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Eric Steckel : ascensionnel

Intense, fougueuse, mais aussi libre et délicate, « Sandstorm » est exactement la réalisation que l’on attendait d’ERIC STECKEL, six ans après le très bon « Grandview Drive ». Capable d’enchaîner les accords rugueux et les solos cristallins avec une fluidité déconcertante, le compositeur semble à un pic de sa carrière et son jeu, comme sa créativité, pénètre son Blues Rock avec exaltation. Pour autant, on sent une grande sérénité et même de la joie sur ce tumultueux nouvel opus. Renversant à tous points de vue.

ERIC STECKEL

« Sandstorm »

(SPV Recordings)

A seulement 36 ans, ERIC STECKEL a fait un bon bout de chemin et en y mettant la manière. A onze ans, il sortait déjà son premier album, « A Few Degrees Warmer », avant de rejoindre les légendaires Bluesbreakers de John Mayall, qui avait déjà décelé chez lui un talent hors-norme. De la trempe d’un Rory Gallagher ou d’un SRV, l’Américain a affirmé avoir pris beaucoup de plaisir et s’être vraiment amusé lors de l’enregistrement de « Sandstorm ». Et on le croit volontiers, car ce nouvel effort est aussi brut qu’immédiat et d’une profonde respiration.

En revenant à l’essence-même du Blues Rock, ERIC STECKEL et son groupe se sont volontairement privés de pédaliers numériques et autres effets pour revenir à l’essentiel. Et la production de « Sandstorm » y gagne en authenticité. Ample et puissant, le son captive dès les premières notes et il faut reconnaître que l’intro de « When It Rains, It Pours » par son batteur a de quoi faire trembler les murs. Il avait annoncé une tempête, c’est un ouragan de riffs solides et chaleureux, de notes d’orgue envoûtantes et un groove massif qui déferlent ici.

Guitariste virtuose, ERIC STECKEL se montre également redoutable au chant, comme sur cette reprise du classique de Lance Lopez, « El Paso Sugar », qui se fond parfaitement dans l’ambiance survoltée de « Sandstorm ». Entre Heavy Blues, Hard Southern et Blues Rock moderne, ces nouveaux titres montrent toute l’étendue de la gamme de cet artiste débridé (« The Other Guy », « Blues For The Lonely », « What I Wanna Believe », « Axe To Grind », « She’s A Golddinger » et le morceau-titre). Le natif de Pennsylvanie signe tout simplement l’un des disques de l’année !