construit une carrière qui s’inscrit dans la durée et est toujours actif sur la scène européenne. C’est également notre objectif, donc nous sommes à bonne école. Et au-delà du musicien, il y a l’homme bienveillant qui s’attache à développer ce que nous proposons, et non pas à imposer quoi que ce soit. Il nous pousse constamment à éviter la facilité et à explorer le champ des possibles avant de considérer un morceau terminé. La phrase fétiche de Mario est ‘Let’s try It’ ! C’est un conseil qui peut sembler anodin, mais au-delà de ça, c’est presque un conseil de vie. Il nous pousse à ne pas nous faire un avis avant même d’avoir essayé et entendu ce que ça donne. Parce que le risque de ne pas essayer et de faire de la musique uniquement dans sa tête est de s’enfermer dans ce qu’on fait et qu’on connaît déjà ce qui, à terme, peut devenir une vraie prison, aussi dorée puisse-t-elle paraître. Donc oui, on reste bien évidemment ouverts à ses idées, que ce soit pour le son comme pour les arrangements.

L’album live de THE FLYNTS, « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », est sorti en autoproduction et est distribué par Inouie Distribution. Toutes les infos sur les réseaux sociaux du groupe.

Photos : Christophe Brysse (1, 2, 4, 5) et JC Goupil (3).