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Heavy metal Thrash Metal

Tonic Breed : nouvelle salve

Depuis qu’il est seul aux commandes de TONIC BREED, Patrick K. Svendsen ne sort plus d’album et préfère se concentrer sur les singles et les formats courts. La fin d’une époque ou la résolution à se plier aux nouvelles règles d’une industrie musicale en pleine déroute ? Une chose est sûre : il faut se contenter d’un quart d’heure tous les quatre ans et c’est bien trop peu. Cela dit, la qualité et le choix des guests sur les compositions du Scandinave sont éclatants et le jeu est peaufiné dans les moindres détails.

TONIC BREED

« Name Dealer »

(Independant)

Depuis sa reprise en main de TONIC BREED en 2022 avec un premier EP, « Fuel The Fire », le norvégien Patrik K. Svendsen œuvre sous la forme d’un one-man-band, à l’exception près que le line-up de tous les morceaux évolue constamment. Et le multi-instrumentiste n’invite pas n’importe qui sur ses compositions. Sur le précédent effort, ce sont Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) qui étaient de l’aventure. Un casting de grande classe, et c’est encore le cas ici.

Si l’intention musicale était plus claire sur « Fuel The Fire » avec un Metal dur et très Thrash, « Name Dealer » est nettement plus diversifié, dévoilant un spectre plus large. La base n’a pas vraiment changé, mais les invités semblent avoir plus de liberté et leur touche personnelle ressort de manière plus évidente. Sur le titre éponyme en ouverture, TONIC BREED accueille Tommy Aldridge derrière les fûts et Joel Hoekstra de Whitesnake à la guitare pour un duo explosif et d’une incroyable fluidité. D’ailleurs, probablement le meilleur titre de cet EP.

Puis, c’est au tour du batteur de Five Finger Death Punch, Charlie Engen, de prendre le relais sur la power ballade « Close In », la vraie surprise de « Name Dealer » . Changement de ton ensuite avec « Anew », où Chris Adler de Lamb Of God vient dynamiter cet instant résolument Thrash et certainement le plus musclé de l’ensemble. Et TONIC BREED conclue dans la même veine avec le très 80’s « The Die Is Cast », sur lequel le guitariste Michael Gilbert (Flotsam & Jetsam) élève encore d’un cran le niveau pour le rendre tranchant et acéré. Convaincant, mais bien trop court.

Retrouvez l’interview de TONIC BREED à l’occasion de la sortie du premier EP, « Fuel For Fire » :

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Alternative Metal

Flat Black : fulgurant

Avec sa nouvelle formation, le six-cordiste, songwriter et producteur Jason Hook tourne la page de son ancien groupe en se montrant plus créatif. Résolument moderne dans le son et l’écriture, le Canadien a effectué un recrutement de choix, tout en mixant un virulent Hard Rock avec des incursions bien sentiers vers le Nu Metal et brièvement le MetalCore. Avec un tel premier effort, FLAT BLACK ne devrait pas rester bien longtemps dans l’ombre.

FLAT BLACK

« Dark Side Of The Brain »

(Fearless Records)

Après avoir œuvré chez Five Finger Death Punch une bonne décennie et participé à six albums majeurs du groupe, Jason Hook avait décidé de quitter le navire, estimant qu’artistiquement, l’essentiel avait été réalisé. Et on ne peut que lui donner raison. Ensuite, c’est aux côtés de l’excellent Corey Marks et de la chanteuse Dorothy Martin qu’il a continué à distiller ses talents de guitariste et de compositeur. Et c’est l’an dernier qu’il monte FLAT BLACK, un combo de musiciens affamés et inspirés.

Regroupés autour de leur leader, qui produit également l’album avec Chris Collier (Korn), le chanteur Wes Horton, le bassiste Nicholas Diltz et le batteur Rob Pierce donnent le meilleur d’eux-mêmes et malgré un relatif anonymat, ils se montrent à la hauteur et très aguerris. FLAT BLACK possède une belle force de frappe et l’Alternative Metal des Américains déploie une énergie féroce et constante. Certes, on y retrouve aussi quelques touches identifiables à FFDP, puisque Hook en a longtemps été la signature sonore.

Ici, il sort l’artillerie lourde et son jeu est fulgurant. Toujours aussi impressionnant au niveau des riffs, les mélodies ne sont pas en reste et le frontman se fait lui aussi plaisir en variant le clair et le scream sur une rythmique survoltée. FLAT BLACK a de beaux arguments, capable d’être tranchant et brutal tout en imposant des refrains accrocheurs (« It’s Ok To Be Angry », « Sideways », « Home », « Halo », « Unwanted », « It’s Your Lack Of Respect »). Le quatuor signe ici une entrée en matière fracassante avec cet opus massif.

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Alternative Metal

Five Finger Death Punch : mainstream power

Les albums se suivent et se ressemblent chez FIVE FINGER DEATH PUNCH, un peu comme si tout ce qui se passait à Las Vegas devait rester à Las Vegas… pour mieux tourner en rond. Avec « AfterLife », son neuvième album studio, le quintet distille avec insistance un Alternative Metal solide, mais sans imagination et très peu personnel.

FIVE FINGER DEATH PUNCH

« AfterLife »

(Better Noise Music)

En un peu plus de 15 ans d’existence et une petite dizaine de réalisations, FIVE FINGER DEATH PUNCH est parvenu à se faire un nom et même une jolie place sur la scène Metal mondiale. Et pourtant, en dehors d’une belle puissance affichée, le groupe de Las Vegas peine, selon moi, à s’offrir une réelle identité musicale. Et « AfterLife » vient en faire l’éclatante démonstration tant les directions sont multiples, s’entrecroisent parfois et se télescopent souvent.

Ce neuvième album des Américains vient encore piocher à droite, à gauche, un peu partout et surtout là où ça fonctionne. Si l’idée de tous les groupes est bien entendu de fédérer autour de sa musique, encore faut-il que ce soit la sienne. Car chez FIVE FINGER DEATH PUNCH, on a très souvent la forte impression de squatter le salon de Pantera, de Rob Zombie, de Metallica, de Machine Head et même, c’est de plus en plus flagrant, celui de Nickelback.

Mais au-delà de l’absence d’une personnalité forte et donc identifiable, reconnaissons au quintet une qualité d’interprétation indéniable. Très groove sur « IOU », frontal sur « AfterLife » et « Roll Dem Bones », un brin Electro/Indus sur « Judgment Day » et très mainstream sur « Gold Gutter » et « All I Know », FIVE FINGER DEATH PUNCH fait le tour du proprio sans sourciller et en toute décontraction. « AfterLife » n’est pas un mauvais disque, mais il se fond dans un dédale de convenances.